Production électrique mondiale : étude de l’effet Joule

Il est possible de quantifier l’effet Joule engendré par la production électrique mondiale. Il est donc possible d’estimer la variation de température moyenne due par cet effet Joule par rapport à l’absence de production électrique.

En 2007, la production électrique mondiale s’élève à 18806 TWh/an, soient 18806 milliards de kWh annuels, tous moyens de production confondus (thermique, nucléaire, renouvelable…).

Ainsi, cela correspond à une puissance moyenne mondiale de 2,145 milliards de kW, soient 2,145 millions de MW, ou encore 2145 GW en moyenne.

La surface terrestre (continents + océans) est de 5,1006×10¹⁴ m². En divisant la puissance électrique (effet Joule) par la surface terrestre, cela équivaut à un forçage radiatif de 0,0042 W/m². Cela correspond à une élévation de la température moyenne globale de 0,00028°C par rapport à l’époque ayant précédé l’exploitation de l’électricité. Cette variation est trop faible (2143 fois plus faible que les +0,6°C du réchauffement climatique sur le dernier siècle), donc l’effet Joule issu de la production électrique mondiale n’est pas la cause du réchauffement climatique (mais seulement une petite fraction).

En reprenant le calcul à l’échelle d’un pays, la France par exemple, on va voir si l’on trouve un résultat similaire au précédent. La production électrique française en 2010 est de 539 TWh. Cela équivaut à une puissance électrique moyenne de 61,49 GW. La superficie de la France métropolitaine est de 552 000 km², soient 552 000 000 000 m².

La division de la puissance électrique par la superficie du pays, ça équivaut à un forçage radiatif de 0,111 W/m². Ainsi, il est intéressant de constater que l’effet Joule produit par la France métropolitaine est 26,4 fois plus élevé que l’effet Joule mondial moyen. Ceci est normal : les océans occupent 70% de la surface du globe. Si l’on néglige les océans, et en ne considérant que les surfaces continentales, le rapport entre l’effet Joule français et l’effet Joule mondial continental n’est plus que de 8 fois environ.

Un effet Joule moyen de 0,111 W/m² en France métropolitaine, cela correspond à une élévation moyenne de température de 0,02°C sur le territoire français métropolitain. En comparaison, la variation thermique moyenne mondiale du réchauffement climatique sur un siècle est 30 fois plus élevée.

Si le consumérisme électrique avait été la cause unique du réchauffement climatique, il aurait fallu un effet Joule moyen de 3,27 W/m², ce qui équivaut à une puissance électrique mondiale de 1,67 million de GW, ce qui est énorme, et impossible actuellement.

© 2013 John Philip C. Manson