Pets de vache : des effets réductibles via un inhibiteur de méthane ?

Pets de vache : des effets réductibles via un inhibiteur de méthane ?

Dans l’article en question, il y est question de pets, puis de rôts. C’est peut-être les deux. Mais normalement, comme le méthane provient de la digestion, il est évacué par les flatulences bovines plutôt que par la gueule. Un rôt, c’est le gaz contenu dans l’estomac, un rôt se compose d’air, mais pas de gaz issus de la fermentation, puisque cela provient des intestins.

En résumé, je cite : « Et après avoir testé, trois mois durant et avec succès, cette méthode sur 48 vaches laitières de race Holstein, ces scientifiques de l’université de Pennsylvanie estiment que l’intégration du 3NOP (ou 3-nitrooxypropanol) à l’alimentation des bovins permet une réduction de méthane pouvant aller jusqu’à un tiers des émissions de gaz produites. »

Sur 48 vaches, c’est un échantillon faible, mieux aurait valu faire une étude statistique sur au moins 100 vaches.

Et concernant le produit chimique, il réduirait de 33% au maximum les émissions méthanogènes. C’est peut-être vrai, mais c’est loin d’être miraculeux.

Quand j’ai lu l’article, la première chose à laquelle j’ai pensé n’est pas :

  • Quelle est l’efficacité de ce « médicament » antiméthanogène ?

Mais je me suis demandé plutôt :

  • Quels sont les effets du 3NOP (le 3-nitro oxypropanol, connu aussi sous le nom de nitrate d’hydroxypropyle) sur la santé des vaches ?

A ce propos, il y a des choses à raconter. Le 3NOP est un produit qui fait partie des nitrates d’alkyle, c’est-à-dire les hydrocarbures nitratés.

Dans le livre intitulé « Encyclopédie de sécurité et de santé au travail, Volume 4 », on peut lire distinctement ceci :

Les nitrates et les nitrites d’alkyle peuvent provoquer la formation de méthémoglobine dans le sang. Sous l’effet de la chaleur, ces produits peuvent se décomposer en libérant des oxydes d’azotes toxiques. Les nitrates d’alkyle sont fortement toxiques, et à dose élevée ils provoquent des étourdissements, des crampes abdominales, vomissements, diarrhées sanglantes, faiblesse, convulsions et collapsus. L’exposition répétées à de faibles doses peut provoquer faiblesse, dépression générale, céphalées et troubles mentaux.

C’est très clair, les nitrates d’alkyle, dont le 3NOP, sont nocifs.

Au fait, quelle est la posologie du 3NOP administré aux bovins ?

Satisfaire une idéologie anti-gaz  à effet de serre au mépris de la santé du cheptel bovin ? Scandaleux… Il existe probablement d’autres solutions plus respectueuses de la vie animale !

 

John Philip C. Manson

 

Quand les vaches pètent du méthane

Almanach Vermot 2015, page 220 :

methancow

Une vache pète 300 kg de méthane par jour ? C’est faux. En effet, « au printemps, une vache de 700 kilos peut manger jusqu’à 70 kg par jour, c’est-à-dire ingérer 40 kg de matière sèche qui passe par ses 4 estomacs avant de finir dans son intestin grêle pour être digérés. Cela représente plus de 25 tonnes par an. Une vache consomme également de 60 à 120 litres d’eau par jour. »  – Source : http://www.planetoscope.com/elevage-viande/512-consommation-de-nourriture-par-une-vache.html

Par conséquent, une vache ne peut pas péter plus de masse qu’elle n’en absorbe par alimentation, sinon le bovin maigrirait de jour en jour. C’est évident.

Maintenant, on va évaluer approximativement combien il faut de méthane comme combustible pour faire rouler une voiture sur 100 km. Voir cette annexe : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/06/01/thermochimie-le-pouvoir-calorifique-inferieur-des-combustibles/  S’il faut 8 L d’essence par 100 km, alors il faudra 5,44 à 6,32 kg d’essence, soit entre 254 MJ et 295 MJ (soit entre 70,6 kWh et 81,9 kWh). En ce qui concerne le méthane, le PCI vaut 55,5 MJ/kg, il faudra donc entre 4,58 kg et 5,32 kg de méthane pour faire rouler la voiture sur 100 km. Ce qui est très sensiblement moindre que les 7×300 kg = 2100 kg de méthane par semaine indiqués dans l’image ci-dessus…

Le méthane produit en une journée, si l’on se réfère à 300 kg de gaz, cela correspond à une énergie calorifique de 300×55,5 = 16650 MJ, soit 16,65 GJ. Cette énergie rapportée sur 24 heures correspond à une puissance calorifique moyenne de 0,193 MW, ou 193 kW environ, ce qui est plutôt excessif pour un appareil électroménager comme le frigo…En effet, la puissance normale d’un frigo de 100 L est d’environ 160 W. Ainsi, je présume qu’une vache pète plutôt 300 g de méthane par jour, mais certainement pas 300 kg par jour…

Je cite ce lien suivant : http://www6.inra.fr/productions-animales/1995-Volume-8/Numero-4-1995/Emissions-annuelles-de-methane-d-origine-digestive-par-les-bovins-en-France   : « L’émission de méthane d’une vache allaitante est en moyenne de 120 m3/an »    Je vérifie : 120 m³ équivaut à 120000 L, que je divise par 365 jours, soit 328,77 L de méthane par jour. Soit une masse de 220,3 grammes de méthane par jour. Ce qui devient beaucoup plus cohérent et correct. Il semblerait que l’almanach ait confondu les chiffres au niveau des unités « litres » et « kg »…

C’est souvent : chaque fois que je lis un article faisant référence à des « gestes » écolos bien-pensants, le développement durable, et en particulier les chiffres sur le CO2 et autres gaz à effet de serre, les données ça ne colle pas quand on vérifie par calcul…

 

Comme toujours : se méfier de ce que l’on lit, et vérifier quand cela est possible. Sinon, cela équivaut à ne pas savoir lire.

 

Humour :

Un beau matin d’hiver, mon mouton avait des vertiges à force de péter… Pour le consoler, je lui ai attribué un nom. Mon mouton s’appelle désormais Jingle (prononcé Djinngol). Parce qu’à Noël, Jingle bêle.

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© 2014 John Philip C. Manson

 

Pleins phares sur l’indice carbone

 

Dans le lien cité ci-dessus, je reste perplexe.

J’ai testé quelques trucs afin d’évaluer la pertinence des résultats quantitatifs.

  • Tout d’abord,, je teste à combien de CO2 d’équivalence correspond 1 million de kWh, le résultat indique 85,1 tonnes de CO2 par million de kWh. Cela correspond à 85,1 g de CO2 par kWh, ce qui est dans l’ordre de grandeur attendu (90 g/kWh, d’après la production électrique française moyenne entre 2009 et 2011, grosso modo, mais en 2013 on émet maintenant moins de CO2 en production électrique).

rte2013Source : RTE2013

 

Comme on le voit dans le tableau ci-dessus : une production nette de 550,9 TWh correspond à 550,9 milliards de kWh, tandis que 29,1 millions de tonnes de CO2 correspondent à 29,1 teragrammes de CO2. Une division montre qu’en 2013, la France a produit 52,8 g de CO2 par kWh produit. Ce n’est donc plus 90 g/kWh comme il y a moins de 4 ans, le taux varie d’une année à l’autre selon la quantité d’électricité produite et l’évolution des moyens de production électrique.

  • Ensuite, je teste un autre truc sur le site empreinte.carbone.free.fr. J’observe que le calcul par le site indique qu’une tonne de charbon produit 152,14 tonnes de CO2.

Avec la chimie quantitative, le bilan chimique montre que 12 g de carbone réagit avec 32 g de dioxygène pour produire 44 g de CO2. Par conséquent, une tonne de carbone produit 3,66 tonnes de CO2. Le site indique une valeur qui est 41,6 fois plus grande.

On va sûrement me dire que cette différence est due au transport du charbon depuis des mines lointaines (depuis la Chine exportatrice). Oui c’est possible. Mais je continue l’évaluation des données fournies par le site.

  • Ainsi, la combustion de propane, on va dire : 100 000 litres, produit 149,29 tonnes de CO2, d’après le site.

En chimie quantitative, 44 g de propane réagit avec 160 g de dioxygène pour produire 132 g de CO2 et 72 g d’eau, d’après l’équation de réaction chimique suivante :  C3H8 + 5 O2  —>  3 CO2 + 4 H2O.

Si on raisonne selon un volume gazeux de 100 000 litres de propane, on disposera donc d’une masse de 196,43 kg de propane qui produira par combustion une masse de 589,29 kg de CO2. Cette masse est excessive par rapport au résultat du site, donc on va voir pour le cas du propane liquide : 100 000 litres de propane liquide, ça a une masse volumique de 0,5812 kg/L (http://fr.wikipedia.org/wiki/Propane), et par conséquent, ça correspond à une masse de 58,12 tonnes de propane liquide qui produit par combustion une masse de 174,36 tonnes de CO2. Ce qui est un résultat plus cohérent par rapport à celui du site. Cependant, le site donne une valeur inférieure à celle prévue par la chimie quantitative. Cela pose problème : il y a d’une part la masse de CO2 produite par la combustion, mais aussi d’autre part une masse supplémentaire de CO2 qui est produite par le transport routier, fluvial, ou maritime du propane liquide depuis les pays exportateurs vers les pays consommateurs. Il y a donc quelque chose ici qui ne colle pas. Le site aurait dû indiquer une valeur d’au moins 174,36 tonnes de CO2 au lieu de 149,29 tonnes…

 

  • Mais continuons l’enquête : d’après le site, 1 million de kWh de gaz naturel correspondent à 184,04 tonnes de CO2.

 

D’après http://fr.wikipedia.org/wiki/Pouvoir_calorifique_inf%C3%A9rieur on constate que le PCI et le PCS du gaz naturel sont respectivement de 38,1 MJ/kg de gaz naturel et 42,5 MJ/kg de gaz naturel. Ces valeurs correspondent à 10,58 kWh pour 2,75 kg de CO2 produit, et à 11,8 kWh pour 2,75 kg de CO2 produit.

2,75 kg de CO2 pour 1 kg de gaz naturel, parce que la combustion de 1 kg de méthane produit 2,75 kg (44 divisé par 16) de CO2, selon la réaction suivante :  CH4 + 2 O2  —> CO2 + 2 H2O. Mais le gaz naturel est un mélange d’hydrocarbures dont le méthane.

En conséquence, le PCI du gaz naturel correspond à 260 g de CO2 par kWh, et le PCS correspond à 233 g de CO2 par kWh. Et on conclut alors qu’un million de kWh en gaz naturel ça correspond à entre 233 et 260 tonnes de CO2.

D’après le site suivant : http://www.renovationdurable.eu/Notions-Valeurs-de-conversion.html  le gaz naturel correspond à 202 g de CO2 par kWh (donc 202 tonnes de CO2 par million de kWh).

Ainsi, la valeur donnée par le site Free (184,04) est plus faible que celle de la réalité.

Alors, d’où proviennent les données de base du site examiné ?

 

Ce qu’où je veux en venir, c’est que le concept d’indice carbone ou de bilan carbone est souvent biaisé, les grandeurs quantitatives peuvent beaucoup varier, et il existe une part d’incertitude à ne pas négliger et à prendre en compte. À considérer comme un simple gadget indicateur que comme une véritable unité de mesure.

Je suis étonné par ce genre de page, par exemple :  lien-eco car on y lit que l’on compense les émissions de CO2 d’un blog en plantant un arbre. Je suis très favorable à la plantation d’arbres, c’est une très bonne chose. Mais la croissance des arbres est très lente par rapport aux activités humaines quotidiennes.

On lit aussi que le chargement d’une page web équivaudrait à 20 milligrammes de CO2. Or si la page est chargée en 0,16 seconde (j’ai testé avec l’index de Google), cela correspond à une puissance électrique de 0,61 millionième de watt et une énergie électrique de 9,8 microjoules. Je me demande comment cela a été mesuré ou calculé…

Mais enfin, passons à une remarque concrète :  compenser le carbone en plantant des arbres, c’est bien, mais c’est un geste infinitésimal par rapport aux 9,6 milliards de tonnes annuelles de CO2 produits par la Chine… (http://www.planetoscope.com/co2/676-emissions-de-co2-par-la-chine.html) Et 9,6 milliards de tonnes annuelles, ça équivaudrait à 1920 milliards d’arbres à planter chaque année, rien que pour la Chine… Et plus de 36 milliards de tonnes de CO2 par an dans le monde entier (que l’on devrait compenser avec plus de 7200 milliards d’arbres sur tous les continents)… Soyons cohérents, que nos gestes pour l’environnement soient concrets, utiles et significatifs, au lieu de faire sourire ou agacer les gens…

 

© 2014 John Philip C. Manson

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P.S.: ce blog est compensé carbone, et en plus, ce blog est bio ! (avec quelques coups de tampon pour marquer le label agréé par les plus grands scientifiques vieux et barbus).

iconlol  (je déconne)

 

De l’eau sèche en poudre ?

L’article décrit de l’eau liquide absorbé par de la silice en poudre pour former soi-disant de «l’eau sèche» contenant 95% d’eau…

Pourquoi j’ai du mal à y croire ?

Voici mon argument. L’eau liquide est incompressible. La masse volumique de la silice est de 2,65 g/cm³. On aura donc 95 g d’eau emmagasinée dans 5 g de silice, et donc 95 cm³ d’eau stockée dans un volume silicieux de 1,89 cm³. Or on ne peut pas mettre 95 cm³ d’eau liquide dans un volume silicieux de 1,89 cm³ puisque l’eau liquide est incompressible… Si les ingénieurs connaissent un truc qui m’aura échappé, j’aimerais le connaître…

Il est a priori possible de solubiliser du méthane dans de «l’eau sèche», comme le raconte l’article de Nature : http://www.nature.com/news/2008/080903/full/news.2008.1077.html

Cependant, la proportion de 95% d’eau dans «l’eau sèche» me paraît très incohérente. Mon argument ne vaut que si l’eau est absorbée par la silice (en supposant que la silice est très poreuse). Toutefois, le paradoxe volumique disparaît si l’eau ne s’incorpore pas à la silice, en se limitant aux phénomènes de tension superficielle. Ainsi, le volume d’eau ne devra pas être forcément égal au volume de silice poreuse, l’eau devant a priori remplir les pores de silice. En fait, les volumes s’additionnent, l’eau enroberait la silice sans la pénétrer. J’en déduis que l’eau sèche, si elle existe, a une masse volumique de 1,032 g/cm³.

Concernant la solubilité des gaz dans l’eau sèche, je ne peux guère me prononcer.

Même si l’histoire de l’eau sèche semble accréditée par la revue Nature, il vaut mieux rester critique. Si je me montre sceptique, c’est parce que j’ai entendu parler il y a quelques années de l’histoire fumeuse de l’eau lyophilisée qui s’est révélée être un canular scientifique

Un canular ? Oui, comme le montre certains sites web :

L’anecdote actuelle de l’eau sèche est cependant vérifiable scientifiquement. L’eau sèche, si elle existe, peut être produite assez facilement en dispersant des nanoparticules de silice hydrophobe dans de l’eau à l’aide d’une tige d’agitation à 19 000 tours par minute pendant 90 secondes, ce qui enrobe complètement les gouttelettes. En gros, c’est une émulsion entre l’eau, l’air et la silice. Voila un protocole expérimental précis. Mais je ne peux rien conclure tant que je n’ai rien encore expérimenté.

Toute cette histoire amène à se poser une question scientifique intéressante dans le domaine de la chimie : quel est le lien entre la solubilité d’un gaz dissout dans l’eau et la tension superficielle de l’eau en émulsion avec de la silice ?

Je reste prudent en ce qui concerne l’eau sèche. Nul n’est à l’abri d’un canular scientifique bien ficelé. L’affaire Sokal est un bon exemple qui montre que cela peut arriver, et plus facilement qu’on croit…

On n’adhère pas à une découverte sur son apparente crédibilité, on l’accepte seulement si on en a évalué la solidité à travers des expériences reproduites indépendamment. Je ne crois qu’en ce que j’observe et ce que je mesure.

La tension superficielle de l’eau reste t-elle cohérente par rapport à la quantité d’eau par rapport à la silice (95 sur 5) ? C’est une piste à vérifier.

Un bon canular peut être utile, si on y réfléchit. Cela permet de tester l’esprit critique des ingénieurs et des chimistes. Une façon de voir jusqu’où va la crédulité. Parce que des scientifiques crédules, ça existe, et parfois ça va loin…

En recherchant le terme anglais « dry water » dans les publications scientifiques, je trouve 89 références dans le site nature.com, mais aucune référence trouvée dans les sites de New Scientist et Science Magazine… Cependant, à travers une recherche sur scholar.google.com, je trouve maintes références via nature.com et pubs.acs.org (American Chemical Society), ainsi que sciencedirect.com. Ainsi il est possible que l’eau sèche soit distincte de l’eau lyophilisée. La confusion est compréhensible.

Des sources officielles semblent attester que l’eau sèche serait une réalité. Cependant, soyons prudent en ce qui concerne les médias intermédiaires. Mieux vaut consulter les sources d’origine. Mais le meilleur conseiller pour tous, en matière de science, c’est l’expérimentation scientifique. Pas la littérature. En effet, la méthode scientifique ne consiste pas à consulter des livres, des pages web, des magazines ou des encyclopédies, mais à mesurer et observer par des expériences.

Complément du 18 mars 2014 :

Je présente un nouvel argument en faveur du scepticisme. Je vais évoquer la compacité cristalline du mélange silice/eau.

Les nanoparticules de silice peuvent être représentées comme des structures sphériques entre lesquelles l’eau fait interstition (apparemment je ferais un néologisme là : interstition signifiant «remplir les espaces vides entre les parties d’un tout»).

Les microbilles de silice se touchent entre elles, avec en leur sein de l’eau interstitielle. En partant du principe où l’on aura un système cubique à faces centrées, dans lequel la compacité volumique de la silice est maximale, alors on aura 0,74 volume de silice par volume de maille de système cubique à faces centrées. Mon calcul montre que la proportion massique d’eau par rapport au mélange silice/eau sera de 11,7%. Mais pas 95%. Mais  si «l’eau sèche» existe, alors il ne s’agit pas d’un mélange compact, et donc les nanoparticules de silice ne se touchent pas, elles sont mobiles dans l’émulsion aqueuse. Dans ce cas, ce n’est pas sec, c’est plutôt comme un fluide. À moins que la tension superficielle de l’eau maintient l’eau à la surface de chaque particule de silice. Cela reste à vérifier.

Dans le cas d’un système cubique centré, qui est deux fois moins compact (en volume) en nanoparticules de silice qu’un système cubique à faces centrées, la proportion massique d’eau atteint 39,13%. De toute façon, une émulsion n’est pas une structure matérielle compacte.

On a donc une micro-émulsion d’eau et de silice, et je pense que cela serve à former un composé tensioactif, un composé qui modifie la tension superficielle entre deux surfaces.

S’il existe un lien entre la tension superficielle et la solubilité des gaz, on peut faire des expériences, comme par exemple l’ajout de particules de silice dans un soda, en comparant avec un soda sans silice, histoire de voir lequel des deux sodas devient éventé le premier au cours du temps.

 

© 2014 John Philip C. Manson

Architecture « verte » et thermochimie

Je viens de lire cet article : https://www.lenergieenquestions.fr/une-tour-londonienne-pourrait-transformer-le-co2-en-carburant/

Le concept peut être intéressant à travers l’avantage de dépolluer l’air pour fabriquer un carburant. Mais les inconvénients ne sont évoqués nulle part.

Je me suis renseigné via d’autres articles, comme celui-ci : http://clusters.wallonie.be/tweed-fr/une-prometteuse-methode-de-conversion-du-co2-en-methanol.html?IDC=3441&IDD=39435

Le méthanol, un «combustible peu polluant», dixit ce second article ? En examinant mes données dans l’article https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/06/thermochimie-etude-de-divers-combustibles/, je cite : «La combustion complète du méthanol dans le dioxygène produit 1,37 kg de CO2 par kg de méthanol.» En effet, c’est parmi les combustibles qui émet le moins de masse de CO2 par unité de masse de combustible. Cependant, si l’on s’exprime en quantité de chaleur produite par unité de masse de combustible, le méthanol est le combustible qui produit le moins de chaleur par unité de masse en combustible…

Le coût des catalyseurs est évoqué dans le second article, mais le vrai problème est au niveau de la thermochimie. On peut effectivement produire du méthanol à partir du dioxyde de carbone, c’est un fait. Mais il faut aussi fournir de l’hydrogène et faire surtout un apport en énergie. L’hydrogène peut être produit par l’électrolyse de l’eau, et pour faire une électrolyse il faut fournir de l’énergie électrique. On peut également produire cet hydrogène à partir de méthane et d’eau mais on n’utilisera pas ce genre de réaction puisqu’on cherche à produire du méthane ou du méthanol et non à s’en servir comme réactif. On ne va pas utiliser du méthane pour fabriquer du méthane. D’où le choix de l’électrolyse de l’eau.

Pour faire une électrolyse, ça a un coût énergétique. Il faut fournir 285,8 kJ par mole d’eau électrolysée (pour un rendement « idéal » de 100%). De même, pour que l’hydrogène réagisse avec le dioxyde de carbone pour produire du méthanol et de l’eau, ça a aussi un coût énergétique : 131 kJ par mole de CO2 ou par mole de méthanol.

Pour produire (via un rendement « idéal » de 100%) 100 tonnes de méthanol par an (d’après les chiffres du premier article cité), il faudra 137,5 tonnes de CO2 par an, et il faudra donc traiter un volume d’environ 2765 m³ d’air par an. Il faudra aussi produire 18,75 tonnes d’hydrogène à partir de 168,75 tonnes d’eau que l’on aura électrolysée. L’électrolyse de l’eau et la synthèse du méthanol auront ensemble un coût énergétique de 3089,38 GJ par an, c’est-à-dire que pour un rendement « idéal » de 100%, le projet d’une tour dépolluante implique l’utilisation d’une puissance d’environ 98 kW pendant un an, soit une dépense d’environ 859068 kWh en une année, dont le coût est supérieur à 77000 euros (d’après les tarifs actuels du réseau électrique français). Dans les faits, le rendement n’est jamais de 100%, et si l’on situe le rendement réel entre 33% et 50%, il faudra certainement multiplier les chiffres précédemment cités par deux ou par trois…

L’électrolyse utilisera certainement de l’électricité, donc une quantité d’énergie de 2680 GJ en un an. La catalyse chimique facilite les réactions chimiques pour produire du méthanol à partir d’hydrogène et de CO2, mais là aussi il existe un échange énergétique (409,38 GJ en un an). Question essentielle : la catalyse chimique de synthèse du méthanol est à froid ou à chaud ?

© 2013 John Philip C. Manson

Une erreur dans un livre de thermodynamique pour ingénieurs

Je sors soudain de ma réserve et j’écris aujourd’hui exceptionnellement un article, par nécessité. Je n’avais plus rien publié de tel depuis fin juin 2012.

En lisant tranquillement le livre «Aide-mémoire de thermodynamique de l’ingénieur, énergétique – environnement» (éditions Dunod, 2004), ISBN 2100071548, j’ai constaté une erreur de paramètre physique dans la page 282 dans le chapitre consacré à l’effet de serre.

Comme le code de la propriété intellectuelle autorise les analyses et courtes citations justifiées par le caractère critique, pédagogique ou d’information de l’œuvre à laquelle elles sont incorporées, je reproduis ci-dessous les passages concernés sous forme d’images :

CONFUSION ENTRE PLANCK ET STEFAN-BOLTZMANN

  • Planck-BoltzmannIl ne s’agit en aucun cas de la constante de Planck, car ici l’équation est celle de Stefan-Boltzmann. Le sigma désigne en réalité la constante de Stefan-Boltzmann dont l’ordre de grandeur est d’environ 8,56 × 1025 fois celui de la constante de Planck. Le flux Phi(ir) est exprimé en W/m² et l’émissivité est une grandeur sans dimension (sans unité), tandis que T désigne la température absolue, il s’agit donc bien pour sigma de la constante de Stefan-Boltzmann.

PEUT-ON ÉVALUER UNE TEMPÉRATURE MOYENNE SANS EFFET DE SERRE ?

  • Greenhouse16D’autres sources mentionnent que la température moyenne globale serait de -18 ou -19°C sans l’effet de serre par le CO2, d’où 33 degrés de différence que l’on rencontre souvent dans les calculs ailleurs. Je pense qu’il est difficile d’estimer avec certitude une température moyenne en l’absence d’effet de serre.

Mise à jour le lendemain de la création de l’article :

À PROPOS DU RAYONNEMENT SOLAIRE REÇU SUR TERRE

J’ai relevé une erreur potentielle lors de la poursuite de la lecture du même ouvrage, page 284.

Copie image :

  • Solaire-francais700 000 TWh = 7×10¹⁴ kWh puisque 1 TWh = 1 milliard de kWh = 3,6 milliards de MJ = 3,6×10¹⁵ J.Or sachant que 1 kWh équivaut à 3,6 MJ, je trouve ceci :
    7×10¹⁴  ×  3 600 000 = 2,52×10²¹ J/an
    alors 2,52×10²¹/(86400 × 365,25) = 7,985×10¹³ W d’énergie solaire reçue en France métropolitaine.Et sachant que 1 km² équivaut à 1 000 000 m², et que la France métropolitaine a une superficie de 552 000 km², l’aire de l’Hexagone est de 5,52×10¹¹ m².Par conséquent :7,985×10¹³ / (5,52×10¹¹) = 144,66 W/m² d’énergie solaire moyenne captée en Hexagone.

Cette grandeur vaut environ 14% de la puissance solaire réelle moyenne reçue (1 kW/m²).

Comment expliquer cette différence flagrante ?

La réception concerne la totalité de la surface de l’Hexagone, et pas seulement les panneaux solaires, puisque l’énergie solaire réalise 1,09 TWh par an de production électrique en France.

Puis il ne s’agit pas de 144,66 W/m² de production électrique (après perte due au rendement), il est bien écrit dans la page qu’il est question d’«énergie solaire annuelle reçue sur l’ensemble du territoire français.»

Bon, soit, j’ai parlé de l’Hexagone seul, mais on peut y rajouter les territoires et départements d’outremer.
Le recalcul indique maintenant 118,23 W/m² en moyenne (la superficie totale du pays étant plus grande avec l’outremer inclus). Mais même en tenant compte de l’inclinaison de l’axe de rotation terrestre, ça ne colle pas.

D’où provient l’erreur ?
La nuit, il n’y a pas de soleil, donc 1kW/m² n’est vrai que de jour sous nos latitudes, et seulement par beau temps ensoleillé. Les aléas de la météo sont à prendre en compte (ciel nuageux). En supposant qu’il n’y ait pas d’erreur dans le livre à propos de l’énergie solaire, alors le rendement de l’énergie photovoltaïque est faible. En effet, si on ne capte que 14% des rayons solaires reçus et si le rendement électrique est de 8 à 20%, on n’aura produit que 12 à 29 W/m² d’électricité…

COMPARAISON DES GAZ À EFFET DE SERRE

Mon présent article est un exemple pour inciter le public de se souvenir que même les livres scientifiques de niveau post-bac peuvent toujours contenir des erreurs, des inexactitudes ou des omissions. L’erreur est humaine, et quotidienne. Se tromper est naturel et normal (on n’est pas des robots…). Cependant, un esprit critique toujours en éveil est un devoir et une nécessité. En effet, ce ne serait pas normal de lire un bouquin sans remarquer les erreurs éventuelles et de les croire comme parole d’évangile… Néanmoins, je suis à peu près sûr que les étudiants auront remarqué eux aussi l’erreur dont j’ai parlé ici.

Salutations à mes lecteurs. Veuillez passer de bonnes fêtes de fin d’année.

  • Puis, pour terminer, et dans un autre contexte que le présent article, j’avais promis il y a plusieurs mois de faire un blâme contre le New Age et ses délires d’apocalypse. Le moment est venu. J’espère que les esprits dérangés du New Age se sont calmés après l’imposture flagrante de la fin du monde du 21 décembre 2012. Une nouvelle expression est apparue : « mentir comme un maya ». C’est surtout les gourous contemporains et leurs adeptes qui mentent, les mayas ayant disparu il y a fort longtemps. Je trouve que les médias ont fait preuve d’un manque de déontologie, une faute. Le devoir du journalisme est de prendre une attitude critique pour dénoncer les sectes, et non d’entrer dans le jeu malsain des sectes pour faire de la propagande et du sensationnalisme sur le thème de la fin du monde… Le mythe de la fin du monde a été chié par une secte ufologique américaine inspirée par un roman russe publié par Zecharia Sitchin en 1976. Est-ce que les chaînes de TV qui ont fait des émissions spéciales «fin du monde» vont-elles présenter des excuses à leurs téléspectateurs ? Franchement, ne se passe t-il rien d’important en priorité pour que les médias aient eu besoin de nous saouler longtemps avec la fin du monde, tout ce cirque pour un non-événement. On n’est plus à l’ère de l’information. Alors qu’ici dans mon blog je m’étais efforcé à apporter de la qualité, et cela gratuitement. Nos libertés dépendent de notre capacité à être sceptiques, et notre époque est menacée par l’émergence de nouveaux obscurantismes.

Cordialement.

John Philip C. Manson

Combien de CO2 «dégage» un kWh électrique ?

On y lit que «le Potentiel de réchauffement global (PRG) est l’unité de mesure de l’effet d’un GES sur le réchauffement climatique par rapport à celui du CO2» qui sert de référence. «Par exemple, le méthane a un PRG de 23, ce qui signifie qu’il a un pouvoir de réchauffement 23 fois supérieur au CO2.»

Cette unité de mesure qu’est le PRG, je me demande premièrement si elle est validée par le système international des unités de mesure (SI). Et dans un de mes articles anciens, j’ai prouvé que le pouvoir radiatif des gaz à effet de serre par rapport au CO2 comportait une importante incertitude, avec le cas du méthane en particulier : http://jpmanson.unblog.fr/2011/07/17/de-combien-de-fois-le-methane-est-un-gaz-a-effet-de-serre-plus-puissant-que-le-co2/  (ce lien est mort, mais l’article existe désormais ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/05/de-combien-de-fois-le-methane-est-un-gaz-a-effet-de-serre-plus-puissant-que-le-co2/). Les ressources scientifiques académiques ne donnent qu’une approximation de cette grandeur relative, ce n’est donc pas une unité de mesure précise et fiable. J’ai pu voir 18 sources qui donnaient 11 valeurs contradictoires, le pouvoir radiatif du méthane par rapport au CO2 est ainsi estimé, selon les sources, entre 20 fois et 72 fois, ce qui fait quand même une grande incertitude. Ainsi, le PRG est une estimation, pas une mesure.

Ensuite, à propos de l’équivalence carbone, l’article dit que «Un kg CO2 contient 0,2727 kg de carbone». C’est correct, car le calcul consiste à diviser la masse molaire du carbone par celle du CO2 : 12/44 = 0,2727 kg de carbone pour 1 kg de CO2.

À propos de l’équivalence entre CO2 et kWh électrique, on lit dans l’article que «En France, un kWh électrique produit 0,09 kg CO2. Il faut donc, en moyenne, un peu plus de 11.100 kWh d’électricité pour produire une tonne de CO2». Mais il s’agit là d’une estimation qui varie d’un pays à l’autre, et d’un continent à l’autre. C’est une grandeur de comparaison relative qui ne se base pas sur des unités physiques fondamentales.

J’ai justement les données sous les yeux : pour un total de 550,3 TWh annuels de production électrique en France, l’énergie d’origine thermique (charbon, gaz, etc) produit 59,4 TWh. C’est-à-dire que sur la puissance électrique totale de 62,78 GW, l’énergie thermique (par combustion) délivre une puissance de 6,776 GW. Ainsi, la proportion de l’énergie thermique par rapport au total est de 10,79% en France. Je suppose que le kWh dont parle le site web analysé désigne toute l’électricité, et le CO2 ne concerne cependant que les énergies d’origine thermique (seuls émetteurs de CO2). Ainsi, dans les faits, pour 1 kWh produit par toutes les différentes sources d’énergie (dont le nucléaire et les énergies renouvelables), l’énergie thermique (par combustion) produit quant à elle une quantité de 0,1079 kWh qui est à relier avec les 90 grammes de CO2.

  • Une quantité comme 1 kWh est égale à 3,6 MJ, et 3,6 millions de joules c’est énorme par rapport à 90 g de CO2 produit.
  • 90 g de CO2 c’est égal à 2,045 moles de CO2, donc 1 kWh pour 90 g c’est équivalent à 1760 kJ/mol de CO2.
  • Pour une simple combustion chimique (oxydation de carbone ou d’hydrocarbure), 1760 kJ/mol c’est trop élevé pour être crédible.
  • En effet, la combustion du carbone libère une énergie de 393,5 kJ par mole de CO2.
  • Ainsi, si l’on prend en compte la fraction des centrales thermiques par rapport au total électrique, on doit multiplier 1760 par 0,1079.
  • Donc 0,1079 kWh pour 90 g de CO2 émis, c’est équivalent à 1760 × 0,1079 = 189,9 kJ par mole de CO2, soit la moitié du bilan de la réaction chimique…
  • Par conséquent, la différent relevée dans le résultat montre que 1 kWh de l’électricité totale n’est pas équivalente à 90 g de CO2.
  • 0,1079 kWh = 388.44 kJ, et il faut trouver 393,5 kJ/mol. Ainsi il faut 0,987 mole de CO2 pour trouver une égalité.
  • Ainsi, pour 0,1079 kWh électrique d’origine carbonique (soit 1 kWh pour l’électricité totale), on aura produit 43,434 g de CO2, et non pas 90 g. Donc c’est deux fois moins de CO2 que prévu. Mais cela s’explique par un rendement inférieur à 100%. Ainsi, avec un rendement de 48% environ, l’équivalence de 90 g de CO2 pour 1 kWh est correcte.

Cela vaut le coup de tout vérifier, non ?

Relecture de l’article le 1er juin 2012 : calculs corrects.

  • Moralité : ne jamais considérer des affirmations pour vraies dans les médias, il convient toujours mieux de vérifier les données quantitatives quand cela est possible.
  • Souvent, dans les magazines et dans le web, la mode actuelle de l’«équivalent-carbone» est utilisée à tort et à travers par les journalistes, ou des militants, voire des politiciens, avec des données quantitatives fausses…

Articles connexes :

 

 

© 2012-2013 John Philip C. Manson

Analyse d’une phrase de Wikipedia sur l’énergie éolienne

Je ne ferai pas la critique des éoliennes, ça c’est déjà fait. La vérification porte essentiellement sur l’énergie chimique de combustion du charbon ou des hydrocarbures destinés à la production d’électricité d’origine thermique à flamme.

Je cite la phrase-clé à partir de laquelle débute l’analyse :

  • «Chaque mégawatt-heure éolien aide à réduire de 0,8 à 0,9 tonne les émissions de CO2 rejetées annuellement par la production d’électricité d’origine thermique»

Avouons que des données vérifiables présentent un intérêt, ça peut servir à former l’esprit critique de ceux qui débutent dans le scepticisme scientifique en épluchant les textes des médias.

  • 1 MWh = 1000 kWh = 3,6 GJ. Cela représente une quantité d’énergie électrique.
  • Une masse de 0,8 à 0,9 tonne de CO2, j’arrondis à 0,85 tonne pour simplifier : ça fait donc 850 kg de CO2, soit 850000 g, soit une quantité de matière de 19318.18 moles de CO2 puisque la masse molaire du CO2 vaut 44 g/mol.
  • La combustion du charbon dans le dioxygène produit 393,5 kJ/mol. Une mole de carbone produit une mole de CO2.     C + O2 -> CO2
  • La combustion du méthane dans le dioxygène produit 890,6 kJ/mol. Une mole de méthane produit une mole de CO2.     CH4 + 2 O2 -> CO2 + 2 H2O
  • Si on produit 0,85 tonne de CO2, alors ça correspond à la production de 7,6 GJ d’énergie par combustion du charbon, ou à la production de 17,2 GJ d’énergie par la combustion du méthane.
  • Par conséquent, comme on sait que 1 MWh est égal à 3,6 GJ, on en déduit que l’hydrocarbure inconnu (ou le mélange d’hydrocarbures inconnus) produit une quantité d’énergie égale à 186,4 kJ/mol. Qu’est-ce que cela pourrait bien être ? Ce qui est sûr, c’est que ce n’est ni du charbon, ni du méthane… Quantitativement, la combustion d’une mole de ce combustible inconnu, c’est 52,6% moins énergétique que la combustion d’une mole de carbone. La réaction via un mélange d’une mole de dihydrogène avec une mole de dichlore ça libère 184,6 kJ/mol, c’est proche énergétiquement de ce que je recherche mais le mélange chlore/hydrogène n’est absolument pas un hydrocarbure. Il faut donc continuer à chercher…
  • Sachant qu’une tonne équivalent pétrole vaut 41,868 GJ, soit 11,63 MWh, alors cela signifie que 1 MWh correspond à la combustion de l’équivalent de 310 kg de pétrole. Mais 310 kg de pétrole qui produit 850 kg de CO2, ça me paraît disproportionné car le CO2 semble en excès par rapport à la masse des molécules qui composent le pétrole.
  • Dans les calculs, j’ai pris comme hypothèse que le rendement chimique est total (100%). Mais si l’on considère l’énergie thermique de combustion du carbone convertie avec un rendement de 47,4% en énergie électrique nette, alors ce que dit Wikipedia est cohérent. Mais pourquoi choisir le CO2 comme unité de mesure ? Parler directement avec des unités de mesure légales comme le Joule et le kWh me paraît plus adapté…

© 2012 John Philip C. Manson

Thermochimie : étude de divers combustibles

Une relecture minutieuse (le 1er juin 2012) de l’article présent atteste que les données mentionnées (l’enthalpie par unité de masse, synonyme de PCI) ne comportent pas d’erreurs, cela a été soigneusement vérifié. Y ont été ajoutés le cas du méthanol et du dihydrogène.

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C’est un sujet que j’ai déjà abordé.

Le présent article ajoute des détails quantitatifs supplémentaires. En outre, les gaz propane et butane sont comparés avec l’octane (essence “sans plomb”) et l’éthanol (synonyme de bioéthanol). Pour simplifier, la quantité d’eau issue des réactions de combustion est négligée volontairement.

Voici la comparaison énergétique quantitative de différents combustibles (par unité de masse de combustible) :

  • La combustion complète du dihydrogène dans le dioxygène est exothermique : énergie de 285,85 kJ/mol soit 142,92 MJ/kg.
  • La combustion complète du méthane dans le dioxygène est exothermique : énergie de 890,6 kJ/mol soit 55,6625 MJ/kg.
  • La combustion complète du propane dans le dioxygène est exothermique : énergie de 2220 kJ/mol soit 50,4545 MJ/kg.
  • La combustion complète du butane dans le dioxygène est exothermique : énergie de 2877,5 kJ/mol soit 49,612 MJ/kg.
  • La combustion complète de l’octane dans le dioxygène est exothermique : énergie de 5051 kJ/mol soit 44,307 MJ/kg.
  • La combustion complète du charbon (carbone) dans le dioxygène est exothermique : énergie de 393,5 kJ/mol soit 32,792 MJ/kg.
  • La combustion complète de l’éthanol dans le dioxygène est exothermique : énergie de 1367 kJ/mol soit 29,72 MJ/kg.
  • La combustion complète du méthanol dans le dioxygène est exothermique : énergie de 726,5 kJ/mol soit 22,7 MJ/kg.

L’expression de l’énergie produite par masse de combustible montre que le méthanol est le combustible qui produit le moins d’énergie par unité de masse, par rapport aux autres combustibles.

Comparaison des émissions massiques de CO2 par kg de gaz consumé :

  • La combustion complète du dihydrogène dans le dioxygène ne produit que de l’eau, donc 0 kg de CO2 par kg de dihydrogène. Cela n’est vrai que par des électrolyses, et c’est la solution la plus avantageuse. Mais dans les faits actuels, 95% de la production industrielle du dihydrogène est réalisée par reformage du méthane selon la réaction CH4 + O2 -> 2 H2 + CO2. La réaction produit donc 2,75 kg de CO2 par kg de méthane et 0,25 kg de dihydrogène par kg de méthane : ainsi on aura produit finalement 11 kg de CO2 pour une production de 1 kg de dihydrogène.
  • La combustion complète du méthanol dans le dioxygène produit 1,37 kg de CO2 par kg de méthanol.
  • La combustion complète de l’éthanol dans le dioxygène produit 1,91 kg de CO2 par kg d’éthanol.
  • La combustion complète du méthane dans le dioxygène produit 2,75 kg de CO2 par kg de méthane.
  • La combustion complète du propane dans le dioxygène produit 3 kg de CO2 par kg de propane.
  • La combustion complète du butane dans le dioxygène produit 3,0345 kg de CO2 par kg de butane.
  • La combustion complète de l’octane dans le dioxygène produit 3,09 kg de CO2 par kg d’octane.
  • La combustion complète du carbone dans le dioxygène produit 3,66 kg de CO2 par kg de carbone.

Le charbon (suivi de l’octane) est le combustible qui émet le plus de CO2 par unité de masse.

Équivalence énergétique de la combustion des gaz en bouteille par rapport à l’énergie électrique :

  • Une bouteille de 13 kg de propane représente une énergie thermochimique potentielle de 655,9085 MJ, soit 182,1968 kWh, soit 156541,408 kcal.
  • Une bouteille de 13 kg de butane représente une énergie thermochimique potentielle de 644,956 MJ, soit 179,1544 kWh, soit 153927,446 kcal.

Information complémentaire :

  • La combustion complète d’une charge de 13 kg de propane émet 39 kg de CO2 au total.
  • La combustion complète d’une charge de 13 kg de butane émet 39,4485 kg de CO2 au total.

Conclusion pour le gaz en bouteille :

  • Le propane est plus avantageux que le butane : pour deux quantités identiques de gaz combustible, le propane produit 1,698% d’énergie thermique de plus que le butane.
  • Si une charge de 13 kg de gaz coûte 29,00 €, alors le prix moyen de l’énergie par combustion des gaz vaut environ 16 centimes d’euro par kilowatt-heure. L’électricité d’origine nucléaire coûte environ 9 centimes d’euro par kWh. Chauffer avec du gaz revient deux fois plus cher que chauffer à l’électricité. Si on sort du nucléaire, il est absolument certain que le prix moyen du kWh c’est plus cher avec le gaz ; et la surconsommation soudaine du gaz du fait de l’abandon du nucléaire ça fera grimper les prix (le gaz étant déjà cher), à croire que c’est un coup fait exprès… Si on supprime le nucléaire on peut s’attendre à voir une grimpée du prix du gaz qui deviendra prohibitif et les conséquences sont catastrophiques… L’électricité éolienne, elle aussi, c’est plus cher que le nucléaire.
  • Une masse de 1 kg de méthane produit 1,87 fois plus d’énergie thermique que 1 kg d’éthanol. Il faut donc 1,87 kg d’éthanol pour produire autant d’énergie que 1 kg de méthane. Un véhicule qui utilise par exemple 50 kg d’éthanol dans son réservoir parcourra donc 1,87 fois moins de km que s’il avait 50 kg d’octane dans son réservoir.

BILAN TRÈS INTÉRESSANT :

La combustion complètement dans le dioxygène produit une quantité d’énergie par kg de combustible :

  • 50 milliards de kWh (soit 50 TWh) sont théoriquement productibles par 1 kg d’antimatière qui s’annihile avec 1 kg de matière. Équivaut à presque 43 mégatonnes en puissance nucléaire. On est loin de pouvoir exploiter l’antimatière…
  • 116300 à 186080 kWh sont produits par la fission nucléaire de 1 kg d’uranium enrichi, la fission n’émet pas de CO2. Un kg d’uranium fissile équivaut de 10 à 16 kilotonnes de puissance nucléaire.
  • 15,462 kWh sont produits par 1 kg de méthane, ça émet par conséquent 2,75 kg de CO2.
  • 14,015 kWh sont produits par 1 kg de propane, ça émet par conséquent 3 kg de CO2.
  • 13,78 kWh sont produits par 1 kg de butane, ça émet par conséquent 3,03 kg de CO2.
  • 12,31 kWh sont produits par 1 kg d’octane, ça émet par conséquent 3,09 kg de CO2.
  • 9,11 kWh sont produits par 1 kg de charbon (carbone), ça émet par conséquent 3,66 kg de CO2.
  • 8,26 kWh sont produits par 1 kg d’éthanol, ça émet par conséquent 1,91 kg de CO2.

Parmi les combustibles, l’éthanol est celui qui fournit le moins d’énergie par unité de masse. Au niveau du rendement, le méthane est le combustible le plus avantageux (1,87 fois plus énergétique que l’éthanol par unité de masse de combustible).

La combustion complète dans le dioxygène (excepté la fission nucléaire) produit 1 kWh selon diverses masses de combustibles :

  • 1 kWh = 0,0033 g d’uranium enrichi (ou 0,0086 g d’uranium dans réacteur à eau à cycle ouvert) , soit une émission de 0 g de CO2.
  • 1 kWh = 65 g de méthane, soit une émission de 179 g de CO2.
  • 1 kWh = 71 g de propane, soit une émission de 213 g de CO2.
  • 1 kWh = 72,6 g de butane, soit une émission de 220,3 g de CO2.
  • 1 kWh = 121 g d’éthanol, soit une émission de 231 g de CO2.
  • 1 kWh = 81 g d’octane, soit une émission de 250,3 g de CO2.
  • 1 kWh = 110 g de carbone, soit une émission de 401,8 g de CO2.

Par kWh produit, le charbon est de tous les combustibles le plus émetteur en CO2. Les centrales électriques à charbon sont donc une mauvaise option énergétique.
 

Bilan énergétique : 

  • Pour une même quantité d’énergie thermochimique produite, l’octane émet environ 8% de CO2 de plus que l’éthanol, ce qui est une marge faible.
  • Mais pour produire une énergie équivalente, il faut une masse d’environ 49% d’éthanol en plus par rapport à l’octane, ce qui est un gros inconvénient.
  • Sachant que l’octane coûte actuellement environ 1,5 € par litre à la pompe à essence, alors ça correspond à 2,13 € par kg d’octane, sachant aussi que 1 kg d’octane équivaut à 12,31 kWh, alors le prix moyen du kWh par combustion de l’octane est de 17,3 centimes d’euros, ce qui est un prix énergétique sensiblement proche du prix du kWh du gaz en bouteille (lui, environ 16 centimes d’euro par kWh produit).
  • Raisonnement réaliste : Supposons que certains décident d’arrêter tout le nucléaire au profit des centrales électriques à charbon. Si tout le nucléaire était remplacé par des centrales électriques à charbon, cela reviendrait à dire que les 508,42 milliards de kWh annuels devront être produits par le charbon au lieu de la fission de l’uranium, ça consiste à renoncer à 2732 à 4372 tonnes d’uranium seulement pour se résigner à préférer transporter à travers le monde (importation) puis brûler les 34,8 millions de tonnes annuelles de charbon venu du monde entier qui émettront ainsi 127,7 millions de tonnes de CO2 par an

© 2011 John Philip C. Manson

De combien de fois le méthane est un gaz à effet de serre plus puissant que le CO2 ?

De combien de fois le méthane est-il un gaz à effet de serre plus puissant que le dioxyde de carbone ? Une enquête sur le web conduit à des contradictions inattendues…


Plusieurs sources francophones se contredisent aussi entre elles :

Comme il existe un doute sur ce taux, il se peut que la valeur exacte soit finalement empiriquement incertaine… Le site Wikipedia lui-même comporte 3 valeurs différentes contradictoires dans 3 articles francophones.
Chez les anglophones, la contradiction existe aussi :

On le voit, la contradiction dans les chiffres est d’étendue mondiale. Cette contradiction pose un problème de crédibilité.

Examinons maintenant les sources scientifiques les plus fiables :

Même au sein des sources réputées, une contradiction persiste. Je me demande s’il existe une source fondée sur une base empirique.

Les 18 sources donnent 11 valeurs différentes contradictoires !

Affaire à suivre…

Article connexe sur les gaz à effet de serre : http://jpmanson.unblog.fr/2011/07/19/quel-est-le-coefficient-utilise-pour-le-calcul-du-forcage-radiatif-du-co2/

J’ai montré de façon convaincante grâce à une recherche sur le web que les données peuvent être contradictoires et qu’il ne faut jamais y croire sur parole. Quand les gens font des expériences et que personne ne trouve le même résultat quantitatif, ça me surprend… Avec ces contradictions et cette incertitude, comment donc prétendre faire des prédictions fiables ?

 

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Voici du nouveau dans la recherche des données quantitative sur les gaz à effet de serre.

En recherchant sur Google avec le mot-clé suivant : “∆F = * ln *” forçage CO2, je trouve des coefficients de forçage contradictoires.

 

Maintenant, voyons ce que disent les sources les plus réputées, avec le mot-clé “∆F = * ln *” forcing CO2 :

Sur le forçage radiatif du CO2, le coefficient 5,35 semble majoritaire. Néanmoins, ceux qui utilisent des équations avec un coefficient différent feront logiquement des prédictions différentes.

J’ai montré de façon convaincante grâce à une recherche sur le web que les données peuvent être contradictoires et qu’il ne faut jamais y croire sur parole. Quand les gens font des expériences et que personne ne trouve le même résultat quantitatif, ça me surprend… Avec ces contradictions et cette incertitude, comment donc prétendre faire des prédictions fiables ? 

 

© 2011 John Philip C. Manson