Les questions difficiles ou bizarres en entretien d’embauche

Les questions au cours d’un entretien d’embauche sont souvent bizarres, parfois saugrenues, et fréquemment sans aucun rapport avec les compétences et les connaissances requises pour le poste à pourvoir… On a souvent même l’impression que les DRH se prennent pour des psys qui considèrent les candidats comme des cobayes de laboratoire, surtout en se basant sur des critères de sélection complètement farfelus et ineptes comme le langage non verbal et les interprétations gestuelles… Des méthodes qui ressemblent aux croyances en vigueur au cours du Moyen-Âge. Hé, réveillez-vous ! On est au vingt-et-unième siècle !!!

 

Évidemment, certains métiers ne sont pas forcément basés sur la logique ou les maths, c’est certain. Les métiers comme assistance sociale ou infirmière, ou auxiliaire de vie, ça demande de l’empathie et des qualités humaines positives. Il est donc pertinent que la façon de recruter soit liée à la psychologie et à des (vrais) tests de personnalité dans le cadre de professions liées à des services empathiques.

Mais quand les métiers n’ont rien à voir avec la personnalité, mais plutôt reliés au bon sens, l’intelligence, ou la logique ? Quand le poste à pourvoir est en dissonance totale avec les méthodes de recrutement, c’est anormal, il y a un vrai problème.

Quand un commerçant recrute une caissière, il va évaluer plutôt si elle sait rendre la monnaie en faisant le moins d’erreurs possibles, c’est même essentiel. Le commerçant ne va pas demander aux candidates leur signe astrologique, ni faire une évaluation en interprétant la gestuelle de la personne.

Une fois, vers octobre ou novembre 2011, il y en a un qui m’a raconté que, lors d’un entretien au cours duquel il a argumenté verbalement, le recruteur lui a fait remarquer qu’il n’avait pas « bougé les mains ». Mais les mains, on les bougent si on en a envie, qu’est-ce que ça peut lui foutre ? Ce sont les politiciens (ces menteurs profesionnels) qui bougent les mains, comme pour séduire ou donner une ambiance particulière, ou pour distraire les moutons afin de détourner leur attention qui était portée sur la parole. Ce sont les mots dans les paroles ou les textes écrits qui sont essentiels, pas les gestes ! C’est un non-sens, certaines façons de procéder pour évaluer les candidats… Franchement, on est candidat pour être chimiste, caissier, ou pépiniériste, etc, et cela n’a aucun rapport avec les métiers de la communication, aucun ! Tiens, je vais bouger les mains comme un italien, sans rien dire (puisque les mots ne servent à rien, le recruteur s’en fout de ce qu’on dit), je vais être embauché parce que j’ai l’air con à remuer les mains ? C’est vraiment absurde ! Peut-être que les recruteurs sont des malades, mais les candidats sont encore plus malades quand ils entrent dans le jeu cynique des recruteurs.

 

Voici un bouquin intéressant qui dénonce les gourous de la communication :

 

Avec les délires de la com’, notre société tend à suivre un modèle douteux : la secte. Coaching, développement personnel… Oui, une secte. Les sectes ne sont pas seulement limitées aux mouvances religieuses. Les sectes ont plusieurs visages :

  • 34% concernent la sécurité des personnes et des biens,
  • 22% touchent à l’éducation des mineurs,
  • 22% relèvent du domaine de la santé
  • 17% impactent la sphère du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle.

Ces chiffres proviennent de http://www.derives-sectes.gouv.fr/faq. Face à ces multiples domaines, contrairement aux idées reçues : les dérives sectaires dans le domaine religieux sont très minoritaires.

 

 

 

Rappel du Code du Travail en France :

  • Les méthodes et techniques employées doivent être pertinentes au regard de la finalité poursuivie aux termes des articles L 1221-8 et L 1222-3 du Code du Travail.
  • 1.3. La Cour d’Appel de VERSAILLES : « Selon les articles L 1222-2 et L 1222-3 du code du travail, les informations demandées à un salarié ne peuvent avoir comme finalité que d’apprécier ses aptitudes professionnelles, elles doivent présenter un lien direct et nécessaire avec l’évaluation de ses aptitudes. Le salarié est tenu de répondre de bonne foi à ces demandes d’information. Le salarié est expressément informé, préalablement à leur mise en œuvre, des méthodes et techniques d’évaluation professionnelles, mises en œuvre à son égard. Les résultats obtenus sont confidentiels. Les méthodes et techniques d’évaluation des salariés doivent être pertinentes au regard de la finalité poursuivie.
  • Article L1132-1, modifié par LOI n°2014-173 du 21 février 2014 – art. 15 : Aucune personne ne peut être écartée d’une procédure de recrutement ou de l’accès à un stage ou à une période de formation en entreprise, aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, telle que définie à l’article 1er de la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d’adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations, notamment en matière de rémunération, au sens de l’article L. 3221-3, de mesures d’intéressement ou de distribution d’actions, de formation, de reclassement, d’affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle, de mutation ou de renouvellement de contrat en raison de son origine, de son sexe, de ses mœurs, de son orientation ou identité sexuelle, de son âge, de sa situation de famille ou de sa grossesse, de ses caractéristiques génétiques, de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une race, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales ou mutualistes, de ses convictions religieuses, de son apparence physique, de son nom de famille, de son lieu de résidence ou en raison de son état de santé ou de son handicap.

Ce qui laisse comprendre que l’astrologie et la graphologie, la phrénologie, le langage non verbal, et une pléthore de tests de personnalité, par exemple, ne sont pas des méthodes pertinentes, elles sont farfelues, et sont de fait illicites. Des outils comme le test de Rorschach, la graphologie, l’astrologie et la numérologie, sont interdits par la loi dans un contexte de recrutement, et toute entreprise utilisant ces méthodes peut comparaître devant un tribunal par un candidat. Ces méthodes doivent être dénoncées et condamnées.

Veuillez regarder via le moteur Google ce qui se raconte à propos des méthodes et techniques de recrutement, vous allez être sidérés…

Voici un exemple de ce qui s’est vu (et se voit encore) sur le marché de l’emploi :  https://jpcmanson.files.wordpress.com/2015/08/lfdr.pdf

 

Autrefois, c’était tellement plus simple, on allait s’entretenir auprès du patron directement, sans passer par des intermédiaires douteux, et on passait par une période d’essai afin de savoir si on était compétent pour le poste à pourvoir. De nos jours, c’est n’importe quoi. Je plains les jeunes qui vivent cette époque à la con.

 

 

L’article du Figaro a montré que, parfois, et même plutôt rarement par rapport aux entretiens classiques bizarres, les questions pouvaient être (enfin) de nature logique ou mathématique, comme on va le voir ci-dessous. Quand j’ai postulé autrefois, on ne m’a jamais proposé des questions d’ordre logico-mathématique, c’était plutôt de la pseudo-psychologie hors contexte en regard des compétences que l’on doit avoir pour le poste à pourvoir…

Montez votre entreprise, soyez indépendants, c’est le meilleur conseil à proposer. Le salariat en France est devenu une impasse, et les recruteurs (qui proviennent de je ne sais où) prennent souvent les candidats pour des cons, en utilisant des critères débiles.

 

Voici des exemples de questions de mathématiques (ça dépend des métiers, en effet, mais on ne m’a malheureusement jamais proposé ce genre de questions enfin intelligentes) :

 

  • IMC Financial Market, un opérateur boursier hollandais, dont l’un des recruteurs a exposé la devinette suivante: «Si trois personnes sont dans une salle, quelle est la probabilité qu’au moins deux personnes soient nées le même jour de la semaine?».

La question paraît relativement simple. Certains peut-être auront été pressés de résoudre la question en répondant par un calcul probabiliste basé sur la loi binomiale.

P = (7! / (2! * 1!)) * (1/7)² * (6/7) = 0,052 soit environ 5%.

Mais la question comporte un piège ! En effet, il ne s’agit pas stricto sensu d’un jour précis exclusif comme « deux personnes nées un dimanche » ou « deux personnes nées un vendredi ». Il faut tenir compte de tous les jours de la semaine !

Donc :    P = 1 – (7!/((7-3)! * 7^3)) = 0,3878 soit presque 39%.

Le principe est équivalent au paradoxe des anniversaires : ce n’est pas deux personnes nées strictement un jour précis exclusif de l’année, mais en réalité un jour quelconque, chacun des jours de l’année est pris en compte.

Il y a une différence entre une possibilité exclusive et l’ensemble des possibilités. Saisir la nuance, c’est mériter de devenir opérateur boursier, dans le cas étudié ici. C’est logique et pertinent.

Réfléchissons une seconde. Si vous êtes candidat et si l’on vous propose des questions ou une évaluation qui contiennent une once de bizarrerie ou l’emploi de méthodes ou techniques farfelues, vous êtes en droit de vous demander si le poste à pourvoir est complètement bidon. Il suffit de lire des listes d’offres d’emploi pour se rendre compte que depuis quelques années le nom de l’entreprise ou de l’employeur est parfois devenue anonyme : les candidats ne savent pas sur quoi ils vont tomber. Et ça c’est louche.

Sérieusement, devenez freelance, devenez habile dans un domaine que vous aimez, foncez et lancez-vous, et n’abandonnez jamais ! Vous réussirez. Ne perdez pas votre temps chez des agences qui ne vous aiguilleront jamais vers un emploi. Les 3 activités pro que j’ai eu successivement au cours des années, ce n’est pas Pôle Emploi qui m’a permis de les avoir, jamais ! La liberté a un prix, c’est très dur de maintenir une entreprise en vie, il faut bouger, c’est sûr, mais rien ne vaut la liberté !

 

Voici un autre exemple de question liée aux mathématiques :

  • AXA et Altran Group n’ont pas à rougir. Le groupe spécialisé dans l’assurance a posé la question suivante: «Une corde, plaquée au sol, permet de faire le tour de la Terre autour de l’équateur. On ajoute 1 mètre à cette corde. On obtient donc un cercle un peu plus grand. Une souris pourrait-elle passer sous la corde?».

Là, la question est nettement moins difficile que les calculs de probabilités vus plus haut. Un diplômé du Bac n’a aucune difficulté pour résoudre les problèmes de la théorie des probabilités, à condition d’avoir du flair pour repérer des pièges éventuels. Réfléchir est plus important que le calcul lui-même.

Initialement, la Terre a un rayon constant R, et la circonférence de la corde est égale à celle de la Terre, soit 2 pi R.

Ensuite, la circonférence de la corde devient 2 pi R + 1. La différence entre le rayon circulaire de la corde et le rayon terrestre est calculable selon l’égalité suivante :   2*pi*(6378000+x) – 2*pi*6378000 = 1. Après allongement de la corde de 1 mètre, la corde passe à x = 1 /(2*pi) mètre au-dessus de la surface du globe, soit environ 15,92 centimètres. Oui, une souris peut passer sous la corde, et même un gros rat aussi. Un collégien est capable de résoudre ce problème et peut répondre à ce type de question.

 

 

© 2016 John Philip C. Manson

 

Miss France : hasard ou déterminisme ?

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Dans la couverture du magazine ci-dessus, on voit 6 candidates du concours Miss France, choisies pour la photo de couverture, parmi un total de 31 candidates.

Or la nouvelle Miss France, élue samedi 19 décembre 2015, est Miss Pas-de-Calais, qui figure parmi les 6 candidates de la couverture de Télé Poche, ci-dessus.

On me demande : c’est du hasard que la gagnante soit sur Télé Poche avant d’être élue, ou alors c’est truqué ?

J’ai la réponse à cette question.

Premièrement, j’ai réalisé un script Perl qui effectue un calcul stochastique.

Voici le code source :

 

$n = 0;
for ($t = 1; $t <= 1000000; $t++)
{
$p = 31;
for ($f = 1; $f <= 6; $f++)
{
$alea = 1 + int(rand($p));
if ($alea == 1)
{
$n = $n + 1;
}
}
}
$n = $n * 100 / 1000000;
print(« $n % \n »);

 

Selon le résultat du script Perl, il y a environ 19,4% de probabilité pour que la future gagnante soit parmi les 6 candidates de la photo de couverture du magazine.

Mathématiquement, la probabilité est P = 1 – (1 – (1/31))^6 = 0,177.   Soit 17,7%.

Ce qui suit ci-dessous est la réédition du 4 janvier 2016 :

Amélioration du calcul stochastique avec un nouvel opérateur conditionnel (=~) : je trouve environ 15% comme résultat, qui demeure presque identique à ce que j’ai trouvé.

Donc oui, cela peut être dû au hasard.

Mais ce n’est pas fini ! On me dit aussi : « Mais attendez ! Sur la photo des 6 candidates parmi 31, il y a la nouvelle Miss France mais aussi ses 3 premières dauphines ! ».

Quelle est la probabilité pour que Miss France 2016 apparaisse avec ses 3 premières dauphines sur une photo de 6 candidates à partir d’un ensemble de 31 candidates, sachant que la photo a été réalisée avant l’élection ?

Mon résultat par calcul stochastique, avec le nouvel opérateur conditionnel (lequel détecte des nombres précis dans une chaine de caractères), livre ce résultat implacable : la probabilité est de 0,012%, soit environ une chance sur 8475. Là, ce n’est plus du tout un hasard…

 

Le nouveau code Perl amélioré :

$lot = « -« ;
$n = 0;
for ($t = 1; $t <= 1000000; $t++)
{
$p = 31;
$lot = « -« ;
for ($f = 1; $f <= 6; $f++)
{
$alea = 1 + int(rand($p));
$lot = « $lot-$alea »;
} #2
if (($lot =~ « -1-« ) and ($lot =~ « -2-« ) and ($lot =~ « -3-« ) and ($lot =~ « -4-« ))
{
$n = $n + 1;
}
$lot = « -« ;
} #1
$n = $n * 100 / 1000000;
print(« $n % \n »);

 

—-

John Philip C. Manson

 

P.S.: Je trouve que Miss Provence était la plus jolie… Mais bon, la beauté est un critère très subjectif… Et dans l’ensemble, je les trouve toutes bien maigres cette année…

Statistiques : les oméga-3 préviennent-ils l’apparition des troubles psychiatriques ?

En résumé : une supplémentation en oméga 3 permettrait de prévenir l’apparition de la schizophrénie chez les personnes à risques, selon une étude.

Détails essentiels :

  • L’échantillon se compose de 47 volontaires.
  • Les volontaires ont ensuite été suivis pendant 7 ans. Durant cette période, 40 % des jeunes ayant reçu un placebo ont développé une schizophrénie contre seulement 10 % pour le groupe supplémenté.

Comme trop souvent, un autre détail essentiel est manquant dans ce genre d’études publiées par la presse grand public : l’indice de confiance (généralement de 95%), et les données montrant que le résultat est significatif (avec le paramètre p-value).

Une formule permet de savoir le nombre minimum nécessaire de volontaires pour considérer que l’étude statistique n’est pas biaisée.

 

  • n = t² * p * (1 – p) / m²
  • n = nombre de volontaires (taille minimale de l’échantillon). Ici, valeur à calculer.
  • t = niveau de confiance (souvent 95%, ici paramétré comme coefficient valant 1,96).
  • p = probabilité de réalisation de l’événement (ici 5/47, pour l’échantillon témoin).
  • m = marge d’erreur (ici à 5%, soit 0,05).

 

On trouve alors :  n= 146. On peut conclure qu’un échantillon de 47 personnes volontaires est trop faible, l’étude peut être biaisée. Un résultat jugé significatif peut ne pas l’être si la taille de l’échantillon est trop faible… Il aurait fallu au moins 146 volontaires pour réaliser cette étude.

Les huiles Oméga, c’est à la mode en ce moment, encore un nouveau produit marketing. Ce qu’on entend moins souvent dire, c’est que l’excès de ces omégas est mauvais pour la santé… Voir ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Om%C3%A9ga-3

 

Ce présent article ici va sûrement intéresser Cédric.    😉

 

Paragraphe additionnel :

Tiens, pour enfoncer le clou, on va faire le test du Khi carré : supposons qu’il y avait un groupe de 47 personnes recevant le placebo, et un groupe de 47 personnes recevant les oméga 3.

Donc, selon les données connues : environ 19 personnes sur 47 développèrent un trouble mental suite au placebo, tandis que 5 environ sur 47 développèrent ce même trouble en prenant des omégas 3.

Est-ce significatif pour autant quand on constate une différence ?

C’est ce que le Khi 2 permet de vérifier :

  • X² = ((4.7 – 18,8)²/18,8) + ((42,3 – 28,2)/28,2) = 17,625

Ainsi la valeur du X² vaut 17,625. Avec un degré de liberté égal à 1.

On doit consulter cette table pour trouver la p-value :

khi2

Ne pas tenir compte du surlignage en rouge.

On cherche la valeur 17,625 sur la première ligne, et on voit que ça correspond à une p-value inférieure à 0,001. Ce qui révèle clairement que le résultat de l’étude est très significatif. Rien d’étonnant quand on sait que l’étude est biaisée…

Avec un échantillon statistique de taille trop faible, on peut être amené à des découvertes qui n’en sont pas.

 

En ce moment, Internet est désert… Y a quelqu’un ? L’écho résonne comme dans une pièce vide. Ah mais ouiii, ils sont peut-être tous internés à l’asile psychiatrique… Lol.   

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John Philip C. Manson

 

 

Nibiru la cause du réchauffement climatique ?

Point par point, je donne une réponse à chaque affirmation :

  • Les comètes et météorites se multiplient au fur et à mesure que les années passent.

C’est faux, c’est même le contraire, selon une décroissance exponentielle. On peut même supposer que cela suit la loi exponentielle de la forme N(t) = k.e^(-k.t)  où N désigne le nombre de météorites en fonction du temps (t), et selon la constante k. Les météorites finissent un jour ou l’autre à tomber sur une planète ou sur le soleil : il y en a donc de moins en moins en mouvement dans l’espace, car une fois qu’une météorite se consume dans l’atmosphère d’une planète elle est détruite, ou bien la météorite forme un cratère au sol. Une fois tombée, chaque météorite reste là où elle est…

 

  • De plus , ce n’est pas une coïncidence si elle arrivent de la même direction. 

Il existe divers type de météorites selon leur origine : les perséides, les céphéides, les géminides, les léonides, et caetera… C’est souvent d’après le nom d’une constellation du zodiaque. Normal car les météorites ont une orbite autour du soleil, et en ce sens elles font partie du système solaire, et leur orbite peut faire intersection avec l’orbite terrestre circumsolaire. Et comme il s’agit d’une orbite, c’est évident que cela provienne en apparence de la même direction, ce que l’on appelle le radiant.

Une image montrant des orbites elliptiques qui coupent l’orbite de la Terre. Mais non pas une direction, mais plusieurs directions qui font la distinction entre les perséides, les céphéides, les géminides, les léonides, et caetera…

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  • Les orbites irrégulières des planètes. Elles ont convaincu les astronomes de l’existence de la Planète X , tellement que le directeur de la NASA a déjà déclaré ceci : « Les astronomes sont tellement certains que la 10 ème planète existe qu’ils pensent qu’il ne reste plus qu’à lui donner un nom. »

La planète X, ou dixième planète, est une appellation obsolète… Après la découverte de Pluton (en 1930) et celle de sa lune Charon (en 1978), on a découverte des planètes naines transneptuniennes : Varuna (découvert en 2000), Ixion (2001), Quaoar (2002), Sedna (découvert en 2003), Orcus (2004), Eris et Makémaké (découverts en 2005).

Cependant, aucune trace de Nibiru. Cette pseudoplanète qui se dirigerait vers la Terre est une fiction.

La citation que l’auteur dans le site Wikistrike attribue au directeur de la NASA, si elle est authentique, doit probablement dater d’avant les années 2000… (En effet, elle date de 1992)

Il serait enfin temps de t’intéresser à la vraie astronomie plutôt que s’accrocher aveuglément à des mythes pseudoscientifiques… Non ?

  • Le symptômes sont tellement nombreux que la conclusion s’impose par elle-même.

Absolument pas. J’ai montré le contraire…

  • Augmentation de la quantité de volcans , tremblements de terre , météorites , etc. 

Le volcanisme et les séismes montrent que la Terre est durablement active. Mais en aucun cas ces mécanismes naturels sont en augmentation. Le noyau de la Terre refroidit même peu à peu, et l’activité tectonique ralentit : il y a de moins en moins de séismes et de volcanisme, mais cette décroissance est très lente, ça prend des milliards d’années.

  • On ne peut pas voir Nibiru à l’œil nu , tout simplement parce qu’il arrive de la direction d’ou se trouve le soleil.

Bin voyons ! Cela t’arrange bien, hein ? Mais alors, si on y réfléchit : si Nibiru vient vers nous, et que le soleil est sur son chemin, c’est le soleil qui sera percuté par Nibiru, donc la Terre sera épargnée.

Ensuite, la probabilité pour un astre de rayon r entre en collision avec un autre astre de taille similaire situé à une distance R est de P = (1/4) * arcsin ² (r/R). Grosso modo, il y a un risque de 1 sur 10 millions de  milliards pour qu’un tel événement survienne, parce que les distances entre les astres sont significativement plus grandes que la taille des astres.

 

  • Il y a aussi la possibilité souvent évoquée qu’il pourrait s’agir d’une naine brune.

Tiens ? Une naine brune ? D’autres versions du mythe affirment que c’est une planète. Ou un éléphant rose, ou une licorne en plastique…

Nibiru désigne en réalité une divinité secondaire de la mythologie babylonienne, Nibiru est un dieu parfois associé au dieu Marduk.

L’écrivain de science-fiction Zecharia Sitchin, autoproclamé « historien » a écrit en 1976 un livre de science-fiction dans lequel il fait l’amalgame entre le dieu babylonien Nibiru/Marduk et une planète fictive qu’il a inventée. Dans leur délire, les fans de Sitchin ont détourné la science-fiction de son contexte pour en construire un mythe moderne. Depuis l’émergence d’Internet, les versions de ce mythe se sont multipliées, selon les concepts subjectifs délirants de chaque internaute.

Certains ont fait du roman de Sitchin une sorte de théorie, laquelle a été reprise par plusieurs mouvements New Age (dont certains ont la caractéristique d’une secte) qui associent la succession des différentes « ères » au passage de la planète Nibiru près de la Terre, et pour lesquels l’avènement du « Nouvel âge » correspondra donc à un nouveau rapprochement entre notre planète et l’astre mythique. La date de décembre 2012, fut présenté comme une date-clé, mais le 21 décembre 2012 n’a rien à voir avec le mythe babylonien mais a plutôt un rapport avec l’un des différents calendriers de la civilisation maya, ce qui est complètement hors contexte.  Le New Age a tendance à tout mélanger pour faire monter la mayonnaise, sans crainte des contradictions par conséquent à travers des concepts entremêlés et complètement déconnectés de leur réel contexte.

Sur Google Trends on peut visualiser l’historique du mot Nibiru comme critère de recherche sur Google depuis 2004. En gros, le mythe se répand sur Internet au début des années 2000, puis le buzz démarre vers août 2008. Et ensuite les journalistes exploitent le buzz, pour vendre du vent évidemment. Et le buzz atteint son paroxysme fin 2012, pour ensuite choir soudain, parce qu’il ne s’est rien passé le jour de la fin du monde, faisait perdre définitivement toute crédibilité sur Nibiru… Un mythe peut mentir à beaucoup de monde, mais un mythe ne peut pas durer tout le temps.

La pièce de théâtre est terminée, tirez le rideau !

Au fait, quel rapport entre le volcanisme qui s’emballerait (ce qui est faux), l’accroissement présumé (mais faux) de la quantité de météorites et une naine brune (…fictive, ou une planète fictive aussi, selon les délires divergents) ? Aucun…

Mais continuons à lire l’auteur de Wikistrike :

  • Nibiru est un système solaire ( plus petit que le nôtre ) composé de 7 planètes. La taille de la planète principale – Nibiru – est indéterminée , certaines sources mentionnent 3 ou 4 fois la masse de Jupiter , d’autres 3 ou 4 fois la masse de la Terre. 

Les sources ne sont pas fiables, car il y a une contradiction : comment peut-on observer des détails sur Nibiru en temps que système planétaire si Nibiru arrive de la direction où se trouve le soleil ?

De plus, comme la Terre tourne autour du soleil en une année, la trajectoire de Nibiru doit nécessairement être spiralée et non rectiligne afin que Nibiru, le soleil et la Terre restent alignés ! Et une spirale comme trajectoire, ça implique de fournir une énergie au lieu d’une trajectoire rectiligne ou parabolique ou hyperbolique due à la seule inertie.

Autre contradiction : Nibiru est redevenue une planète, ce n’est déjà plus une naine brune ? Nibiru est le foyer du système ou n’est-il qu’une planète en orbite autour de sa propre étoile ? C’est à n’y plus rien comprendre !

 

  •  La magnétosphère – le bouclier magnétique de la terre qui nous protège contre les rayons du soleil – est de plus en plus faible.

Il n’y a que toi qui l’affirme… Mais il n’y a pas fallu attendre Nibiru pour qu’il y ai inversion des pôles magnétiques terrestres : le phénomène s’est produit des centaines de fois dans l’histoire géologique de la Terre, et il n’y a pas eu la fin du monde à cause de cela…

  • l’héliosphère – le bouclier magnétique qui protège non seulement le soleil , mais notre système solaire au complet contre les rayons cosmiques – est lui aussi en train de se modifier. 

L’héliosphère n’a rien d’un bouclier. Le vent solaire est un flux de particules dont la pression est très faible. En train de se modifier ? Pure invention…

Les rayons cosmiques atteignent la Terre quand même, rien ne les arrête. Mais les rayons cosmiques ne sont pas une menace.

  • le noyau de fer qui est au centre de la terre s’est mis à tourner plus vite. Le noyau de la terre a accéléré sa rotation , donc création de plus de chaleur au centre de la terre. Et puisque la chaleur monte … plus d’activité volcanique et sismique.

Friction, oui, mais quand les milieux sont solides. Mais le noyau est solide, et il tourne sur lui-même dans un milieu plus fluide. L’activité volcanique concerne le manteau supérieur et la croûte terrestre.

Personne n’a observé une augmentation de l’activité sismique et du volcanisme.

Il n’existe aucun rapport entre l’activité tectonique terrestre et l’arrivée (fictive) de Nibiru, cela n’a aucun sens…

  • Imaginez un nouvel arrivant dans notre système solaire qui serait bourré de force électromagnétique. 

En elle-même, l’expression semble remplie de mysticisme et de magie, dénotant une méconnaissance de la physique. Une planète et une étoile, c’est d’abord une masse dont la propriété principale est un champ de gravitation. Mais comme cela ne suffit pas pour les ignorants, il faut y introduire de la magie et du merveilleux : une force mystérieuse, des lumières bizarres, et pourquoi pas le bruissement des sabrolasers de Starwars ? « Rrr shhhh rrr shh (respiration de Dark Vador), Luke ! Je suis ton père ! »

 

  • En traversant la Ceinture de Kuiper et le Nuage d’Oort , 2 immenses zones de débris qui sont aux confins de notre système solaire, Nibiru a poussé devant lui quelques objets – comme Elenin et Lovejoy , ainsi que et la météorite qui est tombée en Russie – qui avaient la même polarité. (puissance électromagnétique) 

Mais combien de temps a t-il fallu pour Elenin et Lovejoy pour provenir du fond du système solaire jusqu’à nous ? Des millénaires.

Mais les comètes ne sont pas poussées vers nous en une trajectoire unique : elles ont une orbite, longue certes, mais elles vont et elles viennent, en tournant autour du soleil depuis des milliers d’années. Si Nibiru avait perturbé l’orbite des comètes, ça se serait produit il y a des milliers d’années, il y a longtemps. Elenin a déjà fait plusieurs fois le tour du soleil, sachant qu’il faut plus de 10000 ans pour faire un tour complet autour du soleil.

Ainsi, si Nibiru avait perturbé les comètes, cela aurait été le cas il y a bien longtemps, et Nibiru nous aurait déjà anéanti depuis longtemps…

Quant à la « polarité électromagnétique » est une foutaise. Pffff, comme si les comètes et les planètes étaient des bornes Wi-Fi ou des antennes relais des télécommunications… Si les comètes avaient des champs électromagnétiques, alors la comète Tchouri auraient grillé l’équipement électronique de la sonde Philae et la sonde Rosetta depuis longtemps…

 

Bon, on arrête maintenant, c’est l’indigestion…

 

John Philip C. Manson

Les lieux sacrés et les alignements entre eux

Je reviens sur un des paragraphes de mon article https://jpcmanson.wordpress.com/2015/07/08/silence-ca-pousse/ dans lequel était évoqué le Vercors, que certains qualifient de « haut lieu énergétique »… Expression étrange à prendre avec des pincettes, bien sûr. S’il y avait vraiment de hautes énergies, il y aurait longtemps que les prophètes du développement durable les auraient exploitées…

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Selon le site ci-contre http://reve-la-tion.over-blog.com/article-hauts-lieux-energetiques-118830803.html les lieux « énergétiques » se situeraient à l’intersection de lignes « d’énergie », un peu comme « les méridiens d’acupuncture ». J’ai connaissance que cela s’appelle aussi « lignes ley », et cela me fait penser au « réseau Hartmann ».

Bien évidemment, si je parle de ce sujet, c’est pour en faire une analyse critique, et certainement pas pour en proclamer une quelconque adhésion.

Examinons bien l’image : https://eurogrille.files.wordpress.com/2013/01/avebury-mont-saint-michel.jpg

Les lignes font des intersections et tracent des formes hexagonales.

Trois lieux ont retenu mon attention : Stonehenge, le Mont Saint-Michel et l’île d’Oléron. L’alignement de ces trois lieux est-il parfait ? Non ! Le Mont Saint-Michel est approximativement au sud de Stonehenge, avec une déviation angulaire vers l’est de 18,25 minute d’arc, et l’île d’Oléron est approximativement au sud du Mont Saint-Michel, avec une déviation angulaire vers l’ouest de 12,66 minutes d’arc. De plus, la distance entre Stonehenge et Saint-Michel est carrément différente de la distance entre Saint-Michel et Oléron : 283,64 km pour la première distance, et 302,81 km pour la deuxième. Tandis qu’avec des hexagones réguliers, les segments auraient dû avoir géométriquement la même longueur. Vu la grandeur des distances pour un hexagone, cette aire couvre la surface d’un ou de deux départements français, il est donc naturel de trouver fortuitement des villes importantes (au moins 1 préfecture et des sous-préfectures) à proximité des « noeuds » de convergence des lignes… De là à les considérer comme des lieux sacrés…

Un calcul m’indique que si l’on disperse 34 points aléatoirement sur un plan, alors la probabilité qu’il y ait au moins 3 points alignés (selon une déviation angulaire inférieure ou égale à 0,5°) est supérieure à 50%. Ainsi, sur une carte IGN présentant une trentaine de points étant des lieux historiques, touristiques ou culturels (qui sont aléatoirement placés sur la carte), il y a de fortes chances pour que l’on observe un alignement de 3 points parmi la trentaine de points existants. L’alignement alors observé est dû au hasard, il n’y a pas de déterminisme caché derrière ça.

On a vu avec Stonehenge, Saint-Michel et Oléron que ces lieux sont assez approximativement alignés à défaut d’un alignement parfait. De plus, les distances diffèrent (ce qui ne forme plus vraiment un hexagone régulier).

Concrètement, un hexagone ici a un côté dont la longueur est soit de 141,82 km, soit de 151,405 km. Ainsi, l’aire d’un hexagone ici est entre 52254,9 km² et 59556,9 km² (soit plus de 5 millions d’hectares). Ainsi, en gros, il y a 3500 à 4000 villes dans chaque hexagone, d’après l’image https://eurogrille.files.wordpress.com/2013/01/avebury-mont-saint-michel.jpg Ce qui implique qu’un alignement même approximatif est assez probable… Il ne faut que 90 points aléatoires environ pour avoir au moins un alignement certain à 100% entre 3 points dont la déviation est inférieure ou égale à 0,5°.

Et en réexaminant un de mes articles anciens : https://jpcmanson.wordpress.com/2014/07/11/topometrie-alignement-de-sites-statistiques-et-probabilites/ je dois apporter des éléments nouveaux.

Il est possible de déterminer le nombre d’alignements de 4 points en fonction du nombre de points aléatoires sur un plan. J’ai personnellement trouvé une fonction :  A(N) = 0,0000312543 N3 – 0,000018304 N² – 0,000163868 + 0,000150918.

  •  On a alors 80 alignements de 4 points avec 137 points aléatoires.
  • Et 607 alignements de 4 points avec 269 points aléatoires.
  • On aura a priori un alignement à partir de 31 ou 32 points aléatoires.

 

 

John Philip C. Manson

 

Comment produire une conclusion fallacieuse avec une étude biaisée

Comment produire une conclusion fallacieuse avec une étude biaisée ?

Le présent article va montrer comment on peut se planter quand un échantillon statistique est faible.

On va se baser sur un nombre limité de lancers de dé (non pipés) réalisés indépendamment par des individus.

Si une personne réalise un assez grand nombre de lancers de dés (des milliers ou des millions de lancers), elle donnera la conclusion correcte que le chiffre 6 a une probabilité de 1 sur 6 de se produire lors d’un lancer d’un dé.

Mais supposons que nous limitons à 31 seulement, le nombre de lancers par personne. Que se passe t-il au niveau des conclusions données indépendamment par chacune des personnes ? Les pourcentages suivants peuvent être obtenus expérimentalement (par lancers de dé), ou via la loi binomiale.

  • Un nombre majoritaire de personnes (19% du groupe) affirmera la conclusion qu’il se produit 5 fois le chiffre 6 avec 31 lancers de dé, soit une probabilité de 5 / 31 = 0,1613, ce qui se rapproche sensiblement de la probabilité mathématiquement correcte de 1 / 6 = 0,16666.
  • Mais un pourcentage non négligeable de personnes affirmeront des conclusions divergentes en déclarant une probabilité différente et donc fallacieuse. Voir ci-dessous :
  • 0,35% du groupe de personnes affirmeront que le chiffre 6 n’apparaît pas du tout avec 31 lancers de dé, soit une probabilité nulle !
  • 2% du groupe de personnes affirmeront que le chiffre 6 apparaît 1 fois seulement avec 31 lancers de dé, soit une probabilité de 1 sur 31.
  • 6,5% du groupe de personnes affirmeront que le chiffre 6 apparaît 2 fois avec 31 lancers de dé, soit une probabilité de 2 sur 31.
  • 12,6% du groupe de personnes affirmeront que le chiffre 6 apparaît 3 fois avec 31 lancers de dé, soit une probabilité de 3 sur 31.
  • 17,6% du groupe de personnes affirmeront que le chiffre 6 apparaît 4 fois avec 31 lancers de dé, soit une probabilité de 4 sur 31.
  • On a vu que 19% du groupe de personnes affirmeront que le chiffre 6 apparaît 5 fois avec 31 lancers de dé, soit une probabilité de 5 sur 31, qui équivaut grosso-modo à 1 sur 6. Seul cas où la conclusion est mathématiquement correcte !
  • 17% du groupe de personnes affirmeront que le chiffre 6 apparaît 6 fois avec 31 lancers de dé, soit une probabilité de 6 sur 31.
  • 12% du groupe de personnes affirmeront que le chiffre 6 apparaît 7 fois avec 31 lancers de dé, soit une probabilité de 7 sur 31.
  • 7% du groupe de personnes affirmeront que le chiffre 6 apparaît 8 fois avec 31 lancers de dé, soit une probabilité de 8 sur 31.
  • 4% du groupe de personnes affirmeront que le chiffre 6 apparaît 9 fois avec 31 lancers de dé, soit une probabilité de 9 sur 31.
  • 1,6% du groupe de personnes affirmeront que le chiffre 6 apparaît 10 fois avec 31 lancers de dé, soit une probabilité de 10 sur 31, soit environ 1 chance sur 3, soit le double de la probabilité réelle !

En résumé :

  • 19% des personnes donnent une conclusion pertinente d’après un résultat qui se base sur une probabilité correcte malgré un échantillon trop faible (car 31 lancers de dé c’est insuffisant, il faut des milliers ou des millions de lancers de dé pour établir une conclusion fiable).
  • 38,7% des personnes donnent une conclusion fallacieuse en se basant sur une probabilité empirique inférieure à 1/6, voire même une probabilité nulle…
  • 42,3% des personnes donnent une conclusion fallacieuse en se basant sur une probabilité empirique supérieure à 1/6, voire même au moins le double de la probabilité réelle.

 

Il est donc très clair qu’avec un échantillon biaisé (car un nombre trop faible de lancers de dé), il est fort probable de produire une conclusion fallacieuse.

Il est alors légitime de douter complètement de l’étude qui est critiquée dans cet article ci-joint :  https://jpcmanson.wordpress.com/2015/06/27/limposture-des-biais-statistiques/   C’est à cause d’études bâclées que l’on conclut que les personnes indécises ont des tendances psychotiques et que les gauchers sont des malades mentaux… C’est une honte de publier des choses fallacieuses, et personne ne semble trouver utile et urgent de porter une critique sur ces pratiques intellectuellement malhonnêtes.

 

John Philip C. Manson

 

La probabilité des alignements planétaires

Pour mieux apprendre les mathématiques, il semble que ma propre méthode soit efficace. Cela consiste à trouver une application pratique, des cas concrets dans le domaine de la physique ou une science connexe, afin d’être motivé à approfondir les recherches en vue de trouver des solutions. C’est un bon moyen d’apprentissage, qui fait contraste avec les monologues de nos profs de maths pendant les cours, où les notions restent éternellement abstraites et incompréhensibles. Tous les lycéens devraient savoir à quoi servent concrètement les dérivées, les intégrales, les équations différentielles. Il n’y a pas plus frustrant que savoir utiliser un outil mathématique « dans le vide » et ne pas savoir à quoi cet outil peut s’appliquer dans les cas tangibles. C’est comme faire ronronner le moteur d’une mobylette (vroumm vroumm) sans jamais l’utiliser pour aller sur les routes…

Depuis un bon moment, j’ai cherché à écrire un programme de calcul informatique qui consiste à des fonctions sinusoïdales représentant les orbites des planètes du système solaire, ces orbites sont paramétrées selon la période de révolution et selon le rayon orbital pour chaque planète. Et en fonction de l’angle relatif des planètes entre elles, j’ai converti en position de points dans un plan de façon à déterminer chaque coordonnée cartésienne (x et y) pour chaque planète, les points étant inscrits sur des cercles représentant les orbites. Avec ces coordonnées x et y, on a alors des points, et l’on détermine la distance entre chaque point, on applique alors le théorème d’Al-Kashi pour calculer les angles.

Ainsi, en étudiant le cas de la planète Terre, de Mars, de Jupiter et de Saturne, j’ai posé comme condition qu’un alignement quadriplanétaire est formé lorsque l’écart angulaire est inférieur ou égal à 30 minutes d’arc (soit un demi degré). Sur un laps de temps de 100 000 années, je pense qu’il y a 59 alignements de la Terre, de Mars, de Jupiter et de Saturne avec une déviation maximum de 30 minutes d’arc d’un angle relatif à l’autre. Cela fait une moyenne de un alignement de ces 4 planètes tous les 1695 ans environ.

La simulation informatique a cependant opéré sur des orbites circulaires, mais pas sur des ellipses.

J’ai essayé de bricoler une formule qui donne la périodicité approximative (en années) d’un alignement formé par N planètes :

  • T = (1/365)*(360/D)(N-2)
  • Attention, le terme N-2 est en exposant.
  • T = périodicité approximative en années
  • D = déviation angulaire maxi, en degrés, ici 0,5°. La déviation angulaire n’est jamais nulle : il n’existe aucun alignement parfait mathématiquement en astronomie.
  • N = nombre de planètes impliquées dans l’alignement.

Avec 4 planètes dont la Terre, je trouve T = 1420,3 ans, ce qui est approximativement proche de 1695 que j’ai évoqué précédemment.

Pour qu’un alignement de plusieurs planètes arrive environ chaque milliard d’années, il faut un alignement de 6 planètes. Vous devinerez qu’un alignement de 9 planètes (à 0,5° près entre chaque planète, deux à deux) est un événement extrêmement rare, je dirai même qu’il ne se produira jamais. Avec 5 planètes alignées à 0,5° près, ça arrivera environ chaque million d’année.

Ainsi, lorsqu’à travers les médias, des adeptes du New Age proclament un alignement planétaire formé par au moins 4 planètes (surtout les planètes aux orbites supérieures, au-delà de l’orbite terrestre), dans la réalité il s’agirait plutôt d’un événement improbable. Plus il y a de planètes en alignement, plus c’est rare, et dans une certaine limite c’est même impossible (quand la périodicité approximative dépasse l’âge du système solaire ou de l’univers).

 

Suite ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2016/01/31/un-alignement-planetaire-rare-et-bizarre/

John Philip C. Manson