Jésus a inventé le tweet, d’après le Vatican ?

habemuspapam

À propos du titre racoleur

Je n’ai personnellement rien contre les paraboles et le message d’amour de Jésus.

Ce que je dénonce, c’est une propagande basée sur une inexactitude. Vous allez comprendre pourquoi.

Les formules brèves ayant du sens, c’est-à-dire les aphorismes, c’est aussi ancien que l’invention de l’écriture, et la plupart sont même plus anciennes que le christianisme.

Pour exemples : les citations de Bouddha, de Confucius, d’Aristote, de Xénophane, de Héraclite, d’Eschyle, d’Euclide, d’Épicure, de Socrate, de Platon… et la liste est assez longue (il existe une variété d’auteurs antiques). Si l’on reproduisait toutes les citations des personnalités antiques dont je viens de donner la liste, on remplirait une bibliothèque ! Voila la vérité. Prétendre le contraire serait renier l’existence du confucianisme, du bouddhisme, et la philosophie grecque antique.

Un tweet implique l’existence de Twitter (créé en 2006 par l’américain Jack Dorsey, pas avant).

L’Alzheimer est un drame, mais à ce point… Comment peut-on oublier les hommes qui ont précédé Jésus ?

Aristote a été très influent pendant le Moyen-Âge en Europe occidentale, à l’époque où l’Église dominait sur les esprits. Relevons que Aristote est un auteur influent en ce qui concerne la métaphysique (du grec : meta ta phusika = « après la physique ») ainsi que d’autres sujets. Bref, l’Église, prétendant aujourd’hui que Jésus ait inventé les aphorismes ayant des similitudes avec Twitter, aurait-elle oublié l’un de ses auteurs favoris, Aristote ? C’est le comble…

Sur Wikipedia, en lisant l’article sur Aristote, je peux lire ceci : «Au XIIIe siècle, la philosophie aristotélicienne, transformée par Thomas d’Aquin en doctrine officielle de l’Église catholique romaine, […]»

Aristote (un auteur parmi bien d’autres dans l’Antiquité), dont les citations courtes, ayant un sens, a précédé Jésus d’un peu plus de 3 siècles.

Puis en ce qui concerne les tweets lus sur Internet, avouons que parfois, ça ne vole pas bien haut. Comme les tweets banals, mesquins, égoïstes, ou racistes ou homophobes, ou remplis de fautes d’orthographe, par exemple. On ne peut pas dire franchement que les tweets aient toujours un sens…

À propos du contenu de l’article du journal

 

Les propos sont plus nuancés par rapport au titre, mettant l’importance sur la communication et le dialogue.

Mais la communication entre les gens n’a de valeur qu’à travers la sincérité, la transparence et l’objectivité. Partout où règne une forme de pouvoir, il y a volonté de contrôle par divers moyens. La terreur en des époques troublées (Inquisition médiévale, la dernière condamnation au bûcher date de 1781 à Séville), puis la propagande à l’ère d’Internet avec des titres racoleurs…

Mieux vaut lire directement les évangiles que d’applaudir naïvement au moindre titre de presse qui semble avoir oublié l’existence des auteurs de l’Antiquité ayant précédé Jésus…

 

© 2013 John Philip C. Manson

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Petite réflexion sur la vulgarisation scientifique

Je pense que c’est une erreur de vulgariser la physique sans présenter des notions de calculs. La métaphorisation à outrance induit fréquemment des erreurs de compréhension et d’interprétation.

  • Il n’y a qu’à constater la confusion du public à propos du Big Bang qui voit à tort en celui-ci une « explosion » qui remplit un espace vide environnant alors que l’expansion concerne l’espace lui-même.
  • Il n’y a qu’à constater aussi la confusion du public à propos de la physique quantique, en croyant à tort que celle-ci est une spiritualité, une psychologie ou un mysticisme.

Les métaphores n’expliquent rien et n’apportent que la confusion. Apprendre à utiliser patiemment des équations c’est le seul moyen d’approcher la science pour mieux la comprendre. C’est en voulant du concret que je me suis intéressé aux maths et aux sciences. La volonté de comprendre permet de franchir les étapes, ça motive à progresser dans les connaissances. Les équations ne sont pas sensées faire peur au public, bien au contraire, ça incite à vouloir en savoir plus. Tous les matheux ont débuté, un jour, avant de devenir ce qu’ils sont. Croit-on que l’on suscitera des vocations si l’on n’introduit pas des équations afin d’inciter le public à vouloir comprendre ? Il n’y a pas de talent particulier dans les maths ou d’autres choses, il n’y a que la volonté de comprendre, c’est ça qui donne envie d’explorer plus loin. L’absence totale des équations est une pudeur qui risquer de laisser le public préférer les métaphores simplistes et les raccourcis réducteurs, et cela n’est pas bon.

Dans mon blog, je présente souvent des raisonnements accompagnés de calculs afin d’étayer objectivement mes arguments tout en citant des sources qui se réfèrent à des faits vérifiables. Mon objectif s’inscrit dans une volonté de transparence et d’honnêteté intellectuelle, par devoir.

© 2012 John Philip C. Manson

Qu’est-ce qu’un débat ?

Qu’est-ce qu’un débat ?

Un débat est un dialogue où plusieurs personnes présentent des arguments contradictoires afin de faire avancer une idée sur un thème quelconque.

Mais quel est le degré de validité d’un débat ? Il existe différents types de débats.

  • Le débat politique : les protagonistes présentent leurs idées, leur «vérité», à travers une stratégie médiatique et un certain calcul politique ; peu importe que ce qui y est raconté soit vrai, seul leur ascension politique compte.
  • Le débat philosophique : les protagonistes parlent de thèmes philosophiques en raisonnant entre eux, mais sans donner de réponses définitives, la conclusion restant un problème ouvert. Lorsque le relativisme est plus poussé, cela s’appelle du postmodernisme, selon lequel toutes les idées se valent (et non les faits seuls).
  • Le débat scientifique : les protagonistes se basent tous sur l’objectivité, ils présentent leurs hypothèses et les ont confrontées aux faits seuls, les arguments reposent toujours sur des faits vérifiables, et les hypothèses sont réfutables. En science, les théories et les hypothèses sont une problématique qui reste ouverte, le critère de réfutabilité est la base de la scientificité, le débat scientifique est toujours ouvert, mais à condition de se baser sur la méthode scientifique sinon ce ne serait plus un débat scientifique.

Dans ce blog-là : http://seilenos.canalblog.com/archives/2010/05/04/17785440.html le blogueur a raison de parler de la nécessité d’un dialogue contradictoire entre protagonistes, mais cependant c’est basé sur un relativisme épistémologique qui s’éloigne du scepticisme scientifique. Le scepticisme scientifique ne se base pas sur le dogmatisme du scientisme ni sur le déni des faits, mais sur le seul critère de réfutabilité sur la base des faits. L’égalité des idées est basée sur la démocratie, mais ce qui tranche dans un débat scientifique ce sont les faits objectifs mais pas les opinions ni les croyances personnelles. L’intrusion de ce qui n’est pas scientifique dans un débat scientifique ne fait pas avancer le débat scientifique, car ce qui arbitre un vrai débat scientifique ce n’est pas les opinions humaines mais les données objectives de la science, issues des observations et des expériences, dans lesquelles tout subjectivisme est exclu.

Les connaissances scientifiques sont basées sur des faits seuls, pas sur des croyances. Il y a démarcation entre le sensoriel et un ensemble mobilisant l’émotionnel et l’imaginaire.

Dans le lien cité ci-dessus, il y en a un qui a cité soi-disant Einstein dont la phrase commence par : «Un être humain est une partie d’un tout que nous appelons: Univers… Une partie limitée dans le Temps et dans l’Espace.».

Des citations apocryphes d’Einstein pullulent dans le web afin que certains propagandistes utilisent Einstein comme argument d’autorité pour tenter de légitimer leurs propres doctrines, que ce soit à propos de la religion ou à propos des pseudo-sciences comme l’astrologie. Une fois j’avais aperçu une fausse citation d’Einstein selon laquelle le physicien soutenait l’astrologie alors qu’Einstein n’a jamais publiquement affirmé cela. Inventer une fausse citation d’un scientifique célèbre, c’est de la malhonnêteté intellectuelle, c’est ignoble, une honte.

Les citations d’Einstein sont apocryphes lorsque celles-ci n’apparaissent dans aucun de ses livres. Veuillez vérifier…

Dans le web, il est connu qu’Einstein est l’une des personnalités desquels circulent le plus de fausses citations. 

Lorsqu’une citation est authentique, on peut en indiquer la source.

Par exemple, la citation authentique d’Einstein suivante provient de la lettre d’Einstein au philosophe Eric Gutkind :

  • «Le mot Dieu n’est pour moi rien de plus que l’expression et le produit des faiblesses humaines, la Bible une collection de légendes certes honorables, mais primitives et qui sont néanmoins assez puériles. Aucune interprétation, aussi subtile soit-elle peut (pour moi) changer cela.»

Néanmoins, des apocryphes ont aussi une source, mais cette source n’est pas Einstein lui-même.

Voici une fausse citation d’Einstein :

  • « L’astrologie est une science en soi, illuminatrice. J’ai beaucoup appris grâce à elle et je lui dois beaucoup. Les connaissances géophysiques mettent en relief le pouvoir des étoiles et des planètes sur le destin terrestre. À son tour, en un certain sens, l’astrologie le renforce. C’est pourquoi c’est une espèce d’élixir de vie pour l’humanité. »

Ce faux a pour origine le Huters astrologischer Kalender de 1960, publié en 1959. La phrase a donc été forgée environ cinq ans après la mort d’Einstein. Lire ce document intéressant : http://www.sceptiques.qc.ca/assets/docs/qs57p31.pdf

L’opinion négative d’Einstein sur l’astrologie est exprimée dans une introduction écrite en 1951 pour l’ouvrage de Carola Baumgardt(Johannes Kepler : Life and Letters (édition 1952, Londres, Victor Gollancz LTD)).

Einstein rappelle que Kepler avait su accepter l’idée que l’expérience seule pouvait décider de la validité d’une théorie mathématique, aussi belle soit-elle. Il cite alors l’astrologie comme illustration, dans la pensée keplerienne, d’un reste de manière de penser animiste et théologiquement orientée omniprésente dans les recherches « scientifiques » de l’époque.

Le commentateur nommé “Besa” a raison d’évoquer une vidéo de propagande sectaire New Age, parce que c’est le cas, et il ne s’agit en aucun cas d’une vidéo de vulgarisation scientifique. Même dans un débat philosophique, ce n’est guère valable non plus, car c’est une vidéo qui a fait polémique, elle est construite sur une lamentable mystification délibérée. D’après Fred Kuttner et Bruce Rosenblum, la vidéo fait la promotion des pseudo-sciences.

John Gorenfeld rapporte que les trois co-réalisateurs du film sont des membres actifs de l’École de Sagesse de Ramtha (Ramtha’s School of Enlightenment), un culte fondé autour des révélations que Judy Zebra Knight prétend recevoir d’une entité lémurienne nommée Ramtha.

Le Guardian Unlimited a également publié les réactions de certains membres de la communauté scientifique britannique dont Richard Dawkins, Clive Greated, Simon Singh et Joao Migueijo. D’ailleurs, d’après ce dernier, membre du Imperial College, le film déforme délibérément la science.

Le physicien David Albert qui apparait dans le « documentaire » s’est dit « outrageusement choqué » du produit final du film. Dans une entrevue accordée au magazine Popular Science, M. Albert raconte qu’il a passé plus de quatre heures avec les réalisateurs du film leur expliquant que la mécanique quantique n’avait rien à voir avec la spiritualité et le domaine de la conscience. Après avoir soigneusement déformé les propos du physicien lors du montage, les réalisateurs auraient présenté M. Albert comme étant en parfait accord avec le discours tenu par le « Guerrier Lémurien ». « J’ai été extrêmement crédule mais j’ai eu ma leçon », a-t-il déclaré au magazine.

Moi-même, j’ai évoqué le détournement abusif de la physique quantique vers des usages spirituels et psychologiques douteux alors que ça n’a absolument rien à voir. Les histoires d’univers parallèles font partie de la métaphysique, ce ne sont même pas des hypothèses scientifiques. La mécanique quantique décrit les particules à l’échelle atomique et subatomique, c’est une branche proche de la physique nucléaire et ça n’a rien à voir avec les sciences humaines ni les religions ou les sectes ! La physique quantique est une description de la matière et de la lumière où celle-ci est décrite sous forme de paquets indivisibles et irréductibles physiquement : les quanta (au singulier : quantum), désignant une quantité minimale de matière et d’énergie.  Énergie dans le sens d’une quantité physique, comme le kilowatt-heure, le joule, la calorie ou l’électron-volt, mais pas «énergie» dans le sens d’esprit humain ni de conscience, ni d’aucune considération spirituelle ou psychique.

  • À lire : https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/03/la-physique-quantique-usurpee/

Pour reparler d’Einstein, je me suis demandé (au moment où j’écris ici) s’il était possible de vérifier si une citation quelconque d’Einstein est bien authentique ou si elle est probablement un apocryphe. Oui, il est possible, avec un moyen rapide et fiable, de le faire. J’ai ma petite idée et prochainement (si j’ai le temps) je pourrai dresser la liste des citations d’Einstein en dénonçant les apocryphes, afin de rétablir les faits. En attendant, j’ai découvert un moyen intéressant : je n’ai pas retrouvé la citation (que j’ai retraduite en anglais) «Un être humain est une partie d’un tout que nous appelons: Univers… Une partie limitée dans le Temps et dans l’Espace.» dans la base de données des archives d’Einstein en ligne (en anglais) : http://alberteinstein.info

Comme Einstein écrivait surtout en allemand et en anglais, les citations que nous connaissons d’Einstein sont nécessairement du français retraduit depuis l’anglais ou l’allemand.

Avec la citation «Un être humain est une partie d’un tout que nous appelons: Univers… Une partie limitée dans le Temps et dans l’Espace.» ça doit donner ça en anglais : « A human being is a part of a whole that we call : Universe… A part limited in time and space », et ça en allemand : « Ein Mensch ist ein Teil eines Ganzen, das nennen wir: Univers … Ein Teil in zeitlich und räumlich begrenzt. » 

On lance ensuite une recherche sur Google afin de voir s’il existe bien la citation d’Einstein dans la langue d’origine.

  • Ensuite, avec une meilleure retraduction en allemand, avec le texte “Ein Mensch ist ein räumlich und zeitlich beschränkter Teil des Ganzen”, je tombe sur une seule source, une sorte de Wikipedia allemand centré sur la spiritualité : http://de.spiritualwiki.org/Wiki/AlbertEinstein

Ma conclusion : la citation d’Einstein sur l’Univers et le Tout est un faux.

Vous voulez un autre exemple de fausse citation ? Hé bien je vais vous le dire.

Vu dans un site de citations :

  • «Nul ne peut réussir sans avoir de la chance. Vous pouvez posséder le cerveau d’Einstein, la finesse de Kissinger et la sagesse de Socrate, mais sans Dame Fortune dans votre camp vous avez intérêt à rester dans votre chambre et à ouvrir le gaz.»  (Arthur Schopenhauer)

Cette citation attribuée à Schopenhauer n’est pas authentique, c’est un faux. Pourquoi donc ?

Einstein cité par Schopenhauer ? Einstein est né en 1879 et Schopenhauer est mort en 1860. Ce dernier n’a pas pu connaître Einstein puisque le physicien n’était pas encore né quand le philosophe est mort… Pareil pour Kissinger, né en 1923 et toujours vivant à l’heure où j’écris (décembre 2011)…  Alors que le philosophe Schopenhauer est mort au milieu du XIXe siècle.

Après ces remarques, s’il y en a encore qui pensent toujours que le scepticisme scientifique ne sert à rien, je les plains…

© 2011 John Philip C. Manson

Herméneutique de la science et de la spiritualité

L’herméneutique (du grec hermeneutikè, ερμηνευτική [τέχνη]) est la «théorie» de la lecture, de l’explication et de l’interprétation des textes.

En examinant le portail Wikipedia orienté sur la spiritualité, je découvre ce texte suivant (j’y surligne en gras les mots-clés) :

  • Ken Wilber décrit les sciences dures comme des sciences étroites qui ne permettent des révélations qu’aux niveaux les plus grossiers de la conscience (les cinq sens et leurs extensions). Ce qu’il appelle les sciences larges inclurait les démonstrations combinées de la logique, des mathématiques, de la symbolique et de l’herméneutique ainsi que d’autres approches de la conscience. Une telle science devrait, à terme, inclure les témoignages des personnes pratiquant la méditation et autres pratiques spirituelles. Selon lui, cette « science large » fournirait une approche plus complète de la réalité que les traditions religieuses. Mais Wilber déclare également qu’une approche intégrale qui évaluerait les affirmations religieuses et scientifiques combinées serait préférable à la science étroite pratiquée actuellement.

Ce que j’en pense :

  • L’intrusion de la spiritualité dans le contexte de la science, afin d’usurper la science, est un exemple typique du New Age, à travers la spiritualisation abusive de la science, à travers l’amalgame de domaines n’ayant aucun rapport entre eux.
  • Être insatisfait des «sciences étroites» c’est émotionnel, c’est une attitude qui n’a déjà plus aucun lien avec ce qu’on connaît des sciences ni avec ce qu’on attend d’elles. Se détourner des «sciences étroites», autrement dit de la science officielle, c’est révélateur d’une quête de bien-être à travers un réenchantement du monde plutôt qu’une réelle soif de connaissances à travers un esprit plein d’abnégation.
  • Notre connaissance du monde, via la science, dépend de représentation faillible et évolutible de la réalité. Nos cinq sens (et leurs extensions que sont les instruments de mesure) sont le seul moyen objectif d’exploration des faits. Le critère élémentaire de la science n’est pas la conceptualisation ni une abstraction à outrance, mais la réfutabilité. La spiritualité New Age, contrairement à ce qu’elle prétend, ne peut pas permettre un approfondissement du réel car elle se fonde sur une herméneutique basée sur l’imaginaire et des croyances préconçues qui échappe au critère de réfutabilité.
  • Si les maths sont caractérisées par le formalisme et la logique, elles sont néanmoins réfutables (exemple : démonstration par l’absurde). La logique, le dénombrement, l’observation et l’expérimentation, axés sur le principe de CAUSALITÉ, ne doivent pas être confondus abusivement avec des approches symboliques ou psychiques qui sont orientées sur des ANALOGIES et des MÉTAPHORES. La causalité s’oppose à l’analogisme : de ce constat, la spiritualité n’est pas scientifique, et la science n’a pas vocation à être une spiritualité, ce sont deux domaines sans lien entre eux, comme la mythologie et la météorologie par exemple.
  • La «science large» de Wilber est une utopie dans laquelle l’écrivain croit que les témoignages et les méditations des gens font office de preuves scientifiques. Ni les témoignages, ni les livres, ne sont des faits. Les faits, c’est ce qui est observé et expérimenté, l’expérience sensorielle du réel, et non pas la conception émotionnelle d’une réalité qui n’est finalement (à travers la spiritualisation) qu’un concept irréfutable au sens poppérien. Si les cours d’Assises remplaçaient absolument les tests ADN au profit de témoignages invérifiables (exemple : «Dieu dans son omniscience m’a dit personnellement que l’accusé est innocent (ou coupable)»), la justice n’aurait plus aucun sens. La science c’est pareil. Ce qui établit les faits, en science, ce sont les preuves matérielles seules, pourquoi remettre en question ce principe de scientificité si ce n’est le but que de remplacer la méthode scientifique par une doctrine douteuse ?
  • Une «science large» au sens de Wilber ne peut pas mieux décrire la réalité que la science officielle. Les outils épistémologiques de la science sont suffisamment simples pour rendre la science efficace. L’énergie nucléaire civile est un grand succès de la science, sans le nucléaire notre industrie serait en grand péril. Les croyances et les superstitions, elles, n’évoluent pas malgré les siècles, et elles n’expliquent rien ni ne découvrent rien.
  • Le but de la spiritualité concerne la conscience humaine en dehors du contexte de la science, la spiritualité est souvent motivée par la recherche du bien-être, ou d’un mieux-être, ou en cherchant à combler une peur ou un vide affectif. Les connaissances scientifiques ne sont pas le but de la spiritualité, c’est l’affaire de la science, et les critères de la scientificité selon Karl Popper sont le meilleur outil que nous ayons pour explorer le réel. Prétendre que la science est étroite, c’est mal la connaître ; de nombreuses choses ont été découverte grâce à la méthode scientifique : l’électricité, la chimie, l’énergie nucléaire, l’astronomie. Les livres de science décrivent des faits qui peuvent être vérifiés et expérimentés. La spiritualité devenue une science fictive, elle, n’est qu’un instrument de mystification, à cause de ses doctrines invérifiables et irréfutables, et cette confusion peut conduire à des dérives et des dangers.

Wikipedia sert malheureusement de tribune au profit des courants irrationnels contemporains qui trouvent un moyen de large diffusion mondiale de leurs doctrines.

  • NOTE : Je n’ai habituellement rien contre les spiritualités comme le bouddhisme traditionnel et le soufisme par exemple, mais lorsque des courants mystiques modernes ont des prétentions scientifiques qu’elles n’ont pas, et quand elles ne respectent pas le critère épistémologique de réfutabilité, c’est un devoir de dénoncer l’oxymore abusif qui lie erronément et dogmatiquement la science au spirituel. La spiritualité est un ensemble de croyances ayant pour but de se rapprocher de Dieu, du Nirvânâ, ou de l’Homme lui-même, à travers des considérations purement abstraites avec l’aide de concepts distincts de la réalité matérielle objective ; mais la spiritualité n’a jamais consisté à être une nouvelle science, ni même à remplacer la science. Croire que la spiritualité et la science forme un ensemble cohérent, valable et complémentaire est une profonde erreur et un manque de discernement objectif.
  • Mysticisme quantique, New Age et écologisme : http://imposteurs.over-blog.com/article-millancay-haut-lieu-de-l-illuminisme-vert-57958897.html

© 2011 John Philip C. Manson

Science et métaphysique : du danger des mélanges

J’ai souvent lourdement insisté sur l’importance de la démarcation entre la scientificité (fondée sur le critère de réfutabilité) et ce qui ne relève pas de la science (comme les pseudo-sciences, les croyances et la métaphysique). Ainsi dans ce présent article, je donne un lien hypertexte intéressant qui vaut d’être lu attentivement :

Lien à lire absolument !

L’arnaque de l’usurpation de la physique quantique

  •  En date du 21 mars 2011, cet article est la réédition d’une page interne de mon blog, datée de 2007.

La physique quantique usurpée par les sectes et les charlatans

1) Quand Alan Sokal prouve la faillibilité de certaines institutions

En parvenant à publier dans une revue d’études culturelles, Social Text, un article volontairement rempli d’absurdités scientifiques et philosophiques intitulé « Transgresser les frontières : vers une herméneutique transformative de la gravitation quantique », le physicien Alan Sokal secoua une bonne partie du monde académique et intellectuel.

Le canular de Sokal démontra que le risque de mystification est important et que le pire c’est que cette mystification passe totalement inaperçue voire soutenue par des institutions non académiques. Seuls les spécialistes du domaine exposé (ici la mécanique quantique, dans le cas de Sokal) s’apercevront du canular.
Mais aujourd’hui on rencontre des problèmes plus graves que le simple canular qui servait à tester le milieu culturel. Une thèse de doctorat d’Elisabeth Tessier (Mme GermaineHanselmann pour les intimes) dans une université en principe prestigieuse et sérieuse vient secouer notre entendement. Bien sûr, à moins d’une grosse révélation du côté de Mme Teissier, ses intentions et celles de Sokal sont radicalement distinctes. Mais, comme le fit Sokal avec les éditeurs de Social Text, Teissier cita abondamment et élogieusement les membres de son jury. Comme Sokal, elle truffa son texte de citations et de noms d’auteurs célèbres. Comme Sokal, elle utilisa à la fois des arguments relativistes et l’idée que la science a changé de nature et est désormais ouverte à ce que Teissier appelle la science des astres, l’astrologie ! Comme Sokal, elle invoque la mécanique quantique de façon détournée et fantaisiste (Heisenberg aurait soi-disant montré que les intentions d’un chercheur influencent le résultat de ses recherches) et elle cita aussi les théories de la complexité. Elle cite tous les noms auxquels on peut s’attendre dans ce genre d’entreprise : tous ceux qui accréditeraient sa thèse (ce qui ne veut pas dire que ceux-ci soient responsables de l’usage qui est fait de leurs arguments).

 2) La physique quantique parodiée par les pseudo-sciences

Quelles conclusions tirer ? La science est parodiée et cette instrumentalisation ne peut pas prétendre à un statut épistémologique privilégié par rapport aux narrations contre-hégémoniques émanant de communautés dissidentes ou marginalisées. Selon les postmodernes, la science est un effet de pouvoir et rien de plus. En d’autres termes, si Colbert n’avait guère réprimé l’astrologie, celle-ci serait une science légitimée et il n’existerait aucun moyen de la distinguer de la physique. Ce genre d’idées est malheureusement accepté sans examen par de nombreuses personnes travaillant en philosophie et en sciences humaines (pas toutes, loin de là). De là on passe facilement à l’idée que ce qui est essentiel, ce sont les croyances subjectives et non leur correspondance avec la réalité (”quid credo veritas est”, ce que je crois est « vrai pour moi », pour résumer le contexte), c’est bien là la source du problème. On devrait s’écrier plutôt “quid credo absurdum est”. Les latinistes m’auront compris.

Nous devons défendre cette base essentielle qui fait la science : le « statut épistémologique privilégié » des résultats de l’étude empirique. Ceci afin d’éviter que ne se reproduise le spectacle affligeant auquel nous assistons, à savoir une université de renom qui vole au secours de la superstition.

3) Le New Age, récupérateur de mythes et de sciences, un cocktail idéologique pour crédules 

Dans d’autres contextes différents de ceux qu’on vient d’évoquer, le thème de la physique quantique est notamment repris par des spiritualités New Age en vue de légitimer leurs doctrines en leur donnant une apparence sérieuse. Dans le web, on peut trouver des vidéos controversées qui font la propagande de nouvelles spiritualités au moyen d’une prétendue physique quantique très simpliste et plutôt éloignée de l’usage qu’on en fait habituellement en science. Certaines nouvelles religions récupèrent des théories scientifiques et déguisent ainsi leur foi en “science” afin d’appuyer leurs doctrines, leur donner une apparence d’authenticité, pour mieux gagner la confiance du public. Pour résumer, certains courants spirituels récupèrent la science et la détourne de son contexte, en mélangeant la mécanique quantique avec la psychologie, le bien-être, les implications sur la vie, le développement personnel et bien-sûr les croyances au paranormal. Comment démasquer l’imposture intellectuelle ? Quand on remonte la chaîne de causalité depuis un documentaire de propagande New Age édulcorée à la prétendue physique quantique, on tombe sur des pseudo-sciences comme la “psychoénergétique”, et en remontant encore la chaîne, on tombe sur des thèmes de la psychanalyse, de la psychologie, ou bien on tombe sur une doctrine qui raconte les desseins conquérants d’une soi-disant entité guerrière spirituelle âgée de 35000 ans, issue de l’Atlantide ou d’un autre continent englouti imaginaire (la Lémurie) et cet sorte d’extraterrestre venu d’une autre dimension contacterait des gens selon des procédés proches du spiritisme, le “channelling”, très populaire dans cette “spiritualité”. La mystification, c’est quand il n’y a plus aucun rapport avec le thème de départ, et dans le cas présent, la physique quantique. L’arnaque consiste à mélanger subtilement le vrai (une théorie scientifique reconnue) avec du faux (des doctrines spirituelles farfelues) afin de rendre les critiques beaucoup plus difficiles de la part de personnes non spécialistes en science.

4) La spiritualité devient une imposture quand elle usurpe la science pour se légitimer

Les spiritualités ne sont pas un problème dans la mesure où elles n’instrumentalisent pas la science à des fins de légitimations mensongères. Mais lorsque des idéologues viennent à mêler la science et la religion, on tombe inévitablement dans la mystification. Pourquoi ? Parce que d’une part, les bases épistémologiques qui définissent la science sont radicalement opposées et incompatibles avec l’exercice de la foi. Et d’autre part, l’ingérence du spirituel en science est indirectement illégale et anticonstitutionnelle : la science est sous le contrôle de l’Etat et des institutions civiles, c’est le cas de la recherche scientifique et de l’éducation, les affaires religieuses et spirituelles n’ont pas à se mêler de l’Etat (et donc indirectement, de la science) et la science (par principe épistémologique) ne s’occupe pas de spiritualité, sinon ce serait trahir le principe de laïcité dans la république ainsi que les bases épistémologiques qui définissent la science.

 5) L’Homme, la foi et la science

Pour exemple, citons le cas d’un homme qui a choisi de concilier sa foi avec la science. Supposons que cet homme accorde autant de crédit à la science qu’à sa croyance personnelle, en clair il fera autant confiance aux résultats empiriques donnés par la science qu’aux dogmes institués par sa croyance. Mais il viendra un moment où les résultats empiriques contrediront certains points des dogmes religieux. Comment cet homme réagira t-il ? Il y a plusieurs réactions possibles : le dogmatisme (l’homme refusent les résultats expérimentaux), l’empirisme (l’homme accepte les résultats expérimentaux qui concordent après plusieurs reproductions de l’expérience), l’agnosticisme (l’homme suspend son jugement car il ne sait où est la vérité), le dualisme (l’homme accepte la foi et la science, malgré qu’elles entrent en contradiction flagrante). On voit que le fond du problème est épistémologique, et qu’il y a un choix sensé à faire.

6) La mystification passée au peigne fin

Comment déceler la mystification ? Tout ce qui mêle Dieu et la science en un tout “conciliable”. Ceci est une aberration dans la mesure où les protagonistes cachent toutes les contradictions qui découlent d’une telle entreprise. Par exemple, les partisans du créationnisme soutiennent que la Terre est née il y a 6000 ans et que les espèces vivantes furent créées par une entité intelligente (Dieu ?) en un intervalle de 6 jours, doctrine largement inspirée par un vieux livre, la Bible. Cette doctrine est largement contredite par les faits : ça implique inévitablement à l’hypothèse que l’homme aurait coexisté avec les dinosaures (l’homme a survécu à ces terribles prédateurs ?), et les thèses créationnistes se contredisent grotesquement avec la datation radioactive, l’évolutionnisme néodarwinien, la géologie et la tectonique des plaques continentales si ce n’est citer que ces sciences-là.

Le milieu universitaire n’est pas protégé des dérapages dans l’irrationnel. Le remède est l’enseignement de l’épistémologie et de la philosophie des sciences. La mode actuelle du postmodernisme intellectuel n’est pas étrangère à la montée de l’irrationnel. La situation n’évolue pas dans un relativisme radical propre aux postmodernes, ni dans un scepticisme intégral.

Citoyens, citoyennes, ne laissez jamais votre sens critique s’endormir. C’est un plaidoyer pour la prudence que je lance. La moindre intrusion de mysticisme dans la science peut conduire à des catastrophes. Les intrusions religieuses sont à redouter tout simplement parce qu’elles faussent nécessairement la démarche scientifique. Les dangers du mysticisme n’est pas forcément le fait des religieux et des charlatans, mais peut être le fait des scientifiques eux-mêmes, comme ça a été le cas au XIXe siècle avec la doctrine positiviste, qui voulait organiser le monde scientifiquement et seulement ainsi. Parfois, c’est un mysticisme politique, lequel consiste à dicter aux scientifiques quoi trouver au nom d’une doctrine quelconque. On sait où conduit le fanatisme religieux, il suffit de citer un légat du pape qui s’écria au XIIIe siècle, lors d’une croisade contre les albigeois : “tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens !”

7) Qu’est-ce qui sépare fondamentalement la science de la religion ?

Si un supposé phénomène n’est pas constaté empiriquement, je n’ai aucune raison de penser que cela soit vrai. Si on est incapable de définir scientifiquement le concept de Dieu dont on “soupçonne” l’existence, alors soit on fait confiance en une révélation quelconque, par exemple celle des chrétiens, celle de Raël, la panthère rose, ou n’importe quelle autre, soit on abandonne cette hypothèse comme superflue, en acceptant que Dieu n’est pas une hypothèse scientifique nécessaire.
La science est le moyen unique d’accès à la connaissance objective de ce qui est connaissable objectivement. Et on a déjà vu l’impossibilité de tester Dieu… Dieu est inconnaissable. C’est la raison pour laquelle je me définis comme agnostique. Je ne sais rien sur Dieu. Je ne peux pas nier son existence (par athéisme) ni son inexistence, c’est une situation indécidable dans laquelle faire un choix est dépourvu de sens.

La conclusion est claire : le dialogue entre science et religion est inconciliable et impossible. Le scientifique se doit d’appliquer l’athéisme, ou plutôt (si l’on veut) un agnosticisme, ou une totale indifférence aux sirènes spirituelles. C’est valable pour les religions, mais aussi pour tout mysticisme, toute abstraction déguisée en dogme ou en fatalité (comme le Capitalisme, la Patrie, Dieu, le Marché, tout cela avec des majuscules). L’attitude la plus saine consiste en une vigilance critique de tous les instants. Toute intrusion spiritualiste dans la science ne sera profitable qu’aux mystiques et pas à la science.

8) La laïcité, principe de liberté et de séparation des pouvoirs

Une attitude laïque est nécessaire en sciences. Laïcité des sciences, laïcité de l’enseignement, laïcité de l’État. La loi de 1905 qui sépare les religions de l’État, en France, allait dans ce sens : les affaires de foi sont des affaires privées.
La laïcité est menacée, et à travers elle, c’est l’intégrité et la liberté des sciences qui est visée.

VOIR CE LIEN pour comprendre que la science est parfois usurpée.

9) L’usurpation de la science par les sectes et les charlatans : une arnaque dont les crédules sont victimes

Non seulement la physique quantique est usurpée par la mouvance New Age, mais aussi dans le cadre d’escroquerie médicale, comme par exemple la “médecine quantique” qui fait un amalgame douteux et injustifié entre la médecine et la physique quantique alors que les deux domaines n’ont absolument aucun rapport. L’adjectif quantique est abusivement détourné de son contexte, et n’est là que pour se donner une apparence de scientificité et de sérieux pour appâter les gens crédules. La doctrine de cette imposture peut tenir en une phrase : tout être vivant est constitué de MATIÈRE animée par de l’ÉNERGIE. Celle-ci est organisée par un plan que l’on appelle INFORMATION. L’emploi de majuscules pour certains mots comme s’ils recouvraient une espèce de vérité magique est un signe assez révélateur des charlatans.Qu’est-ce que la mécanique quantique ? En science, la définition est la suivante : la mécanique quantique est la branche de la physique qui a pour but d’étudier et de décrire les phénomènes fondamentaux à l’œuvre à l’échelle atomique et subatomique. C’est une physique probabiliste qui se démarque de la physique classique. Les grandeurs physiques à l’échelle atomique sont quantifiées en paquets : les quanta. La mécanique quantique montre l’existence de la dualité onde/corpuscule. Mais cette théorie scientifique n’a absolument rien à voir avec la médecine, ni la spiritualité, ni la psychologie, ni la religion, ni avec les pseudo-sciences. Si les hologrammes sont une invention liée aux lasers, il est cependant complètement faux de croire que l’Homme et l’univers sont des hologrammes. Le thème des ondes de forme, et des références plus ou moins relatives aux pyramides, voila un indice révélateur d’une arnaque.

  • Un mélange entre Raël et le New Age, voila à quoi ressemble le profil de l’arnaque qui consiste à usurper et détourner la physique quantique.

Conclusion :
Les amalgames consternants avec la science, une vaste désinformation, voila le moyen des mouvements autoritaires et liberticides pour tenter d’accéder au pouvoir, en faisant croire qu’ils sont laïcs en s’habillant de “science” alors qu’ils sont des sectes. Ne pas dénoncer l’imposture des pseudo-sciences, c’est laisser faire l’ascension des sectes qui infiltrent les pouvoirs publics, et ce serait mettre les libertés en danger.

 

 

© 2011 John Philip C. Manson

Le calendrier maya, l’obscurantisme New Age, et l’imposture de la fin du monde de décembre 2012

  • AVERTISSEMENT : les citations extraites de cet article ne doivent pas servir à cautionner n’importe quel autre croyance rivale (comme le christianisme par exemple) ; ce n’est pas parce que le New Age est une secte inepte que cela signifie que d’autres croyances soient la vérité ou le Bien, je récuse explicitement la réutilisation de mes propos susceptibles de servir contre mon gré à des argumentaires fallacieux et malhonnêtes. Pour comprendre le piège des sophismes et des paralogismes, lire ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/04/15/des-paralogismes-dans-un-document-sceptique-sur-nibiru-et-anunnakis/

 

« La culture de la peur a toujours constitué l’instrument favori des dictatures : les démocraties ne peuvent qu’en faire un usage limité sous peine de se détruire. »  (Pascal Bruckner, in « Le fanatisme de l’Apocalypse », p. 47)

  • En 2012, rien de cosmique ni de surnaturel ne se produira sur Terre.
  • Le présent article présente tous les arguments qui rangent le 21/12/2012 parmi les mythes et les impostures.
  • Décembre 2012, une propagande sectaire qui sert les desseins des charlatans.

Introduction

Cet article a été conçu pour informer et donner des réponses pertinentes, rationnelles et factuelles à ceux qui se posent des questions relatives au 21 décembre 2012.

Il ne faut pas confondre l’Histoire des civilisations précolombiennes avec le mouvement mystique du New Age qui déforme, réinvente et réécrit la réalité historique.

Le mayanisme, quand le New Age recycle de vieilles légendes de civilisations éteintes

Certains parlent des mayas (leur calendrier en particulier), d’autres parlent de légendes babylonniennes ou assyriennes, et d’autres évoquent le nom de Nibiru, tandis que d’autres esprits dérangés parlent du trou noir du LHC chez le CERN… Les réponses précises sur 2012, dans Yahoo Questions/Réponses, sont très nombreuses tout autant que les questions qui abondent. La plupart des internautes posent ainsi leur question sans prendre la peine de vérifier si les réponses existent déjà, au lieu de proposer au public une question récurrente et pénible qui revient chaque semaine…

L’ignorance en astronomie fait croire n’importe quoi quand on est confronté à des croyances d’origine sectaire.

Je fais cet article afin de clarifier les faits objectifs et de couper court aux rumeurs irrationnelles.

Les événements prédits pour 21/12/2012 sont fictifs, c’est un mythe pondu par des gens qui ne connaissent rien de l’astronomie. C’est une légende urbaine dont la diffusion quasi-mondiale est largement facilitée par l’internet.

La date du 21/12/2012 est contestée par les historiens et les archéologues

Des sources montrent même que la date du 21/12/2012 est fantaisiste et que la date de fin de cycle long du calendrier maya est en fait incertaine. Les frères Böhm, l’un mathématicien, l’autre historien, ont découvert que la “fin du monde” n’est pas pour 2012 mais pour 2116. Mais cela ne changera rien : il n’existe pas de causalité entre un calendrier et l’apparition d’événements. Un calendrier sert à noter et consigner des événements, mais on ne fait pas le contraire, puisqu’un calendrier n’est ni un oracle, ni un objet divinatoire.  S’il est possible de déterminer le nombre de jours entre le commencement du cycle long du calendrier maya et la fin du cycle, personne ne connaît en réalité le lien permettant la conversion du calendrier maya vers une date du calendrier grégorien !

Le calendrier maya, disent les prophètes du New Age. Où est la marque du pluriel ? En effet il existe plusieurs calendriers mayas spécifiques à cette civilisation.

  • un calendrier religieux de 260 jours (calendrier Tzolk’in)
  • un calendrier agricole de 365 jours (calendrier Haab)
  • un calendrier Tun de 360 jours, associé au calendrier Tzolk’in
  • un calendrier de neuf jours (équivalent à notre semaine)
  • un cycle long de 1.872.000 jours  (c’est celui-ci qui est récupéré par le New Age,mais aucun des précédents)

La date 0.0.0.0.0 du compte long maya correspondrait au 11 août 3113 av JC de notre calendrier, mais personne ne connaît de façon certaine la conversion entre le calendrier maya et le calendrier julien. La correspondance, dite de GMT, entre le calendrier maya et notre calendrier a été établie d’après Eric Thompson, archéologue et épigraphiste britannique.  La date du 11/08 de l’an -3314 est celle qui est la plus communément utilisée par les archéologues spécialisés de la civilisation maya. Néanmoins, personne ne peut s’assurer de l’exactitude certaine de cette corrélation. (cf. les frères Böhm dans le paragraphe plus haut)

La bonne question à se poser : pourquoi ce calendrier-là plutôt que tout autre ? Selon moi, c’est seulement à cause de la proximité de la date future de 2012. Parce que si la “fin du monde” était fixée à une date future lointaine, qui n’est pas de notre vivant, tout le monde s’en foutrait… Ce que veulent les gourous, c’est inspirer la peur, d’où le choix de ce calendrier. Quand 2012, ou 2116, seront passés, et que rien d’extraordinaire ne sera arrivé, les charlatans se rabattront sur un nouveau calendrier. Je vous laisse deviner lequel.

L’origine archéologique de la croyance au 21 décembre 2012

Je cite Jean-Michel Hoppan, du centre d’études des langues indigènes d’Amérique :

“Cette date, toutefois (le 21 décembre 2012), n’apparaît que dans une seule et incomplète inscription maya datant de la seconde moitié du VIIe siècle, sur le monument 6 du site archéologique de Totuguero, dans l’état de Tabasco, au Mexique. Le long texte de cette stèle s’achève par une référence à la date du ‘4 Ahau 3 Kankin’ mais juste pour signaler ‘qu’interviendra alors une divinité appelée Bolonyocte’. Rien d’autre. Surtout, la fin d’un cycle, dans l’esprit des mayas, ne signifiait nullement la fin DU monde, mais la fin D’UN monde, le début d’une nouvelle ère dédiée, comme les précédentes à des entités mythiques. Cela leur permettait en quelque sorte de remettre les compteurs zéro.” 

En d’autre termes, tout ce qui a été rajouté sur le 21 décembre 2012 n’est que pure affabulation. Car il n’existe aucune prophétie maya prétendant que la fin du monde arrivera à cette date. D’ailleurs il serait intéressant de demander à ceux qui disent le contraire, de nous la montrer cette fameuse prophétie.

  • Le 21/12/2012 est une légende urbaine d’internet et de la littérature, née de l’interprétation douteuse d’une inscription incomplète d’un site archéologique mexicain. La crédulité a fait le reste.

Le calendrier maya a été conçu par les Mayas sur la base de multiples de nombres, un système de numération, bref un calendrier fondé sur du symbolisme et des analogies, mais pas sur la base d’événements astronomiques qui, eux, ne dépendent absolument pas de conventions humaines de numération.

Le mayanisme, fruit d’une secte : quand l’archéologie est détournée de son contexte pour légitimer une doctrine New Age

Je maintiens mes propos comme je l’ai toujours répété ici et ailleurs : le mayanisme est une propagande sectaire qui essaie de vous vendre votre survie par la peur et la crédulité. Il n’y a aucun fondement scientifique, ni historique, ni archéologique derrière cette pure mystification. Le mayanisme est une des nombreuses et nouvelles croyances propagées par la mouvance New Age. À savoir : le mouvement hippie est plus ou moins à l’origine du mouvement New Age (dans les années 60/70) et de l’écologisme idéologique en politique, avec son lot de croyances qui font la synthèse de plusieurs religions diverses, dans un contexte de contre-culture et de banalisation du postmodernisme. D’autres, comme certains écrivains, profitent de cette spiritualité moderne qu’est le New Age pour mystifier le public en lui faisant croire que c’est de la science, sans que ces individus peu scrupuleux aient forcément la même origine culturelle propre au New Age. Il ne s’agit pas là de science ni même de spiritualité, mais d’obscurantisme et d’imposture intellectuelle via la propagation d’un thème irrationnel fortement médiatisé dans les forums d’internet.

Si vous devez vous poser de bonnes questions, ne dites pas “comment cela se passera t-il à telle date”, mais plutôt “en quoi l’hypothèse de la fin du monde à telle date est-elle absurde ?”. Avant de formuler une hypothèse s’inspirant d’un phénomène, assurez vous d’abord que le phénomène existe.

Ce n’est pas parce qu’un calendrier affiche des chiffres ronds que cela signifie l’implication d’un événement historique qui n’a aucun rapport avec la convention utilisée dans un calendrier. Si le pape décide par exemple de décaler notre calendrier grégorien en lui ajoutant 990 ans par exemple, et nous annonçant qu’on est en l’an 3000 (fixé par décret), ce chiffre rond (3000) ne signifie pas que ça déclenchera, en conséquence, des événements, ni que cela nous vieillira réellement de 990, nous transformant en dépouilles réduites en poussière comme par magie, comme si le temps s’était écoulé subitement comme une fuite d’huile de vidange !

Le problème que je montre, c’est que la pensée magique remplace l’attitude critique dans la tête des crédules. Ce sort est indigne pour un être humain.

  • La NASA a expliqué que l’affabulation de la fin du monde selon le calendrier maya a commencé avec l’affirmation que Nibiru, une supposée planète découverte par les Sumériens, se dirigeait vers la Terre. Cette catastrophe a été initialement prédite pour mai 2003, mais comme rien n’est arrivé le jour du jugement dernier, la date a été repoussée à décembre 2012.

Doctrine et déni du hasard

La causalité, c’est une cause suivie d’un effet. Mais les croyances reposent sur des analogies dépourvues de causalité, avec le déni de la curiosité, le déni de l’observation des faits, le déni du hasard et des probabilités, le déni de réfuter des idées, le déni même de la réflexion. Les impressions et l’inspiration ne sont pas équivalents à la réflexion rationnelle, ce sont deux modes différents de la pensée.

Il faudrait arrêter toutes ces contre-vérités racontées sur les mayas. En plus, l’industrie du cinéma en a même fait un film. Pitoyable… La désinformation propre au mayanisme mystique déforme complètement les faits de l’Histoire et les détournent abusivement de leur contexte. Le mythe de la fin du monde en 2012 est une légende urbaine propagée par un écrivain russe et récupérée par la fondatrice d’une communauté d’ufologie. Le mysticisme mayaniste est un courant du New Age et il n’a aucun rapport sérieux avec l’Histoire, l’archéologie et l’astronomie et les sciences en général.

Le thème du mayanisme  millénariste est né de la littérature en 1976 : nulle trace auparavant en Histoire

Le sujet sur les mayas a abondamment été débattu sur le web, et les personnes sceptiques ont écrit comme moi des précisions depuis ces dernières années pour dénoncer l’obscurantisme contemporain malsain et débilitant. Le web n’a pas été conçu pour s’en servir comme moyen de propagande sectaire. Le délire contemporain au sujet de Nibiru a été initié en 1976 (à partir d’un écrivain russe), ça a commencé à en faire parler en 1991 quand cet écrivain a voulu montrer ses idées aux astronomes, puis ensuite la doctrine connue sous sa forme actuelle a pris son essor en 2003 sur internet comme phénomène de légende urbaine (sous différentes variantes depuis) à travers le bouche-à-oreille dans les nombreux forums mystiques.Ce phénomène de société ressemble étonnamment à un processus de propagation d’un virus informatique capable de muter et d’infecter un maximum de machines. Ici, ce sont les personnes crédules et vulnérables qui se font berner…

Nous distinguons donc plusieurs champs d’exploration de la Réalité: les faits eux-mêmes, la connaissance de ces faits (au moyen de la science), les rajouts abusifs sur ces faits et les interprétations délirantes sur ces rajouts (au moyen de l’imaginaire). Chaque fois que le mythe apocalyptique mayaniste réapparaît dans le web, je suis tenté d’encourager ses détracteurs à poser la question suivante : “À qui profitent les rumeurs de fin du monde ?” Voila une question intéressante à poser.

  • Il ne faut pas confondre l’archéologie et l’Histoire avec la mythologie.
    Il ne faut pas confondre plus généralement la science authentique avec la science fictive (les théories farfelues d’amateurs) et la science-fiction (qui est un art).
    Il ne faut pas confondre l’astronomie (science) avec l’astrologie (pseudo-science), l’archéo-astronomie (pseudo-Histoire) et les autres délires appartenant à la grande famille de l’intelligent design, du New Age et du néo-évhémérisme.

Le mythe de Nibiru

En astronomie, Nibiru n’existe pas, c’est un mythe. Cet astre est absent des catalogues d’astronomie.

Nibiru est un mythe d’origine babylonienne et a été l’objet d’un récit d’un roman de l’écrivain russe Z. Sitchin (qui se dit aussi historien), en 1976, et cela est devenu un fantasme sur internet depuis 2003 à travers le développement de plusieurs versions de légendes New Age par le biais de la propagande d’une secte ufologique américaine influente. Les écrits de Sitchin s’apparentent à des romans de science-fiction mais dont la forme est construite comme un essai abusivement présenté comme scientifique, historique et véridique alors que ça ne l’est absolument pas.

Nibiru est parfois associé au mythe du calendrier maya qui annonce des événements divers pour la fin de l’an 2012, alors que ce sont deux mythes d’origines distinctes.

Combien de temps faut-il répéter comme un perroquet que ce sont des idioties ?

Comment ai-je pu retrouver autant d’informations ? Il suffit de se poser les questions élémentaires : qui a fondé l’arnaque sur 2012, qui l’a propagé, à qui cela profite t-il, et dans quel but ? La situation ne consiste pas à attendre avec angoisse le mois de décembre 2012 (c’est peut-être le but recherché par les charlatans), mais à rechercher les sources de toute cette arnaque intellectuelle. Google est l’outil idéal pour effectuer des recherches poussées.

Google est notre ami

Recherche chronologique : http://www.google.fr/trends
Google est un outil très intéressant pour rechercher l’évolution des infos dans le temps.

Exemple :
http://www.google.fr/trends?q=%22d%C3%A9cembre+2012%22&ctab=0&geo=all&date=all&sort=0

Coïncidence : la polémique sur décembre 2012 dans le web a atteint un pic d’activité en novembre 2009, peu avant le sommet de Copenhague. J’ai dit coïncidence, pas causalité. Même remarque avec le mot Nibiru.

http://www.google.fr/trends?q=nibiru&ctab=0&geo=all&date=all&sort=0

Le mayanisme est un mythe récent. Nibiru a émergé début 2004. L’expression “décembre 2012″ apparut en francophonie lors du dernier trimestre 2007 environ 8 mois après son émergence sur le web anglophone.
Lorsque l’on a pu retrouver l’origine chronologique d’un phénomène médiatique, on en trouve la source. A qui profite cette mystification ?

Internet est un puissant vecteur de désinformation et de propagande sectaire. Et ça tout le monde le sait, surtout les gourous.

Devant les échecs successifs des prédictions des gourous sur les dates de fin du monde, n’avez-vous pas l’impression que les crédules passent pour des cons à leurs yeux ? Les gourous savent très bien ce qu’ils font et ils ne croient pas un seul instant eux-mêmes en ce qu’ils font croire. Les gourous doivent bien rigoler devant tant de crédulité. La faute à l’obscurantisme ? Plutôt la faute à l’ignorance des crédules et à l’absence d’esprit critique. Les crédules devraient se botter le derrière eux-mêmes, on n’a pas toujours le temps de le faire pour eux, tellement il y a de nécessiteux… Pensez-vous que les gogos traineront les gouroux en justice en 2013 pour abus de confiance et pub mensongère ? Je ne le pense pas : les gogos préféreront continuer à croire en une nouvelle date de fin du monde, celle de l’astéroïde Apophis en 2036, celle du bug Unix de 2038, ou l’an 3000 (parce que c’est rond et que ça paraît joli…). Alors stop ou encore avec toutes ces inepties ?

Précisions sur le calendrier maya
Si des guignols nous prédisent la fin du monde pour le compte long du calendrier maya correspondant à 13.0.0.0.0 (21/12/2012), alors pourquoi ne s’est-il rien passé le 12.0.0.0.0 (18/09/1618) ni le 11.0.0.0.0 (15/06/1224) ? Pourquoi donc préférer un “chiffre” rond plutôt qu’un autre ? Et pourquoi préférer le calendrier maya à un autre ? Et pourquoi choisir ce calendrier maya-là alors qu’il en existe plusieurs chez la civilisation maya ?

C’est sûr que ça risque d’être la fin du monde, un jour, quand on voit l’ampleur de la crédulité pathologique humaine qui est la seule responsable de sa déchéance mentale.

L’avenir n’est écrit nulle part.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9dictions_de_fin_du_monde

Il suffit de regarder dans ce lien cette liste de prédictions de fin du monde, qui se comptent par dizaines, et aucune d’entre elles n’a eu lieu, et sont toutes motivées par des mouvements sectaires.

À l’heure où je parle de tout ça, suite à l’actualité sur le Japon, certaines mouvances sectaires se réveillent pour annoncer la fin du monde prochaine http://www.rue89.com/2011/03/15/usa-le-seisme-au-japon-reveille-les-dingos-de-lapocalypse-195004   J’apprends même que 41% des Américains croient à un retour du Christ avant 2050. Décidément, la pathologie sectaire n’a pas de limite. Maintenant, les sectes n’arrêtent plus de changer la date de l’Apocalypse, c’est le 21 mai 2011 et non plus le 21/12/2012 (le billet d’avion pour l’Enfer infernal est annulé ?).

Croire ne crée pas de réalités, même en se mettant à plusieurs millions à croire en quelque chose. Tant qu’il n’y a rien à observer, il n’y a rien à raconter.

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Arguments contre certains points  plus ou moins relatifs au calendrier maya :

Un alignement planétaire ou cosmique ?

Certains affirment que le 21/12/2012 sera le théâtre d’un alignement planétaire ou cosmique particulier. Mais cela aussi c’est une mystification.Je pense même que la mythologie maya n’en parle même pas, c’est la mouvance New Age qui a inventé cet alignement cosmique.

Le 21/12/2012 il n’y aura aucun alignement planétaire ! Les logiciels de planétarium et la NASA le démontrent. Ceux qui annoncent l’an 2012 sont très mal renseignés et se basent sur une légende urbaine (le calendrier maya) véhiculée par de la propagande sectaire New Age pro-apocalyptique. Il ne faut accorder aucun crédit à ces inepties, ce ne sont que des croyances obscurantistes.

Le 12 Janvier de l’an 10353 avant JC, toutes les planètes du système solaire étaient groupées dans un octant (secteur de 45°), ce qui est déjà assez bien !!
Le 9 Novembre 1881, la plupart des planètes (ce qui veut dire : Soleil, Mercure, Terre, Mars, Jupiter, Uranus, Neptune et Pluton ), sauf Vénus et Saturne, étaient “presque” alignées.

Un alignement parfait de toutes les planètes du système solaire est extrêmement rare, si rare que cela n’est peut-être même pas encore arrivé ! Et même si un tel alignement se produisait, ça n’aurait absolument aucune influence néfaste pour la Terre (tout comme une éclipse de soleil).

Le centre galactique est dans la constellation du Sagittaire. Mais pour avoir l’alignement exact Terre-Soleil-Centre, il faudrait que le soleil et le centre galactique soient sur le même point sur le plan de l’écliptique. Mais est-ce que le centre galactique est sur l’écliptique ? Après une rapide vérification, l’angle minimal entre la Terre, le soleil et le centre galactique est supérieur à 6° (au plus, il atteint 52°), il ne peut donc y avoir d’alignement parfait. Avec une marge de 4% comme celle-ci, on ne peut même pas parler de l’existence d’un quelconque alignement.

À vrai dire, il n’y a jamais d’alignement Terre-Soleil-centre galactique.

Quand on évoque le cycle de 26000 ans, on confond l’histoire du centre galactique avec le phénomène de précession des équinoxes (qui n’a absolument rien à voir !). La précession des équinoxes est un phénomène gyroscopique dû à la rotation de la Terre.

Et les alignements astronomiques comme les éclipses solaires ou lunaires, ou l’alignement dont on vient de parler, ou les alignements planétaires, ça n’a aucun rapport avec le calendrier maya. Mais pourtant certains croient qu’il existe un tel lien.

Un alignement, quand il y en a un, n’est qu’un alignement, il n’y a aucun lien entre un alignement quelconque et les événements historiques sur Terre. La civilisation humaine n’est pas le centre de l’univers, pourquoi les phénomènes astronomiques feraient-ils des prophéties ? Il est temps d’observer la réalité en face sans avoir de croyances déconnectées du réel.

Un alignement cosmique ? Un alignement comique plutôt !

Confusion des genres, ignorance crasse, délires…
Du n’importe quoi. Les légendes relatives aux alignements planétaires, aux calendriers prophétiques précolombiens et à une certaine forme de l’ufologie sont des croyances New Age et du néo-évhémérisme, ces légendes bidons sont de la propagande en provenance d’une secte américaine. Si je le sais c’est parce que j’ai fait des recherches là-dessus, et ceux qui veulent en savoir plus peuvent le découvrir par eux-mêmes, Google est là pour ça.

L’inversion des pôles ?

Certains annoncent l’inversion des pôles magnétiques terrestres… Concernant les pôles magnétiques, il y a eu 24 inversions de ces pôles au cours des 5 derniers millions d’années, et des centaines de fois en 160 millions d’années, et la vie existe toujours sur Terre. Certains parlent de variation de l’intensité du champ magnétique terrestre, mais en fait ça fluctue tout le temps, ce n’est jamais stable. Une inversion prochaine est une rumeur controversée, parce que le phénomène est très lent et imprévisible. Il est utile de rappeler que l’inversion des pôles est un thème New Age de la fin du monde, au même titre que l’arrivée de Nibiru, ainsi que des alignements cosmiques bizarres, mais tout cela est une mystification propre aux sectes millénaristes.

L’inversion ne concerne que les pôles magnétiques du globe, pas les pôles géographiques. C’est un processus qui s’étend sur une longue période, ce n’est pas un phénomène instantané. Ce n’est pas non plus fatal pour la survie d’une espèce, bien que les radiations sur une Terre sans protection magnétique présentent des risques réels comme les cancers cutanés et les pannes des satellites de télécommunication. L’inversion des pôles magnétiques c’est arrivé déjà quelques dizaines de fois depuis l’apparition de l’humanité, et nous sommes toujours là.

Le champ magnétique terrestre a deux polarités : un nord magnétique et un sud magnétique, et son axe est incliné un peu par rapport à l’axe de rotation terrestre.

Le champ magnétique terrestre maintient la vie sur Terre en nous protégeant du rayonnement cosmique, mais il n’est pas lui-même la cause de la vie. En l’absence de ce champ, la vie serait quand même apparue mais seulement dans les océans à une certaine profondeur. Certaines espèces vivantes peuvent résister aux rayonnements : les tardigrades et certains insectes. Bref, la vie sur les continents n’est pas nécessairement impossible même en l’absence de champ magnétique terrestre, mais la vie serait certainement moins diversifiée et plus raréfiée.

Une inversion de polarité magnétique terrestre est déjà arrivée plusieurs fois dans l’histoire géologique, et n’a pas été mortel pour la vie, mais la transition dure plusieurs millénaires, ce n’est donc pas instantané. Et une diminution du champ à cause d’une très lente inversion serait même imperceptible par des mesures au magnétomètre. Il existe des oscillations stables du champ magnétique terrestre en fonction du temps, et le champ diffère sensiblement selon les endroits. Donc s’il existait une variation globale progressive avérée du champ, elle devrait être significativement et statistiquement supérieure aux fluctuations moyennes du champ, mais on n’a rien observé de tel à l’échelle globale. Le champ magnétique est induit par la rotation terrestre qui agit donc comme une dynamo.

Le thème de l’inversion des pôles est fréquemment relié au mythe mayaniste de la fin du monde de décembre 2012 et au mythe de la planète Nibiru, c’est une sorte de syncrétisme mystique très populaire (hélas) sur Internet. Les personnes bien renseignées savent que ce sont des conneries.

Les inversions des pôles magnétiques sont survenues environ une vingtaine de fois depuis l’apparition des premiers hominidés. Si elles avaient été mortelles, nous ne serions pas là pour en parler.

 Le web, vecteur des rumeurs :

Dans un site que je ne citerai pas, j’ai pu lire cette phrase obscurantiste : “Au lever du Soleil du 21 décembre 2012 et pour la première fois depuis 26.000 ans, le Soleil se lèvera pour se joindre à l’intersection de la Voie lactée et du plan écliptique.”

Le 21 décembre est effectivement le solstice d’hiver, c’était le cas il y a environ 25920 ans. Mais si l’on prend pour référence une année quelconque X, n’importe laquelle, on peut dire également que le solstice a lieu le même jour de l’année à la date X auquel on soustrait 25920. Ainsi, on peut définir n’importe quelle date comme étant une date particulière, selon le goût des croyances de chacun… En effet, si j’affirme que la fin du monde est le 30 avril 3797 de notre ère, il est vrai que 25920 ans plus tôt, le point de l’équinoxe du printemps avait la même position dans le ciel que le 30 avril 22123 avant notre ère.

D’autre part, l’écliptique et le “plan galactique” ne sont jamais alignés, je l’avais expliqué plus haut. Je suis d’autant plus choqué que le texte en italique que je cite ci-dessus a été vu dans une page perso d’un étudiant sur un site universitaire français avec certaines références New Age que je n’évoquerai pas. C’est atterrant de voir ça.

Opposons nous à l’obscurantisme avant qu’il n’infiltre les pouvoirs publics !

 

© 2007-2013 John Philip C. Manson