Secrète, la « vraie » cause du cancer ?

Avant même de lire l’article du blog cité en lien ci-dessus, l’on peut constater immédiatement la nature des thèmes abordés : la spiritualité, les OGM, les illuminati, la Franc-Maçonnerie, les extraterrestres, les chemtrails. Bref, des thèmes chers au conspirationnisme et aux théories du complot…

Donc soyons sceptiques à travers ce genre de lectures.

Quand on lit l’article sur le cancer, le contenu semble crédible et cohérent à première vue. Mais ne nous réjouissons pas trop vite.

De quoi parle l’article ? En résumé, il relate que le Dr Warburg découvrit que les cellules cancéreuses changent leur métabolisme pour passer à un métabolisme anaérobie. Il a formulé l’hypothèse, non confirmée, que le cancer ne peut pas se développer dans un milieu riche en oxygène.

Les phrases utilisées montrent que l’article a partiellement pompé le texte de Wikipedia depuis l’article « Otto Heinrich Warburg ». Le Dr Warburg a démontré que les cellules cancéreuses changent leur métabolisme pour passer à un métabolisme anaérobie, il a formulé l’hypothèse non confirmée que le cancer n’a pas besoin d’un milieu riche en oxygène pour se développer. 

L’article de WordPress affirme que le Dr Warburg a découvert que « la cause du cancer est une acidité trop importante dans le corps, signifiant que le pH dans le corps est en dessous du niveau normal de 7,365, qui constitue un état « acide » ». Warburg aurait étudié le métabolisme des tumeurs et la respiration des cellules et aurait découvert que les cellules cancéreuses persistent et prospèrent dans un pH plus faible, à 6,0, à cause de la production d’acide lactique et d’une concentration élevée en CO2.

Mais l’article Wikipedia indique que le Dr Warburg constata lors de ses observations sur des cellules cancéreuses une concentration anormalement élevée d’ions lactates, l’un des sels de l’acide lactique. Or cet acide est typiquement le résultat d’une fermentation.

Warburg en tira une hypothèse sur la formation de cellules cancéreuses : celles-ci tireraient principalement leur énergie de la fermentation anaérobie du glucose et par conséquent la présence d’oxygène ne serait pas nécessaire à leur développement. Toujours au conditionnel, selon le Dr Warburg, l’apparition du cancer serait due à un dysfonctionnement des mitochondries des cellules cancéreuses ; au lieu de le consommer, elles fermenteraient le glucose.

Selon Warburg, l’induction d’un état d’acidification dans l’organisme est incompatible avec le métabolisme des cellules cancéreuses, mais cette information est à prendre avec extrême prudence (donc à prendre avec des pincettes), car sa source provient d’une revue (Nexus) qui propose un contenu controversé (« science » alternative, parasciences). Par conséquent, on ne peut rien conclure suite aux affirmations précédentes…

Ce qui est avéré, c’est que le Dr Warburg était un vrai scientifique : il reçut le prix Nobel de médecine en 1931, pour ses travaux authentiques ayant conduit à la découverte des processus-clés de la respiration enzymatique cellulaire. C’est tout. Tout ce qui est ajouté (comme précédemment) n’est pas une information confirmée, et l’on peut en douter de l’authenticité.

Le cancer serait-il dû à une exposition acide métabolique ?

Examinons le paragraphe de l’article de WordPress :

  • « Le Dr Warburg a été l’un des éminents physiologistes du 20ème siècle, et il a découvert que la cause du cancer est une acidité trop importante dans le corps, signifiant que le pH dans le corps est en dessous du niveau normal de 7,365, qui constitue un état « acide ». Warburg a étudié le métabolisme des tumeurs et la respiration des cellules et a découvert que les cellules cancéreuses persistent et prospèrent dans un pH plus faible, à 6,0, à cause de la production d’acide lactique et d’une concentration élevée en CO2. Il croyait fermement qu’il y avait une relation directe entre le pH et l’oxygène. Un pH plus élevé, qui est alcalin, signifie qu’il y a une concentration plus élevée en molécules d’oxygène, tandis qu’un pH plus faible, qui est acide, signifie qu’il y a une concentration plus faible d’oxygène… c’est cette même oxygène qui est nécessaire pour garder des cellules saines. »

Pour rappel, selon des sources médicales, le pH sanguin est compris entre 7,32 et 7,42. En dehors de cet intervalle, les cellules subissent des dommages irréversibles (d’après Needham, 2004). A priori, les cellules cancéreuses ne pourraient-elles pas aussi mourir d’acidose comme les cellules saines ?

Relevons que l’acidose est une situation grave pouvant provoquer la mort bien plus rapidement que le cancer lui-même.

Un pH alcalin n’a pas de rapport avec le taux d’oxygène. Pour savoir si un sang acidifié est apauvri en oxygène, alors il faut vérifier si le sang veineux (riche en CO2) est plus acide que le sang artériel (riche en oxygène). En examinant au plus près des sources concernant la physiologie, je constate que le pH du sang veineux n’est que légèrement plus acide que celui du sang artériel (0,01 à 0,03 unités de pH). Mais cela reste cependant dans l’intervalle viable de pH (7,32 à 7,42). Rappelons également que le sang est assimilable à une solution tampon, dont le pH ne varie que très peu. Ainsi, le CO2 du sang veineux ne rend pas ce sang acide, il reste en milieu alcalin, ce qui contredit l’idée qu’un pH plus faible implique une concentration affaiblie en oxygène ou qu’un pH alcalin implique exclusivement un sang oxygéné. Mais le sang veineux, riche en CO2, est pourtant toujours alcalin malgré un léger décalage acidifiant par rapport au pH d’un sang artériel.

L’article de WordPress analysé ici aujourd’hui affirme aussi ceci :

  • En 1931, il a été lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine pour cette importante découverte sur la cause du cancer. Il a déclaré : « les tissus cancéreux sont acides, alors que les tissus sains sont alcalins. L’eau se divise en ions H+ et OH-, s’il y a un excès d’H+, c’est acide ; s’il y a un excès d’OH-, alors c’est alcalin. »

Sur le site des prix Nobel, il est clairement indiqué que « The Nobel Prize in Physiology or Medicine 1931 was awarded to Otto Warburg for his discovery of the nature and mode of action of the respiratory enzyme ». En français : le prix nobel de physiologie/médecine est attribué à Otto Warburg pour sa découverte de la nature, le mode et l’action de la respiration cellulaire enzymatique. Mais aucune référence sur le cancer n’est indiquée. Mais d’après le Wikipedia anglophone de l’article sur le Dr Warburg, il semble qu’il ait effectivement étudié le métabolisme des cancers, mais il semble que ce soit les travaux sur les tumeurs qui ont permis au Dr Warburg de découvrir le mode respiratoire des cellules.

Sur le Wikipedia anglophone sur Otto Heinrich Warburg, on peut voir une citation du Dr Warburg (mais dont on peut douter de son authenticité car la source est un site amateur chez l’hébergeur Tripod) :

  • Cancer, above all other diseases, has countless secondary causes. But, even for cancer, there is only one prime cause. Summarized in a few words, the prime cause of cancer is the replacement of the respiration of oxygen in normal body cells by a fermentation of sugar.

Supposons que le cancer ait remplacé la respiration enzymatique cellulaire mitochondriale par la fermentation lactique. Par conséquent, le cancer réalise une tranformation anaérobie du glucose en acide lactique. Mais dans ce cas, l’acidité est la conséquence du cancer, et non la cause !

Ainsi le site sur WordPress confond la cause et l’effet, et affirme que l’acidité et le manque d’oxygène est la cause du cancer. Alors que le cancer a des causes multifactorielles génétiques, qui provoquerait une fermentation acide qui en est la conséquence et non la cause.

En dehors du circuit sanguin (artères), il est aisé de former un milieu anaérobie entre deux tissus.

Sachant que le cerveau humain est énergétiquement très gourmand en glucose et en oxygène, si le site de WordPress disait vrai quant à l’acidité et l’anoxie comme cause de cancer, alors le coma et la mort cérébrale surviendraient même avant qu’un cancer du cerveau n’ait eu de temps pour s’y développer…

Supposons ensuite que l’acidose, par exemple l’acidose diabétique, provoque plus souvent des cancers par rapport à la moyenne. Est-ce effectivement le cas ? D’après le CNRS (http://www2.cnrs.fr/presse/communique/3161.htm), certaines anomalies chromosomiques, de type pré-leucémiques, apparaissent surreprésentées chez des diabétiques de type 2 (DT2) souffrant de complications vasculaires. Cette découverte pourrait en partie expliquer la surmortalité par cancer chez les patients présentant un diabète de ce type. Mais l’acidose diabétique n’est pas la cause du cancer ni même sa conséquence. La surreprésentation du cancer chez ces diabétiques a des causes génétiques. Tandis que l’acidose diabétique due au diabète.

Concernant l’acidose lactique, elle n’est pas forcément toujours systématiquement liée à un cancer, bien que l’acidose peut être provoquée par les lymphomes et les leucémies lorsque ces cancers sont à un stade d’hypermétabolisme tumoral. En effet, l’acidose lactique peut survenir dans le cas d’un collapsus, qu’il soit hémorragique, cardiogénique ou septique, ou d’une insuffisance respiratoire, entraînant une diminution de l’oxygène dans l’organisme. Les acidose lactiques peuvent être dues à des maladies génétiques, aux effets secondaires des médicaments, à l’alcoolisme, à des maladies du foie, et à des exercices musculaires. Mais les hémorragies, les maladies cardiaques, les chocs septiques, les maladies hépatiques et le sport, tout cela étant lié à une acidose, ne provoquent pas le cancer, sinon ça se saurait déjà.

Notons aussi que l’acidose lactique survient parfois sans hypoxie.

Donc, sauf erreur ou omission, voici le bilan :

  • La fermentation lactique (et acidification) peut apparemment être provoquée par des leucémies et des lymphomes.
  • Mais il n’est pas prouvé qu’une acidification du pH des fluides organiques soit une cause de cancer.

La nuance est claire.

John Philip C. Manson

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Nombre pi, géométrie dans le plan et expériences aléatoires

La polémique à propos de l’apparente difficulté de l’épreuve de maths pendant le Bac S 2014 a des conséquences positives. Lorsqu’on plonge dans les maths, et quand on a des idées et beaucoup d’imagination, on peut suivre certaines pistes intéressantes dans le domaine des mathématiques. En explorant la géométrie suite à la réflexion portée sur l’exercice 4 de l’épreuve de maths du Bac S, et qui a aiguisé mon inspiration, et puis en associant la géométrie avec des expériences de simulation du hasard, on peut tomber sur des trucs intéressants.

 

Premier exemple :

J’imagine un repère orthonormé 0;i;j. Soit un carré EFGH de côté 1 dont les coordonnées des côtés sont (0;0) et (0;1) et (1;0) et (1;1). Ensuite, on considère que dans l’aire du carré EFGH (aire qui vaut 1), on génère aléatoirement 3 points A et B et C dont les réels x et y (coordonnées respectives de A,B,C) appartiennent à l’intervalle [0;1].

ABC, par ses 3 points, forme un triangle quelconque ABC. La formule de Héron permet d’en calculer l’aire.

L’enjeu est de déterminer l’aire moyenne de ABC par rapport au carré EFGH. Pour cela, j’ai généré des millions de triangles pour évaluer cette aire moyenne rapportée à celle du carré.

Le rapport moyen vaut environ 0,076. Je m’attendais à découvrir un nombre réel où le nombre pi intervenait. En gros, le quotient moyen semble compris entre 1/(4×pi) et 3/(4×pi²). Je n’ai pas d’autre information là-dessus, c’est à explorer…

Souvent, le nombre pi intervient dans des phénomènes aléatoires. C’est le cas pour l’expérience de probabilité de l’aiguille de Buffon. Pareillement pour la loi normale (avec les courbes de Gauss : voir ici http://upload.wikimedia.org/math/8/f/1/8f1da4cf31d40e7b18f29c22a78c7abd.png).

 

 

Deuxième exemple :

Certains d’entre nous ont entendu dire que le rapport entre la longueur réelle d’un fleuve ou d’une rivière et la distance à vol d’oiseau entre la source et l’estuaire serait égal au nombre pi.

Cela en parle dans cette page : http://villemin.gerard.free.fr/Wwwgvmm/Geometri/PiCurios.htm

Je cite :

  • « 3,14 =rapport entre la longueur réelle d’un fleuve, et sa longueur à vol d’oiseau. Loi postulée par Einstein et constatée par Hans-Hendrick Stolum, spécialiste des sciences de la Terre. »

J’ai vérifié avec le cas de la Loire, un célèbre fleuve français. Selon les géographes, la Loire mesure 1006 km de long, lorsque l’on suit les sinuosités. Ayant moi-même localisé la position géographique de la source (dans l’Ardèche) et celle de l’estuaire (à St Nazaire), et grâce à un calcul que j’ai mis au point il y a quelques mois pour calculer la distance à vol d’oiseau (en suivant la rotondité terrestre) entre deux points de la surface du globe (grâce aux coordonnées GPS), j’ai établi que le rapport vaut 1006 / 562,56 = 1,7883, donc proche de 1,8, ce qui est franchement loin du nombre pi.

Remarque à propos de Wikipedia : l’article sur la Loire (fleuve) raconte que la longueur du fleuve est de 1006 km, mais d’autres articles dans Wikipedia (liste des fleuves français) racontent que la Loire est longue de 1012 km… Je me suis aperçu de ça sur Google, avec les mots clés : longueur Loire. Cela ne change pas grand chose dans mes présents calculs, heureusement, mais les contradictions rencontrées dans Wikipedia ne font pas de celle-ci une référence fiable… La validité d’une information ne se mesure pas à la rapidité de son accès sur le web, mais à son exactitude.

Poursuivre la vérification avec d’autres fleuves est long. J’ai donc développé un programme de simulation qui génère aléatoirement les « courbures » des méandres d’un fleuve. Si l’écoulement est isotrope, c’est-à-dire sans direction d’écoulement privilégiée, le rapport tend vers 10,36 à 10,37 (auquel cas le fleuve peut croiser ses propres méandres, ce qui ne correspond pas à ce qui se passe dans la nature). Cependant, si l’écoulement se dirige dans la direction du vecteur OP (1;1) qui passe par le point O (0;0), alors le rapport devient nettement plus faible (le fleuve dans son parcours ne fait pas intersection avec lui-même). Tout dépend des reliefs rencontrés par le fleuve dans une direction d’écoulement due aux pentes locales.

Sur l’appui des maths, je n’ai pas encore, pour le moment, des preuves que le rapport entre la longueur sinueuse d’un fleuve et de sa longueur à vol d’oiseau tendrait vers le nombre pi. L’anecdote sur Einstein qui aurait lui-même évoqué un tel rapport qui serait égal au nombre pi serait-elle une légende urbaine ?

Je n’ai actuellement aucune conclusion définitive. Néanmoins, le cas de la Loire montre concrètement que le rapport tend vers 2 plutôt que vers 3,1415927… C’est ce qu’affirme aussi ce site : http://www.pi314.net/fr/anecdotespi.php dont je cite : «Skolum (1996) vérifia que le rapport entre la longueur réelle et la longueur à vol d’oiseau (distance entre la source et l’embouchure) d’une rivière égalait en moyenne Pi . Ce rapport se retrouve davantage au Brésil ou dans la toundra sibérienne, mais cela reste à vérifier… Pour ma part, en France, je trouve que le rapport est à chaque fois plutôt proche de 2 (coïncidence, d’ailleurs ?). »   Le doute est donc légitime.

Affaire à suivre.

Élément nouveau : j’ai vérifié pour la Seine, sa longueur courbée vaut 776 à 777 km, et mon calcul indique que la distance à vol d’oiseau entre la source et l’estuaire vaut 400,26 km. La division indique que 777 / 400,26 = 1,94, ce qui est proche de 2. Mais pas du nombre pi.

© 2014 John Philip C. Manson

 

Pleins phares sur l’indice carbone

 

Dans le lien cité ci-dessus, je reste perplexe.

J’ai testé quelques trucs afin d’évaluer la pertinence des résultats quantitatifs.

  • Tout d’abord,, je teste à combien de CO2 d’équivalence correspond 1 million de kWh, le résultat indique 85,1 tonnes de CO2 par million de kWh. Cela correspond à 85,1 g de CO2 par kWh, ce qui est dans l’ordre de grandeur attendu (90 g/kWh, d’après la production électrique française moyenne entre 2009 et 2011, grosso modo, mais en 2013 on émet maintenant moins de CO2 en production électrique).

rte2013Source : RTE2013

 

Comme on le voit dans le tableau ci-dessus : une production nette de 550,9 TWh correspond à 550,9 milliards de kWh, tandis que 29,1 millions de tonnes de CO2 correspondent à 29,1 teragrammes de CO2. Une division montre qu’en 2013, la France a produit 52,8 g de CO2 par kWh produit. Ce n’est donc plus 90 g/kWh comme il y a moins de 4 ans, le taux varie d’une année à l’autre selon la quantité d’électricité produite et l’évolution des moyens de production électrique.

  • Ensuite, je teste un autre truc sur le site empreinte.carbone.free.fr. J’observe que le calcul par le site indique qu’une tonne de charbon produit 152,14 tonnes de CO2.

Avec la chimie quantitative, le bilan chimique montre que 12 g de carbone réagit avec 32 g de dioxygène pour produire 44 g de CO2. Par conséquent, une tonne de carbone produit 3,66 tonnes de CO2. Le site indique une valeur qui est 41,6 fois plus grande.

On va sûrement me dire que cette différence est due au transport du charbon depuis des mines lointaines (depuis la Chine exportatrice). Oui c’est possible. Mais je continue l’évaluation des données fournies par le site.

  • Ainsi, la combustion de propane, on va dire : 100 000 litres, produit 149,29 tonnes de CO2, d’après le site.

En chimie quantitative, 44 g de propane réagit avec 160 g de dioxygène pour produire 132 g de CO2 et 72 g d’eau, d’après l’équation de réaction chimique suivante :  C3H8 + 5 O2  —>  3 CO2 + 4 H2O.

Si on raisonne selon un volume gazeux de 100 000 litres de propane, on disposera donc d’une masse de 196,43 kg de propane qui produira par combustion une masse de 589,29 kg de CO2. Cette masse est excessive par rapport au résultat du site, donc on va voir pour le cas du propane liquide : 100 000 litres de propane liquide, ça a une masse volumique de 0,5812 kg/L (http://fr.wikipedia.org/wiki/Propane), et par conséquent, ça correspond à une masse de 58,12 tonnes de propane liquide qui produit par combustion une masse de 174,36 tonnes de CO2. Ce qui est un résultat plus cohérent par rapport à celui du site. Cependant, le site donne une valeur inférieure à celle prévue par la chimie quantitative. Cela pose problème : il y a d’une part la masse de CO2 produite par la combustion, mais aussi d’autre part une masse supplémentaire de CO2 qui est produite par le transport routier, fluvial, ou maritime du propane liquide depuis les pays exportateurs vers les pays consommateurs. Il y a donc quelque chose ici qui ne colle pas. Le site aurait dû indiquer une valeur d’au moins 174,36 tonnes de CO2 au lieu de 149,29 tonnes…

 

  • Mais continuons l’enquête : d’après le site, 1 million de kWh de gaz naturel correspondent à 184,04 tonnes de CO2.

 

D’après http://fr.wikipedia.org/wiki/Pouvoir_calorifique_inf%C3%A9rieur on constate que le PCI et le PCS du gaz naturel sont respectivement de 38,1 MJ/kg de gaz naturel et 42,5 MJ/kg de gaz naturel. Ces valeurs correspondent à 10,58 kWh pour 2,75 kg de CO2 produit, et à 11,8 kWh pour 2,75 kg de CO2 produit.

2,75 kg de CO2 pour 1 kg de gaz naturel, parce que la combustion de 1 kg de méthane produit 2,75 kg (44 divisé par 16) de CO2, selon la réaction suivante :  CH4 + 2 O2  —> CO2 + 2 H2O. Mais le gaz naturel est un mélange d’hydrocarbures dont le méthane.

En conséquence, le PCI du gaz naturel correspond à 260 g de CO2 par kWh, et le PCS correspond à 233 g de CO2 par kWh. Et on conclut alors qu’un million de kWh en gaz naturel ça correspond à entre 233 et 260 tonnes de CO2.

D’après le site suivant : http://www.renovationdurable.eu/Notions-Valeurs-de-conversion.html  le gaz naturel correspond à 202 g de CO2 par kWh (donc 202 tonnes de CO2 par million de kWh).

Ainsi, la valeur donnée par le site Free (184,04) est plus faible que celle de la réalité.

Alors, d’où proviennent les données de base du site examiné ?

 

Ce qu’où je veux en venir, c’est que le concept d’indice carbone ou de bilan carbone est souvent biaisé, les grandeurs quantitatives peuvent beaucoup varier, et il existe une part d’incertitude à ne pas négliger et à prendre en compte. À considérer comme un simple gadget indicateur que comme une véritable unité de mesure.

Je suis étonné par ce genre de page, par exemple :  lien-eco car on y lit que l’on compense les émissions de CO2 d’un blog en plantant un arbre. Je suis très favorable à la plantation d’arbres, c’est une très bonne chose. Mais la croissance des arbres est très lente par rapport aux activités humaines quotidiennes.

On lit aussi que le chargement d’une page web équivaudrait à 20 milligrammes de CO2. Or si la page est chargée en 0,16 seconde (j’ai testé avec l’index de Google), cela correspond à une puissance électrique de 0,61 millionième de watt et une énergie électrique de 9,8 microjoules. Je me demande comment cela a été mesuré ou calculé…

Mais enfin, passons à une remarque concrète :  compenser le carbone en plantant des arbres, c’est bien, mais c’est un geste infinitésimal par rapport aux 9,6 milliards de tonnes annuelles de CO2 produits par la Chine… (http://www.planetoscope.com/co2/676-emissions-de-co2-par-la-chine.html) Et 9,6 milliards de tonnes annuelles, ça équivaudrait à 1920 milliards d’arbres à planter chaque année, rien que pour la Chine… Et plus de 36 milliards de tonnes de CO2 par an dans le monde entier (que l’on devrait compenser avec plus de 7200 milliards d’arbres sur tous les continents)… Soyons cohérents, que nos gestes pour l’environnement soient concrets, utiles et significatifs, au lieu de faire sourire ou agacer les gens…

 

© 2014 John Philip C. Manson

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P.S.: ce blog est compensé carbone, et en plus, ce blog est bio ! (avec quelques coups de tampon pour marquer le label agréé par les plus grands scientifiques vieux et barbus).

iconlol  (je déconne)

 

Une météorite qui frôle un parachutiste ?

Un parachutiste aurait filmé la chute d’une météorite qui l’aurait frôlé.

 

Quelques détails m’intriguent et me laissent sceptique :

  • La vitesse faible de la météorite présumée (300 km/h) par rapport à la vitesse habituelle des objets célestes (plusieurs km par seconde).
  • L’absence d’incandescence typique du phénomène connu sous le nom «d’étoile filante».
  • La probabilité pour qu’une météorite et un parachutiste soit sensiblement dans un même endroit et quasiment en même temps…

 

Selon moi, la vitesse astronomique d’un corps solide pénétrant une atmosphère dense est bien trop élevée par rapport au freinage assuré par la résistance de l’air. Cependant, après renseignement, les petits corps ralentissent beaucoup tandis que les corps plus massifs (plusieurs tonnes) sont bien moins ralentis.

Je cite l’article «Météorite» sur Wikipedia :

«Le météoroïde pénètre dans l’atmosphère à une vitesse qui varie de 11 à 72 km/s. La traînée atmosphérique provoque sa décélération jusqu’au « retardation point » (point de ralentissement correspondant au maximum de la décélération et qui a lieu le plus souvent à une altitude de 20 km) à partir duquel le météore s’éteint et le météoroïde réaccélère sous l’influence de la gravitation. Accélération et décélération s’équilibrent progressivement, il atteint sa vitesse finale, généralement de 90 à 180 m/s, lors de son impact. Les météoroïdes de plusieurs tonnes sont moins ralentis, conservent une partie de leur vitesse initiale et ont une vitesse à l’impact bien plus élevée

À condition que Wikipedia dise vrai, évidemment…

Soyons optimistes, l’hypothèse de la décélération est donc retenue.

Mais qu’en est-il pour les autres détails ?

À 150 ou 300 km/h, la météorite n’est plus incandescente, certes.

Un corps solide de 5 kg qui chute à 300 km/h aurait été mortel s’il avait percuté le parachutiste… Mais quelle en est la probabilité ?

Sachant qu’environ 100 tonnes de météorites de tailles diverses tombent chaque jour sur Terre, alors on peut dire qu’en moyenne il y a une chute de 5 kg de cailloux toutes les 4,3 secondes. Et 100 tonnes par jour, ça équivaut, pour simplifier, à 20 000 météorites de 5 kg chacune. Donc cela concerne des dizaines de milliers d’endroits aléatoires sur l’intervalle d’une journée. Dans les faits, les gros bolides sont plus rares que les corps les plus petits. L’essentiel, c’est beaucoup de poussières qui tombent. Et plus c’est gros, moins c’est fréquent.

Pour se faire une idée de probabilité avec un ordre de grandeur représenté par la superficie quadrillée de l’aire terrestre : supposons qu’une météorite se localise dans le même mètre carré de localisation qu’un homme (parmi 7 milliards d’humains possibles) s’y trouvant aussi, en sachant que la Terre a une surface de 5,1×10¹⁴ m². A priori, sans être certain, une chance sur des dizaines de milliers pour que cela arrive en 24 heures. Mais en même temps, le temps de sauter quelques minutes en parachute ? Encore plus rare. Une chance sur un milliard ? En effet, quelle peut être l’ordre de grandeur de la probabilité qu’une météorite de 5 kg passe assez près d’un parachutiste quelconque, au même endroit, et au même moment ?

J’ai pris l’hypothèse que les 7 milliards d’humains pratiquent tous le parachutisme, et que chaque saut en parachute dure entre 5 minutes et 16,6 minutes. Il y aurait environ entre une chance sur 1000 et une chance sur 3500 pour qu’un de ces parachutistes rencontre fortuitement une météorite. C’est une estimation vague, peut-être biaisée, c’est juste pour avoir une première idée.

Comme 100 tonnes de météorites couvrent toute l’aire de la Terre en une journée, alors 5 kg de météorite a une zone de probabilité de 90,1 km de rayon pour un laps d’environ 4 secondes; et il faut avoir beaucoup de chance pour se retrouver au même endroit et surtout au même instant que la météorite dans une étendue aussi vaste. En effet, une météorite de 5 kg tombe par hasard sur un département français (90 km de rayon d’envergure équivaut à peu près à l’étendue d’un département), et ça tombe par hasard sur ma tête (oui, c’est un remake de la pomme de Newton dans le cadre de la découverte de la gravitation universelle).  😉

Et 100 tonnes de météorites en 24 heures sur toute la superficie terrestre, cela équivaut à une concentration surfacique d’environ 2 microgrammes par mètre carré, soit aussi 0,2 gramme par kilomètre carré. L’équivalent d’un carat de diamant (unité massique) par km².

Le Dr Goulu pourrait peut-être donner une évaluation quantifiable de la probabilité de rencontre entre un parachutiste et une météorite de 5 kg ?  🙂

Le parachutiste a t-il plus de chance qu’un heureux gagnant du jeu Euromillions ? Ou alors ne s’agit-il que d’un énième buzz, voire même la diffusion d’un poisson d’avril ?

Si l’événement est authentique, c’est un scoop intéressant. Mais qui peut s’assurer de l’authenticité ? Pas les journalistes, hein.

Puis je m’aperçois que je ne suis pas le seul sceptique, voila que je cite cet article ci-joint : http://www.leparisien.fr/insolite/video-le-parachutiste-et-la-meteorite-les-scientifiques-sceptiques-04-04-2014-3740643.php

  • «Je suis un peu sceptique sur cette histoire, mais ce n’est pas totalement ridicule», a réagi un astronome, Scott Manley, sur Twitter. «Si j’étais amateur des théories de conspiration, je dirais que c’est facile d’incruster (la pierre, ndlr) dans la vidéo». «Je ne peux dire si c’est authentique ou non (…) Mais cela semble invraisemblable», a aussi estimé un blogueur spécialisé dans les questions d’astronomie, Phil Plait. De son côté la chaîne publique NRK continue de confirmer l’authenticité du film.

 

Pour résumer mon scepticisme, je pense que la faille de ce que l’on pourrait appeler un fake est celle de l’improbabilité de l’événement. En effet, par exemple, dans un laps de temps de quelques minutes et à un endroit précis sur Terre, quelle est la probabilité pour qu’une météorite de 5 kg percute le toit de ma maison ?

Un dernier détail : la météorite filmée sur un laps de temps de l’ordre de 30 centièmes de seconde, elle me paraît trop nette, pas de traînée floue. Quand on photographie les véhicules de sport lors des 24 heures du Mans ou un concours de Formule 1, les images prises ont un degré de flou non négligeable.

meteor

La météorite présumée ci-dessus, et ci-dessous une Formule 1 en mouvement :

f1

Dans les deux cas, les auteurs de la prise de vue ont bougé afin d’ajuster le cadrage. Or pourquoi la météorite apparaît-elle si nette ?

Depuis l’invention des Smartphones et des iPhones, les adeptes des soucoupes volantes extraterrestres n’arrivent plus à convaincre les pigeons. Merde, ces nouveaux gadgets technologiques font des photos beaucoup trop nettes ! Les soucoupes volantes ça ne prend plus. Alors ils inventent d’autres trucs pour nous amuser…

 

iconlol

 

Complément du 7 avril 2014 :

Une recherche me conduit à cet article : http://www.slate.fr/life/68421/chances-chute-meteorite

On y apprend que les zones urbaines concernent 3% des terres émergées, et seulement 1% de toute la surface terrestre (continents et océans).

Des météorites qui tombent pour faire des dégâts en zone urbaine, c’est peu fréquent, mais cela arrive.

Enfin, détail très intéressant, on apprend aussi qu’il tomberait au maximum 84 000 météorites de plus de 10 grammes chaque année. Pour les objets de plus de 400 grammes, on ne dépasserait pas quelques centaines de pierres par an. 

Bref, plus les météorites sont massives, plus elles sont rares. Alors, combien de météorites de 5 kg tombent chaque année sur Terre ? Une dizaine ? Une seule ? En supposant la rareté annuelle d’une météorite de 5 kg, si l’article dit vrai à propos des météorites plus légères, alors la rencontre fortuite d’un parachutiste avec ce caillou céleste est plutôt très improbable… Je privilégie la piste du canular.

Je cite :

«La majorité de ce qui nous arrive de l’espace n’est en fait que de la poussière. Près de 100 000 tonnes de poussières de météorites rentrent dans l’atmosphère terrestre chaque année. Parmi celles-ci, 90% pèsent moins d’un gramme.»

 

Puis voici une page intéressant de l’ENS de Lyon : http://planet-terre.ens-lyon.fr/article/chute-meteorites.xml#caracteristiques-geocroiseurs

En examinant la figure n°6, on voit qu’un météore de 5 kg (5000 g) a une masse logarithmique de 3,7 d’après l’échelle du diagramme, ce qui correspond à un flux logarithmique de 3 sur l’échelle, soit un flux d’environ 1000 chutes par an, soit environ 2 à 3 météorites de 5 kg chacune par jour en étant optimiste. Une rencontre fortuite et physiquement rapprochée dans un intervalle de temps de plusieurs minutes (le temps d’un saut en parachute) semble très improbable.

D’après l’ENS de Lyon, voir en fin de page sur http://planet-terre.ens-lyon.fr/article/chute-meteorites.xml :   gagner en un seul tirage une grille avec les 6 bons numéros du Loto au hasard parmi 49 boules numérotés serait 23 000 fois plus probable que l’impact d’une météorite de 1 kg sur un avion en vol durant 10 heures.

Autre information très intéressante : selon Alan Harris, chercheur au Space Science Institute de Californie, un humain a une chance sur 720 000 d’être touché par un astéroïde au cours de sa viehttp://www.guichetdusavoir.org/viewtopic.php?f=220&t=53234

Je cite aussi : «  La probabilité d’une chute de météorite sur un homme durant sa vie s’estime sur un ordre de 1 chance sur 100 millions à un milliard : 10 à 100 fois moins, par exemple, que de gagner au loto ! »

Comme quoi, les journalistes devraient mieux vérifier d’abord la véracité d’un scoop plutôt que prendre le risque de colporter des rumeurs…

 

© 2014 John Philip C. Manson

 

N’importe quoi…

Journée spéciale que celle d’aujourd’hui, ce premier avril.

Oh putain… De l’empathie pour rééquilibrer le climat global ? La théorie Gaïa ? L’hormone du bien-être ? Fumer de l’herbe aussi pendant qu’on y est ? C’est une idéologie, une religion, ce n’est plus de la science. C’est n’importe quoi… Le pire serait d’entendre annoncer que ce n’était pas un poisson d’avril… Mais j’en ai déjà vu, des dérives, grosses comme des couleuvres…

Flash back sur tout ce que j’ai analysé depuis 2007 : les inexactitudes, les erreurs, les omissions, les contre-vérités et autres mystifications que j’ai dénoncées, ce sont des choses qui n’arrivent pas spécialement le premier avril, ça arrive tous les jours. Des âneries auxquelles presque tout le monde croient, par manque de recul critique… Selon moi, des poissons d’avril, j’en vois pratiquement toute l’année ; le monde scientifique et connexe, notamment à travers le journalisme approximatif concernant les thèmes scientifiques, c’est un éternel bêtisier.

À partir de la fin de ce mois, avril/mai 2014, mon blog verra son activité suspendue ou très ralentie. C’est prévu depuis plus d’un an, et je l’avais annoncé fin décembre dernier. Mon projet professionnel qui est en train de se mettre en place va occuper tout mon temps libre. Mon activité de blogueur depuis avril 2007 m’a apporté autant de plaisir que de prise de tête… Un «au revoir» ou un adieu, je ne tranche pas quelle issue ce sera. Je me dis que le temps est venu de s’occuper l’esprit à d’autres choses. Mon métier sur le point de commencer portera sur du concret au service des gens qui le veulent, tandis que mon blog actuel était un loisir dans lequel j’ai souvent pensé que je perdais mon temps auprès de gens inintéressés.

Peut-on convaincre tout le monde à faire l’effort d’esprit critique ? Ou la vraie question serait-elle plutôt : pourquoi laisse t-on entretenir la crédulité, l’ignorance et la déraison malgré la modernité des moyens efficaces dont nous disposons actuellement (écoles, internet, bibliothèques publiques…) ? Je pense que l’éducation traverse une crise. Il faut encourager les activités extrascolaires qui forment à l’éveil critique. Bon sang ! La France n’a pas vocation à engendrer des générations de moutons… Enfin, peut-être… C’est inquiétant. L’avenir est vraiment inquiétant. Je ne crois pas que l’on doit rester indifférents quand un élève sur 5 présente un problème d’illettrisme au collège à notre époque. Pas seulement l’illettrisme, mais aussi les difficultés dans les maths, même les règles élémentaires de calcul. Je constate personnellement une différence préoccupante entre les cahiers d’élèves d’il y a 25 ou 30 années et les cahiers des élèves actuels. Il existe un réel problème. On ne devrait pas gâcher la scolarité des jeunes, sinon ça peut avoir des répercussions sur leur avenir. Quel avenir ? Il ne faut pas compter sur les institutions de l’État, l’avenir il faut le construire soi-même dans cette Europe en crise. C’est le bordel avec ce siècle qui commençait à peine… Mieux vaut bien avoir les nerfs solides à notre époque vérolée par les charlatans et les petits chefs sadiques qui font pression contre leurs employés. Après l’euphorie des Années Folles dans les années 1920, maintenant l’aliénation avec les Années connes ? «Le changement c’est maintenant», il paraît. Mieux vaut compter sur vous-mêmes que sur l’espoir des promesses et des réformes pendant que vous êtes rackettés de partout. Par exemple, l’écotaxe, puis la réforme qui visait à supprimer le statut des auto-entrepreneurs, ça a failli devenir une catastrophe, mais on n’est pas complètement tirés d’affaire, et en plus les partis politiques derrière les politicards candidats aux récentes élections municipales ont même cru que le peuple allait leur dire «merci» ??? Les défaites subies par certains étaient prévisibles, le ras-le-bol dure depuis longtemps. D’où le vote-sanction par les citoyens désabusés. Les entreprises françaises (TPE, PME, AE) ont beaucoup de mal à s’installer et se développer, elles sont accablées de charges et de taxes. Le danger est l’ascension d’un certain parti aux idées très nationales… Ça va de mal en pis…

La question à se poser : comment construire l’avenir sans se faire rouler dans la farine ? L’esprit critique ne doit pas servir que pour les sciences, mais à la politique aussi. Les sciences (et l’éducation en général), la politique et le marché économique, ce sont des points vitaux de la société. Le sectarisme entretenant l’ignorance et l’obéissance des peuples, la dictature politique, une crise économique mondiale majeure, voila des choses auxquelles on doit faire de la prévention. Mieux vaut prévenir que guérir. Car quand le mal est là, il n’est pas toujours possible de se sortir du merdier…

Il faut faire confiance à la jeunesse, leur livrer un enseignement qui supplée celui de l’école faillible, et donner aux jeunes la possibilité de se rendre intellectuellement indépendants et curieux d’esprit. C’est ne pas avoir d’avenir quand la jeunesse reste sans soutien, sans confiance, sans culture… Je ne me limite pas aux professions libérales mais à tous les corps de métiers, il faut aussi valoriser les métiers manuels. On ne construit l’avenir qu’avec des moyens et surtout un investissement de soi, et c’est pourquoi il est vital de susciter des vocations scientifiques lorsque l’on sait qu’en France les effectifs universitaires dans le domaine des sciences a diminué de moitié depuis les 20 dernières années.

Quand mon blog s’arrêtera, il sera vite oublié. Ce sera comme si je n’avais rien dit. Je ne me fais aucune illusion. Moi, je m’en fous de la popularité, ce n’est pas mon truc, je déteste même ça. J’ai juste montré une voie d’investigation qui se distingue de la lecture crédule des informations à travers les divers médias. Le journalisme, quand celui-ci se mêle de sujets compliqués comme les sciences, se mêle souvent les pinceaux. J’ai montré que les infos à connotation scientifique sont souvent biaisées. Depuis les années 90, et notamment avec l’essor d’internet, la vulgarisation scientifique est à recadrer et à replacer dans son contexte. Il fallait montrer cette réalité, pour tenter de provoquer un déclic chez autrui. Je ne sais pas si j’ai pu convaincre des personnes qui étaient crédules jusqu’à présent, mais j’entre dans une période où je dois faire autre chose. Je n’ai aucun regret dans ce changement.

 

© 2014 John Philip C. Manson

 

 

P.S. :  Ça fait chier ce changement d’heure pour passer à l’heure d’été, tout le monde râle à ce sujet, où est la démocratie dans cette mode inutile et complètement injustifiée que les oligarches nous imposent ?

Commentaires épistolaires sur l’astrologie

Dans un vieux forum d’astronomie appartenant à un ami, j’ai reçu récemment un message privé d’une femme (l’orthographe est conservée telle quelle), en date du 15/03/2014 :

Sujet du message : [Contact] Merci !

Contenu du message :

J’adore votre article sur l’astrologie c’est pour cela que je vous écrit, ça ne repose sur rien de concret mais ayant grandi dans un milieu où il y en était question, j’ai tendance en cas de déprime, à m’y référer et ensuite je doute et je regrette ! Et puis comment une boule de gaz pourrait influencer notre destinée ?! De plus, le plan de l’écliptique sans cesse en mouvement, comment être sure de son signe ? Je veux bien croire aux phénomènes des marées mais encore faut-il qu’on me les explique. J’ai connu des vierges, des cancers et pourtant ça n’a pas marché en amour alors certes j’ai autour de moi des couples qui ont « des signes compatibles » mais est-ce bien cela qui fait que leur couple fonctionne ?! L’astrologie crée une dépendance, un doute c’est malsain et surtout devant le nombre d’articles, de charlatans, qui croire ? Dès que je rencontre une personne je veux savoir son signe, ça me prend la tête ! Vais-je m’entendre ou pas avec elle !  J’espère m’en défaire au plus vite !

Ma réponse publique :

L’habitude est une seconde nature. Et l’on peut avoir de mauvaises habitudes. La liberté de croyance consiste à avoir le droit de toujours croire, en connaissance des faits ou non. Une prise de conscience de se découvrir dans l’erreur implique une volonté de se corriger de ses propres erreurs. En parallèle à la liberté de croyance, il y a aussi celle de la liberté de douter.

Croire est une liberté, mais c’est aussi trop simpliste et réducteur. Croire dispense de réfléchir. Douter incite à la réflexion et au dialogue, à la remise en question, revoir à partir de bases objectives.

Connaître l’avenir est un très vieux fantasme humain. Vouloir connaître l’avenir est naturel. Vouloir connaître l’avenir est un réflexe normal de survie. Peut-on connaître l’avenir ? Peut-être, ou pas, ça dépend. Mais si on cherche des moyens de connaître le futur, mieux vaut se baser sur des moyens objectifs réellement fiables. L’astrologie est tout, sauf fiable. En astrologie, qui croire ? La question de la confiance, dépendant elle-même de la fiabilité, et qui implique une éventuelle crédibilité objective de l’astrologie, et l’astrologie n’a aucune crédibilité sur le plan scientifique. On ne peut donc croire à aucun astrologue. Il n’y a donc pas ni de bons astrologues ni de mauvais d’un autre côté, car l’astrologie n’est qu’une croyance qui repose sur du vent, l’astrologie ne se base sur aucune réalité.

Les pratiquants de l’astrologie méconnaissent eux-mêmes jusqu’aux connaissances de base de l’astronomie. De nombreux astrologues, par exemple, n’ont jamais entendu de précession des équinoxes, alors que ce phénomène est connu depuis le grec Hipparque il y a plus de 2000 ans… (voir ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/03/lastrologie-decouvre-la-precession-des-equinoxes-connue-deja-depuis-2000-ans/L’astrologie n’est qu’un moyen facile de se faire de l’argent sur le dos des personnes crédules et influençables. L’astrologie n’apporte aucune connaissance pertinente.

La crédibilité d’un domaine ne se détermine pas par l’abondance de littérature sur ce sujet fortement médiatisé. La crédibilité d’un domaine se base sur la qualité objective des vérifications, de l’analyse par la comparaison avec les faits.

Dans les horoscopes, les profils selon les signes sont fréquemment évasifs et abscons. Si les thèmes étaient distribués au hasard, on trouverait encore des gens qui diront que l’horoscope leur correspond alors qu’il n’existe aucun lien de causalité. En ce qui concerne le hasard, rien ne colle à exactement 100% de corrélation, ni même 100% d’échec, c’est plus nuancé en terme de données. Je me cite moi-même à partir d’un de mes articles de mon blog : « On ne peut donc pas prédire (au hasard ou avec instrumentation scientifique) de façon absolument certaine, et en même temps on ne peut pas tout échouer, ainsi les réussites et les échecs sont nuancés. C’est pour cela que les astrologues et les voyantes ont du succès : parfois ça marche (grâce au hasard), mais rarement l’on réussit totalement comme l’on ne peut pas totalement foirer, car il est rarement probable de tout réussir comme de tout échouer. Le hasard n’implique donc pas 100% d’échec, car des succès moyens, mitigés, nuancés (donc des demi-réussites qui sont rarement totalement absentes) sont fréquemment des biais statistiques qui laisse croire à tort qu’il existe des pouvoirs occultes… » (source : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/12/13/probabilites-et-applications/ )

Le doute se base sur un principe assez simple : découvrir une contradiction implique la preuve de la présence d’une affirmation fausse parmi au moins deux affirmations. Par exemple : «Socrate est mort» est la première affirmation. La seconde dit le contraire : «Socrate est mort». Ainsi, comme une chose ne peut être ni vraie et fausse simultanément (principe du tiers exclus), une contradiction indique qu’au moins une affirmation est fausse parmi au moins deux affirmations. Socrate est soit vivant, soit mort, mais pas les deux en même temps. Le principe de contradiction est la base de la démarche scientifique.

Il y a deux façons de lire un livre. Lire avec une attitude absorbée, en acceptant tout le contenu que l’on lit, sans s’efforcer à réfléchir ni prendre du recul. Ou lire avec une attitude sceptique, en mettant tout ce qui est émotionnel de côté.

Il y a une différence entre connaître et avoir confiance. Connaître implique un esprit critique. Sans le doute, il n’y aurait pas de connaissance, il n’y aurait qu’une croyance à laquelle on croit. La connaissance est le résultat d’observations ainsi que d’une évaluation de la connaissance elle-même. Croire n’est pas connaître.

Derrière les superstitions sur la prédiction de l’avenir se cache un autre problème que celui de la croyance, il y a l’angoisse de l’avenir. Souvent l’avenir échappe à notre contrôle : un accident, une maladie, une nouvelle opportunité de travail, ou un mariage. Mais concrètement, on ne subit pas l’avenir. L’avenir, on le fait. Et ce n’est certainement pas les astrologues qui vont décider le futur à notre place, puisque le futur n’est pas écrit d’avance. Un accident peut être évité par des comportements préventifs (ni drogue ni alcool au volant, respect strict du code de la route, méfiance envers les autres automobilistes qui peuvent se comporter en chauffards…), une maladie peut être évitée (notamment les MST, par le port de préservatifs), on peut éviter les accidents domestiques si on applique des règles de prudence, et les opportunités professionnelles sont majoritairement dues à nous-mêmes car personne ne viendra nous chercher à la maison pour nous proposer un emploi (on se déplace pour obtenir de meilleures chances d’obtenir un emploi, et mieux encore on crée soi-même son propre emploi en devenant entrepreneur et c’est justement mon cas actuellement).

L’avenir ne doit pas être une angoisse mais un défi. L’avenir est le résultat de ce qu’on aura préparé et planifié. Les astrologues, eux, parlent bien d’avenir mais ils ne le font pas venir. Pire encore, les astrologues pensent à votre place. La seule chose que les astrologues réussissent à vous soulager, c’est le poids de votre portefeuille… Les gens sont libres de croire à l’astrologie, mais ils sont libres aussi d’être informés en connaissance de cause : l’astrologie c’est du pipeau.

Croire est facile, et la facilité n’est pas vraiment un principe de liberté. Le doute implique un effort, un travail personnel, et parcourir ce chemin est une prise de conscience que l’on est libre. Douter c’est être libre. Et l’effort de douter est un mérite. La facilité, c’est au niveau des moutons qui broutent bêtement ce qu’on leur donne… Nous sommes des humains qui pensent, pas des moutons qui ont une panse, nuance…

Ou l’on s’adonne à des lectures d’idées préconçues que l’on absorbe comme une éponge, ou l’on apprend à lire en comparant les idées entre elles afin d’y déceler des contradictions qui sont l’indice de l’existence d’erreurs. Même des livres de sciences du niveau des écoles d’ingénieurs peuvent contenir des erreurs par accident, la preuve :  https://jpcmanson.wordpress.com/2012/12/28/une-erreur-dans-un-livre-de-thermodynamique-pour-ingenieurs/  L’absence absolue d’erreur dans tout système d’information est un mythe, c’est pourquoi le doute est la seule approche nécessaire quand on veut accéder à des connaissances. Question : pourquoi devrions-nous croire des erreurs, pourquoi accepterions-nous de croire pour vraies des choses fausses ? Où serait la liberté là-dedans ?

beee

Pour terminer, je vais répondre aussi à cette phrase : «J’ai connu des vierges, des cancers et pourtant ça n’a pas marché en amour alors certes j’ai autour de moi des couples qui ont « des signes compatibles » mais est-ce bien cela qui fait que leur couple fonctionne ?! »

L’attribution des signes astrologiques et la réussite des relations amoureuses sont deux choses indépendantes, sans lien de causalité. Quand les couples fonctionnent, c’est parce qu’ils sont des personnalités compatibles, parce qu’ils ont un vrai dialogue à deux, et parce qu’ils se font confiance, et parce qu’ils ont des projets durables communs. Et l’astrologie n’a rien à voir là dedans… Il suffit de comparer l’astrologie comme hypothèse possible avec d’autres hypothèses possibles, et c’est comme cela qu’on s’aperçoit que l’astrologie ne fait pas de scores meilleurs que ceux du hasard. Mieux vaut se concentrer sur les vraies causes des relations amoureuses durables, ça limiterait les déceptions… Mais les relations sentimentales sont-elles faites pour durer ? En général, les gens changent souvent avec le temps.

Autre phrase : «Je veux bien croire aux phénomènes des marées mais encore faut-il qu’on me les explique.»

Les marées sont dues à l’orbite de la lune autour de la Terre. L’école n’enseignerait-elle plus rien au vingt-et-unième siècle à propos de quelques phénomènes naturels élémentaires ? Des lacunes de niveau élémentaire c’est inquiétant. Quand j’étais écolier, nous allions dans les bois pour examiner des feuilles d’arbres afin d’identifier et distinguer les différentes espèces d’arbres. C’était pour l’éveil des enfants, dans une démarche de découverte de la nature. Cela ne se fait-il plus ? Il suffit de lire cet article ci-joint : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/05/23/la-consternation/  pour se rendre compte qu’il existe un problème de culture assez grave actuellement. C’est inquiétant. Ce n’est pas étonnant si l’ignorance et la crédulité des uns attirent l’opportunisme des charlatans… La question qui revient souvent : la faute à qui ? L’indifférence à ce problème.

— « Il faut choisir, se reposer ou être libre » (Thucydide d’Athènes)
— « La bêtise, c’est de la paresse. La bêtise, c’est un mec qui vit et qui se dit, ça me suffit. Je vis, je vais bien, ça suffit. C’est celui qui ne se botte pas le cul tous les matins en se disant, c’est pas assez, tu ne sais pas assez de choses, tu ne vois pas assez de choses. Une espèce de graisse autour du coeur et autour du cerveau » (Jacques Brel)

© 2014 John Philip C. Manson

Le QI d’une américaine de 3 ans ?

  • 28 février 2014 : Ayant eu récemment une pause forcée suite à des états grippaux qui ont interrompu pour quelques jours mon projet professionnel actuel, mon blog dispose d’un court sursis avant son arrêt réellement définitif. Cependant, j’hésite à arrêter complètement mon blog ; je pourrai éventuellement poster de temps en temps quelques nouveaux articles, à un rythme faible (un article par mois ou tous les 3 mois), en fonction de ma disponibilité. Je souligne toutefois que mon projet professionnel reste et restera prioritaire. Dès fin mars 2014 et pour les mois suivants, je serai complètement absent de ce blog, c’est certain. Après, on verra si j’aurai un tout petit peu de temps à y consacrer…
  • J’aurai ici juste le temps de commenter brièvement ce qu’on pourrait appeler un « phénomène de foire », qu’il faudrait dénoncer. Il faudrait démystifier le fantasme de la surdouance et en critiquer la médiatisation.
  1. Définir une personne sur la base de son QI est simpliste et réducteur. L’intellect et la personnalité des personnes comportent des nuances, des  subtilités qu’aucun psy ne pourra connaître en totalité. Il n’existe pas d’intelligence mais des intelligences : http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_des_intelligences_multiples  L’intelligence n’est donc pas uniquement construite sur le seul raisonnement logico-mathématique. En effet, que dire de l’intelligence des artistes ? Léonard de Vinci et Michel-Ange étaient des artistes suprêmes, ils étaient très loin d’être des idiots. Les tests de QI ne mesurent absolument pas la créativité ni l’habilité, ni même l’aptitude à l’esprit critique !
  2. Un QI de 160 équivalent à celui d’Albert Einstein ? C’est un anachronisme. Le fameux physicien n’a jamais passé de tests de QI de son vivant car les tests de QI pour adultes n’étaient pas encore inventés. De plus, enfant, Einstein ne passa jamais de tests de QI. Ainsi, Einstein ayant un QI de 160 est une affirmation qui ne provient pas de sources objectives vérifiables. Einstein était vraisemblablement intelligent mais son QI est inconnu. En outre, il est important de préciser qu’un QI de 160 pour une fillette de 3 ans signifie exactement ceci : la fillette de 3 ans a un âge mental scolaire de 3×160/100 = 4,8 ans (soit 4 ans et 10 mois environ). La fillette de 3 ans a donc presque 2 ans d’avance intellectuellement par rapport à la moyenne des autres enfants de son âge physique. On est donc très loin du fantasme selon lequel on tendrait à croire que la fillette aurait pu avoir par exemple un niveau de doctorat… Honnêtement, pendant toute ma scolarité j’ai déjà observé plusieurs cas d’élèves qui sautait une ou deux classes d’avance ; c’est peu fréquent mais cela arrive au moins une fois. Doit-on alerter les journalistes chaque fois que ce phénomène se produit ?…
  3. Quel est le but de l’article ? Faire de la publicité pour l’association Mensa ? Ou proposer une version idéale ou romantique de l’intelligence infantile ?
  4. L’apprentissage précoce des langues étrangères s’explique par l’extraordinaire plasticité du cerveau humain. Le cerveau est capable de s’adapter très tôt à de nouveaux stimuli. On apprend plus vite et mieux quand on considère l’apprentissage comme un jeu. Cela ne se limite pas aux enfants précoces ni aux surdoués. Les enfants issus de mariages mixtes sont fréquemment bilingues, qu’ils soient surdoués ou pas. Le talent apparaît avec beaucoup de pratique, le plus tôt possible. Un gamin qui a des parents qui sont profs de maths aura alors une plus forte probabilité de développer des aptitudes pour les maths, mais pourra cependant aussi faire autre chose selon ses goûts.
  5. Existe t-il une déontologie en psychologie où les tests psychométriques devraient rester discrets et confidentiels car relevant de la vie privée ? Pourquoi alerter les journalistes et faire un article ? Quel en est l’intérêt ? Le voyeurisme n’a jamais servi les intérêts des enfants. La surexposition, la surmédiatisation des enfants surdoués ou précoces est préjudiciable et déstabilisant pour les concernés.
  6. Le pire dans cette médiatisation est de présenter des informations fantaisistes : http://expresse.excite.fr/a-11-ans-elle-a-un-qi-N15914.html et http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/10/11/21368-surdoues-pour-vie  Il existe une faille en ce qui concerne Napoléon Bonaparte (mort en 1821), Einstein (mort en 1955), Sigmund Freud (mort en 1939), Blaise Pascal (mort en 1662), Goethe (mort en 1832) cités dans ces liens hypertextes… Pour info, les tests de QI pour adultes existent dès la fin des années 1950 aux États-Unis, et les tous premiers tests psychométriques pour les enfants datent de 1912 (voire vers 1905 pour les tests précurseurs). Il est donc flagrant que prétendre connaître le QI des personnes (célèbres ou non) ayant vécu avant le vingtième siècle (et avant la fin des fifties dans le cas des adultes) est mensonger ! Parler du QI de Steve Jobs, de Stephen Hawking ou de Bill Gates qui sont nos contemporains, c’est nettement plus crédible.
  7. La mesure du QI des adultes est connue publiquement depuis février 1955, grâce au « Wechsler Adult Intelligence Scale (WAIS) » d’après un livre publié en février 1955 par David Wechsler, psychologue américain. Albert Einstein, lui, est décédé en avril 1955. Je doute qu’Einstein ait eu le temps d’avoir passé en urgence un test de QI pour adultes au cours des 2 derniers mois de sa vie, et qu’il ait eu surtout le temps de lire le livre de David Wechsler… Quant à Bonaparte, Freud, Pascal et Goethe, leur QI est pure invention fantaisiste et arbitraire. Où est passé le devoir déontologique de vérité et d’objectivité ?

© 2014 John Philip C. Manson