Les questions difficiles ou bizarres en entretien d’embauche

Les questions au cours d’un entretien d’embauche sont souvent bizarres, parfois saugrenues, et fréquemment sans aucun rapport avec les compétences et les connaissances requises pour le poste à pourvoir… On a souvent même l’impression que les DRH se prennent pour des psys qui considèrent les candidats comme des cobayes de laboratoire, surtout en se basant sur des critères de sélection complètement farfelus et ineptes comme le langage non verbal et les interprétations gestuelles… Des méthodes qui ressemblent aux croyances en vigueur au cours du Moyen-Âge. Hé, réveillez-vous ! On est au vingt-et-unième siècle !!!

 

Évidemment, certains métiers ne sont pas forcément basés sur la logique ou les maths, c’est certain. Les métiers comme assistance sociale ou infirmière, ou auxiliaire de vie, ça demande de l’empathie et des qualités humaines positives. Il est donc pertinent que la façon de recruter soit liée à la psychologie et à des (vrais) tests de personnalité dans le cadre de professions liées à des services empathiques.

Mais quand les métiers n’ont rien à voir avec la personnalité, mais plutôt reliés au bon sens, l’intelligence, ou la logique ? Quand le poste à pourvoir est en dissonance totale avec les méthodes de recrutement, c’est anormal, il y a un vrai problème.

Quand un commerçant recrute une caissière, il va évaluer plutôt si elle sait rendre la monnaie en faisant le moins d’erreurs possibles, c’est même essentiel. Le commerçant ne va pas demander aux candidates leur signe astrologique, ni faire une évaluation en interprétant la gestuelle de la personne.

Une fois, vers octobre ou novembre 2011, il y en a un qui m’a raconté que, lors d’un entretien au cours duquel il a argumenté verbalement, le recruteur lui a fait remarquer qu’il n’avait pas « bougé les mains ». Mais les mains, on les bougent si on en a envie, qu’est-ce que ça peut lui foutre ? Ce sont les politiciens (ces menteurs profesionnels) qui bougent les mains, comme pour séduire ou donner une ambiance particulière, ou pour distraire les moutons afin de détourner leur attention qui était portée sur la parole. Ce sont les mots dans les paroles ou les textes écrits qui sont essentiels, pas les gestes ! C’est un non-sens, certaines façons de procéder pour évaluer les candidats… Franchement, on est candidat pour être chimiste, caissier, ou pépiniériste, etc, et cela n’a aucun rapport avec les métiers de la communication, aucun ! Tiens, je vais bouger les mains comme un italien, sans rien dire (puisque les mots ne servent à rien, le recruteur s’en fout de ce qu’on dit), je vais être embauché parce que j’ai l’air con à remuer les mains ? C’est vraiment absurde ! Peut-être que les recruteurs sont des malades, mais les candidats sont encore plus malades quand ils entrent dans le jeu cynique des recruteurs.

 

Voici un bouquin intéressant qui dénonce les gourous de la communication :

 

Avec les délires de la com’, notre société tend à suivre un modèle douteux : la secte. Coaching, développement personnel… Oui, une secte. Les sectes ne sont pas seulement limitées aux mouvances religieuses. Les sectes ont plusieurs visages :

  • 34% concernent la sécurité des personnes et des biens,
  • 22% touchent à l’éducation des mineurs,
  • 22% relèvent du domaine de la santé
  • 17% impactent la sphère du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle.

Ces chiffres proviennent de http://www.derives-sectes.gouv.fr/faq. Face à ces multiples domaines, contrairement aux idées reçues : les dérives sectaires dans le domaine religieux sont très minoritaires.

 

 

 

Rappel du Code du Travail en France :

  • Les méthodes et techniques employées doivent être pertinentes au regard de la finalité poursuivie aux termes des articles L 1221-8 et L 1222-3 du Code du Travail.
  • 1.3. La Cour d’Appel de VERSAILLES : « Selon les articles L 1222-2 et L 1222-3 du code du travail, les informations demandées à un salarié ne peuvent avoir comme finalité que d’apprécier ses aptitudes professionnelles, elles doivent présenter un lien direct et nécessaire avec l’évaluation de ses aptitudes. Le salarié est tenu de répondre de bonne foi à ces demandes d’information. Le salarié est expressément informé, préalablement à leur mise en œuvre, des méthodes et techniques d’évaluation professionnelles, mises en œuvre à son égard. Les résultats obtenus sont confidentiels. Les méthodes et techniques d’évaluation des salariés doivent être pertinentes au regard de la finalité poursuivie.
  • Article L1132-1, modifié par LOI n°2014-173 du 21 février 2014 – art. 15 : Aucune personne ne peut être écartée d’une procédure de recrutement ou de l’accès à un stage ou à une période de formation en entreprise, aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, telle que définie à l’article 1er de la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d’adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations, notamment en matière de rémunération, au sens de l’article L. 3221-3, de mesures d’intéressement ou de distribution d’actions, de formation, de reclassement, d’affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle, de mutation ou de renouvellement de contrat en raison de son origine, de son sexe, de ses mœurs, de son orientation ou identité sexuelle, de son âge, de sa situation de famille ou de sa grossesse, de ses caractéristiques génétiques, de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une race, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales ou mutualistes, de ses convictions religieuses, de son apparence physique, de son nom de famille, de son lieu de résidence ou en raison de son état de santé ou de son handicap.

Ce qui laisse comprendre que l’astrologie et la graphologie, la phrénologie, le langage non verbal, et une pléthore de tests de personnalité, par exemple, ne sont pas des méthodes pertinentes, elles sont farfelues, et sont de fait illicites. Des outils comme le test de Rorschach, la graphologie, l’astrologie et la numérologie, sont interdits par la loi dans un contexte de recrutement, et toute entreprise utilisant ces méthodes peut comparaître devant un tribunal par un candidat. Ces méthodes doivent être dénoncées et condamnées.

Veuillez regarder via le moteur Google ce qui se raconte à propos des méthodes et techniques de recrutement, vous allez être sidérés…

Voici un exemple de ce qui s’est vu (et se voit encore) sur le marché de l’emploi :  https://jpcmanson.files.wordpress.com/2015/08/lfdr.pdf

 

Autrefois, c’était tellement plus simple, on allait s’entretenir auprès du patron directement, sans passer par des intermédiaires douteux, et on passait par une période d’essai afin de savoir si on était compétent pour le poste à pourvoir. De nos jours, c’est n’importe quoi. Je plains les jeunes qui vivent cette époque à la con.

 

 

L’article du Figaro a montré que, parfois, et même plutôt rarement par rapport aux entretiens classiques bizarres, les questions pouvaient être (enfin) de nature logique ou mathématique, comme on va le voir ci-dessous. Quand j’ai postulé autrefois, on ne m’a jamais proposé des questions d’ordre logico-mathématique, c’était plutôt de la pseudo-psychologie hors contexte en regard des compétences que l’on doit avoir pour le poste à pourvoir…

Montez votre entreprise, soyez indépendants, c’est le meilleur conseil à proposer. Le salariat en France est devenu une impasse, et les recruteurs (qui proviennent de je ne sais où) prennent souvent les candidats pour des cons, en utilisant des critères débiles.

 

Voici des exemples de questions de mathématiques (ça dépend des métiers, en effet, mais on ne m’a malheureusement jamais proposé ce genre de questions enfin intelligentes) :

 

  • IMC Financial Market, un opérateur boursier hollandais, dont l’un des recruteurs a exposé la devinette suivante: «Si trois personnes sont dans une salle, quelle est la probabilité qu’au moins deux personnes soient nées le même jour de la semaine?».

La question paraît relativement simple. Certains peut-être auront été pressés de résoudre la question en répondant par un calcul probabiliste basé sur la loi binomiale.

P = (7! / (2! * 1!)) * (1/7)² * (6/7) = 0,052 soit environ 5%.

Mais la question comporte un piège ! En effet, il ne s’agit pas stricto sensu d’un jour précis exclusif comme « deux personnes nées un dimanche » ou « deux personnes nées un vendredi ». Il faut tenir compte de tous les jours de la semaine !

Donc :    P = 1 – (7!/((7-3)! * 7^3)) = 0,3878 soit presque 39%.

Le principe est équivalent au paradoxe des anniversaires : ce n’est pas deux personnes nées strictement un jour précis exclusif de l’année, mais en réalité un jour quelconque, chacun des jours de l’année est pris en compte.

Il y a une différence entre une possibilité exclusive et l’ensemble des possibilités. Saisir la nuance, c’est mériter de devenir opérateur boursier, dans le cas étudié ici. C’est logique et pertinent.

Réfléchissons une seconde. Si vous êtes candidat et si l’on vous propose des questions ou une évaluation qui contiennent une once de bizarrerie ou l’emploi de méthodes ou techniques farfelues, vous êtes en droit de vous demander si le poste à pourvoir est complètement bidon. Il suffit de lire des listes d’offres d’emploi pour se rendre compte que depuis quelques années le nom de l’entreprise ou de l’employeur est parfois devenue anonyme : les candidats ne savent pas sur quoi ils vont tomber. Et ça c’est louche.

Sérieusement, devenez freelance, devenez habile dans un domaine que vous aimez, foncez et lancez-vous, et n’abandonnez jamais ! Vous réussirez. Ne perdez pas votre temps chez des agences qui ne vous aiguilleront jamais vers un emploi. Les 3 activités pro que j’ai eu successivement au cours des années, ce n’est pas Pôle Emploi qui m’a permis de les avoir, jamais ! La liberté a un prix, c’est très dur de maintenir une entreprise en vie, il faut bouger, c’est sûr, mais rien ne vaut la liberté !

 

Voici un autre exemple de question liée aux mathématiques :

  • AXA et Altran Group n’ont pas à rougir. Le groupe spécialisé dans l’assurance a posé la question suivante: «Une corde, plaquée au sol, permet de faire le tour de la Terre autour de l’équateur. On ajoute 1 mètre à cette corde. On obtient donc un cercle un peu plus grand. Une souris pourrait-elle passer sous la corde?».

Là, la question est nettement moins difficile que les calculs de probabilités vus plus haut. Un diplômé du Bac n’a aucune difficulté pour résoudre les problèmes de la théorie des probabilités, à condition d’avoir du flair pour repérer des pièges éventuels. Réfléchir est plus important que le calcul lui-même.

Initialement, la Terre a un rayon constant R, et la circonférence de la corde est égale à celle de la Terre, soit 2 pi R.

Ensuite, la circonférence de la corde devient 2 pi R + 1. La différence entre le rayon circulaire de la corde et le rayon terrestre est calculable selon l’égalité suivante :   2*pi*(6378000+x) – 2*pi*6378000 = 1. Après allongement de la corde de 1 mètre, la corde passe à x = 1 /(2*pi) mètre au-dessus de la surface du globe, soit environ 15,92 centimètres. Oui, une souris peut passer sous la corde, et même un gros rat aussi. Un collégien est capable de résoudre ce problème et peut répondre à ce type de question.

 

 

© 2016 John Philip C. Manson

 

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Une variante du paradoxe des anniversaires : le cas des jumeaux astraux

Il y a quelques mois, j’avais évoqué le paradoxe des anniversaires : https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/05/le-paradoxe-des-anniversaires/

Je propose une variante de ce paradoxe : le cas des jumeaux astraux.

Dans le jargon de l’astrologie, des jumeaux astraux sont des personnes nées le même jour, le même mois, mais aussi la même année.

Combien faut-il réunir de personnes pour que la probabilité soit supérieure à 50% pour que deux personnes soient des jumeaux astraux, donc nées le même jour, le même mois et la même année ? La condition est que chaque personne soit âgée entre 0 an et 82,3 ans (condition de l’espérance de vie), car au-delà d’un certain âge il devient probable qu’un individu lambda soit décédé.

Pour ceux qui se prêtent intuitivement à ce défi, penseront-ils qu’il faudrait réunir des milliards d’individus pour qu’au moins 2 personnes parmi eux soient des jumeaux astraux ? Il n’en est rien. En espérant ne pas m’être trompé dans le calcul, il ne faut réunir que entre 325 et 487 personnes seulement pour qu’il y ait plus d’une chance sur deux qu’il y ait parmi eux un couple de jumeaux astraux. Mon calcul a été minutieux, il fallait calculer une grande factorielle dont la valeur vaut finalement environ 10 puissance 121467), seul le langage Python en programmation m’a permis d’accéder à une solution…

Et en réunissant 449 à 577 personnes, la probabilité atteindrait 90%.

 

 

© 2015 John Philip C. Manson

Un paradoxe empirique à propos des neutrinos

briangreene

J’ai lu Greene sur Twitter récemment. Il arguait qu’en quelques secondes il y avait un million de milliards de neutrinos qui nous traversaient le corps.

Traduction littérale : «Pendant qu’on lit ça, environ un million de milliards de neutrinos traverseront votre corps. (Minimisez en ajustant votre angle au soleil).»

Je voudrais bien le croire, mais il y a un problème empirique. En effet, on sait que les neutrinos interagissent très peu avec la matière. Il y a plusieurs types de détecteurs de neutrinos. Leur principal point commun est d’être composé d’une grande quantité de matériel, étant donnée la faible section efficace d’interaction des neutrinos. De plus, les antineutrinos, comme les neutrinos, n’interagissent avec leur environnement matériel que via la gravitation et des forces faibles, ce qui rend leur détection expérimentale très difficile. Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Neutrino#Types_de_d.C3.A9tecteurs_de_neutrinos

Donc quand les neutrinos nous traversent sans interagir avec nos atomes, on ne peut donc pas les détecter ni observer la moindre interaction. Au mieux, nous observerons quelques traces de collisions quand il y aura interaction, mais on ne saura jamais empiriquement combien il y a réellement de neutrinos qui nous traversent sans interagir, puisque sans interaction on n’observe rien, et que par conséquent on ne peut pas compter ces neutrinos invisibles.

Donc d’où provient le nombre avancé par Brian Greene ?

Cela m’intrigue… Je présume que c’est un calcul non étayé par des observations, parce que la majorité des neutrinos traverse la matière presque sans interaction, et qu’il n’y a pas d’observations sans phénomènes d’interactions. Le calcul aura été peut-être inspiré par les réactions thermonucléaires du soleil : on connaît la puissance lumineuse rayonnée par le soleil, et par conséquent on connaît combien d’énergie est rayonnée à chaque seconde, et l’on connaît théoriquement combien de neutrinos sont rayonnés par rapport aux réactions de fusion de l’hydrogène, à chaque seconde. C’est donc une estimation théorique, pas empirique. En divisant la puissance solaire rayonnée par l’énergie moyenne exothermique de fusion thermonucléaire de l’hydrogène en hélium, on a une idée approximative du nombre de neutrinos émis par seconde par le soleil. Par exemple, avec 17,6 MeV (à titre d’exemple, je ne connais pas la valeur exacte) par réaction de fusion, et comme la puissance solaire est de 3,826×10²⁶ W, alors n = 3,826×10²⁶ / (17,6×10⁶×1,6×10⁻¹⁹) = 1,36×10³⁸ neutrinos par seconde, émis par le soleil. Maintenant, on va exprimer cela par unité de surface au niveau de l’orbite terrestre : je trouve environ 5,7×10¹⁴ neutrinos par seconde et par mètre carré. Le corps humain, de face, ou bien de dos, a une surface d’environ 1 m² (on appellera cela plutôt une section efficace de 1 m²).

Si on met environ 5 secondes à lire le tweet de Brian Greene, alors il y aura environ 2,85 millions de milliards de neutrinos solaires qui traverseront mon corps. Ainsi, le calcul montre que le tweet de Greene présente le même ordre de grandeur et que l’info est très crédible. Cependant, ce nombre de neutrinos solaires est théorique, on ne sait pas réellement si ces neutrinos non détectés existent vraiment et qu’ils nous traversent réellement le corps sans interagir avec les atomes, puisque l’absence d’interactions implique directement l’impossibilité d’observations impliquant l’impossibilité d’un comptage expérimental des neutrinos !

  • Ainsi, Brian Greene dit vrai par rapport aux aspects théoriques, mon calcul ci-dessus est venu le confirmer.
  • Mais au niveau expérimental pour corroborer notre hypothèse, l’absence d’interaction des neutrinos implique la non-observation, donc l’absence de données quantitatives. Sans preuves empiriques, on peut paraître avoir raison vis à vis de l’aspect théorique, mais on peut néanmoins se tromper par rapport aux faits.

Dans mon présent article, j’ai voulu montrer la nuance entre concept et expérience. Cela a toute son importance à mes yeux.

© 2013 John Philip C. Manson

Y a t-il un sens entre la fréquence des prénoms et la réussite au Baccalauréat ?

prenoms-series-2012

La fréquence statistique des prénoms dans un pays, sans relier ceux-ci à rien, sauf d’abord à travers le choix des parents, ça varie selon chaque prénom. Déjà, les fréquences des prénoms entre eux sont inégales. Il y a aussi les effets de mode selon les époques. Les prénoms varient aussi en fonction de l’origine socio-culturelle. Comparer des prénoms majoritaires par rapport à n’importe quoi (comme le Bac par exemple), ça ne veut rien dire.

Après le Bac, il y a l’entrée dans la vie active, enfin, si on peut réussir à trouver un boulot. Quel est le prénom le plus fréquent chez les chômeurs inscrits à Pôle Emploi cette année ?… La réussite est un facteur qui dépend du travail réalisé par chacun, indifféremment selon les prénoms, puisque qu’à la base les prénoms sont chacun déjà plus ou moins fréquents les uns par rapport au autres. avec peut-être l’influence de l’origine socio-culturelle (il est beaucoup plus facile de réussir des études quand on a des parents qui sont profs), mais les prénoms ne sont qu’un critère secondaire et superficiel dont il est vain d’y trouver un sens. Remarque : que des filles en Bac L et aucune en Bac S, l’absence stricte ou l’omniprésence stricte n’est pas statistiquement crédible. En Terminale S, il y a un peu moins de filles que de mecs, mais elles ne sont pas absolument absentes… Souvenons-nous par exemple que notre jolie et adorable miss France 2013 a un Bac S avec mention très bien. En 2009, au Bac S, il y a 47% de filles et 53% de mecs, c’est presque à égalité (source = http://media.education.gouv.fr/file/2011/37/6/Les_resultats_170376.pdf), alors je suis surpris de l’absence de prénoms féminins dans la liste de Bac S ici. Et il y a 79,3% de filles et 20,7% de garçons au Bac L en 2009 (même source), mais dans la liste de 12 prénoms en Bac L ici les mecs sont totalement absents. Pourtant, le taux de réussite au bac, en moyenne, est de 86%.

Je ne conteste pas l’étude sociologique, je veux juste l’explication de la contradiction quantitative.

Autre paradoxe : les prénoms les plus fréquents au bac ne correspondent pas aux prénoms des bébés nés vers 1994 (les bacheliers ayant environ 18 ans au bac 2012). En effet, aucune trace des prénoms féminins Manon, Camille, Marine, Pauline, Léa, Marion, Anaïs, Julie, Chloë et Sarah dans la liste affichée dans l’image ci-dessus. Pareil pour les prénoms masculins Thomas, Alexandre, Nicolas, Kevin, Maxime, Quentin, Julien, Dylan, Antoine et Florian… Pourquoi ?

J’en rigole, je vois mon prénom (Jean-Philippe = John Philip) dans la filière STI2D alors que je n’ai jamais suivi cette voie.

iconlol

 

Yahoo surenchérit sur le thème : http://fr.news.yahoo.com/quels-pr%C3%A9noms-r%C3%A9ussissent-au-bac-115222817.html

Ma nouvelle réponse :

bac-prenoms

 

© John Philip C. Manson

Les univers alternatifs, qu’est-ce que c’est ?

Une hypothèse est scientifique si elle a la possibilité d’être réfutable. Donc si une hypothèse est fausse, il faut pouvoir concevoir un protocole expérimental ou observationnel qui puisse permettre la conclusion que l’hypothèse était fausse. L’invalidation empirique (effective ou potentielle) d’une hypothèse fausse signifie que l’hypothèse est scientifique.

Exemple de questionnement qui permet d’évaluer si certaines pratiques sont scientifiques : peut-on réfuter des tests de QI si ceux-ci étaient faux ? Voir les divers articles sur le QI ici : https://jpcmanson.wordpress.com/?s=QI&submit=Rech.

Dans la question présente, peut-on invalider l’hypothèse des univers parallèles si cette hypothèse est fausse ?
De ma propre opinion, j’exprime mes doutes, le concept d’univers alternatifs est très spéculatif, et on n’a aucun concept expérimental permettant de tester l’hypothèse (s’il s’agit d’une hypothèse scientifique). Bref, le concept d’univers alternatifs est plutôt de nature métaphysique…

Certains avancent la physique quantique pour essayer de justifier l’hypothèse des univers parallèles. Mais la physique quantique décrit le mouvement des particules à l’échelle subatomique, elle ne s’applique pas aux grandes échelles cosmologiques.

Une idée n’est pas consistante tant qu’elle n’est pas étayée par des preuves expérimentales ou observationnelles.
Je ne nie pas l’existence d’univers parallèles, je dis seulement que les preuves restent à voir…
Voici un paradoxe :

  • – si l’univers contient tout ce qui existe, il contient les univers parallèles, et donc ils ne sont pas des univers mais des régions locales qui font partie de notre univers.
  • – mais si l’univers est parallèle à d’autres univers parallèles, il ne contient pas tout ce qui existe, et il n’est donc pas l’univers.
  • – et l’ensemble de tous les univers parallèles n’est pas un univers.

Bref, dans quoi les univers parallèles, et accessoirement le nôtre, doivent-ils être les contenus ou les contenants pour qu’il n’y ait pas de paradoxe ?

Mais j’ai mieux :

Supposons que les univers parallèles existent. Ils ont leur propre espace-temps, avec leurs propres causalités internes.

Il n’y a pas d’intercausalité entre les univers parallèles : où et quand est situé un univers parallèle par rapport au nôtre ? Quelle heure est-il dans tel endroit dans un autre univers parallèle quand il est midi ici à Paris ? Ces questions sont dépourvues de sens car les univers ne sont pas reliés par causalité entre eux car s’ils existent ils ont leur propre espace-temps.

Par conséquent, la question de l’existence d’un univers ne vaut que si l’observateur est lui-même dans l’univers dont il s’interroge sur son existence. Il n’y a pas de sens dans le concept d’existence d’un univers parallèle par rapport à l’univers de l’observateur.

Épistémologiquement, pour tout observateur dans notre propre univers, il est impossible de savoir (par tout moyen scientifique) si un univers parallèle au nôtre existe. Le concept d’univers parallèle s’exclut de lui-même de la scientificité, car ce n’est ni confirmable, ni réfutable.

De même, un observateur dans un univers parallèle au nôtre ne peut pas prouver l’existence de notre univers par rapport à la causalité de son propre univers.

Pour évaluer l’existence des univers parallèles, il faut nécessairement pouvoir le vérifier. Peut-on vérifier et observer l’existence des univers parallèles ? Ah, non ? Donc on ne sait pas si les univers parallèles sont possibles. Mais s’ils existent, des contradictions apparaissent.

Les hypothèses scientifiques ont une condition : elles doivent pouvoir être testées à travers l’observation ou l’expérimentation (on corrobore ou on réfute ces hypothèses).

En dehors du critère de réfutabilité, on reste en dehors de la scientificité, pour entrer dans celui de la métaphysique. Et la métaphysique est une maladie qui apportent plus de questions que de réponses, et ceci sans preuves tangibles.

Les univers parallèles, jusqu’à présent, ça reste de la science fiction.

© 2013 John Philip C. Manson

Le paradoxe des anniversaires

Le paradoxe des anniversaires, ou comment des vérités mathématiques prévalent aux pseudo-savoirs intuitifs.

Le paradoxe des anniversaires, dû à Richard von Mises, est à l’origine une estimation probabiliste du nombre de personnes que l’on doit réunir pour avoir une chance sur deux que deux personnes de ce groupe aient leur anniversaire le même jour de l’année. Combien faut-il réunir de personnes pour que deux d’entre elles au hasard aient les mêmes dates d’anniversaire ? L’intuition donnerait l’impression qu’un tel événement est rare. Il n’en est rien.

Concernant le paradoxe des anniversaires, on peut donner une réponse quantitative avec une équation que les mathématiciens connaissent habituellement en analyse combinatoire.  Soit n le nombre de personne, et soit 365 jours le nombre de dates possibles dans l’année. Le pont d’exclamation dans l’équation est la fonction factorielle.
P = 1 – (365!/(365-n)!)(1/365n)

 

À partir de 23 personnes, la probabilité dépasse 50%. Et à partir de 57 personnes, la probabilité dépasse 99%.

Souvent les vérités mathématiques contredisent les “savoirs” intuitifs auxquels il ne faut absolument pas se fier. Mieux vaut connaître que croire.

 

© 2011 John Philip C. Manson

Univers parallèles et paradoxe logique

J’ai trouvé ce paradoxe :

 

  • – si l’univers contient tout ce qui existe, il contient les univers parallèles, et donc ils ne sont pas des univers mais des régions locales qui font partie de notre univers.

 

  • – mais si l’univers est parallèle à d’autres univers parallèles, il ne contient pas tout ce qui existe, et il n’est donc pas l’univers.

 

  • – et l’ensemble de tous les univers parallèles n’est pas un univers.

 

Bref, dans quoi les univers parallèles, et accessoirement le nôtre, doivent-ils être les contenus ou les contenants pour qu’il n’y ait pas de paradoxe ?

Je postule qu’il n’existe qu’un seul univers à cause du paradoxe.

Mais j’ai mieux :

  • Supposons que les univers parallèles existent. Ils ont leur propre espace-temps, avec leurs propres causalités internes.
  • Il n’y a pas d’intercausalité entre les univers parallèles : où et quand est situé un univers parallèle par rapport au nôtre ? Quelle heure est-il dans tel endroit dans un autre univers parallèle quand il est midi à Paris ? Ces questions sont dépourvues de sens car les univers ne sont pas reliés par causalité entre eux car s’ils existent ils ont leur propre espace-temps.
  • Par conséquent, la question de l’existence d’un univers ne vaut que si l’observateur est lui-même dans l’univers dont il s’interroge sur son existence. Il n’y a pas de sens dans le concept d’existence d’un univers parallèle par rapport à l’univers de l’observateur.

 

Épistémologiquement, pour tout observateur dans notre propre univers, il est impossible de savoir (par tout moyen scientifique) si un univers parallèle au nôtre existe. Le concept d’univers parallèle s’exclut de lui-même de la scientificité, car ce n’est ni confirmable, ni réfutable.

 

De même, un observateur dans un univers parallèle au nôtre ne peut pas prouver l’existence de notre univers par rapport à la causalité de son propre univers.

 

Pour évaluer l’existence des univers parallèles, il faut nécessairement pouvoir le vérifier. Peut-on vérifier et observer l’existence des univers parallèles ? Ah, non ? Donc on ne sait pas si les univers parallèles sont possibles. Mais s’ils existent, je trouve des contradictions.
Les hypothèses scientifiques ont une condition : elles doivent pouvoir être testées à travers l’observation des faits, et aussi pouvoir avoir la possibilité d’être réfutables. En dehors de ce critère, on reste en dehors de la scientificité, pour entrer dans celui de la métaphysique, qui est une pathologie des boyaux de la tête.

Clairement, les univers parallèles ne sont pas une hypothèse scientifique.

Maintenant, vous pouvez éteindre votre téléviseur et reprendre une activité normale…

 

 

© 2011 John Philip C. Manson