La sophrologie caycédienne, c’est quoi ?

Certains praticiens s’installent en ville. Des coiffeurs, des boulangers, des artisans ou des commerçants, et aussi les médecins et les dentistes.

Mais ici je vais parler du cas des sophrologues caycédiens. Quand un nouveau s’installe en ville, on est en droit de se demander légitimement : c’est quoi ? c’est fiable ?

Qu’est-ce que la sophrologie caycédienne ? Il existe des pratiquants de cette discipline qui affirme être des thérapeutes ou des psys, une médecine douce, ou des rééducateurs… Surtout, ils font passer leur sophrologie caycédienne pour une science (comme la médecine), ce qu’elle n’est pas.

La sophrologie caycédienne est présentée comme une méthode de développement personnel qualifiée tour à tour de psychothérapie, de méthode de relaxation, voire de médecine alternative, une sorte de thérapie de la conscience. Elle n’est pas une science, cette pratique n’a fait l’objet d’aucune étude validée scientifiquement.

Il faut également savoir que la profession de sophrologue caycédien n’est pas réglementée, son exercice est libre en France, accessible sans diplôme particulier. Toutefois, aucun praticien se déclarant de cette profession ne peut légalement procéder à aucun acte médical, tel que le diagnostic, la thérapie ni la prescription de médicaments, et encourt le cas échéant des poursuites pour exercice illégal de la médecine.

Selon le journal officiel du ministère de la santé, le 21 septembre 2004, la sophrologie n’est pas une discipline définie ni reconnue dans le cadre du code de la santé publique.

Il faut aussi souligner les risques de dérives.

Il y a très peu d’études cliniques scientifiques sur la sophrologie caycédienne. Les prétendues publications « scientifiques » sur la sophrologie sont principalement le fruits de praticiens faisant la promotion de leur discipline par des études non scientifiques, publiées généralement en marge des canaux scientifiques, mais régulièrement brandies comme arguments « authentiques » par les sophrologues.

La sophrologie est aujourd’hui une tradition principalement française, quasiment inexistante dans les autres pays.

La sophrologie fait régulièrement polémique en raison de l’existence avérées de dérives sectaires ou d’abus de faiblesse, selon la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES).

Souvent la sophrologie se situe aux confins du New Age (hypnose, training autogène, yoga) et de la  psychothérapie (psychologie, psychosomatique), la sophrologie n’a aucune base solide. C’est une méthode basée sur les expériences subjectives des personnes, sans aucun moyen objectif d’évaluation. On glisse alors vers des offres proposant  des « thérapies libératrices » dont les doctrines se réclament de la sophrologie, la parapsychologie, le mysticisme, l’orientalisme et aussi la voyance ou la médiumnité… Ces nouveaux « marchands de bonheur » prolifèrent un peu partout et une bataille idéologique est déclarée entre les diverses doctrines faisant scission, entre néo-sophrologues et sophrologues orthodoxes.

Quand vous recevez de la pub ou des tracts faisant la promotion de techniques douteuses, ayez du recul…

Deux tiers des études en psychologie ne sont pas expérimentalement reproductibles

 

  • « Des événements singuliers non reproductibles n’ont pas de signification pour la science. »  (Karl Popper)

En effet, environ les deux-tiers des publications d’études en psychologie ne peuvent pas être reproduites. Même la significativité des résultats est remise en question. C’est flagrant. De quoi douter de la scientificité de la psychologie. C’est une fâcheuse manie qu’on les journalistes de voir des sciences partout, quand certaines n’en sont pas concrètement, selon l’exigence des critères des sciences exactes et les sciences exprimentales.

La psychologie, une science ? Ah, ah ah…

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Pourquoi le hasard dérange t-il ?

Ceci est un article de psychologie, dans lequel je cherche à comprendre les motivations des croyants par rapport au concept scientifique du hasard.

Présenter les connaissances scientifiques pour convaincre n’est pas efficace. Le problème est ailleurs, et ce n’est qu’en identifiant la racine du problème que l’on peut contribuer à faire reculer l’irrationnel.

Et ce problème est centré sur le négationnisme contre le hasard, ce déni du hasard étant la faille commune de tous les courants irrationnels.

L’explication que nous donnons à notre existence et celle de l’univers, en dehors de la pensée scientifique, peut nier le rôle du hasard. S’en remettre au hasard est une idée qui heurte les esprits qui ont besoin de réponses toutes faites, dans lesquelle le déterminisme prend une place rassurante. Pour ces gens, l’ordre ne peut être dû au hasard. Car l’ordre est une notion sécurisante. L’idée d’un monde ordonné rassure, mais l’univers est régi au chaos, à l’entropie croissante ; cet ordre est plus un concept conformiste qu’un fait.

Les données de la science montre de plus en plus que l’existence des choses doit tout au hasard. Démontrer avec l’appui de preuves que le hasard gouverne l’univers nécessitera un autre article. Ici on parlera du hasard comme portée psychologique dont l’impact est la progression des pseudo-sciences et des nouvelles spiritualités, lesquelles nient le hasard dans les moindres détails.

Les preuves scientifiques s’accumulent et montrent que le hasard gouverne la vie et même il la crée. (voir S&V n°1079, août 2007, pp. 48 et 54)

En chimie, la première manifestation connue du hasard est le fameux mouvement brownien. Ensuite, Charles Darwin dit qu’il ne semble pas y avoir d’intentionnalité dans la variabilité des organismes vivants à travers l’action de la sélection naturelle. Et socialement et humainement, si le hasard n’existait pas, la vie ne serait jamais faite de surprises, il n’y aurait non plus de libre arbitre. Les religions monothéistes, par exemple, ne voient pas la contradiction flagrante entre une création déterministe et le principe de libre arbitre des “créatures”.

La peur de la mort et des incertitudes de la vie sont la cause du déni du hasard.
Les personnes blessées par la vie estiment avoir de la chance parce qu’elles sont toujours en vie alors qu’elles ont perdu toute leur famille, tandis que les individus surprotégés ont le sentiment de ne pas avoir de chance.

Plus généralement, les hommes depuis qu’ils existent cherchent à se rassurer en essayant de contrôler la nature qui leur est plus ou moins hostile. L’idée de l’existence du hasard compromet cet ordre apparent, le hasard ébranle leurs certitudes qui sont leur base de sécurité.

L’évolutionnisme scientifique le montre : l’Homme n’a pas été créé pour régenter la nature, l’Homme n’est qu’un élément parmi d’autres de la nature.

Ainsi, l’angoisse inquièterait ceux qui nient le hasard s’ils l’accueillait comme concept possible : l’existence du hasard entraine la perte du sentiment de sécurité par la perte d’un contrôle apparent de l’Homme sur la nature. Les adeptes du déterminisme propre aux croyances actuelles ne font que combattre l’angoisse de la banalité qu’est l’espèce humaine. On s’accroche à une religion comme à un nounours pour se rassurer, c’est comme une bouée de sauvetage… Alors, leur présenter l’évidence du hasard les fait souvent réagir agressivement lors de polémiques liées au créationnisme et à l’Intelligent Design.

 

L’angoisse contre le hasard, c’est peut-être en fait la liberté qui est angoissante. La peur de la liberté est un caractère psychologique propre à certains individus. C’est comme si la liberté ne procurait aucun plaisir, c’est pourquoi ces individus se construisent eux-mêmes les conditions qui font ressembler leur vie à une prison.

Toutes les religions ou presque font appel à la soumission et aux interdits : “ainsi soit-il”, “si dieu le veut” sont des exemples criants. La soumission et l’interdit ont un effet structurant de la personnalité, par la conjuration superstitieuse du chaos, la création psychologique d’un ordre illusoire qui rassure.

Le dialogue rationnel est impossible avec des individus angoissés qui n’ont pas conscience de leur problème de besoin de sécurité par des idéaux palliatifs illusoires. Il est ainsi vain de tenter de convaincre les créationnistes les plus fanatiques, sauf si ces derniers font leur auto-critique et comprennent la nature de leur problème, parce que dans l’irrationnel les paradigmes sont profondément reliés à la notion de bien-être. Le bien-être, souche de la souffrance des âmes tourmentées par l’idée même de méthode scientifique, apeurées par la froideur apparente de la science, la peur de ne pas trouver d’émotions ni de sentiments quand l’on est revêtu d’une blouse blanche dans un laboratoire. Voila le fond du problème chez les croyants qui ont préféré trouver refuge dans l’irrationnel. La science leur fait peur, mais les croyants ne craignent pas la contradiction en présentant (par exemple) les dogmes créationnistes comme relevant de la science, pendant que ces mêmes croyants diabolisent la science “officielle” qui ose les critiquer.

 

Je pense que l’on peut arriver à un progrès de vulgarisation scientifique si la plupart des gens prennent conscience de leurs mécanismes psychologiques d’auto-défense qui les emprisonnent et ne les ouvrent pas à la rationalité. Le problème ne provient pas des connaissances fournies par la science mais du bien-être apparent et illusoire que procure les croyances pseudo-scientifiques. Et il faut comprendre que la liberté est un plaisir car les croyances en font une angoisse.

 

© 2011 John Philip C. Manson

Au fond, qu’est-ce que le QI ?

Le QI, à l’origine, fut conçu par le Dr Binet pour dépister les élèves en échec scolaire par comparaison de leur âge mental par rapport à leur âge réel. Ce fut donc inventé pour déceler des retards du développement psychique des enfants. Le docteur Binet était médecin et son outil à son époque était fondé sur des bases pertinentes.

Mais ensuite, depuis les années 1950, des psys américains peu orthodoxes ont récupéré le concept et l’ont détourné de son contexte pour en faire un produit marketing, instaurant alors dans la société de consommation un mythe de l’intelligence, plutôt celui de l’égo flatté au moyen de tests payants (populaires sur internet aujourd’hui).

Que mesurent les tests de QI modernes ? On ne peut pas extrapoler le retard scolaire des enfants vers l’intelligence mature des adultes supérieure à une moyenne. C’est la première faille. Ensuite, on ne sait pas vraiment ce que quantifient ces tests, car on n’a pas une définition claire et pertinente de ce qu’est réellement l’intelligence, ce concept évasif et abscons. Vient ensuite le problème de la réfutabilité scientifique des résultats des tests de QI. Peut-on invalider scientifiquement un test de QI ? J’en doute. Et il n’y a pas que ça. Dans les sciences où des grandeurs physiques sont mesurées, on établit toujours un résultat moyen relativisé par une marge d’incertitude, une erreur relative, ce détail est très connu des physiciens et des chimistes, mais apparemment ignoré ou oublié en sciences humaines. Est-ce que cela a un sens de comparer l’intelligence humaine à une autre quand on ne sait pas vraiment ce que l’on mesure, ni même y adjoindre une marge d’incertitude, ni même avoir la garantie de pouvoir réfuter un résultat ? Le QI appliqué aux adultes, notamment lorsque l’on parle de supériorité mentale, est un concept dépourvu de scientificité. À la base, le QI est un indicateur de retard scolaire, c’est tout.

 

Le QI moyen est justement calibré à 100 points, c’est même la définition du QI. Dire qu’un QI moyen de la population est différent du QI moyen de référence (100), c’est une contradiction, un contre-sens, une absurdité. Même si l’”intelligence” de chaque individu (de tout l’échantillon) augmentait, la moyenne de QI serait toujours égale à 100. En fait, le QI individuel est une sorte de mesure par rapport au QI moyen collectif. C’est une mesure adimensionnelle relative dont on peut se demander quel peut bien être son degré de pertinence et de fiabilité. Pourquoi le QI est-il une absurdité ? Juste un exemple : il n’y a plus qu’un seul être humain, sur une île déserte par exemple, alors dites moi comment peut-on quantifier son QI par rapport à une moyenne impossible à établir s’il n’existe plus aucune population pouvant servir de référence ? Doit-on conclure que le dernier survivant est très intelligent, ou très bête, ou plutôt la notion d’intelligence perd son sens ?

 Autres arguments :

  • Si on changeait les coefficients des matières enseignées à l’école, en donnant la prééminence aux arts par exemple plutôt qu’aux sciences, le QI ne prédirait plus la réussite scolaire comme les tests antérieurs. En fait, cela montre qu’il n’existe aucun étalon objectif de l’intelligence !
  • Le QI n’est-il pas une mesure d’une mémoire de travail plutôt que la mesure d’une intelligence globale ?
  • Des différences de QI entre les individus ne signifient pas une différence d’intelligence mais plutôt des différences de motivations, de rapidité et de concentration lors des tests de QI.

 

 

© 2011 John Philip C. Manson