Pour en finir avec la clairvoyance et la télépathie

L’expérience réalisée avec les cartes de Zener vise généralement à déterminer le taux de clairvoyance ou de télépathie d’un sujet : un expérimentateur tire les 25 cartes (opaques pour éviter de voir les signes par transparence) l’une après l’autre (après les avoir bien mélangées), sans les montrer au sujet de l’expérience qui doit deviner le symbole inscrit sur chacune d’elles.

  • On a une probabilité de 1 sur 5 de deviner une carte donnée, au hasard.
  • La probabilité de deviner x cartes sur 25 est :
    P(x) = (25! / (x! * (25-x)!)) * (1/5)^x * (4/5)^(25-x)

Un taux normal de réussite (provoqué uniquement par des réponses données au hasard) est défini par ces intervalles de confiance (la moyenne est µ = 5, et l’écart-type vaut 2) :

  • 68,2% de chances pour un intervalle entre 3 et 7 réponses exactes sur 25.
  • 95% de chances pour un intervalle entre 1 et 9 réponses exactes sur 25.
  • 99% de chances pour un intervalle entre 0 et 11 réponses exactes sur 25.

On peut aisément calculer ces probabilités au moyen de la loi binomiale.

  • Faire significativement mieux que le hasard, c’est être en dehors de l’intervalle des 95%.

Vous pouvez vous tester ici :  http://www.charlatans.info/test-cartes-zener.php (moi je suis parfaitement dans la moyenne, c’est donc normal et ordinaire).

  • Pour prouver statistiquement l’existence d’un don de clairvoyance ou de télépathie, il faut obtenir au moins 10 réponses exactes sur 25 (correspondant donc à une probabilité pour que cela arrive au hasard de moins de 5%).
  • Obtenir 25 réponses exactes sur 25 (le score absolu) correspond à une probabilité de 1 sur 298 millions de milliards : il est donc impossible d’obtenir ce score-là par hasard.
  • Avec au moins 11 bonnes réponses, la probabilité pour que ça arrive au hasard est inférieure à 1%.
  • À ce jour, depuis 1920 (année de l’invention des cartes Zener), personne, absolument personne (sauf cas de fraudes ou supercheries démasquées), n’a atteint de façon objective et empiriquement honnête le score d’au moins 10 bonnes réponses sur 25. Jusqu’à preuve du contraire, la clairvoyance et la télépathie sont des mythes, des croyances sans fondement, du charlatanisme…

Comment prouver scientifiquement avec une expérience

Comment prouver scientifiquement l’existence d’un phénomène au moyen d’une expérience, avec l’appui des statistiques ?

Supposons un individu prétentieux qui affirme avoir des pouvoirs paranormaux, en ayant en particulier un prétendu pouvoir de clairvoyance.

Ainsi, si on fait des tests avec un jeu de cartes de Zener, on devrait pouvoir confirmer l’existence d’un phénomène distinct du seul hasard. Si cela n’est pas causé par le hasard, parmi les hypothèses on pourra supposer l’existence d’un don paranormal, mais on peut aussi supposer d’autres explications plus plausibles (sans en négliger aucune), comme la triche, la fraude, l’hallucination, la supercherie…

Mais on peut surtout réfuter l’hypothèse du don paranormal, en prouvant que les résultats obtenus sont les mêmes que ceux que produit le hasard.

 

Voici les cartes Zener, il y en a 5 types distincts :

zener

Un cercle, une croix, des vagues, un carré, et une étoile. En prenant soin que les cartes soient bien opaques (sans transparence), et sans signe extérieur de reconnaissance, afin d’écarter toute fraude.

La probabilité P de deviner, au hasard, une carte, est de 1 sur 5, soit 20%.

Ensuite, on définit par N un nombre d’essais : le nombre de fois que le prétendu médium devra deviner chaque carte Zener. Et plus il y a d’essais, mieux c’est.

Pour évaluer la crédibilité d’un phénomène prétendu, on doit le comparer avec le hasard. En moyenne, selon la loi binomiale, il y a réussite de 5 essais sur 25 tests, plus ou moins 3,92. Plus généralement : N*P ± 1.96 * (N * P(1-P)), avec un seuil p=0,05.

 

  • Pour 25 essais, l’intervalle de confiance à 95% est compris entre 1,08 et 8,92 essais réussis au hasard. En dehors de cet intervalle, on dit qu’un résultat expérimental est significativement différent du hasard.
  • Pour 100 essais, l’intervalle de confiance à 95% est compris entre 12,16 et 27,84 essais réussis au hasard. Là aussi, en dehors de cet intervalle, on dit qu’un résultat expérimental est significativement différent du hasard.

Et quand un résultat expérimental indique un score de réussite situé dans l’intervalle, il n’est pas significatif, et le phénomène est alors attribué au hasard.

  • La probabilité de réussir au hasard 25 essais sur 25 (taux de réussite de 100%) est d’environ 1 chance sur 298 millions de milliards.
  • La probabilité de réussir au hasard 100 essais sur 100 (taux de réussite de 100%) est d’environ 10⁻⁷⁰.

Quand un résultat apparaît comme significatif, prendre d’abord les hypothèses les plus simples et les plus vraisemblables : toujours vérifier d’abord s’il n’y a pas eu triche, fraude, supercherie ou hallucinations, avant de prendre l’hypothèse d’un don paranormal.

 

John Philip C. Manson

 

Sur le paranormal

Le paranormal est une croyance, un ensemble d’illusions futiles, un moyen de ne pas vouloir connaître objectivement le monde réel. C’est un créneau exploité par les escrocs et les sectes. C’est un sujet juteux aussi pour certains écrivains qui assimilent abusivement le paranormal avec la science pour tromper les gens.
Le besoin de croire se distingue nettement de la volonté de connaître. Connaître c’est observer et expérimenter. Croire n’est pas connaître.
© 2013 John Philip C. Manson

Un phénomène paranormal en Lozère ?

24/03/2013

Un phénomène paranormal de poltergeist en Lozère ?

J’aimerais avoir connaissance des conclusions du Dr Goulu sur cette affaire qui m’a tout l’air d’un canular. Merci à lui s’il accepte de se pencher sur cette affaire bizarre.

Mais d’abord, je présente ma propre analyse :

J’ai entendu un résumé de l’affaire hier sur la chaîne française de télévision M6.

Il semble que les experts consultés soient des radiesthésistes ou des géobiologistes. (voir Radiesthésie et Géobiologie_(radiesthésie) sur Wikipedia). Mais pas des scientifiques a priori.

Pour un sismologue, une faille sismique est un phénomène géophysique bien réel, mais quand on parle de faille tellurique dans le contexte de la radiesthésie et de la magie, ça concerne plutôt les ondes de forme, c’est-à-dire des ondes dont l’existence reste encore à prouver…

«Esprits frappeurs et autres revenants» : cela s’appelle poltergeist, mais à classer parmi le paranormal, les pseudo-sciences et les délires irrationnels.

L’histoire des géoglyphes «extraterrestres» dans les champs de blé en Angleterre, il y a quelques années, ça a servi de coup de pub marketing pour relancer le tourisme et le commerce dans des régions peu attractives.

La question à se poser en cas de buzz : à qui cela profite t-il ?

Faire appel à la science ? Là encore, il y a méprise. Les ohms désignent la résistance électrique, or pour mesurer des champs électriques, l’unité de mesure est en fait le volt par mètre. Ce n’est pas pareil ! À mon avis, ils n’ont fait appel à aucun physicien authentique…

600 ohms, c’est ce qu’on a avec un secteur à tension de 220 V et d’intensité 0,36 A. Or, plus la résistance est élevée, plus l’ampérage est faible (pour une tension constante). Mais à ampérage constant, il y a surtension. Par exemple, mon PC fonctionne à 3,15 A et 220 V, la résistance vaut 69,8 ohms (si courant continu), donc si la résistance est décuplée, et avec ampérage constant, on décuple aussi la tension. Puis aussi, en cas de courant électrique alternatif sinusoïdal, on ne dit pas résistance, on dit impédance.

Y avait-il un orage et la foudre dans la ville au moment des faits, simultanément avec un séisme de magnitude de 4 à 5 sur l’échelle de Richter ?

Les fusibles ont-ils sauté ? Les fils électriques ont-ils eu leur gaine brûlée ?

On a donc affaire à des témoignages, mais des éléments matériels demeurent assez évasifs, et des explications assez lacunaires incitent au doute.

Un champ électrique peut déplacer des masses chargées électriquement, comme des électrons ou des ions (c’est-à-dire des particules élémentaires), ou des objets légers ayant reçu une charge électrostatique importante.

Pour soulever un meuble de 50 kg à une hauteur de 1 mètre, par exemple, il faut 490,5 joules d’énergie. Mais il faudrait pouvoir transformer l’énergie électrostatique en énergie mécanique sous l’influence d’un champ électrique… Et il faudrait que le meuble soit chargé électriquement (comme quand on frotte une règle en verre ou en plastique, mais avec une charge proportionnellement bien plus élevée).

Mais les meubles et les objets déplacés doivent donc être très chargés électriquement, au point d’électriser ou électrocuter les gens. D’ailleurs, les gens aussi devraient avoir été chargés électriquement en même temps que les meubles. Si on ne déplore aucune victime, alors aucune charge électrostatique n’a intervenu dans l’affaire.

Comment charger électrostatiquement des meubles en bois, sachant que le bois est un matériau isolant ?… Et le problème majeur n’est pas l’action du champ électrique hypothétique sur des masses chargées électriquement, mais sur la question du comment des objets massifs aient pu se charger électrostatiquement avant leur mouvement.

La permittivité, plus précisément permittivité diélectrique, est une propriété physique qui décrit la réponse d‘un milieu donné à un champ électrique appliqué. Un examen prouve que le bois, le papier, l’air et le vide sont les milieux auxquels la permittivité (constante diélectrique) est la plus faible universellement. Un champ électrique aura un effet beaucoup plus significatif et crédible sur des matériaux comme la porcelaine, le sel de cuisine, le sélénium, le PVC (chlorure de polyvinyle), l’ardoise, mais surtout le dioxyde de titane et le titanate de baryum.

Autre chose : le principe de conservation de l’énergie. En effet, si l’on suppose que la résistance soit décuplée sans variation de la tension et de l’ampérage, la puissance électrique délivrée P = U×I = R×I² aura décuplé, ce qui signifiera une augmentation de l’énergie électrique de 900%. Ce qui oblige à se poser cette question : d’où provient l’énergie en excès si cela ne provient pas d’un séisme ni d’un emballement technique du réseau électrique ? L’énergie ne peut pas être créée ni détruite. En regard des lois de la physique, il y aurait dû y avoir un incendie, y en a t-il eu un ?

Histoire très peu crédible. Tout laisse suggérer un canular. Des plaisantins auront intentionnellement déplacé les meubles et autres bricoles (peut-être même à l’insu des propriétaires).
Ce qui est grave, c’est que certains confondent physique et radiesthésie… Ça c’est alarmant. La radiesthésie n’est pas une science.

Un expert qui mesure des ohms pour évaluer un champ électrique qui se mesure habituellement en V/m, n’est pas expert, ni électricien ou physicien…

En revanche, il pourrait y avoir des origines sismiques naturelles (mais absence d’origine électrique) car la ville est située aux alentours du Massif Central, mais cette région montagneuse est une chaîne de volcans éteints depuis longtemps…

Croire aux fantômes est une facilité qui dispense d’apprendre, de connaître et de comprendre les sciences. C’est atterrant.

Le sensationnalisme n’est pas faire de l’information. C’est journalistiquement antidéontologique.

Monter un canular et tromper les journalistes, c’est facile. Un canular est d’autant plus facile et durable tant que des scientifiques n’auront pas été consultés. Quand les scientifiques auront débunké (démystifié) le canular, les médias présenteront-ils leurs excuses pour le manque de recul critique ? Informer n’est pas seulement relayer l’information, mais surtout évaluer objectivement celle-ci.

Si des «experts» prétendent avoir trouvé des explications scientifiques pour légitimer le paranormal et le présenter comme une réalité, alors je les incite à présenter leurs conclusions à James Randi (http://fr.wikipedia.org/wiki/James_Randi).    🙂

Deux messages postés sur le site :

lozere

Informer, selon moi, c’est diffuser des connaissances objectives.

Informer, ce n’est pas vendre des salades, et ça ne sert à rien puisque c’est déjà fait par les astrologues et les gourous…

L’un des commentaires fait par un internaute sur le site 20minutes.fr est intéressant :

mazal

Un autre commentaire (entre guillemets) est, lui aussi, intéressant :

«Une résistance de terre élevée (c’est-à-dire 600 ohms au lieu de 50 ou 60) est une aberration en terme de sécurité car vous risquez l’électrisation ou l’électrocution au cas ou un appareil électrique est défectueux.»

J’ai réalisé une expérience : avec un ohm-mètre, j’ai mesuré la résistance électrique moyenne entre mes deux mains. Comme j’ai les mains sèches, j’ai mesuré une résistance de 5 mégaohms (5 millions de ohms). C’est bien plus élevé que les 600 ohms de la maison «hantée»… Cela veut-il dire que je suis un puissant médium, les puissances du Mal, l’Oeil maudit de Sauron, Belphégor ou Voldemort ? Non, pas du tout. Une résistance de 5 mégaohms signifie seulement que mon corps est un très mauvais conducteur de l’électricité. Comme la tension électrique moyenne entre mes mains est de 0,08 V, on en déduit d’après la résistance que l’intensité électrique moyenne entre mes mains est de 0,016 microampère (ce qui est très faible).

  • À mon avis, les plaisantins n’ont pas voulu attendre le 1er avril prochain (dans une semaine), peut-être pour rendre les internautes moins méfiants, pour lancer ce canular. Tsss…

  • Le matin du 30 mars 2013, je constate la disparition de l’article de Yahoo News sur la maison hantée en Lozère…

© 2013 John Philip C. Manson

Quand les délires du New Age contredisent les faits scientifiques

Les délires du New Age font souvent un amalgame entre la spiritualité et la science. J’ai été confronté à ce genre de cas aujourd’hui.

Voici un échantillon de mysticisme pseudo-scientifique fraîchement déféqué (c’est qui hein c’est qui ? c’est pas le Youki ! alors c’est qui ? ) dans un forum consacré à la physique :

  • «Le soleil est une lampe allumée par les énergies de nos esprits».

Quelques uns ont réagi à cette affirmation douteuse. L’un dit qu’il faut être irrationnel pour croire cela. Un autre dit que cela concerne plutôt le paranormal et non la physique.

L’esprit (au singulier ou au pluriel) est un concept (au mieux) ou une croyance (au pire). L’esprit est par définition un principe de vie incorporelle humaine… Dans tous les cas, ce concept ou croyance est dépourvu de la moindre preuve, parce que la vie est matérielle selon des lois naturelles mécaniques (biochimie). Les scientifiques n’ont guère consacré de temps à étudier l’énergie de l’esprit, pas par manque de temps ou de crédits, mais parce que ce concept est invérifiable. Pour réaliser des mesures à travers des expériences, il faut nécessairement des atomes et des molécules, des champs et des forces. Quand les chirurgiens ouvrent un corps humain au scalpel ou au bistouri, on n’y trouve que de la viande (sauf de la viande de cheval , enfin je l’espère)… Aucun principe vital immatériel n’a pu être découvert avec des instruments de mesure, cela reste seulement une croyance et un concept. Si l’immatérialité s’affranchit de la matière, on ne peut rien mesurer, ni rien observer. Peut-être même qu’il n’y a rien, que rien d’immatériel n’existe. La métaphysique hoquette t-elle des mensonges et des illusions ?

En physique, le concept d’énergie est étayé par des preuves : en thermodynamique, l’un des principes est la conservation de l’énergie. La thermochimie montre que la théorie est conforme aux expériences calorimétriques.

  • Avec 7 milliards d’humains sur Terre, et sachant qu’en moyenne chaque humain consomme 2500 kilocalories par jour, l’énergie biochimique totale représente à peu près environ 7,33 × 1013 kilojoules par jour, soient 848 667 mégawatts en puissance thermique au total. Pour l’ensemble des cerveaux humains seuls, c’est environ 10% de cette puissance thermique.
  • En ce qui concerne le soleil, la puissance totale rayonnée est de 3,826×1026 W, soient 3,826×1020 mégawatts, ce qui est une puissance de 451 mille milliards de fois (4,51×1014 fois) la puissance thermique biochimique de tous les humains.

Ainsi, le soleil ne peut pas être allumé par les humains… Par conséquent, l’hypothèse saugrenue est invalidée, donc rejetée. Mais supposons que l’esprit immatériel puisse allumer le soleil ? Il n’y a pourtant aucune hypothèse valable pour justifier que l’esprit immatériel contienne des millions de millions de fois plus d’énergie que la biochimie matérialiste ne le permet… Et il faut obligatoirement expliquer pourquoi, mais seulement si l’hypothèse est vraie.

La biochimie repose sur des preuves depuis presque 2 siècles. Le concept d’esprit, lui, n’a guère évolué depuis Aristote, Platon et Descartes, concept toujours baigné de l’absence de preuves…

J’ai parlé de biochimie thermique humaine car c’est le seul exemple dans lequel l’hypothèse posée ait la possibilité d’être réfutable. Une hypothèse est scientifique seulement si elle a la possibilité d’être réfutable, afin qu’on puisse l’invalider dans le cas où elle est fausse. Je n’ai pas parlé des énergies des esprits, parce que l’existence des esprits est une hypothèse invérifiable, il n’existe pas de données quantitatives connaissables, donc dénué de scientificité. Il n’y a donc aucun raison d’y croire, sinon pour de mauvaises raisons…

bug(arach)

Ci-gît l’ex-fin du monde du 21/12/2012, les Mayas (ou plus certainement les prophètes du New Age) se sont trompés non sans ridicule…

Bibliographie :

© 2013 John Philip C. Manson

Reproduction intégrale interdite – Tous droits réservés (voir les conditions ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/03/13/a-propos-de-la-duplication-de-mes-articles-dans-vos-blogs/)

La télékinésie, réalité ou fantasme ?

Jusqu’à présent, personne n’a démontré l’existence du moindre phénomène de télékinésie. C’est une croyance, pas un fait. À quoi bon soutenir une hypothèse ad hoc s’il n’y a rien à observer ni même rien de réfutable ?

Quelques rappels :

  • Les mystères sont les choses existantes qui n’ont pas encore été découvertes (le paranormal est du normal pas encore découvert), ou la croyance en des choses inexistantes qui ne sont pas à découvrir (le paranormal c’est aussi beaucoup d’illusions vaines qui n’expliquent rien) .
  • L’esprit critique est un travail d’homme intellectuellement mature qui abandonne avec courage la facilité qu’est croire.
  • Une théorie scientifique est un groupe cohérent d’affirmations réfutables qui décrit et explique un phénomène observable, quantifiable et reproductible.

 

Argumentaire intéressant et fondé sur les lois scientifiques de la thermodynamique :

En supposant par exemple que la télékinésie est vraie, il faut qu’elle soit cohérente vis à vis des théories scientifiques avérées (loi de conservation de l’énergie par exemple).

Si un poids de 1 N (c’est-à-dire le poids d’une masse de 101,94 g sous la pesanteur terrestre au sol) se déplace verticalement de 1 mètre vers le haut, elle a forcément reçu une énergie incidente (ici de 1 Joule) permettant le mouvement. Question : un « pouvoir » psychique venu du cerveau peut-il fournir cette énergie sans recours aux muscles ? Tout transfert d’énergie est forcément mesurable. Si la télékinésie existe : il faut un phénomène observable (il faut pouvoir voir un mouvement anormal), et quantifiable (énergie « cérébrale » devenue énergie mécanique). La physique, en tant que science, exige la présence de molécules et de forces, sinon il n’y a rien à expliquer. Ainsi, si la télékinésie est un phénomène réel, on devrait tout d’abord l’observer avant d’admettre ad hoc son existence, puis ensuite, sur la base d’observations, on doit chercher à expliquer le phénomène. Les explications ne précèdent pas les observations, en science. Pour un phénomène télékinétique, il faut 1 J d’énergie pour soulever 1 N de 1 m de hauteur : d’où provient l’énergie requise ? Si ce ne sont les muscles, alors c’est le cerveau du télépathe ? Dans cette situation, 1 J d’énergie est reçue pour opérer le mouvement de télékinésie, mais il y a conservation d’énergie dans l’ensemble, donc perte de 1 J d’énergie dans le cerveau dans notre hypothèse. Si le cerveau est la source d’énergie de télékinésie, alors le cerveau devrait se refroidir (il émet de la chaleur) puisque tout poids (ici 1 N) soulevé a gagné en énergie (absorption d’énergie). Si le cerveau du télépathe est à l’origine du mouvement du poids, le cerveau devra avoir perdu une chaleur de 1 J, il se sera donc refroidi de 1°C si 1 g de cerveau est la cause du mouvement du poids, ou de 0,001°C si 1 kg de cerveau est la cause du déplacement du poids. Si la télékinésie est une réalité, alors elle doit rester cohérente avec la calorimétrie et la thermodynamique sur le plan théorique, et rester en accord aussi avec les observations. Autrement, la télékinésie est une imposture intellectuelle.

Supposons maintenant un grand médium, et que la télékinésie soit une réalité. Ainsi, s’il parvient à soulever une des statues de l’île de Pâques par son pouvoir mental, l’énergie nécessaire pour soulever plusieurs tonnes de roche implique un refroidissement fatal du cerveau, entrainant un état hypothermique brutal occasionnant inévitablement la mort… Mais supposons que cela ne soit pas le cas : alors, d’où proviendrait l’énergie nécessaire pour provoquer le mouvement des objets ? À ce jour je ne connais que l’énergie musculaire, et il n’existe de mouvement que par contact physique ou par échange d’énergie électromagnétique (radio-électricité appliquée pour la TSF).

Pour soulever une tonne sur Terre, il faut soulever un poids de 9810 N. Si on veut soulever ce poids de 10 cm au-dessus du sol, il faudra fournir une énergie de 981 J. Si 1 kg de matière cérébrale perd cette énergie pour s’en servir pour l’opération de télékinésie, ce kg de cerveau refroidira de 1°C. Irréalisable physiquement parce qu’une tonne c’est bien trop lourd, et irréaliste parce qu’en cas de réussite ce serait fatal…

Affirmer l’existence de la télékinésie implique l’exigence de preuves vérifiables.

Lors de spectacles de télékinésie où les illusionnistes font preuve d’une grande habileté ou d’imagination pour réaliser un numéro remarquable, il faut se dire qu’il existe toujours un truc. On ne doit pas multiplier les hypothèses les plus loufoques et les plus invraisemblables par rapport à la réalité habituelle. S’il y a des crédules qui avancent l’hypothèse (ou trop souvent : la CERTITUDE) de l’existence des esprits venus d’un monde éthérique, il faut prendre aussi en compte les personnes dont l’attitude est plus « terrestre », plus rationnelle. Le rasoir d’Occam est la formulation d’hypothèse les plus probables possibles et les plus simples possibles. Ainsi, au lieu d’évoquer l’existence des anges, des morts-vivants ou des petits hommes verts, il est un devoir de s’informer sur les faits scientifiques qui relève de la physique et de la chimie, par exemple le radiomètre de Crookes et les phénomènes d’électricité statique dont les champs électriques locaux attirent de petits bouts de papier.

La connaissance n’est possible qu’à travers l’expérimentation scientifique si l’on veut des explications et des descriptions de phénomènes. La science opère sur des critères comme la réfutabilité des hypothèses, la reproductibilité des expériences, et la recherche d’hypothèses simples et cohérentes.

Il y a une différence entre un trucage qui suggère de croire à des foutaises et une expérience scientifique qui informe les gens.

Si croire pouvait créer des réalités, le monde qui nous entoure nous paraîtrait plus absurde qu’il ne l’est.

© 2011-2012 John Philip C. Manson

L’échec de la communication scientifique

Liens connexes :

La science actuelle souffre d’un gros problème de communication à travers la vulgarisation. Tout le problème, ou la majeure partie, prend sa source dans la médiatisation. J’observe un fossé entre les professionnels de la science et les vulgarisateurs amateurs avec le grand public. Néanmoins il existe des émissions de vulgarisation intéressantes, comme «C’est pas sorcier» sur France 3, ainsi que l’émission «Prouve-le» sur la chaîne Gulli. Ces exceptions montrent l’insuffisance d’émissions de vulgarisation scientifiques.

D’un côté, il y a ceux qui savent chercher et trouver, c’est le travail ou la passion de ceux qui s’adonnent à la science. Mais qui ne savent pas forcément communiquer.

D’un autre côté, il y a les orateurs habiles, ceux qui savent capter l’attention des foules, qui savent utiliser les médias à leur profit. Mais un grand charisme journalistique ou télévisuel ne signifie pas forcément des compétences en sciences… À mon avis, il manque trop de journalistes scientifiques pour les sujets scientifiques traités, tout me paraît confié à des personnes plus littéraires de formation plutôt qu’étant de formation scientifique.

Réunir ces deux facettes (la maîtrise des sciences + la communication) est un atout imparable. Savoir communiquer la science, partager une passion et des connaissances, et faire naître des vocations, voila une qualité rare. Qui a ce talent parmi nos contemporains ? Je me souviens de Michel Chevalet comme d’un journaliste scientifique brillant, avec sa fameuse phrase qui a marqué durablement les mémoires : «Comment ça marche ?». Sans oublier Richard Feynman, professeur et prix Nobel de physique, il a publié des livres qui font de lui un grand vulgarisateur scientifique. Ils ont mon éternelle reconnaissance.

À l’opposé de la démarche honnête et louable des vulgarisateurs scientifiques, il existe une autre facette, le côté obscur de la science. Bien souvent, la véritable information scientifique donnée par les travaux de vulgarisation est noyée dans une grande masse de désinformation et de déformation de la «vérité» scientifique. Cette noyade a pour cause l’utilisation outrancière et efficace des médias par des individus qui ne montrent pas ce qu’ils sont vraiment : des imposteurs.

L’imposture en science se reconnaît aisément : un imposteur publie des croyances, ou des thèses philosophiques ou métaphysiques, ou des considérations pseudo-scientifiques et fait abusivement passer celles-ci pour de la vraie science en utilisant le plus souvent possible les médias (TV, radio, internet, presse…) comme s’il recherchait la reconnaissance, l’admiration et l’amour du public et sans jamais passer par une publication scientifique à comité de lecture comme arxiv.org, sciencemag.org, pourlascience.fr, cnrs.fr, cern.ch…

Bref, en dehors du circuit scientifique, les théories sont sans garantie. Les comités de lecture par des pairs sont un garde-fou afin de préserver la science de divers abus. Cela réduit ainsi de beaucoup le risque d’erreurs, mais l’absence absolue d’erreurs est un mythe. Comme l’argument d’autorité n’est pas un critère de scientificité, cela veut dire qu’une référence ayant un statut scientifique crédible ne signifie pas qu’elle soit exempte d’erreur, ni qu’elle soit dispensée de toute critique et de réfutabilité. Ne jamais oublier ça… Même le système de régulation dans la communauté scientifique a ses failles, notamment via l’attribution controversée de thèses (cf. Mme Tessier, astrologue, à la Sorbonne ; et l’affaire des célèbres frères B.)

L’imposture scientifique se reconnaît dans son impossibilité ou son refus de se soumettre à la réfutabilité des affirmations que l’imposture prétend. L’imposture se reconnaît aussi à son langage flou, abscons, à l’utilisation d’anecdote et de témoignages, ainsi que par l’absence de référence directe à des faits.

La confusion du public entre la vraie science et l’imposture vient de ce que le grand public ne comprend pas ce que les scientifiques racontent, tout simplement parce que souvent le grand public n’a pas les bases requises pour comprendre les sujets scientifiques abordés. Quand la chimie ou la physique ne passionnent pas forcément les jeunes, les sciences sont rapidement oubliées avec le temps qui passe, abandonnées comme de vagues souvenirs. L’école ne sait pas susciter l’éveil ou la curiosité, ni des vocations scientifiques. L’école ne sait, encore moins, éveiller à un recul critique et analytique, et ça ne fait qu’accroître l’abîme.

Pour exemple, quand le web fait une propagande médiatique sur le moteur Pantone, l’attitude du public est souvent l’absorption passive et crédule de l’info, sans la moindre attitude sceptique, en prenant même (à tort) l’info pour vraie, comme ça. D’une part, le niveau scientifique requis pour comprendre pourquoi le moteur Pantone ne peut pas marcher est celui du lycée (niveau 1ère ou Terminale S), mais pourtant, de nos jours, beaucoup de gens passent leur Bac (et avec statistiquement plus de 85% de succès)…

Ou le grand public est crédule, ou il n’a aucune envie de comprendre comment ça marche parce que ça ne l’intéresse pas. Quand une chose intéresse quelqu’un, la personne cherche à comprendre tous les mécanismes, à essayer et à explorer. Un bidouilleur en informatique qui s’intéresse aux ordinateurs et à la programmation finit par cumuler de grandes connaissances à travers son expérience du domaine. Pour un passionné de mobylettes ou de motos, c’est pareil, il devient souvent un bon mécanicien car il aura tout appris à démonter et monter et réparer par lui-même ces mécaniques. Pareil pour un maître verrier qui apprend à sculpter dans le cristal.
Mais lorsqu’un thème excite les passions et provoque l’émerveillement chez autrui, mais sans que ces personnes ne s’y intéressent pour en savoir plus, de façon concrète, ce n’est pas de la curiosité ni de l’éveil actif, c’est de la crédulité passive.

Pour le grand public, la science se résume à devoir faire rêver avec des mots. Et moins le public comprend, à travers des mots compliqués, mieux le mystère capte leur émotion pour leur procurer une sorte de bien-être quasi-spirituel. Et dans cet état d’esprit troublé, le public trouve ça génial, mais sans vraiment avoir saisi le sens correct et adapté des mots scientifiques.
Il faut rester prudent en se souvenant que la science n’a pas à s’adapter au grand public pour faire connaître ses travaux, c’est au public qui doit s’efforcer de s’adapter à la science pour la comprendre. Si le grand public veut comprendre, il lui faudra d’abord s’instruire en apprenant à connaître les bases élémentaires nécessaires qui concernent les différentes sciences. J’ai longtemps connu les bases des théories scientifiques avant même de connaître les critères épistémologiques de la scientificité, c’est un peu comme mettre la charrue avant les bœufs (qui peut conduire à des absurdités si l’on n’y fait pas gaffe), mais l’essentiel c’est de connaître autant les critères de la science que les bases des théories scientifiques.

Interpréter soi-même des théories scientifiques avec son propre vocabulaire, mais sans connaître les définitions précises des mots du jargon scientifique, voila ce qui est à l’origine des délires mystiques et/ou pseudo-scientifiques des adeptes de la mouvance New Age, cette secte qui mélange abusivement les sciences avec les courants spirituels pour mieux tromper. La rigueur dans le respect des critères épistémologiques qui définissent la science est ce qui conduit à une attitude scientifique saine, ouverte et objective, sans intrusion idéologique de l’irrationnel, de l’imaginaire, de la politique et du spirituel, et des comportements émotionnels en général.

La vulgarisation scientifique ne consiste pas à simplifier ni à introduire des raccourcis, ni à faire du sensationnalisme. S’engager dans la voie de la simplification par des raccourcis réducteurs c’est conduire à un non-sens, une dénaturation dangereuse de la science, et le public croira comprendre, il croira s’instruire, et le cumul des simplifications et des raccourcis fait que les métaphores et les analogies ne correspondent pas au sens du thème scientifique qu’elles étaient sensées expliquer et décrire. Et plus cette simplification est importante avec le temps, devenue une habitude et un standard, plus les connaissances apparentes et vagues constitueront un désastre intellectuel et un échec didactique… Sans recul critique, tout type d’instruction est un gâchis. Mais c’est heureusement réversible, parfois, quand les gens trouvent le courage de TOUT remettre leurs acquis en question, en devant tout réapprendre par eux-mêmes avec un nouvel outil d’analyse : l’esprit critique.

 Le public se distingue par 3 types d’attitudes :

  1. Les indifférents et les désinvoltes (du style : «bof, j’m’en fous de tout»). C’est leur droit. L’ignorance n’est pas un mal quand il n’y a pas d’idéologie ni de croyances derrière.
  2. Les avaleurs de couleuvres (du style : «hey, c’est passé à la TV donc c’est vrai : la marmotte elle met le chocolat dans le papier alu»). Eux doivent faire un très gros effort d’adaptation au réel…
  3. Les sceptiques (du style : «je gratte le vernis, je creuse, je pioche, je vérifie la marchandise, mouarfff iconsceptique.gif je m’en doutais t’es un escroc !»). But de l’évolution intellectuelle.

L’idéal est que le droit à l’ignorance et à la croyance doit s’équilibrer avec le devoir de s’informer objectivement.

À ces trois types d’attitudes, il faut y adjoindre divers comportements opposés :

  1. Ceux qui vendent des couleuvres (du style : «voici mon livre qui contient la Vérité hypercosmique sur le secret de la Création, bon ça fait 25 € merci ô pigeon…»)
  2. Ceux qui vulgarisent la science, avec conscience professionnelle et déontologie (du style : «Comment ça marche ? Voila je vous explique des trucs concrets avec l’appui d’expériences et des données quantitatives expérimentales, et en formulant des hypothèses réfutables donc testables par l’expérimentation ou l’observation»)
  3. Ceux qui rendent la science vulgaire, en la dénaturant, et en lui ôtant tout son sens (du style : «je ne comprends rien en science mais je vous expliquerai tous les secrets du pré-Univers qui a existé avant l’apparition de l’espace-temps, et dans l’univers rien n’est impossiiiiible»)
  4. Le cas n°1 peut coïncider parfois avec le cas n°3…
  5. Le cas n°2 est strictement distinct des autres cas. On ne peut pas être à la fois un honnête vulgarisateur et un odieux imposteur, ou alors il faut vraiment être sournois pour mélanger le vrai et le faux…

Pour conclure :

  • Les meilleurs vulgarisateurs scientifiques sont ceux qui enseignent les bases des théories scientifiques et qui enseignent les définitions des mots du jargon scientifique, et qui donnent des définitions précises de ce qu’est la scientificité et la méthode scientifique.
  • Quiconque veut comprendre des travaux scientifiques, de chimie par exemple, doit nécessairement connaître les bases de la chimie. C’est le strict minimum. La compréhension est impossible sans un minimum de notions élémentaires. Sans ces notions, toute interprétation du jargon scientifique lu conduit toujours à des inepties.
  • La science n’est pas de la culture, c’est-à-dire qu’elle ne consiste pas à mémoriser des lectures diverses ni à les utiliser comme étant des vérités fixes et définitives, voire comme un roman. La culture scientifique a un socle qui est la connaissance des bases théoriques ainsi que la connaissance des critères de la scientificité (la définition de la science). Mais pour le reste, c’est-à-dire les travaux scientifiques, la publication de recherches, ce qui est le critère le plus important c’est la démarche critique et le raisonnement (appuyés par les notions de base)
  • Au lieu de vulgariser la science, il faudrait s’efforcer de faire faire des sciences quand cela est possible, afin de donner aux gens le goût du raisonnement et de la recherche par eux-mêmes à travers des expériences et des observations. Aujourd’hui, il existe un mépris honteux envers le grand public parce que le message scientifique est souvent dénaturé et déformé. Parfois même à la limite de la malhonnêteté, surtout par le journalisme peu déontologique sur certains portails du web quand ceux-ci prétendent être un relais pour faire connaître des sciences qui, pour ces médias, se résument douteusement et abusivement à la climatologie et les secteurs de l’énergie, voire le paranormal quand l’occasion se présente… Et il existe aussi un mépris du public pour les sciences qu’ils connaissent finalement mal (il n’y a qu’à examiner un forum classique du web pour en évaluer le niveau scientifique général). Par exemple, je me souviens des gros délires qui ont été proférés à la fois par les journalistes et par les internautes à propos du LHC du CERN, répandant ainsi des rumeurs ineptes de fin du monde (par ignorance, crédulité ou par hostilité idéologique au projet). De plus, un bon nombre d’articles écolos du web présentent une quantification de l’impact en CO2 selon divers comportements consuméristes, mais une vérification par calculs montrent que ces articles sont souvent faux (http://jpmanson.unblog.fr/2011/09/21/megaoctet-et-co2/ https://jpcmanson.wordpress.com/2012/04/27/analyse-de-sv-n1136-de-mai-2012/).
  • La folie irrationnelle du web, et dans la vie courante en général (souvent à cause de la presse), c’est un fait qui incite à tirer la sonnette d’alarme. Il faut contrer l’obscurantisme avant qu’il ne fasse reculer l’esprit scientifique et critique.
  • Le mépris du public à l’égard de la science peut s’expliquer par certaines dérives de la science (OGM, armes nucléaires, molécules toxiques…) et par l’apparente «froideur inhumaine» de la méthode scientifique. Les émotions n’ont rien à voir avec une attitude objective : pour observer, les yeux seuls comptent, mais pas ce que l’on ressent émotionnellement. Et en ce qui concerne l’apparente immoralité de la science, mieux vaut définir la science comme un outil neutre et amoral, car les responsables de méfaits ce sont les hommes, pas la science : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/04/10/les-derapages-de-la-science-et-le-principe-de-lethique/

 

Promouvoir le scepticisme est un acte politique, une lutte pour la liberté de tous contre la montée en puissance de l’obscurantisme, des superstitions, du développement des pseudo-sciences, etc. Ces aberrations intellectuelles sont clairement des instruments idéologiques réactionnaires dont le but est le pouvoir et l’argent par le maintien du public dans l’ignorance, la crédulité et la peur. La science est un atout que le peuple doit se réapproprier !

Semez le doute. Que la raison vous serve de guide.

© 2011-2012 John Philip C. Manson

Critique de la recherche parapsychologique


Critique de la recherche parapsychologique

Traduit de l’anglais depuis l’article Wikipedia “Parapsychology

Ceci est une liste des éléments qui montre le manque de crédibilité et de réfutabilité de la parapsychologie (note de JPM)

  • * L’évidence anecdotique est en soi incertaine. Les anecdotes peuvent avoir des explications normales et non-anormales telles que la coïncidence aléatoire, la fraude, l’imagination, ou l’auto-suggestion. Par conséquent n’importe quelle recherche en matière de parapsychologie se fondant purement sur l’évidence anecdotique est sans valeur. (Note de JPM : anecdotisme dans le sens de témoignages, et un témoignage n’a pas la valeur d’une preuve matérielle.)

 

  • * Si une expérience n’est pas commandée pour empêcher la fraude, alors les résultats ne peuvent pas être garantis de confiance. Ceci est particulièrement ainsi le fait qu’un certain nombre de personnes qui ont prétendu posséder des facultés psi étaient plus tard avéré être des fraudes.  (Note de JPM : une expérience scientifique exige une très grande rigueur pour éliminer toute fraude afin de conduire l’expérience dans des conditions les plus objectives possible)

 

  • * Les sceptiques déclarent que des expériences de parapsychologie sont mal conçues et ont un manque de contrôles appropriés, permettant des voies de fuite intentionnelle ou involontaire de l’information par des moyens normaux, etc…   (Note de JPM : le manque de rigueur, un montage expérimental insuffisant (ou inutilement complexe), les biais expérimentaux, l’absence de tests en double aveugle, ainsi que les fuites d’information conduisant à la manipulation des résultats, voila des exemples de défauts principaux à éviter dans l’expérimentation scientifique)

 

  • * Les expériences de parapsychologie exigent la reproductibilité avec des résultats positifs dans plus de laboratoires indépendants que celui en l’occurrence.   (Note de JPM : une expérience est scientifique si elle est reproductible, au moyen d’hypothèses réfutables, avec l’appui de résultats quantitatifs qui permettent des comparaisons, et en acceptant tous les résultats obtenus (on ne rejette pas les résultats qui ne plaisent pas quand ils choquent les croyances par exemple))

 

  • * Les résultats positifs dans des expériences psi sont tellement statistiquement insignifiants quant à soient négligeables, c’est-à-dire indistincts du hasard. Par exemple, la parapsychologie peut avoir un problème “de classeur” (NDRL : schéma ?) où un grand pourcentage des résultats négatifs ne sont jamais édités, faisant des résultats positifs plus significative qu’ils le sont réellement.  (Note de JPM : la science consiste à garder tous les résultats, même ceux qui ne plaisent pas, l’existence de résultats positifs et négatifs prend tout son sens scientifique à travers la comparaison quantitative de tous les résultats différents entre eux, ce qui permet d’évaluer la marge observée par rapport au hasard. Le déni du hasard est un des symptômes principaux de l’imposture pseudo-scientifique et de l’intégrisme religieux.)

 

  • * Actuellement les résultats positifs inexplicables des expériences en apparence saines ne prouvent pas l’existence des phénomènes psi, c’est-à-dire que des explications normales peuvent encore être trouvées.  (Note de JPM : en effet, si par exemple 95% des phénomènes expliqués sont banals, rien ne justifie de croire que les 5% des phénomènes inexpliqués soient paranormaux, ils peuvent être statistiquement banals eux aussi)

 

  • * Des phénomènes psi ne peuvent pas être acceptés comme explication des résultats positifs jusqu’à ce qu’il y ait une théorie largement acceptable de la façon dont ils fonctionnent.    (Note de JPM : l’application du rasoir d’Occam consiste à ne pas multiplier les hypothèses superflues et inutiles quand ça n’est pas justifié par les faits)

 

  • * Les parapsychologues peuvent préférer et écrire l’histoire sélective. L’histoire entière peut être évitée.    (Note de JPM : la vraie science consiste à analyser tous les résultats, tout tri sélectif des résultats est de la manipulation motivée par des a prioris subjectifs qui trahissent abusivement la méthode scientifique)

 

  • * La parapsychologie passe trop de temps en essayant simplement de prouver que certains phénomènes se produisent, et trop peu de temps en essayant de les expliquer – pourtant c’est une explication qui constitue le coeur de l’enquête scientifique, et une acceptation plus large et scientifique des phénomènes parapsychologiques viendrait seulement avec l’apport d’explication.  (Note de JPM : par exemple, vouloir prouver la vie après la mort ne donne aucune explication théorique du phénomène, comme par exemple comment la conscience peut-elle survivre à l’extérieur d’un système neuromimétique (cerveau), ainsi une preuve n’est pas seulement observationnelle ou expérimentale mais elle doit permettre une théorisation mathématique et quantitative du phénomène supposé ou observé et rester en cohérence avec les théories scientifiques admises)

 

  • * Les gens qui sont considérés comme des clairvoyants remarquables pourraient faire beaucoup d’argent en prévoyant ou même en commandant (par l’intermédiaire de la psychokinèse (PK)) les résultats des matches de boxe, des jeux du football, des rotations de roue de roulette, de différents changements de cours des actions d’actions, et ainsi de suite, mais d’aucun d’eux semblent faire ainsi. Pourquoi pas ?   (Note de JPM : si le paranormal était une réalité, essayez d’imaginer ce qui se ferait réellement dans le monde avec de tels pouvoirs, et ces choses-là ça se sauraient déjà)

 

Le calendrier maya, l’obscurantisme New Age, et l’imposture de la fin du monde de décembre 2012

  • AVERTISSEMENT : les citations extraites de cet article ne doivent pas servir à cautionner n’importe quel autre croyance rivale (comme le christianisme par exemple) ; ce n’est pas parce que le New Age est une secte inepte que cela signifie que d’autres croyances soient la vérité ou le Bien, je récuse explicitement la réutilisation de mes propos susceptibles de servir contre mon gré à des argumentaires fallacieux et malhonnêtes. Pour comprendre le piège des sophismes et des paralogismes, lire ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/04/15/des-paralogismes-dans-un-document-sceptique-sur-nibiru-et-anunnakis/

 

« La culture de la peur a toujours constitué l’instrument favori des dictatures : les démocraties ne peuvent qu’en faire un usage limité sous peine de se détruire. »  (Pascal Bruckner, in « Le fanatisme de l’Apocalypse », p. 47)

  • En 2012, rien de cosmique ni de surnaturel ne se produira sur Terre.
  • Le présent article présente tous les arguments qui rangent le 21/12/2012 parmi les mythes et les impostures.
  • Décembre 2012, une propagande sectaire qui sert les desseins des charlatans.

Introduction

Cet article a été conçu pour informer et donner des réponses pertinentes, rationnelles et factuelles à ceux qui se posent des questions relatives au 21 décembre 2012.

Il ne faut pas confondre l’Histoire des civilisations précolombiennes avec le mouvement mystique du New Age qui déforme, réinvente et réécrit la réalité historique.

Le mayanisme, quand le New Age recycle de vieilles légendes de civilisations éteintes

Certains parlent des mayas (leur calendrier en particulier), d’autres parlent de légendes babylonniennes ou assyriennes, et d’autres évoquent le nom de Nibiru, tandis que d’autres esprits dérangés parlent du trou noir du LHC chez le CERN… Les réponses précises sur 2012, dans Yahoo Questions/Réponses, sont très nombreuses tout autant que les questions qui abondent. La plupart des internautes posent ainsi leur question sans prendre la peine de vérifier si les réponses existent déjà, au lieu de proposer au public une question récurrente et pénible qui revient chaque semaine…

L’ignorance en astronomie fait croire n’importe quoi quand on est confronté à des croyances d’origine sectaire.

Je fais cet article afin de clarifier les faits objectifs et de couper court aux rumeurs irrationnelles.

Les événements prédits pour 21/12/2012 sont fictifs, c’est un mythe pondu par des gens qui ne connaissent rien de l’astronomie. C’est une légende urbaine dont la diffusion quasi-mondiale est largement facilitée par l’internet.

La date du 21/12/2012 est contestée par les historiens et les archéologues

Des sources montrent même que la date du 21/12/2012 est fantaisiste et que la date de fin de cycle long du calendrier maya est en fait incertaine. Les frères Böhm, l’un mathématicien, l’autre historien, ont découvert que la “fin du monde” n’est pas pour 2012 mais pour 2116. Mais cela ne changera rien : il n’existe pas de causalité entre un calendrier et l’apparition d’événements. Un calendrier sert à noter et consigner des événements, mais on ne fait pas le contraire, puisqu’un calendrier n’est ni un oracle, ni un objet divinatoire.  S’il est possible de déterminer le nombre de jours entre le commencement du cycle long du calendrier maya et la fin du cycle, personne ne connaît en réalité le lien permettant la conversion du calendrier maya vers une date du calendrier grégorien !

Le calendrier maya, disent les prophètes du New Age. Où est la marque du pluriel ? En effet il existe plusieurs calendriers mayas spécifiques à cette civilisation.

  • un calendrier religieux de 260 jours (calendrier Tzolk’in)
  • un calendrier agricole de 365 jours (calendrier Haab)
  • un calendrier Tun de 360 jours, associé au calendrier Tzolk’in
  • un calendrier de neuf jours (équivalent à notre semaine)
  • un cycle long de 1.872.000 jours  (c’est celui-ci qui est récupéré par le New Age,mais aucun des précédents)

La date 0.0.0.0.0 du compte long maya correspondrait au 11 août 3113 av JC de notre calendrier, mais personne ne connaît de façon certaine la conversion entre le calendrier maya et le calendrier julien. La correspondance, dite de GMT, entre le calendrier maya et notre calendrier a été établie d’après Eric Thompson, archéologue et épigraphiste britannique.  La date du 11/08 de l’an -3314 est celle qui est la plus communément utilisée par les archéologues spécialisés de la civilisation maya. Néanmoins, personne ne peut s’assurer de l’exactitude certaine de cette corrélation. (cf. les frères Böhm dans le paragraphe plus haut)

La bonne question à se poser : pourquoi ce calendrier-là plutôt que tout autre ? Selon moi, c’est seulement à cause de la proximité de la date future de 2012. Parce que si la “fin du monde” était fixée à une date future lointaine, qui n’est pas de notre vivant, tout le monde s’en foutrait… Ce que veulent les gourous, c’est inspirer la peur, d’où le choix de ce calendrier. Quand 2012, ou 2116, seront passés, et que rien d’extraordinaire ne sera arrivé, les charlatans se rabattront sur un nouveau calendrier. Je vous laisse deviner lequel.

L’origine archéologique de la croyance au 21 décembre 2012

Je cite Jean-Michel Hoppan, du centre d’études des langues indigènes d’Amérique :

“Cette date, toutefois (le 21 décembre 2012), n’apparaît que dans une seule et incomplète inscription maya datant de la seconde moitié du VIIe siècle, sur le monument 6 du site archéologique de Totuguero, dans l’état de Tabasco, au Mexique. Le long texte de cette stèle s’achève par une référence à la date du ‘4 Ahau 3 Kankin’ mais juste pour signaler ‘qu’interviendra alors une divinité appelée Bolonyocte’. Rien d’autre. Surtout, la fin d’un cycle, dans l’esprit des mayas, ne signifiait nullement la fin DU monde, mais la fin D’UN monde, le début d’une nouvelle ère dédiée, comme les précédentes à des entités mythiques. Cela leur permettait en quelque sorte de remettre les compteurs zéro.” 

En d’autre termes, tout ce qui a été rajouté sur le 21 décembre 2012 n’est que pure affabulation. Car il n’existe aucune prophétie maya prétendant que la fin du monde arrivera à cette date. D’ailleurs il serait intéressant de demander à ceux qui disent le contraire, de nous la montrer cette fameuse prophétie.

  • Le 21/12/2012 est une légende urbaine d’internet et de la littérature, née de l’interprétation douteuse d’une inscription incomplète d’un site archéologique mexicain. La crédulité a fait le reste.

Le calendrier maya a été conçu par les Mayas sur la base de multiples de nombres, un système de numération, bref un calendrier fondé sur du symbolisme et des analogies, mais pas sur la base d’événements astronomiques qui, eux, ne dépendent absolument pas de conventions humaines de numération.

Le mayanisme, fruit d’une secte : quand l’archéologie est détournée de son contexte pour légitimer une doctrine New Age

Je maintiens mes propos comme je l’ai toujours répété ici et ailleurs : le mayanisme est une propagande sectaire qui essaie de vous vendre votre survie par la peur et la crédulité. Il n’y a aucun fondement scientifique, ni historique, ni archéologique derrière cette pure mystification. Le mayanisme est une des nombreuses et nouvelles croyances propagées par la mouvance New Age. À savoir : le mouvement hippie est plus ou moins à l’origine du mouvement New Age (dans les années 60/70) et de l’écologisme idéologique en politique, avec son lot de croyances qui font la synthèse de plusieurs religions diverses, dans un contexte de contre-culture et de banalisation du postmodernisme. D’autres, comme certains écrivains, profitent de cette spiritualité moderne qu’est le New Age pour mystifier le public en lui faisant croire que c’est de la science, sans que ces individus peu scrupuleux aient forcément la même origine culturelle propre au New Age. Il ne s’agit pas là de science ni même de spiritualité, mais d’obscurantisme et d’imposture intellectuelle via la propagation d’un thème irrationnel fortement médiatisé dans les forums d’internet.

Si vous devez vous poser de bonnes questions, ne dites pas “comment cela se passera t-il à telle date”, mais plutôt “en quoi l’hypothèse de la fin du monde à telle date est-elle absurde ?”. Avant de formuler une hypothèse s’inspirant d’un phénomène, assurez vous d’abord que le phénomène existe.

Ce n’est pas parce qu’un calendrier affiche des chiffres ronds que cela signifie l’implication d’un événement historique qui n’a aucun rapport avec la convention utilisée dans un calendrier. Si le pape décide par exemple de décaler notre calendrier grégorien en lui ajoutant 990 ans par exemple, et nous annonçant qu’on est en l’an 3000 (fixé par décret), ce chiffre rond (3000) ne signifie pas que ça déclenchera, en conséquence, des événements, ni que cela nous vieillira réellement de 990, nous transformant en dépouilles réduites en poussière comme par magie, comme si le temps s’était écoulé subitement comme une fuite d’huile de vidange !

Le problème que je montre, c’est que la pensée magique remplace l’attitude critique dans la tête des crédules. Ce sort est indigne pour un être humain.

  • La NASA a expliqué que l’affabulation de la fin du monde selon le calendrier maya a commencé avec l’affirmation que Nibiru, une supposée planète découverte par les Sumériens, se dirigeait vers la Terre. Cette catastrophe a été initialement prédite pour mai 2003, mais comme rien n’est arrivé le jour du jugement dernier, la date a été repoussée à décembre 2012.

Doctrine et déni du hasard

La causalité, c’est une cause suivie d’un effet. Mais les croyances reposent sur des analogies dépourvues de causalité, avec le déni de la curiosité, le déni de l’observation des faits, le déni du hasard et des probabilités, le déni de réfuter des idées, le déni même de la réflexion. Les impressions et l’inspiration ne sont pas équivalents à la réflexion rationnelle, ce sont deux modes différents de la pensée.

Il faudrait arrêter toutes ces contre-vérités racontées sur les mayas. En plus, l’industrie du cinéma en a même fait un film. Pitoyable… La désinformation propre au mayanisme mystique déforme complètement les faits de l’Histoire et les détournent abusivement de leur contexte. Le mythe de la fin du monde en 2012 est une légende urbaine propagée par un écrivain russe et récupérée par la fondatrice d’une communauté d’ufologie. Le mysticisme mayaniste est un courant du New Age et il n’a aucun rapport sérieux avec l’Histoire, l’archéologie et l’astronomie et les sciences en général.

Le thème du mayanisme  millénariste est né de la littérature en 1976 : nulle trace auparavant en Histoire

Le sujet sur les mayas a abondamment été débattu sur le web, et les personnes sceptiques ont écrit comme moi des précisions depuis ces dernières années pour dénoncer l’obscurantisme contemporain malsain et débilitant. Le web n’a pas été conçu pour s’en servir comme moyen de propagande sectaire. Le délire contemporain au sujet de Nibiru a été initié en 1976 (à partir d’un écrivain russe), ça a commencé à en faire parler en 1991 quand cet écrivain a voulu montrer ses idées aux astronomes, puis ensuite la doctrine connue sous sa forme actuelle a pris son essor en 2003 sur internet comme phénomène de légende urbaine (sous différentes variantes depuis) à travers le bouche-à-oreille dans les nombreux forums mystiques.Ce phénomène de société ressemble étonnamment à un processus de propagation d’un virus informatique capable de muter et d’infecter un maximum de machines. Ici, ce sont les personnes crédules et vulnérables qui se font berner…

Nous distinguons donc plusieurs champs d’exploration de la Réalité: les faits eux-mêmes, la connaissance de ces faits (au moyen de la science), les rajouts abusifs sur ces faits et les interprétations délirantes sur ces rajouts (au moyen de l’imaginaire). Chaque fois que le mythe apocalyptique mayaniste réapparaît dans le web, je suis tenté d’encourager ses détracteurs à poser la question suivante : “À qui profitent les rumeurs de fin du monde ?” Voila une question intéressante à poser.

  • Il ne faut pas confondre l’archéologie et l’Histoire avec la mythologie.
    Il ne faut pas confondre plus généralement la science authentique avec la science fictive (les théories farfelues d’amateurs) et la science-fiction (qui est un art).
    Il ne faut pas confondre l’astronomie (science) avec l’astrologie (pseudo-science), l’archéo-astronomie (pseudo-Histoire) et les autres délires appartenant à la grande famille de l’intelligent design, du New Age et du néo-évhémérisme.

Le mythe de Nibiru

En astronomie, Nibiru n’existe pas, c’est un mythe. Cet astre est absent des catalogues d’astronomie.

Nibiru est un mythe d’origine babylonienne et a été l’objet d’un récit d’un roman de l’écrivain russe Z. Sitchin (qui se dit aussi historien), en 1976, et cela est devenu un fantasme sur internet depuis 2003 à travers le développement de plusieurs versions de légendes New Age par le biais de la propagande d’une secte ufologique américaine influente. Les écrits de Sitchin s’apparentent à des romans de science-fiction mais dont la forme est construite comme un essai abusivement présenté comme scientifique, historique et véridique alors que ça ne l’est absolument pas.

Nibiru est parfois associé au mythe du calendrier maya qui annonce des événements divers pour la fin de l’an 2012, alors que ce sont deux mythes d’origines distinctes.

Combien de temps faut-il répéter comme un perroquet que ce sont des idioties ?

Comment ai-je pu retrouver autant d’informations ? Il suffit de se poser les questions élémentaires : qui a fondé l’arnaque sur 2012, qui l’a propagé, à qui cela profite t-il, et dans quel but ? La situation ne consiste pas à attendre avec angoisse le mois de décembre 2012 (c’est peut-être le but recherché par les charlatans), mais à rechercher les sources de toute cette arnaque intellectuelle. Google est l’outil idéal pour effectuer des recherches poussées.

Google est notre ami

Recherche chronologique : http://www.google.fr/trends
Google est un outil très intéressant pour rechercher l’évolution des infos dans le temps.

Exemple :
http://www.google.fr/trends?q=%22d%C3%A9cembre+2012%22&ctab=0&geo=all&date=all&sort=0

Coïncidence : la polémique sur décembre 2012 dans le web a atteint un pic d’activité en novembre 2009, peu avant le sommet de Copenhague. J’ai dit coïncidence, pas causalité. Même remarque avec le mot Nibiru.

http://www.google.fr/trends?q=nibiru&ctab=0&geo=all&date=all&sort=0

Le mayanisme est un mythe récent. Nibiru a émergé début 2004. L’expression “décembre 2012″ apparut en francophonie lors du dernier trimestre 2007 environ 8 mois après son émergence sur le web anglophone.
Lorsque l’on a pu retrouver l’origine chronologique d’un phénomène médiatique, on en trouve la source. A qui profite cette mystification ?

Internet est un puissant vecteur de désinformation et de propagande sectaire. Et ça tout le monde le sait, surtout les gourous.

Devant les échecs successifs des prédictions des gourous sur les dates de fin du monde, n’avez-vous pas l’impression que les crédules passent pour des cons à leurs yeux ? Les gourous savent très bien ce qu’ils font et ils ne croient pas un seul instant eux-mêmes en ce qu’ils font croire. Les gourous doivent bien rigoler devant tant de crédulité. La faute à l’obscurantisme ? Plutôt la faute à l’ignorance des crédules et à l’absence d’esprit critique. Les crédules devraient se botter le derrière eux-mêmes, on n’a pas toujours le temps de le faire pour eux, tellement il y a de nécessiteux… Pensez-vous que les gogos traineront les gouroux en justice en 2013 pour abus de confiance et pub mensongère ? Je ne le pense pas : les gogos préféreront continuer à croire en une nouvelle date de fin du monde, celle de l’astéroïde Apophis en 2036, celle du bug Unix de 2038, ou l’an 3000 (parce que c’est rond et que ça paraît joli…). Alors stop ou encore avec toutes ces inepties ?

Précisions sur le calendrier maya
Si des guignols nous prédisent la fin du monde pour le compte long du calendrier maya correspondant à 13.0.0.0.0 (21/12/2012), alors pourquoi ne s’est-il rien passé le 12.0.0.0.0 (18/09/1618) ni le 11.0.0.0.0 (15/06/1224) ? Pourquoi donc préférer un “chiffre” rond plutôt qu’un autre ? Et pourquoi préférer le calendrier maya à un autre ? Et pourquoi choisir ce calendrier maya-là alors qu’il en existe plusieurs chez la civilisation maya ?

C’est sûr que ça risque d’être la fin du monde, un jour, quand on voit l’ampleur de la crédulité pathologique humaine qui est la seule responsable de sa déchéance mentale.

L’avenir n’est écrit nulle part.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9dictions_de_fin_du_monde

Il suffit de regarder dans ce lien cette liste de prédictions de fin du monde, qui se comptent par dizaines, et aucune d’entre elles n’a eu lieu, et sont toutes motivées par des mouvements sectaires.

À l’heure où je parle de tout ça, suite à l’actualité sur le Japon, certaines mouvances sectaires se réveillent pour annoncer la fin du monde prochaine http://www.rue89.com/2011/03/15/usa-le-seisme-au-japon-reveille-les-dingos-de-lapocalypse-195004   J’apprends même que 41% des Américains croient à un retour du Christ avant 2050. Décidément, la pathologie sectaire n’a pas de limite. Maintenant, les sectes n’arrêtent plus de changer la date de l’Apocalypse, c’est le 21 mai 2011 et non plus le 21/12/2012 (le billet d’avion pour l’Enfer infernal est annulé ?).

Croire ne crée pas de réalités, même en se mettant à plusieurs millions à croire en quelque chose. Tant qu’il n’y a rien à observer, il n’y a rien à raconter.

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Arguments contre certains points  plus ou moins relatifs au calendrier maya :

Un alignement planétaire ou cosmique ?

Certains affirment que le 21/12/2012 sera le théâtre d’un alignement planétaire ou cosmique particulier. Mais cela aussi c’est une mystification.Je pense même que la mythologie maya n’en parle même pas, c’est la mouvance New Age qui a inventé cet alignement cosmique.

Le 21/12/2012 il n’y aura aucun alignement planétaire ! Les logiciels de planétarium et la NASA le démontrent. Ceux qui annoncent l’an 2012 sont très mal renseignés et se basent sur une légende urbaine (le calendrier maya) véhiculée par de la propagande sectaire New Age pro-apocalyptique. Il ne faut accorder aucun crédit à ces inepties, ce ne sont que des croyances obscurantistes.

Le 12 Janvier de l’an 10353 avant JC, toutes les planètes du système solaire étaient groupées dans un octant (secteur de 45°), ce qui est déjà assez bien !!
Le 9 Novembre 1881, la plupart des planètes (ce qui veut dire : Soleil, Mercure, Terre, Mars, Jupiter, Uranus, Neptune et Pluton ), sauf Vénus et Saturne, étaient “presque” alignées.

Un alignement parfait de toutes les planètes du système solaire est extrêmement rare, si rare que cela n’est peut-être même pas encore arrivé ! Et même si un tel alignement se produisait, ça n’aurait absolument aucune influence néfaste pour la Terre (tout comme une éclipse de soleil).

Le centre galactique est dans la constellation du Sagittaire. Mais pour avoir l’alignement exact Terre-Soleil-Centre, il faudrait que le soleil et le centre galactique soient sur le même point sur le plan de l’écliptique. Mais est-ce que le centre galactique est sur l’écliptique ? Après une rapide vérification, l’angle minimal entre la Terre, le soleil et le centre galactique est supérieur à 6° (au plus, il atteint 52°), il ne peut donc y avoir d’alignement parfait. Avec une marge de 4% comme celle-ci, on ne peut même pas parler de l’existence d’un quelconque alignement.

À vrai dire, il n’y a jamais d’alignement Terre-Soleil-centre galactique.

Quand on évoque le cycle de 26000 ans, on confond l’histoire du centre galactique avec le phénomène de précession des équinoxes (qui n’a absolument rien à voir !). La précession des équinoxes est un phénomène gyroscopique dû à la rotation de la Terre.

Et les alignements astronomiques comme les éclipses solaires ou lunaires, ou l’alignement dont on vient de parler, ou les alignements planétaires, ça n’a aucun rapport avec le calendrier maya. Mais pourtant certains croient qu’il existe un tel lien.

Un alignement, quand il y en a un, n’est qu’un alignement, il n’y a aucun lien entre un alignement quelconque et les événements historiques sur Terre. La civilisation humaine n’est pas le centre de l’univers, pourquoi les phénomènes astronomiques feraient-ils des prophéties ? Il est temps d’observer la réalité en face sans avoir de croyances déconnectées du réel.

Un alignement cosmique ? Un alignement comique plutôt !

Confusion des genres, ignorance crasse, délires…
Du n’importe quoi. Les légendes relatives aux alignements planétaires, aux calendriers prophétiques précolombiens et à une certaine forme de l’ufologie sont des croyances New Age et du néo-évhémérisme, ces légendes bidons sont de la propagande en provenance d’une secte américaine. Si je le sais c’est parce que j’ai fait des recherches là-dessus, et ceux qui veulent en savoir plus peuvent le découvrir par eux-mêmes, Google est là pour ça.

L’inversion des pôles ?

Certains annoncent l’inversion des pôles magnétiques terrestres… Concernant les pôles magnétiques, il y a eu 24 inversions de ces pôles au cours des 5 derniers millions d’années, et des centaines de fois en 160 millions d’années, et la vie existe toujours sur Terre. Certains parlent de variation de l’intensité du champ magnétique terrestre, mais en fait ça fluctue tout le temps, ce n’est jamais stable. Une inversion prochaine est une rumeur controversée, parce que le phénomène est très lent et imprévisible. Il est utile de rappeler que l’inversion des pôles est un thème New Age de la fin du monde, au même titre que l’arrivée de Nibiru, ainsi que des alignements cosmiques bizarres, mais tout cela est une mystification propre aux sectes millénaristes.

L’inversion ne concerne que les pôles magnétiques du globe, pas les pôles géographiques. C’est un processus qui s’étend sur une longue période, ce n’est pas un phénomène instantané. Ce n’est pas non plus fatal pour la survie d’une espèce, bien que les radiations sur une Terre sans protection magnétique présentent des risques réels comme les cancers cutanés et les pannes des satellites de télécommunication. L’inversion des pôles magnétiques c’est arrivé déjà quelques dizaines de fois depuis l’apparition de l’humanité, et nous sommes toujours là.

Le champ magnétique terrestre a deux polarités : un nord magnétique et un sud magnétique, et son axe est incliné un peu par rapport à l’axe de rotation terrestre.

Le champ magnétique terrestre maintient la vie sur Terre en nous protégeant du rayonnement cosmique, mais il n’est pas lui-même la cause de la vie. En l’absence de ce champ, la vie serait quand même apparue mais seulement dans les océans à une certaine profondeur. Certaines espèces vivantes peuvent résister aux rayonnements : les tardigrades et certains insectes. Bref, la vie sur les continents n’est pas nécessairement impossible même en l’absence de champ magnétique terrestre, mais la vie serait certainement moins diversifiée et plus raréfiée.

Une inversion de polarité magnétique terrestre est déjà arrivée plusieurs fois dans l’histoire géologique, et n’a pas été mortel pour la vie, mais la transition dure plusieurs millénaires, ce n’est donc pas instantané. Et une diminution du champ à cause d’une très lente inversion serait même imperceptible par des mesures au magnétomètre. Il existe des oscillations stables du champ magnétique terrestre en fonction du temps, et le champ diffère sensiblement selon les endroits. Donc s’il existait une variation globale progressive avérée du champ, elle devrait être significativement et statistiquement supérieure aux fluctuations moyennes du champ, mais on n’a rien observé de tel à l’échelle globale. Le champ magnétique est induit par la rotation terrestre qui agit donc comme une dynamo.

Le thème de l’inversion des pôles est fréquemment relié au mythe mayaniste de la fin du monde de décembre 2012 et au mythe de la planète Nibiru, c’est une sorte de syncrétisme mystique très populaire (hélas) sur Internet. Les personnes bien renseignées savent que ce sont des conneries.

Les inversions des pôles magnétiques sont survenues environ une vingtaine de fois depuis l’apparition des premiers hominidés. Si elles avaient été mortelles, nous ne serions pas là pour en parler.

 Le web, vecteur des rumeurs :

Dans un site que je ne citerai pas, j’ai pu lire cette phrase obscurantiste : “Au lever du Soleil du 21 décembre 2012 et pour la première fois depuis 26.000 ans, le Soleil se lèvera pour se joindre à l’intersection de la Voie lactée et du plan écliptique.”

Le 21 décembre est effectivement le solstice d’hiver, c’était le cas il y a environ 25920 ans. Mais si l’on prend pour référence une année quelconque X, n’importe laquelle, on peut dire également que le solstice a lieu le même jour de l’année à la date X auquel on soustrait 25920. Ainsi, on peut définir n’importe quelle date comme étant une date particulière, selon le goût des croyances de chacun… En effet, si j’affirme que la fin du monde est le 30 avril 3797 de notre ère, il est vrai que 25920 ans plus tôt, le point de l’équinoxe du printemps avait la même position dans le ciel que le 30 avril 22123 avant notre ère.

D’autre part, l’écliptique et le “plan galactique” ne sont jamais alignés, je l’avais expliqué plus haut. Je suis d’autant plus choqué que le texte en italique que je cite ci-dessus a été vu dans une page perso d’un étudiant sur un site universitaire français avec certaines références New Age que je n’évoquerai pas. C’est atterrant de voir ça.

Opposons nous à l’obscurantisme avant qu’il n’infiltre les pouvoirs publics !

 

© 2007-2013 John Philip C. Manson

Pourquoi le hasard dérange t-il ?

Ceci est un article de psychologie, dans lequel je cherche à comprendre les motivations des croyants par rapport au concept scientifique du hasard.

Présenter les connaissances scientifiques pour convaincre n’est pas efficace. Le problème est ailleurs, et ce n’est qu’en identifiant la racine du problème que l’on peut contribuer à faire reculer l’irrationnel.

Et ce problème est centré sur le négationnisme contre le hasard, ce déni du hasard étant la faille commune de tous les courants irrationnels.

L’explication que nous donnons à notre existence et celle de l’univers, en dehors de la pensée scientifique, peut nier le rôle du hasard. S’en remettre au hasard est une idée qui heurte les esprits qui ont besoin de réponses toutes faites, dans lesquelle le déterminisme prend une place rassurante. Pour ces gens, l’ordre ne peut être dû au hasard. Car l’ordre est une notion sécurisante. L’idée d’un monde ordonné rassure, mais l’univers est régi au chaos, à l’entropie croissante ; cet ordre est plus un concept conformiste qu’un fait.

Les données de la science montre de plus en plus que l’existence des choses doit tout au hasard. Démontrer avec l’appui de preuves que le hasard gouverne l’univers nécessitera un autre article. Ici on parlera du hasard comme portée psychologique dont l’impact est la progression des pseudo-sciences et des nouvelles spiritualités, lesquelles nient le hasard dans les moindres détails.

Les preuves scientifiques s’accumulent et montrent que le hasard gouverne la vie et même il la crée. (voir S&V n°1079, août 2007, pp. 48 et 54)

En chimie, la première manifestation connue du hasard est le fameux mouvement brownien. Ensuite, Charles Darwin dit qu’il ne semble pas y avoir d’intentionnalité dans la variabilité des organismes vivants à travers l’action de la sélection naturelle. Et socialement et humainement, si le hasard n’existait pas, la vie ne serait jamais faite de surprises, il n’y aurait non plus de libre arbitre. Les religions monothéistes, par exemple, ne voient pas la contradiction flagrante entre une création déterministe et le principe de libre arbitre des “créatures”.

La peur de la mort et des incertitudes de la vie sont la cause du déni du hasard.
Les personnes blessées par la vie estiment avoir de la chance parce qu’elles sont toujours en vie alors qu’elles ont perdu toute leur famille, tandis que les individus surprotégés ont le sentiment de ne pas avoir de chance.

Plus généralement, les hommes depuis qu’ils existent cherchent à se rassurer en essayant de contrôler la nature qui leur est plus ou moins hostile. L’idée de l’existence du hasard compromet cet ordre apparent, le hasard ébranle leurs certitudes qui sont leur base de sécurité.

L’évolutionnisme scientifique le montre : l’Homme n’a pas été créé pour régenter la nature, l’Homme n’est qu’un élément parmi d’autres de la nature.

Ainsi, l’angoisse inquièterait ceux qui nient le hasard s’ils l’accueillait comme concept possible : l’existence du hasard entraine la perte du sentiment de sécurité par la perte d’un contrôle apparent de l’Homme sur la nature. Les adeptes du déterminisme propre aux croyances actuelles ne font que combattre l’angoisse de la banalité qu’est l’espèce humaine. On s’accroche à une religion comme à un nounours pour se rassurer, c’est comme une bouée de sauvetage… Alors, leur présenter l’évidence du hasard les fait souvent réagir agressivement lors de polémiques liées au créationnisme et à l’Intelligent Design.

 

L’angoisse contre le hasard, c’est peut-être en fait la liberté qui est angoissante. La peur de la liberté est un caractère psychologique propre à certains individus. C’est comme si la liberté ne procurait aucun plaisir, c’est pourquoi ces individus se construisent eux-mêmes les conditions qui font ressembler leur vie à une prison.

Toutes les religions ou presque font appel à la soumission et aux interdits : “ainsi soit-il”, “si dieu le veut” sont des exemples criants. La soumission et l’interdit ont un effet structurant de la personnalité, par la conjuration superstitieuse du chaos, la création psychologique d’un ordre illusoire qui rassure.

Le dialogue rationnel est impossible avec des individus angoissés qui n’ont pas conscience de leur problème de besoin de sécurité par des idéaux palliatifs illusoires. Il est ainsi vain de tenter de convaincre les créationnistes les plus fanatiques, sauf si ces derniers font leur auto-critique et comprennent la nature de leur problème, parce que dans l’irrationnel les paradigmes sont profondément reliés à la notion de bien-être. Le bien-être, souche de la souffrance des âmes tourmentées par l’idée même de méthode scientifique, apeurées par la froideur apparente de la science, la peur de ne pas trouver d’émotions ni de sentiments quand l’on est revêtu d’une blouse blanche dans un laboratoire. Voila le fond du problème chez les croyants qui ont préféré trouver refuge dans l’irrationnel. La science leur fait peur, mais les croyants ne craignent pas la contradiction en présentant (par exemple) les dogmes créationnistes comme relevant de la science, pendant que ces mêmes croyants diabolisent la science “officielle” qui ose les critiquer.

 

Je pense que l’on peut arriver à un progrès de vulgarisation scientifique si la plupart des gens prennent conscience de leurs mécanismes psychologiques d’auto-défense qui les emprisonnent et ne les ouvrent pas à la rationalité. Le problème ne provient pas des connaissances fournies par la science mais du bien-être apparent et illusoire que procure les croyances pseudo-scientifiques. Et il faut comprendre que la liberté est un plaisir car les croyances en font une angoisse.

 

© 2011 John Philip C. Manson