Des incendies de forêt dus au réchauffement climatique ?

 

Un rare feu de forêt a touché samedi après-midi la forêt de Saint-Amand dans le département du Nord, brûlant cinq hectares de végétation.

Mais quelqu’un a osé affirmer que cet d’incendie est causé par le réchauffement climatique.

Je cite : « Avec le réchauffement climatique, les feux de forêt sont en train de monter sur le territoire : avant c’était une spécificité du bassin méditerranéen et de Bordeaux », « Depuis une dizaine d’années, des feux de forêts commencent à devenir important en Bretagne et dans le Centre, nous on est de temps en temps confronté à ce type d’intervention qui demande une formation spécifique. »

Je fronce les sourcils… Le réchauffement climatique s’étale sur des décennies voire des siècles, il n’est pas un changement instantané.

J’examine alors le bulletin météo du samedi 12 mai 2018 de l’après-midi :

Dans le Nord, au moment de l’incendie, la température maximum n’est que de 19°C, et en plus, il pleuvait… Trop froid pour provoquer un départ naturel d’incendie. Il est cependant possible que la forêt ait connu une sécheresse prolongée avant la survenue des précipitations le jour J mais les conditions thermiques et hygrométriques n’étaient pas propices à l’inflammation naturelle spontanée du bois. Le risque d’incendie de forêt est accru au-delà d’une température locale de 30°C, et un vent fort aggrave l’incendie. Mais là ces conditions n’étaient pas réunies (19°C, vent faible de 11 km/h).

A t-on pris en compte d’autres causes d’incendie plus crédibles ? Comme la foudre, ou les négligences (une cigarette jetée dans la forêt, ou le brûlage d’ordures déposées, ou un barbecue et campement illicites en forêt, par exemple) ou l’incendie criminel (pyromanie), ou bien les feux agricoles ? En effet, la piste humaine est plus crédible : cette forêt est très prisée des Nordistes le week-end, dans une région fortement urbanisée. Mais attribuer l’incendie directement et systématiquement au réchauffement climatique, ce n’est pas convainquant.

Un incendie causé par le réchauffement climatique ? Le réchauffement climatique augmente certes la probabilité de sécheresse, avec des départs possibles d’incendie naturels par temps très chaud et venteux, ce qui n’est pas du tout le cas là. On nous prend clairement pour des imbéciles…

 

 

 

 

 

© 2018 John Philip C. Manson

 

Les inondations en France en juin 2016 sont-elles dues au réchauffement climatique ?

Selon le président de la République, François Hollande, les fortes pluies et les inondations montrent l’importance de lutter contre le réchauffement climatique.

Oui il faut lutter contre le réchauffement climatique dans la mesure du possible.Mais le lien entre le réchauffement climatique et les inondations qui saccagent la France en juin 2016 n’est pas démontré.

Au cours du 20e siècle, la Seine connut plusieurs crues : en 1910, en 1924, en 1945, en 1954 et 1955, et en 1982.

Mais ce que les médias ne soulignent pas, c’est que les inondations et les crues, même en France et pas seulement dans les pays tropicaux, ont toujours existé.

  • L’Histoire de France révèle que la Seine a eu des crues en 583 (sous le règne de Chilpéric, roi franc mérovingien), qui fut la première crue mentionnée touchant Paris et les communes au bord du fleuve. En 1658 (sous le règne de Louis XIV), ce fut la plus haute crue connue (39 cm de plus qu’en 1910), ce fut une crue grave car le pont Marie fut emporté par le fleuve. En 1740 (sous le règne de Louis XV), une crue de la Seine fut mémorable. En 1876 (au début de la 3e République), toutes les îles de la Seine furent inondées. Bref, avant l’ère industrielle, ces crues existaient déjà et ne sont pas dues au réchauffement climatique.

 

  • En 1910, la hauteur de la crue a atteint son maximum avec 24,30 mètres à Andrésy.
    Depuis l’aménagement de la Seine en amont de Paris, les crues de 1945, 1954 et 1955 furent modérées.

En 2016, il ne faut pas se fier à la hauteur de la crue au niveau de la statue du zouave du pont de l’Alma, car les médias ne souligne pas (encore !) un détail qui a son importance : de 1970 à 1974, le pont de l’Alma (construit en 1856) fut reconstruit du fait de l’étroitesse et du tassement du pont d’origine, ce qui redéfinit le véritable niveau des eaux lors des crues postérieures aux années 1970…

Les crues ont toujours existé. N’oubliez pas les crues du Nil, utilisées par les Égyptiens de l’Antiquité, pour l’agriculture. Voir ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nil#Le_r.C3.B4le_du_Nil_dans_la_fondation_de_la_civilisation_.C3.A9gyptienne

 

John Philip C. Manson

 

Lazarus

Vu sur Twitter, via Lazarus :

dracula

Dans un siècle, on rira (ou on se fâchera) à propos de la surenchère actuelle du réchauffement climatique par les médias…

 

Je recommande la lecture du livre d’André Legendre, dont le titre est « L’homme est-il responsable du réchauffement climatique ? », éditions EDP Sciences. Je retrouve par calculs les mêmes conclusions que cet auteur, son livre est assez sérieux. Si l’auteur se trompait, je n’aurais pas manqué d’en faire la critique. Page 122, vous devriez voir par exemple le nombre de stations météorologiques (dans le monde) qui évaluent le climat (environ 2000 seulement…). Et page 124, concernant l’îlot de chaleur urbain…

 

© 2014 John Philip C. Manson

 

 

Les roux menacés d’extinction à cause du réchauffement climatique ?

Article mis à jour le 21 juillet 2014

 

On ne critiquera jamais assez l’impact des médias sur le public.

Je vais montrer comment on fait pour débusquer des infos bidons sur Google. Une des phrases introductrices les plus fréquentes dans le journalisme est la suivante : «Selon une étude» ou «D’après une étude». Car pour les journalistes, citer une étude soi-disant scientifique, ça fait toujours vachement plus sérieux à montrer aux lecteurs afin de mieux les hameçonner.

Dans Google, je tape la recherche suivante :  « (selon|d’après) une étude ».

J’explore les résultats de Google, et je tombe sur des pages ayant ce titre : «Les roux en voix d’extinction» ou «Les roux menacés par le réchauffement climatique». Voila un titre suspect. Je vous l’annonce dès maintenant : c’est de la désinformation. Les médias britanniques semblent promouvoir ce genre d’inepties, et le reste des médias répandent ces salades sans rien vérifier…

Nous savons un fait de base : le réchauffement climatique est une réalité. Mais certains médias peuvent néanmoins raconter des conneries sur ce thème.

Voici quelques articles sur le sujet :

La déontologie du journalisme met en exergue le devoir de vérité et le devoir de rectifier les infos quand elles sont inexactes. Le journalisme doit s’abstenir de sensationnalisme et de rester critique.

En quoi le danger d’extinction des personnes rousses est-il peu crédible ?

Dans la théorie de l’évolution des espèces, il y a transmission des gènes à une descendance quand un individu est parvenu à l’âge de procréer et d’avoir une descendance. Il n’y a pas de transmission de gène, donc aucune descendance, lorsque l’individu est mort prématurément avant d’avoir pu procréer.

La menace réelle à laquelle les roux s’exposent, c’est le rayonnement du soleil. Le rayonnement UV accroît les risques de cancer de la peau. Moi-même j’ai une peau très claire et je fais gaffe au soleil car j’ai eu autrefois des coups de soleil, et ça c’est vraiment mauvais…

Donc si les roux périssaient prématurément de cancers cutanés, ils n’assureraient plus leur descendance, et ne pourraient donc pas transmettre le gène de la rousseur.

La rousseur se manifeste chez les humains possédant deux exemplaires d’un gène récessif sur le chromosome 16, qui provoque une mutation de la protéine MC1R. La rousseur varie du bordeaux à l’orange vif, en passant par la couleur cuivrée. Elle est caractérisée par de fortes concentrations du pigment roux phéomélanine et des concentrations assez faibles du pigment sombre eumélanine. La rousseur est associée à une couleur pâle de la peau, une couleur des yeux plus claire (yeux gris, bleus, verts et bruns), des taches de rousseur, ainsi qu’une sensibilité aux rayonnements ultraviolets.

Mais voila ce qui cloche : le réchauffement climatique n’est pas une accélération soudaine de l’activité solaire, le réchauffement climatique est causé par les gaz à effet de serre qui retiennent la chaleur. Pour être clair, le réchauffement climatique ne va pas frapper exclusivement les roux pour les faire mourir et les empêcher d’avoir une descendance…

Depuis la fin de la dernière ère glaciaire il y a plusieurs millénaires, le réchauffement climatique naturel qui s’est ensuivi n’a pas provoqué la disparition des roux. Les roux représentent actuellement approximativement 1% à 2% de la population humaine, soit environ 70 à 140 millions d’individus roux.

L’idée selon laquelle les roux seraient menacés par le réchauffement climatique montre que l’auteur de cette idée ne connaît pas bien les mécanismes du réchauffement climatique. Il ne faut pas confondre en effet le RC, le rayonnement solaire et le trou dans l’ozone.

Et l’idée selon laquelle le gène des roux serait menacé montre une méconnaissance de la théorie de l’évolution…

Donc là on a vu le manque de crédibilité des allégations sur les roux. On va se renseigner maintenant sur l’origine de la diffusion de l’info… euh… de l’intox plutôt. Pour cela, on fait un petit tour sur le Wikipedia anglophone qui, fort souvent, est mieux documenté que le Wikipedia francophone qui reste un peu trop brouillon.

Voila ce que j’ai trouvé, c’est intéressant, je l’ai traduit depuis l’anglais :

L’auteur (A. Moffat) qui a initié l’info selon laquelle les roux sont menacés par le RC est le chef exécutif de la compagnie BritainsDNA, qui fait des analyses génétiques de l’ADN mitochondrial et de l’ADN chromosomique du chromosome Y de clients qui sont intéressés par leur ascendance. L’auteur a notamment déclaré des choses inexactes : eue la société ait découvert le « petit-fils » d’Ève, et que 97% des hommes nommés Cohen ont un marqueur génétique commun. Ces déclarations ont été par la suite rétractées par le scientifique en chef de BritainsDNA. Dans le même temps, deux généticiens de l’University College de Londres, David Balding, et Mark Thomas, ainsi que d’autres collègues d’UCL, se sont attaqués à ces deux déclarations et aux entreprises de génétique ancestrale générale. Thomas en particulier a suggéré que l’ensemble du champ d’interprétation de la phylogéographie, sur laquelle est fondé beaucoup de ces tests génétiques, n’a aucune base scientifique et est un peu plus que l’astrologie génétique. Cependant, Martin Richards, professeur d’archéogénétique à l’Université de Huddersfield, et Vincent Macaulay, lecteur de statistiques de l’Université de Glasgow, ont contesté ces allégations.

Peu de temps après l’interview sur le BBC Today Programme, Balding et Thomas ont écrit une série de courriels à Moffat et ses partenaires d’affaires. Le contenu des messages n’a jamais été publié et est contesté entre les différentes parties. Cependant, il est connu que Moffat a écrit au recteur de l’UCL à tenter d’obtenir Thomas et Balding se rétracter les observations faites dans ces communications et que Moffat a publié une menace de poursuivre en justice si elles ont été répétées. Balding et Thomas ont allégué que ces menaces ont été faites pour faire taire leurs critiques sous-jacentes de la science. Moffat et ses partenaires d’affaires affirment que Thomas et Balding font une série de commentaires très diffamatoires sans que cela ne nuisait à leur liberté académique.

 

Source : http://en.wikipedia.org/wiki/Alistair_Moffat

Autres constats intéressants :

  • Britains DNA est-il un organisme de recherche scientifique sur la génétique ? Non, c’est un groupe de sociétés commerciales qui fournissent des tests ADN d’ascendance.
  • L’auteur à l’origine de l’intox sur les roux menacés par le RC est-il généticien ? Je ne le sais pas. Mais ce que j’ai trouvé, c’est qu’il est écrivain, journaliste, et serait diplômé en Histoire médiévale à l’Université de St Andrews, université dans laquelle il est devenu recteur…
  • Les roux menacés par le RC, une découverte scientifique ? Non, c’est du marketing et de la pub…
  • «Ève» fait référence à la première femme biblique… Utiliser ce mythe est inapproprié en science.
  • En ce qui concerne l’ascendance Cohen, par exemple, il ne faut pas oublier que la pratique d’une religion est un fait culturel et social, et non un fait exclusivement génétique. Un croyant qui devient athée, par exemple, ce n’est pas dû à une mutation génétique, mais à un choix. La génétique n’explique pas tout, par exemple nous ignorons s’il existe un gène « gay » spécifiquement lié à l’orientation sexuelle.

 

Alors, pourquoi beaucoup de médias relaient l’intox selon laquelle le réchauffement climatique nuirait aux roux ? Ils n’évaluent pas les sources… Puis ça les arrange bien de vendre du vent.

Peu de journalistes émettent un point de vue critique, et parmi eux, le journal Le Point reprend le même titre, mais sous le mode négatif : http://www.lepoint.fr/environnement/non-les-roux-ne-vont-pas-disparaitre-a-cause-du-changement-climatique-09-07-2014-1844817_1927.php

En sous-titre dans l’article du Point : «Les généticiens ne savent pas s’ils doivent rire ou pleurer de cette hypothèse « scientifique » relayée par le journal britannique « The Independent« ».
On a déjà vu nombre d’âneries sur les conséquences possibles d’un réchauffement climatique, on a déjà atteint le summum de la bêtise. Certains journalistes déforment beaucoup ce que disent les spécialistes en climatologie, allant même jusqu’à inventer des « découvertes ». À force de prendre les lecteurs pour des crédules, cela finit plutôt par les rendre méfiants et agacés.

La disparition du gène roux ? Foutaises ! Les femmes rousses sont si jolies, la rousseur c’est ce que je préfère chez une femme. Les hommes ne se lasseront jamais de courtiser les rousses. Dans ce contexte de séduction et de fascination, le gène roux ne risque pas de disparaître…  😉

 

Attention, c’est assez cru ci-dessous. 😉

Au fait, saviez-vous qu’à force de croire trop de bêtises, le cerveau se liquéfiait peu à peu ? Chaque fois qu’on croit une ânerie, le cerveau se met à fondre de façon irréversible, ça dégouline par les narines, la bouche et les oreilles. Certains malades qui sont atteints de ce mal ont même pris la précaution de s’enfoncer un bouchon de champagne dans leur postérieur… Vous m’avez crû ? Ah ah ah. Attention, vous avez le nez qui coule… ou la queue qui pleure…

 

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Mise à jour du 21/07/2014 :

 

Vu dans un magazine TV :

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Une journaliste a parlé de cette pseudo-découverte qu’est la disparition des roux à cause du réchauffement climatique.

«Si l’on en croit des «chasseurs» écossais» ? Des chercheurs plutôt, non ? Puis leur institut n’est pas un organisme de recherche mais une société commerciale qui vend un service (analyse génétique).

Avant de relayer une info, mieux vaut évaluer sa véracité d’abord…

 

 

 

 

© 2014 John Philip C. Manson

Sur le consensus scientifique

Page intéressante. Elle dresse une liste de découvertes qui contredisent les croyances et les suppositions de leurs époques respectives.

Dans cette page, tout ce qui est décrit sur l’historique de la Terre plate, le géocentrisme, la théorie de l’évolution, la dérive des continents, le Big Bang et l’ère glaciaire est authentique.

Mais petit bémol : dans la terminologie du mot «ère glaciaire», c’est plus adapté pour l’ère glaciaire de Würm il y a 20000 ans, car concernant le vingtième siècle, quelques décennies ne définissent pas un climat planétaire. Un climat global, c’est sur une échelle de millénaires et de millions d’années.

Ensuite, au paragraphe sur E=MC², il est exact de dire que rien ne peut aller plus vite que la lumière, c’est le postulat de la théorie de la relativité, et la vitesse de la lumière a été fixée comme constante fondamentale en 1983 afin de définir le mètre à partir de l’unité du temps (la seconde). Cependant, quand l’auteur dit que certains scientifiques (lesquels ?) pensent avoir trouvé des particules (les tachyons ?) qui briseraient cette limite qu’est la célérité et qu’un autre (Alcubierre) prétend avoir trouvé une façon de voyager plus vite que la lumière. Pour rappel : les tachyons sont hypothétiques, l’espace-temps plissé d’Alcubierre (warp-driving) est hypothétique lui aussi. Les voyages interstellaires à très grande vitesse pourrait être un rêve impossible à réaliser : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/03/12/de-limpossibilite-des-voyages-interstellaires-a-la-vitesse-de-la-lumiere/ Mais cela ne veut pas dire que les sceptiques affirment que les voyages supraluminiques n’existe pas. Cela veut dire qu’on ne peut pas savoir si c’est valide ou faux tant que des expériences n’auront pas été réalisées. On attend juste des preuves. Chaque découverte scientifique a été imprédictible  jusqu’au moment de ladite découverte. On ne sait pas ce que réservent les découvertes futures, rien ne penche en faveur d’une opinion ni d’une autre. On ne sait pas quand se fera une découverte scientifique, ni ce que sera la découverte scientifique. La méthode scientifique s’est consolidée seulement au vingtième siècle, grâce à Karl Popper qui a contribué à une avancée majeure, par le critère de réfutabilité. Avant Popper, la science était érigée en un système arbitraire de la vérité. On croyait auparavant que la science était la quête et la collection de vérités immuables et irréfutables. Le critère de réfutabilité a révolutionné la science moderne : les théories sont des représentations faillibles de la réalité, les théories sont (au mieux) crédibles mais elles ne sont pas LA réalité. La réfutabilité établit la faillibilité des connaissances. Nous ne savons rien de la réalité, nous n’avons que des modèles scientifiques, donc faillibles et réfutables. La science moderne, depuis Popper, ne construit pas des vérités, mais procède par élimination des hypothèses fausses quand celles-ci ont été réfutées à travers des observations ou des expériences. Une hypothèse est dite réfutable si elle a la potentialité d’être invalidée si ladite hypothèse est fausse, et une expérience scientifique doit donc permettre cette possibilité de pouvoir dire si l’hypothèse colle avec les faits OU si elle contredit les faits. Quand une hypothèse ne peut pas être testée, que l’on ne peut pas répondre par oui (ça colle) ou non (ça contredit), alors l’hypothèse n’est pas scientifique.

Voici une citation qui résume bien ce qu’est la science moderne grâce au critère de réfutabilité :

  • « La qualité d’une expérience se mesure au nombre de théories qu’elle fait tomber. » (d’après un professeur à Polytechnique et chercheur au CNRS)

Ensuite, à propos du paragraphe sur le multivers, il faut souligner que ce sujet pose un problème épistémologique. Avant Karl Popper, la science était scientiste, elle érigeait des découvertes (ainsi que les suppositions) en vérités définitives. Les grecs antiques, eux, se basaient généralement sur des concepts, pas sur des lois de la physique, à part quelques esprits scientifiques comme Ératosthène et Hipparque et d’autres. Que dit la science moderne ? La science se base sur la réfutabilité : une hypothèse doit pouvoir être testée expérimentalement ou via des observations, afin de l’infirmer si elle est fausse. Peut-on faire une observation ou une expérience pour observer des univers parallèles ? Apparemment, non. L’hypothèse des multivers est-elle scientifique ? La question vaut d’être posée. Je n’affirme pas que le multivers n’existe pas ni qu’il existe. Le multivers semble être une hypothèse qui ne peut pas être testée. On ne peut pas prouver qu’une hypothèse est fausse si on n’a pas la possibilité de faire une observation permettant la réfutation de l’hypothèse si celle-ci est fausse. En dehors du cadre de la science, on entre dans le domaine de la métaphysique. https://jpcmanson.wordpress.com/2013/03/19/les-univers-alternatifs-quest-ce-que-cest/

Ensuite, en ce qui concerne le voyage dans le temps, c’est possible d’après la théorie de la relativité, mais seulement pour aller vers le futur. Les satellites GPS ont un retard de quelques milliardièmes de seconde par rapport à nous : plus on se déplace vite par rapport à un référentiel, plus notre horloge retarde par rapport à celle du référentiel. Le voyage vers le passé pourrait être impossible à cause des paradoxes temporels. Mais on ne peut rien dire de concret tant qu’on n’a pas de réponse via des expériences.

Ensuite, l’auteur dit ceci, je cite : «Un consensus scientifique ça n’existe pas ! Les scientifiques sont constamment en train de mettre à l’épreuve une théorie. Chaque tentative qui n’est pas confirmée sert à renforcer la théorie originale, jusqu’à ce qu’on en trouve une qui arrive à la contredire.»  C’est exact. Je rajouterai cependant ceci : il suffit d’un seul contre-exemple factuel pour invalider complètement une hypothèse, voire une théorie entière.

Ensuite, les arguments sur la climatologie sont à nuancer. La température moyenne globale s’est bien élevée de 0,6°C sur les 100 dernières années, le réchauffement est une réalité, mais il n’est pas homogène, et il y a des choses à éclaircir. Pour résumer, le réchauffement climatique est une réalité, mais sa médiatisation comporte certaines maladresses et contre-vérités. On veut nous inoculer des certitudes, alors qu’il existe un certain nombre d’incertitudes. Il faut de la transparence, de l’intégrité intellectuelle par rapport aux faits, en totale indépendance de toute influence politique et de celle de groupes de pression comme les ONG. Il faut une démarcation entre ce qui est factuel, et ce qui est faux, en totale objectivité.

Il est difficile d’analyser tout ce qui se dit en climatologie. Mais je peux dire qu’il existe des failles. Celles-ci ne remettent pas en question la réalité du réchauffement climatique, mais la façade est quelque peu maquillée. Le journalisme met des titres racoleurs et alarmistes, la peur fait vendre, c’est une recette qui marche…

Articles internes :

L’objectif n’est pas de nier en bloc le réchauffement climatique parce que l’on n’y croit pas. L’enjeu, c’est de démêler le vrai du faux, il faut un dépoussiérage (au plumeau ou au kärcher ?).

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Suite ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/04/17/sur-le-consensus-scientifique-suite-via-facebook/

 

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Les théories scientifiques c’est comme les lasagnes au «bœuf» : c’est faillible, donc il faut analyser.

© 2013 John Philip C. Manson

Les poissons rétréciront-ils de 25% à cause du réchauffement climatique ?

  • Vu dans un magazine TV (TP n°2461 de la semaine du 13 au 19 avril 2013 :

poissons-eauchaude

Analyse du texte de l’image :

  • «D’ici à 2050, les poissons pourraient perdre un quart de leur poids actuel» à cause de l’augmentation des températures faisant diminuer la teneur en oxygène dans l’eau. Il ne s’agit pas d’une observation, mais d’une prédiction marquée par l’emploi du conditionnel. Donc il s’agit d’une hypothèse, pas d’une connaissance établie. Je trouve que, de plus en plus, la vulgarisation scientifique se réduit à remplacer les connaissances par des hypothèses déguisées en vérités : on remarque ici l’emploi du conditionnel (« les poissons pourraient« ), et la suggestion est suivie de l’emploi du futur présenté comme une certitude (« ce qui aura pour conséquence »). Je récuse ce genre de procédé sémantique…
  • Le taux en oxygène dans l’eau baisse effectivement avec l’élévation de la température de l’eau. D’autres causes sont néanmoins possibles, dont la surpêche.
  • L’activité piscicole influe sur la taille (et donc le poids) des poissons : par exemple, un banc de sardines dans une région sans pêche se caractérise par des sardines pouvant atteindre 17,5 cm de longueur (http://fr.wikipedia.org/wiki/Sardine#Reproduction), tandis qu’une pêche réglementée sur un banc de sardines se caractérisera par des sardines dont la longueur exploitable doit être au-moins de 11 cm. (http://ycaa.assoc.pagespro-orange.fr/concours/poistaille.htm). Ainsi, dans le cas de la sardine commune, le fait de passer de la non-pêche à la pêche fait diminuer la longueur des sardines jusqu’à environ 37%, ce qui suggère une baisse du poids presque équivalente. Indépendamment de toute variation de température, la pêche (et surtout la surpêche par braconnage) à elle seule peut avoir une influence majeure sur la longueur et le poids des poissons.
  • Autre exemple, avec le merlu (également appelé colin) : ce poisson a une longueur de 30 à 110 cm en l’absence de pêche. Et la longueur réglementaire de pêche est de 27 cm pour le merlu commun. Passer de la non-pêche à la pêche a pour conséquence une diminution de la longueur du merlu de 10% à 75%… Idem pour le poids.
  • Un type de braconnage, la pêche électrique, est une technique abusive qui a un impact écologique nocif : la pêche électrique augmente la mortalité des embryons de poissons et des poissons juvéniles, et provoque aussi un retard de croissance. (http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%AAche_%C3%A9lectrique#Risques_et_impacts_.C3.A9cologiques)
  • Dans un autre contexte, les insectes pollinisateurs continuent de mourir à cause des pesticides, parce que l’Union européenne a décidé de ne pas interdire les pesticides. Les empoisonneurs continuent de tuer les abeilles dans l’impunité… (http://www.24heures.ch/monde/europe/L-UE–ninterdira-pas-les-pesticides-nocifs-aux-abeilles/story/11975571)  C’est dégueulasse…

 

En climatologie, il y a souvent anguille sous roche, et ça finit en queue de poisson… d’avril ? Les experts essaient de noyer le poisson. Bof, je suis comme un poisson dans l’eau. Bon je me tais, sinon je vais me faire engueuler comme du poisson pourri.

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Article intéressant de Wikipedia : atmosphère de Mars

  • Cet article du 11 juillet 2011, issu de mon ancien blog disparu, est restauré ici le 30 janvier 2013.

Voici la copie en images d’une section intéressante de l’article de Wikipedia : atmosphère de Mars.

marsclimatechange

marsclimatechange2

Hypothèse selon le raisonnement par l’absurde :

  • Puisqu’il n’y a pas encore d’hommes sur Mars actuellement, alors d’après vous, c’est fou ce que les martiens peuvent brûler comme pétrole, non ?  iconlol
  • Un réchauffement climatique martien avec une atmosphère ténue de 6 millibars (en moyenne) et composée déjà à 98% de CO2, l’hypothèse du CO2 n’est pas crédible (que ce soit du CO2 anthropique ou du CO2 dû aux martiens) iconlol
  • Puisque Mars se réchauffe selon des causes qui ne sont pas anthropiques, ne devrait-on pas remettre en question l’hypothèse de l’effet de serre des gaz à effet de serre anthropique ? J’emploie le mot hypothèse car entendre affirmer qu’il y a 90% de chances que l’homme soit la cause de l’effet de serre sur Terre ce n’est pas une certitude scientifique c’est seulement une hypothèse statistique qui nécessite un approfondissement.

Il convient néanmoins d’être prudent. J’examinerai soigneusement les sources de l’article de Wikipedia, mais je déclare toutefois que les sites utilisés comme sources sont fiables, dont celui de la Nasa.

Le cas de Mars illustre bien que le réchauffement climatique peut avoir d’autres causes que celle d’un effet de serre d’origine humaine. La question à se poser : et si le climat n’était pas de la faute de l’homme ? Il existe cependant de nombreux autres problèmes qui accablent l’humanité car la responsabilité de l’homme est avérée : l’emploi des pesticides qui a des effets très graves sur les insectes pollinisateurs, l’invasion des déchets en plastique partout (dans la mer notamment), et d’autres choses.

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Addendum du 16 juillet 2011 :

Un dossier complet pourrait être réalisé sur la planète Mars dans ce blog, mais ça risque de prendre beaucoup de temps. Les sources les plus intéressantes sont anglophones.

Voici un lien francophone :

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/univers/d/mars-son-atmosphere-se-rechauffe-aussi_10658/
Voici un exemple que j’ai traduit en français :  http://www.timesonline.co.uk/tol/news/uk/article1720024.ece  (voir ci-dessous)
Article du The Sunday Times

29 avril 2007

Climate change hits Mars / Le changement climatique frappe Mars

 

Mars est en train d’être frappé par un changement climatique rapide et il se passe tellement vite que la planète rouge pourrait perdre sa calotte glaciaire sud, écrit Jonathan Leake.

Des scientifiques de la Nasa disent que Mars s’est réchauffée d’environ 0,5°C depuis les années 1970.  Cela est similaire au réchauffement expérimentés sur la Terre pendant environ la même période.

Comme il n’y a pas de vie connue sur Mars il suggère que des changements rapides dans les climats planétaires pourraient être des phénomènes naturels.

Le mécanisme à l’œuvre sur Mars semble, toutefois, être différent de celui sur Terre. Un des chercheurs, Lori Fenton, pense que des variations dans le rayonnement et la température sur la surface de la planète rouge génèrent des vents forts.

 

 

Liens Internet connexes

Dans un article publié dans la revue Nature, il est suggéré que de tels vents peuvent attiser les tempêtes de poussière géante, piégeant la chaleur et d’élever la température de la planète.

L’équipe de Fenton a déterré des cartes thermiques de la surface martienne de la mission Viking de la NASA dans les années 1970 et les a comparées avec des cartes rassemblées plus de deux décennies plus tard par Mars Global Surveyor. Ils ont trouvé qu’il y avait eu des changements très étendus, avec quelques zones de plus en plus sombres.

Quand une surface s’assombrit elle absorbe plus de chaleur, éventuellement en rayonnant de la chaleur en retour pour réchauffer l’atmosphère ténue de Mars : des surfaces plus lumineuses ont l’effet inverse. Les différences de température entre les deux sont soupçonnées de remuer des vents et la poussière, la création d’un cycle qui est le réchauffement de la planète.

En date du 16 juillet 2011, il existe une documentation anglophone intéressante à ce sujet. D’autres addenda suivront pour compléter ce présent article.

Addendum du 18 juillet 2011 :

L’une des sources de l’article de Wikipedia est ce lien : http://www.canada.com/nationalpost/story.html?id=edae9952-3c3e-47ba-913f-7359a5c7f723&k=0

Il y est écrit ceci :

«Mars connaît un réchauffement climatique, mais sans effet de serre et sans la participation des Martiens. Ces réchauffements globaux parallèles — observées simultanément sur Mars et sur Terre — ne peuvent être qu’une conséquence directe du même facteur : un changement de longue date dans le rayonnement solaire. »

Voici ce que l’on trouve dans le web anglophone :

http://www.sciencedaily.com/releases/2007/05/070527101114.htm

ScienceDaily (28 mai 2007) – Depuis les 30 dernières années, les scientifiques de la NASA ont utilisé l’équipement de haute technologie par satellite pour étudier les caractéristiques de la surface de Mars. Il apparaît un léger changement dans l’éclat de la surface de la planète ayant causé une hausse de sa température.

Plus loin dans l’article, on peut lire ça : « En particulier, la légère augmentation de la température de l’air en surface est similaire aux variations climatiques vus sur Terre, même si les processus impliqués sont très différents, a ajouté Fenton. »

On peut retrouver un article sur ce sujet ici : http://www.nasa.gov/centers/ames/research/2007/marswarming_prt.htm
Ici : http://www.nature.com/news/2007/070402/full/070402-5.html l’on peut lire ceci :

Publié le 4/04/2007 sur Nature

Mars se réchauffe

 

Les tempêtes de poussière et les roches sombres font que la planète rouge se réchauffe. Mars devient plus chaude. Les mesures de la luminosité de surface de la planète Mars montrent que le thermomètre a augmenté d’environ 0,65 °C en moyenne en quelques décennies.

© 2011 John Philip Manson

Courte analyse d’un article d’un magazine de 2007

Voici en image un court article du magazine S&A de mai 2007, page 60 :

chauffer_au_bois

En résumé, d’après l’article de S&A, pour 4 mètres cubes de bois, ce serait équivalent à 1 tep (tonne-équivalent pétrole) et à 2 tonnes de CO2.

Avec une densité moyenne de 0,6 (plus ou moins 0,1) par rapport à l’eau, un volume de 4 m³ de bois pèse 2,4 tonnes ± 400 kg. Or d’après le Conseil Mondial de L’Énergie : 1 tonne de bois équivaut à 0,3215 tep, c’est-à-dire que les 4 m³ de rondins de bois sont équivalents à 0,77 tep ± 0,13 tep.

Sachant que 1 tep équivaut à 41,868 GJ, soient à 11630 kWh (donc 11,63 MWh, alors le rapport massique en CO2 par kWh est le suivant : 2000000÷11630 = 171,97 g de CO2 par kWh thermique. En réalité, c’est un peu plus de 2 tonnes de CO2 pour 1 tep (peut-être 17% de plus, soit aux alentours de 2,34 tonnes de CO2).

Autre vérification : la chaleur de combustion est de 15 MJ en moyenne par kg de bois. Soit 36000 MJ (ou 36 GJ ± 6) pour 2,4 tonnes de bois (donc 4 m³). On est donc bien en-dessous d’une tonne-équivalent pétrole (41,868 GJ) : c’est-à-dire 0,86 tep ± 0,14.

Ensuite, un truc dans l’article qui me met en colère est le suivant : «le gaz carbonique émis par sa combustion est réabsorbé par la forêt, qui refait du bois grâce à la photosynthèse». J’admets formellement que les forêts françaises sont convenablement bien gérées. Mais la situation est la même que pour le nuage radioactif de Tchernobyl en 1986 : la climatologie et les problèmes environnementaux ne s’arrêtent absolument pas aux frontières de la France ! Cela concerne la Terre dans sa globalité. La France ne concerne qu’environ 1% du globe. Que vaut la lutte contre le CO2 si la France gère bien les forêts mais pas les autres grands pays du globe ? En effet, je rappelle que, selon la «Food and Agriculture Organisation», 13 millions d’hectares de forêts disparaissent sans être remplacées chaque année sur Terre. Sachant que 100 hectares sont équivalents à 1 km², alors 130 000 km² de forêts disparaissent dans le monde sans être remplacées chaque année. Oui, chaque année, c’est l’équivalent de la superficie de l’Angleterre qui disparaît en forêts chaque année dans le monde ! C’est aussi équivalent à la disparition d’une forêt de la taille d’un grand terrain de football (120 mètres × 90 mètres) toutes les 3 secondes !!!!!

Alors là, je proteste ! Chauffer au bois, à l’échelle mondiale, ne combat absolument pas le réchauffement climatique ! La déforestation globale est un très grave problème.

© 2013 John Philip C. Manson

Production électrique mondiale : étude de l’effet Joule

Il est possible de quantifier l’effet Joule engendré par la production électrique mondiale. Il est donc possible d’estimer la variation de température moyenne due par cet effet Joule par rapport à l’absence de production électrique.

En 2007, la production électrique mondiale s’élève à 18806 TWh/an, soient 18806 milliards de kWh annuels, tous moyens de production confondus (thermique, nucléaire, renouvelable…).

Ainsi, cela correspond à une puissance moyenne mondiale de 2,145 milliards de kW, soient 2,145 millions de MW, ou encore 2145 GW en moyenne.

La surface terrestre (continents + océans) est de 5,1006×10¹⁴ m². En divisant la puissance électrique (effet Joule) par la surface terrestre, cela équivaut à un forçage radiatif de 0,0042 W/m². Cela correspond à une élévation de la température moyenne globale de 0,00028°C par rapport à l’époque ayant précédé l’exploitation de l’électricité. Cette variation est trop faible (2143 fois plus faible que les +0,6°C du réchauffement climatique sur le dernier siècle), donc l’effet Joule issu de la production électrique mondiale n’est pas la cause du réchauffement climatique (mais seulement une petite fraction).

En reprenant le calcul à l’échelle d’un pays, la France par exemple, on va voir si l’on trouve un résultat similaire au précédent. La production électrique française en 2010 est de 539 TWh. Cela équivaut à une puissance électrique moyenne de 61,49 GW. La superficie de la France métropolitaine est de 552 000 km², soient 552 000 000 000 m².

La division de la puissance électrique par la superficie du pays, ça équivaut à un forçage radiatif de 0,111 W/m². Ainsi, il est intéressant de constater que l’effet Joule produit par la France métropolitaine est 26,4 fois plus élevé que l’effet Joule mondial moyen. Ceci est normal : les océans occupent 70% de la surface du globe. Si l’on néglige les océans, et en ne considérant que les surfaces continentales, le rapport entre l’effet Joule français et l’effet Joule mondial continental n’est plus que de 8 fois environ.

Un effet Joule moyen de 0,111 W/m² en France métropolitaine, cela correspond à une élévation moyenne de température de 0,02°C sur le territoire français métropolitain. En comparaison, la variation thermique moyenne mondiale du réchauffement climatique sur un siècle est 30 fois plus élevée.

Si le consumérisme électrique avait été la cause unique du réchauffement climatique, il aurait fallu un effet Joule moyen de 3,27 W/m², ce qui équivaut à une puissance électrique mondiale de 1,67 million de GW, ce qui est énorme, et impossible actuellement.

© 2013 John Philip C. Manson

À propos de la critique de la pétition de l’Oregon Institute of Science and Medicine

L’article cité en lien ci-dessus fait une critique d’une pétition signée par plus de 31 000 scientifiques américains (et lancée par l’Oregon Institute of Science and Medicine) qui rejettent le protocole de Kyoto sur la limitation des émissions de gaz à effet de serre.

  • L’auteur de l’article affirme que les deux tiers de ces signataires n’ont pas de diplôme supérieur à la licence ou au master.

Si les docteurs-chercheurs sont les mieux habilités à discuter des travaux de recherche scientifique, il est malvenu de dénigrer les compétences des diplômés de niveau Bac +3 ou Bac +4.

Quelles qualités sont requises pour avoir une attitude scientifique crédible ? Il faut avoir des bases scientifiques suffisantes, il faut beaucoup de rigueur, se fonder sur des faits, et surtout avoir un regard critique. Le scepticisme scientifique fait partie de la méthode scientifique, et être sceptique n’exige pas un très haut degré d’études, mais le fait d’avoir des connaissances élémentaires et essentielles, et une bonne dose d’esprit critique peut faire d’un élève de Terminale ou d’un étudiant un bon sceptique scientifique. Utiliser rigoureusement la méthode scientifique est un critère lui-même plus déterminant que la seule valeur honorifique des diplômes.

Le niveau Bac +3 ou +4 est déjà un bon niveau pour repérer des incohérences dans certains travaux publiés. Il n’y a pas besoin de sortir de Saint-Cyr ni de Polytechnique pour exercer un bon travail critique sur des travaux scientifiques, même si lesdits travaux sont le fruit de professionnels.

Dans le domaine de la vulgarisation scientifique, il n’est pas nécessaire d’être docteur ès sciences, ça aide mais ce n’est guère indispensable. Pour citer un exemple : Jamy Gourmaud (de l’émission «C’est pas sorcier» sur France3) a obtenu un Bac littéraire, puis il a eu un DEUG de Droit, pour devenir ensuite diplômé de journalisme, et cela ne l’a pas empêché de devenir un excellent vulgarisateur scientifique. Et vulgariser la science est un art très difficile. Il faut avoir un certain talent pour sensibiliser et captiver le public.

Mais à propos de la pétition de l’Oregon Institute, je vais être très clair pour remettre les pendules à l’heure :

  • Une pétition avec un grand nombre de signataires ne prouvent aucun fait. Les signatures expriment une opinion mais elles ne démontrent aucun fait. Apposer des signatures ne réfute aucune théorie scientifique, signer quelque chose ne fait pas partie de la méthode scientifique. Bref, une pétition ne réfute pas en soi un dogme climatique.
  • Dans le schéma contraire : réfuter une pétition et la rejeter, ça ne rend pas une théorie plus vraie. Et rejeter des critiques objectives ne fait pas non plus partie de la méthode scientifique. Bref, rejeter une pétition ne démontre pas qu’un dogme climatique soit vrai en soi.

Ensuite, l’article raconte ses doutes parce que les signataires ne sont pas des climatologues pour un grand nombre d’entre eux.

Mais je fais rappeler que la climatologie est, comme toute science, interdisciplinaire. Faire de la climatologie revient à associer plusieurs sciences fondamentales pour réaliser un travail de synthèse. La chimie, la physique, la météorologie, la mécanique des fluides, la thermodynamique, l’océanographie, la glaciologie, la botanique, la zoologie, l’écologie, voila un pannel de sciences interdisciplinaires qui construisent de concert la climatologie.

Climatologue n’est pas un poste rigoureusement précis et ultra-spécialisé. Les climatologues proviennent de spécialités scientifiques diverses. Voici plusieurs exemples. Le pionnier des gaz à effet de serre, Svante Arrhenius, était chimiste. Puis Jean Jouzel (du GIEC), lui, est un glaciologue. Michael Mann, très connu pour sa courbe de température en forme de crosse de hockey, est un physicien. James Hansen, lui, est un spécialiste en physique atmosphérique. Richard Lindzen est physicien et prof au MIT. Milutin Milanković, très connu pour les cycles qui portent son nom, est un astronome et un géophysicien. Christopher Landsea est météorologue et spécialiste des ouragans.

Ces exemples prouvent que les critiques contre ceux qui ne sont pas «climatologues» sont absurdes, puisque les sciences sont interdisciplinaires et participent toutes aux connaissances en climatologie.

  • Ensuite, l’article dit que parmi «les travaux de 1 372 climatologues, que 97 à 98 % d’entre eux étaient d’accord avec l’idée du réchauffement climatique anthropique.»

La science ne consiste pas à chercher des indices positifs. Quand bien même ces indices positifs font office de preuves, la méthode scientifique consiste avant tout d’avoir une attitude critique envers les résultats. Il faut chercher les failles possibles, même si l’on adhère a priori (ou pas) à une théorie ou à une hypothèse.

Une proportion de 97 à 98% ça s’appelle une quasi-unanimité. C’est presque un dogme. Un taux de 2 ou 3% de réfractaires «qui servent d’aiguillon ou de poil à gratter aux autres, à la fois pour les obliger à affiner leurs recherches et à regarder les faits sous des angles différents» je trouve que c’est proportionnellement insuffisant. Selon moi, 100% des scientifiques doivent avoir une attitude sceptique, même envers leurs propres travaux. Le caractère scientifique d’une théorie n’est pas dans la crédibilité mais dans la réfutabilité. Voici un exemple : Thomas R. Knutson est un climatologue américain, il est chargé de la modélisation du climat à l’US Geophysical Fluid Dynamics Laboratory, une division du National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). En 2004, il a publié un article suggérant que l’augmentation de dioxyde de carbone dans l’atmosphère entraînerait des ouragans plus intense, mais en mai 2008, il publie une position inverse.

© 2012 John Philip C. Manson