Séries « documentaires » TV : le bêtisier continue…

D’une semaine à l’autre, en examinant le magazine TV, la farce continue…

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La pyramide de Gizeh aurait généré des ondes par un réseau sans fil ? N’importe quoi ! Cela me rappelle les fantasmes des partisans du New Age qui croient en l’existence des « ondes de forme » (notamment pour les pyramides) dont la réalité n’a jamais été démontrée objectivement. Mais s’il s’agissait d’ondes radio (comme celles du Wi-Fi), les appareils de détection nous les auraient révélées depuis l’invention de la TSF, mais pas qu’à partir de 2013… Concrètement, quels éléments factuels avons-nous ?

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En ce qui concerne le synopsis dans cette nouvelle image, il s’agit d’une authentique série documentaire et non de la pseudo-science. Cependant, dans le cas présent, cela n’est pas exempt d’erreur ou d’inexactitude.

On peut lire ceci : les nébuleuses se forment à partir du vide de l’espace.

Concrètement, les nébuleuses sont produites par l’explosion d’étoiles (c’est le cas des nébuleuses planétaires et des rémanents de supernovae). Et les nébuleuses peuvent former de nouvelles étoiles.

Les nébuleuses peuvent former des systèmes d’étoiles en s’effondrant gravitationnellement. Ainsi, le système solaire se serait formé à partir d’une nébuleuse solaire. Ce scénario a été évoqué pour la première fois au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle par Kant et Laplace.

L’élément hydrogène tirerait son origine du Big Bang à travers les subtilités du vide quantique, mais après le Big Bang les nébuleuses ne se forment pas continuellement ex nihilo.

Et les bouteilles d’alcool, se forment-elles à partir du vide ? Quand je regarde en vain ma bouteille vide, j’essaie d’espérer…

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Ajout du 13 octobre 2014 :

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Des hybrides humains/extraterrestres… N’importe quoi … L’hybridation n’est possible qu’entre deux espèces très proches génétiquement. Deux espèces trop éloignées génétiquement n’engendrent aucune descendance, elles sont stériles. Moi, je n’ai jamais vu d’hybride issu de l’accouplement entre un chat et un lapin… Alors, avec des extraterrestres, encore moins.

Puis en ce qui concerne des enfants à l’intelligence surhumaine et qui viennent des étoiles, cela me fait penser au cas douteux des enfants indigos, ce thème est typique de la secte Kryéon.

 

© 2014 John Philip C. Manson

La dangerosité des ondes wifi prouvée par des lycéennes ?

 

Soyons prudents. L’intérêt d’une expérience n’est pas ce qu’elle prétend prouver, l’intérêt de la méthodologie est d’évaluer où il peut y avoir des erreurs dans le protocole suivi. Et il y en a. Des expériences sont habituellement validées via un comité de lecture par publication des travaux sur arxiv.org ou nature.com. Ce n’est pas le cas là. Même si la découverte pourrait être authentique, elle ne peut être jugée satisfaisante par la voie de la presse dans laquelle il existe un risque récurrent de canular ou d’imposture scientifique. Le meilleur moyen de vérifier la validité des travaux est de reproduire plusieurs fois l’expérience, en prenant en compte d’autres paramètres qui peuvent biaiser les résultats : l’éclairage, l’humidité, la chaleur du routeur wifi, la température des locaux utilisés (la température doit rester la même entre la chambre du cresson exposé au wifi et la chambre du cresson témoin isolé du wifi). Il faut aussi choisir une quantité constante de cresson dans chaque échantillon.

Pour mettre le wifi en accusation, il faut être certain qu’il n’y ait pas d’autres paramètres physiques qui soient la cause eux-mêmes d’un phénomène d’altération de la germination (chaleur, humidité, etc…).
Mais à part ça, le problème est autre : on ne dispose pas ici de données quantitatives comparatives, on n’a pas non plus d’étude avec répartition aléatoire (donc absence d’outil statistique), et les résultats non probants sont absents. Bref, la méthode scientifique ici est bâclée et foirée.

 

Mais cette mascarade implique d’autres questions. Pourquoi des lycéennes dont les aptitudes ne sont pas équivalentes à celles de chercheuses post-doctorat auraient-elles réussi là où des expériences sérieuses menées par des spécialistes ont échoué ? Les lycéennes n’auraient-elles pas été instrumentalisées pour diaboliser la technologie au moyen d’une science fictive ?

 

 

À lire :

Danish School Experiment with WiFi Routers and Garden Cress, Good Example of Bad Science.
http://www.pepijnvanerp.nl/2013/05/danish-school-experiment-with-wifi-routers-and-garden-cress-good-example-of-bad-science/

Traduction du titre :

« L’expérience de l’école danoise avec les routeurs wifi et du cresson, un bon exemple de mauvaise science. »

Page traduite en français : http://translate.google.com/translate?sl=en&tl=fr&js=n&prev=_t&hl=fr&ie=UTF-8&eotf=1&u=http%3A%2F%2Fwww.pepijnvanerp.nl%2F2013%2F05%2Fdanish-school-experiment-with-wifi-routers-and-garden-cress-good-example-of-bad-science%2F

 

On s’aperçoit que l’expérience, mauvaise, a été biaisée par la non prise en compte de la circulation de l’air et de la chaleur…

Mais le public, susceptible d’être crédule, peut croire à tort que l’expérience est une découverte authentique. Sans esprit critique, la pseudo-science a de l’avenir…

© 2013 John Philip C. Manson

L’illusionnisme intellectuel du New Age

Le débat survenu sur Facebook est retransmis sur mon blog.

Mon principal contact Facebook s’exprime en ces termes le 24/04/2013 :

« Une autre trouvaille concerne les « ondes scalaires » une recherche Google s’impose. Elle vous indiquera le ratio de sites New Age, Next Age qui offrent des « démonstrations » sur ce thème ; cela peut être lié au concept de « réalité hyperdimensionelle ». Il ne m’a pas paru évident que ces ondes était expérimentalement fondées. 

Je remarque aussi que lorsque j’essaye de lire des explications dites « scientifiques » provenant d’un site New Age – je n’y comprend jamais rien. 

  • 1. soit les explications sont volontairement mal fichues, avec de nombreuses introductions de concepts de consciences, d’interactions et autres, 
  • 2. soit le fondement même de la théorie est bidon. 

En tout les cas je pense que cela part du principe que, dans l’esprit de la grande majorité des personnes, la science est quelque chose de compliqué et mystérieux et que donc c’est normal de rien y comprendre. Cela a un double avantage pour tout charlatan : Lui permettre de dire à peu près ce qu’il veut et forcer le trait de la complexité dans une explication. 

« Vous n’avez pas compris, c’est normal, c’est de la Science ! »
« Mais ayez confiance, moi je sais, c’est la Vérité ! »

Par opposition, je peux dire que lorsque je lis des pages qui utilisent une démarche scientifique et expliquent l’état des connaissances, c’est très accessible, instructif et qui plus est facile a retenir.
De sorte que je pense, que les théories les plus admises sont « naturelles », la science n’est pas aussi mystérieuse que le New Age se plait à le faire croire. »

Voici ma réponse :

Il n’y a rien à comprendre dans la prose pseudo-scientifique indigeste du New Age, c’est de l’illusionnisme intellectuel. C’est comme le gros baratin des vendeurs qui essaient de sauver leur entreprise de la faillite, en faisant de la vente forcée en quelque sorte.

La vraie démarche de la vulgarisation scientifique est de s’efforcer de se faire comprendre avec un langage adapté au public. Dans mon blog, j’ai fréquemment mis l’accent sur la concision et la clarté dans mes textes. 

La finalité de la science est d’être comprise, afin de pouvoir être évaluée en vue d’une réfutation dans le cas où la démonstration ou l’argumentation est fausse. En cas de non réfutation lors d’un examen logico-mathématique, l’expérimentation scientifique est nécessaire. Les sceptiques peuvent réfuter empiriquement (ou logiquement si c’est des maths) les racontars des charlatans, quand cela est vérifiable.

En cas d’invérifiabilité, c’est aux charlatans d’apporter des preuves matérielles sur un fait qu’ils prétendent, ce n’est pas aux sceptiques de le faire. L’existence d’un fait se prouve, tandis que prouver l’inexistence est un non-sens logique (à distinguer du dualisme vrai/faux). 
La science rime avec transparence et expériences. La science ne consiste absolument pas à enfumer les esprits. Les sujets scientifiques doivent être clairement compréhensibles dans leurs détails, preuves à l’appui, par tout le monde, même les débutants.

Et ce qui doit surtout être connu, avant tout, c’est ce qui définit la science : expérimentation et critère de réfutabilité. La science n’érige pas de vérités, elle ne fait qu’éliminer ce qui est conceptuellement faux en fonction des faits. En ce sens, les théories scientifiques sont perfectibles, mais un seul contre-exemple expérimental ou observationnel peut anéantir une théorie.

Les charlatans, eux, érigent des dogmes dont la signification exacte (et leur cause) est très floue, sans preuves, et ils rejettent les critiques en disant que c’est contraire à la tolérance et contraire à la progression des «connaissances nouvelles», alors que la vraie science est fondée sur l’évaluation de la solidité des savoirs.

La science n’a pas à avoir de mystère. Si nous ne savons pas tout en science en ce qui concerne les faits (la vie extraterrestre par exemple), la science n’a pas de secrets sur le plan théorique, tout doit être compréhensible sinon c’est de la fausse vulgarisation et une imposture.

SUR LES ONDES SCALAIRES

Pour compléter le débat, j’apporte des précisions sur le thème des «ondes scalaires». Ce thème est populaire dans les mouvances conspirationnistes, ufologistes et ésotériques. Selon le New Age, les ondes scalaires serait un nouveau électromagnétisme, mais c’est très prétentieux, et cela n’a rien de comparable avec les vraies théories scientifiques. Le thème des ondes scalaires alimente les théories conspirationnistes et ufologiques : dans le web on trouve des documents bourrés de fautes d’orthographe et qui se prétendent être (faussement) de sources militaires secrètes, et arguent que les « ondes scalaires » expliquent la fusion froide, la théorie de grande unification et d’autres foutaises du genre. Dans d’autres sites du web, les « ondes scalaires » font partie du jargon pseudo-scientifique des adeptes de la radiesthésie et du Feng Shui. Mais de tels arguments sont farfelus, du même niveau que le marketing pathétique des publicités pour crèmes cosmétiques qui prétendent rajeunir et raffermir la peau et effacer les rides…

Bref, le thème des ondes scalaires est répandu chez les adeptes du paranormal, du conspirationnisme et de l’ufologie.

Scalaire, vectoriel, ça veut dire quoi ? Ce sont des mots répandus en physique et dans les mathématiques. Je vais donner les définitions de la façon la plus claire possible.

  • Un vecteur est un segment qui possède une direction orientée, c’est-à-dire qu’à partir d’un point à son extrémité, le vecteur définit une grandeur dirigée vers une direction. C’est le cas pour la vitesse et la propagation des ondes électromagnétiques. Le mouvement des corps s’effectue donc d’un point origine et un point de destination. Pour un vecteur vitesse, le segment représentant le vecteur est d’autant plus long que la vitesse est élevée. Les accélérations et les champs électriques aussi peuvent être représentés par des vecteurs, de même que la notion de poids d’une masse soumise à une pesanteur. En climatologie, les forçages radiatifs (watt par mètre carré) sont représentés par des vecteurs. Plus précisément, pour une onde électromagnétique : un vecteur vitesse (ça je l’ai dit), un vecteur « champ électrique » et un vecteur « champ magnétique ». Voir image ci-dessous :

  • Dans le contexte de la physique, un scalaire, contrairement à un vecteur, est une grandeur qui n’est pas définie par une direction. Un scalaire est  une grandeur déterminée par sa mesure. La température est une grandeur scalaire, par exemple, et c’est une grandeur mesurée en fonction d’un point quelconque de l’espace (en temps qu’espace mathématique, et non un espace synonyme de vide spatial). La pression aussi est scalaire. Les ondes sonores sont des ondes de pression, voila un exemple exceptionnel d’onde scalaires.

Comme j’ai défini aussi bien que j’ai pu ces notions essentielles, j’en viens à poser une question.

Sachant que les ondes électromagnétiques se propagent à la vitesse de la lumière dans le vide, elles sont représentées comme des vecteurs. Mais dans le cas d’ondes scalaires dont on ne sait absolument rien, il y a un problème : si les ondes sont scalaires, comment se propagent-elles ? Et dans le cadre d’une mesure quantitative, comment s’y prend-on, quelle grandeur physique mesure t-on, et surtout : pourquoi dire que ce sont des ondes puisqu’elles n’ont pas de mouvement les définissant comme vectorielles. Ce qui attribue la nature d’onde, c’est le mouvement de l’onde par rapport à un repère. Si les ondes sont scalaires, elles ne se propagent pas : ce ne sont pas des ondes puisqu’il n’y a ni vitesse, ni longueur d’onde (dépendante elle-même de la vitesse), ni même une fréquence (dépendante de la longueur d’onde et de la vitesse). Voila un beau merdier en perspective… C’est comme avoir un courant électrique alternatif dont le circuit est équipé d’un condensateur électrique et d’une résistance, le tout sans même avoir de propagation électromagnétique d’ondes radio, alors qu’il devrait y en avoir (principe de la radio-électricité et de la TSF). Les ondes scalaires me paraissent contredire les lois de la physique, notamment les lois de Maxwell. En gros, les ondes scalaires c’est comme avoir des ondes dont la vitesse de la lumière est nulle… Mais je vais aller au bout de ma recherche, je donnerai des détails ci-dessous.

  • Modèle scalaire de lumière : pour le domaine de l’optique, et dans la plus grande majorité des milieux, la lumière émise par une source peut être décrite par une onde scalaire, appelée vibration lumineuse. Dans ce cas, la vibration est la grandeur scalaire. La superposition des ondes (lumière polarisée ou non) nécessitent seulement une représentation scalaire des ondes lumineuses, dans le cadre d’interférences.

Le mot « scalaire » est un adjectif qui fait scientifique, qui fait sérieux, c’est pour cela qu’il est utilisé par le New Age. Ce choix n’obéit à aucune logique ni à aucun fait, c’est parce que le New Age trouve que le mot est joli.

Mise à part le non-sens de l’appellation scalaire pour les ondes des adeptes du New Age, il y a aussi quelque chose de flou chez les partisans de cette conception : ils ne disent pas de quel type d’ondes il s’agit exactement, si ces « ondes » existent. Des ondes acoustiques, des ondes gravitationnelles, des ondes électromagnétiques ? On va bientôt comprendre, avec la notion de pression, plus bas.

Une onde est une perturbation d’un champ qui dépend du temps et qui, a priori, se propage.

Néanmoins, les ondes stationnaires existent, j’en ai personnellement observé lors d’expériences au lycée et à l’université. Cela consiste en l’oscillation rapide d’une ficelle. Même là, ces ondes mécaniques sont des vecteurs. Voir l’expérience de Melde ici : http://f6gqg.pagesperso-orange.fr/Les_antennes__%284%29.html (figure n°5), c’est ça que j’ai vu en labo.

  • Qu’est-ce qui peut être scalaire ? Une température, une pression, une densité. Mais qu’est-ce que ça peut bien être, une onde scalaire ?… Seule l’hypothèse des ondes sonores est retenue comme crédible : les ondes sonores, ça peut être de la musique par exemple. La musique adoucit les mœurs. Elle endort aussi les moutons pris au piège. Les ondes sonores, ce n’est pas seulement de la musique, ça peut être aussi les ordres verbaux donnés par un puissant gourou très influent, et la foule répond passivement avec des yeux de zombies : «Oui, maître…».   😉

La musicalité des mots n’est bonne que pour les poètes. Mais les apôtres du New Age ne sont pas aussi doux… Les moutons les suivent, mais ceux-ci ne suivent pas le bon berger, ils suivent des loups…

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Un mouton aime la sonorité du mot « onde scalaire », mais il ne connaît pas sa signification et n’y comprend rien. Moi non plus. Parce que justement, il n’y a rien à comprendre. À part peut-être la notion de bruit, seule explication possible de l’appellation « onde scalaire ». Le bruit des pets a des vertus thérapeutiques pour la paix de l’esprit… Prouwtzzz ! Amen…  Bon, après l’extase mystique, c’est l’heure de la prière ? Sinon, est-on autorisé à fumer pendant la prière, ou peut-on faire une prière pendant qu’on fume ? Et sinon, est-ce que se revendiquer de la religion Jedi (prononcer Jeudaï) peut conduire à l’exclusion scolaire pour manquement au devoir de laïcité si on arrive à l’école habillé en chevalier Jedi et armé d’un sabrolaser ?

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Quand on a un livre de New Age entre les mains, il y a deux façons de le lire : ou on le lit avec confiance, en buvant les mots, imprégné de mysticisme et de merveilleux, sans rien creuser ; ou bien on le lit en analysant le moindre détail, en comprenant la moindre définition, en jaugeant les causes et les effets, pour évaluer si l’édifice théorique est solide ou fragile selon le point de vue des maths et des expériences scientifiques. Au tout début de ma démarche de sceptique, il y a des années, j’ai procédé à ces deux lectures pour voir si c’était pareil ou différent : entre les deux modes de pensée il y a un abîme, ça fait un profond déclic. Par exemple, on finit par ne plus regarder le magazine S&V de la même façon… 😉  Tous les bouquins sont faillibles, y compris les livres de sciences (quelques erreurs sont possibles dans un livre sérieux), et surtout les livres de pseudo-sciences (bourrés de contradictions et d’affirmations sans preuves).

Ou on est un mouton, ou on est un homme.

© 2013 John Philip C. Manson

Sur le consensus scientifique (suite, via Facebook)

Ceci est la suite de l’article éponyme précédent.

J’ai reçu le 17 avril 2013 un message d’un de mes contacts Facebook. Je le reproduis ici et j’y réponds ici pour des raisons de lisibilité (le texte est écrit trop petit sur Facebook).

Voici ce que l’on m’a écrit, je cite (en rouge italique) :

«Je suis perturbé par votre dernier article, vous dites : « les théories sont des représentations faillibles de la réalité, les théories sont (au mieux) crédibles mais elles ne sont pas LA réalité. La réfutabilité établit la faillibilité des connaissances. Nous ne savons rien de la réalité, nous n’avons que des modèles scientifiques, donc faillibles et réfutables. »

Oui, j’assume. Il est vrai que le critère de réfutabilité avec l’épistémologie de Popper ne consiste pas à dire que des théories sont fondamentalement vraies, mais à déclarer que des hypothèses sont fausses quand elles le sont, lorsque des expériences ou des observations infirment ces hypothèses.

Pour appuyer cet argument, je présente des citations célèbres pour montrer que je n’ai pas formulé d’interprétation personnelle.

  • Hubert Reeves, dont je cite : «[…] La science n’est pas un domaine de vérité. La science n’est pas figée, elle ne vous dit pas : « c’est cela », « ce n’est pas cela ». Ça n’est pas une révélation, c’est une démarche souple qui se développe depuis plusieurs siècles […]. Sa robustesse lui vient du fait qu’elle n’est pas figée. Elle doit continuellement intégrer les nouvelles observations, et donc continuellement se remettre en question.» http://www.hubertreeves.info/chroniques/20030927.html
  • Je cite : «Pour Hubert Reeves, «la théorie du Big Bang, qui a pour but de raconter le passé de l’univers, est hautement crédible. Il n’y a pas d’astrophysicien sérieux qui ne la prenne au sérieux». Reste qu’il ne s’agit pas d’une vache sacrée, d’une «Vérité» devant laquelle se prosterner. Cette théorie du Big Bang «repose elle-même sur d’autres théories», et c’est à cet «échafaudage» très spécial que le célèbre scientifique aime à faire réfléchir.»  http://www.liberation.fr/sciences/0101294699-hubert-reeves-astrophysicien-remonte-l-echafaudage-des-differentes-theories-sur-lesquelles-repose-l-explication-de-la-naissance-de-l-univers-les-tortues-du-big-bang
  • « Les intellectuels ne savent rien » dira Karl Popper à 83 ans dans sa conférence de Zurich La recherche de la paix (Toute vie est résolution de problème). Plus qu’une provocation, c’est un symbole de la relativité du savoir, et de la stérilité des conflits de doctrines.  http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Popper

Je ne me sers pas de ces citations comme des arguments d’autorité, c’est seulement pour illustrer que la science fonctionne comme je l’ai décrite.

Voici même une vidéo sur l’épistémologie : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/06/19/video-lepistemologie-de-karl-popper-demarcation-sciencepseudo-science/

Une théorie en soi n’est pas une «vérité» ni LA vérité, une théorie reste toujours conjecturale, on ne pourra jamais prouver qu’elle EST exactement la copie conforme et complète de la réalité, elle n’en est qu’une approche la plus fidèle possible.

N’est ce pas laisser une porte ouverte à des théories farfelues, une brèche dans laquelle les partisans de l’hypercritique peuvent développer leur élans créationnistes, que ce soit sous forme d’inspirations bibliques ou du nouvel-âge ? De la théorie de l’intelligent design (une forme de théologie) qui tient à décrire les évènements passés ou par le concept de co-création qui lui laisse entrevoir la possibilité d’une influence sur le futur (une forme de voyance), les croyances et superstitions exploitent toujours les marges de la connaissance, le passé (d’où venons nous), le futur (où allons nous), parce qu’elles échappent à notre compréhension intuitives. Le présent étant toujours le point où s’exprime la faute et le péché, c’est-à-dire pour ceux qui sont dans un élan spirituel le moment où s’exerce le libre arbitre pour choisir de sortir d’une erreur originelle (péché, karma, le mal, etc) et allez vers autre chose qui est sensée être meilleur (extase, nirvana, le bien, etc). Si l’ignorance de notre passé et l’inconfort de notre futur devient un pilier de la théorie de la connaissance, comme vous dites « Nous ne savons rien de la réalité », alors le succès des psychothérapeutes spécialistes en développement personnel est assuré, il pourront toujours se couvrir d’une démarche scientifique, épistémologique puisque « les théories sont des représentations faillibles de la réalité » (de faillir : latin fallo, grec ancien φηλόω, phêlóô (« ruser, tricher »), φῆλος, phêlos (« tricheur ») )… c’est-à-dire « tromper », avec ces dérivés comme falsidicus, menteur — falsus, faux. On en reviens facilement à l’idée de faute, d’erreur, et d’un péché qui s’est glissé là par inadvertance. 

  • « Une théorie qui n’est réfutable par aucun événement qui se puisse concevoir est dépourvue de caractère scientifique. Pour les théories, l’irréfutabilité n’est pas (comme on l’imagine souvent) vertu mais défaut. »  (Conjectures et réfutations, Karl Popper (trad. M.-I. et M. B. de. Launay), éd. Payot, 1985, p. 64)

La relativité de la «vérité» scientifique n’interdit pas qu’il faut toujours rester critique. Une théorie scientifique gagne en crédibilité à travers des faits qui la corroborent, mais ça ne l’établit pas comme vérité. C’est là la nuance. Il suffit d’un seul contre-exemple pour invalider une hypothèse, voire une théorie entière, même quand on ne s’y attend pas. Il y a quelques mois, avec l’expérience OPERA, on a bien failli croire que les neutrinos allaient plus vite que la lumière était une nouvelle vérité. Hé bien non, toute vérité est faillible. Une contre-expertise (ICARUS) a finalement prouvé qu’il existait une erreur expérimentale qui avait biaisé les résultats. Les neutrinos supraluminiques sont une hypothèse qui a été réfutée.

Les théories scientifiques sont réfutables : elles peuvent être soient corrigées, soient réfutées.

En ce qui concerne les théories farfelues, on ne peut pas les mettre à égalité avec les théories scientifiques. Par exemple, je formule l’hypothèse suivante : «Dieu existe». Avec une hypothèse pareille, je ne trouve aucune possibilité de concevoir une expérience permettant de réfuter cette hypothèse si celle-ci est fausse. L’irréfutabilité d’une hypothèse ôte la scientificité de celle-ci, elle ne peut donc pas être considérée comme une hypothèse scientifique.

Pour la science, Dieu est inconnaissable. Dieu n’est pas une hypothèse nécessaire. En revanche, rien n’empêche les croyants de croire en Dieu, c’est leur liberté fondamentale. Cependant, l’amalgame entre science et religion, et c’est là le danger, est une imposture.

Mais avec une théorie scientifique crédible comme la théorie du Big Bang, on n’a pas trouvé encore de contre-exemple qui invalide tout l’édifice théorique de la cosmologie moderne, on accumule des preuves directes et indirectes via les observations. C’est le caractère de potentialité de réfutation qui confère à une théorie son caractère scientifique. Avec une hypothèse comme «Dieu existe», non seulement on ne peut rien réfuter si l’hypothèse de Dieu est fausse, mais en plus on ne peut pas non plus en acquérir des preuves expérimentales ou observationnelles par n’importe quel moyen instrumental.

L’esprit critique ne consiste pas à nier tout en bloc. Et la science ne consiste pas à ériger des vérités immuables.

  • «Douter de tout ou tout croire, ce sont les deux solutions également commodes qui l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir.»  (Henri Poincaré)

Le relativisme de la vérité scientifique ne signifie pas l’absence de démarcation entre les pseudo-sciences et les sciences. Toute hypothèse ou connaissance ayant un caractère scientifique est réfutable si (et seulement si) cette connaissance a la possibilité d’être fausse, au moyen nécessaire d’une expérience permettant une réponse binaire exclusive : crédible OU faux. Évidemment, cela ne veut pas dire que les théories scientifiques sont toutes fausses. On ne peut approcher la «vérité» objective qu’asymptotiquement sans jamais pouvoir l’atteindre. Une théorie scientifique pourrait être vraie, mais nous ne le saurions même pas, nous ne pourrions pas prouver qu’elle est vraie même si elle est vraie dans l’absolu. La science procède par élimination des hypothèses fausses, la science ne construit pas des vérités, c’est ça la nuance que j’ai toujours soutenue depuis que je suis blogueur.

Un modèle théorique est juste un outil mathématique très crédible par rapport aux faits. C’est pour cela que j’évoque que les théories sont des représentations faillibles de la réalité. On peut observer très bien les phénomènes physiques avec nos yeux, mais tout dépend des interprétations que l’on fait des résultats quantitatifs. Et on peut mal interpréter, et se tromper.

Sans le critère de réfutabilité, la science érigerait des dogmes définitifs, et ce ne serait plus vraiment de la science.

Ce sont les théories farfelues des pseudo-sciences et des mysticismes qui se proclament comme des vérités absolues. Et qui ne veulent surtout pas se laisser analyser. Et qui osent nier arbitrairement des moyens comme la datation radio-isotopique (carbone 14 par exemple : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/03/31/le-suaire-de-turin-serait-il-contemporain-de-lepoque-du-christ/ )

«Blasphème ! Ce sceptique hérétique ose critiquer la sainte théorie ! » 

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Vous vous inquiétez des dérives dans le domaine des psychothérapies. La psychanalyse par exemple, vous pensez qu’elle risquerait d’égaler la science sous prétexte de la relativité de la vérité scientifique ? Le problème n’est pas là. Les thèmes de la psychanalyse ne peuvent pas prétendre au critère de la réfutabilité. Des concepts comme le complexe d’Oedipe a t-il été l’objet d’expériences reproductibles, contrôlées, et en double aveugle ? Non. La psychanalyse est au mieux, une philosophie, une spéculation intellectuelle ou de la masturbation mentale, et, au pire, je n’ose même pas dire ce que j’en pense, ses adeptes pourraient me lyncher… 😉  Et si on y réfléchit, on s’aperçoit aussi que le concept de pervers narcissique n’existe qu’en France, ce terme est issu d’un livre d’un seul auteur, un psychanalyste français. Ce terme n’a d’équivalent que dans la langue de Cervantès et en langue occitane. Si vous parvenez à retrouver une référence académique avec un terme équivalent dans la langue de Shakespeare («Oh… What is a narcissistic perv ?»), je vous remets le prix Nobel. Moi, je n’ai rien trouvé. Peut-être que parce que ce mot est lié à une particularité de la culture française, où la subjectivité des autochtones joue plus que l’objectivité scientifique.  🙂



Sur la page wikipédia consacré à la Théorie de la connaissance, je lis : « La théorie classique repose sur l’idée que la connaissance est une croyance vraie et justifiée, et non seulement une croyance vraie. » ou l’ajout d’une démonstration de la croyance, la « justification », change la portée de la connaissance. Dans mes discussions avec des personnes adeptes de théories farfelues à qui j’essayais de démontrer les erreurs de raisonnement, il m’a simplement été répondu que j’étais moi aussi dans une croyance. Ce qui n’est pas faux, tant que l’on s’extirpe pas du paradoxe du menteur. 
Et c’est là que je suis perturbé.

Prenons l’exemple des mathématiques. Les théorèmes démontrés au bout d’années d’effort, avec des calculs très rigoureux, ces théorèmes mathématiques sont-ils vrais ? Vis à vis de la logique, les théorèmes sont vrais, mais ils dépendent directement des axiomes. Un axiome (du grec ancien αξιωμα/axioma, « considéré comme digne, convenable, évident en soi » lui-même dérivé de αξιος (axios), signifiant « digne ».) désigne une vérité indémontrable qui doit être admise. Si les axiomes sont vrais dans l’absolu, les théorèmes sont vrais. S’il existe un axiome faux mais qu’on ne le sait pas, alors les théorèmes qui en dépendent sont faux eux aussi et on ne le saurait pas. En général, les axiomes sont des concepts très simples, on peut les supposer comme «vrais», comme par exemple les axiomes qui servent de base à la géométrie euclidienne. Mais en mathématiques, la notion de vérité pose moins de problème qu’avec les sciences expérimentales. Bref, un axiome est un choix conventionnel qu’on trouve crédible sans preuve ; en maths ça ne me dérange pas, c’est comme ça.

L’absence du critère de réfutabilité ôte tout caractère scientifique aux théories farfelues, c’est cette faille qu’il faut exploiter. Et ce dont il faut se méfier avec les pseudo-sciences, ce sont les sophismes et les paralogismes. Et la charge de la preuve revient à ceux qui affirment l’existence d’un phénomène (par exemple : la télépathie, la voyance, le débarquement des petits hommes verts…). Le livre de Normand Baillargeon («Petit cours d’autodéfense intellectuelle», éditions LUX) est très intéressant pour désamorcer les paralogismes, dans ce bouquin j’ai même appris des astuces que je ne connaissais pas, je recommande ce bouquin. J’ai écrit un article sur les paralogismes : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/04/15/des-paralogismes-dans-un-document-sceptique-sur-nibiru-et-anunnakis/

Une théorie bancale peut dériver en une croyance. Mais qu’est-ce que le scepticisme ? Le scepticisme n’est pas une théorie scientifique, il est un métalangage pour travailler sur les théories scientifiques, l’esprit critique n’est qu’un outil. La méthode scientifique évalue les théories scientifiques à travers des faits. Mais la méthode scientifique n’a pas la finalité de s’évaluer elle-même. Ce qu’on appelle la théorie de la connaissance et son étude, ça relève de différentes épistémologies.



Dans une de mes prochaines questions je reviendrai sur ce que vous disiez là au sujet de la vitesse de lumière : « Mais cela ne veut pas dire que les sceptiques affirment que les voyages supraluminiques n’existe pas. Cela veut dire qu’on ne peut pas savoir si c’est valide ou faux tant que des expériences n’auront pas été réalisées. On attend juste des preuves. ». Car j’avoue être perplexe avec l’utilisation qu’en font certains sectes New Age, là aussi il y a une faille de sécurité mentale.»

Oui, je devrais reformuler ces phrases autrement, je n’ai pas été assez précis.

Pour reformuler plus clairement :

La vitesse de la lumière est un postulat de la théorie de la relativité. C’est à partir de ce postulat que mon raisonnement a été développé pour montrer des incohérences théoriques à propos des voyages spatiaux à une vitesse proche de la célérité de la lumière dans le vide. https://jpcmanson.wordpress.com/2013/03/12/de-limpossibilite-des-voyages-interstellaires-a-la-vitesse-de-la-lumiere/

Dans la théorie de la relativité générale, un observateur en mouvement par rapport à un observateur au repos voit sa masse augmenter lorsque sa vitesse devient relativiste. L’inertie augmente, et donc le voyageur doit vaincre cette inertie pour pouvoir aller plus vite. L’énergie cinétique devient très importante à l’approche de la vitesse de la lumière. Ainsi, le moindre impact de poussière peut causer des dégâts considérables sur la paroi du vaisseau spatial du fait de l’énorme énergie cinétique. L’ampleur des dégâts croît exponentiellement à l’approche de la célérité de la lumière, dans le cadre de la théorie de la relativité : l’énergie cinétique croît selon le carré de la vitesse et en fonction de la transformation de Lorentz (proportionnellement selon le facteur gamma).  http://fr.wikipedia.org/wiki/Transformations_de_Lorentz

Il suffit par exemple que la théorie de la relativité soit invalidée partiellement, par exemple, par une nouvelle découverte qui impliquerait que la célérité de la lumière ne soit plus vraiment la limite, et que les voyages interstellaires puissent trouver un moyen de dépasser la vitesse de la lumière. Dans un pareil contexte, modifier la théorie de la relativité revient à remettre en question tout ce que j’ai dit sur l’impossibilité des voyages interstellaires : l’énergie cinétique des impacts de poussière interstellaire ne croît plus aussi dangereusement que je ne l’avais raconté : en physique classique, l’énergie cinétique augmente selon le carré de la vitesse.

Les raisonnements qui s’inspirent des théories scientifiques n’échappent pas à la réfutabilité. En chimie, on a utilisé le phlogistique jusqu’à ce que nous abandonnions ce concept, avec une théorie plus crédible. En cosmologie, on a utilisé le concept d’éther, jusqu’à ce qu’Einstein a déclaré qu’il fallait abandonner ce concept, parce que la théorie de la relativité était plus crédible.

Bref, il existe des théories plus crédibles que d’autres (à travers le critère nécessaire de réfutabilité), mais ça ne signifie pas en conséquence que la théorie la plus crédible EST la vérité.

« Mais cela ne veut pas dire que les sceptiques affirment que les voyages supraluminiques n’existe pas. »     <<< cette phrase veut dire que les sceptiques ne nient rien, ils mettent juste une hypothèse à l’épreuve. Ce sont les faits qui tranchent, pas les sceptiques. Les sceptiques ne sont que des observateurs objectifs.

  • « La science ne cherche pas à énoncer des vérités éternelles ou de dogmes immuables ; loin de prétendre que chaque étape est définitive et qu’elle a dit son dernier mot, elle cherche à cerner la vérité par approximations successives. » (Bertrand Russell)

Les sectes utilisent le jargon scientifique, mais ils n’ont de la science que les mots, ce n’est qu’un habit. La faille des sectes, c’est le sens objectif des mots qu’elles utilisent. J’ai un exemple récent dans cette page : http://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20130412061329AAB0cOa  Le New Age s’invite dans une rubrique consacrée à la chimie qui est une science, cette mouvance vient distiller sa doctrine dans laquelle on retrouve des thèmes familiers (on commence à les connaître…). Mais examinons de plus près, je relève une phrase bizarre, je cite : «[Le cristal de roche] purifie, amplifie l’aura et facilite le voyage astral». Est-ce que cette affirmation est réfutable ? Non, l’aura est un objet mystique inobservable, inconnaissable, inquantifiable… Par contre, l’aura est très fréquemment confondue avec un phénomène physique bien réel : l’effet corona, présenté abusivement comme une «preuve» de l’effet Kirlian. http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_corona   Là, on voit que la réfutabilité est indispensable, sinon le New Age érigerait sa doctrine en dogme, et la science érigerait elle aussi ses théories en vérité. On imagine les dangers qui peuvent en résulter… La réfutabilité est un garde-fou. Sans Karl Popper, je me demande à quoi la science ressemblerait, et je me demande si les sectes n’y verrait pas un meilleur moyen de créer leur amalgame entre science et mysticisme.

  • « Ce n’est pas le doute qui rend fou, mais la certitude. »   (Friedrich Nietzsche)

Moi aussi, j’ai eu du mal à accepter les idées de Karl Popper au début, en croyant à tort que la science consistait à collectionner des vérités vraies réellement réelles. 😉  À l’école, on n’aborde jamais les définitions de la scientificité, je pense que cette lacune est préjudiciable. Par ma propre expérience personnelle, j’estime que l’épistémologie de Popper est la mieux appropriée pour la méthode scientifique. La démarcation est une priorité et une nécessité. Je considère la science comme laïque. Cela n’empêche pas les scientifiques d’être des croyants, mais la croyance relève de la vie privée, la croyance ne doit pas interférer avec le regard critique objectif de tout observateur ou expérimentateur.

Comme les théories scientifiques, l’épistémologie est un domaine qui ne prétend pas à la vérité. L’épistémologie de Popper est la plus crédible, la plus efficace pragmatiquement, qui donne des résultats exploitables, par rapport à d’autres épistémologie (par exemple celle de Feyerabend). Mais, je dis bien « mais », cela ne veut pas dire que l’épistémologie de Popper est LA vérité. Bien que Popper a une influence «absolue» 😉 dans la philosophie des sciences, Popper n’est pas le pape, la science n’est pas une Église. S’il y avait encore plus efficace que Popper, je suis preneur. Sinon je me contente de Popper.

La science, finalement, c’est comme dans l’ingénierie : peu importe si les modèles sont «vrais», seule leur valeur opératoire importe. Le modèle théorique de l’atome par exemple, il peut comporter des erreurs sans que nous ne le sachions, mais c’est un modèle qui marche, qui donne des résultats : c’est là l’essentiel. Si on peut améliorer les modèles, on augmentera en efficacité. On sait fabriquer de l’aspirine pour soulager les migraines des mathématiciens, et surtout celles de ceux qui souffrent à cause des maths à l’école, on sait faire de l’aspirine c’est l’essentiel, même si on pourrait se tromper dans les concepts théoriques de la chimie.

Mais les doctrines mystiques, contrairement aux sciences, n’ont guère évolué depuis des siècles…

La science a pour moteur les erreurs pour construire les connaissances. Des connaissances faillibles, c’est-à-dire critiquables et perfectibles. D’où l’intérêt des controverses scientifiques : ce sont les erreurs qui font avancer.

Je termine par une image qui résume à la fois humoristiquement et sérieusement la scientificité sous un angle épistémologique :

sciencevscreation

En espérant avoir été suffisamment limpide.

Cordialement.

—–

Au lendemain de la publication de mon présent article, mon contact Facebook m’a répondu :

Je cite :

«Merci d’avoir pris du temps pour répondre.
J’ai trouvé ce qui me manquait, on ne cherche pas le coupable (la bonne piste, la vérité), on élimine les mauvaises pistes.
Comme dans une enquête « scientifique ». Ce qui évite la justice arbitraire en place publique. 
Je retiens l’image d’une « traque » en entonnoir, où les théories sont _les suspects_, la scène de crime _la réalité_ et le critère de réfutabilité _les alibis_. Quand on est en défaut de suspects, on ne sait pas, alors on élabore de nouvelles théories, et on reprend ses billes.
La satisfaction est de trouver de nouveaux éléments sur la scène de crime, confirmant une seule théorie. Au pire, on trouvera meilleure explication parmi un des suspects restant en lice. Mais il est « rare » qu’une théorie éliminée revienne en scène.
De plus, on a pas besoin de mobile : Dieu, Magie, pouvoirs occultes…

Au sujet du vaisseau spatial, l’hypothèse d’un voyage supraluminique est évoqué dans cette page wikipédia, http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9trique_d%27Alcubierre
Le modèle mathématique d’Alcubierre décrit une vague déformant l’espace-temps, et sur laquelle un vaisseau pourrait « surfer », celui-ci ne subissant pas (d’après ce que j’ai compris), les effets d’une vitesse supraluminique. C’est la bulle autour de lui qui se déplace, et par rapport à elle le vaisseau est juste immobile sur la vague. C’est du surf quoi… Je connais un secte New Age qui utilise ce concept pour convaincre « scientifiquement » leurs adeptes qu’il sont en contact avec des êtres (immatériels, qui plus est) venant du futur. Ce qui permet de plus de faire de la voyance « expérimentale ».

Au plaisir de vous suivre dans vos articles.»

Le parallèle entre la méthode scientifique et le fonctionnement du système judiciaire est pertinent. Ce sont deux méthodes équivalentes. Ce n’est peut-être pas par hasard que le magistrat Pierre de Fermat (juriste, avocat à Bordeaux, conseiller du roi auprès du Parlement de Toulouse) fréquentait les milieux scientifiques et était lui-même aussi un grand mathématicien (via le fameux théorème de Fermat qui a tenu en haleine des générations de mathématiciens).

Dans le système judiciaire, l’hypothèse de la culpabilité est soumise au critère de réfutabilité. Il y a possibilité de réfutabilité lorsqu’un alibi est vérifiable. Un alibi en béton, solidement vérifié, réfute la culpabilité, et établit donc l’innocence d’un suspect. Ou mieux encore, c’est l’hypothèse de la présomption d’innocence qui est soumise à l’épreuve des faits. Des preuves compromettantes accablent un suspect, donc son innocence présumée est réfutée. C’est l’innocence qui est réfutable à travers la vérification de l’alibi.

Si le système judiciaire n’était pas rationnel ni objectif, des abus se produiraient, ce ne serait plus de la justice mais de la terreur. Par exemple, le suspect est laid ; les jurés s’exclament : « – Délit de sale gueule, il est si laid que l’on devrait rétablir la guillotine ! », « – Messieurs les jurés, calmez-vous ! ».

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Bref, il est pertinent de comparer la rationalité de la justice à celle de la recherche scientifique. Le crime parfait n’existe pas. La théorie scientifique parfaite n’existe pas non plus. Le qualificatif de culpabilité est faillible, on doit pouvoir essayer de réfuter la culpabilité d’autrui. On procède par élimination des suspects innocentés par leur alibi. De même, toute théorie scientifique est faillible, on doit pouvoir essayer de la réfuter, on doit obligatoirement pouvoir la réfuter si elle est fausse. Évidemment, on préfère choisir les hypothèses les plus simples, donc les plus probables (par exemple, la combustion de méthane dans les marécages est plus probable que les feux follets surnaturels).

En ce qui concerne Alcubierre, son modèle est intéressant, il a le mérite de présenter des calculs, mais il n’est encore qu’une hypothèse à tester. Pour produire une vague dans l’espace-temps, je ne vois que les ondes gravitationnelles comme possibilité la plus crédible (les ondes gravitationnelles sont prédites par la théorie de la relativité, elles sont crédibles mais elles peuvent néanmoins être une hypothèse fausse). En supposant que les ondes gravitationnelles existent, la production de celles-ci nécessite une énorme quantité d’énergie, comme par exemple un système binaire de deux étoiles à neutrons en orbite l’une et l’autre. Il faudra surtout réaliser une expérience afin de tester l’hypothèse d’Alcubierre : avec un interféromètre, on compare la vitesse de la lumière dans un espace-temps «plat» avec la vitesse de la lumière qui se propage dans un espace-temps plissé (de type Alcubierre). C’est l’expérience qui déterminera si l’hypothèse d’Alcubierre est factuellement valide ou fausse. Pour l’instant, une telle expérience n’a pas encore été réalisée. Par exemple on pourrait utiliser un système binaire de pulsars, ces corps font éclipse sur une étoile lointaine située en arrière-plan, et on devrait voir par interférométrie une variation de la vitesse de la lumière de cette étoile, enfin c’est à peu près ce genre d’expérience qu’il faudrait tenter.

Mais soyons bien clair que le modèle d’Alcubierre reste une hypothèse quand qu’elle n’aura pas été testée expérimentalement. Un modèle peut paraître séduisant, crédible, véridique, mais ça ne veut pas dire que le modèle ou l’hypothèse EST la réalité.

Ce sont les faits qui sont vrais, pas les représentations logico-mathématiques que l’on en fait, surtout si on théorise avant de faire des expériences.

La science n’est pas fondée sur la confiance envers les théories, mais sur l’exigence de réfutabilité. On doit tenter de démolir une théorie pour évaluer sa solidité. Quand une théorie s’effondre comme un château de carte, on fait avancer la science, contrairement aux apparences.

  • « La qualité d’une expérience se mesure au nombre de théories qu’elle fait tomber. » (d’après un professeur à Polytechnique et chercheur du CNRS)

© John Philip C. Manson

Ma position par rapport au mouvement des Brights

Le Mouvement des brights regroupe des individus qui portent sur le monde un regard « naturaliste », c’est-à-dire libre de tout élément surnaturel ou mystique ; les brights fondent leur éthique et leur comportement sur une compréhension naturaliste de l’univers. S’inscrivant dans la continuité des Lumières, le réseau international des brights s’est constitué comme mouvement de visibilité de celles et ceux qui portent un regard « naturaliste » sur le monde ; le mode d’existence du réseau est basé sur l’utilisation d’internet.

  • Le naturalisme philosophique est la position selon laquelle rien n’existe en dehors de la nature : il n’y a rien de surnaturel ou, à tout le moins, que le surnaturel est sans influence sur le naturel.
  • Le siècle des Lumières est un mouvement intellectuel initié en Europe du XVIIIe siècle, dont le but était de dépasser l’obscurantisme et de promouvoir les connaissances; des philosophes et des architectes intellectuels, encourageaient la science et l’échange intellectuel, en s’opposant à la superstition, l’intolérance et les abus de l’Église et de l’État.

Voici ma vision des choses ci-dessous (c’est identique à la science actuelle, quand la méthode scientifique est respectée avec intégrité, professionnalisme et transparence) :

En ce qui me concerne, ma philosophie se base sur un naturalisme atomiste, matérialiste, mécaniste et empiriste. Je me base sur la méthode scientifique à travers le critère de la réfutabilité, dans le sens donné par Karl Popper. Le principe de réfutabilité en science a pour conséquence que la science n’établit pas des vérités inébranlables, mais des vérités faillibles fondées sur des représentations faillibles de l’univers et de la nature, à travers la recherche empirique. Ce qu’on appelle vérité est quelque chose de relatif. En revanche, des hypothèses fausses qui sont réfutées par des faits, sont infirmées définitivement. C’est la fausseté réelle des choses fausses qui est une vérité bien tranchée. Ainsi, à la lumière des faits, des connaissances peuvent être soit a priori vraies, soit certainement fausses. Une hypothèse (ou même une théorie scientifique) ne s’érige pas en vérité ; une hypothèse ou théorie est évaluée selon sa solidité par confrontation aux faits.

En physique et dans les autres sciences de la nature, une connaissance est faillible : si elle est fausse en soi, sa fausseté peut être définitivement établie, tandis que si elle est vraie en soi, on ne pourra pas prouver qu’elle est absolument vraie, on pourra juste corroborer la connaissance, on remarquera sa cohérence. Ce qu’on appelle la vérité, en sciences, ne se trouve que dans les mathématiques. Les maths sont indépendantes du monde matériel, elles sont abstraites, leurs lois leur sont propres. C’est étonnant que les maths soient autonomes par rapport au monde matériel, et qu’en même temps les maths peuvent expliquer de nombreux phénomènes matériels. Je suppose que le grand mathématicien Cédric Villani est de mon avis.   😉  Et désolé si je ne dis pas «LA mathématique», au singulier, question de (mauvaise) habitude.  🙂

De plus, les maths ont un avantage : il suffit d’un crayon et d’un papier, ou d’une craie et d’un tableau noir (mais un superordinateur pour les calculs longs c’est bien mieux). Les sciences expérimentales, elles, sont plus contraignantes : il faut un budget pour les instruments scientifiques, il faut faire un montage expérimental rigoureux (c’est facile de foirer une expérience), et parfois ça explose à la figure.

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  • Question métaphysique : la matière précède t-elle les mathématiques ? L’homme pensant invente ou crée les maths et les utilisent. Les cerveaux préexistent par rapport à l’existence des maths. Les maths existeraient-elles s’il n’existait pas d’hommes pensants ?

Je pense que les maths sont une extension de notre propre conscience. Peut-être que la conscience elle-même est un calcul auto-référent, mais je préfère vous éviter la migraine.

Retour sur ce qu’est une théorie scientifique :

methodescientifique

Pour faire une métaphore, une théorie est comme la sculpture d’une statue : on n’ajoute pas du matériau à l’ouvrage, mais on procède par élimination, on enlève ce qui est superficiel, comme si on taillait un roc informe, et l’ouvrage qui reste est ce qui est a priori vrai, sinon crédible. Mais c’est un ouvrage crédible qui ne sera jamais achevé définitivement, car il est sans cesse affiné petit à petit. A contrario, les hypothèses et théories douteuses, dans le contexte de la fraude scientifique, ou de la science fringe, ou de la pseudo-science, se caractérisent par des rustines multiples ajoutées ad hoc selon les faits nouveaux, sans même corriger ni remettre en question l’hypothèse ou la théorie érigée en dogme… Plus on rajoute des rustines sur les roues d’une théorie pour sauver celle-ci, moins le vélo roulera bien…

Ma vision naturaliste est caractérisée par des critères précis : un naturalisme scientifique dépourvu autant que possible de toute forme de subjectivité, un naturalisme fondé sur l’expérimentation et la réfutabilité. Une conception fondée sur l’utile et le nécessaire, tout en ayant conscience des incertitudes inévitables.

Jamais il ne faudrait dire qu’une théorie scientifique est vraie. Elle peut être vraie et cohérente mathématiquement, mais la physique comporte des incertitudes quantitatives que les mathématiques strictes ignorent. Par exemple, l’infini existe en maths, mais pas en physique. Une théorie scientifique n’est donc pas une vérité absolue, on dit plutôt que la théorie est crédible, à la fois par rapport aux maths, et à la fois par rapport aux expériences ou observations. Et cette crédibilité se mesure sur la cohérence propre de la théorie (accord entre les maths et l’expérience du réel) mais aussi sur la cohérence par rapport à l’édifice scientifique établi et par rapport aux sciences interdisciplinaires. Par exemple, en électrochimie, par exemple en réalisant une électrolyse : les lois de la physiques (électrostatique, électrodynamique, électromagnétisme) ne doivent pas entrer en contradiction avec les lois de la chimie (théorie de l’atome, modèle atomique, réactions chimiques).

Ensuite, jamais je n’accepte de voir la science associée à la pseudo-science et au mysticisme. Karl Popper avait posé un principe de démarcation épistémologique. Cette démarcation est une nécessité.

Et jamais je n’accepte de voir la science récupérée abusivement par des idéologies politiques ou religieuses dont la finalité est le pouvoir et le profit au mépris de la démocratie et de la liberté des peuples. La science doit rester indépendante de toute influence subjective. Le lyssenkisme sous l’idéologie soviétique par exemple. Le créationnisme par l’intégrisme chrétien ou autre, aussi, par exemple.

La désinformation est inacceptable. Tout citoyen a droit à l’information et à l’éducation. Les journalistes ont des devoirs déontologiques (Charte de déontologie du journalisme) : devoir de vérité, devoir de rectifier ce qui est inexact, devoir de rester critique, refus du sensationnalisme.

De même, le naturalisme non plus ne doit pas dénaturer la science pour servir l’athéisme. Ce que l’on croit ou ce que l’on ne croit pas ne fait pas partie de la science. Si j’avais des croyances, je les aurais mises au vestiaire quand j’entre dans l’arène de la science. En tant qu’athée ou agnostique, cela importe peu sur le suivi de la démarche scientifique. Les émotions aussi, il faut les laisser au vestiaire. Je n’ai besoin que d’un cerveau frais pour faire un raisonnement logico-mathématique, des yeux pour observer et expérimenter, et l’absence de subjectivité afin d’interpréter sans superficialité les données quantitatives des phénomènes observés.

La connaissance est un édifice faillible fondé sur une méthode qui a fait ses preuves. La science, ça marche, mais des conditions sont à respecter.

Si dépasser l’obscurantisme et promouvoir les connaissances sont l’objectif des Brights, je vais plus loin que ça. Comment ça ? La connaissance pourrait être vue comme une vérité qui abolit les mensonges de l’obscurantisme. Dans mon blog, j’ai montré que même des connaissances à l’apparence scientifique, à travers les médias de tous les jours, sont matière à tromperies, erreurs, lacunes et croyances… Le scepticisme scientifique, selon moi, doit s’appliquer aussi sur la (mauvaise) vulgarisation scientifique via le journalisme grand public. Depuis une dizaine d’années, et avec l’influence d’Internet, la vulgarisation perd en qualité (certains magazines, mais surtout dans le web), ça devient comme la malbouffe… On remplit le cerveau vite, mais mal, et inutilement. Mieux vaut former le cerveau au doute. L’émergence de magazines pseudo-scientifiques aggrave les choses.

J’ai ouvert une porte, d’autres devraient me suivre. Il n’existe pas d’information infaillible, le taux d’erreurs quantitatives dans le mauvais journalisme des sciences est plus grand qu’on ne l’avait pensé. La méthode scientifique et le raisonnement logico-mathématique c’est plus important que le concept de naturalisme, bien que les sciences tendent à montrer que l’univers est naturel et que l’hypothèse d’un Dieu est inutile. La science n’a pas à s’embarrasser de mysticisme. La rigueur dans la méthode scientifique, à travers la réfutabilité des hypothèses et des théories, c’est plus important que la crédibilité des théories elles-mêmes. En gros, peu importe la laideur de la destination, pourvu que le voyage ait été bon, Voila.

Tout doit être autopsié (tout doit-il disparaître ?). De quoi être indécis entre l’autopsie et la boucherie… Toubib or not toubib, that is the question.

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© 2013 John Philip C. Manson

Un échantillon de physique quantique douteuse sur Youtube

Une vidéo sur la physique quantique ? La vidéo peut être résumée comme un récit sur la place de l’être humain dans l’univers, la perception sensorielle de la «réalité», et la distinction entre ce que l’œil perçoit et ce que le cerveau interprète via les signaux électriques cérébraux. Une vague analogie de l’excellente trilogie Matrix. Mais la récupération du mot «quantique» en dénaturant son sens scientifique, c’est typique de la doctrine New Age. En fait, dans la vidéo il n’y a pas de physique quantique.

Des internautes ayant examiné la vidéo ont exprimé leur méfiance. En tête des meilleurs commentaires, je cite celui-ci : «Si, c’est un pur délire… mais pas gratuit, effectivement : il s’agit, comme toujours pour les sectes, d’introduire d’abord des contre-vérités et même de gros mensonges pour déstabiliser puis, in fine, remodeler et manipuler la conscience. Ici, je le répète, rien à voir avec la physique quantique… juste une errance mystico-délirante, qui ose en outre se réclamer de « vérités scientifiques » au mépris de toute vérité scientifique, de toute vérité tout court. Une vraie honte intellectuelle…»

Ces internautes indignés ont raison.

Voici ci-dessous un texte qui résume avec concision ce qui distingue la physique quantique de la pseudo-science mystique ou métaphysique :

quantictube

Sur Youtube, le pire côtoie le meilleur… Faites gaffe… On trouve de tout dans une secte, sauf la sortie.

Je pense aux jeunes qui regardent les vidéos sur Youtube, et qui croient que tout est scientifique et vrai. Très grave erreur.

Il faut acquérir assez tôt les réflexes de l’esprit critique pour démasquer et dénoncer les impostures. C’est comme l’apprentissage scolaire du calcul, l’esprit critique devrait être, comme le calcul, une habitude.

C’est anormal que le business de l’irrationnel dépasse le budget de la recherche scientifique, dont la recherche médicale contre le cancer et le sida. À cause de la crédulité humaine. Armez-vous d’esprit critique.

  • «Si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle.»   (Noam Chomsky)

Bibliographie :

© 2013 John Philip C. Manson

Quand va-t-on finir par interdire l’homéopathie en France ?

Quand va-t-on finir par interdire l’homéopathie en France ? Quand finira-t-on de traiter avec le moindre respect cette industrie du placebo ?

Cette question posée par un internaute est intéressante.

Depuis longtemps, je me demande pourquoi l’homéopathie, cette pseudo-science, bénéficie d’un traitement de faveur au sein de la médecine.Si l’effet placebo est fondé sur une réalité, il reste limité et ne soulage que 15 à 30% des patients.

Le seul avantage de l’homéopathie est que ses produits ne présentent aucun effet secondaire indésirable : normal, parce que ce ne sont pas des médicaments. Un vrai médicament a nécessairement toujours des effets, et la chimie ne sait pas créer des médicaments qui n’ont QUE des effets positifs recherchés, il existe toujours des effets indésirables variables selon la nature du médicament.

Mieux vaut prendre un bon truc qui peut occasionnellement avoir le risque d’être mauvais, plutôt que prendre un truc totalement inoffensif mais complètement inefficace et inutile. Le placebo ne peut pas remplacer vraiment un véritable traitement. En homéopathie, au-delà de 12CH (centésimale hahnemannienne), le produit «actif» n’a plus la moindre molécule présente dans la pilule ou le flacon.

Ce n’est pas avec une pseudo-science que l’on vaincra ces saloperies que sont le cancer et le sida…

http://www.pseudo-medecines.org/pages/homeopathie-3605370.html

L’homéopathie est une croyance et une fumisterie.
D’après les expériences, il n’existe aucun effet autre que celui du seul placebo. Pour la chimie moderne, l’homéopathie est un non-sens.

L’homéopathie c’est inefficace, certes, mais pas dangereux en soi. L’interdit n’est pas urgent s’il n’y a pas de danger. On peut cependant argumenter que les gens qui utilisent l’homéopathie se mettent en danger, par exemple à croire seulement en l’homéopathie en cas de dépression ou de cancer, mais on ne peut pas protéger les gens malgré eux.

En revanche, ce qui est absolument inacceptable c’est le remboursement par la sécurité sociale des consultations homéopathiques (60 à 70%) et des préparations associées (30%). Scandaleux !

Une grippe non traitée guérit en une semaine.
Une grippe soignée par homéopathie guérit en 7 jours.
© 2013 John Philip C. Manson