Les dérives sectaires dans le circuit de la formation professionnelle

Les dérives sectaires n’épargnent pas le recrutement professionnel ni les organismes de formation professionnelle.

 

Les champs d’intervention les plus revendiqués par les organismes et groupes à caractère sectaire sont :

  • la gestion du stress,
  • la résolution des conflits interpersonnels et familiaux ou survenant dans les relations du travail,
  • le renforcement de la confiance en soi,
  • l’amélioration de la cohésion des équipes dirigeantes et d’encadrement,
  • la prise en charge des addictions (alcool, drogues, tabac,…),
  • la motivation du personnel ;
  • l’accroissement de la capacité de « self-réalisation » ;
  • la prise en charge des troubles psychosociaux

 

Voici une liste non exhaustive de termes qui doivent alerter car susceptibles d’être le signe d’une structure sectaire :

• Accomplissement de soi
• Atmosphère d’enthousiasme
• Bien-être
• Capital Savoir
• Coaching
• Confiance
• Connaissance de soi
• Conscience de la respiration
• Contrôle mental
• Conviction totale
• Désintéressement
• Développement personnel
• Dévouement
• Enrichissement
• Epanouissement
• Estime de soi
• Evitement des conflits
• Evolution sociale
• Gestion de la vie relationnelle
• Hérédité psychique
• Impeccabilité énergétique
• Knowledge Management
• Libération du corps et de l’esprit
• Maîtrise émotionnelle
• Management des situations professionnelles
• Partage des informations
• Points faibles – points forts
• Pouvoir d’infléchir les évènements
• Processus de révélation
• Profil personnel
• Prosélytisme
• Purification de l’âme
• Quête de sens
• Santé globale
• Savoir-être
• Sens du partage
• Stratégie de résolutions de problèmes
• Thérapie méditative
• Valorisation de soi
• Vide intérieur

A cela, on peut aussi y ajouter les termes suivants : clarification, transaction relationnelle. Dénonçons aussi les méthodes pseudoscientifiques et irrationnelles utilisées lors des recrutements : ces techniques sont illégales. La PNL, une de ces « méthodes », est l’objet de nombreuses critiques, qui lui reprochent tour à tour son manque de validation thérapeutique, ses références à des théories dépassées, sa tendance à permettre la manipulation des esprits, et enfin son usage dans les dérives sectaires, si bien qu’elle est considérée dans de nombreux domaines universitaires comme une pseudo-science. Parmi les autres méthodes abusives : la graphologie, l’astrologie ou la psychomorphologie

Les questions INTERDITES lors d’un entretien d’embauche, concernant :

– l’état de santé ;
– l’état de grossesse ;
– les opinions politiques, philosophiques ou religieuses ;
– l’appartenance à un syndicat ;
– la situation familiale (et singulièrement les projets matrimoniaux du candidat) ;
– les mœurs.

 

Le Code du travail (article 121-6 du Code du travail) impose que les méthodes et techniques d’aide au recrutement des candidats à un emploi soient pertinentes au regard de la finalité poursuivie. Cette exigence légale interdit l’usage de méthodes de recrutement jugées fantaisistes, comme l’astrologie, la numérologie ou la morphopsychologie (étude du caractère par l’analyse du visage et des gestes), par exemple. L’emploi de toute méthode visant à vérifier autre chose que les aptitudes professionnelles du candidat est illégal et peut être dénoncée : la victime peut alors saisir le comité d’entreprise ou le représentant du personnel, ou agir directement en justice. Les méthodes de recrutement doivent être connues des candidats, des salariés et du comité d’entreprise.
Ceci est prévu par les articles L121-7 et L121-8 du Code du Travail. Les informations obtenues sont confidentielles.
Ceci est prévu par l’article L121-7 du Code du travail. L’employeur n’a pas le droit de communiquer les informations qu’il a recueillies sur vous sans votre accord. Ceci serait une violation de vos droits pouvant ouvrir droit au versement de dommages et intérêts. Le salarié ou candidat à l’embauche a le droit d’obtenir les résultats des tests pratiqués.
Ceci est également prévu par l’article L121-7 du Code du travail. Après un entretien vous pouvez réclamer les résultats des tests, l’employeur est obligé de vous les communiquer.

 

 

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Nibiru la cause du réchauffement climatique ?

Point par point, je donne une réponse à chaque affirmation :

  • Les comètes et météorites se multiplient au fur et à mesure que les années passent.

C’est faux, c’est même le contraire, selon une décroissance exponentielle. On peut même supposer que cela suit la loi exponentielle de la forme N(t) = k.e^(-k.t)  où N désigne le nombre de météorites en fonction du temps (t), et selon la constante k. Les météorites finissent un jour ou l’autre à tomber sur une planète ou sur le soleil : il y en a donc de moins en moins en mouvement dans l’espace, car une fois qu’une météorite se consume dans l’atmosphère d’une planète elle est détruite, ou bien la météorite forme un cratère au sol. Une fois tombée, chaque météorite reste là où elle est…

 

  • De plus , ce n’est pas une coïncidence si elle arrivent de la même direction. 

Il existe divers type de météorites selon leur origine : les perséides, les céphéides, les géminides, les léonides, et caetera… C’est souvent d’après le nom d’une constellation du zodiaque. Normal car les météorites ont une orbite autour du soleil, et en ce sens elles font partie du système solaire, et leur orbite peut faire intersection avec l’orbite terrestre circumsolaire. Et comme il s’agit d’une orbite, c’est évident que cela provienne en apparence de la même direction, ce que l’on appelle le radiant.

Une image montrant des orbites elliptiques qui coupent l’orbite de la Terre. Mais non pas une direction, mais plusieurs directions qui font la distinction entre les perséides, les céphéides, les géminides, les léonides, et caetera…

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  • Les orbites irrégulières des planètes. Elles ont convaincu les astronomes de l’existence de la Planète X , tellement que le directeur de la NASA a déjà déclaré ceci : « Les astronomes sont tellement certains que la 10 ème planète existe qu’ils pensent qu’il ne reste plus qu’à lui donner un nom. »

La planète X, ou dixième planète, est une appellation obsolète… Après la découverte de Pluton (en 1930) et celle de sa lune Charon (en 1978), on a découverte des planètes naines transneptuniennes : Varuna (découvert en 2000), Ixion (2001), Quaoar (2002), Sedna (découvert en 2003), Orcus (2004), Eris et Makémaké (découverts en 2005).

Cependant, aucune trace de Nibiru. Cette pseudoplanète qui se dirigerait vers la Terre est une fiction.

La citation que l’auteur dans le site Wikistrike attribue au directeur de la NASA, si elle est authentique, doit probablement dater d’avant les années 2000… (En effet, elle date de 1992)

Il serait enfin temps de t’intéresser à la vraie astronomie plutôt que s’accrocher aveuglément à des mythes pseudoscientifiques… Non ?

  • Le symptômes sont tellement nombreux que la conclusion s’impose par elle-même.

Absolument pas. J’ai montré le contraire…

  • Augmentation de la quantité de volcans , tremblements de terre , météorites , etc. 

Le volcanisme et les séismes montrent que la Terre est durablement active. Mais en aucun cas ces mécanismes naturels sont en augmentation. Le noyau de la Terre refroidit même peu à peu, et l’activité tectonique ralentit : il y a de moins en moins de séismes et de volcanisme, mais cette décroissance est très lente, ça prend des milliards d’années.

  • On ne peut pas voir Nibiru à l’œil nu , tout simplement parce qu’il arrive de la direction d’ou se trouve le soleil.

Bin voyons ! Cela t’arrange bien, hein ? Mais alors, si on y réfléchit : si Nibiru vient vers nous, et que le soleil est sur son chemin, c’est le soleil qui sera percuté par Nibiru, donc la Terre sera épargnée.

Ensuite, la probabilité pour un astre de rayon r entre en collision avec un autre astre de taille similaire situé à une distance R est de P = (1/4) * arcsin ² (r/R). Grosso modo, il y a un risque de 1 sur 10 millions de  milliards pour qu’un tel événement survienne, parce que les distances entre les astres sont significativement plus grandes que la taille des astres.

 

  • Il y a aussi la possibilité souvent évoquée qu’il pourrait s’agir d’une naine brune.

Tiens ? Une naine brune ? D’autres versions du mythe affirment que c’est une planète. Ou un éléphant rose, ou une licorne en plastique…

Nibiru désigne en réalité une divinité secondaire de la mythologie babylonienne, Nibiru est un dieu parfois associé au dieu Marduk.

L’écrivain de science-fiction Zecharia Sitchin, autoproclamé « historien » a écrit en 1976 un livre de science-fiction dans lequel il fait l’amalgame entre le dieu babylonien Nibiru/Marduk et une planète fictive qu’il a inventée. Dans leur délire, les fans de Sitchin ont détourné la science-fiction de son contexte pour en construire un mythe moderne. Depuis l’émergence d’Internet, les versions de ce mythe se sont multipliées, selon les concepts subjectifs délirants de chaque internaute.

Certains ont fait du roman de Sitchin une sorte de théorie, laquelle a été reprise par plusieurs mouvements New Age (dont certains ont la caractéristique d’une secte) qui associent la succession des différentes « ères » au passage de la planète Nibiru près de la Terre, et pour lesquels l’avènement du « Nouvel âge » correspondra donc à un nouveau rapprochement entre notre planète et l’astre mythique. La date de décembre 2012, fut présenté comme une date-clé, mais le 21 décembre 2012 n’a rien à voir avec le mythe babylonien mais a plutôt un rapport avec l’un des différents calendriers de la civilisation maya, ce qui est complètement hors contexte.  Le New Age a tendance à tout mélanger pour faire monter la mayonnaise, sans crainte des contradictions par conséquent à travers des concepts entremêlés et complètement déconnectés de leur réel contexte.

Sur Google Trends on peut visualiser l’historique du mot Nibiru comme critère de recherche sur Google depuis 2004. En gros, le mythe se répand sur Internet au début des années 2000, puis le buzz démarre vers août 2008. Et ensuite les journalistes exploitent le buzz, pour vendre du vent évidemment. Et le buzz atteint son paroxysme fin 2012, pour ensuite choir soudain, parce qu’il ne s’est rien passé le jour de la fin du monde, faisait perdre définitivement toute crédibilité sur Nibiru… Un mythe peut mentir à beaucoup de monde, mais un mythe ne peut pas durer tout le temps.

La pièce de théâtre est terminée, tirez le rideau !

Au fait, quel rapport entre le volcanisme qui s’emballerait (ce qui est faux), l’accroissement présumé (mais faux) de la quantité de météorites et une naine brune (…fictive, ou une planète fictive aussi, selon les délires divergents) ? Aucun…

Mais continuons à lire l’auteur de Wikistrike :

  • Nibiru est un système solaire ( plus petit que le nôtre ) composé de 7 planètes. La taille de la planète principale – Nibiru – est indéterminée , certaines sources mentionnent 3 ou 4 fois la masse de Jupiter , d’autres 3 ou 4 fois la masse de la Terre. 

Les sources ne sont pas fiables, car il y a une contradiction : comment peut-on observer des détails sur Nibiru en temps que système planétaire si Nibiru arrive de la direction où se trouve le soleil ?

De plus, comme la Terre tourne autour du soleil en une année, la trajectoire de Nibiru doit nécessairement être spiralée et non rectiligne afin que Nibiru, le soleil et la Terre restent alignés ! Et une spirale comme trajectoire, ça implique de fournir une énergie au lieu d’une trajectoire rectiligne ou parabolique ou hyperbolique due à la seule inertie.

Autre contradiction : Nibiru est redevenue une planète, ce n’est déjà plus une naine brune ? Nibiru est le foyer du système ou n’est-il qu’une planète en orbite autour de sa propre étoile ? C’est à n’y plus rien comprendre !

 

  •  La magnétosphère – le bouclier magnétique de la terre qui nous protège contre les rayons du soleil – est de plus en plus faible.

Il n’y a que toi qui l’affirme… Mais il n’y a pas fallu attendre Nibiru pour qu’il y ai inversion des pôles magnétiques terrestres : le phénomène s’est produit des centaines de fois dans l’histoire géologique de la Terre, et il n’y a pas eu la fin du monde à cause de cela…

  • l’héliosphère – le bouclier magnétique qui protège non seulement le soleil , mais notre système solaire au complet contre les rayons cosmiques – est lui aussi en train de se modifier. 

L’héliosphère n’a rien d’un bouclier. Le vent solaire est un flux de particules dont la pression est très faible. En train de se modifier ? Pure invention…

Les rayons cosmiques atteignent la Terre quand même, rien ne les arrête. Mais les rayons cosmiques ne sont pas une menace.

  • le noyau de fer qui est au centre de la terre s’est mis à tourner plus vite. Le noyau de la terre a accéléré sa rotation , donc création de plus de chaleur au centre de la terre. Et puisque la chaleur monte … plus d’activité volcanique et sismique.

Friction, oui, mais quand les milieux sont solides. Mais le noyau est solide, et il tourne sur lui-même dans un milieu plus fluide. L’activité volcanique concerne le manteau supérieur et la croûte terrestre.

Personne n’a observé une augmentation de l’activité sismique et du volcanisme.

Il n’existe aucun rapport entre l’activité tectonique terrestre et l’arrivée (fictive) de Nibiru, cela n’a aucun sens…

  • Imaginez un nouvel arrivant dans notre système solaire qui serait bourré de force électromagnétique. 

En elle-même, l’expression semble remplie de mysticisme et de magie, dénotant une méconnaissance de la physique. Une planète et une étoile, c’est d’abord une masse dont la propriété principale est un champ de gravitation. Mais comme cela ne suffit pas pour les ignorants, il faut y introduire de la magie et du merveilleux : une force mystérieuse, des lumières bizarres, et pourquoi pas le bruissement des sabrolasers de Starwars ? « Rrr shhhh rrr shh (respiration de Dark Vador), Luke ! Je suis ton père ! »

 

  • En traversant la Ceinture de Kuiper et le Nuage d’Oort , 2 immenses zones de débris qui sont aux confins de notre système solaire, Nibiru a poussé devant lui quelques objets – comme Elenin et Lovejoy , ainsi que et la météorite qui est tombée en Russie – qui avaient la même polarité. (puissance électromagnétique) 

Mais combien de temps a t-il fallu pour Elenin et Lovejoy pour provenir du fond du système solaire jusqu’à nous ? Des millénaires.

Mais les comètes ne sont pas poussées vers nous en une trajectoire unique : elles ont une orbite, longue certes, mais elles vont et elles viennent, en tournant autour du soleil depuis des milliers d’années. Si Nibiru avait perturbé l’orbite des comètes, ça se serait produit il y a des milliers d’années, il y a longtemps. Elenin a déjà fait plusieurs fois le tour du soleil, sachant qu’il faut plus de 10000 ans pour faire un tour complet autour du soleil.

Ainsi, si Nibiru avait perturbé les comètes, cela aurait été le cas il y a bien longtemps, et Nibiru nous aurait déjà anéanti depuis longtemps…

Quant à la « polarité électromagnétique » est une foutaise. Pffff, comme si les comètes et les planètes étaient des bornes Wi-Fi ou des antennes relais des télécommunications… Si les comètes avaient des champs électromagnétiques, alors la comète Tchouri auraient grillé l’équipement électronique de la sonde Philae et la sonde Rosetta depuis longtemps…

 

Bon, on arrête maintenant, c’est l’indigestion…

 

John Philip C. Manson

Sur certains documentaires actuels

Je me demande si la mission de la TV est d’informer ou de faire de l’audimat.

On voit beaucoup de sport, notamment le football en ce moment (normal c’est la coupe du monde). Du sport il en faut, bien sûr. Mais en ce qui concernent les «sports intellectuels», c’est le vide sidéral : je ne vois pas de tournois de jeu d’échecs à la TV par exemple. Les compétitions cérébrales, ça n’attire pas les téléspectateurs ?

Mais aujourd’hui, je vais parler des documentaires télévisés.

Ce matin, j’ai feuilleté les pages d’un magazine de programmes TV. J’ai relevé deux choses qu’il va falloir recadrer dans leur contexte.

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Des preuves de l’existence d’une civilisation extraterrestre venue sur Terre ? C’est faux. Il n’y a pas de preuves objectives à ce jour. Ce qui est raconté par les polémistes en ce qui concerne les tablettes sumériennes ne provient que d’interprétations subjectives, souvent sans même que les protagonistes (qui ne sont pas des historiens) n’aient examinés soigneusement eux-mêmes ces tablettes… La civilisation sumérienne possède beaucoup de mythes, c’est certain, mais les mythes sont l’ensemble des croyances et légendes d’un peuple. Les mythes ne sont pas la réalité. De là à faire l’amalgame entre les dieux antiques et les aliens, c’est fort de café… Les interprétations mystiques actuelles sur les sumériens et les extraterrestres, c’est en lien avec les Annunakis et Nibiru, souvent tirés des romans de Zecharia Sitchin, ces récits font fantasmer les adeptes du New Age qui nous annonçaient la fin du monde pour le 21/12/2012 qui n’a pas eu lieu…

Un aperçu d’une tablette sumérienne, en écriture cunéiforme : http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Table_de_division_et_de_conversion_des_fractions_-_Louvre_-_AO_6456.JPG L’écriture et le calcul sont des inventions humaines très importante lors de l’émergence de l’agriculture au Proche Orient.

Exemple de texte sumérien : http://fr.wikipedia.org/wiki/Sum%C3%A9rien#Exemple_de_texte  Ça parle de roi, des dieux, de guerriers, de sanctuaire.

Sitchin est l’auteur d’un livre («La douxième planète»), un livre truffé d’informations fausses (à moins que la fiction mise en scène est typique de ce que le livre est : un roman) sur la signification de certains mots en hébreu dans l’Ancien Testament. Ces mots étant notamment «Nephilim», «Giborim», «Elohim» et «Shem».

De plus, un sévère anachronisme et un amalgame : la fin du monde pour décembre 2012, ce fut annoncé par les sumériens ou les mayas ? Les mayas seulement (et à partir d’une seule phrase mal interprétée), mais pas les sumériens du tout. Ce sont deux mythes distincts que Sitchin avait trouvé bien de mélanger.

Maintenant, que dire sur la fin du monde pour 2012 qui fut prétendument une prédiction des mayas ?

Je cite Jean-Michel Hoppan, du centre d’études des langues indigènes d’Amérique :

“Cette date, toutefois (le 21 décembre 2012), n’apparaît que dans une seule et incomplète inscription maya datant de la seconde moitié du VIIe siècle, sur le monument 6 du site archéologique de Totuguero, dans l’état de Tabasco, au Mexique. Le long texte de cette stèle s’achève par une référence à la date du ’4 Ahau 3 Kankin’ mais juste pour signaler ‘qu’interviendra alors une divinité appelée Bolonyocte’. Rien d’autre. Surtout, la fin d’un cycle, dans l’esprit des mayas, ne signifiait nullement la fin DU monde, mais la fin D’UN monde, le début d’une nouvelle ère dédiée, comme les précédentes à des entités mythiques. Cela leur permettait en quelque sorte de remettre les compteurs zéro.” 

En d’autre termes, tout ce qui a été rajouté sur le 21 décembre 2012 n’est que pure affabulation. Car il n’existe aucune prophétie maya prétendant que la fin du monde arrivera à cette date.

Intéressant : http://www.sceptiques.qc.ca/dictionnaire/sitchin.html

Faites vos recherches et vous verrez que 100% de ceux qui parlent de la planète X portant le nom de Nibiru et ses habitants les Annunakis tirent leurs informations ou bien directement des livres de M. Sitchin, ou bien indirectement par autres livres ou sites web (forums et blogs) interposés.

De là à ce que la TV diffuse ces salades comme relevant de la réalité historique ou scientifique, c’est grave.

 

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Autre synopsis de la même émission TV. Oui, selon les lois de la physique, la vitesse de la lumière dans le vide est ultime, et constante, et il est impossible de dépasser cette vitesse ni même de l’atteindre. Plus concrètement, la constance de la vitesse de la lumière est un des postulats de la théorie de la relativité. Et depuis plus d’un siècle, on n’a pas pu contredire la théorie de la relativité (mais ça ne veut pas dire forcément qu’une théorie est vraie, on dit plutôt qu’une théorie est potentiellement falsifiable (réfutable)).

Les scientifiques tentent-ils de franchir la barrière de la lumière ? Est-ce envisageable ? Sur papier, certains physiciens ont proposé l’hypothèse des tachyons, qui iraient plus vite que la lumière, d’autres ont imaginé une distorsion de l’espace-temps pour réduire la durée des voyages interstellaires (warpdriving d’Alcubierre). Dans les faits, rien n’indique que l’on puisse dépasser la vitesse de la lumière.

Cependant, contrairement à ce que raconte le synopsis ci-dessus, il n’existe aucune preuve de l’existence des univers parallèles. Tout ce que nous avons actuellement, ce sont des hypothèses, pas des faits… Des physiciens proposent des hypothèses, mais ils n’ont pas de preuves à propos des univers parallèles.

Des contre-vérités dans des émissions TV leur ôtent l’appellation de documentaires…

Concrètement, c’est quoi, un documentaire ? Un documentaire est soit artistique et créatif (ça peut être un reportage dans les musées du mouvement impressionniste ou expressionniste, par exemple), soit informatif ou didactique (historique, animalier, ou scientifique ; mais diffuser de la désinformation ce n’est pas faire du documentaire). Le genre documentaire étant construit à partir d’images du réel, il s’oppose au genre fiction. Néanmoins, la reconstruction historique avec des comédiens fait appel au docu-fiction. Le docu-fiction, c’est le cas particulier où on fait appel à la fiction pour évoquer des faits historiques que l’on reconstitue, mais des faits qui furent réels, évidemment.

Mais faire passer des mythes antiques ou contemporains pour la réalité, ce n’est pas faire du documentaire… Si on me dit que c’est une forme d’art, OK, il s’agit alors de science-fiction. Mais si c’est pour faire croire des balivernes, en faisant passer pour véridique ce qui est inepte, alors il s’agit d’une tromperie. On peut me raconter que c’était de bonne foi, qu’on croyait que c’était vrai, des faits que l’on croyait réels… Mais pourtant, internet regorge de ressources documentaires non négligeables pour s’informer et recouper les informations, c’est ce que j’avais fait en enquêtant sur le mythe de Nibiru et la secte New Age à propos du thème de la fin du monde et du calendrier maya. Quand on cherche bien, et sérieusement, on trouve !

 

 

© 2014 John Philip C. Manson

 

 

Alerte sur le danger des sectes

La Miviludes publie un rapport. Elle alerte sur le danger des sectes pour les personnes âgées. Méfiance et vigilance sont recommandées dans des périodes de faiblesse comme la maladie ou le deuil.

Il n’y a pas que les personnes âgées qui sont concernées. Les jeunes aussi sont approchés par les sectes, et les dangers peuvent arriver aussi via Internet dans lequel les sectes et les escroqueries pullulent. N’importe qui peut être manipulé par les sectes.

© 2013 John Philip C. Manson

Sur le consensus scientifique (suite, via Facebook)

Ceci est la suite de l’article éponyme précédent.

J’ai reçu le 17 avril 2013 un message d’un de mes contacts Facebook. Je le reproduis ici et j’y réponds ici pour des raisons de lisibilité (le texte est écrit trop petit sur Facebook).

Voici ce que l’on m’a écrit, je cite (en rouge italique) :

«Je suis perturbé par votre dernier article, vous dites : « les théories sont des représentations faillibles de la réalité, les théories sont (au mieux) crédibles mais elles ne sont pas LA réalité. La réfutabilité établit la faillibilité des connaissances. Nous ne savons rien de la réalité, nous n’avons que des modèles scientifiques, donc faillibles et réfutables. »

Oui, j’assume. Il est vrai que le critère de réfutabilité avec l’épistémologie de Popper ne consiste pas à dire que des théories sont fondamentalement vraies, mais à déclarer que des hypothèses sont fausses quand elles le sont, lorsque des expériences ou des observations infirment ces hypothèses.

Pour appuyer cet argument, je présente des citations célèbres pour montrer que je n’ai pas formulé d’interprétation personnelle.

  • Hubert Reeves, dont je cite : «[…] La science n’est pas un domaine de vérité. La science n’est pas figée, elle ne vous dit pas : « c’est cela », « ce n’est pas cela ». Ça n’est pas une révélation, c’est une démarche souple qui se développe depuis plusieurs siècles […]. Sa robustesse lui vient du fait qu’elle n’est pas figée. Elle doit continuellement intégrer les nouvelles observations, et donc continuellement se remettre en question.» http://www.hubertreeves.info/chroniques/20030927.html
  • Je cite : «Pour Hubert Reeves, «la théorie du Big Bang, qui a pour but de raconter le passé de l’univers, est hautement crédible. Il n’y a pas d’astrophysicien sérieux qui ne la prenne au sérieux». Reste qu’il ne s’agit pas d’une vache sacrée, d’une «Vérité» devant laquelle se prosterner. Cette théorie du Big Bang «repose elle-même sur d’autres théories», et c’est à cet «échafaudage» très spécial que le célèbre scientifique aime à faire réfléchir.»  http://www.liberation.fr/sciences/0101294699-hubert-reeves-astrophysicien-remonte-l-echafaudage-des-differentes-theories-sur-lesquelles-repose-l-explication-de-la-naissance-de-l-univers-les-tortues-du-big-bang
  • « Les intellectuels ne savent rien » dira Karl Popper à 83 ans dans sa conférence de Zurich La recherche de la paix (Toute vie est résolution de problème). Plus qu’une provocation, c’est un symbole de la relativité du savoir, et de la stérilité des conflits de doctrines.  http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Popper

Je ne me sers pas de ces citations comme des arguments d’autorité, c’est seulement pour illustrer que la science fonctionne comme je l’ai décrite.

Voici même une vidéo sur l’épistémologie : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/06/19/video-lepistemologie-de-karl-popper-demarcation-sciencepseudo-science/

Une théorie en soi n’est pas une «vérité» ni LA vérité, une théorie reste toujours conjecturale, on ne pourra jamais prouver qu’elle EST exactement la copie conforme et complète de la réalité, elle n’en est qu’une approche la plus fidèle possible.

N’est ce pas laisser une porte ouverte à des théories farfelues, une brèche dans laquelle les partisans de l’hypercritique peuvent développer leur élans créationnistes, que ce soit sous forme d’inspirations bibliques ou du nouvel-âge ? De la théorie de l’intelligent design (une forme de théologie) qui tient à décrire les évènements passés ou par le concept de co-création qui lui laisse entrevoir la possibilité d’une influence sur le futur (une forme de voyance), les croyances et superstitions exploitent toujours les marges de la connaissance, le passé (d’où venons nous), le futur (où allons nous), parce qu’elles échappent à notre compréhension intuitives. Le présent étant toujours le point où s’exprime la faute et le péché, c’est-à-dire pour ceux qui sont dans un élan spirituel le moment où s’exerce le libre arbitre pour choisir de sortir d’une erreur originelle (péché, karma, le mal, etc) et allez vers autre chose qui est sensée être meilleur (extase, nirvana, le bien, etc). Si l’ignorance de notre passé et l’inconfort de notre futur devient un pilier de la théorie de la connaissance, comme vous dites « Nous ne savons rien de la réalité », alors le succès des psychothérapeutes spécialistes en développement personnel est assuré, il pourront toujours se couvrir d’une démarche scientifique, épistémologique puisque « les théories sont des représentations faillibles de la réalité » (de faillir : latin fallo, grec ancien φηλόω, phêlóô (« ruser, tricher »), φῆλος, phêlos (« tricheur ») )… c’est-à-dire « tromper », avec ces dérivés comme falsidicus, menteur — falsus, faux. On en reviens facilement à l’idée de faute, d’erreur, et d’un péché qui s’est glissé là par inadvertance. 

  • « Une théorie qui n’est réfutable par aucun événement qui se puisse concevoir est dépourvue de caractère scientifique. Pour les théories, l’irréfutabilité n’est pas (comme on l’imagine souvent) vertu mais défaut. »  (Conjectures et réfutations, Karl Popper (trad. M.-I. et M. B. de. Launay), éd. Payot, 1985, p. 64)

La relativité de la «vérité» scientifique n’interdit pas qu’il faut toujours rester critique. Une théorie scientifique gagne en crédibilité à travers des faits qui la corroborent, mais ça ne l’établit pas comme vérité. C’est là la nuance. Il suffit d’un seul contre-exemple pour invalider une hypothèse, voire une théorie entière, même quand on ne s’y attend pas. Il y a quelques mois, avec l’expérience OPERA, on a bien failli croire que les neutrinos allaient plus vite que la lumière était une nouvelle vérité. Hé bien non, toute vérité est faillible. Une contre-expertise (ICARUS) a finalement prouvé qu’il existait une erreur expérimentale qui avait biaisé les résultats. Les neutrinos supraluminiques sont une hypothèse qui a été réfutée.

Les théories scientifiques sont réfutables : elles peuvent être soient corrigées, soient réfutées.

En ce qui concerne les théories farfelues, on ne peut pas les mettre à égalité avec les théories scientifiques. Par exemple, je formule l’hypothèse suivante : «Dieu existe». Avec une hypothèse pareille, je ne trouve aucune possibilité de concevoir une expérience permettant de réfuter cette hypothèse si celle-ci est fausse. L’irréfutabilité d’une hypothèse ôte la scientificité de celle-ci, elle ne peut donc pas être considérée comme une hypothèse scientifique.

Pour la science, Dieu est inconnaissable. Dieu n’est pas une hypothèse nécessaire. En revanche, rien n’empêche les croyants de croire en Dieu, c’est leur liberté fondamentale. Cependant, l’amalgame entre science et religion, et c’est là le danger, est une imposture.

Mais avec une théorie scientifique crédible comme la théorie du Big Bang, on n’a pas trouvé encore de contre-exemple qui invalide tout l’édifice théorique de la cosmologie moderne, on accumule des preuves directes et indirectes via les observations. C’est le caractère de potentialité de réfutation qui confère à une théorie son caractère scientifique. Avec une hypothèse comme «Dieu existe», non seulement on ne peut rien réfuter si l’hypothèse de Dieu est fausse, mais en plus on ne peut pas non plus en acquérir des preuves expérimentales ou observationnelles par n’importe quel moyen instrumental.

L’esprit critique ne consiste pas à nier tout en bloc. Et la science ne consiste pas à ériger des vérités immuables.

  • «Douter de tout ou tout croire, ce sont les deux solutions également commodes qui l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir.»  (Henri Poincaré)

Le relativisme de la vérité scientifique ne signifie pas l’absence de démarcation entre les pseudo-sciences et les sciences. Toute hypothèse ou connaissance ayant un caractère scientifique est réfutable si (et seulement si) cette connaissance a la possibilité d’être fausse, au moyen nécessaire d’une expérience permettant une réponse binaire exclusive : crédible OU faux. Évidemment, cela ne veut pas dire que les théories scientifiques sont toutes fausses. On ne peut approcher la «vérité» objective qu’asymptotiquement sans jamais pouvoir l’atteindre. Une théorie scientifique pourrait être vraie, mais nous ne le saurions même pas, nous ne pourrions pas prouver qu’elle est vraie même si elle est vraie dans l’absolu. La science procède par élimination des hypothèses fausses, la science ne construit pas des vérités, c’est ça la nuance que j’ai toujours soutenue depuis que je suis blogueur.

Un modèle théorique est juste un outil mathématique très crédible par rapport aux faits. C’est pour cela que j’évoque que les théories sont des représentations faillibles de la réalité. On peut observer très bien les phénomènes physiques avec nos yeux, mais tout dépend des interprétations que l’on fait des résultats quantitatifs. Et on peut mal interpréter, et se tromper.

Sans le critère de réfutabilité, la science érigerait des dogmes définitifs, et ce ne serait plus vraiment de la science.

Ce sont les théories farfelues des pseudo-sciences et des mysticismes qui se proclament comme des vérités absolues. Et qui ne veulent surtout pas se laisser analyser. Et qui osent nier arbitrairement des moyens comme la datation radio-isotopique (carbone 14 par exemple : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/03/31/le-suaire-de-turin-serait-il-contemporain-de-lepoque-du-christ/ )

«Blasphème ! Ce sceptique hérétique ose critiquer la sainte théorie ! » 

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Vous vous inquiétez des dérives dans le domaine des psychothérapies. La psychanalyse par exemple, vous pensez qu’elle risquerait d’égaler la science sous prétexte de la relativité de la vérité scientifique ? Le problème n’est pas là. Les thèmes de la psychanalyse ne peuvent pas prétendre au critère de la réfutabilité. Des concepts comme le complexe d’Oedipe a t-il été l’objet d’expériences reproductibles, contrôlées, et en double aveugle ? Non. La psychanalyse est au mieux, une philosophie, une spéculation intellectuelle ou de la masturbation mentale, et, au pire, je n’ose même pas dire ce que j’en pense, ses adeptes pourraient me lyncher… 😉  Et si on y réfléchit, on s’aperçoit aussi que le concept de pervers narcissique n’existe qu’en France, ce terme est issu d’un livre d’un seul auteur, un psychanalyste français. Ce terme n’a d’équivalent que dans la langue de Cervantès et en langue occitane. Si vous parvenez à retrouver une référence académique avec un terme équivalent dans la langue de Shakespeare («Oh… What is a narcissistic perv ?»), je vous remets le prix Nobel. Moi, je n’ai rien trouvé. Peut-être que parce que ce mot est lié à une particularité de la culture française, où la subjectivité des autochtones joue plus que l’objectivité scientifique.  🙂



Sur la page wikipédia consacré à la Théorie de la connaissance, je lis : « La théorie classique repose sur l’idée que la connaissance est une croyance vraie et justifiée, et non seulement une croyance vraie. » ou l’ajout d’une démonstration de la croyance, la « justification », change la portée de la connaissance. Dans mes discussions avec des personnes adeptes de théories farfelues à qui j’essayais de démontrer les erreurs de raisonnement, il m’a simplement été répondu que j’étais moi aussi dans une croyance. Ce qui n’est pas faux, tant que l’on s’extirpe pas du paradoxe du menteur. 
Et c’est là que je suis perturbé.

Prenons l’exemple des mathématiques. Les théorèmes démontrés au bout d’années d’effort, avec des calculs très rigoureux, ces théorèmes mathématiques sont-ils vrais ? Vis à vis de la logique, les théorèmes sont vrais, mais ils dépendent directement des axiomes. Un axiome (du grec ancien αξιωμα/axioma, « considéré comme digne, convenable, évident en soi » lui-même dérivé de αξιος (axios), signifiant « digne ».) désigne une vérité indémontrable qui doit être admise. Si les axiomes sont vrais dans l’absolu, les théorèmes sont vrais. S’il existe un axiome faux mais qu’on ne le sait pas, alors les théorèmes qui en dépendent sont faux eux aussi et on ne le saurait pas. En général, les axiomes sont des concepts très simples, on peut les supposer comme «vrais», comme par exemple les axiomes qui servent de base à la géométrie euclidienne. Mais en mathématiques, la notion de vérité pose moins de problème qu’avec les sciences expérimentales. Bref, un axiome est un choix conventionnel qu’on trouve crédible sans preuve ; en maths ça ne me dérange pas, c’est comme ça.

L’absence du critère de réfutabilité ôte tout caractère scientifique aux théories farfelues, c’est cette faille qu’il faut exploiter. Et ce dont il faut se méfier avec les pseudo-sciences, ce sont les sophismes et les paralogismes. Et la charge de la preuve revient à ceux qui affirment l’existence d’un phénomène (par exemple : la télépathie, la voyance, le débarquement des petits hommes verts…). Le livre de Normand Baillargeon («Petit cours d’autodéfense intellectuelle», éditions LUX) est très intéressant pour désamorcer les paralogismes, dans ce bouquin j’ai même appris des astuces que je ne connaissais pas, je recommande ce bouquin. J’ai écrit un article sur les paralogismes : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/04/15/des-paralogismes-dans-un-document-sceptique-sur-nibiru-et-anunnakis/

Une théorie bancale peut dériver en une croyance. Mais qu’est-ce que le scepticisme ? Le scepticisme n’est pas une théorie scientifique, il est un métalangage pour travailler sur les théories scientifiques, l’esprit critique n’est qu’un outil. La méthode scientifique évalue les théories scientifiques à travers des faits. Mais la méthode scientifique n’a pas la finalité de s’évaluer elle-même. Ce qu’on appelle la théorie de la connaissance et son étude, ça relève de différentes épistémologies.



Dans une de mes prochaines questions je reviendrai sur ce que vous disiez là au sujet de la vitesse de lumière : « Mais cela ne veut pas dire que les sceptiques affirment que les voyages supraluminiques n’existe pas. Cela veut dire qu’on ne peut pas savoir si c’est valide ou faux tant que des expériences n’auront pas été réalisées. On attend juste des preuves. ». Car j’avoue être perplexe avec l’utilisation qu’en font certains sectes New Age, là aussi il y a une faille de sécurité mentale.»

Oui, je devrais reformuler ces phrases autrement, je n’ai pas été assez précis.

Pour reformuler plus clairement :

La vitesse de la lumière est un postulat de la théorie de la relativité. C’est à partir de ce postulat que mon raisonnement a été développé pour montrer des incohérences théoriques à propos des voyages spatiaux à une vitesse proche de la célérité de la lumière dans le vide. https://jpcmanson.wordpress.com/2013/03/12/de-limpossibilite-des-voyages-interstellaires-a-la-vitesse-de-la-lumiere/

Dans la théorie de la relativité générale, un observateur en mouvement par rapport à un observateur au repos voit sa masse augmenter lorsque sa vitesse devient relativiste. L’inertie augmente, et donc le voyageur doit vaincre cette inertie pour pouvoir aller plus vite. L’énergie cinétique devient très importante à l’approche de la vitesse de la lumière. Ainsi, le moindre impact de poussière peut causer des dégâts considérables sur la paroi du vaisseau spatial du fait de l’énorme énergie cinétique. L’ampleur des dégâts croît exponentiellement à l’approche de la célérité de la lumière, dans le cadre de la théorie de la relativité : l’énergie cinétique croît selon le carré de la vitesse et en fonction de la transformation de Lorentz (proportionnellement selon le facteur gamma).  http://fr.wikipedia.org/wiki/Transformations_de_Lorentz

Il suffit par exemple que la théorie de la relativité soit invalidée partiellement, par exemple, par une nouvelle découverte qui impliquerait que la célérité de la lumière ne soit plus vraiment la limite, et que les voyages interstellaires puissent trouver un moyen de dépasser la vitesse de la lumière. Dans un pareil contexte, modifier la théorie de la relativité revient à remettre en question tout ce que j’ai dit sur l’impossibilité des voyages interstellaires : l’énergie cinétique des impacts de poussière interstellaire ne croît plus aussi dangereusement que je ne l’avais raconté : en physique classique, l’énergie cinétique augmente selon le carré de la vitesse.

Les raisonnements qui s’inspirent des théories scientifiques n’échappent pas à la réfutabilité. En chimie, on a utilisé le phlogistique jusqu’à ce que nous abandonnions ce concept, avec une théorie plus crédible. En cosmologie, on a utilisé le concept d’éther, jusqu’à ce qu’Einstein a déclaré qu’il fallait abandonner ce concept, parce que la théorie de la relativité était plus crédible.

Bref, il existe des théories plus crédibles que d’autres (à travers le critère nécessaire de réfutabilité), mais ça ne signifie pas en conséquence que la théorie la plus crédible EST la vérité.

« Mais cela ne veut pas dire que les sceptiques affirment que les voyages supraluminiques n’existe pas. »     <<< cette phrase veut dire que les sceptiques ne nient rien, ils mettent juste une hypothèse à l’épreuve. Ce sont les faits qui tranchent, pas les sceptiques. Les sceptiques ne sont que des observateurs objectifs.

  • « La science ne cherche pas à énoncer des vérités éternelles ou de dogmes immuables ; loin de prétendre que chaque étape est définitive et qu’elle a dit son dernier mot, elle cherche à cerner la vérité par approximations successives. » (Bertrand Russell)

Les sectes utilisent le jargon scientifique, mais ils n’ont de la science que les mots, ce n’est qu’un habit. La faille des sectes, c’est le sens objectif des mots qu’elles utilisent. J’ai un exemple récent dans cette page : http://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20130412061329AAB0cOa  Le New Age s’invite dans une rubrique consacrée à la chimie qui est une science, cette mouvance vient distiller sa doctrine dans laquelle on retrouve des thèmes familiers (on commence à les connaître…). Mais examinons de plus près, je relève une phrase bizarre, je cite : «[Le cristal de roche] purifie, amplifie l’aura et facilite le voyage astral». Est-ce que cette affirmation est réfutable ? Non, l’aura est un objet mystique inobservable, inconnaissable, inquantifiable… Par contre, l’aura est très fréquemment confondue avec un phénomène physique bien réel : l’effet corona, présenté abusivement comme une «preuve» de l’effet Kirlian. http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_corona   Là, on voit que la réfutabilité est indispensable, sinon le New Age érigerait sa doctrine en dogme, et la science érigerait elle aussi ses théories en vérité. On imagine les dangers qui peuvent en résulter… La réfutabilité est un garde-fou. Sans Karl Popper, je me demande à quoi la science ressemblerait, et je me demande si les sectes n’y verrait pas un meilleur moyen de créer leur amalgame entre science et mysticisme.

  • « Ce n’est pas le doute qui rend fou, mais la certitude. »   (Friedrich Nietzsche)

Moi aussi, j’ai eu du mal à accepter les idées de Karl Popper au début, en croyant à tort que la science consistait à collectionner des vérités vraies réellement réelles. 😉  À l’école, on n’aborde jamais les définitions de la scientificité, je pense que cette lacune est préjudiciable. Par ma propre expérience personnelle, j’estime que l’épistémologie de Popper est la mieux appropriée pour la méthode scientifique. La démarcation est une priorité et une nécessité. Je considère la science comme laïque. Cela n’empêche pas les scientifiques d’être des croyants, mais la croyance relève de la vie privée, la croyance ne doit pas interférer avec le regard critique objectif de tout observateur ou expérimentateur.

Comme les théories scientifiques, l’épistémologie est un domaine qui ne prétend pas à la vérité. L’épistémologie de Popper est la plus crédible, la plus efficace pragmatiquement, qui donne des résultats exploitables, par rapport à d’autres épistémologie (par exemple celle de Feyerabend). Mais, je dis bien « mais », cela ne veut pas dire que l’épistémologie de Popper est LA vérité. Bien que Popper a une influence «absolue» 😉 dans la philosophie des sciences, Popper n’est pas le pape, la science n’est pas une Église. S’il y avait encore plus efficace que Popper, je suis preneur. Sinon je me contente de Popper.

La science, finalement, c’est comme dans l’ingénierie : peu importe si les modèles sont «vrais», seule leur valeur opératoire importe. Le modèle théorique de l’atome par exemple, il peut comporter des erreurs sans que nous ne le sachions, mais c’est un modèle qui marche, qui donne des résultats : c’est là l’essentiel. Si on peut améliorer les modèles, on augmentera en efficacité. On sait fabriquer de l’aspirine pour soulager les migraines des mathématiciens, et surtout celles de ceux qui souffrent à cause des maths à l’école, on sait faire de l’aspirine c’est l’essentiel, même si on pourrait se tromper dans les concepts théoriques de la chimie.

Mais les doctrines mystiques, contrairement aux sciences, n’ont guère évolué depuis des siècles…

La science a pour moteur les erreurs pour construire les connaissances. Des connaissances faillibles, c’est-à-dire critiquables et perfectibles. D’où l’intérêt des controverses scientifiques : ce sont les erreurs qui font avancer.

Je termine par une image qui résume à la fois humoristiquement et sérieusement la scientificité sous un angle épistémologique :

sciencevscreation

En espérant avoir été suffisamment limpide.

Cordialement.

—–

Au lendemain de la publication de mon présent article, mon contact Facebook m’a répondu :

Je cite :

«Merci d’avoir pris du temps pour répondre.
J’ai trouvé ce qui me manquait, on ne cherche pas le coupable (la bonne piste, la vérité), on élimine les mauvaises pistes.
Comme dans une enquête « scientifique ». Ce qui évite la justice arbitraire en place publique. 
Je retiens l’image d’une « traque » en entonnoir, où les théories sont _les suspects_, la scène de crime _la réalité_ et le critère de réfutabilité _les alibis_. Quand on est en défaut de suspects, on ne sait pas, alors on élabore de nouvelles théories, et on reprend ses billes.
La satisfaction est de trouver de nouveaux éléments sur la scène de crime, confirmant une seule théorie. Au pire, on trouvera meilleure explication parmi un des suspects restant en lice. Mais il est « rare » qu’une théorie éliminée revienne en scène.
De plus, on a pas besoin de mobile : Dieu, Magie, pouvoirs occultes…

Au sujet du vaisseau spatial, l’hypothèse d’un voyage supraluminique est évoqué dans cette page wikipédia, http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9trique_d%27Alcubierre
Le modèle mathématique d’Alcubierre décrit une vague déformant l’espace-temps, et sur laquelle un vaisseau pourrait « surfer », celui-ci ne subissant pas (d’après ce que j’ai compris), les effets d’une vitesse supraluminique. C’est la bulle autour de lui qui se déplace, et par rapport à elle le vaisseau est juste immobile sur la vague. C’est du surf quoi… Je connais un secte New Age qui utilise ce concept pour convaincre « scientifiquement » leurs adeptes qu’il sont en contact avec des êtres (immatériels, qui plus est) venant du futur. Ce qui permet de plus de faire de la voyance « expérimentale ».

Au plaisir de vous suivre dans vos articles.»

Le parallèle entre la méthode scientifique et le fonctionnement du système judiciaire est pertinent. Ce sont deux méthodes équivalentes. Ce n’est peut-être pas par hasard que le magistrat Pierre de Fermat (juriste, avocat à Bordeaux, conseiller du roi auprès du Parlement de Toulouse) fréquentait les milieux scientifiques et était lui-même aussi un grand mathématicien (via le fameux théorème de Fermat qui a tenu en haleine des générations de mathématiciens).

Dans le système judiciaire, l’hypothèse de la culpabilité est soumise au critère de réfutabilité. Il y a possibilité de réfutabilité lorsqu’un alibi est vérifiable. Un alibi en béton, solidement vérifié, réfute la culpabilité, et établit donc l’innocence d’un suspect. Ou mieux encore, c’est l’hypothèse de la présomption d’innocence qui est soumise à l’épreuve des faits. Des preuves compromettantes accablent un suspect, donc son innocence présumée est réfutée. C’est l’innocence qui est réfutable à travers la vérification de l’alibi.

Si le système judiciaire n’était pas rationnel ni objectif, des abus se produiraient, ce ne serait plus de la justice mais de la terreur. Par exemple, le suspect est laid ; les jurés s’exclament : « – Délit de sale gueule, il est si laid que l’on devrait rétablir la guillotine ! », « – Messieurs les jurés, calmez-vous ! ».

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Bref, il est pertinent de comparer la rationalité de la justice à celle de la recherche scientifique. Le crime parfait n’existe pas. La théorie scientifique parfaite n’existe pas non plus. Le qualificatif de culpabilité est faillible, on doit pouvoir essayer de réfuter la culpabilité d’autrui. On procède par élimination des suspects innocentés par leur alibi. De même, toute théorie scientifique est faillible, on doit pouvoir essayer de la réfuter, on doit obligatoirement pouvoir la réfuter si elle est fausse. Évidemment, on préfère choisir les hypothèses les plus simples, donc les plus probables (par exemple, la combustion de méthane dans les marécages est plus probable que les feux follets surnaturels).

En ce qui concerne Alcubierre, son modèle est intéressant, il a le mérite de présenter des calculs, mais il n’est encore qu’une hypothèse à tester. Pour produire une vague dans l’espace-temps, je ne vois que les ondes gravitationnelles comme possibilité la plus crédible (les ondes gravitationnelles sont prédites par la théorie de la relativité, elles sont crédibles mais elles peuvent néanmoins être une hypothèse fausse). En supposant que les ondes gravitationnelles existent, la production de celles-ci nécessite une énorme quantité d’énergie, comme par exemple un système binaire de deux étoiles à neutrons en orbite l’une et l’autre. Il faudra surtout réaliser une expérience afin de tester l’hypothèse d’Alcubierre : avec un interféromètre, on compare la vitesse de la lumière dans un espace-temps «plat» avec la vitesse de la lumière qui se propage dans un espace-temps plissé (de type Alcubierre). C’est l’expérience qui déterminera si l’hypothèse d’Alcubierre est factuellement valide ou fausse. Pour l’instant, une telle expérience n’a pas encore été réalisée. Par exemple on pourrait utiliser un système binaire de pulsars, ces corps font éclipse sur une étoile lointaine située en arrière-plan, et on devrait voir par interférométrie une variation de la vitesse de la lumière de cette étoile, enfin c’est à peu près ce genre d’expérience qu’il faudrait tenter.

Mais soyons bien clair que le modèle d’Alcubierre reste une hypothèse quand qu’elle n’aura pas été testée expérimentalement. Un modèle peut paraître séduisant, crédible, véridique, mais ça ne veut pas dire que le modèle ou l’hypothèse EST la réalité.

Ce sont les faits qui sont vrais, pas les représentations logico-mathématiques que l’on en fait, surtout si on théorise avant de faire des expériences.

La science n’est pas fondée sur la confiance envers les théories, mais sur l’exigence de réfutabilité. On doit tenter de démolir une théorie pour évaluer sa solidité. Quand une théorie s’effondre comme un château de carte, on fait avancer la science, contrairement aux apparences.

  • « La qualité d’une expérience se mesure au nombre de théories qu’elle fait tomber. » (d’après un professeur à Polytechnique et chercheur du CNRS)

© John Philip C. Manson

Un échantillon de physique quantique douteuse sur Youtube

Une vidéo sur la physique quantique ? La vidéo peut être résumée comme un récit sur la place de l’être humain dans l’univers, la perception sensorielle de la «réalité», et la distinction entre ce que l’œil perçoit et ce que le cerveau interprète via les signaux électriques cérébraux. Une vague analogie de l’excellente trilogie Matrix. Mais la récupération du mot «quantique» en dénaturant son sens scientifique, c’est typique de la doctrine New Age. En fait, dans la vidéo il n’y a pas de physique quantique.

Des internautes ayant examiné la vidéo ont exprimé leur méfiance. En tête des meilleurs commentaires, je cite celui-ci : «Si, c’est un pur délire… mais pas gratuit, effectivement : il s’agit, comme toujours pour les sectes, d’introduire d’abord des contre-vérités et même de gros mensonges pour déstabiliser puis, in fine, remodeler et manipuler la conscience. Ici, je le répète, rien à voir avec la physique quantique… juste une errance mystico-délirante, qui ose en outre se réclamer de « vérités scientifiques » au mépris de toute vérité scientifique, de toute vérité tout court. Une vraie honte intellectuelle…»

Ces internautes indignés ont raison.

Voici ci-dessous un texte qui résume avec concision ce qui distingue la physique quantique de la pseudo-science mystique ou métaphysique :

quantictube

Sur Youtube, le pire côtoie le meilleur… Faites gaffe… On trouve de tout dans une secte, sauf la sortie.

Je pense aux jeunes qui regardent les vidéos sur Youtube, et qui croient que tout est scientifique et vrai. Très grave erreur.

Il faut acquérir assez tôt les réflexes de l’esprit critique pour démasquer et dénoncer les impostures. C’est comme l’apprentissage scolaire du calcul, l’esprit critique devrait être, comme le calcul, une habitude.

C’est anormal que le business de l’irrationnel dépasse le budget de la recherche scientifique, dont la recherche médicale contre le cancer et le sida. À cause de la crédulité humaine. Armez-vous d’esprit critique.

  • «Si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle.»   (Noam Chomsky)

Bibliographie :

© 2013 John Philip C. Manson

Une vocation pour les maths et/ou la physique ?

Comment naît (ou faire susciter) une vocation en maths et en physique ?
Une vocation pour les maths et/ou la physique : une volonté, un plaisir, une méthode,… et des dangers à connaître.

  • On devient bon en maths en travaillant régulièrement.
  • On devient cancre par l’habitude de la paresse.

C’est en forgeant qu’on devient forgeron.

C’est aussi simple que cela. Avant de se lancer dans les sciences, il faut maîtriser le langage. La lecture des dictionnaires est essentielle pour comprendre les définitions des mots. Il est important d’élargir le vocabulaire.

Les maths et les sciences, comme tout domaine (comme le sport par exemple), c’est par l’envie d’apprendre et de comprendre. Le talent c’est l’envie de faire quelque chose, en y trouvant plus de plaisir que d’avoir l’impression de devoir accomplir une corvée.

Une motivation, ça arrive soudain, un jour, par un déclic, un détail, quand on recherchait soi-même une réponse à un truc. Puis la curiosité déclenche une réaction en chaîne : une boulimie d’apprendre toujours plus. Savoir qu’on peut trouver tout seul, c’est s’ouvrir à l’indépendance et la liberté. Pourquoi les profs feraient vos devoirs à votre place ? Et pourquoi (dans un tout autre contexte) laisseriez-vous des gourous penser à votre place ?

Donc bref, apprendre, être curieux, multiplier les situations à résoudre, mais disposer d’un outil précieux à ne pas négliger : l’esprit critique. Pour rester objectif. Et se souvenir des critères épistémologiques de la science, à travers le problème de la démarcation entre la science et ce qui ne relève pas de la science. Pour éviter l’amalgame entre science et mysticisme. Et se souvenir que les théories sont des représentations faillibles du réel (à travers l’observation ou l’expérimentation). Voici un exemple épistémologique très simple qui résume la scientificité : la carte n’est pas le territoire. Ces critères s’appliquent aux sciences de la nature dont la physique, les maths étant l’édifice de toutes ces sciences. J’ai dit que la carte n’est pas le territoire : en effet, les maths servent à décrire et expliquer des opérations et des expériences de physique, mais pas le contraire. C’est-à-dire que la vérité scientifique ne se construit pas d’abord sur des concepts mathématiques ou géométriques pour tenter d’inventer la réalité physique. Ainsi, le chercheur indépendant Antony Garrett Lisi (http://fr.wikiquote.org/wiki/Antony_Garrett_Lisi) avait présenté une «théorie» douteuse dans laquelle il affirme que «les équations algébriques qui décrivent le comportement de toutes les particules sont la conséquence de la géométrie d’un seul objet (Le groupe de Lie E8). Tout le contenu de l’Univers n’est donc que pure géométrie !» (source : Science et vie, nº 1084, janvier 2008, p. 51).

La physique n’a jamais été la conséquence des mathématiques. Les maths ne sont pas ladite réalité physique ni sa trame. Les maths ne sont qu’un outil pour construire une théorie abstraite à partir des faits de la physique, une théorie scientifique axiomatisée c’est elle qui est la conséquence des données quantitatives issues des observations et des expériences de physique. Les phénomènes précèdent leur théorisation, pas le contraire. On observe d’abord, afin de recueillir des données quantitatives (à travers des mesures), ensuite ces données sont comparées entre elles afin d’établir des lois physiques, puis l’on construit une théorie. Par exemple, le résultat de l’expérience de Michelson-Morley en 1887, qui contredisait l’hypothèse de départ, a eu pour conséquence la théorie de la relativité restreinte (d’Einstein) en 1905. Il est évident que l’on ne construit pas de théorie sans données physiques. Autrement, c’est brasser de l’air, c’est faire de la spéculation au risque de diverger de la méthode scientifique. Bref, une page remplie d’équations n’est pas l’univers ni la cause de l’univers, au même sens qu’une carte n’est pas le territoire, ni qu’une carte n’est la cause du territoire. Le territoire existe d’abord (il préexiste), ensuite on dessine une carte pour représenter ce territoire que l’on observe et explore (directement sur le terrain ou par vue aérienne, voire par photo satellite). On observe, puis on tire des conclusions. Mais émettre des concepts avant même d’observer ou d’expérimenter, ce n’est pas vraiment de la science.
En plus, A. Garrett Lisi annonce que «en outre, [la théorie] prédit pour l’instant une constante cosmologique gigantesque, alors que les observations la donnent très petite.»    En voila un qui décide comment doivent être les faits, en dépit des observations, plutôt que reconnaître l’invalidité de la prédiction, celle-ci étant réfutée par les faits eux-même. Depuis quand une théorie est-elle dogmatiquement vraie et que les faits sont faux ? Une théorie scientifique a pour définition selon laquelle la théorie doit pouvoir être réfutée si celle-ci est fausse, donc une théorie peut être fausse. Par contre, les faits, c’est-à-dire l’observation et l’expérimentation rigoureuses des phénomènes physiques, contrairement aux interprétations qu’on en fait, ne peuvent mentir.
Dans Wikiquotes.org, la catégorie des «auteurs scientifiques» incite à s’y interroger. C’est dans ce site que j’avais pu trouver les citations de A. Garrett Lisi. Maintenant, je me penche sur le cas du chercheur japonais Masaru Emoto. Selon Wikiquote, ce chercheur étudierait les effets de la pensée sur l’eau.
À première vue, cela paraît déjà bizarre. Mais pour en avoir le cœur net, examinons les citations de M. Emoto.
Je cite Emoto : «Les 70% environ de notre planète sont recouverts d’eau, et 70% environ du corps humain ne sont qu’eau» (Le miracle de l’eau (2007), Masaru Emoto (trad. Gérard Leconte), éd. Guy Trédaniel, 2008 (ISBN 978-2-84445-866-7.), p. 7 et 8)
Il est vrai que l’eau recouvre 70% de la SURFACE terrestre. Il est vrai aussi que le corps humain contient (en MASSE ou en VOLUME) environ 70% d’eau. D’une part, relier ces deux vérités n’est faire qu’une ANALOGIE, mais pas une relation de CAUSALITÉ. D’autre part, deux pourcentages similaires ne signifie rien quand les mesures concernent deux grandeurs physiques différentes : une surface n’est pas une masse ni un volume. Utiliser une telle analogie, c’est de la numérologie, non ? En effet. Quelle heure est-il ? Deux kilomètres !
Je cite encore Emoto : «D’après les cristaux, l’eau qui est en nous contient l’énergie des mots.» (du même ouvrage).
Quels cristaux ? Le chlorure de sodium de l’eau de mer ? Les sels de la composition minérale du sang humain ? L’énergie, ah ! ce terme abstrait désignant une réalité bien abstraite et quantifiable en science n’a pas d’équivalent sérieux avec l’énergie chez le domaine de la spiritualité. L’énergie des mots ? L’aptitude au langage provient d’une zone spécifique du cerveau, à peu près au sommet du crâne. Les neurosciences montrent que ce sont les neurotransmetteurs (dopamine, mélatonine, et autres) qui sont le siège de l’activité neuronale. Mais de l’énergie des mots dans l’eau, ça veut dire quoi ? C’est une métaphore ratée ? Ou une extase mystique ? Je ne trouve pas ça très rassurant… D’ailleurs, le titre «Le miracle de l’eau» ressemble à de la science-spectacle. Je pressens d’autres textes construits selon une interprétation personnelle et subjective.
Dans le jargon scientifique, chaque mot, chaque phrase, a un sens bien précis. Mais quand un texte est flou, abscons, évasif, avec un sens indéfini, des mots qui ressemblent au jargon scientifique mais selon une structure inhabituelle, alors il y a quelque chose d’anormal.
Par curiosité, je visite la biographie de Emoto (http://fr.wikipedia.org/wiki/Masaru_Emoto) sur Wikipedia, dont je cite : «Des scientifiques critiquent les procédures expérimentales pour leur insuffisance2 et estiment qu’il existe de nombreux biais cognitifs dans les expériences d’Emoto».  Je ne suis pas étonné. On voit ensuite que Emoto a pour spécialité la «médecine alternative». Ses écrits surfent sur un thème très proche de la fameuse (fumeuse) mémoire de l’eau (http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9moire_de_l%27eau) qui servit à servir d’alibi bidon à la pseudo-science homéopathique. De plus, la référence aux cristaux (quand cela ne concerne pas la minéralogie ni la cristallographie), c’est un thème irrationnel très prisé par la mouvance New Age… La page d’Emoto sur Wikipedia est classée dans la catégorie « pseudo-science ».
Ce que font les chercheurs indépendants et controversés est critiquable, certes. Mais la question essentielle est la suivante : pourquoi Wikiquote réunit-il dans sa catégorie «Scientifiques» des auteurs discutables et ayant peu publié dans des referres (Garrett Lisi, Emoto…) par rapport à des scientifiques notables par leurs travaux majeurs (Albert Einstein, Schrödinger, Max Planck, Henri Poincaré…) qui ne sont même pas recensés dans ladite catégorie ? De plus, dans la catégorie, on trouve d’autres scientifiques discutables (exemple : M. Fleischmann, co-«découvreur» de la FUSION FROIDE, «théorie» du type « fringe science », à la frontière de la pseudo-science ou de la science fictive). Il va falloir penser sérieusement à rééditer la catégorie des scientifiques chez Wikiquotes.
James Randi, le fondateur de la James Randi Educational Foundation, a publiquement proposé d’offrir à Emoto la somme d’un million de dollars s’il pouvait reproduire les résultats de ses expériences selon la procédure en double aveugle. Les travaux d’Emoto n’ont jamais été publiés dans une revue scientifique à comité de lecture.
Pour se proclamer scientifique, il faut respecter les critères de la méthode scientifique, que l’on fasse une découverte ou pas.
Sans esprit critique, les lecteurs gobent n’importe quoi. Jusqu’où peut-on croire ?
Il faut veiller et rester vigilant sur le risque de dénaturation de la méthode scientifique. Des épistémologies alternatives peuvent conduire à des dérives idéologiques. Les matheux platoniciens peuvent par exemple réécrire la physique en choisissant esthétiquement et subjectivement des polyèdres comme base de toute doctrine… Pire encore, les créationnistes pourraient réécrire la science pour légitimer leurs doctrines et tenter de lancer un renouveau religieux face à la montée de l’athéisme depuis le XXe siècle. La secte New Age, elle, peut s’immiscer et se glisser dans les institutions scientifiques pour semer la confusion et l’amalgame, en professant une doctrine qui mêle la physique quantique et le mysticisme syncrétiste. (voir ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/28/le-vrai-visage-du-new-age-ou-nouvel-age/ et là aussi : https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/04/larnaque-de-lusurpation-de-la-physique-quantique/ puis là : https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/03/la-physique-quantique-usurpee/ et surtout ça : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/08/retour-sur-le-mysticisme-quantique/)

L’important n’est pas les réponses de la science, mais de se poser de bonnes questions.

Des questions fondamentales.
Par exemple :
  • Peut-on prouver si un test de QI est faux ? Si la question se pose pour la première fois, alors le QI n’a jamais suivi les critères de la méthode scientifique.
  • Peut-on prouver si les interprétations des psychanalystes sont fausses ? S’il n’est pas du tout possible de concevoir une expérience pouvant invalider une théorie si celle-ci est fausse, alors ladite théorie est une pseudo-science.
Le talent pour les maths et les sciences, c’est autant dans la sueur que le plaisir. Rien ne tombe tout seul du ciel. Rien n’est acquis si on ne fait rien.
Le professionnalisme dans les sciences, c’est dans la rigueur par rapport à la méthode scientifique, par le devoir de rester objectif et critique. L’imposture du mysticisme et des pseudo-sciences, tout comme les fraudes scientifiques, ça n’a pas sa place dans les sciences. Le plus incompréhensible n’est pas le comportement scandaleux des fautifs, mais l’indifférence des scientifiques qui sont intègres et qui sont trop occupés pour constater une certaine montée d’obscurantisme.
J’ai vu des choses atterrantes, affligeantes, sur la progression de la secte New Age dont les meneurs ont parfois jadis été scientifiques ou qui dénaturent eux-même la science… Par exemple, une médecin russe diplômée en Suisse est devenue bionutritionniste (grâce à «l’infini quantique»), un conférencier complice est prof des universités (spécialité cancérologie), puis un autre docteur russe spécialisé en «biophysique» a participé au magazine douteux « Science et Inexpliqué », ensuite un philosophe hongrois influent est un adepte du concept New Age des annales akashiques… Alors, pour être bref, le New Age envahit les milieux médicaux, universitaires et gagne même aussi les ingénieurs. C’est alarmant. Irions-nous jusqu’à voir, impuissants ou lâches, au remplacement progressif de la méthode scientifique par des idéologies mystiques ? Des croyances personnelles doivent rester privées et ne pas interférer avec les métiers scientifiques. De plus, je ne connais aucun scientifique assez crédule pour croire lui-même avec sincérité au mysticisme, enfin je ne suis pas sûr là-dessus… Pourquoi rester indifférents face à ces dérives ? Le problème est très sous-estimé, à mon avis. C’est grave.
À travers la vulgarisation scientifique et la naissance des vocations scientifiques, la première chose à enseigner est la définition de la science (qu’est-ce que la science ?), les critères épistémologiques de scientificité, et les détails de la méthode scientifique. Pour anecdote, au collège et au lycée, on m’a appris les sciences avant même les définitions fondamentales. Ce n’est qu’avec la documentation hors scolarité que je me suis aperçu qu’il existait une grave lacune dans l’enseignement des sciences. C’est cette lacune qui m’a incité à créer mon blog en 2007, parce qu’il faut réparer ce problème.   https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/03/definition-de-la-science/
© 2013 John Philip C. Manson