L’expérimentation scientifique, un échec

Je découvre quelque chose sur Yahoo qui confirme ce que je pensais au sujet de l’enseignement des sciences.

Voici une copie d’écran :

questionYQR

 

Autre copie d’écran :

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Les lycéens savent résoudre des exercices vus dans des livres, après avoir suivi un cours sur des connaissances de base. Les livres scolaires sont alors assimilables à des vérités immuables prédigérées. Mais les livres ne sont qu’un moyen indirect d’accès aux connaissances scientifiques. On ne devrait connaître que ce que on a expérimenté soi-même. La démarche scientifique est l’expérimentation : on observe des phénomènes et on réalise des mesures quantitatives, on teste des hypothèses. La science c’est cela. Mais réduire la science à des cours dirigés par des livres, c’est dénaturer ce qu’est vraiment la science. On ôte aux lycéens l’accès aux définitions de base de ce qu’est la science. Ainsi je ne suis pas étonné dans un pareil contexte que les lycéens soient si démunis quand leur professeur leur demande de réaliser un devoir basé sur des exemples de démarche scientifique. Parce que les élèves, bien qu’ils sachent faire des exercices classiques, ne savent pas ce qu’est la science par définition, à travers les critères épistémologiques. C’est une lacune que l’Éducation Nationale devrait s’efforcer de combler… Avant même d’enseigner certaines théories scientifiques, l’école devrait d’abord décrire en quoi consiste la méthode scientifique et inciter les élèves à expérimenter eux-mêmes !

© 2013 John Philip C. Manson

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Crédibilité scientifique, personnage scientifique populaire et argument d’autorité

Parmi les termes de recherche utilisés pour trouver des articles dans mon blog, il y en a un qui a attiré mon attention.

  • «Hypothèse désapprouvée par Einstein»

 

Ce qui fait la science et la méthode scientifique, ce n’est pas l’avis d’un physicien célèbre. Considérer un scientifique comme un arbitre pour déterminer le vrai et le faux, ça s’appelle un argument d’autorité, ce qui n’est pas du tout un critère de scientificité.

Une hypothèse scientifique est évaluée à travers des observations et des expériences, lesquelles donnent pour résultat une réfutation qui invalide l’hypothèse ou bien un résultat cohérent qui crédibilise l’hypothèse. Les opinions humaines ne font pas partie de la méthode scientifique. Croire ou ne pas croire n’est pas scientifique, une opinion non plus. Ce sont les faits qui tranchent et qui déterminent les résultats, les faits établissent des connaissances ou ils rejettent des hypothèses fausses. Dans cette démarche, l’attitude des scientifiques est neutre, ils laissent « parler » les faits.

Une hypothèse est donc désapprouvée, c’est-à-dire invalidée, par des résultats observationnels ou expérimentaux, et eux seuls, et non pas par une opinion, jamais par une opinion.

Il est arrivé que des astrologues attribuent à Einstein une fausse citation (une citation apocryphe) en faveur de l’astrologie, et cela est une imposture. D’un autre côté, Einstein a lui-même réellement exprimé (de son vivant) une opinion très défavorable à propos de l’astrologie, il existe une lettre manuscrite à ce sujet.

Pour les détails sur cette anecdote, c’est ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/15/quest-ce-quun-debat/

Mais ni l’une ni l’autre des deux situations (pro-astro et anti-astro) n’a de valeur, parce que ce sont des expériences statistiques en double aveugle qui permettent de valider ou d’invalider la crédibilité des prédictions astrologiques, des thèmes astraux et des horoscopes. À ce jour, les faits ont montré que l’astrologie présente des scores qui ne dépassent pas significativement le pur hasard. Ce sont les faits qui font la science, pas ce que pensent ou croient les scientifiques ni les astrologues.

© 2013 John Philip C. Manson

L’erreur est humaine, même chez les sceptiques

L’erreur est humaine, même chez les sceptiques.

Si les sceptiques dénoncent régulièrement les dérives liées aux pseudo-sciences et à la mauvaise vulgarisation scientifique, cela ne veut pas dire que les sceptiques sont des sages irréprochables. Tout le monde, sans exception, peut commettre des erreurs. Einstein lui-même avait admis d’avoir commis des erreurs de jugement en ce qui concerne la mécanique quantique.

Me concernant, et malgré le soin attentif que je mets pour rédiger mes articles, je ne suis jamais à l’abri d’une erreur, une étourderie, une distraction, ou d’une altération de mon jugement critique en tombant sous le coup d’une émotion. J’essaie moi-même d’éviter tout écart par rapport à ma ligne déontologique, j’ai donc pris l’habitude de relire mes articles, et il m’est arrivé de demander une fois l’avis du Dr Goulu quand j’avais eu un doute. Je préfère faire preuve de prudence sur ce que j’écris, plutôt que risquer de devenir par accident la risée du web. Bref, je m’efforce de faire de mon mieux. Comme toute théorie scientifique, pour faire une métaphore, je suis faillible mais perfectible.

Si je parle d’un tel sujet aujourd’hui, c’est parce que je suis tombé des nues en lisant un mur sur Facebook. Un personnage médiatique, connu dans le milieu du scepticisme scientifique, a en quelque sorte commis une bourde. Je ne juge personne. Mais je vais exposer ce que j’ai vu de façon la plus neutre possible.

Voila. Il y a un an et un jour avant ce présent article, j’avais présenté l’arrivée d’un nouveau sceptique dans le web : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/04/27/lazarus-et-le-scepticisme-scientifique/

Ainsi comme je le relatais, Lazarus, personnage anonyme, avait présenté une brillante démonstration de l’imposture de l’homéopathie, cette pseudo-science qui discrédite la médecine.

Ainsi, promouvoir l’esprit critique et la méthode scientifique est une excellente initiative. Le slogan de Lazarus est «Semez le doute. Que la raison vous serve de guide.»

Mais voila, le personnage a révélé une faille. Voici ce qu’on peut voir sur Facebook :

lazarus

J’ai un double avis sur ce sujet. Lazarus dit s’inquiéter des dérives de la science comme par exemple le cas récent des moutons phosphorescents. Voici mon premier avis. J’admets que moi-même, je me suis demandé quelle utilité y avait-il à fabriquer des animaux phosphorescents. Il ne manque plus qu’à créer des poules sans plumes (c’est plus rapide à plumer pour les transformer en poulets rôtis), et même des poules qui pondent des oeufs cubiques (ça rentre mieux dans les boîtes de conserve, paraît-il). Dans le film génial «L’aile ou la cuisse» (avec Louis de Funès et Coluche), sorti en 1976, on y fait la satire des dérives de l’industrie alimentaire (Julien Guiomar joue le rôle d’un industriel prêt à tout). Ainsi, quand j’évoquais les poules sans plumes et les oeufs cubiques, c’est parce que ça en parle dans ce film, et c’est amusant. Mais cela devient moins amusant quand cela devient la réalité : a t-on conçu des moutons phosphorescents pour que les bergers retrouvent leurs brebis égarées pendant les nuits sans lune ? Les loups réintroduits par les écologistes risquent plutôt de mieux voir les moutons pour mieux les manger… Au fait, si les loups mangent des moutons phosphorescents, est-ce que les mangeurs coupables défèquent-ils des substances phosphorescentes ? 😉

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Bon, la question n’est pas là. Mais il y a un problème qu’un internaute a eu la conscience de révéler, et on ne peut que le remercier. Voici ce qu’il dit :

jmabrassart

Les textes en images appartiennent à leurs auteurs respectifs

Son avis a le mérite de provoquer un déclic. Il est vrai qu’il vaut mieux rester critique. Parce que lorsqu’on lit les propos d’un sceptique médiatique (Lazarus), on a peu à peu tendance à lui faire confiance. J’avais cependant remarqué que Lazarus était parfois un peu trop politiqué, mais peu importait parce que derrière ça, la promotion de l’esprit critique et du rationalisme était quelque chose d’essentiel.

Mais là, donc, c’est le déclic. Une photo a été abusivement présentée comme une technique génétique (OGM). Il s’agit pourtant bien d’une greffe, plus précisément une xénogreffe. Voir ici : http://www.larecherche.fr/actualite/aussi/ingenierie-tissulaire-reconstruit-etre-humain-01-05-1996-74018

Les mots ont un sens. Quand les mots existent, il faut les dire. Bref, on a affaire à une xénogreffe. À partir de ce mot-clé, je fais une visite sur Google Images en tapant xénogreffe oreille souris et je trouve ça :

Voici mon deuxième avis. Un texte qui dénonce les dérives de la génétique avec une photo d’une xénogreffe, c’est de la malhonnêteté intellectuelle, ou si c’est involontaire c’est ne pas avoir pris soin de vérifier les sources de la photo, et c’est une erreur déontologique. Ou alors c’était un test pour voir si nous étions sceptiques et attentifs nous-mêmes…

Cette histoire est là pour rappeler que l’exercice de l’esprit critique est un travail difficile qui nécessite du temps et de la patience, et surtout une grande rigueur méthodologique. Si M. Abrassart n’avait pas fait la remarque sur Facebook, et comme on est dimanche aujourd’hui et qu’on est moins en forme qu’en semaine (invités at home + repas copieux…), j’avoue que le coup de la photo détournée de son contexte n’aurait même pas titillé mon sens critique. Cela montre bien qu’il faut être constamment vigilant quand on lit le web. Merci à M. Abrassart.

Je pense que l’exercice de l’esprit critique doit se faire dans de bonnes conditions mentales. Quand on ne se sent pas trop bien, pratiquer l’esprit critique est déconseillé. Mieux vaut le faire pendant les jours où on est dynamique, en bonne condition.

Pour en revenir à notre histoire, on aura appris une leçon aujourd’hui. C’est pour cela que j’ai écrit cet article. On aura appris que même les sceptiques peuvent se tromper (ou nous tester). Que certains peuvent nous tromper, volontairement ou pas, je ne le sais pas, et je ne juge personne. Et qu’il faut conserver un recul critique même envers les sceptiques eux-mêmes. Parce que l’erreur est humaine.

Pour résumer, la science fait n’importe quoi en fabriquant des moutons phosphorescents, cela a été fait sans avoir réfléchi, apparemment. Par contre, les xénogreffes ont une utilité médicale. Cependant, je pense qui faut prendre en compte la souffrance animale. Il y a des limites à respecter.

Quand j’étais collégien, j’avais un excellent professeur de biologie, d’origine grecque. Ses cours étaient très intéressants. Il avait une bonne manière d’enseigner, et j’appréciais sa manière d’expliquer théoriquement les choses. Quand un prof sait transmettre son savoir, sa passion, son enthousiasme, ça crée de la motivation, ça crée de l’intérêt. Donc voila, j’aurais pu devenir biologiste. Mais j’ai un grand respect pour les animaux. L’expérimentation sur les animaux ? C’est trop cruel. Jamais ça. Je me suis donc destiné à devenir chimiste. Comprimer les gaz avec une pompe à vélo, faire prouter les coussins péteurs, et faire des expériences bizarres sur les gaz, ça ne fait pas de mal aux animaux, au moins. 😉

Lazarus a raison de montrer l’inutilité de certaines expériences scientifiques douteuses. Mais il a remaquillé la réalité en montrant la photo d’une souris greffée tout en montrant un texte anti-OGM, et cela n’est pas très fair-play, notamment en jouant apparemment sur la peur en s’éloignant du scepticisme scientifique. Il existe un risque que des opinions politiques viennent altérer le sens critique dans des contextes scientifiques. J’ai toujours eu un avis critique sur l’amalgame science/politique au même niveau que l’amalgame science/religion. Ces amalgames peuvent être dangereux. La science n’a qu’elle-même. Elle est et doit rester indépendante. En un mot : démarcation. Je sépare la science de la religion, je sépare la science de toute influence politique. Même principe que la laïcité. Je ne veux pas dire par là que la religion et la politique sont mauvaises ou à rejeter, mais la science n’a pas à s’embarrasser de passions subjectives. La subjectivité altère le discernement critique. La fatigue aussi. Il faut faire de la science avec conscience (science sans conscience n’est que ruine de l’âme).

Mais… Je me demande si Lazarus aurait voulu en fait tester notre sens critique en glissant exprès une photo de souris greffée. Test ou gaffe ? Je ne le sais pas, c’est pour ça que je ne juge pas, parce que ses intentions ne sont pas connues. Je me demande même si c’est le même Lazarus du début. Ce serait dommage que derrière l’incident se cache un nouveau système de pensée… Même si forcer un peu sur la réalité partait d’une bonne intention pour frapper les esprits des dangers de la science, je ne suis pas du tout d’accord. Il faut s’interdire de surenchérir, dans la science. Les textes doivent impérativement correspondre à ce qui est montré dans une image. Le respect de la vérité, le devoir de vérité. Bref, pour montrer des choses, il faut agir avec objectivité et transparence, sans tricher.

Ce que Lazarus voulait montrer : peut-on faire n’importe quoi sous prétexte que la science nous révèle des connaissances. La science consiste t-elle à tout faire tout ce que nous savons ? Non, évidemment. On ne peut pas se permettre de faire n’importe quoi parce que nous savons comment le faire. Pourvu que nous ne découvrions pas comment stocker beaucoup d’antimatière, parce qu’il y aura toujours un con pour faire une connerie… Bouuum ! Les cons ça ose tout.

Puis la science ne peut pas être indéfiniment bonne et juste. La science a des facettes géniales, compensées par des côtés plus obscurs. Comment par exemple faire pousser une oreille humaine sans support biologique (une souris par exemple) ? Est-il possible de trouver de nouvelles techniques qui permettent de ne plus utiliser l’expérimentation animale ? Je ne le sais pas. Je sais que les animaux ont une conscience, ils ont droit au même respect que celui que nous avons pour les humains. Déjà que les humains ont souvent du mal à se respecter entre eux…

Sacrifier un animal pour sauver un humain. Est-ce que ça en vaut la peine ? Je préférerais soigner les animaux, tiens. Puis je trouve qu’on fait trop de gosses, déjà que l’avenir n’est pas brillant sur le plan économique… Mais ça c’est un autre débat.

Comme disait Woody Allen : «Plus je connais les humains, plus j’aime mon chien…»

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Le domaine de la recherche en ce qui concerne plus ou moins la santé et les sciences de la vie, ce n’est pas un domaine qui me plairait. D’après vous, quels sont les secteurs scientifiques les plus pourris par la fraude scientifique et les lobbys ?

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2012/10/la-fraude-scientifique-augmente-en-sciences-de-la-vie.html

http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/807467/les-dessous-de-la-fraude-scientifique.html

http://dessousdescience.cafe-sciences.org/fraude-scientifique-publish-or-perish/

«Semez le doute. Que la raison vous serve de guide.»  Promis, je ferai gaffe…

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Les moutons ne rougissent pas de honte, ils deviennent phosphorescents au lieu de rougir. Le crottin de brebis aussi, il est phosphorescent ? Le fromage de brebis aussi ? Au fait, j’aurais l’air con si j’avais une méduse qui pousse à la place de la queue.   😉

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Complément du 3 mai 2013 :

Voici des liens vers Facebook, il y a de quoi se poser des questions.

  • https://www.facebook.com/photo.php?fbid=354014488033738&set=a.207072966061225.33058.207064809395374&type=1 Lazarus semble attester la réalité de l’obsolescence programmée, mais le Dr Goulu semble remettre en doute l’obsolescence programmée : http://www.drgoulu.com/2013/05/01/lobsolescence-est-elle-programmee-2/  où il dit qu’aucune stratégie des industriels pour limiter la durée de vie des produits n’a pu être prouvée.
  • https://www.facebook.com/photo.php?fbid=353335041435016&set=a.207072966061225.33058.207064809395374&type=1   Une arme anti-émeute, qui envoie des ondes électromagnétiques sur d’éventuels intrus jusqu’à 1 km ? Réalité ou manipulation par la peur ? Je constate l’emploi douteux d’images très suggestives… Faire jouer l’émotion n’est pas éveiller la raison. Soyons prudents, ne décodons pas seulement les textes, mais surtout les images. On a vu l’intox avec la souris greffée… Ce sont plutôt les méthodes de journalistes peu déontologiques qui jouent avec des images suggestives, pour créer un impact émotionnel, ça crée un raccourci qui anesthésie le sens critique. Toujours se méfier des images, c’est un détail important. Il peut n’y avoir aucun rapport entre une image et un texte qui y est associé, c’est ce que je tiens à souligner.
  • En revanche, le 21/12/2012, Lazarus dit sur Facebook cette question intéressante : «La folie médiatique est-elle responsable de nos superstitions ? » La question vaut d’être posée. Je rajoute même que ce n’est pas parce que l’on est des sceptiques nous-mêmes que cela signifie que nos lecteurs doivent nous croire sur parole…

© 2013 John Philip C. Manson

Kit de détection de balivernes

Kit de détection de balivernes

Ce kit est inspiré d’un texte de Carl Sagan.  En parallèle, cela colle à peu près aux devoirs déontologiques du journalisme, et plus vraisemblablement avec le journalisme scientifique. En texte noir la méthode scientifique, en texte rouge foncé les caractéristiques du pipeau, en rouge clair un rappel des devoirs déontologiques du journalisme. Entre guillemets, citations de Carl Sagan, utilisées ici à vertu pédagogique.

  • Des faits sont établis s’il existe des confirmations indépendantes entre elles des faits. Ainsi, quand un fait est fondé, on doit argumenter avec l’appui des différentes confirmations indépendantes. Le pipeau brille par l’absence de confirmations indépendantes. Le pipeau se reconnaît pour n’avoir qu’une source unique depuis laquelle la désinformation est recopiée à l’infini par le processus aveugle que sont les rumeurs. Devoir déontologique du journalisme : vérifier les sources.
  • Des gens informés et objectifs doivent être encouragés à discuter rationnellement entre eux de leurs différents points de vue sur des faits allégués. Le pipeau est un vaste réseau de croyances ou d’idées-reçues contradictoires entre elles. Devoir déontologique du journalisme : ne pas rechercher le sensationnalisme.
  • Les arguments d’autorité sont sans valeur objective. L’erreur est humaine : les autorités peuvent se tromper, se sont trompées, et d’autres se tromperont à l’avenir. Il est arrivé à Einstein et Newton de se tromper. Mettre avec force un nom de scientifique renommé sur un argument ne rend pas l’argument plus crédible. Il n’existe aucune autorité en science. Au mieux, seulement des experts. La science est indépendante de la renommée et de la popularité des scientifiques. La science se fiche des honneurs, elle leur est indifférente. La crédibilité scientifique réside dans le critère de réfutabilité. Le pipeau sature sous les figures de rhétorique afin de ne pas parler des faits eux-mêmes. Devoir déontologique du journalisme : respecter la vérité des faits.
  • Il faut envisager plusieurs hypothèses plutôt que de n’en préférer qu’une seule. On ne doit pas se contenter seulement de la première idée venue à l’esprit. En outre, il faut comparer les hypothèses entre elles, et éliminer les hypothèses superflues qui compliquent inutilement une théorie. Le pipeau simplifie à outrance, ou il multiplie une fausse complexité pour mieux déstabiliser.
  • Tout ce qui a un sens objectif est quantifiable. Ce que l’on cherche à expliquer doit pouvoir nécessairement se mesurer. Ainsi, on peut éliminer des hypothèses concurrentes grâce à des comparaisons des données numériques quantitatives entre elles. Ce qui est vague et qualitatif peut s’expliquer de plusieurs manières, tandis que les données numériques permettent de discriminer les hypothèses pour ne retenir que les hypothèses les plus pertinentes. Dans la presse grand public, j’ai constaté beaucoup d’erreurs en ce qui concernent les données quantitatives par rapport à l’aspect littéraire, les erreurs se terrent surtout dans les chiffres. Souvent, le pipeau ne fournit aucune donnée quantitative vérifiable. Devoir déontologique du journalisme : obligation de rectifier toute information qui se révèle inexacte.
  • Dans l’argumentation scientifique, tous les maillons, sans exception, doivent fonctionner : la moindre erreur dans un maillon de raisonnement invalide tout l’argumentaire. Le pipeau s’en fiche des erreurs, le pipeau consiste à croire sans réfléchir, sans même se référer à des faits ni à des raisonnements logico-mathématiques.  Règle : toujours se relire.
  • Le rasoir d’Ockham (ou Occam) est un précepte commode qui consiste à préférer l’hypothèse la plus simple, s’il y a deux hypothèses qui expliquent les données aussi bien l’une que l’autre. Règle : simplicité + concision = optimum de densité d’information. La qualité sémantique par phrase doit être la plus élevée possible : un maximum d’information pertinente et compréhensible en un minimum de mots ; beaucoup de qualité en peu de quantité. J’essaie d’en faire mon image de marque dans mon blog. 😉
  • Il faut toujours se demander si une hypothèse peut être falsifiée (c’est-à-dire réfutée). Toute information est potentiellement faillible. Le pipeau, lui, s’érige en vérité et en dogme. Pour le pipeau, tout existe au mépris des contradictions : les anges, Dieu, les extraterrestres, les fantômes, les lutins, le père Noël, le mouvement perpétuel, etc… Devoir déontologique du journalisme : rester constamment critique.

« Des propositions que l’on ne peut pas tester ou falsifier ne valent pas grand-chose. Prenez par exemple la grande idée que notre univers et tout ce qu’il contient n’est qu’une particule élémentaire — disons un électron — d’un cosmos beaucoup plus grand. Si nous ne pouvons jamais acquérir d’information sur ce qui se passe à l’extérieur de notre univers, cette idée n’est-elle pas impossible à réfuter ? »

La citation dans l’image ci-dessous illustre exactement ce problème épistémologique :

citation-matiere

Source : EVENE

 

« Il faut pouvoir vérifier les assertions. Des sceptiques fervents doivent avoir la possibilité de suivre votre raisonnement, de répéter vos expérimentations et de constater s’ils obtiennent les mêmes résultats. » (Carl Sagan)

  • Texte court de Carl Sagan : « Avoir recours à des expérimentations contrôlées est crucial. Nous n’apprendrons pas grand-chose de la seule contemplation. Par exemple, si un médicament est supposé guérir une maladie 20 fois sur 100, nous devons nous assurer que, dans un groupe de contrôle dont les membres prennent une pilule de sucre sans savoir s’il s’agit ou non du nouveau médicament, on ne retrouve pas également un taux de rémission de la maladie de 20 pour 100. Il faut isoler les variables. Disons que vous souffrez du mal de mer et qu’on vous donne un bracelet d’acupression et 50 mg de méclizine. Votre malaise disparaît. Qu’est-ce qui a marché — le bracelet ou la pilule ? Vous ne le saurez que si vous prenez l’un sans l’autre la prochaine fois que vous aurez le mal de mer.»
  • « Souvent, l’expérimentation doit être faite en double aveugle. En plus de nous apprendre ce qu’il faut faire pour évaluer une proposition qui se donne comme vraie, tout bon détecteur de balivernes doit aussi nous apprendre ce qu’il ne faut pas faire. Il nous aide à reconnaître les paralogismes les plus communs et les plus dangereux pièges de la logique et de la rhétorique. » (Sagan)

D’après C. Sagan, The Demon Haunted World, – Science as a Candle in the Dark, Balantine Books, New York, 1996.

  • Carl Sagan était un scientifique et astronome américain. Il est apprécié pour son rôle dans la vulgarisation scientifique et son scepticisme. Sagan fut l’un des pères fondateurs d’un des groupes sceptiques américains, le Committee for Skeptical Inquiry, qui considère qu’aucune preuve de l’existence du paranormal n’a été apportée à ce jour. Son ouvrage The Demon-Haunted World est considéré comme un classique du scepticisme scientifique.

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J’ai acheté le livre «Petit cours d’autodéfense intellectuelle» , par Normand Baillargeon, aux Éditions Lux, collection Instinct de Liberté, 2005. ISBN : 2-895960-44-5, 344 pages, 12 x 21 cm. J’en ai commencé la lecture. C’est intéressant. Je vous le recommande. On peut commander ce livre sur Amazon.

autodefense

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J. P. C. Manson

Ma position par rapport au mouvement des Brights

Le Mouvement des brights regroupe des individus qui portent sur le monde un regard « naturaliste », c’est-à-dire libre de tout élément surnaturel ou mystique ; les brights fondent leur éthique et leur comportement sur une compréhension naturaliste de l’univers. S’inscrivant dans la continuité des Lumières, le réseau international des brights s’est constitué comme mouvement de visibilité de celles et ceux qui portent un regard « naturaliste » sur le monde ; le mode d’existence du réseau est basé sur l’utilisation d’internet.

  • Le naturalisme philosophique est la position selon laquelle rien n’existe en dehors de la nature : il n’y a rien de surnaturel ou, à tout le moins, que le surnaturel est sans influence sur le naturel.
  • Le siècle des Lumières est un mouvement intellectuel initié en Europe du XVIIIe siècle, dont le but était de dépasser l’obscurantisme et de promouvoir les connaissances; des philosophes et des architectes intellectuels, encourageaient la science et l’échange intellectuel, en s’opposant à la superstition, l’intolérance et les abus de l’Église et de l’État.

Voici ma vision des choses ci-dessous (c’est identique à la science actuelle, quand la méthode scientifique est respectée avec intégrité, professionnalisme et transparence) :

En ce qui me concerne, ma philosophie se base sur un naturalisme atomiste, matérialiste, mécaniste et empiriste. Je me base sur la méthode scientifique à travers le critère de la réfutabilité, dans le sens donné par Karl Popper. Le principe de réfutabilité en science a pour conséquence que la science n’établit pas des vérités inébranlables, mais des vérités faillibles fondées sur des représentations faillibles de l’univers et de la nature, à travers la recherche empirique. Ce qu’on appelle vérité est quelque chose de relatif. En revanche, des hypothèses fausses qui sont réfutées par des faits, sont infirmées définitivement. C’est la fausseté réelle des choses fausses qui est une vérité bien tranchée. Ainsi, à la lumière des faits, des connaissances peuvent être soit a priori vraies, soit certainement fausses. Une hypothèse (ou même une théorie scientifique) ne s’érige pas en vérité ; une hypothèse ou théorie est évaluée selon sa solidité par confrontation aux faits.

En physique et dans les autres sciences de la nature, une connaissance est faillible : si elle est fausse en soi, sa fausseté peut être définitivement établie, tandis que si elle est vraie en soi, on ne pourra pas prouver qu’elle est absolument vraie, on pourra juste corroborer la connaissance, on remarquera sa cohérence. Ce qu’on appelle la vérité, en sciences, ne se trouve que dans les mathématiques. Les maths sont indépendantes du monde matériel, elles sont abstraites, leurs lois leur sont propres. C’est étonnant que les maths soient autonomes par rapport au monde matériel, et qu’en même temps les maths peuvent expliquer de nombreux phénomènes matériels. Je suppose que le grand mathématicien Cédric Villani est de mon avis.   😉  Et désolé si je ne dis pas «LA mathématique», au singulier, question de (mauvaise) habitude.  🙂

De plus, les maths ont un avantage : il suffit d’un crayon et d’un papier, ou d’une craie et d’un tableau noir (mais un superordinateur pour les calculs longs c’est bien mieux). Les sciences expérimentales, elles, sont plus contraignantes : il faut un budget pour les instruments scientifiques, il faut faire un montage expérimental rigoureux (c’est facile de foirer une expérience), et parfois ça explose à la figure.

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  • Question métaphysique : la matière précède t-elle les mathématiques ? L’homme pensant invente ou crée les maths et les utilisent. Les cerveaux préexistent par rapport à l’existence des maths. Les maths existeraient-elles s’il n’existait pas d’hommes pensants ?

Je pense que les maths sont une extension de notre propre conscience. Peut-être que la conscience elle-même est un calcul auto-référent, mais je préfère vous éviter la migraine.

Retour sur ce qu’est une théorie scientifique :

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Pour faire une métaphore, une théorie est comme la sculpture d’une statue : on n’ajoute pas du matériau à l’ouvrage, mais on procède par élimination, on enlève ce qui est superficiel, comme si on taillait un roc informe, et l’ouvrage qui reste est ce qui est a priori vrai, sinon crédible. Mais c’est un ouvrage crédible qui ne sera jamais achevé définitivement, car il est sans cesse affiné petit à petit. A contrario, les hypothèses et théories douteuses, dans le contexte de la fraude scientifique, ou de la science fringe, ou de la pseudo-science, se caractérisent par des rustines multiples ajoutées ad hoc selon les faits nouveaux, sans même corriger ni remettre en question l’hypothèse ou la théorie érigée en dogme… Plus on rajoute des rustines sur les roues d’une théorie pour sauver celle-ci, moins le vélo roulera bien…

Ma vision naturaliste est caractérisée par des critères précis : un naturalisme scientifique dépourvu autant que possible de toute forme de subjectivité, un naturalisme fondé sur l’expérimentation et la réfutabilité. Une conception fondée sur l’utile et le nécessaire, tout en ayant conscience des incertitudes inévitables.

Jamais il ne faudrait dire qu’une théorie scientifique est vraie. Elle peut être vraie et cohérente mathématiquement, mais la physique comporte des incertitudes quantitatives que les mathématiques strictes ignorent. Par exemple, l’infini existe en maths, mais pas en physique. Une théorie scientifique n’est donc pas une vérité absolue, on dit plutôt que la théorie est crédible, à la fois par rapport aux maths, et à la fois par rapport aux expériences ou observations. Et cette crédibilité se mesure sur la cohérence propre de la théorie (accord entre les maths et l’expérience du réel) mais aussi sur la cohérence par rapport à l’édifice scientifique établi et par rapport aux sciences interdisciplinaires. Par exemple, en électrochimie, par exemple en réalisant une électrolyse : les lois de la physiques (électrostatique, électrodynamique, électromagnétisme) ne doivent pas entrer en contradiction avec les lois de la chimie (théorie de l’atome, modèle atomique, réactions chimiques).

Ensuite, jamais je n’accepte de voir la science associée à la pseudo-science et au mysticisme. Karl Popper avait posé un principe de démarcation épistémologique. Cette démarcation est une nécessité.

Et jamais je n’accepte de voir la science récupérée abusivement par des idéologies politiques ou religieuses dont la finalité est le pouvoir et le profit au mépris de la démocratie et de la liberté des peuples. La science doit rester indépendante de toute influence subjective. Le lyssenkisme sous l’idéologie soviétique par exemple. Le créationnisme par l’intégrisme chrétien ou autre, aussi, par exemple.

La désinformation est inacceptable. Tout citoyen a droit à l’information et à l’éducation. Les journalistes ont des devoirs déontologiques (Charte de déontologie du journalisme) : devoir de vérité, devoir de rectifier ce qui est inexact, devoir de rester critique, refus du sensationnalisme.

De même, le naturalisme non plus ne doit pas dénaturer la science pour servir l’athéisme. Ce que l’on croit ou ce que l’on ne croit pas ne fait pas partie de la science. Si j’avais des croyances, je les aurais mises au vestiaire quand j’entre dans l’arène de la science. En tant qu’athée ou agnostique, cela importe peu sur le suivi de la démarche scientifique. Les émotions aussi, il faut les laisser au vestiaire. Je n’ai besoin que d’un cerveau frais pour faire un raisonnement logico-mathématique, des yeux pour observer et expérimenter, et l’absence de subjectivité afin d’interpréter sans superficialité les données quantitatives des phénomènes observés.

La connaissance est un édifice faillible fondé sur une méthode qui a fait ses preuves. La science, ça marche, mais des conditions sont à respecter.

Si dépasser l’obscurantisme et promouvoir les connaissances sont l’objectif des Brights, je vais plus loin que ça. Comment ça ? La connaissance pourrait être vue comme une vérité qui abolit les mensonges de l’obscurantisme. Dans mon blog, j’ai montré que même des connaissances à l’apparence scientifique, à travers les médias de tous les jours, sont matière à tromperies, erreurs, lacunes et croyances… Le scepticisme scientifique, selon moi, doit s’appliquer aussi sur la (mauvaise) vulgarisation scientifique via le journalisme grand public. Depuis une dizaine d’années, et avec l’influence d’Internet, la vulgarisation perd en qualité (certains magazines, mais surtout dans le web), ça devient comme la malbouffe… On remplit le cerveau vite, mais mal, et inutilement. Mieux vaut former le cerveau au doute. L’émergence de magazines pseudo-scientifiques aggrave les choses.

J’ai ouvert une porte, d’autres devraient me suivre. Il n’existe pas d’information infaillible, le taux d’erreurs quantitatives dans le mauvais journalisme des sciences est plus grand qu’on ne l’avait pensé. La méthode scientifique et le raisonnement logico-mathématique c’est plus important que le concept de naturalisme, bien que les sciences tendent à montrer que l’univers est naturel et que l’hypothèse d’un Dieu est inutile. La science n’a pas à s’embarrasser de mysticisme. La rigueur dans la méthode scientifique, à travers la réfutabilité des hypothèses et des théories, c’est plus important que la crédibilité des théories elles-mêmes. En gros, peu importe la laideur de la destination, pourvu que le voyage ait été bon, Voila.

Tout doit être autopsié (tout doit-il disparaître ?). De quoi être indécis entre l’autopsie et la boucherie… Toubib or not toubib, that is the question.

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© 2013 John Philip C. Manson

Le suaire de Turin serait-il contemporain de l’époque du Christ ?

Je cite : «De nouvelles recherches menées en Italie contredisent les premières datations qui avaient été menées en 1988».

Je cite : «Selon le Daily Telegraph, des chercheurs de l’université de Padoue ont mené de nouvelles recherches sur le fameux saint suaire de Turin, […] leurs résultats indiquent […] qu’il date d’une période comprise entre 300 avant et 400 après Jésus-Christ. Bref, qu’il a pu être contemporain de la vie de Jésus.»

Je cite : «Le professeur Fanti, précise le quotidien britannique, « est catholique ».»

On sent l’objectivité du chercheur qui a fait l’étude… Entre 300 avant JC et 400 après JC, ça fait une grande marge, mais ça ne veut pas dire que la moyenne correspond historiquement à l’époque exacte du Christ (entre 7 avant JC et 30 après JC).

En effet, j’ai un exemple : avant les résultats récents du satellite Planck, on estimait l’âge de l’univers à 13,7 milliards d’années avec une marge d’incertitude de 200 millions d’années. Les 13,7 milliards d’années sont une moyenne, mais ce n’est pas forcément l’âge exact de l’univers. L’âge exact réel de l’univers est compris entre une grandeur minimum et une grandeur maximum, on sait juste que la valeur inconnue est comprise entre les deux bornes et qu’elle n’est pas hors de ces deux bornes. Avec les résultats de Planck, l’âge de l’univers est réévalué, il est de 13,82 milliards d’années, cette valeur est toujours comprise dans la marge de la valeur précédente, mais elle ne correspond pas à la moyenne mais à son maximum.

Il faut faire des tests en double aveugle sur le suaire de Turin afin d’éviter toute subjectivité qui biaise idéologiquement les résultats. La méthode scientifique doit être rigoureusement respectée.

La première étude attestant l’époque médiévale présentait une marge d’erreur de 130 ans, tandis que la seconde étude (celle dont parle l’article) présente une marge d’erreur de 7 siècles. Pourquoi cette différence ?

Une étude scientifique est habituellement publiée dans une revue scientifique à comité de lecture (dans un circuit d’évaluation par des pairs). Et c’est seulement ensuite que cela est relaté à travers la presse. Mais utiliser d’abord la presse sans passer par le circuit d’évaluation scientifique, c’est suspect.

La première étude est très claire : le suaire de Turin date du Moyen-âge, la datation est formelle car la marge d’incertitude, relativement faible, ne laisse aucun doute. Le suaire de Turin a été fabriqué entre 1260 et 1390 après JC. C’est dans cet intervalle, et on sait par datation au carbone 14 que ce n’est pas en dehors de cet intervalle. Si deux études se contredisent, l’une des deux est certainement fausse (ou les deux sont fausses, ça peut arriver), mais elles ne peuvent pas être vraies toutes les deux. Si tout s’était déroulé normalement, alors la seconde étude aurait dû avoir une marge de dates qui chevauche la marge de date de la première étude (1988).

  • D’après l’étude du STURP en 1988, la concentration moyenne en C14 du lin du suaire de Turin donne une date médiévale située entre 1260 et 1390 avec une probabilité de 95 %. Quatre mois plus tard parut dans la revue scientifique Nature un compte-rendu de l’étude : (Damon et al, Radiocarbon dating the Turin Shroud [archive], Nature, vol. 337, n° 6200 pp. 611-615, 16 février 1989.)

Concernant la nouvelle étude, en 2013, je ne savais pas que le quotidien britannique « Daily Telegraph » était une revue scientifique exigeante et pointilleuse sur les faits.

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Certains veulent toujours croire que le suaire de Turin est une énigme, alors que la science a déjà parlé et rendu son verdict en 1988. Le suaire de Turin est un faux. J’ai appris au moins une chose : les croyants sont prêts à tout pour justifier leurs croyances.

C’est atterrant que le journalisme n’évalue pas les infos avant de les relayer. C’est une évidence : on manque cruellement de journalistes scientifiques, et pourtant leur travail critique est nécessaire pour la qualité de l’information scientifique. Le journalisme devrait prendre exemple sur Ciel-et-Espace qui est un bon magazine de vulgarisation.

 

Puis je trouve que le journalisme devrait se montrer plus critique : http://www.lepoint.fr/science/le-suaire-de-turin-pourrait-dater-de-l-epoque-du-christ-29-03-2013-1647775_25.php  L’étude de 1988 (marge d’incertitude de 130 ans dans le résultat) est plus fiable que celle de 2013 (marge d’incertitudes de 7 siècles dans le résultat, c’est douteux), ça, je le souligne bien. Il faut éviter le sensationnalisme, et il faut dénoncer les incohérences.

© 2013 John Philip C. Manson