Une découverte hors de notre portée technique est-elle une preuve indirecte d’une civilisation extraterrestre technique ?

Une chose qui est hors de notre portée ne peut pas être découverte…
Une preuve matérielle (atomes, molécules, champs, forces, spectre électromagnétique…) est ce qui est nécessairement à la portée de nos yeux ou de nos instruments de mesure (observations + expériences).«Une découverte hors de notre portée», dans le sens d’impossibilité de l’observer ou de l’expérimenter, est une contradiction.

Vivre dans la contradiction sans éprouver la moindre gêne, c’est une bizarrerie. Les contradictions incitent au doute.

Une chose qui existe doit nécessairement pouvoir être prouvée. On peut disposer des moyens d’observation pour cela, ou savoir comment faire mais ne pas pouvoir le faire, tout est question de temps et d’argent et de moyens parfois difficiles à mettre en œuvre.
Mais l’inexistence d’une chose ne peut pas être prouvée, c’est un non-sens. Mais quiconque affirme l’existence de X doit prouver lui-même que X existe. Ce n’est pas aux sceptiques de prouver que X n’existe pas, parce que c’est un non-sens logique.

L’exemple de l’étoile à neutrons a de particulier que celui-ci est un concept a priori crédible, mais techniquement on n’a aucune observation ni aucune expérimentation en ce qui concerne une masse compacte de neutrons à l’échelle macroscopique (techniquement on ne connaît que les neutrons individuels et très rapides, comme ceux émis par certains corps radioactifs). L’étoile à neutrons est un objet théorique mais on n’a aucune preuve de ce que c’est concrètement et de ce qui s’y passe. Donc je maintiens mes propos : une découverte repose nécessairement sur des preuves observationnelles ou expérimentales. Un concept crédible peut précéder une découverte, mais il n’y a de découverte que si le modèle est validé par des preuves. Autrement, ça ne reste qu’une hypothèse. Tout ce que nous avons actuellement au sujet des étoiles à neutrons, ce sont les «vues d’artiste», et l’on a d’observation que les rayons X que ces étoiles émettent… (exemple ici : http://www.techno-science.net/?onglet=news&news=4434 ) L’imaginaire ne doit pas remplacer la méthode scientifique.

Dans tout ce que je dis, je ne nie rien. Je ne nie pas par exemple l’existence des étoiles à neutrons. En science, les preuves se révèlent nécessaires, c’est tout. À propos de l’invisibilité, si ce phénomène paraissait impossible autrefois, et qu’il commence à devenir crédible techniquement, on commence alors à disposer de preuves que cela commence à devenir une réalité. Mais tant que les travaux sur l’invisibilité n’étaient pas encore développés, nous ne pouvions pas savoir d’avance si cela était possible ou pas. Une découverte ne se devine pas d’avance par télépathie ni par la voyance… Exiger des preuves et nier quelque chose, ce sont deux choses différentes. On ne peut pas deviner ce que sont les choses tant qu’on ne les aura pas encore observées ou expérimentées. Ce serait périlleux de croire que des modèles théoriques sont des faits.

  • «Toute connaissance accessible doit être atteinte par des méthodes scientifiques ; et ce que la science ne peut pas découvrir, l’humanité ne peut pas le connaître.»    (Bertrand Russell / 1872-1970 / Religion et Science / 1957)
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Quel est le plus concevable entre l’existence ou l’inexistence d’autres vies dans l’univers ?

Quel est le plus concevable entre l’existence ou l’inexistence d’autres vies dans l’univers ?

La question de la vie extraterrestre en tant que concept, c’est de la masturbation intellectuelle de type métaphysique. En effet, je prends un exemple : il est plus facile de concevoir un bisounours rose ou multicolore comme l’arc-en-ciel plutôt qu’un bisounours noir, et pourtant les bisounours n’existent pas…

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Le fond du problème n’est pas conceptuel mais observationnel. Un concept peut paraître cohérent, il peut l’être complètement, (il peut cependant être archi-faux quand il se contredit lui-même ou quand il contredit les faits objectifs) mais la propre logique d’un concept ne s’applique qu’à l’abstraction de ce concept, cette logique s’applique seulement à lui-même et indépendamment des faits. Les sciences expérimentales ne s’appuient pas sur de pures abstractions conceptuelles, l’expérimentation consiste en des observations et des expériences afin de réunir des données quantitatives en vue d’établir des preuves matérielles. Par exemple, la transmission des caractères héréditaires ne serait restée qu’un concept s’il n’y avait pas la preuve de l’existence de l’ADN et des gènes, ainsi que l’absence des preuves de l’hérédité à travers des expériences d’hybridation de petits pois (cf. les travaux de Gregor Mendel).

En science, on construit des conclusions à partir de preuves matérielles.
Dans le débat contemporain, on n’a pas encore de preuves de la vie extraterrestre, les discussions tournent autour de concepts plus ou moins réalistes mais on n’a rien pour comparer…

Même si l’existence de la vie dans l’univers est une hypothèse crédible, elle reste difficile à vérifier.

Tant que les sondes spatiales n’ont rien découvert de neuf, il n’y a franchement rien à déclarer. On ne peut parler que de la vie sur Terre, c’est la seule vie que l’on connaît. Les fantasmes sur les extraterrestres, parfois jusqu’au mysticisme, ce n’est pas du tout mon truc… Mieux vaut savoir avec des preuves que croire sans preuves.

On peut émettre des hypothèses sur la vie extraterrestre, mais elles seront peut-être invérifiables pendant plusieurs décennies, voire quelques siècles… Que la prudence nous garde de changer ces hypothèses en dogmes religieux… Avec une telle extrémité, ce serait dénaturer la science, ce serait instituer l’obscurantisme.

L’existence de la vie ailleurs doit être établie par des preuves scientifiques, tandis que l’inexistence ne peut pas se démontrer (on peut prouver l’existence d’une chose, pas son inexistence, et l’exigence de preuves n’est pas un déni de l’existence puisque ce qui existe doit pouvoir nécessairement être prouvé), et tandis que des concepts seuls ne constituent pas des preuves, puisque ce sont les observations et les expériences qui sont le fondement des preuves.

Moi, quand je veux prouver, par exemple, l’existence d’une espèce animale très ancienne, je montre ma collection de fossiles, je ne m’autoriserai pas à spéculer ou imaginer ce qui aurait pu exister, car l’imaginaire est fertile en idées mais on peut lourdement se tromper. Des faits objectifs, eux, ne mentent pas…

 

© 2013 John Philip C. Manson

Reproduction intégrale ou partielle interdite – Tous droits réservés.

Le théorème de Pythagore : comment le démontrer

Le théorème de Pythagore est probablement la formule de géométrie la plus universellement connue : la somme des carrés des deux côtés d’un triangle-rectangle est égale au carré de l’hypothénuse.

Mais supposons que nous ne sachions pas du tout cette formule. Comment la démontrer pour n’importe quel triangle-rectangle ?

N’importe quel élève est capable de retrouver la formule par raisonnement s’il l’a oubliée.

Je me suis inspiré d’une astuce qui consiste à inscrire un petit carré dans un carré plus grand. Voir le schéma ci-dessous :

Soit a et b deux nombres réels et différents entre eux (ils peuvent être égaux aussi, mais l’astuce doit rechercher une généralisation). La somme a+b est la longueur du côté du grand carré. Les longueurs a et b sont les deux côtés d’un triangle-rectangle (en jaune fluo), et l’hypothénuse c est la longueur du côté du petit carré (en orange).

  • L’aire du grand carré vaut (a + b)²
  • L’aire du petit carré vaut c²
  • L’aire des 4 triangles-rectangles est égale à la différence des aires des deux carrés.
  • C’est-à-dire que si on désigne les aires ainsi : G = grand carré, P = petit carré, T = un triangle-rectangle, alors G – P = 4T, donc (a+b)² – c² = 4(ab/2).
  • Par conséquent : (a+b)² – c² = 2ab, donc a² + 2ab + b² – c² = 2ab, en réduisant on obtient donc :  a² + b² – c² = 0, soit a² + b² = c².     CQFD

© 2012 John Philip C. Manson

Nul n’est censé ignorer la loi…

À un quidam qui faisait la promotion du mouvement spirite, de la réincarnation et du karma, je me suis exprimé avec les arguments suivants.

Je remets en question la notion de loi spirituelle.
Devant la progression toujours plus forte de l’obscurantisme, je ne connais qu’une loi : le devoir de recul critique.

Le karma est-il une hypothèse ayant la possibilité d’être réfutable ? On ne peut pas construire des connaissances sur la base de croyances invérifiables et irréfutables.

Le progrès est le renoncement à la crédulité et l’apprentissage du doute. Et ce nouveau point de vue donne des résultats, tandis que l’ancien point de vue n’explique rien puisqu’il ne se base sur aucune preuve vérifiable, matérielle ni quantitative.

Les connaissances fondées sur le critère épistémologique de réfutabilité ne consistent pas en un cumul des savoirs, mais à une élimination du superficiel. Mais des croyances irréfutables et invérifiables ne sont que des croyances, pas des connaissances.

Le recul critique et l’objectivité sont nécessaires. C’est un devoir qui permet un droit fondamental : la liberté. Sans le doute, les hommes seraient des moutons crédules, manipulés et dociles, et ils ne seraient pas libres.

  • «Oser savoir en utilisant sa raison critique c’est le fondement de notre modernité, cela reste la condition de son avenir.» (Emmanuel Kant)
  • «La science ne cherche pas à énoncer des vérités éternelles ou de dogmes immuables ; loin de prétendre que chaque étape est définitive et qu’elle a dit son dernier mot, elle cherche à cerner la vérité par approximations successives.»  (Bertrand Russell / 1872-1970 / ABC de la relativité / 1925)
  • «Toute connaissance accessible doit être atteinte par des méthodes scientifiques ; et ce que la science ne peut pas découvrir, l’humanité ne peut pas le connaître.»   (Bertrand Russell / 1872-1970 / Religion et Science / 1957)

© 2012 John Philip C. Manson

Une momie extraterrestre ?

Une momie extraterrestre ? Ou comment ne plus respecter les devoirs déontologiques du journalisme…

Critique de l’article http://fr.news.yahoo.com/momie-prouve-lexistence-extraterrestres-091000002.html

Honteux que cette mystification soit classée parmi les News…

Le squelette (et non la momie) est celui d’un jeune humain atteint d’hydrocéphalie ou de macrocéphalie. C’est honteux de faire un buzz pour légitimer la désinformation ufologique, c’est contraire à l’anthropologie, c’est trahir la science. Demandez vous pourquoi seule la presse en parle, de même que les forums et blogs de partisans du paranormal, mais pas les références scientifiques… Concernant Riquelme, je ne trouve pas de sources sur scholar.google.com ni sur nature.com, ni sur sciencemag.org, ni sur arxiv.org. Les médias c’est n’importe quoi, on dirait que c’est de pire en pire. « La sphère scientifique en ébullition » ? Pas du tout, la science ne cautionne pas les canulars, et la mystification n’a pas été publiée dans un site scientifique à comité de lecture, ce qui laisse des doutes sur son authenticité. Le crâne de l’hydrocéphale ou du macrocéphale existe peut-être, mais l’interprétation qui en est faite est complètement fantaisiste. Concernant l’anthropologie, les médias feraient mieux de demander par exemple l’avis de l’anthropologue Yves Coppens à propos de la momie, et lui demander aussi si Riquelme est bien un chercheur…

La science se base d’abord sur des hypothèses réfutables soigneusement vérifiées. L’article partisan se base sur une idée préconçue, comme si l’objet de recherche était les extraterrestres exclusivement, mais ça n’a rien à voir avec la méthode scientifique, c’est malhonnête. Ces conneries sont une perte de temps. Pourquoi ne pas parler de VRAIES infos ?

De vraies infos comme celle-ci par exemple :

http://www.dinosoria.com/cranes_mystere.htm   (des crânes affreusement déformés, mais 100% humains)

Maladie rare ? Non. L’hydrocéphalie touche environ 1 à 4 enfants sur 1000.

La réponse brillante de Djamel s’oriente dans le sens de mes propos : «Encore des bobards qui, bien entendu, ne reposent sur aucune preuve scientifique, d’abord ce n’est pas un crâne momifié, on ne momifie pas les os, mais les chairs ! De plus, la présence de fontanelles indique bien que c’est le crâne d’un bébé, qui était probablement atteint d’hydrocéphalie à sa naissance et en est mort. D’où la taille de la tête, par rapport au corps ! Rien d’extraordinaire, il n’y a qu’à se référer aux annales de médecine, ce n’est pas les cas bizarres qui manquent !»

Le dénommé Luz a affirmé : «Il y a tant de choses que nous ignorons s’agissant de l’univers, de nous-mêmes aussi. Ne soyons pas bornés. Un esprit ouvert est un esprit qui avance. Qu’est-ce qui nous interdit de nous poser toutes ces questions qui dérangent de toute évidence les cerveaux cartésiens ? La réponse est rien. Soyons curieux et tant pis si on se trompe. N’oublions pas que si des “farfelus” aux yeux des scientifiques de leur époque n’avaient pas émis des hypothèses qui les faisaient passer pour fous (toujours à leur époque), notre science n’aurait jamais évolué. Comment croyez-vous que des hommes ont découvert : l’électricité, la téléphonie, la radiologie, etc. ? Ils ont ouvert leur esprit ce qui a permis de faire germer des idées nouvelles. Ils ont eu foi en leurs idées. Et ils ont eu l’audace de les présenter à des gens moins inspirés, moins doués, qui les prenaient pour des illuminés. Vouloir voir au-delà de ce qu’on nous présente comme vrai et immuable, est indispensable pour faire avancer le monde (et pour avancer soi-même)»

Le texte de Luz est un exemple typique de l’argument du syndrome de Galilée… Le syndrome de Galilée c’est l’attitude réactionnaire selon laquelle toute personne crédule qui adhère à une pseudo-théorie la considère presque toujours comme révolutionnaire, et en outre s’estime persécutée par la “science officielle”. La science est ouverte mais elle exige des preuves. Pour envisager l’hypothèse extraterrestre, il faut s’assurer d’abord que l’ADN n’est pas humain, que le crâne déformé ne soit pas dû à une malformation de type macrocéphalie ou hydrocéphalie. On commence d’abord par les hypothèses réfutables les plus simples et les plus plausibles. La science ne collecte pas des certitudes, elle procède (sur l’appui des faits) par élimination méthodique des hypothèses fausses. Un esprit qui avance est un esprit scientifique, dont la démarche repose sur le critère de réfutabilité, pas sur la seule crédibilité. Ce qui est borné c’est de soutenir aveuglément l’hypothèse extraterrestre en niant les hypothèses plus simples, comme les maladies humaines congénitales par exemple. Vérifions d’abord si ce sont des malformations pathologiques avant de déclarer voir des aliens partout…

De plus, en Amérique précolombienne certaines castes nobles déformaient volontairement les crânes pour des raisons rituelles et sociales. Il faut se renseigner d’abord auprès de la médecine et de l’Histoire avant de faire le jeu de la propagande ufologique.
Quelqu’un a dit qu’il était absurde de ne pas envisager l’existence des extraterrestres. Ce qui est absurde c’est de répondre à la question «Sommes-nous seuls dans l’univers» alors que personne n’en sait rien. Il est donc aussi stupide de croire aux extraterrestres que d’affirmer qu’ils n’existent pas. La connaissance ne dépend pas des opinions mais des faits, et on ne connaît pas ces faits, et ça peut durer longtemps, très longtemps… Dans le doute, il n’y a pas grand chose à raconter, puisqu’on ne sait rien. Affirmer sans l’appui des faits, c’est croire. Et croire n’a rien de scientifique.

Il n’y aurait pas de vacarme médiatique si les gens n’étaient pas crédules. La malhonnêteté intellectuelle des uns profite de la misère intellectuelle des autres. Existe t-il encore une once de déontologie dans le journalisme ?

Avec une base d’esprit critique, on peut constater que les ingrédients de l’imposture sont réunis dans l’article critiqué :

  • L’argument d’autorité : Riquelme présenté comme un anthropologue donc comme un scientifique, gage de crédibilité. Est-ce le cas ?
  • L’effet boule de neige (ou effet Popeye) : le bouche à oreille répand la croyance et la rumeur que le crâne péruvien est extraterrestre.
  • L’effet petits ruisseaux (les petits oublis et les erreurs fines donnent les grandioses théories) : Riquelme (ou le journaliste qui déforme ses propos) admet l’hypothèse extraterrestre sans évoquer d’autres hypothèses plus simples et plus probables, comme la macrocéphalie et l’hydrocéphalie.
  • L’effet cerceau (cercle vicieux consistant à admettre ou faire admettre au départ ce que l’on entend prouver) : à l’inverse de la méthode scientifique, l’article critiqué admet une conclusion et décrit des faits à partir de celle-ci. L’article critiqué préconçoit ad hoc la thèse extraterrestre comme une vérité et recherche des faits qui y ressemblent, au lieu d’examiner d’abord des faits puis d’en tirer des conclusions objectives impartiales.

L’ufologie et le créationnisme, même méthode. Mais pas celle de la science.

Je complète mon article par une remarque sur les devoirs du journalisme.

À ma connaissance, le journalisme est encadré par une charte de déontologie : la déclaration des devoirs et des droits des journalistes (Munich, 1971).

Je donne la liste des devoirs qui ont été enfreints dans l’article que j’ai critiqué :

  1. Le premier devoir des journalistes est de respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public à de connaître.
  2. Le troisième devoir stipule qu’il faille publier seulement les informations dont l’origine est connue ou les accompagner, si c’est nécessaire, des réserves qui s’imposent ; ne pas supprimer les informations essentielles et ne pas altérer les textes et les documents.
  3. Le neuvième devoir est ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste ; n’accepter aucune consigne, directe ou indirecte, des annonceurs.

Au moment où je rédige, je découvre un code déontologique de la société des journalistes professionnels. J’en souligne ci-dessous les points essentiels :

  1. Un journaliste doit tester l’exactitude de l’information et de ses sources et être prudent afin d’éviter toute erreur d’inattention. Il n’est jamais permis de délibérément déformer les faits.
  2. Un journaliste doit identifier ses sources, lorsque c’est possible. Le public à droit à toute l’information possible afin de juger de la crédibilité des sources.
  3. Un journaliste doit s’assurer que les titres, les flashs et les promotions, les photos, les images, le son, les graphiques et les extraits d’entrevue ne sont pas présentés sous un faux jour. Les journalistes ne devraient pas simplifier outre mesure ou souligner certains événements hors de leur contexte.
  4. Un journaliste ne doit jamais fausser le contenu des photos ou des images. Améliorer la qualité technique des images est toujours permis. Un journaliste doit identifier les montages et les illustrations.
  5. Un journaliste doit examiner ses propres valeurs culturelles et éviter de les imposer au public.
  6. Un journaliste doit éviter de stéréotyper par race, genre, âge, religion, ethnie, géographie, orientation sexuelle, infirmité, apparence physique ou rang social.  (l’article critiqué a présenté un squelette d’enfant péruvien comme étant un vestige extraterrestre, c’est avoir commis un stéréotype)

On le constate, il y a eu une inversion générale des devoirs déontologiques.

La désinformation est un comportement qui porte atteinte à la profession, une telle dérive n’est plus du journalisme.

Le sujet de la « momie extraterrestre », ou plutôt le squelette humain hydrocéphale, est débattu chez les Sceptiques du Québec : http://www.sceptiques.qc.ca/forum/un-crane-extraterrestre-t9562.html   L’un des sceptiques a fait une marque autant humoristique que perspicace : «les propos journalistiques qui entourent les photos de la “momie” sont très certainement plus déformés que le crâne…»   iconlol.gif

CONCLUSION :

  • Je pense que la plupart des internautes se seront doutés que la presse grand public est dépourvue de fiabilité scientifique. Néanmoins, si je persiste à écrire de temps en temps des articles qui forment à l’esprit critique, c’est parce que certains lecteurs se retrouvent démunis et vulnérables face à l’irrationnel. Le recul critique est un effort constant de lucidité, ce n’est pas spontané ni automatique, et parfois on ne peut pas toujours garder la tête froide. N’empêche que beaucoup de crédules ont foi dans le paranormal et le surnaturel à notre époque, et les médias comme la TV et la presse grand public qui répandent l’obscurantisme tendent à ne plus respecter la moindre déontologie à notre époque. Il fallait dénoncer cela. 
  • Un dénommé Buckwild pense que je me révolte pour pas grand chose. Je respecte son point de vue. Mais s’il explorait toutes les facettes de l’obscurantisme contemporain, il serait outré et verrait comme un devoir la dénonciation des pseudo-journalistes qui font honte à la profession de journalisme, parce que l’obscurantisme va beaucoup trop loin et il devient nécessaire de réagir.

Mise à jour du 15/12/2011 : n’ayant pu rééditer le présent article chez unblog.fr dans mon premier blog (à cause de leur putain de maintenance), la mise à jour de l’article se fera seulement ici dans mon nouveau blog.

Voici une image plus précise du squelette (et non pas une momie) :

Ma description :

  • Le squelette est celui d’un vertébré (c’est évident).
  • L’implantation des yeux montre que c’est un primate (tous les singes dont les hommes modernes en font partie).
  • Le maxillaire inférieur est en forme de V et non en forme de U : les singes anthropoïdes ont une implantation dentaire en forme de U, et le genre Homo c’est en forme de V, de toute évidence c’est un squelette humain.
  • Ce squelette est d’origine strictement terrestre : l’évolution des espèces est aléatoire et n’a pas de but, et si les extraterrestres existent ils ne peuvent pas avoir suivi exactement le même parcours évolutif que l’humanité.
  • Les fontanelles sont caractéristiques d’un sujet très jeune, c’est un enfant. De même, le crâne est proportionnellement grand par rapport au corps, quand il s’agit d’un enfant. Je pense me souvenir que le rapport crâne/corps est de 1/4 à la naissance, et de 1/8 à 1/9 à l’âge adulte.
  • Les molaires d’un enfant sont assez grosses et larges, par rapport aux molaires plus fines d’un adulte. Détail bizarre : les incisives sont absentes du squelette de l’enfant, comme pour cacher que c’est explicitement un enfant humain.
  • Le crâne d’un enfant (avec fontanelles creuses) est plus facile à déformer volontairement qu’un crâne adulte dont les os sont soudés.
  • La déformation crânienne est trop régulière pour être due à une maladie. La déformation est d’origine culturelle, et c’était le cas en Amérique précolombienne.
  • Le reste du squelette est absent. Le bassin et les jambes sont manquants : comment peut-on donc prétendre que le crâne est proportionnellement aussi grand que le reste du corps alors qu’il en manque une partie ?
  • Pour finir, se souvenir de la fraude scientifique concernant l’affaire de l’Homme de Piltdown

© 2011 John Philip C. Manson

Des sacs écologiques en amidon ou en cellulose ?

Je découvre par hasard l’existence de sacs en plastique fabriqués à partir d’amidon de maïs, définis comme étant biodégradables à 100% et compostables à 100% par une décomposition physique sans risque toxique pour l’environnement…

En examinant l’un de ces sacs, je trouve que ça brille comme du plastique ordinaire. Quand on étire le sac, c’est souple comme du plastique, sans se déchirer.

Dans le doute, alors il existe différentes façons de détecter la présence d’amidon et de cellulose, ou la présence de polyéthylène.

 

Voici une série de tests à réaliser afin d’avoir des conclusions expérimentales claires :

 

  • On fait chauffer de l’eau de façon à ce que la température soit entre 80 et 100°C. Si le sac se ramollit et fond dans l’eau chaude, alors c’est un matériau thermoplastique (donc un polymère comme le polyéthylène).
  • On immerge le sac dans du suc gastrique qui est très acide, en présence d’enzymes, et le suc gastrique doit au départ être exempt de sucres, et on attend quelques heures, ensuite on prélève du suc gastrique et on fait le test de la réaction de Fehling (voir ici aussi) et si le test révèle la présence de sucres, alors le sac contient de la cellulose ou de l’amidon. Mais si le sac est un polymère plastique issu du pétrole, le test reste négatif.
  • On met un morceau du sac dans la liqueur de Schweitzer et si le sac y est dissout, alors il contient de la cellulose ou de l’amidon, sinon c’est du plastique ordinaire.
  • Autre test, le plus compliqué à mettre en oeuvre : l’analyse chimique quantitative par mesure des gaz issus de la combustion du sac. On consume une masse connue du sac (combustion totale) et on récupère les gaz (toujours CO2 et H2O). Selon les volumes respectifs du dioxyde de carbone et de la vapeur d’eau, on peut reconstituer par calcul la formule brute de la molécule générale du sac, et ainsi distinguer le polyéthylène de la cellulose. Pour information, la cellulose et l’amidon sont des polymères naturels du D-glucose. Informations quantitatives : la combustion complète du polyéthylène produit un volume de vapeur d’eau pour 2 volumes de CO2, c’est-à-dire que pour 18 g d’eau produite il y a 88 g de CO2 dégagé lors de cette combustion ; et la combustion complète de l’amidon ou de la cellulose donne des proportions gazeuses différentes : il se produit des volumes gazeux équivalents (1 volume de vapeur d’eau pour 1 volume de CO2), soit pour 18 g d’eau produite il se dégage 44 g de CO2. Mais si le sac contenait à la fois du polyéthylène et de l’amidon, on obtient des proportions gazeuses intermédiaires.

 

 

 

Je vous laisse seuls juges des conclusions à dire sur les résultats expérimentaux que certains d’entre vous réaliseront, je n’entrerai pas dans une polémique, je préfère que les faits eux-mêmes convainquent plutôt que ce soit moi qui affirme. La science ne consiste pas à affirmer comme les écolos, mais à encourager la réalisation d’expériences scientifiques pour confirmer ou réfuter.

Ce lien intéressant montre les effets des sacs dits biodégradables : http://www.linternaute.com/nature-animaux/magazine/10-idees-recues-sur-l-ecologie/les-sacs-biodegradables-sont-sans-danger-pour-l-environnement.shtml

 

Rien que le mot «polyéthylène biodégradable» constitue un oxymore…

 

© 2011 John Philip C. Manson

Téléphonie mobile et rayonnements électromagnétiques

La téléphonie mobile peut être mortelle, c’est vrai : l’utilisation d’un téléphone portable au volant d’une voiture multiplie les risques d’accident par 4. J’estime que c’est aussi grave que l’alcool au volant, car téléphoner et conduire provoque l’inattention, la limitation d’une réaction rapide pour rétrograder les vitesses (main occupée par le téléphone).

Dans un autre ordre de danger, que penser de la téléphonie mobile et des ondes électromagnétiques ?

Certains évoquent les risques de cancer. Si l’hypothèse peut être posée, elle n’a jamais été confirmée expérimentalement.

Les rayonnements cancérigènes ne concernent pas toutes les longueurs d’ondes électromagnétiques. Les ondes cancérigènes concernent seulement les rayonnements ionisants, comme les rayons X et les rayons gamma, tandis que les rayons ultraviolets augmentent le risque réel de cancer cutané. Ainsi, le risque sanitaire est directement lié à l’énergie d’une onde électromagnétique, et donc à sa fréquence. Plus la fréquence (en Hertz) est élevée (et plus la longueur d’onde est courte), plus les rayons électromagnétiques sont pénétrants.

En-dessous des fréquences des rayons ultraviolets (UV) se trouve le spectre de la lumière visible (les couleurs du rouge au bleu, en passant par l’orangé, le jaune et le vert). Une couleur n’est pas nocive elle-même : une peinture jaune plaira à l’oeil, tandis qu’une flamme jaune de chalumeau brûlera un doigt, tout dépend de l’intensité du rayonnement. Ce qui brûle et ce qui transmet la chaleur c’est surtout le rayonnement infra-rouge et le rayonnement micro-onde : ces rayonnements sont absorbés par la matière (l’eau par exemple) et les molécules s’en trouvent accélérées, animés d’un mouvement plus rapide dont la vitesse moyenne implique une élévation de la température. Les téléphones mobiles utilisent des micro-ondes (une puissance d’environ 0,25 W) et le seul effet prévu par la physique est une élévation de la température du cerveau de moins de 1°C pour une durée d’exposition de 30 minutes avec une dose de 4 J/kg. Il n’y a pas de quoi trop s’alarmer, bien qu’il vaut mieux ne pas abuser de l’utilisation du téléphone. Si chaque appel dure moins de 30 minutes et est espacé d’une heure, ça devrait rester sans problèmes. Mais pour les utilisateurs immodérés, mieux vaut avoir un kit avec une oreillette, comme ça il n’y a plus de problème. Les solutions sont simples, et l’alarmisme est injustifié.
À ceux qui pensent que les téléphones mobiles sont cancérigènes : les micro-ondes ne sont pas des rayonnements ionisants. Le risque réel est une élévation légère de la température du cerveau, et cela, déjà, n’est guère réjouissant. Si les téléphones fonctionnaient avec des rayons UV, ou des rayons X, ou même avec du plutonium radioactif, là oui il y aurait un soupçon légitime de danger de cancer… Faire des expériences pendant des années sans trouver la preuve du danger de cancer par les téléphones mobiles ne signifie pas que l’on finira par trouver cette preuve, peut-être que tout simplement cette preuve n’existe pas. C’est comme le projet SETI pour la recherche des civilisations extraterrestres, on a cherché en vain un signal attestant leur existence, en posant au départ un dogme : ils existent. Alors que, peut-être, ils n’existent pas, et que par conséquent le signal attendu n’existe pas.

Pour en revenir à nos chères micro-ondes, il faudrait se souvenir du rayonnement du fond diffus cosmologique découvert en 1964 par Penzias et Wilson. Après quelques calculs, je constate que pour une vie humaine moyenne d’environ 75 ans ce rayonnement micro-onde naturel correspond à une quantité d’énergie équivalente à environ 8 heures cumulées de communication par téléphonie mobile. Si les micro-ondes étaient cancérigènes, nous aurions peut-être déjà tous le cancer… Le principe de précaution nous protège peut-être, mais ça diabolise peut-être à tort. C’est un peu comme la polémique de la bactérie tueuse dans les concombres espagnols, ça peut ruiner toute une économie, pour rien, parfois.

 

  • Pour être clair sur ce sujet, je le dis franchement, les peurs sur les dangers de cancérogénéité des ondes radio ne sont pas scientifiquement fondées. Ce qui faut redouter avec les téléphones portables, c’est la dépendance psychologique, l’addiction, qu’ils peuvent entrainer, notamment chez les plus jeunes.

 

 

© 2011 John Philip C. Manson