Étude critique de l’éolien vu dans un JT

J’expose mon objectif explicitement : ma méthode repose sur la recherche critique de la vérité sur la base d’observations, je ne juge personne sur ce que j’ai observé.

Le contenu de l’article que vous allez lire est assez délicat, car je relève certains détails qui m’obligent à prendre la parole.

Il est vrai que les entreprises françaises d’éoliennes souffrent de la mauvaise image de leur secteur, à cause d’entreprises peu scrupuleuses qui entretiennent un mauvais amalgame. Il est vrai aussi que les entreprises ne sont pas toutes des escroqueries. Pareillement, il est vrai qu’il est préférable d’investir sur des produits français de qualité plutôt que prendre des risques avec des produits peu fiables issus de l’importation asiatique. J’atteste la qualité du travail des métalliers.

L’éolien est un secteur qui exige cependant des compétences dans le domaine de l’électricité. Les connaissances et l’expérience en électricité sont nécessaires. Il y a quelques semaines dans un documentaire de France 2 (« Envoyé spécial » diffusé le 9 février 2013), j’avais entendu dire qu’un installateur de panneaux solaires était un ancien pizzaïolo, n’ayant eu aucune formation professionnelle en qualité d’électricien…

D’un côté, on a les voyous sans scrupules, et de l’autre on a les idéalistes qui se lancent dans une aventure sans connaître les exigences de crédibilité d’un métier comme l’électricité, et puis dans l’autre côté on a les électriciens spécifiquement formés pour le secteur des énergies renouvelables (qui ?). Existe t-il des normes selon lesquelles les professionnels des énergies nouvelles doivent être agréés pour pouvoir exercer le métier ? Y a t-il des conditions à respecter ? Je me pose la question. Nous devrions tous nous poser la question.

Les formalités légales pour l’installation d’une éolienne : il faut juste un permis de construire pour les éoliennes dont la hauteur est supérieure ou égale à 12 mètres, et pas soumission à autorisation d’urbanisme pour une hauteur de moins de 12 mètres. Mais le métier est-il encadré ? N’importe qui peut le faire ?

Le point essentiel dans mon présent article, ce n’est pas de juger les professionnels, mais de soutenir le droit des consommateurs. J’ouvre des questions, je ne fixe pas des conclusions.

En regardant la vidéo du JT, un premier détail a éveillé mon attention : un oiseau est passé rapidement entre deux des onze pales de l’éolienne, le risque de blesser la faune aviaire est donc réel. En effet, les espèces aviaires sont répandues dans nos villes : moineaux, pinsons, merles, tourterelles turques… Il est important de préserver la faune.

Preuve en image ci-dessous (vous pouvez voir ceci à 1 min 22 s du début de la vidéo) :

tf1birdeolian

(Les crédits appartiennent à leurs auteurs respectifs ; image affichée à titre d’information ; merci au cameraman d’avoir filmé cette séquence)

Dans la vidéo, on constate la fluidité de la rotation de l’éolienne française quand son créateur l’actionne en la poussant avec sa main, c’est fonctionnel.

Toujours dans la vidéo, on apprend enfin des données quantitatives : un installateur décrit la production électrique de l’éolienne comme ayant une puissance de 1500 W délivrée sur 24 heures. Cela correspond donc à 36 kWh par jour, soient 13149 kWh par an, si le souffle du vent restait constant.

Anecdote : en tapant le nom de l’installateur d’éoliennes (celui qui a parlé des 1500 watts) sur Google, je découvre le même nom, sur Montpellier (Pyrénées orientales), mais dont le métier est architecte libéral… Il s’agit d’un homonyme, car j’ai finalement trouvé une autre piste, plus crédible : le nom du professionnel est en fait le nom de la ville (dans les Pyrénées orientales), le professionnel porte en réalité un autre nom : http://www.pagesjaunes.fr/pros/53549069

Ensuite, dans la vidéo, on voit l’écran d’un instrument de mesure qui ressemble à un anémomètre, d’après l’image ci-dessous :

chacon

(Les crédits appartiennent à leurs auteurs respectifs ; image affichée à titre éducatif)

Grâce aux indices contenu dans cette image, j’ai pu trouver quel est réellement ce type d’appareil. On peut acheter cet appareil auprès d’une entreprise dont j’ai été moi-même client : http://www.conrad.fr/ce/fr/product/083714/?utm_source=leguide&utm_medium=comparateur&utm_campaign=083714&WT.mc_id=comparateur-leguide-083714

Non, ce n’est pas un anémomètre qui mesure la puissance du vent à partir de sa vitesse. C’est un compteur de consommation électrique. Consommation, pas production. Nuance… À moins que cet appareil soit relié au câble électrique de l’éolienne (production électrique nette) ?

Sur l’écran, on observe des données, mais les journalistes n’ont pas trouvé utile de les expliquer. C’est dommage. Une énergie électrique de 17,26 kWh semble avoir été produite en l’espace de 13 heures. Je suppose que le nombre 13 sur l’écran exprime une durée en heures. Parce qu’une puissance de 1500 W, affirmée par l’installateur, correspond à 36 kWh par jour, et ça correspond aussi à 17,26 kWh en 11 heures et demie. Donc ce que l’appareil indique est cohérent par rapport à ce que l’installateur a déclaré. Mais tout dépend de la provenance de cette électricité. Électricité produite, ou consommée ?…

En ayant examiné attentivement l’éolienne pour en évaluer les dimensions, alors en me basant sur une puissance électrique nette produite de 1500 W (1,5 kW), la vitesse du vent devrait être de l’ordre de 16,5 m/s, soit environ 59 km/h. Ça, c’est d’après un calcul de mécanique des fluides sans tenir compte d’une moyenne sur une année. Mais si l’on tient compte du taux de charge (24%) qui équivaut à un rendement, il faudra un vent CONSTANT d’environ 26,6 m/s, soit environ 96 km/h, ce qui correspond à un vent généreux et sans interruption… (source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Limite_de_Betz)

La vidéo expliquait ensuite que l’éolienne était installée sur les côtes des Pyrénées orientales. Mais en ce moment, quelles sont les données anémométriques de la météo des Pyrénées orientales ?

Google nous le dit :

montpellierperpignan

(Les crédits appartiennent à leurs auteurs respectifs)

Un vent significativement inférieur à 59 km/h en ce début d’avril 2013. Mais c’est peut-être une moyenne sur 24 heures, pour chaque journée.

Pour finir, la vidéo conclut par cette info : les éoliennes sont garanties 15 ans, et validées par huissier de justice.

Mais je trouve que la meilleure validation, avec transparence et objectivité, c’est à travers une expertise scientifique réalisée par au moins deux organismes scientifiques indépendants, sur la base d’expériences en double aveugle, afin d’éviter au mieux tout biais cognitif ou expérimental. Il faudrait créer un label basé sur ce principe de rigueur. On fait bien contrôler métrologiquement les pompes à essence chaque année pour voir si c’est conforme.

Le client est roi, il a le droit à la vérité.

Je ne juge personne. Je suis certain de la qualité des produits français (et allemands) par rapport aux importations de Chine. Cependant, je suis insistant sur la nécessité de transparence et d’objectivité, les consommateurs ont droit à cela.

  • « On ne met pas au jour des vérités sans en offusquer d’autres. Toute découverte recouvre. » (Jean Rostand)
  • «Les idéologies, les meilleurs comme les pires, possèdent en commun la tendance à pervertir nos témoignages, à transformer l’homme de science en avocat.» (René Zazzo)

© 2013 John Philip C. Manson

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Une vocation pour les maths et/ou la physique ?

Comment naît (ou faire susciter) une vocation en maths et en physique ?
Une vocation pour les maths et/ou la physique : une volonté, un plaisir, une méthode,… et des dangers à connaître.

  • On devient bon en maths en travaillant régulièrement.
  • On devient cancre par l’habitude de la paresse.

C’est en forgeant qu’on devient forgeron.

C’est aussi simple que cela. Avant de se lancer dans les sciences, il faut maîtriser le langage. La lecture des dictionnaires est essentielle pour comprendre les définitions des mots. Il est important d’élargir le vocabulaire.

Les maths et les sciences, comme tout domaine (comme le sport par exemple), c’est par l’envie d’apprendre et de comprendre. Le talent c’est l’envie de faire quelque chose, en y trouvant plus de plaisir que d’avoir l’impression de devoir accomplir une corvée.

Une motivation, ça arrive soudain, un jour, par un déclic, un détail, quand on recherchait soi-même une réponse à un truc. Puis la curiosité déclenche une réaction en chaîne : une boulimie d’apprendre toujours plus. Savoir qu’on peut trouver tout seul, c’est s’ouvrir à l’indépendance et la liberté. Pourquoi les profs feraient vos devoirs à votre place ? Et pourquoi (dans un tout autre contexte) laisseriez-vous des gourous penser à votre place ?

Donc bref, apprendre, être curieux, multiplier les situations à résoudre, mais disposer d’un outil précieux à ne pas négliger : l’esprit critique. Pour rester objectif. Et se souvenir des critères épistémologiques de la science, à travers le problème de la démarcation entre la science et ce qui ne relève pas de la science. Pour éviter l’amalgame entre science et mysticisme. Et se souvenir que les théories sont des représentations faillibles du réel (à travers l’observation ou l’expérimentation). Voici un exemple épistémologique très simple qui résume la scientificité : la carte n’est pas le territoire. Ces critères s’appliquent aux sciences de la nature dont la physique, les maths étant l’édifice de toutes ces sciences. J’ai dit que la carte n’est pas le territoire : en effet, les maths servent à décrire et expliquer des opérations et des expériences de physique, mais pas le contraire. C’est-à-dire que la vérité scientifique ne se construit pas d’abord sur des concepts mathématiques ou géométriques pour tenter d’inventer la réalité physique. Ainsi, le chercheur indépendant Antony Garrett Lisi (http://fr.wikiquote.org/wiki/Antony_Garrett_Lisi) avait présenté une «théorie» douteuse dans laquelle il affirme que «les équations algébriques qui décrivent le comportement de toutes les particules sont la conséquence de la géométrie d’un seul objet (Le groupe de Lie E8). Tout le contenu de l’Univers n’est donc que pure géométrie !» (source : Science et vie, nº 1084, janvier 2008, p. 51).

La physique n’a jamais été la conséquence des mathématiques. Les maths ne sont pas ladite réalité physique ni sa trame. Les maths ne sont qu’un outil pour construire une théorie abstraite à partir des faits de la physique, une théorie scientifique axiomatisée c’est elle qui est la conséquence des données quantitatives issues des observations et des expériences de physique. Les phénomènes précèdent leur théorisation, pas le contraire. On observe d’abord, afin de recueillir des données quantitatives (à travers des mesures), ensuite ces données sont comparées entre elles afin d’établir des lois physiques, puis l’on construit une théorie. Par exemple, le résultat de l’expérience de Michelson-Morley en 1887, qui contredisait l’hypothèse de départ, a eu pour conséquence la théorie de la relativité restreinte (d’Einstein) en 1905. Il est évident que l’on ne construit pas de théorie sans données physiques. Autrement, c’est brasser de l’air, c’est faire de la spéculation au risque de diverger de la méthode scientifique. Bref, une page remplie d’équations n’est pas l’univers ni la cause de l’univers, au même sens qu’une carte n’est pas le territoire, ni qu’une carte n’est la cause du territoire. Le territoire existe d’abord (il préexiste), ensuite on dessine une carte pour représenter ce territoire que l’on observe et explore (directement sur le terrain ou par vue aérienne, voire par photo satellite). On observe, puis on tire des conclusions. Mais émettre des concepts avant même d’observer ou d’expérimenter, ce n’est pas vraiment de la science.
En plus, A. Garrett Lisi annonce que «en outre, [la théorie] prédit pour l’instant une constante cosmologique gigantesque, alors que les observations la donnent très petite.»    En voila un qui décide comment doivent être les faits, en dépit des observations, plutôt que reconnaître l’invalidité de la prédiction, celle-ci étant réfutée par les faits eux-même. Depuis quand une théorie est-elle dogmatiquement vraie et que les faits sont faux ? Une théorie scientifique a pour définition selon laquelle la théorie doit pouvoir être réfutée si celle-ci est fausse, donc une théorie peut être fausse. Par contre, les faits, c’est-à-dire l’observation et l’expérimentation rigoureuses des phénomènes physiques, contrairement aux interprétations qu’on en fait, ne peuvent mentir.
Dans Wikiquotes.org, la catégorie des «auteurs scientifiques» incite à s’y interroger. C’est dans ce site que j’avais pu trouver les citations de A. Garrett Lisi. Maintenant, je me penche sur le cas du chercheur japonais Masaru Emoto. Selon Wikiquote, ce chercheur étudierait les effets de la pensée sur l’eau.
À première vue, cela paraît déjà bizarre. Mais pour en avoir le cœur net, examinons les citations de M. Emoto.
Je cite Emoto : «Les 70% environ de notre planète sont recouverts d’eau, et 70% environ du corps humain ne sont qu’eau» (Le miracle de l’eau (2007), Masaru Emoto (trad. Gérard Leconte), éd. Guy Trédaniel, 2008 (ISBN 978-2-84445-866-7.), p. 7 et 8)
Il est vrai que l’eau recouvre 70% de la SURFACE terrestre. Il est vrai aussi que le corps humain contient (en MASSE ou en VOLUME) environ 70% d’eau. D’une part, relier ces deux vérités n’est faire qu’une ANALOGIE, mais pas une relation de CAUSALITÉ. D’autre part, deux pourcentages similaires ne signifie rien quand les mesures concernent deux grandeurs physiques différentes : une surface n’est pas une masse ni un volume. Utiliser une telle analogie, c’est de la numérologie, non ? En effet. Quelle heure est-il ? Deux kilomètres !
Je cite encore Emoto : «D’après les cristaux, l’eau qui est en nous contient l’énergie des mots.» (du même ouvrage).
Quels cristaux ? Le chlorure de sodium de l’eau de mer ? Les sels de la composition minérale du sang humain ? L’énergie, ah ! ce terme abstrait désignant une réalité bien abstraite et quantifiable en science n’a pas d’équivalent sérieux avec l’énergie chez le domaine de la spiritualité. L’énergie des mots ? L’aptitude au langage provient d’une zone spécifique du cerveau, à peu près au sommet du crâne. Les neurosciences montrent que ce sont les neurotransmetteurs (dopamine, mélatonine, et autres) qui sont le siège de l’activité neuronale. Mais de l’énergie des mots dans l’eau, ça veut dire quoi ? C’est une métaphore ratée ? Ou une extase mystique ? Je ne trouve pas ça très rassurant… D’ailleurs, le titre «Le miracle de l’eau» ressemble à de la science-spectacle. Je pressens d’autres textes construits selon une interprétation personnelle et subjective.
Dans le jargon scientifique, chaque mot, chaque phrase, a un sens bien précis. Mais quand un texte est flou, abscons, évasif, avec un sens indéfini, des mots qui ressemblent au jargon scientifique mais selon une structure inhabituelle, alors il y a quelque chose d’anormal.
Par curiosité, je visite la biographie de Emoto (http://fr.wikipedia.org/wiki/Masaru_Emoto) sur Wikipedia, dont je cite : «Des scientifiques critiquent les procédures expérimentales pour leur insuffisance2 et estiment qu’il existe de nombreux biais cognitifs dans les expériences d’Emoto».  Je ne suis pas étonné. On voit ensuite que Emoto a pour spécialité la «médecine alternative». Ses écrits surfent sur un thème très proche de la fameuse (fumeuse) mémoire de l’eau (http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9moire_de_l%27eau) qui servit à servir d’alibi bidon à la pseudo-science homéopathique. De plus, la référence aux cristaux (quand cela ne concerne pas la minéralogie ni la cristallographie), c’est un thème irrationnel très prisé par la mouvance New Age… La page d’Emoto sur Wikipedia est classée dans la catégorie « pseudo-science ».
Ce que font les chercheurs indépendants et controversés est critiquable, certes. Mais la question essentielle est la suivante : pourquoi Wikiquote réunit-il dans sa catégorie «Scientifiques» des auteurs discutables et ayant peu publié dans des referres (Garrett Lisi, Emoto…) par rapport à des scientifiques notables par leurs travaux majeurs (Albert Einstein, Schrödinger, Max Planck, Henri Poincaré…) qui ne sont même pas recensés dans ladite catégorie ? De plus, dans la catégorie, on trouve d’autres scientifiques discutables (exemple : M. Fleischmann, co-«découvreur» de la FUSION FROIDE, «théorie» du type « fringe science », à la frontière de la pseudo-science ou de la science fictive). Il va falloir penser sérieusement à rééditer la catégorie des scientifiques chez Wikiquotes.
James Randi, le fondateur de la James Randi Educational Foundation, a publiquement proposé d’offrir à Emoto la somme d’un million de dollars s’il pouvait reproduire les résultats de ses expériences selon la procédure en double aveugle. Les travaux d’Emoto n’ont jamais été publiés dans une revue scientifique à comité de lecture.
Pour se proclamer scientifique, il faut respecter les critères de la méthode scientifique, que l’on fasse une découverte ou pas.
Sans esprit critique, les lecteurs gobent n’importe quoi. Jusqu’où peut-on croire ?
Il faut veiller et rester vigilant sur le risque de dénaturation de la méthode scientifique. Des épistémologies alternatives peuvent conduire à des dérives idéologiques. Les matheux platoniciens peuvent par exemple réécrire la physique en choisissant esthétiquement et subjectivement des polyèdres comme base de toute doctrine… Pire encore, les créationnistes pourraient réécrire la science pour légitimer leurs doctrines et tenter de lancer un renouveau religieux face à la montée de l’athéisme depuis le XXe siècle. La secte New Age, elle, peut s’immiscer et se glisser dans les institutions scientifiques pour semer la confusion et l’amalgame, en professant une doctrine qui mêle la physique quantique et le mysticisme syncrétiste. (voir ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/28/le-vrai-visage-du-new-age-ou-nouvel-age/ et là aussi : https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/04/larnaque-de-lusurpation-de-la-physique-quantique/ puis là : https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/03/la-physique-quantique-usurpee/ et surtout ça : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/08/retour-sur-le-mysticisme-quantique/)

L’important n’est pas les réponses de la science, mais de se poser de bonnes questions.

Des questions fondamentales.
Par exemple :
  • Peut-on prouver si un test de QI est faux ? Si la question se pose pour la première fois, alors le QI n’a jamais suivi les critères de la méthode scientifique.
  • Peut-on prouver si les interprétations des psychanalystes sont fausses ? S’il n’est pas du tout possible de concevoir une expérience pouvant invalider une théorie si celle-ci est fausse, alors ladite théorie est une pseudo-science.
Le talent pour les maths et les sciences, c’est autant dans la sueur que le plaisir. Rien ne tombe tout seul du ciel. Rien n’est acquis si on ne fait rien.
Le professionnalisme dans les sciences, c’est dans la rigueur par rapport à la méthode scientifique, par le devoir de rester objectif et critique. L’imposture du mysticisme et des pseudo-sciences, tout comme les fraudes scientifiques, ça n’a pas sa place dans les sciences. Le plus incompréhensible n’est pas le comportement scandaleux des fautifs, mais l’indifférence des scientifiques qui sont intègres et qui sont trop occupés pour constater une certaine montée d’obscurantisme.
J’ai vu des choses atterrantes, affligeantes, sur la progression de la secte New Age dont les meneurs ont parfois jadis été scientifiques ou qui dénaturent eux-même la science… Par exemple, une médecin russe diplômée en Suisse est devenue bionutritionniste (grâce à «l’infini quantique»), un conférencier complice est prof des universités (spécialité cancérologie), puis un autre docteur russe spécialisé en «biophysique» a participé au magazine douteux « Science et Inexpliqué », ensuite un philosophe hongrois influent est un adepte du concept New Age des annales akashiques… Alors, pour être bref, le New Age envahit les milieux médicaux, universitaires et gagne même aussi les ingénieurs. C’est alarmant. Irions-nous jusqu’à voir, impuissants ou lâches, au remplacement progressif de la méthode scientifique par des idéologies mystiques ? Des croyances personnelles doivent rester privées et ne pas interférer avec les métiers scientifiques. De plus, je ne connais aucun scientifique assez crédule pour croire lui-même avec sincérité au mysticisme, enfin je ne suis pas sûr là-dessus… Pourquoi rester indifférents face à ces dérives ? Le problème est très sous-estimé, à mon avis. C’est grave.
À travers la vulgarisation scientifique et la naissance des vocations scientifiques, la première chose à enseigner est la définition de la science (qu’est-ce que la science ?), les critères épistémologiques de scientificité, et les détails de la méthode scientifique. Pour anecdote, au collège et au lycée, on m’a appris les sciences avant même les définitions fondamentales. Ce n’est qu’avec la documentation hors scolarité que je me suis aperçu qu’il existait une grave lacune dans l’enseignement des sciences. C’est cette lacune qui m’a incité à créer mon blog en 2007, parce qu’il faut réparer ce problème.   https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/03/definition-de-la-science/
© 2013 John Philip C. Manson

Lecture d’un article de monsieur météo (Laurent Cabrol) via NouvelObs

  • Publié autrefois le 21 juillet 2011 dans mon premier blog désormais disparu, cet article est restauré ici le 30 janvier 2013.

Monsieur Cabrol affirme :

  • Depuis 30 ans, la température a augmenté de 0,6% et on se porte toujours bien.

Considérant que la température relative moyenne globale terrestre est de +15°C, alors la variation de 0,6% équivaut à +0,09°C en 30 ans, soit +0,3°C par siècle en moyenne. Sachant que sur les 100 dernières années la variation est de +0,74°C, et si monsieur météo dit vrai, il faut donc conclure à un ralentissement du réchauffement sur les 30 dernières années par rapport aux 100 dernières années.

Mais si l’on considère en terme de température absolue (en thermodynamique), alors 0,6% de 288,15 K (+15°C) équivaut à 1,73°C d’augmentation sur 30 ans, soit 5,76°C sur un siècle (ce qui n’est pas le cas, donc monsieur météo parlait en degrés Celsius et pas en kelvins).

Monsieur météo a dit aussi :

  • Grâce à l’énergie nucléaire, on peut se targuer d’être le pays le plus propre.

C’est exact, la France est à un haut niveau technologique dans le nucléaire,la France est un pays de spécialistes dans ce domaine. De plus, l’uranium ne produit aucune molécule de CO2 ni de méthane. Cependant, le refroidissement contrôlé des réacteurs nucléaires nécessite de l’eau, laquelle est libérée sous forme de vapeur (la chaleur du réacteur étant retransmise dans l’eau froide qui change d’état physique). La vapeur d’eau est un gaz à effet de serre, mais la Terre s’autorégule : l’eau peut condenser en nuages et pleuvoir, et le CO2 est heureusement biodégradable bien qu’il s’accumule peu à peu dans l’air plus vite qui ne soit absorbé. En outre, si le nucléaire est relativement «propre», il produit cependant des déchets nucléaires et leur stockage présente un gros problème… En matière d’économie, le nucléaire est une nécessité pour la survie économique, il est irréaliste de vouloir sortir du nucléaire. (voir ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/04/24/lenergie-en-allemagne-dont-le-nucleaire/)

Monsieur météo a dit aussi :

  • L’écologie est une science.

Oui, l’écologie est une science et elle devrait se présenter comme telle. À ne pas confondre avec l’écologisme politique qui, lui, est une idéologie dont le but n’est pas la connaissance ni le recul critique mais le pouvoir et l’embrumage des esprits.

Monsieur météo a dit :

  • On nous parle régulièrement  de la disparition des îles Maldives censées être englouties sous les eaux à cause du réchauffement climatique en 1999.

Oui, les Maldives sont victimes d’inondations mais pas forcément à cause de la dilatation thermique de l’eau océanique ou à cause de la fonte des glaciers. Les Maldives sont inondées depuis toujours par les cyclones, c’est naturel et normal, c’est leur climat qui est ainsi (depuis même bien avant l’apparition de l’Homme).

Monsieur météo a dit aussi :

  • En l’an 1000 il y a eu un réchauffement climatique.

Oui, c’est l’optimum médiéval. Il y a eu aussi un réchauffement brutal de 10°C en moins de 10 ans il y a 14700 ans, lors de la période dite du Dryas récent. (lire plutôt ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/30/remarques-sur-le-rechauffement-climatique-et-la-problematique-de-la-scientificite/)

Après la fin de l’article, le commentaire de monsieur Jean-Pierre Bardinet est tout-à-fait pertinent.

Les données à propos des propriétés des gaz à effet de serre sont contradictoires (https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/05/de-combien-de-fois-le-methane-est-un-gaz-a-effet-de-serre-plus-puissant-que-le-co2/) et cela a pour conséquence une grande incertitude d’une part sur ces données quantitatives et d’autre part sur les prédictions climatiques faites sur la base de ces données incertaines. J’ai constaté que les sites du web recopient entre eux les grandeurs quantitatives physiques sur les gaz à effet de serre sans vérifier leur authenticité empirique.

Texte intéressant ici dont voici ci-dessous des caractéristiques à évoquer :

  1. il n’existe pas de lois physiques communes au phénomène de réchauffement dans des maisons de verre et aux effets de serre atmosphériques fictifs;
  2. il n’existe pas de calcul qui détermine une température moyenne de la surface d’une planète;
  3. la différence de 33 °C souvent mentionnée est un nombre sans signification calculé de manière erronée;

1). En effet, le lien entre une maison en verre et le réchauffement de certains gaz est une analogie, ce n’est pas exactement le même phénomène.

2). La notion de température moyenne n’a pas de sens : une simulation informatique montre que la moyenne globale de températures locales n’a pas de sens en thermodynamique, et compte tenu de l’amplitude thermique propre à chaque région du globe, la moyenne doit comporter aussi une marge d’erreur due à un « bruit de fond ». La prédiction climatologique a un comportement chaotique à moyen terme, à cause duquel les prédictions sont impossibles, l’incertitude devenant supérieure à la grandeur à évaluer. Il n’existe pas de prédictibilité globale de la température moyenne s’il n’existe pas de prédictibilité régionale. Une autre incertitude vient renforcer l’incertitude chaotique : il s’agit des données contradictoires concernant le méthane, dont plusieurs sources affirment qu’il est 20, 23, 25 ou 56, jusqu’à 75 fois plus puissant que le CO2 comme gaz à effet de serre (https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/05/de-combien-de-fois-le-methane-est-un-gaz-a-effet-de-serre-plus-puissant-que-le-co2/). Cette incertitude rend les phénomènes imprédictibles.

3). Affirmer que la température moyenne globale serait de -18°C au lieu de 15°C s’il n’y avait pas de CO2 est seulement une hypothèse : aucune expérience n’a été faite à ce sujet, et ces -18°C sont issus d’un calcul discutable. Selon la loi d’Arrhenius, une température globale de -18°C correspond à une concentration en CO2 d’environ 0,23 milliardième de ppm. Mais avec une concentration en CO2 nulle, la température globale tend vers le zéro absolu ce qui n’est pas crédible. Pour les très faibles concentrations en gaz à effet de serre, la loi d’Arrhenius est invalide. Ainsi, d’où provient cette valeur de -18°C ?

Le rôle des océans, celui des nuages et celui des aérosols dans le climat global sont suffisamment méconnus pour entraîner des incertitudes qui font que les prédictions ne peuvent pas être fiables. Peut-on modéliser vraiment le climat ?
© 2011-2012-2013 John Philip C. Manson

Sur l’objectivité en science, et sur la subjectivité des interprétations

La quête de la «vérité» scientifique s’inscrit dans une démarche patiente de réduction des erreurs et des biais, afin d’approcher le mieux possible de l’objectivité.

Approcher l’objectivité, c’est apprendre à observer et à expérimenter. D’après le sociologue Pierre Bourdieu, la démarche objective est une attitude de vigilance épistémologique comme moyen de renforcer les chances d’approcher l’objectivité en étant attentif aux différents facteurs propres à biaiser la recherche.

D’après Gaston Bachelard, être objectif c’est pratiquer une « surveillance intellectuelle de soi ».

En effet, l’inférence idéologique ou religieuse ne doit jamais se mêler à la démarche scientifique sous peine de la corrompre.

Être objectif exige de la rigueur. Et pour commencer, il faut savoir ce qui définit l’objectivité.

Regardez cette image ci-dessous :

Cow_Illusion

Vous vous dites alors que vous être un observateur, et que vous observez cette image. Par cette observation, vous affirmez des choses à partir de cette image, en la décrivant. Par exemple, vous dites que cette image est neutre, qu’elle ne représente rien. Ou alors vous affirmez avoir observé la silhouette approximative d’une femme. D’autres verront (ou croiront voir) tout autre chose…

Ainsi, quelque soit votre jugement interprétatif, vous pensez avoir émis une observation objective.

Voila une grande erreur…

C’est votre interprétation du phénomène qui est intervenue. Pas l’objectivité.

En effet, interpréter et observer sont à distinguer. Une illusion d’optique n’est pas une observation objective.

Notre relation au réel dépend de notre façon d’interpréter ce que nous observons ou ce que nous croyons.

Être vraiment objectif, c’est dépasser l’illusion d’optique, c’est explorer au-delà des faiblesses de notre subjectivité. La démarche scientifique est un processus constamment critique, par l’identification et la réduction de toutes sortes de biais.

La subjectivité nous faire souvent croire des fadaises, la subjectivité nous fait croire qu’on sait parce qu’on a eu l’illusion d’avoir bien interprété ce qu’on a cru observer.

  • Ce n’est pas parce qu’on a en toute apparence observé une soucoupe volante ou un phénomène aérospatial non identifié que cela signifie qu’il s’agit objectivement d’une machine volante pilotée par des extraterrestres.
  • La théorie du Big Bang, en cosmologie, est une théorie scientifique crédible, mais cela ne signifie pas dans l’absolu que celle-ci est la vérité.

Les observations entraînent des interprétations qui construisent elles-mêmes des représentations faillibles de la réalité. Les théories scientifiques ne se définissent pas par leur véracité ou leur crédibilité, mais par leur évaluation continuelle par la recherche critique d’erreurs, de contradictions et d’inexactitudes au moyen de l’appui des faits. L’esprit critique est le seul moyen de réduire les erreurs diverses, sans pouvoir éliminer absolument toutes les erreurs.

Croire sans remettre en question, c’est se tromper.

En revanche, l’imaginaire éveillé par les illusions d’optique est utile dans la créativité artistique, quand on est artiste. Puis dans un contexte scientifique, l’intuition elle-même peut aider à trouver, quand elle permet la formulation d’hypothèses réfutables. En dehors de cela, la science repose essentiellement sur la rigueur et la logique par lesquelles nous prouvons.

Il y a un abîme de différence entre l’affirmation « Je crois péremptoirement à l’existence des extraterrestres qui sont parmi nous » et l’affirmation « Je possède des preuves matérielles qui attestent l’existence de civilisations extraterrestres ». De même qu’il existe une différence tout aussi grande entre le fait de disposer d’éléments matériels et la façon d’interpréter lesdites preuves (sont-ce des preuves qui concernent objectivement ce que l’on suppose, ou nos interprétations sont fausses à travers des preuves interprétées hors contexte ?)

D’après Philip K. Dick, la réalité c’est ce qui continue à s’imposer à vous quand vous cessez d’y croire.

Un exemple récent de subjectivité journalistique dans la presse grand public : http://www.20minutes.fr/article/1084947/geneticien-veut-cloner-homme-neandertal un article bien trop enthousiaste auquel les journalistes affirment y avoir cru, et ce nouvel article replace donc les choses dans leur contexte : http://www.20minutes.fr/sciences/1085745-clonage-neandertal-agirait-erreur-traduction. Je n’ai pas cru un seul instant au clonage de l’Homme de Néandertal : l’ADN se désagrège au cours du temps (de moitié tous les 521 ans environ), donc il ne reste guère grand-chose des gènes de l’Homme de Néandertal au bout de 30 000 ans après l’extinction de cette espèce… Il faut rappeler qu’un séquençage partiel de l’ADN nucléaire néandertalien a été effectué en 2010. Extraire de l’ADN incomplet est difficile. Mais reconstituer un ADN néandertalien complet est impossible. De plus, même s’il était possible de cloner un homme néandertalien, je doute que cela ne soit pas éthiquement acceptable. Les hominidés ne sont pas des animaux de laboratoire… Et même, la souffrance des animaux de laboratoire ça crée le malaise.

Franchement, la vulgarisation scientifique ne consiste pas à rendre la science plus attirante en racontant de la science-fiction au risque de dénaturer la science. Provoquer des buzz n’est pas équivalent à faire de la science. Pourtant, le travail de journalisme n’est pas trop différent de celui d’un scientifique : c’est un ensemble d’investigations, un travail d’enquête. Le code de déontologie du journalisme (charte de 1971) précise certains devoirs, dont ceux-ci : le respect de la vérité, l’impératif de ne publier que des informations « dont l’origine est connue » ou accompagnées de réserves, l’obligation de « rectifier toute information qui se révèle inexacte ».

Ainsi, faire de la science nécessite une grande prudence. Handle with care, it is nitroglycerine…

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  • « La qualité d’une expérience se mesure au nombre de théories qu’elle fait tomber. » (d’après un professeur à Polytechnique et chercheur au CNRS)
  • « La science antique portait sur des concepts, tandis que la science moderne cherche des lois. » (Henri Bergson)
  • « Seul a un caractère scientifique ce qui peut être réfuté. Ce qui n’est pas réfutable relève de la magie ou de la mystique. » (Karl Popper)
  • « Une théorie est scientifique si et seulement si elle susceptible d’être réfutée ; elle n’est pas vraie, mais tout au plus admise provisoirement. » (Karl Popper)
  • « La science ne cherche pas à énoncer des vérités éternelles ou de dogmes immuables ; loin de prétendre que chaque étape est définitive et qu’elle a dit son dernier mot, elle cherche à cerner la vérité par approximations successives. » (Bertrand Russell)

© 2013 John Philip C. Manson

Wikipedia n’est viable que si la neutralité et l’objectivité s’allient

Dans Google, je recherchais le mot « quantique » et « new age » contenu dans les pages de Wikipedia.

Je suis tombé sur une page intéressante et je me permets d’en reproduire le contenu ici, l’auteur est http://fr.wikipedia.org/wiki/Utilisateur:Ellisllk  :

Le texte est sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Proposition_de_d%C3%A9bat_sur_la_neutralit%C3%A9#Proposition

Le texte en rouge et en vert est de lui.

Ellisllk propose un débat sur la notion de neutralité et sur son importance centrale au sein de Wikipédia. Il s’agit plus précisément de débattre — du moins c’est mon but — pour voir s’il faut la garder telle quelle ou s’il faut la circonscrire à un domaine restreint de Wikipédia.

Proposition

Constat

Actuellement je constate que le principe de base de Wikipédia (la neutralité) est invoqué et appliqué mais de manières différentes selon les articles. Voici quelques exemples un peu exagérés, les cinq qui suivent sont piqués sur ma page d’utilisateur) :

  • A – Un premier contributeur vient écrire dans l’article Paris qu’elle ne contient que 10 000 habitants. Que fait-on ? On corrige tout naturellement parce que ce qu’il écrit est objectivement faux.
  • B – Un deuxième vient écrire dans un article mathématique qu’en changeant la valeur de l’unité on obtient des résultats étonnants. Et pour cause, ils sont faux. Que fait-on ? On corrige.
  • C – Un troisième vient insister pour écrire que la Terre est creuse et percée au pôle et que sa religion le lui dit. Ne riez pas, Fads and Fallacies in the name of science de M. Gardner mentionne tout un paquet de cas similaires. Que fait-on ? On corrige et on se débarrasse péniblement de l’importun.
  • D – Un quatrième contributeur vient écrire que la Terre a quelques milliers d’années et insiste lourdement pour que son point de vue soit mentionné à égalité avec le point de vue scientifique. Que fait-on ? On est bien embêté et on finit par écrire un petit encart mi-chèvre mi-chou où on signale que la Bible n’est quand même pas un livre de science.
  • E – Un cinquième écrit tout un tas d’articles sur l’astrologie et la numérologie où il présente le point de vue mystique, les faits scientifiques ne sont pas mentionnables sauf à égalité avec l’autre point de vue. Que fait-on ? On ne prend pas position et on s’écrase parce qu’on ne peut pas mentionner qui a raison.

Et je pourrais ajouter les articles sur une religion, sur un théorème mathématique, sur la prononciation d’une langue…

Proposition

Je propose donc de ne plus utiliser la neutralité comme principe de base, étant donné qu’elle est intenable — et non pratiquée — pour toute une série d’articles, les articles scientifiques par exemple. La neutralité serait tout de même conservée dans les articles où elle se confond avec l’objectivité.

Bien entendu, la réalité n’est jamais aussi tranchée que ça, il faut patiemment démêler l’objectif du subjectif.

  • Pour les jugements de fait comme ceux de la science, ceux qui se prétendent scientifiques ou même ceux qui prétendent à un discours sur le réel, la neutralité est hors-sujet, du moins elle est à mettre de côté quant il s’agit d’exprimer qui a raison et qui a tort. Nous devons tout de même présenter honnêtement, sans prise de parti insultante, les affirmations non scientifiques mais en signifiant clairement et fermement qu’elles ne sont pas selon les cas, scientifiques ou fausses ou les deux.
  • Pour les jugements de valeur comme les goûts et les couleurs ou la morale, il est nécessaire d’être neutre, c’est-à-dire de présenter les divers points de vue à égalité et en signifiant que ce sont des points de vue.

La synthèse de ces deux cas est selon moi l’objectivité.

Texte par Ellisllk

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Note de JPC Manson :

Voila un wikipédien qui a compris l’essentiel, comme moi. Il a compris qu’une vraie encyclopédie est nécessairement objective, comme l’Encyclopédie de Diderot et ses confrères au siècle des Lumières, pour prétendre être à la hauteur de sa mission du partage des savoirs.

  • « Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie. »   (Jacques Prévert)

Nicolas Dupont-Aignan et la science

Le candidat Dupont-Aignan se prononce en faveur de la science et ses arguments ont suscité chez moi un vif intérêt.

En effet, il déclare vouloir revaloriser le métier de chercheur, il dit aussi s’entourer de chercheurs et d’enseignants afin de pouvoir prendre une décision en matière de science (je ne sais pas si les autres candidats le font, eux). Il propose aussi qu’on n’utilise pas les ressources alimentaires pour les transformer en ressources énergétiques au détriment des populations.

Dans le paragraphe «Éducation et culture scientifique», c’est là que c’est intéressant, il dit que c’est important que chacun puisse “accéder au savoir qui rend libre”, il veut revaloriser les métiers scientifiques, en particulier celui de chercheur” qu’il estime “discrédité même au plus haut niveau de l’Etat”.

Et surtout, concernant la diffusion de la culture scientifique, Nicolas Dupont-Aignan pense qu’il est  fondamental d’avoir [dans l’audiovisuel] des journalistes scientifiques formés pour parler de faits et pas de politique, par conséquent en toute objectivité”. Par ailleurs, il veut pousser les chercheurs et les enseignants à faire de la vulgarisation, de la diffusion scientifique auprès de la population.

J’approuve et je souligne bien cet argument pertinent.

Cependant, au hasard de mon surf sur internet, je tombe sur Wikisources dans lequel je trouve un livre du candidat, écrit en 2006/2007, intitulé «Français, reprenez le pouvoir !»

Le chapitre 6 de ce livre intéressant a pour intitulé «La planète asphyxiée», ce chapitre parle des problèmes environnementaux : le tarissement des matières premières, et le changement climatique.

Je cite : «Toutes les études scientifiques prouvent que l’élévation moyenne de la température n’a rien à voir avec les oscillations enregistrées au cours de l’histoire du globe.»

  • Oui, le climat a connu une élévation moyenne d’environ 0,6°C en un siècle. Mais dans le passé paléoclimatique, les ères glaciaires ont alterné avec les ères chaudes. En voici les preuves : https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/19/paleoclimatologie/  La Terre a connu des périodes tropicales globales (comme le Mésozoïque) au cours desquels la température moyenne était environ 7°C supérieure à la température moyenne actuelle. En outre, la vitesse de changement de température peut paraître importante à notre époque, mais ce n’est pas une exception : il y a 14700 ans sur Terre, il y eut un réchauffement de 10 degrés en peu d’années par exemple, comme le montrent les travaux du CNRS du 19 juin 2008. (voir la copie d’écran ci-dessous)
  • Je viens de trouver un autre article du CNRS qui appuie cette découverte : http://www.insu.cnrs.fr/environnement/climat-changement-climatique/il-y-a-14-600-ans-la-mer-est-montee-tres-rapidement-lors-
  • Ce qui est vraiment exceptionnel, c’est l’élévation du taux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère terrestre, ça n’a pas été aussi élevé depuis longtemps, mais il ne faut pas confondre taux de CO2 et température, bien qu’il y ait effet de serre. Ce dernier n’est qu’une des causes du réchauffement observé, il faut prendre en compte aussi les autres causes probables, notamment l’effet d’îlot thermique urbain (surtout en hémisphère nord) à cause duquel l’urbanisation croissante occasionne une absorption accrue du rayonnement solaire via le béton et l’asphalte, et à cela il faut ajouter l’effet Joule dû à la consommation mondiale d’électricité (rien que les ampoules électriques le soir chez moi en intérieur, ça correspond à un effet Joule moyen d’environ 3 W/m², ce qui correspond à un excès thermique atmosphérique de 0,5°C par rapport à l’absence d’éclairage dans l’habitat).

Ensuite, je cite encore le chapitre du livre : «On constate en effet, aujourd’hui, l’accélération du phénomène» […] « la multiplication des ouragans et des canicules»

Je ne nie rien en aucune manière, mais pour pouvoir affirmer quelque chose sur un sujet aussi difficile et incertain comme le climat, il faut l’appui nécessaire de preuves scientifiques. Peut-être qu’a priori les catastrophes vont s’amplifier (ou pas), on ne le sait pas actuellement, mais il faut des preuves avant d’affirmer, et ce sont les preuves empiriques qui doivent orienter les décisions. Décider sans l’appui de preuves, c’est prendre un risque face aux incertitudes. C’est utile de le rappeler : les simulations informatiques ne sont pas des preuves, les preuves sont les observations de la Nature (d’après la méthode scientifique). Il faut agir pour l’environnement sur des bases saines, pas sur un alarmisme émotionnel, ou idéologique, ou fondé sur un socle d’incertitudes, ou par la force des convictions. Mais les convictions ne doivent être le fruit que de preuves. En bref, le niveau de la mer peut augmenter relativement rapidement (en 3 siècles) de quelques mètres lors de la fonte des glaciers terrestres (voir le rapport du CNRS ci-dessus) mais en ce qui concerne les ouragans et les canicules, des incertitudes demeurent.

En règle générale, mieux vaut consulter les sources universitaires et académiques plutôt que croire les blogs écologistes orientés politiquement ou idéologiquement, et qui déforment plus ou moins les faits scientifiques. Mais même quand une source est crédible et réputée, elle ne doit pas déroger à subir une analyse critique quand il est possible de vérifier. Le doute est la base essentielle de la science, et la science n’a jamais consisté à établir des certitudes acceptées unanimement.

En revanche, lorsque le candidat souverainiste et gaulliste déclare cet argument actuel : «il est  fondamental d’avoir [dans l’audiovisuel] des journalistes scientifiques formés pour parler de faits et pas de politique, par conséquent en toute objectivité», j’y suis profondément favorable, et cela joue un rôle déterminant et soudain dans ma décision lors du vote prochain.

Enfin un candidat lucide sur la place de la science, car le journalisme scientifique actuel est en crise, en perte de crédibilité dans la plupart des médias, l’écologie est trop politisée, et de plus en plus de gens ont l’impression d’être pris dans un étau idéologique.

Quelques citations intéressantes :

  • «Ce qui fait l’homme de science, ce n’est pas la possession de connaissances, d’irréfutables vérités, mais la quête obstinée et audacieusement critique de la vérité.»  (Karl Popper)
  • « Le critère déterminant qui définit la science, ce n’est pas la crédibilité d’une connaissance scientifique, mais la réfutabilité de cette connaissance. »  (John Ph. C. Manson)
  • « Une théorie est scientifique si et seulement si elle est susceptible d’être réfutée ; elle n’est pas vraie, mais tout au plus admise provisoirement. » (Karl Popper)
  • « Le doute est le premier pas vers la science ou la vérité ; celui qui ne discute rien ne s’assure de rien; celui qui ne doute de rien ne découvre rien. » (Denis Diderot)
  • « La science ne cherche pas à énoncer des vérités éternelles ou de dogmes immuables ; loin de prétendre que chaque étape est définitive et qu’elle a dit son dernier mot, elle cherche à cerner la vérité par approximations successives. » (Bertrand Russell)
  • « Ce que les hommes veulent, en fait, ce n’est pas la connaissance, c’est la certitude. » (Bertrand Russell)


© 2012 John Philip C. Manson

Quand Wikipedia manque d’objectivité dans la démarcation science/pseudoscience

  • Ainsi, je suis tombé assez rapidement sur l’article Biophoton. Article instructif en apparence, mais veuillez lire la page de discussion pour comprendre que le doute est la meilleure attitude à adopter : Discussion:Biophoton. Que les wikipediens ne me racontent pas avec mauvaise foi que l’objectivité n’est d’aucune utilité. Wikipedia a vraiment besoin d’objectivité. L’objectivité est une nécessité et un devoir quand on contribue à relayer des informations, et c’est l’un des devoirs de la charte déontologique du journalisme : parmi les devoirs, il y a le respect de la vérité, l’impératif de ne publier que des informations «dont l’origine est connue» ou accompagnées de réserves, et l’obligation de «rectifier toute information qui se révèle inexacte».

Copie d’écran des deux contributeurs sceptiques à l’encontre de l’article Biophoton (cliquez sur l’image pour l’agrandir) :

  • C’est inquiétant : l’article Biophoton fut créé en 2008, il y a eu monsieur Laurent Mignon (merci à lui) qui a exprimé un début d’indignation en 2009, et moi j’apporte les preuve que l’article Biophoton est une imposture. Il s’est passé environ 4 années (juin 2008 – avril 2012), un article à disposition du public, avant ma mise au point. L’absence de réactions chez les contributeurs wikipédiens c’est effarant, et le pire c’est que ce n’est pas du tout la première fois.

Quand je formule une critique, c’est quand il y a des raisons, et je m’efforce d’apporter un point de vue constructif. Je ne dénigre pas l’encyclopédie en ligne, mais il faut améliorer celle-ci avec vigilance.

Wikipedia, c’est bien, c’est pour tout public, c’est facile d’accès, c’est rapide d’accès, mais il faut lire les articles avec certaines précautions, et il ne faut pas hésiter à modifier ce qui ne va pas.

SKEPTICS, WIKIPEDIA NEEDS YOU !

Au lendemain de l’édition de la page de discussion de l’article Biophoton, un nouveau commentaire est apparu. Voir l’image de copie d’écran ci-dessous :

Affaire à suivre…

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Liste d’articles de Wikipedia sur le thème de la physique quantique mais qui présentent des références sur le mysticisme, ou sur la pseudo-science, voire le divertissement (œuvre de fiction), ou les hypothèses trop spéculatives  (ces pages ont été trouvées via Google et via l’outil des pages liées à l’article «Mécanique quantique»):

  1. Biophoton (ça on en a parlé)
  2. Esprit quantique (concept controversé, ne pas confondre la conscience qui est une propriété immatérielle émergente de la matière avec les phénomènes neurochimiques a priori quantiques et la structure neuronale ; n’en déplaise Roger Penrose, la mécanique quantique n’a rien à voir avec la psychologie)
  3. Médecine quantique (escroquerie, voir : http://jpmanson.unblog.fr/2011/03/21/larnaque-de-la-physique-quantique-usurpee/)
  4. Biorésonance (concept fumeux dérivé de la médecine quantique)
  5. Cosmologie quantique (à prendre avec des pincettes ; les phénomènes locaux et à l’échelle subatomique peuvent être décrits comme quantiques, mais pas l’univers dans sa globalité du fait de son inconciliation avec la théorie de la relativité)
  6. Instanton de Hawking-Turok  (hypothèse très spéculative ; il faut se souvenir que la géométrie non euclidienne est un outil de représentation faillible et réfutable de la réalité mais n’est pas censé être la réalité elle-même ; le concept de rayonnement de Hawking appliqué aux trous noirs est plus crédible que le concept d’instanton)
  7. Miroir quantique (thème explicitement apparenté à la science-fiction, en particulier la série télévisée Stargate SG1 ; c’est le seul cas où le mot «quantique» est présenté publiquement comme une fiction, donc à distinguer des pseudo-sciences et du mysticisme qui cachent volontairement le caractère fictif de leurs doctrines dans le seul but de tromper autrui)
  8. Univers parallèles  (hypothèse trop spéculative, c’est de la métaphysique, ce n’est plus une hypothèse scientifique ; voir ici : http://jpmanson.unblog.fr/2010/11/04/univers-paralleles-et-paradoxe/)
  9. Mioara Mugur-Schächter (sans faire une quelconque critique de la personne qui fait l’objet d’une biographie dans l’article éponyme, je dois considérer cependant que l’article qui lui est consacrée est assez flou et confus : par exemple on peut y lire une invalidation de théorème, l’expression est elle-même un oxymore, auquel cas il faudrait dire que ce n’est plus un théorème puisqu’il y a (a priori) une réfutation… ; en effet un théorème est clairement démontré, tandis que ce qui est a priori un possible théorème n’est qu’une conjecture ; dans l’ensemble du texte de l’article, ça mérite une révision profonde de la rédaction car l’on n’y comprend pas grand chose de concret)
  10. Micro trou noir (si la théorie quantique peut s’appliquer aux plus petits trous noirs, l’hypothèse de dimensions supplémentaires d’espace est très spéculative et ne repose sur aucune justification empirique qui pourrait suggérer la crédibilité de l’existence de ces dimensions ; si l’espace-temps à 4 dimensions permet de bien décrire la théorie de la relativité générale en conformité avec les faits, le concept de dimensions supplémentaires d’espace est à considérer avec précaution ; pour comprendre mon scepticisme, voir la page Théorie des cordes au paragraphe «Limitations et controverses concernant les théories des cordes» ; en effet, un ensemble d’hypothèses sans preuves empiriques ne font pas une théorie scientifique, il n’y a de théories scientifiques qu’avec l’appui de preuves empiriques au moyen d’hypothèses ayant la possibilité d’être réfutables).
  11. Seth Lloyd (je cite le paragraphe controversé : «Dans son ouvrage de vulgarisation scientifique, Programming the Universe, Lloyd déclare que l’Univers est lui-même un immense calculateur quantique exécutant un programme cosmique qui produit ce que nous voyons autour de nous ainsi que nous-même. Selon Lloyd, une fois que nous aurons une compréhension complète des lois de la Physique, nous serons capable d’utiliser des calculateurs quantiques de petite échelle afin de comprendre l’univers dans sa totalité.» ; je réponds à cela que nos connaissances des lois de la physique resteront toujours incomplète et les théories scientifiques comporteront toujours des incertitudes, je pourrais développer mes arguments, je l’ai peut-être déjà raconté, mais ce serait trop long de tout détailler ici ; pour faire court, je veux dire que le processus de construction de nos connaissances se base sur l’élimination du superficiel par réfutation des hypothèses, et le nombre d’hypothèses concevables est comparativement beaucoup plus grand que le nombre de lois physiques factuelles, et c’est parce que nous avons une représentation mathématique faillible de la réalité qui fait que cette réalité ne sera jamais directement connaissable dans toute son essence ; une quelconque théorie unique qui explique tout de façon complète et certaine c’est une chimère, une utopie qui se heurte par contradiction contre le critère épistémologique de réfutabilité : la science élimine ce qui est superflu, elle n’a pas vocation à ériger des dogmes fixes ni des vérités définitives ; seul ce qui est complet est a priori définitif, la science en soi ne sera jamais complète, elle ne vise pas un but illusoire de connaissance complète finale… Ensuite, autre paragraphe douteux : «Selon Lloyd, nous pourrions simuler dans un ordinateur l’univers tout entier dans les 600 prochaines années», or là aussi ça ne va pas, car pour simuler l’univers tout entier, il faudrait utiliser chacun des 10 puissance 80 atomes de l’univers observable lui-même pour le simuler complètement, et pour être réaliste on n’aura toujours qu’une possibilité de simuler l’univers qu’en partie, mais jamais dans sa totalité, à moins d’utiliser un ordinateur quantique, mais celui-ci ne pourra pas lui-même simuler les propriétés quantiques à l’échelle subatomique de tout l’univers observable, ce qui maintient le paradoxe).
  12. Jean-Émile Charon (un contributeur lucide fait remarquer avec pertinence que «la mécanique quantique n’admet aucune interprétation en rapport avec la conscience ou la philosophie.»)
  13. Princeton Engineering Anomalies Research (PEAR) (alors là, cet article est plus que douteux, il est même classé parmi la catégorie «Organisation de parapsychologie» et il fait partie du portail du Paranormal… Voila un spécimen classique de pseudo-science).
  14. Institut métapsychique international  (après lecture, l’article est relatif à la parapsychologie « scientifique », mais la page de discussion fait part de l’indignation des sceptiques qui se plaignent de censure et qui déclarent que sur Wikipedia la croyance au paranormal règne en maître, et que toute information critique sur les pages pro-paranormals sont très rapidement supprimées par leurs adeptes ; moi-même je suis d’accord avec ces sceptiques qui ont raison de dénoncer le prosélytisme idéologique de certains contributeurs qui se fichent absolument de l’objectivité et qui voient en Wikipedia un vecteur idéal de propagande parce que c’est un site très fréquenté et rapide à éditer)
  15. Ervin László (c’est un philosophe qui relie la théorie quantique avec le concept d’un espace nommé Akasha, ce dernier étant connu pour être une croyance védique propre à l’hindouisme et la spiritualité en Inde, et cet amalgame semble une tentative de conciliation entre la science et la religion, or ce n’est pas le but de la méthodologie scientifique ni de l’épistémologie ni des théories scientifiques. Pour en dire un peu plus, le concept de mémoire akashique est un concept ésotérique créé par la Théosophie à la fin du dix-neuvième siècle à partir d’éléments de la philosophie indienne, et ce concept est populaire de nos jours chez le New Age ; bref c’est de la philosophie, de la spiritualité, mais cela diverge de l’attitude scientifique, on ne peut pas tout mélanger. Cet auteur a écrit un livre «Science and the Akashic Field: An Integral Theory of Everything», ce qui veut dire «La science et le champ akashique : une théorie intégrale du Tout»).
  16. Holisme (ce concept consiste en une interprétation globale et synthétique de la réalité, et cela s’oppose à la pensée analytique selon laquelle chaque partie est étudiée, en ce sens le holisme est une approche différente du scepticisme scientifique fondé sur l’analyse patiente dont le but est la recherche de failles et d’erreurs ; ainsi le holisme peut-il permettre une approche épistémologique permettant le critère de réfutabilité ? ; et le holisme ne risque t-il pas de céder à l’analogisme et la métaphore plutôt que de se baser sur des relations de causalité ? ; ces questions valent d’être posées car l’article Holisme est liée à l’article Mécanique quantique dans Wikipedia… La page sur le Holisme raconte même que le concept de holisme est très polémique depuis sa création, à travers une utilisation idéologique : le terme « holitisque » est abondamment utilisé par les milieux antisciences, les mouvements ésotériques et les groupes sectaires).
  17. Ontologie (philosophie)   (la métaphysique n’a aucun rapport avec les théories scientifiques comme la physique quantique).
  18. Pierre Teilhard de Chardin (qui fut un philosophe, théologien et paléontologue français ; il avait une conception spiritualiste du cosmos ; il a récupéré des sciences hors de leur contexte comme la théorie de l’évolution pour inventer le concept de point Oméga qui serait le but ultime de l’évolution à travers les concepts de noosphère et de Christ cosmique, mais la théorie de l’évolution n’a aucun déterminisme car chaque étape évolutive des espèces est imprévisible ; il s’agit d’un cas criant d’amalgame idéologique entre la science et la religion).
  19. Paul Feyerabend (philosophe connu pour son déni de la méthode scientifique, sa position était profondément incompatible avec le rationalisme et les critères admis de la scientificité, sa position radicale consistait en l’absence de méthode au profit d’un relativisme philosophique… ; sa proche conception de la science se résume à admettre que «tout est bon» ; si sa philosophie était appliquée uniformément dans le monde, cela ferait pleurer de joie les prophètes des pseudo-sciences…).
  20. Hydrino (particule hypothétique désignant l’atome d’hydrogène dans un nouvel état selon lequel l’électron aurait une orbitale plus proche du proton ; ce concept a voulu servir à expliquer et justifier la fumeuse fusion froide ; l’hypothèse de l’hydrino est en contradiction avec les lois de la physique quantique…)
  21. Théorie de Heim  (pseudo-science très habilement sophistiquée pour mieux tromper les gens ; la théorie de Heim n’a jamais été publiée dans des revues scientifiques à comité de lecture, et sa diffusion en dehors du circuit académique est à prendre avec des pincettes… Dans le Wikipedia anglais, la théorie de Heim est classée dans la catégorie «Fringe physics», terme équivalent à «pseudo-science»).
  22. Pré Big Bang (ce modèle cosmologique peut-il permettre, lorsqu’une hypothèse est en soi fausse, d’invalider cette hypothèse au moyen d’une observation concevable ? ; il n’y a plus qu’à attendre les résultats du satellite Planck… Je suis franchement sceptique, sachant qu’un «pré Big Bang» avant même le commencement de l’espace-temps n’a pas de sens en physique…).

Sous réserve de dizaines d’autres cas…

  • Test statistique : sur 3250 pages connexes au mot « quantique » dans le Wikipedia francophone, il existerait environ 47 pages maximum a priori suspectes qui concernent des biographies de personnes, et environ 285 pages maximum a priori suspectes concernant des articles impersonnels désignant un concept ou une organisation.
  • Bilan statistique : 8 à 9% maximum des articles du Wikipedia francophone relatifs à la physique quantique seraient en fait une promotion du mysticisme quantique pseudo-scientifique ou une interprétation incorrecte de la physique quantique en reliant celle-ci à tort à des concepts philosophiques éloignés selon des degrés divers de ce qu’on attend d’une théorie scientifique ; et parmi ces articles, 16 à 17% maximum d’entre eux seraient des biographies de personnes contemporaines (ou de précurseurs) mêlées au mysticisme. En résumé, sur 100 articles qui parlent de la physique quantique, 8 à 9 au pire sont potentiellement suspects, et parmi ceux-ci on y trouve 1 à 2 articles biographiques d’un individu ayant une conception hors-sujet de la théorie quantique (un philosophe, un pseudo-scientifique ou un gourou).

© 2012 John Philip C. Manson