Une vocation pour les maths et/ou la physique ?

Comment naît (ou faire susciter) une vocation en maths et en physique ?
Une vocation pour les maths et/ou la physique : une volonté, un plaisir, une méthode,… et des dangers à connaître.

  • On devient bon en maths en travaillant régulièrement.
  • On devient cancre par l’habitude de la paresse.

C’est en forgeant qu’on devient forgeron.

C’est aussi simple que cela. Avant de se lancer dans les sciences, il faut maîtriser le langage. La lecture des dictionnaires est essentielle pour comprendre les définitions des mots. Il est important d’élargir le vocabulaire.

Les maths et les sciences, comme tout domaine (comme le sport par exemple), c’est par l’envie d’apprendre et de comprendre. Le talent c’est l’envie de faire quelque chose, en y trouvant plus de plaisir que d’avoir l’impression de devoir accomplir une corvée.

Une motivation, ça arrive soudain, un jour, par un déclic, un détail, quand on recherchait soi-même une réponse à un truc. Puis la curiosité déclenche une réaction en chaîne : une boulimie d’apprendre toujours plus. Savoir qu’on peut trouver tout seul, c’est s’ouvrir à l’indépendance et la liberté. Pourquoi les profs feraient vos devoirs à votre place ? Et pourquoi (dans un tout autre contexte) laisseriez-vous des gourous penser à votre place ?

Donc bref, apprendre, être curieux, multiplier les situations à résoudre, mais disposer d’un outil précieux à ne pas négliger : l’esprit critique. Pour rester objectif. Et se souvenir des critères épistémologiques de la science, à travers le problème de la démarcation entre la science et ce qui ne relève pas de la science. Pour éviter l’amalgame entre science et mysticisme. Et se souvenir que les théories sont des représentations faillibles du réel (à travers l’observation ou l’expérimentation). Voici un exemple épistémologique très simple qui résume la scientificité : la carte n’est pas le territoire. Ces critères s’appliquent aux sciences de la nature dont la physique, les maths étant l’édifice de toutes ces sciences. J’ai dit que la carte n’est pas le territoire : en effet, les maths servent à décrire et expliquer des opérations et des expériences de physique, mais pas le contraire. C’est-à-dire que la vérité scientifique ne se construit pas d’abord sur des concepts mathématiques ou géométriques pour tenter d’inventer la réalité physique. Ainsi, le chercheur indépendant Antony Garrett Lisi (http://fr.wikiquote.org/wiki/Antony_Garrett_Lisi) avait présenté une «théorie» douteuse dans laquelle il affirme que «les équations algébriques qui décrivent le comportement de toutes les particules sont la conséquence de la géométrie d’un seul objet (Le groupe de Lie E8). Tout le contenu de l’Univers n’est donc que pure géométrie !» (source : Science et vie, nº 1084, janvier 2008, p. 51).

La physique n’a jamais été la conséquence des mathématiques. Les maths ne sont pas ladite réalité physique ni sa trame. Les maths ne sont qu’un outil pour construire une théorie abstraite à partir des faits de la physique, une théorie scientifique axiomatisée c’est elle qui est la conséquence des données quantitatives issues des observations et des expériences de physique. Les phénomènes précèdent leur théorisation, pas le contraire. On observe d’abord, afin de recueillir des données quantitatives (à travers des mesures), ensuite ces données sont comparées entre elles afin d’établir des lois physiques, puis l’on construit une théorie. Par exemple, le résultat de l’expérience de Michelson-Morley en 1887, qui contredisait l’hypothèse de départ, a eu pour conséquence la théorie de la relativité restreinte (d’Einstein) en 1905. Il est évident que l’on ne construit pas de théorie sans données physiques. Autrement, c’est brasser de l’air, c’est faire de la spéculation au risque de diverger de la méthode scientifique. Bref, une page remplie d’équations n’est pas l’univers ni la cause de l’univers, au même sens qu’une carte n’est pas le territoire, ni qu’une carte n’est la cause du territoire. Le territoire existe d’abord (il préexiste), ensuite on dessine une carte pour représenter ce territoire que l’on observe et explore (directement sur le terrain ou par vue aérienne, voire par photo satellite). On observe, puis on tire des conclusions. Mais émettre des concepts avant même d’observer ou d’expérimenter, ce n’est pas vraiment de la science.
En plus, A. Garrett Lisi annonce que «en outre, [la théorie] prédit pour l’instant une constante cosmologique gigantesque, alors que les observations la donnent très petite.»    En voila un qui décide comment doivent être les faits, en dépit des observations, plutôt que reconnaître l’invalidité de la prédiction, celle-ci étant réfutée par les faits eux-même. Depuis quand une théorie est-elle dogmatiquement vraie et que les faits sont faux ? Une théorie scientifique a pour définition selon laquelle la théorie doit pouvoir être réfutée si celle-ci est fausse, donc une théorie peut être fausse. Par contre, les faits, c’est-à-dire l’observation et l’expérimentation rigoureuses des phénomènes physiques, contrairement aux interprétations qu’on en fait, ne peuvent mentir.
Dans Wikiquotes.org, la catégorie des «auteurs scientifiques» incite à s’y interroger. C’est dans ce site que j’avais pu trouver les citations de A. Garrett Lisi. Maintenant, je me penche sur le cas du chercheur japonais Masaru Emoto. Selon Wikiquote, ce chercheur étudierait les effets de la pensée sur l’eau.
À première vue, cela paraît déjà bizarre. Mais pour en avoir le cœur net, examinons les citations de M. Emoto.
Je cite Emoto : «Les 70% environ de notre planète sont recouverts d’eau, et 70% environ du corps humain ne sont qu’eau» (Le miracle de l’eau (2007), Masaru Emoto (trad. Gérard Leconte), éd. Guy Trédaniel, 2008 (ISBN 978-2-84445-866-7.), p. 7 et 8)
Il est vrai que l’eau recouvre 70% de la SURFACE terrestre. Il est vrai aussi que le corps humain contient (en MASSE ou en VOLUME) environ 70% d’eau. D’une part, relier ces deux vérités n’est faire qu’une ANALOGIE, mais pas une relation de CAUSALITÉ. D’autre part, deux pourcentages similaires ne signifie rien quand les mesures concernent deux grandeurs physiques différentes : une surface n’est pas une masse ni un volume. Utiliser une telle analogie, c’est de la numérologie, non ? En effet. Quelle heure est-il ? Deux kilomètres !
Je cite encore Emoto : «D’après les cristaux, l’eau qui est en nous contient l’énergie des mots.» (du même ouvrage).
Quels cristaux ? Le chlorure de sodium de l’eau de mer ? Les sels de la composition minérale du sang humain ? L’énergie, ah ! ce terme abstrait désignant une réalité bien abstraite et quantifiable en science n’a pas d’équivalent sérieux avec l’énergie chez le domaine de la spiritualité. L’énergie des mots ? L’aptitude au langage provient d’une zone spécifique du cerveau, à peu près au sommet du crâne. Les neurosciences montrent que ce sont les neurotransmetteurs (dopamine, mélatonine, et autres) qui sont le siège de l’activité neuronale. Mais de l’énergie des mots dans l’eau, ça veut dire quoi ? C’est une métaphore ratée ? Ou une extase mystique ? Je ne trouve pas ça très rassurant… D’ailleurs, le titre «Le miracle de l’eau» ressemble à de la science-spectacle. Je pressens d’autres textes construits selon une interprétation personnelle et subjective.
Dans le jargon scientifique, chaque mot, chaque phrase, a un sens bien précis. Mais quand un texte est flou, abscons, évasif, avec un sens indéfini, des mots qui ressemblent au jargon scientifique mais selon une structure inhabituelle, alors il y a quelque chose d’anormal.
Par curiosité, je visite la biographie de Emoto (http://fr.wikipedia.org/wiki/Masaru_Emoto) sur Wikipedia, dont je cite : «Des scientifiques critiquent les procédures expérimentales pour leur insuffisance2 et estiment qu’il existe de nombreux biais cognitifs dans les expériences d’Emoto».  Je ne suis pas étonné. On voit ensuite que Emoto a pour spécialité la «médecine alternative». Ses écrits surfent sur un thème très proche de la fameuse (fumeuse) mémoire de l’eau (http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9moire_de_l%27eau) qui servit à servir d’alibi bidon à la pseudo-science homéopathique. De plus, la référence aux cristaux (quand cela ne concerne pas la minéralogie ni la cristallographie), c’est un thème irrationnel très prisé par la mouvance New Age… La page d’Emoto sur Wikipedia est classée dans la catégorie « pseudo-science ».
Ce que font les chercheurs indépendants et controversés est critiquable, certes. Mais la question essentielle est la suivante : pourquoi Wikiquote réunit-il dans sa catégorie «Scientifiques» des auteurs discutables et ayant peu publié dans des referres (Garrett Lisi, Emoto…) par rapport à des scientifiques notables par leurs travaux majeurs (Albert Einstein, Schrödinger, Max Planck, Henri Poincaré…) qui ne sont même pas recensés dans ladite catégorie ? De plus, dans la catégorie, on trouve d’autres scientifiques discutables (exemple : M. Fleischmann, co-«découvreur» de la FUSION FROIDE, «théorie» du type « fringe science », à la frontière de la pseudo-science ou de la science fictive). Il va falloir penser sérieusement à rééditer la catégorie des scientifiques chez Wikiquotes.
James Randi, le fondateur de la James Randi Educational Foundation, a publiquement proposé d’offrir à Emoto la somme d’un million de dollars s’il pouvait reproduire les résultats de ses expériences selon la procédure en double aveugle. Les travaux d’Emoto n’ont jamais été publiés dans une revue scientifique à comité de lecture.
Pour se proclamer scientifique, il faut respecter les critères de la méthode scientifique, que l’on fasse une découverte ou pas.
Sans esprit critique, les lecteurs gobent n’importe quoi. Jusqu’où peut-on croire ?
Il faut veiller et rester vigilant sur le risque de dénaturation de la méthode scientifique. Des épistémologies alternatives peuvent conduire à des dérives idéologiques. Les matheux platoniciens peuvent par exemple réécrire la physique en choisissant esthétiquement et subjectivement des polyèdres comme base de toute doctrine… Pire encore, les créationnistes pourraient réécrire la science pour légitimer leurs doctrines et tenter de lancer un renouveau religieux face à la montée de l’athéisme depuis le XXe siècle. La secte New Age, elle, peut s’immiscer et se glisser dans les institutions scientifiques pour semer la confusion et l’amalgame, en professant une doctrine qui mêle la physique quantique et le mysticisme syncrétiste. (voir ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/28/le-vrai-visage-du-new-age-ou-nouvel-age/ et là aussi : https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/04/larnaque-de-lusurpation-de-la-physique-quantique/ puis là : https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/03/la-physique-quantique-usurpee/ et surtout ça : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/08/retour-sur-le-mysticisme-quantique/)

L’important n’est pas les réponses de la science, mais de se poser de bonnes questions.

Des questions fondamentales.
Par exemple :
  • Peut-on prouver si un test de QI est faux ? Si la question se pose pour la première fois, alors le QI n’a jamais suivi les critères de la méthode scientifique.
  • Peut-on prouver si les interprétations des psychanalystes sont fausses ? S’il n’est pas du tout possible de concevoir une expérience pouvant invalider une théorie si celle-ci est fausse, alors ladite théorie est une pseudo-science.
Le talent pour les maths et les sciences, c’est autant dans la sueur que le plaisir. Rien ne tombe tout seul du ciel. Rien n’est acquis si on ne fait rien.
Le professionnalisme dans les sciences, c’est dans la rigueur par rapport à la méthode scientifique, par le devoir de rester objectif et critique. L’imposture du mysticisme et des pseudo-sciences, tout comme les fraudes scientifiques, ça n’a pas sa place dans les sciences. Le plus incompréhensible n’est pas le comportement scandaleux des fautifs, mais l’indifférence des scientifiques qui sont intègres et qui sont trop occupés pour constater une certaine montée d’obscurantisme.
J’ai vu des choses atterrantes, affligeantes, sur la progression de la secte New Age dont les meneurs ont parfois jadis été scientifiques ou qui dénaturent eux-même la science… Par exemple, une médecin russe diplômée en Suisse est devenue bionutritionniste (grâce à «l’infini quantique»), un conférencier complice est prof des universités (spécialité cancérologie), puis un autre docteur russe spécialisé en «biophysique» a participé au magazine douteux « Science et Inexpliqué », ensuite un philosophe hongrois influent est un adepte du concept New Age des annales akashiques… Alors, pour être bref, le New Age envahit les milieux médicaux, universitaires et gagne même aussi les ingénieurs. C’est alarmant. Irions-nous jusqu’à voir, impuissants ou lâches, au remplacement progressif de la méthode scientifique par des idéologies mystiques ? Des croyances personnelles doivent rester privées et ne pas interférer avec les métiers scientifiques. De plus, je ne connais aucun scientifique assez crédule pour croire lui-même avec sincérité au mysticisme, enfin je ne suis pas sûr là-dessus… Pourquoi rester indifférents face à ces dérives ? Le problème est très sous-estimé, à mon avis. C’est grave.
À travers la vulgarisation scientifique et la naissance des vocations scientifiques, la première chose à enseigner est la définition de la science (qu’est-ce que la science ?), les critères épistémologiques de scientificité, et les détails de la méthode scientifique. Pour anecdote, au collège et au lycée, on m’a appris les sciences avant même les définitions fondamentales. Ce n’est qu’avec la documentation hors scolarité que je me suis aperçu qu’il existait une grave lacune dans l’enseignement des sciences. C’est cette lacune qui m’a incité à créer mon blog en 2007, parce qu’il faut réparer ce problème.   https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/03/definition-de-la-science/
© 2013 John Philip C. Manson

Un surdoué de 12 ans remet en cause la théorie de la relativité d’Einstein ?

  • L’article publié ici le 28 janvier 2013 est le duplicata de l’article du 6 avril 2011 publié autrefois dans mon premier blog aujourd’hui disparu.
  • La réédition du texte a entraîné quelques petites modifications, surtout sur les liens web (afin de corriger des liens morts), et sur une réactualisation.

Concernant la théorie de la relativité, je viens de découvrir cette vidéo sur maxisciences.com :
http://www.maxisciences.com/surdou%e9/il-defie-einstein-a-12-ans_art13733.html

Avec pour titre d’article : 06/04/2011 : Un surdoué de 12 ans remet en cause la théorie de la relativité d’Einstein.

Info ou intox ? Dans la vidéo, ça parle de dérivation et d’intégration, ce sont les bases de l’analyse en maths, mais cela ne parle pas de la théorie de la relativité. Je pense que c’est un coup de pub. J’en ai parlé à un ami qui a conclu comme moi que le jeune fait seulement un cours de maths sur les intégrales mais il ne cherche pas à démontrer sa théorie sur la relativité…

Pour faire une théorie scientifique, il faut des faits qui étayent une théorie fondée sur des hypothèses réfutables, peu importe l’âge ou l’origine du chercheur. Un cours classique de maths de Terminale sur les dérivées et les intégrales ne font pas une théorie cosmologique de niveau doctorat…

La précocité n’est pas synonyme de crédibilité ni de réfutabilité.

Addendum du 29 septembre 2011 :

J’ai pris la peine d’évaluer le contenu de l’affaire. Le gamin prétendrait réfuter la théorie d’Einstein et arguerait que l’univers serait plus vieux qu’il ne l’est.

Cependant, les affirmations du jeune sont contredites (et réfutées) par les mesures observationnelles avec WMAP qui ont montré en 2003 que l’âge de l’univers est de 13,7 milliards d’années avec une marge d’erreur de 1% (c’est-à-dire plus ou moins 130 millions d’années sur une valeur moyenne de 13, 7 milliards d’années).

http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosbig/decouv/xcroire/rayFoss/niv1_1.htm

Pour remettre en cause le Big Bang (ainsi que n’importe quelle autre théorie), il faut des contre-exemples solides sur la base d’observations.

Seuls ceux qui ne lisent pas les équations ni ne les comprennent croient à ce buzz. Le gamin sait a priori résoudre des intégrales (niveau Terminale), c’est tout ce qu’on voit dans les vidéos sur son sujet, mais rien de convaincant sur la théorie de la relativité, rien. Faire un cours de maths de niveau Terminale, ce n’est pas équivalent à l’éventualité d’établir (avec un niveau Doctorat) une preuve de réfutation de la théorie d’Einstein.

Concernant le concept de QI :

Pour finir, si E = mc² était faux, ça aurait voulu dire l’énergie nucléaire (et même aussi l’énergie chimique) serait un mythe, or pourtant ça marche. C’est la réfutation de E = mc² qui est fausse, parce que l’équation est valide empiriquement et vérifiée à de très nombreuses reprises grâce à des expériences. D’autre part, les GPS fonctionnent sur des calculs basés sur la théorie de la relativité : ça marche, c’est fondé sur des lois scientifiques vérifiées qui fonctionnent, ainsi toute réfutation d’un truc qui marche est hautement périlleux et ridicule. Il reste tout-à-fait possible d’améliorer la théorie de la relativité sur la base de nouveaux FAITS, mais affirmer péremptoirement sans preuves que la relativité n’est plus valide c’est se foutre prétentieusement du monde. Cette médiatisation ne méritait pas tant d’échos.

Enfin, la physique ne se fait pas par des démonstrations de maths, mais surtout par des observations quantitatives à travers des faits.

Les coups de pub journalistiques c’est stupide, c’est fait pour vendre du rêve. En matière de sciences, les journalistes répandent des âneries.

Le buzz fait impliquer l’université de Princeton. Seuls les médias parlent du gamin. Mais je ne trouve nulle trace de ses équations à Princeton. Est-ce qu’au moins Princeton confirme que le gamin a validé les papiers du gamin ? En général, les journalistes citent leurs sources, mais je ne trouve pas de liens web qui concernent directement Princeton.

Comme c’est un buzz relativement récent, je sais comment remonter la chronologie médiatique grâce à Google Trends, je peux retrouver la première source qui a déclenché le buzz. Je viens de découvrir que le buzz est apparu début mars 2011, et il a atteint son paroxysme pendant tout le mois de mars, pour dégringoler durant le mois d’avril. Ce repère chronologique est suffisant afin d’identifier le premier article des médias ayant paru sur ce buzz.

Ce buzz est apparu en Suisse francophone le 1er avril 2011. Le premier avril, comme par hasard…
La source d’origine n’est pas Princeton, mais Youtube, entre le 16 et le 28 mars 2011. Ensuite, le premier journal à avoir relayé le « scoop » est l’Indianapolis Star. Sacrée référence scientifique, tsss…

Ce lien http://www.tdg.ch/qi-170-genie-12-ans-contredit-einstein-2011-04-01 raconte qu’il va à l’université de l’Indiana pour le poste de chercheur, je vais vérifier cette affirmation. Il est fort possible que le jeune soit doué pour les maths, mais il est certain et trivial qu’il se trompe sur la théorie d’Einstein, ou alors les journalistes ont complètement déformé ses propos.

Chaque fois que j’ai vu Jacob écrire au tableau, c’est pour y écrire des maths mais pas dans un contexte qui parle de la physique. Sur la photo de la page http://www.7sur7.be/7s7/fr/1504/Insolite/article/detail/1244685/2011/04/01/A-12-ans-il-est-sur-le-point-de-remettre-en-cause-la-theorie-de-la-relativite-video.dhtml  il montre une somme infinie d’une fonction trigonométrique, plus précisément la somme (de n = 1 jusqu’à l’infini) de sin(2n) / (1 + cos⁴ n) où il doit démontrer que la série est convergente (exercice de niveau Terminale). C’est une branche des maths, nommée analyse. Mais ce n’est pas de la physique. Il ne s’agit pas de la théorie de la relativité ni de sa réfutation. Dans la vidéo sur le calcul de la somme continue de sin(2n) / (1 + cos⁴ n), je ferai remarquer que la caméra n’a pas filmé la dernière étape de son calcul et on ne peut rien conclure de concret sur la validité de ce qu’il a écrit. A t-il réussi à démontrer l’énoncé de l’exercice ?

Ce qui est à souligner, en dehors de ces exercices de maths de Terminale, c’est qu’on ne connaît pas du tout le contenu des travaux de Jacob dont la prétention est la réfutation d’Einstein…

Pour en revenir sur la démonstration que la somme de (sin (2x)) / (1 + cos⁴ x) est convergente, je pense que si Jacob a effectivement démontré qu’elle est convergente, cela entraînerait un problème. Faute d’avoir moi-même établi une démonstration, j’ai néanmoins écrit un programme codé en Perl qui a réalisé directement cette somme (j’ai fait une somme de x = 1 jusqu’à x = 1 000 000).

#!/usr/bin/perl
my $sum = 0, $x;
for ($x = 1; $x <= 1000000; $x++)
{
$sum = $sum + ((sin(2 * $x))/(1 + (cos($x) * cos($x) * cos($x) * cos($x))));
print « $sum \n »;
}

Voici chaque somme des derniers calculs à l’approche de la valeur x = 1 000 000 (la dernière somme dans cette liste correspond à la valeur x = 1 000 000) :

0.7487134285953
0.368088426773624
-0.0217827183339275
0.640404571620369
0.532741260613516
-0.0140881752631024
0.495390130356315
0.669795244875373
-0.0258862714119807
0.327090860308374
0.76851479748572
-0.040481193007848
0.162017953648062
0.826093166119665
-0.0235895998286788
0.0348387840368063
0.842793254669859
0.0530567747310005
-0.0303642243683368
0.818959757876877
0.1892498642381
-0.039142356332822
0.754138097025153
0.357338274583077
-0.0228141173591194
0.64832919573767
0.523084757441272
-0.0139669108855462
0.505339497865198
0.662290905793559
-0.0247689382062771
0.337858008182278
0.763543760851757
-0.040106799663529
0.171583974532018
0.823698816004001
-0.0262163677338809
0.0410981383439174
0.842936233586036
0.0463481004782115
-0.0281670811783803
0.821643551381922
0.179432336384591
-0.0397187268346905
0.759401444166029
0.346574984006404
-0.0238821024468076
On voit que les nombres de chaque somme forment une liste en fluctuation perpétuelle, une oscillation quasi-aléatoire entre des réels négatifs et des réels positifs. Je ne constate a priori aucune convergence notable. A priori, si l’on fait une démonstration rigoureuse, je pense qu’on devrait s’attendre à la démonstration du contraire de ce que l’énoncé affirme. A priori, il n’y aurait pas convergence. Je reviendrai donner des détails supplémentaires ultérieurement.

  • Note du 28/01/2013 :  Je devais compléter cet article en 2011, cela va être l’occasion d’y ajouter des infos supplémentaires peu après cette réédition. La conclusion provisoire pour la résolution de la somme (de n = 1 jusqu’à l’infini) de sin(2n) / (1 + cos⁴ n) est que cette somme infinie est de forme indéterminée, mais on remarque qu’elle ne converge pas. 

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© 2011-2012-2013 John Philip C. Manson

L’échec de la communication scientifique

Liens connexes :

La science actuelle souffre d’un gros problème de communication à travers la vulgarisation. Tout le problème, ou la majeure partie, prend sa source dans la médiatisation. J’observe un fossé entre les professionnels de la science et les vulgarisateurs amateurs avec le grand public. Néanmoins il existe des émissions de vulgarisation intéressantes, comme «C’est pas sorcier» sur France 3, ainsi que l’émission «Prouve-le» sur la chaîne Gulli. Ces exceptions montrent l’insuffisance d’émissions de vulgarisation scientifiques.

D’un côté, il y a ceux qui savent chercher et trouver, c’est le travail ou la passion de ceux qui s’adonnent à la science. Mais qui ne savent pas forcément communiquer.

D’un autre côté, il y a les orateurs habiles, ceux qui savent capter l’attention des foules, qui savent utiliser les médias à leur profit. Mais un grand charisme journalistique ou télévisuel ne signifie pas forcément des compétences en sciences… À mon avis, il manque trop de journalistes scientifiques pour les sujets scientifiques traités, tout me paraît confié à des personnes plus littéraires de formation plutôt qu’étant de formation scientifique.

Réunir ces deux facettes (la maîtrise des sciences + la communication) est un atout imparable. Savoir communiquer la science, partager une passion et des connaissances, et faire naître des vocations, voila une qualité rare. Qui a ce talent parmi nos contemporains ? Je me souviens de Michel Chevalet comme d’un journaliste scientifique brillant, avec sa fameuse phrase qui a marqué durablement les mémoires : «Comment ça marche ?». Sans oublier Richard Feynman, professeur et prix Nobel de physique, il a publié des livres qui font de lui un grand vulgarisateur scientifique. Ils ont mon éternelle reconnaissance.

À l’opposé de la démarche honnête et louable des vulgarisateurs scientifiques, il existe une autre facette, le côté obscur de la science. Bien souvent, la véritable information scientifique donnée par les travaux de vulgarisation est noyée dans une grande masse de désinformation et de déformation de la «vérité» scientifique. Cette noyade a pour cause l’utilisation outrancière et efficace des médias par des individus qui ne montrent pas ce qu’ils sont vraiment : des imposteurs.

L’imposture en science se reconnaît aisément : un imposteur publie des croyances, ou des thèses philosophiques ou métaphysiques, ou des considérations pseudo-scientifiques et fait abusivement passer celles-ci pour de la vraie science en utilisant le plus souvent possible les médias (TV, radio, internet, presse…) comme s’il recherchait la reconnaissance, l’admiration et l’amour du public et sans jamais passer par une publication scientifique à comité de lecture comme arxiv.org, sciencemag.org, pourlascience.fr, cnrs.fr, cern.ch…

Bref, en dehors du circuit scientifique, les théories sont sans garantie. Les comités de lecture par des pairs sont un garde-fou afin de préserver la science de divers abus. Cela réduit ainsi de beaucoup le risque d’erreurs, mais l’absence absolue d’erreurs est un mythe. Comme l’argument d’autorité n’est pas un critère de scientificité, cela veut dire qu’une référence ayant un statut scientifique crédible ne signifie pas qu’elle soit exempte d’erreur, ni qu’elle soit dispensée de toute critique et de réfutabilité. Ne jamais oublier ça… Même le système de régulation dans la communauté scientifique a ses failles, notamment via l’attribution controversée de thèses (cf. Mme Tessier, astrologue, à la Sorbonne ; et l’affaire des célèbres frères B.)

L’imposture scientifique se reconnaît dans son impossibilité ou son refus de se soumettre à la réfutabilité des affirmations que l’imposture prétend. L’imposture se reconnaît aussi à son langage flou, abscons, à l’utilisation d’anecdote et de témoignages, ainsi que par l’absence de référence directe à des faits.

La confusion du public entre la vraie science et l’imposture vient de ce que le grand public ne comprend pas ce que les scientifiques racontent, tout simplement parce que souvent le grand public n’a pas les bases requises pour comprendre les sujets scientifiques abordés. Quand la chimie ou la physique ne passionnent pas forcément les jeunes, les sciences sont rapidement oubliées avec le temps qui passe, abandonnées comme de vagues souvenirs. L’école ne sait pas susciter l’éveil ou la curiosité, ni des vocations scientifiques. L’école ne sait, encore moins, éveiller à un recul critique et analytique, et ça ne fait qu’accroître l’abîme.

Pour exemple, quand le web fait une propagande médiatique sur le moteur Pantone, l’attitude du public est souvent l’absorption passive et crédule de l’info, sans la moindre attitude sceptique, en prenant même (à tort) l’info pour vraie, comme ça. D’une part, le niveau scientifique requis pour comprendre pourquoi le moteur Pantone ne peut pas marcher est celui du lycée (niveau 1ère ou Terminale S), mais pourtant, de nos jours, beaucoup de gens passent leur Bac (et avec statistiquement plus de 85% de succès)…

Ou le grand public est crédule, ou il n’a aucune envie de comprendre comment ça marche parce que ça ne l’intéresse pas. Quand une chose intéresse quelqu’un, la personne cherche à comprendre tous les mécanismes, à essayer et à explorer. Un bidouilleur en informatique qui s’intéresse aux ordinateurs et à la programmation finit par cumuler de grandes connaissances à travers son expérience du domaine. Pour un passionné de mobylettes ou de motos, c’est pareil, il devient souvent un bon mécanicien car il aura tout appris à démonter et monter et réparer par lui-même ces mécaniques. Pareil pour un maître verrier qui apprend à sculpter dans le cristal.
Mais lorsqu’un thème excite les passions et provoque l’émerveillement chez autrui, mais sans que ces personnes ne s’y intéressent pour en savoir plus, de façon concrète, ce n’est pas de la curiosité ni de l’éveil actif, c’est de la crédulité passive.

Pour le grand public, la science se résume à devoir faire rêver avec des mots. Et moins le public comprend, à travers des mots compliqués, mieux le mystère capte leur émotion pour leur procurer une sorte de bien-être quasi-spirituel. Et dans cet état d’esprit troublé, le public trouve ça génial, mais sans vraiment avoir saisi le sens correct et adapté des mots scientifiques.
Il faut rester prudent en se souvenant que la science n’a pas à s’adapter au grand public pour faire connaître ses travaux, c’est au public qui doit s’efforcer de s’adapter à la science pour la comprendre. Si le grand public veut comprendre, il lui faudra d’abord s’instruire en apprenant à connaître les bases élémentaires nécessaires qui concernent les différentes sciences. J’ai longtemps connu les bases des théories scientifiques avant même de connaître les critères épistémologiques de la scientificité, c’est un peu comme mettre la charrue avant les bœufs (qui peut conduire à des absurdités si l’on n’y fait pas gaffe), mais l’essentiel c’est de connaître autant les critères de la science que les bases des théories scientifiques.

Interpréter soi-même des théories scientifiques avec son propre vocabulaire, mais sans connaître les définitions précises des mots du jargon scientifique, voila ce qui est à l’origine des délires mystiques et/ou pseudo-scientifiques des adeptes de la mouvance New Age, cette secte qui mélange abusivement les sciences avec les courants spirituels pour mieux tromper. La rigueur dans le respect des critères épistémologiques qui définissent la science est ce qui conduit à une attitude scientifique saine, ouverte et objective, sans intrusion idéologique de l’irrationnel, de l’imaginaire, de la politique et du spirituel, et des comportements émotionnels en général.

La vulgarisation scientifique ne consiste pas à simplifier ni à introduire des raccourcis, ni à faire du sensationnalisme. S’engager dans la voie de la simplification par des raccourcis réducteurs c’est conduire à un non-sens, une dénaturation dangereuse de la science, et le public croira comprendre, il croira s’instruire, et le cumul des simplifications et des raccourcis fait que les métaphores et les analogies ne correspondent pas au sens du thème scientifique qu’elles étaient sensées expliquer et décrire. Et plus cette simplification est importante avec le temps, devenue une habitude et un standard, plus les connaissances apparentes et vagues constitueront un désastre intellectuel et un échec didactique… Sans recul critique, tout type d’instruction est un gâchis. Mais c’est heureusement réversible, parfois, quand les gens trouvent le courage de TOUT remettre leurs acquis en question, en devant tout réapprendre par eux-mêmes avec un nouvel outil d’analyse : l’esprit critique.

 Le public se distingue par 3 types d’attitudes :

  1. Les indifférents et les désinvoltes (du style : «bof, j’m’en fous de tout»). C’est leur droit. L’ignorance n’est pas un mal quand il n’y a pas d’idéologie ni de croyances derrière.
  2. Les avaleurs de couleuvres (du style : «hey, c’est passé à la TV donc c’est vrai : la marmotte elle met le chocolat dans le papier alu»). Eux doivent faire un très gros effort d’adaptation au réel…
  3. Les sceptiques (du style : «je gratte le vernis, je creuse, je pioche, je vérifie la marchandise, mouarfff iconsceptique.gif je m’en doutais t’es un escroc !»). But de l’évolution intellectuelle.

L’idéal est que le droit à l’ignorance et à la croyance doit s’équilibrer avec le devoir de s’informer objectivement.

À ces trois types d’attitudes, il faut y adjoindre divers comportements opposés :

  1. Ceux qui vendent des couleuvres (du style : «voici mon livre qui contient la Vérité hypercosmique sur le secret de la Création, bon ça fait 25 € merci ô pigeon…»)
  2. Ceux qui vulgarisent la science, avec conscience professionnelle et déontologie (du style : «Comment ça marche ? Voila je vous explique des trucs concrets avec l’appui d’expériences et des données quantitatives expérimentales, et en formulant des hypothèses réfutables donc testables par l’expérimentation ou l’observation»)
  3. Ceux qui rendent la science vulgaire, en la dénaturant, et en lui ôtant tout son sens (du style : «je ne comprends rien en science mais je vous expliquerai tous les secrets du pré-Univers qui a existé avant l’apparition de l’espace-temps, et dans l’univers rien n’est impossiiiiible»)
  4. Le cas n°1 peut coïncider parfois avec le cas n°3…
  5. Le cas n°2 est strictement distinct des autres cas. On ne peut pas être à la fois un honnête vulgarisateur et un odieux imposteur, ou alors il faut vraiment être sournois pour mélanger le vrai et le faux…

Pour conclure :

  • Les meilleurs vulgarisateurs scientifiques sont ceux qui enseignent les bases des théories scientifiques et qui enseignent les définitions des mots du jargon scientifique, et qui donnent des définitions précises de ce qu’est la scientificité et la méthode scientifique.
  • Quiconque veut comprendre des travaux scientifiques, de chimie par exemple, doit nécessairement connaître les bases de la chimie. C’est le strict minimum. La compréhension est impossible sans un minimum de notions élémentaires. Sans ces notions, toute interprétation du jargon scientifique lu conduit toujours à des inepties.
  • La science n’est pas de la culture, c’est-à-dire qu’elle ne consiste pas à mémoriser des lectures diverses ni à les utiliser comme étant des vérités fixes et définitives, voire comme un roman. La culture scientifique a un socle qui est la connaissance des bases théoriques ainsi que la connaissance des critères de la scientificité (la définition de la science). Mais pour le reste, c’est-à-dire les travaux scientifiques, la publication de recherches, ce qui est le critère le plus important c’est la démarche critique et le raisonnement (appuyés par les notions de base)
  • Au lieu de vulgariser la science, il faudrait s’efforcer de faire faire des sciences quand cela est possible, afin de donner aux gens le goût du raisonnement et de la recherche par eux-mêmes à travers des expériences et des observations. Aujourd’hui, il existe un mépris honteux envers le grand public parce que le message scientifique est souvent dénaturé et déformé. Parfois même à la limite de la malhonnêteté, surtout par le journalisme peu déontologique sur certains portails du web quand ceux-ci prétendent être un relais pour faire connaître des sciences qui, pour ces médias, se résument douteusement et abusivement à la climatologie et les secteurs de l’énergie, voire le paranormal quand l’occasion se présente… Et il existe aussi un mépris du public pour les sciences qu’ils connaissent finalement mal (il n’y a qu’à examiner un forum classique du web pour en évaluer le niveau scientifique général). Par exemple, je me souviens des gros délires qui ont été proférés à la fois par les journalistes et par les internautes à propos du LHC du CERN, répandant ainsi des rumeurs ineptes de fin du monde (par ignorance, crédulité ou par hostilité idéologique au projet). De plus, un bon nombre d’articles écolos du web présentent une quantification de l’impact en CO2 selon divers comportements consuméristes, mais une vérification par calculs montrent que ces articles sont souvent faux (http://jpmanson.unblog.fr/2011/09/21/megaoctet-et-co2/ https://jpcmanson.wordpress.com/2012/04/27/analyse-de-sv-n1136-de-mai-2012/).
  • La folie irrationnelle du web, et dans la vie courante en général (souvent à cause de la presse), c’est un fait qui incite à tirer la sonnette d’alarme. Il faut contrer l’obscurantisme avant qu’il ne fasse reculer l’esprit scientifique et critique.
  • Le mépris du public à l’égard de la science peut s’expliquer par certaines dérives de la science (OGM, armes nucléaires, molécules toxiques…) et par l’apparente «froideur inhumaine» de la méthode scientifique. Les émotions n’ont rien à voir avec une attitude objective : pour observer, les yeux seuls comptent, mais pas ce que l’on ressent émotionnellement. Et en ce qui concerne l’apparente immoralité de la science, mieux vaut définir la science comme un outil neutre et amoral, car les responsables de méfaits ce sont les hommes, pas la science : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/04/10/les-derapages-de-la-science-et-le-principe-de-lethique/

 

Promouvoir le scepticisme est un acte politique, une lutte pour la liberté de tous contre la montée en puissance de l’obscurantisme, des superstitions, du développement des pseudo-sciences, etc. Ces aberrations intellectuelles sont clairement des instruments idéologiques réactionnaires dont le but est le pouvoir et l’argent par le maintien du public dans l’ignorance, la crédulité et la peur. La science est un atout que le peuple doit se réapproprier !

Semez le doute. Que la raison vous serve de guide.

© 2011-2012 John Philip C. Manson

Réfutation du créationnisme par la démonstration par l’absurde

 

Démonstration par l’absurde.
Supposons que, pour hypothèse de départ, le créationnisme soit vrai, c’est-à-dire que son argument principal est vrai :

  • « Les espèces vivantes n’évoluent pas, ne changent pas. »

À partir de cette allégation, on va suivre le raisonnement suivant :

  • « Les créationnistes soutiennent que la Terre a été créée il y a 6000 à 10000 ans et que l’évolutionnisme est un mensonge. »

Considérons ensuite le fait suivant :

  • « Les fossiles montrent que des espèces vivantes nous ont précédé et sont aujourd’hui définitivement éteintes. En effet, on ne constate plus l’existence de nos jours des dinosaures, des trilobites ni celle des ammonites. »

Si les espèces n’évoluaient pas et qu’elles peuvent cependant s’éteindre, et sachant qu’aucune espèce nouvelle ne puisse apparaître, et considérant aussi que selon la Bible, Dieu a créé le monde en 7 jours et s’est ensuite reposé, alors le nombre d’espèces vivantes est toujours décroissant dans le temps, et cela signifie aussi que le nombre d’espèces vivantes était à son nombre maximum au moment de la «création». Si la décroissance du nombre d’espèces est linéaire et régulière, alors toutes les espèces présentes sur Terre finiront à terme par s’éteindre complètement (y compris l’Homme). Si la décroissance est exponentielle, alors les extinctions d’espèces se stabiliseront et cesseront jusqu’à atteindre un minimum (ce qui contredit l’influence de l’environnement comme la pollution et les cataclysmes, la chute d’astéroïdes, et la prédation toujours présente dans la chaîne alimentaire).

 

Ce constat est très compromettant pour le créationnisme : si le créationnisme est vrai, alors la biodiversité doit nécessairement décliner jusqu’à la disparition totale de la vie sur Terre.

Ensuite, avec l’hypothèse créationniste, et donc considérant que le nombre des espèces vivantes était à son maximum le jour (ou la nuit ?) de la «Création», cela fait bien trop d’espèces à rassembler et cela laisse soupçonner un état de surpopulation impossible à réaliser dans les faits. Les dinosaures n’ont jamais cohabité avec l’Homme ni avec les espèces polaires…

Plusieurs questions naissent de cette contradiction, et les réponses apportent de nouvelles contradictions encore pires :

  • La biomasse était-elle en quantité suffisante pour qu’autant d’espèces aient coexisté ensemble selon un point de vue créationniste ?
  • Comment la faune et la flore de l’époque tropicale des dinosaures aurait plus exister en même temps que la faune et la flore qui existèrent lors des différentes ères glaciaires ?

Relevons l’existence de fossiles très anciens désignant des espèces tropicales qui n’ont pas pu vivre à l’ère glaciaire il y a 10000 à 20000 ans… Mais la Terre est vieille de plus de 4,6 milliards d’années, la datation radio-isotopique l’atteste.

Voila où il faut en venir, dans un aspect plus général : les pseudo-sciences et les idéologies religieuses conduisent toujours à des absurdités et à des contradictions absolument absurdes si on développe le raisonnement partisan jusqu’au bout. Une théorie scientifique doit être cohérente et réfutable, avec l’appui des faits.

Toute doctrine pseudo-scientifique, voire seulement religieuse, contient toujours au moins une contradiction. Ainsi, lorsqu’un problème d’incohérence survient, une doctrine quelconque ne peut pas prétendre être vraie. La contradiction implique la fausseté.

 

sciencevscreation
Sc-vs-Crea

© 2011 John Philip C. Manson

 

Définition de la science

Note de l’auteur (J. Ph. C. Manson), le 2 octobre 2012 :

  • j’atteste avoir soumis cet article dans le site Oodoc.com il y a un peu plus d’un an, mais il a été refusé car je l’avais posté sous un autre nom (sans le savoir, Oodoc avait cru à un plagiat). Mieux aurait valu que mon article ne fut pas dans mon blog et plutôt publié chez Oodoc afin d’éviter tout malentendu… Bof, ce n’est pas grave.
  • Mais après tout, devant l’enjeu que représente la science dans la société, je préfère cependant que mes textes soient librement gratuits et postés dans mon blog (ils sont néanmoins protégés par la loi sur le droit d’auteur et la propriété intellectuelle). Puis, de toute façon, j’avais patienté pendant plus d’une année avant qu’on me donne réponse pour la mise en ligne de deux de mes articles chez Oodoc, ce délai excessif me dissuade de renouveler l’envoi d’articles chez eux (ça ne regarde que ma propre opinion)…

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Définition de la Science

La scientificité

Définition de la science

La science et la méthode scientifique comme système fiable de connaissances.

Par John Philip Manson

Introduction

La science comme moyen de connaissances

La science est la connaissance relative des phénomènes obéissant à des lois et vérifiés par des méthodes expérimentales, au moyen de trois composantes : l’observation, l’expérimentation et les lois.

L’observation des faits, c’est l’étude des phénomènes. Elle se doit d’être la plus objective et la plus précise possible, et ne doit pas se laisser influencer par les émotions, les croyances, l’espoir ni par une possible explication conçue a priori, qui risquerait de la biaiser.

Les observations nécessitent souvent des instruments de mesure, cela aide énormément à la précision des grandeurs des données mesurées. Cette précision de la mesure est conditionnée par la notion d’erreur relative.

La réfutabilité (réfutationnisme)

L’expérimentation scientifique est un ensemble d’observations d’un phénomène reproductible, prédictible et réfutable.

Lorsque les phénomènes observés font apparaître des relations invariables entre certaines grandeurs mesurées, on pourra commencer à supposer l’existence de lois liant ces grandeurs entre elles.

L’objectif de la science est de trouver des lois les plus fondamentales possibles, et cela permet d’aller plus loin dans l’acquisition des connaissances scientifiques et de leurs applications.
Cependant, aucune loi ne pourra jamais être vérifiée, elle ne peut être qu’invalidée. Cette façon de raisonner peut paraître surprenante ; elle est cependant tellement importante qu’elle permet de définir le caractère scientifique d’une théorie.

Pourquoi une loi scientifique quelconque est-elle invérifiable ? La raison en est simple : un seul contre-exemple suffit à l’invalider définitivement, malgré ses succès antérieurs. Cette réfutabilité est la contrepartie de la rigueur scientifique. De nouvelles lois scientifiques, plus exactes, remplacent les lois réfutées.

Selon l’épistémologue Karl Popper, la réfutabilité définit même le caractère scientifique d’une théorie : il doit être possible d’imaginer des contre-exemples qui, s’ils étaient observés, invalideraient la théorie. Sans ce critère de réfutabilité, il n’y a pas de théorie scientifique, ni de lois, ni connaissances fiables.

À propos des pseudo-sciences

En outre, la science ne s’interroge pas sur le pourquoi, mais sur le comment des phénomènes. Le pourquoi appartient au domaine de la métaphysique et des croyances.

De plus, il ne faut guère confondre l’inexpliqué avec l’inexplicable, c’est souvent ce flou dans les définitions qui est exploité par les sectes et les pseudo-sciences.

Les pseudo-sciences fonctionnent à l’inverse de la science. Les pseudo-sciences s’autoproclament “scientifiques” sans utiliser la méthode scientifique, elles recensent les “mystères” et les témoignages ou anecdotes pour preuves. Elles s’appuient sur des mythes et des analogies pour preuves. Elles jouent sur la quantité et la variété des récits pour preuves. Elles ne se fient pas aux faits mais à l’émotionnel et au subjectif. Elles refusent la vérification, la réfutabilité, la critique et la révision. Elles formulent des discours vagues, évasifs et abscons pour rendre la critique caduque. Elles tentent d’expliquer un “phénomène” avant de s’assurer qu’il existe. Elles refusent de prouver la véracité de leurs “théories”. Les pseudo-sciences, et surtout les doctrines religieuses, s’appuient sur des dogmes arbitraires et figés qui prétendent à des vérités définitives qui n’évoluent pas.

Le tribut prélevé sur la crédulité humaine par les croyances irrationnelles dépasse de loin le montant du budget de la recherche scientifique.

Même la vulgarisation scientifique est parfois victime d’elle-même, en produisant des résultats opposés au but recherché, parce la vulgarisation trahit parfois avec maladresse la réalité scientifique, lorsque le public interprète des théories de façon erronée, biaisée ou inadaptée. Le seul remède est de la rigueur et de la clarté dans les définitions scientifiques élémentaires.

Les grandes théories scientifiques ne sont que des outils mathématiques provisoires, et ne peuvent donc pas constituer des modèles qui soient une représentation fidèle de la réalité que les scientifiques tentent de décrire.

S’imaginer que la science est une quête de la vérité relève du fantasme idéologique. La science transforme le monde plus qu’elle ne cherche à atteindre sa vérité. Une vérité scientifique n’est que ce qui est opérationnel. Qu’importe si la théorie de la gravitation, par exemple, est vraie, elle est ce que l’on a de mieux pour décrire les phénomènes et pour en tirer des applications. C’est l’essentiel.

La meilleure attitude scientifique est la volonté de comprendre ce qui nous entoure, et de douter de toutes les idées auxquelles nous prenons connaissance sans pour autant les rejeter. On doit adopter un certain recul par rapport à ce que l’on observe et surtout par rapport à nos propres interprétations des observations.


Définition de l’esprit critique : Attitude de la conscience qui n’accepte aucune assertion sans s’interroger sur sa valeur et qui tient une proposition pour vraie seulement quand elle a été établie. Avoir l’esprit critique, c’est analyser les données du problème et leur attribuer un rang de priorité pour le traitement. On se fait une idée de la valeur du résultat. On s’arrête en chemin pour évaluer sa façon de procéder, et on se demande si le résultat a du sens. On examine la démarche pour en faire ressortir les défauts et les qualités. Les états associés à l’esprit critique peuvent être l’analyse, l’appréciation, la discrimination, le discernement, l’évaluation, le jugement, la perspicacité, la réflexion. Les états contraires peuvent être la confusion, la contradiction, la crédulité, la discontinuité, l’incohérence, l’indifférence. Être honnête, c’est être critique envers soi-même et envers autrui. C’est indispensable et bien plus enviable que d’être crédible. Lorsqu’on est crédible , les gens ne font plus preuve d’esprit critique envers nos paroles… Or on peut se tromper, c’est dangereux. L’esprit critique est une démarche de mise en question des opinions et de leurs arguments, du vocabulaire utilisé, de la représentation du réel, de la source émettrice (personne, média, institution, expert, organisme…). Cette démarche peut permettre de les cerner, les distinguer, les situer par rapport aux débats, jusqu’à en démonter la logique. Ce qui est important c’est de ne pas sanctionner les erreurs, mais de les utiliser. Chacun doit être amené à construire et défendre ses propres opinions, de prendre conscience de la diversité des opinions et des sources d’information, puis de prendre conscience que l’argumentation est l’outil qui légitime l’opinion.


Présentation de la méthode scientifique : La méthode scientifique est une démarche rigoureuse et objective étudiant des phénomènes à partir d’un modèle théorique ou pour vérifier des hypothèses qui confirment ou infirment la théorie. Une théorie est un ensemble de conjectures qui ont été confirmées par la voie expérimentale. De simples conjectures ne sont pas une théorie, elles ne sont que des spéculations. Une théorie établit des liens logiques de causalité entre des faits observés que l’on décrit rationnellement au moyen des mathématiques. La science ne se réfère qu’aux faits, et la science ne prend pas en compte l’implication émotionnelle ou culturelle du scientifique. Chaque théorie scientifique est provisoire et les nouvelles théories ne sont que des approximations meilleures que celles qui les ont précédées. La convention première qui confère à une connaissance son caractère scientifique c’est qu’on puisse répéter, en quelque sorte, la découverte ; refaire l’observation, reprendre le raisonnement, confronter de nouveau les hypothèses aux faits. C’est-ce que nous appelons faire de la reproductibilité. Le phénomène unique observé par une unique personne ne peut donc être l’objet d’une connaissance scientifique : les croyances pseudo-scientifiques ainsi que les expériences mystiques individuelles à travers les différentes religions en sont deux exemples. Une théorie scientifique n’est pas seulement une formulation en des termes plus exacts du savoir déjà acquis, mais encore une stimulation à poser de nouvelles questions pour améliorer notre savoir. Un scientifique ne « croit » pas en la rationnalité ; il se sert de la rationnalité afin de confirmer ou infirmer les hypothèses.

Critères de la démarche scientifique :

  • Logique et validité des hypothèses : prémisses, preuves.


  •  Falsifiabilité (réfutabilité) : il existe une façon de prouver qu’une hypothèse est fausse.


  • Réplicabilité : l’expérience est reproductible


  • Exhaustivité : il existe d’autres explications, notamment plus simples, qui confortent l’hypothèse (application du rasoir d’Occam).

Les critères de la science

Les découvertes sont principalement éditées dans des journaux scientifiques avec comité de lecture scientifique, connus pour leurs normes rigoureuses et leurs standards d’honnêteté ainsi que leur souci d’exactitude.

Des résultats reproductibles sont exigés afin d’être évalués, les expériences doivent être décrites avec précision pour pouvoir être reproduites exactement ou améliorées.

Les sources d’erreurs, ou les erreurs elles-mêmes, font l’objet de recherches et sont étudiées sérieusement, parce que des théories incorrectes peuvent souvent faire des prédictions correctes par accident, mais aucune théorie incorrecte ne fera de prédictions justes.

Plus le temps passe et plus on en apprend au sujet des processus physiques étudiés.

La conviction n’est le fruit que de la preuve, d’arguments reposant sur un raisonnement logique et/ou mathématique. Lorsqu’une nouvelle preuve contredit des idées anciennes, ces dernières sont abandonnées.

La science ne soutient pas ou ne vend pas de produits ou de pratiques non éprouvés.

Les critères de la pseudo-science

La pseudo-science vise le grand public. Il n’y a pas de comité de lecture, pas de normes définies, pas de vérifications de prépublication, aucune exigence d’exactitude et de précision.

Les résultats ne peuvent pas être reproduits ou vérifiés. Les études, s’il y en a, sont toujours décrites si vaguement qu’il est impossible de comprendre ce qui a été fait et comment elles ont été faites.

Les erreurs ou les biais sont ignorés, excusés, cachés, considérés comme nuls, expliqués, rationalisés, oubliés, et évités à tout prix.

Aucun phénomène ou processus physique n’a été découvert ou étudié. Aucun progrès dans la connaissance.

La conviction est issue de la foi et de croyances. La pseudoscience est constituée d’éléments quasi-religieux grâce auxquels on essaye de convertir, pas de convaincre. Vous devez croire en dépit des faits, et non pas à cause d’eux. L’idée originelle n’est jamais abandonnée, quelques soient les éléments de preuve.

Elle gagne de l’argent en vendant des produits discutables et/ou des services pseudo-scientifiques.

Pour qu’une hypothèse puisse être considérée comme scientifique, il faut qu’elle remplisse certaines conditions élémentaires :

  • L’hypothèse doit être concise dans un langage mathématique, l’hypothèse étant prédictible celle-ci doit donc donner des prédictions quantitatives sur les données que l’ont soumettra à l’expérience. Si l’on prétend que la théorie de la relativité est fausse, il faut donc quantifier des données théoriques avec les résultats factuels issus de l’observation empirique pour faire une comparaison.


  • L’hypothèse doit être soumise à l’expérimentation ou à l’observation.


  • L’hypothèse doit être réfutable, c’est-à-dire qu’elle devra pouvoir être a priori réfutée par des moyens expérimentaux concevables.

Sans ces conditions élémentaires, une hypothèse ne peut pas être scientifique et ne reste qu’une spéculation dépourvue d’objectivité et donc dénuée de scientificité.


Des faits, des lois, des croyances

Le principe de réfutabilité en science implique donc qu’il existât des faits confrontés à une théorie susceptible d’être corroborée ou réfutée. L’histoire des sciences a montré que les hypothèses ne confortent pas toujours une théorie au long du temps, les hypothèses scientifiques pertinentes dans une théorie peuvent devenir complètement obsolètes, ou affinées, voire invalidées a posteriori.

Le principe de lois dans la Nature implique un présupposé de nos raisonnements et une exigence dans la méthode. Un loi scientifique est une généralisation d’une explication des faits à partir des observations et des mesures. Un ensemble de lois cohérentes et interdisciplinaires entre elles forment une théorie scientifique.
Une loi est une généralisation d’observations quantitatives de phénomènes, mais il suffit d’un seul contre-exemple pour invalider une généralisation d’un fait.

Quelques exemples de lois :

# La loi d’Archimède, selon laquelle tout corps matériel immergé dans un fluide subit une poussée opposée à son poids et qui est d’une force égale au poids du volume de fluide déplacé par ce corps. Cette loi est observable à travers des mesures au moyen d’un dynamomètre.

# La loi d’attraction universelle, de Sir Isaac Newton, selon laquelle les corps célestes exerce une force attractive entre eux proportionnellement au produit de leurs masses et inversement proportionnellement au carré de la distance qui les sépare.

# La loi de Kepler, qui est à peu près contemporaine à celle de Newton, selon laquelle le mouvement orbital des planètes d’un système héliocentrique balaient des aires de portions d’ellipse en des temps égaux.

# La loi d’Avogadro, selon laquelle des gaz différents, ayant la même température, la même pression et le même volume, ont la même quantité d’atomes ou de molécules.

Un fait scientifique, c’est un ensemble d’observations ou d’expérimentations qui conduit à des mesures quantitatives et reproductibles qui permettent la découverte de lois. Par exemple, l’accélération de la pesanteur terrestre, qui vaut 9,81 m/s². Ou encore la célérité de la lumière dans le vide, qui vaut 299 792 458 m/s. Un critère est très important dans les données quantitatives : la marge d’incertitude. En physique, les mesures ne sont pas exactes par nature, mais sont soumises à une incertitude liée à la précision des instruments de mesure, contrairement à l’abstraction des nombres des mathématiques qui parlent de milliards de décimales exactes du nombre π par exemple.

Une croyance se nourrit d’analogies, de symbolisme, de mysticisme, souvent à travers beaucoup de contradictions. Une croyance reste indifférente au principe de causalité. Il faut savoir qu’une hypothèse scientifique objective se distingue d’une opinion subjective.
Un exemple de croyance, obsolète aujourd’hui, est celui de la Terre plate. Pourquoi cette croyance n’est-elle pas pertinente factuellement ? Les expériences de sismologie démontrent que la Terre est pleine, selon la façon dont les ondes sismiques se propagent dans les profondeurs terrestres. Si la Terre était plate, il n’y aurait pas de saisons, il n’y aurait pas de latitudes comme celles des tropiques. Une platitude impliquerait une surface terrestre infinie, sauf si l’on imagine des bords qui marquent une limite ; la platitude impliquerait aussi une masse terrestre infinie, sauf si la profondeur du sol terrestre est limitée. Un système de croyances, comme celui de la platitude terrestre, produit beaucoup plus de contradictions que ne le permettrait une théorie scientifique cohérente.

Dans le cadre de théories scientifiques pertinentes et cohérentes, on choisit la plus simple d’entre elles. Le rasoir d’Occam est le principe de parcimonie. En science, on ne multiplie pas inutilement les explications, on ne se réserve qu’à des aspects strictement nécessaires qui font la base de la théorie scientifique.

Pour résumer simplement la méthode scientifique, voici le schéma suivant :

– observations de phénomènes naturels
– formulation d’une hypothèse
– test de l’hypothèse avec des expériences rigoureuses
– si l’hypothèse n’est pas valable, on modifie l’hypothèse et on refait des expériences
– ensuite on essaie de valider la théorie en la confrontant aux résultats

Pour résumer la méthode des “marchands de certitudes” qui déguise les croyances en science :

– fabrication d’une théorie conforme à des intérêts ou à des croyances
– montage d’une expérience minimale (ou même aucune expérience) pour suggérer que la théorie est exacte
– publication hors du circuit de validation de l’information scientifique, et présentation de l’hypothèse comme théorie
– modification de la théorie pour la coller aux données
– défense de la théorie contre toutes les preuves contraires

Test simple de questionnement critique sur la scientificité d’un concept :
s’il n’est pas possible de concevoir une quelconque réfutation de celui-ci, c’est que le concept n’est pas réfutable, et il est donc dépourvu de scientificité.

Exemple : est-il possible a priori de réfuter empiriquement une hypothèse qui décrit l’état de l’univers à une époque ayant précédé le Big Bang ?

© 2011 John Philip C. Manson