Sur l’histoire de Vienne (Autriche)

Aujourd’hui, je vais parler d’un documentaire TV que j’ai regardé hier soir le 30 avril 2014.

Voici le synopsis :

Vienne

Ce documentaire sur l’histoire de Vienne, en Autriche, fut intéressant.

Il évoqua la dynastie des Habsbourg qui régna longtemps sur l’Europe. Mozart, Beethoven et Klimt furent des artistes marquants. Bien sûr, des personnages politiques fameux comme la reine Marie-Antoinette, et l’Aiglon (le fils de Napoléon), et l’impératrice Sissi, sont incontournables.

Le documentaire parla de la chute des Habsbourg et la montée du nazisme, et l’Anschluss, avec l’avènement de l’abominable Hitler, lequel peignit des aquarelles à Vienne mais qui eut échoué pour entrer aux Beaux-Arts.

Ce documentaire intéressant comporte cependant une lacune importante, et c’est un devoir d’en parler, parce qu’il manque des faits qui font pourtant partie de l’histoire de Vienne. Ainsi, le documentaire n’a pas abordé le Cercle de Vienne, qui était un club important réunissant des savants et des philosophes. Le programme du Cercle de Vienne était l’empirisme logique.

La tendance y était à l’empirisme logique (ou « positivisme logique »), et était influencée par Ernst Mach (dont, après Ludwig Boltzmann, Schlick était le successeur à la chaire de philosophie des sciences), Ludwig Wittgenstein, Bertrand Russell, George Edward Moore, David Hilbert, Henri Poincaré, Albert Einstein, Karl Popper (qui fut admis comme « l’opposition officielle » à la Théorie de la connaissance défendue par le Cercle, mais qui n’en fut jamais membre. Dans « La quête inachevée », Popper s’attribue même le meurtre du positivisme logique défendu par le Cercle de Vienne), Gottlob Frege. Il n’y a pas d’unité de pensée dans le Cercle, et celui-ci se caractérise moins par des dogmes que par un programme commun.

Le Cercle développe en effet ce qu’il appelle une « conception scientifique du monde », dont trois éléments majeurs sont à peu près partagés par tous les membres.

  1. Les sciences doivent être unifiées dans le langage de la physique (réductionnisme des sciences empiriques) ou de la logique (logicisme), car toute connaissance est soit empirique soit formelle.
  2. La philosophie est une élucidation des propositions scientifiques par l’analyse logique ; elle se réduit à une théorie de la connaissance.
  3. Cette conception affirme que beaucoup d’énoncés métaphysiques sont dépourvus de sens (Unsinnig): les problèmes philosophiques traditionnels auraient été mal posés, et leurs solutions auraient été exprimées inadéquatement. C’est par exemple la thèse principale de Ludwig Wittgenstein, formulée dans le Tractatus logico-philosophicus: la plupart des énoncés métaphysiques seraient dépourvus de sens ; lorsqu’ils ne le sont pas, ils ne portent pas sur le monde, mais sur le langage (conception partagée par Rudolf Carnap en 1934).

 

Le Cercle de Vienne est marqué par une tragédie qui entraîna la dispersion du club. Moritz Schlick était un philosophe allemand berlinois, physicien de formation (il étudia la physique sous la direction de Max Planck), il est l’un des fondateurs du positivisme logique, qualifié de « maître à penser du Cercle de Vienne», il est l’un des premiers philosophes « analytiques ». Il mourut à Vienne le 22 juin 1936, assassiné par un de ses anciens étudiants, de plusieurs coups de pistolet en pleine poitrine sur les marches de l’Université de Vienne. L’ignoble assassin, Johan Nelböck, fut très vite libéré et devint un membre du parti nazi autrichien après l’Anschluss… Pourtant, Schlick n’était même pas israélite. Mais les intellectuels (communistes, savants ou artistes) étaient eux aussi pris pour cible…

 

J’ai voulu expliquer ici que le documentaire n’avait pas abordé ce sujet majeur, et que cela ne devait pas être oublié, parce que ça fait partie de l’histoire de Vienne. Le physicien viennois Ludwig Boltzmann fait lui aussi partie de l’histoire de Vienne, il est le fondateur de la physique statistique, un domaine passionnant. Les conceptions de Boltzmann ont exercé une influence décisive sur le positivisme logique du Cercle de Vienne, ainsi que sur Ludwig Wittgenstein qui reconnaîtra en Boltzmann l’une de ses influences principales.

La pensée du Cercle de Vienne, avec la nuance apportée par la contribution de Karl Popper, est un héritage qui a influencé la science moderne. C’est cette influence qui m’a orienté dans la philosophie des sciences, l’histoire des sciences, et l’épistémologie. C’est même à l’origine de mon intérêt pour les critères de la scientificité et le concept de réfutabilité, et même à l’origine de l’existence de mon blog, avec mon leitmotiv qui est l’exercice de l’esprit critique.

 

Comment un bon documentaire télévisé a t-il pu passer à côté de ce mouvement important que fut le Cercle de Vienne ? Qu’est-ce qui justifie cet oubli ?

 

© 2014 John Philip C. Manson

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Physique quantique, mysticisme et métaphysique

Bonjour à tous. Ceci n’est présentement pas un article, mais une réponse de dialogue via Facebook, étant donné que mon blog a cessé son activité depuis fin décembre 2013. Au fait, bonne et heureuse année 2014 à tous !

SP
Bonjour. Ayant interrompu mon activité de blogueur, je vous réponds avec un peu de retard. Actuellement en déplacement pour cause de début de projet professionnel, je n’ai pas de ligne internet permanente, je surfe très occasionnellement sur internet via téléphonie mobile qu’environ 5 à 10 minutes par jour (les tarifs de la 3G sont prohibitifs et dissuasifs, oouuuhhh !). Mais j’ai pris exceptionnellement le temps de répondre à votre message.

Tout d’abord, je partage complètement votre point de vue sur l’état actuel de la vulgarisation scientifique, il existe comme un recul, une démission, par rapport à cette démarche importante. La perte d’intérêt des jeunes pour les sciences sont la cause et la conséquence de cet échec. Il faudrait enrayer cet échec. Mais on ne peut pas non plus forcer les jeunes à aimer ce qu’ils n’aimeront pas ni ce qu’ils ne voudront jamais aimer.

La science était autrefois perçue comme le moteur du progrès, de l’émancipation, une victoire contre l’ignorance et les dogmes. De nos jours, la science tend à être soit décrédibilisée (parce qu’elle est parfois instrumentalisée par la politique), soit rejetée parce qu’elle est perçue comme une menace contre les ressources naturelles à cause de l’ère industrielle, voire même dénaturée de son contexte par les charlatans qui se proclament de la « science » pour vendre leurs doctrines fantaisistes. Je pense personnellement qu’il faut un nouveau souffle : un renouveau du siècle des Lumières, le retour à la raison pour contrer les superstitions et l’aliénation de l’esprit humain victime de l’emprise des croyances inégalitaires et liberticides.

Je constate notamment une baisse de qualité de la vulgarisation depuis les années 1980, mais il existe cependant des exceptions, comme le livre de Normand Baillargeon (« Petit cours d’autodéfense intellectuelle») qui présente un contenu assez intéressant. Le tort de l’enseignement est de présenter les mathématiques comme une discipline incontournable pour la sélection tout en laissant penser que c’est une discipline inutile. Or les maths sont loin d’être inutiles : pour ne citer que quelques exemples, elles permettent par exemple la sécurité des systèmes bancaires grâce à la cryptographie, elles permettent de déchiffrer le code Enigma pendant la Seconde Guerre Mondiale contre les nazis grâce aux talents du mathématicien Alan Turing, et aussi les maths permettent de détecter des contre-vérités dans les médias. Il faut rendre les sciences plus attractives sans risquer de dénaturer le sens de leur contenu, ni sans prendre le risque de prendre une quelconque indépendance avec la méthode scientifique (à moins d’avoir innové dans une méthode plus efficace, mais j’en doute).

L’enseignement des sciences doit permettre de créer des vocations scientifiques, cela est impératif à l’heure actuelle où les effectifs dans les facultés des sciences sont en baisse depuis une quinzaine d’années. Créer des vocations sans pour autant dénaturer les critères qui définissent la science. La vulgarisation scientifique comporte parfois des maladresses qui entraînent des erreurs d’interprétation chez le public. Un exemple classique : le Big Bang est souvent présenté à tort comme une explosion de matière qui remplit un espace vide, alors que le Big Bang concerne l’expansion de l’espace.

Vulgariser la science est une mission très difficile. Avoir des connaissances ne suffit pas, il faut avoir un certain talent pour communiquer des savoirs au public, être compris sans trop simplifier ni dénaturer le sens des théories scientifiques.

Le scepticisme scientifique part d’une bonne intention, comme vous le dites, mais ce scepticisme scientifique fait partie de la méthode scientifique, c’est une nécessité, et vous le savez. On formule une hypothèse, puis on réalise une expérience pour évaluer l’hypothèse, l’hypothèse est ensuite confortée par l’expérience ou bien elle est infirmée par l’expérience. Le caractère potentiellement réfutable d’une hypothèse définit son caractère scientifique. C’est un critère épistémologique, défini par Karl Popper, et parmi d’autres épistémologies possibles, mais c’est actuellement la méthode la plus pertinente et la plus efficace, parce que ça marche.

S’il est vrai que certaines associations ou lobbies peuvent être motivés par l’appât du gain, la notoriété, la mystification ou la manipulation, il ne faut guère généraliser non plus, et il faudrait donner une argumentation plus claire en citant des exemples concrets. L’erreur est humaine, les êtres humains sont faillibles, même les scientifiques les plus intègres peuvent commettre eux-mêmes des erreurs méthodiques. Nul n’est à l’abri des erreurs et de la tromperie. En ce sens, l’esprit critique peut s’appliquer aussi bien à l’encontre des sceptiques qu’aux cibles des sceptiques, les êtres humains sont égaux.

Si au premier abord, la zététique se présente comme une méthode intéressante, elle reste cependant circonscrite à un domaine d’études trop restreint : le surnaturel et le paranormal. Je suis plutôt favorable à une palette beaucoup plus large de sujets d’études : pas seulement le paranormal, mais aussi d’autres thématiques comme par exemple les fraudes scientifiques, les contre-vérités véhiculées par le journalisme (dont les tentatives de vulgarisation scientifique peuvent être très maladroites).

Bien des publications se limitent à la vulgarisation scientifique de théories connues, en décrivant les grandes lignes. Mais il faut surpasser cela. Il faut présenter des analyses critiques objectives de ces théories. C’est-à-dire que les théories scientifiques sont présentées à tort comme des vérités, alors qu’au sens épistémologique elles ne sont qu’une représentation faillible et provisoire de la réalité physique. De même, il faut réinventer le journalisme : la presse grand public diffuse quotidiennement des « informations » plus ou moins en rapport avec les sciences, et lorsque l’on vérifie les chiffres, les données quantitatives (quand il y en a), l’on constate souvent des erreurs que beaucoup de lecteurs ne daignent pas signaler parce qu’ils auront interprété les textes comme des vérités qu’ils ne pensent pas à les remettre en question.

Le scepticisme scientifique, à travers les évaluations des connaissances par des outils efficaces (comme les mathématiques et les expériences scientifiques), est une démarche légitime et nécessaire.

Mais lorsque ce scepticisme devient hypercritique quand la subjectivité remplace l’objectivité, ce scepticisme devient abusif quand il cherche à tout nier.
Mais le scepticisme scientifique, lorsqu’il est bien conduit, à travers une démarche rigoureuse et objective, vient souvent à réfuter des « théories », celles-ci s’écroulant comme des châteaux de cartes. Et ceux qui ont pris le parti de croire à ces théories (ou plutôt ces croyances) en gardent fréquemment un goût amer et vindicatif. Ainsi, je suis surpris et étonné lorsque vous citez l’AFIS et les Sceptiques du Québec comme faisant partie d’une mouvance caricaturale et pernicieuse. Je lis occasionnellement le magazine de l’AFIS, et en général leurs textes sont de qualité et font souvent un résumé détaillé des problématiques. Cependant, il existe d’autres magazines de vulgarisation scientifique (avec des titres racoleurs) qui sont plus appropriés à recevoir un blâme (j’en ai parlé à plusieurs reprises dans mon blog).

Le scepticisme scientifique ne consiste pas à nier et tout rejeter en bloc. Le scepticisme ne combat pas des idées a priori. Le doute fonctionne selon un principe clair : si une hypothèse ne colle pas avec des observations ou des expériences, l’hypothèse est rejetée et abandonnée ; mais l’hypothèse est retenue comme crédible (sans pour autant passer pour une Vérité) si elle reste cohérente avec les faits (à condition qu’il y ait une causalité). Je comprends bien la situation des croyants qui se sentent lésés par des critiques, parce que leurs croyances auront été mise en échec face à la méthode scientifique. Les connaissances sont accessibles au moyen de la méthode scientifique, tandis que les croyances (souvent bourrées de contradictions) sont une option qui donne le meilleur moyen de se tromper…

En ce qui concerne la physique quantique, j’ai écrit plusieurs articles à ce sujet dans mon blog. En résumé, la physique quantique est une théorie scientifique crédible qui décrit la dynamique des particules à l’échelle subatomique. C’est une théorie qui peut conduire à de nombreux débats philosophiques, c’est vrai. En science, on teste des hypothèses pour construire une théorie, ou pour la modifier, ou même parfois pour l’invalider. La science procède par élimination, par tri, par une constante remise en question, et cela est nécessaire, sinon il n’existerait pas de théories scientifiques, ni même d’évolution des connaissances.

Vous percevez la physique quantique comme devant prouver un concept métaphysique. Vous évoquez ici du problème de la dualité esprit/matière. Sur le plan philosophique, je suis plutôt en faveur du matérialisme, non pas par choix esthétique, mais par tout ce que je connais actuellement des sciences depuis de longues années. Philosophiquement, d’autres points de vue sont plausibles, mais je ne vois de connaissances objectives qu’à travers des faits observables, au moyen de preuves directes ou indirectes, car la réflexion et la raison seules ne suffisent pas. Philosophiquement, je considère l’esprit (ou plutôt la conscience) comme une conséquence, un effet, de la matière. Certains affirment que l’esprit précède la matière tandis qu’il ne peut a priori exister d’esprit sans matière. Mais un argumentaire a peu de valeur en l’absence de preuves concrètes. Pour parler des faits : plus un cerveau (réseau de neurones) est lésé et endommagé, plus la conscience est gravement altérée, voire détruite, c’est ce que l’on observe. Quant aux phénomènes de dédoublement de la conscience à travers ce qu’on appelle le «voyage astral», cela est expliqué par la chimie : la kétamine et les endorphines peuvent produire des modifications de la conscience. Récemment, j’ai eu connaissance d’une étude publiée par des chercheurs de l’université du Michigan à propos des cas de décorporations lors de «mort imminente» et qui met en évidence un comportement du cerveau qui pourrait générer cette impression paranormale, rapprochée du « paradis » par des milliers de patients « ressuscités » après une mort clinique. Un phénomène chimique fait que le cerveau mélange tout, générant une expérience unifiée et homogène. La réaction cérébrale découlerait du choc physiologique provoqué par l’arrêt cardiaque. En analysant l’activité cérébrale de rats au moment de leur mort, les chercheurs se sont aperçus que l’activité cérébrale, loin de s’arrêter net par manque d’oxygène, s’intensifiait de façon exceptionnelle dans les trente secondes qui suivent l’arrêt du cœur.

En bref, j’ai évoqué la physique quantique selon le plan scientifique, puis son implication avec la conscience sur le plan philosophique. Ce que je peux dire de la théorie quantique, c’est qu’elle est en accord avec les expériences et les observations ; je n’ai pas d’avis tranché sur le plan philosophique sur la question : il existe plusieurs interprétations sérieuses et crédibles de la physique quantique. Laquelle de ces interprétations est la bonne ? Je n’en ai pas la moindre idée. Mais concernant les interprétations mystiques et irrationnelles de la physique quantique, on sort complètement du cadre de la science et cela ne sert à rien.

Mais lorsque vous affirmez que la physique quantique est en accord avec une conception métaphysique, on sort du cadre de la méthode scientifique pour entrer dans celui de la métaphysique. Que vaut la métaphysique ? Quelles connaissances (ou au contraire quelles réfutations) la métaphysique peut-elle apporter ? C’est une question à laquelle je n’ai pas vraiment de réponses.

Quand vous dénoncez des charlatans du mysticisme quantique, vous avez raison sur ce point. J’ai évoqué le thème du mysticisme quantique dans le but de dénoncer les interprétations farfelues de la physique quantique, interprétations qui relèvent du mysticisme, de la pseudo-science ou de la métaphysique. Ce qui fait l’intérêt de la science, sa valeur, c’est le caractère potentiellement réfutable d’une hypothèse pour que celle-ci ait une nature scientifique. En ce sens, je suis en faveur de l’épistémologie de Karl Popper, sans pour autant me ranger dans un dogmatisme illusoire. Sur le thème du mysticisme quantique, j’ai voulu dénoncer les interprétations farfelues qui entraînent des dérives idéologiques. Ces dérives surfent sur la mode actuelle du New Age. Le New Age a l’une des caractéristiques suivantes : tout se vaut, malgré les contradictions ; cette mouvance crée des amalgames inadaptés et inappropriés, en formant des syncrétismes religieux, mystiques, idéologiques. Ainsi, le New Age ne craint pas de mélanger abusivement la science avec les croyances les plus diverses, elle crée des amalgames fantaisistes, elle dénature la science.

Je pensais que vous étiez d’accord avec moi quand vous dénoncez les charlatans du mysticisme quantique. Mais vous-mêmes faites l’amalgame entre la physique quantique et le phénomène de la conscience. Peut-être qu’à l’avenir les ordinateurs quantiques pourront permettre de construire une intelligence artificielle équivalente à l’esprit humain pour que la question soit prise au sérieux, mais pour le moment cela relève de la spéculation et non d’une véritable théorie quantique de la conscience. On ne sait pas ce que le futur réserve.

La physique quantique ne prétend pas décrire un univers mystique, ni métaphysique, ni même spiritualiste, et n’est pas non plus en rapport avec la psychologie et la place de l’Homme dans l’univers. Je fais franchement la distinction entre le contentement des connaissances actuelles que nous avons (sans nier de nouvelles hypothèses réfutables, ni sans nier qu’un jour il existera une véritable théorie quantique scientifique de la conscience car on n’est sûr de rien) et l’espoir de voir d’éventuelles croyances validées par la science un jour (croire n’est pas nécessaire, mais (pour citer Henri Poincaré) j’admets que c’est par l’intuition que nous trouvons MAIS (et surtout) c’est par la logique et les expériences que nous prouvons). Pour résumer, je prend au sérieux le critère épistémologique de démarcation (entre la science et la non-science), parce qu’à travers mon parcours personnel il m’a démontré son utilité et sa nécessité. Il y a rupture entre science et croyance.

Évidemment, je ne mets pas au même niveau les métaphysiciens (qui sont des philosophes) et les gourous qui récupèrent et dénaturent la science dans le but de tromper. Les métaphysiciens ne sont pas des gourous ni des charlatans. Ce sont des penseurs. L’attitude scientifique, c’est vouloir tester une idée et la comparer avec des phénomènes physiques. Je ne fais que rappeler la nécessité d’une démarcation, parce que la spéculation métaphysique, la science et l’imposture du New Age ne se basent pas du tout sur la même méthode ni la même approche. Il existe une différence entre CONCEPT et OBSERVATION. J’oriente mes concepts philosophiques selon les connaissances actuelles données par la science. J’aurais beaucoup de mal à me satisfaire de concepts (esthétiques ou élégants) qui n’auront pas été comparés avec des connaissances scientifiques, car sinon ces concepts s’apparenteraient à des croyances. Un concept abstrait comme les nombres premiers par exemple, est indépendant des phénomènes de la physique, cela ne pose pas de problème. Mais lorsque qu’un concept a un lien avec la physique ou les sciences de la nature, par exemple la sourcellerie et la radiesthésie, on se doit de comparer ces concepts avec la réalité présentée par le terrain. J’avais personnellement expérimenté la radiesthésie il y a plus de 20 ans, d’abord avec enthousiasme, puis le scepticisme a pris le dessus, parce que l’expérimentation m’a appris une bonne leçon : la radiesthésie est la conséquence de l’effet idéomoteur, et des tests comparatifs avec le hasard m’ont montré que la radiesthésie ne fait pas de meilleur score que le hasard. On ne naît pas sceptique, on le devient. Il devient plus dur ensuite de redevenir un croyant, voire même que c’est devenu impossible. Le doute n’est pas un choix arbitraire, ni dogmatique, ni sectaire ; le doute est la conséquence d’observations. Apprendre à observer, et avoir le courage de remettre des concepts en question. C’est un travail difficile, mais cela en vaut la peine. Le doute m’a permis d’en apprendre plus,  plutôt qu’à travers l’espoir que suscitent les concepts s’ils avaient été (désirés comme) vrais a posteriori.

Comme le disait Philip K. Dick : la réalité c’est ce qui reste et subsiste quand on cesse d’y croire. J’ai personnellement appris à me méfier des concepts. La vraie valeur de la construction des connaissances n’existe qu’à travers la méthode expérimentale. Isaac Newton disait que la conviction n’est le fruit que de la preuve… malgré le fait que Newton eut toutefois pratiqué l’alchimie… (mais au moins il a essayé). Il faut pouvoir évaluer des concepts, tester leur solidité par rapports aux faits. Les mathématiques peuvent n’avoir qu’elles-mêmes comme objet d’étude, indépendamment des phénomènes physiques, elles sont une pure abstraction non dénuée d’intérêt. Mais des théories scientifiques, en physique, en chimie, ou en biologie, cela repose essentiellement sur des observations et des expériences, c’est une contrainte à laquelle l’on ne peut pas s’en affranchir. Il faut nécessairement du concret dans les sciences de la nature. Si la métaphysique et la physique quantique sont cohérentes entre elles, il faut pouvoir le prouver avec des liens de causalité. La conscience est-elle quantique ? C’est une question à caractère scientifique car il est possible de concevoir des expériences pouvant conduire à des tests d’hypothèses réfutables (via les ordinateurs quantiques, avec des simulations informatiques). Mais c’est un domaine qui émerge à peine, c’est encore trop tôt, il va falloir patienter peut-être quelques décennies. L’avenir nous le dira (peut-être).

La science se base sur une méthode rigoureuse et exigeante, mais cela n’empêche pas de voir apparaître de nouvelles théories crédibles et intéressantes à travers une diversité d’hypothèses, pourvu que ces hypothèses-là aient la possibilité d’être réfutables (il faut pouvoir les réfuter, donc permettre qu’elles puissent être a priori fausses). De plus, il ne faut jamais nier l’existence d’incertitudes.

En ce qui concerne Jacques Lavau, je l’ai cité à travers sa citation suivante : «La science se distingue de tous les autres modes de transmission des connaissances, par une croyance de base : nous croyons que les experts sont faillibles, que les connaissances transmises peuvent contenir toutes sortes de fables et d’erreurs, et qu’il faut prendre la peine de vérifier, par des expériences.»   Sa citation est pertinente, elle résume la méthode scientifique à travers une attitude prudente et un certain recul. Mais si monsieur Lavau faisait polémique, je n’en ai pas eu connaissance, et je ne le connais pas personnellement. Là aussi, comme votre avis pour l’AFIS, je suis un peu étonné de votre point de vue. Cela m’aurait été plus clair si je savais ce que vous reprochez à monsieur Lavau, aux zététiciens et à l’AFIS.

Éprouveriez-vous un rejet du scepticisme scientifique parce que vos idées n’auraient pas été prises au sérieux ? Il peut arriver que des sceptiques commettent des maladresses. C’est humain. On ne peut pas toujours rester constamment objectif. Les sceptiques ne sont pas vraiment supérieurs aux crédules, ils essaient juste d’être plus prudents mais certains sceptiques peuvent basculer dans la paranoïa aussi bien que les gourous qui, eux aussi, se sentent persécutés. 😉  Je ne serai pas étonné que des scientifiques pratiquent une activité artistique parallèlement. Les êtres humains ne sont pas formés que de raison (il m’arrive de prendre du recul même par rapport à la science, et c’est ce que j’ai fini par faire récemment). Mais la raison manque cependant à beaucoup d’humains…

Comme le disait Blaise Pascal : « Deux folies : exclure la raison, et n’admettre que la raison ».

Cordialement.

John Philip C. Manson, le 12 janvier 2014.

Sur la physique quantique et l’usage de la philosophie

Dans le forum examiné, il y est question de physique quantique dans un contexte philosophique. À la base, il est bon de discuter d’implications philosophiques de la physique quantique, notamment dans l’interprétation de cette théorie. Mais interpréter la théorie quantique exige de rester dans un cadre rationnel et objectif. Je m’attendais à lire des choses dans un contexte d’épistémologie ou d’interprétations du genre de celles de Schrödinger. Mais le fil de la discussion du forum dérive vers la métaphysique, la spiritualité en Inde, en restant finalement évasif sur la physique quantique. La caractéristique scientifique de la physique quantique n’est même pas développée dans la discussion.

La théorie quantique est en effet mal comprise par un grand nombre d’internautes, c’est un fait. On ne peut évidemment pas tout apprendre sur la physique quantique. Mais au moins en connaître les bases. Ces bases, je les donne avec concision dans ce présent article ci-dessous, en disant à quoi sert la physique quantique. Mais ce n’est pas là le principal problème.

Le problème majeur, c’est la méconnaissance du critère épistémologique de démarcation entre science et non-science.

C’est le printemps actuellement. Une piqûre de rappel est nécessaire.

RAPPEL SUR LA PHYSIQUE QUANTIQUE :

La physique quantique n’est ni une médecine, ni une psychothérapie, ni une spiritualité, ni une religion, ni un mysticisme, ni n’a un quelconque rapport avec des critères subjectifs qui impliquent la conscience ou l’être humain. La théorie quantique est une théorie scientifique de la physique. Elle décrit un monde paradoxal, mais elle ne prétend pas décrire un monde mystique. La physique quantique (également connue sous le nom de mécanique quantique) concerne les technologies (photovoltaïque, lasers…) et la recherche scientifique (chimie, informatique, ordinateurs quantiques, cryptologie…). La physique quantique est l’étude et la description du mouvement des particules à l’échelle subatomique, une théorie scientifique sur la discontinuité de la matière. Pour aller au cœur du sujet entre théorie quantique et philosophie : http://www2.academieroyale.be/academie/documents/2011DocprelimBRICMONT12115.pdf

Autre rappel :

Le mysticisme quantique est une foutaise délibérée qui est une version fortement dénaturée et parodique de la physique quantique par la secte New Age dans le but d’attirer des crédules avec une fausse science comme appât. La (vraie) physique quantique n’a aucun rapport avec la conscience, le thème de la Matrice (cf. le film Matrix), ni la médecine, ni la place de l’Homme dans l’univers et l’Au-Delà, ni avec les extraterrestres, ni avec la magie occidentale ou orientale, ni la métaphysique, ni les religions. Il faut cesser cet amalgame qui mêle abusivement science et mysticisme. L’influence de la secte New Age dans la société est beaucoup plus grave qu’on ne le croit.

La physique quantique n’est pas une métaphysique.

La (vraie) physique quantique est basée sur des réalités technologiques comme applications scientifiques concrètes (laser, exploitation de l’énergie solaire, spectrographie (étude des raies spectrales), effet tunnel, informatique, cryptologie…), et cela se limite à ça. Il coexiste plusieurs interprétations scientifiques de la physique quantique par les scientifiques. Mais les surinterprétations issues des mouvances spirituelles sont complètement farfelues.

Il arrive que le public fasse confusion entre la physique quantique et le mysticisme quantique qui n’a rien à voir avec la théorie scientifique. Il arrive souvent que le public baigne dans des thèmes du New Age sans savoir que c’est du New Age. Un grand vecteur de propagande sur Internet, c’est Youtube, le site de vidéos : on rencontre souvent des vidéos ineptes orientées autour du mysticisme quantique, sans aucun rapport avec les sciences. Des vidéos dont le titre ressemble à «Que sait-on vraiment de la réalité», ou «What the bleep do we know» sont hautement sujets à caution (voir le lien marqué Ramtha plus haut).

Dans certains pays où l’esprit de laïcité laisse à désirer, il existe des dérives même dans les milieux éducatifs (cf. le cas de M. Shallis (voir détails sur https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/28/le-vrai-visage-du-new-age-ou-nouvel-age/) et le cas Hagelin (voir le lien Wikipedia plus haut)). C’est grave.

L’intrusion du mysticisme dans les théories scientifiques est une imposture. Le pire, c’est que beaucoup ne voir pas la différence entre ce qui relève de la science et ce qui relève du mysticisme.

L’imposture du mysticisme quantique est connue dans les pays anglo-saxons. Le problème commence à être évoqué en francophonie. Mais le problème, déjà ancien et autrefois plus discret, a pris racine pendant les années 1970 quand le New Age a émergé.

Je fais appel à la vigilance contre le néocréationnisme et les intrusions spiritualistes en science.

La subjectivité n’a pas sa place dans les sciences. La philosophie, elle, est l’art du raisonnement, c’est un art porté sur la réflexion, pas sur la croyance. La science c’est une sorte de philosophie «appliquée sur le terrain» qui est non seulement basée sur la rationalité, mais aussi sur l’objectivisme matérialiste concret et appliqué, avec la condition du critère de réfutabilité : on doit toujours pouvoir tester une hypothèse à vérifier de façon à pouvoir l’invalider si l’hypothèse est fausse ; on doit pouvoir nécessairement concevoir une expérience scientifique reproductible visant à obtenir un résultat binaire exclusif : l’hypothèse est définitivement fausse OU BIEN l’hypothèse est crédible (et à la fois perfectible et néanmoins faillible) par rapport aux faits.

Armez-vous d’esprit critique.

Mieux vaut expérimenter pour vérifier, plutôt que se branler sur de la métaphysique à jamais invérifiable.

Ci-dessous, échantillons de magazine de pseudo-science à la sauce magique et «quantique» :

À l’approche de ces couvertures de magazine, mon compteur Geiger détecteur de pipeau a hurlé de douleur.

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Avis intéressant ici : http://www.ciao.fr/Effervesciences__Avis_1300647

La médecine quantique est une arnaque. Les journalistes relaient leurs infos de bonne foi sans faire un tri critique, donc en matière de «vulgarisation» c’est un désastre… La plupart des lecteurs gobent ce qu’ils lisent…

© 2013 John Philip C. Manson

Épistémologie : étude d’un point de vue sur internet

Voici ci-dessous le mode de pensée d’un internaute. J’ai trouvé utile d’analyser cela, afin de comprendre certaines variations entre la réflexion et l’adhésion plus ou moins consciente à une croyance.
Cleo

Voici mon propre point de vue ci-dessous. Après, je vais détailler les différences et les points communs entre ma vision et celle de l’internaute.

  • L’équilibre, c’est le recul critique, le juste milieu entre la volonté vaine de la vérité et le besoin de croire. Une indépendance de la raison par rapport aux aprioris subjectifs, mais une dépendance des connaissances par rapport aux faits objectifs.
  • J’aspire à cette vision désintéressée du monde. L’objectivité est ce recul. Ne pas se satisfaire des vérités que l’on nous impose au quotidien, et rejeter le concept de vérité, et préférer celui de réfutabilité.
  • L’impartialité se mesure à travers les faits, pas à travers des opinions. L’objectivité comme principe en face duquel nous sommes tous égaux à travers nos observations et nos expériences, au moyen de la méthode scientifique. Cela n’empêche pas une grande diversité des hypothèses, une grande nuance de concepts, pourvu que ces concepts et hypothèses soient vérifiables.
  • Oui, il y a de ces vérités absolues dont il faut se méfier. La science ne prétend pas à la vérité. Le principe de la science est d’émettre des hypothèses de façon à ce que nous puissions falsifier (c’est-à-dire invalider et réfuter) ces hypothèses dans le cas où celles-ci sont fausses. Le scepticisme scientifique permet l’affinement, ou la réfutation, des théories. Une théorie scientifique n’est jamais érigée en vérité, elle est crédible au mieux, par rapport aux faits, mais on doit tenter de la démolir afin d’évaluer sa solidité. La méthode scientifique est un moyen, un outil, en ce sens la méthode scientifique n’est pas une théorie et ne prétend pas à la vérité ni à la fausseté : il y a une différence entre le moyen et les résultats. Pourquoi rejetterions-nous une méthode qui a fait ses preuves depuis près de 4 siècles ? Pourquoi le physicien Galilée casserait-il sa lunette astronomique en décidant soudain que l’Église décide ce qui est bien pour lui ? Par amour du relativisme, qu’il choisirait que Dieu lui-même décide ce qui est vrai pour lui (par l’intermédiaire de la Bible) ?
  • La science ne prétend pas au matérialisme. Le matérialisme est un concept philosophique, à la base. En tant qu’hypothèse, le matérialisme n’est pas réfuté, et les faits tendent à montrer la prévalence d’un univers matérialiste et naturaliste sans que nous concluons à dire que c’est la vérité. En revanche, le vitalisme, concept opposé au matérialisme, a pris du plomb dans l’aile depuis les premières découvertes en biochimie : le vitalisme distinguait de façon nette entre les êtres vivants et les corps inertes, mais cette opinion a volé en éclat quand un chimiste réalisa la synthèse artificielle de l’urée, une molécule organique. Voir ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_W%C3%B6hler La science procède par éliminations successives, comme dans une enquête policière : on élimine ce qui est superflu, on retient l’essentiel. Tout contre-exemple objectif qui contredit une hypothèse vient invalider ladite hypothèse. Pourquoi garderions-nous des concepts ou des hypothèses fausses ? Le matérialisme, même s’il n’est pas déclaré comme une vérité, est néanmoins crédible. Le vitalisme est réfuté par les faits. Ainsi, je m’étonne que l’internaute affirme sa préférence pour un équilibre entre thèse et antithèse qui ne fait aucune synthèse tranchée, et qui se complaît apparemment dans le conformisme du relativisme postmoderniste. Ainsi, il n’y a pas de raison de répugner le matérialisme (sauf avec l’appui de preuves qui le réfutent), et il n’y a plus de raison de soutenir l’hypothèse désuète du vitalisme (on n’a rien à gagner avec une hypothèse révélée fausse). Le relativisme absolu, c’est l’absence de réflexion. Le principe du recul critique est de rester neutre subjectivement, ce sont les faits qui tranchent : telle chose est réfutée donc fausse, ou alors ladite chose est confortée, pourvu que le critère de réfutabilité soit applicable pour rester dans le cadre de la scientificité. La science conduit à des observations, des expériences, beaucoup de réflexion, mais jamais la science ne consiste en un relativisme paresseux. La science est une démarche réflexive qui élimine ce qui est faux par rapport aux faits, mais en même temps elle n’érige pas de vérités non plus. La science avance, la science ne relativise pas : elle ne met pas le vrai et le faux à égalité, bien au contraire. La synthèse à l’issue de la thèse et l’antithèse ne consiste pas à relativiser, elle consiste à faire un choix : l’élimination des hypothèses fausses. En science, les hypothèses ne se valent pas toutes.
  • La connaissance humaine a ses limites. La science a ses limites. Ce qu’on appelle la connaissance est une représentation faillible de la «vérité», c’est pourquoi le doute est nécessaire, c’est pourquoi il faut systématiquement vérifier, même si cela agace le charlatanisme des pseudo-sciences, même si cela agace des mouvances sectaires qui usurpent la physique quantique pour y inoculer son mysticisme «quantique». Le danger n’est pas dans les croyances elles-mêmes, le danger idéologique est dans le mélange entre le mysticisme et la science.
  • Le débat sur l’existence ou l’inexistence, lorsque rien n’est vérifiable objectivement à travers les phénomènes de la nature, est un débat métaphysique. La métaphysique se distingue de la science. La métaphysique n’apporte aucune réponse, elle ne permet pas d’éliminer des hypothèses, on ne peut ni établir ce qui est crédible ni ce qui est faux : les questions restent alors indécidables, quoique l’on fasse… Rien n’interdit de philosopher sur la métaphysique, j’en ai pratiqué jadis, mais je considère cela comme brasser de l’air, ou de la masturbation intellectuelle. Des idées sans les faits. Cela ne m’intéresse pas, ou plutôt ça ne m’intéresse plus. Je préfère le pragmatisme, du concret, du constructible et du destructible. Pondre une théorie scientifique est passionnant, mais démolir une théorie parce que des faits prouvent finalement qu’elle est fausse (via des expériences reproductibles), c’est une jouissance extrême. Certains élaborent des théories scientifiques, d’autres (des pairs) évaluent ces théories, et si ça s’écroule avec la moindre contradiction par un contre-exemple factuel elle est rejetée. Ce sont les observations de la nature, et l’expérimentation, qui décident ce qui est faux ou pas. Pas ce que je pense ou crois. La nature comme juste milieu, comme équilibre. Subjectivement, les scientifiques sont neutres, ce qu’ils croient n’intervient pas dans les observations, les expériences, ni même les interprétations des résultats. On abandonne la soutane dans les vestiaires, et on va au stade pour voir ce que l’on voit, ou ne rien voir. La science repose sur la confiance envers nos sens (surtout les yeux), et non sur la confiance envers nos petits films dans nos cervelles.
  • Dans le cadre scientifique de la connaissance, quand la science atteint ses limites, on suspend le jugement. Sur ce que nous ne savons pas, on n’a rien à déclarer. Quand la science atteint ses limites, remplacer la science par la spéculation et l’imagination est un droit et une liberté, mais ce remplacement s’exclut de lui-même de la science. Il faut prendre garde quand on franchit la ligne de démarcation entre la science et ce qui ne relève pas de la science. La science ne prétend pas à la vérité, certes, mais les autres points de vue qui sortent du cadre de la scientificité, encore moins. La science n’est pas dénuée d’erreurs, l’erreur est humaine, mais toute autre approche présente moins de rigueur objective, et le risque de se tromper est beaucoup plus grand.
  • Une théorie scientifique n’est pas «vraie» en soi, elle est, au plus, crédible, mais ça ne veut pas dire qu’elle est la vérité. Une théorie est une conception faillible du réel, on avance à tâtons. Ainsi, toute information est toujours potentiellement faillible, c’est pourquoi c’est un devoir de tout vérifier, surtout quand des mouvances mystiques/spirituelles/religieuses/pseudolaïques empruntent abusivement des concepts scientifiques et jusqu’au jargon scientifique, pour mieux diffuser leurs doctrines et gagner la confiance des crédules ; c’est ce que font certaines sectes.
  • L’enjeu de la démarcation épistémologique c’est la liberté. Croire est une liberté. S’informer est cependant un devoir pour conserver notre liberté. Un équilibre entre le droit de croire et le devoir de s’informer à travers un doute constructif. J’en sais assez pour dire que l’enjeu est beaucoup plus grave que je ne le pensais. Je pense que le sens critique est un outil aussi utile que l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.
  • Entre le besoin de croire et la volonté de connaître, il y a un abîme. Entre croire sans réfléchir et douter en réfléchissant, il y a un abîme.
  • Je suis impartial, c’est la nature qui est ce qu’elle est, selon ce qu’on a observé ou expérimenté d’elle.

Les différences entre le point de vue de l’internaute et le mien repose sur un désaccord épistémologique. L’internaute préfère un relativisme des opinions, tandis que je me réfère à la méthode scientifique dont le principe repose sur une objectivité fondée sur l’observation de la nature afin d’éliminer des concepts superflus et faux. La méthode scientifique est dynamique, elle va un peu plus loin que le relativisme stagnant. Si j’adhérais moi-même au relativisme, alors je retiendrais toutes les idées sans en rejeter une seule, en disant à tout le monde que toutes les idées se valent, et que je m’en fous des contradictions gênantes entre les idées diverses ? Non, le relativisme c’est de la paresse. Le scepticisme scientifique est un travail minutieux de vérification. Trouver des contradictions implique des heures de lecture attentive. Je fais cela parce que pour moi c’est une sorte de sport, parce qu’un cerveau qui s’use c’est un cerveau qui ne sert jamais. Le relativisme, lui, s’endort, il accepte d’emblée toutes les idées. Jusqu’aux doctrines sectaires ? Oui, jusqu’où peut-on croire, jusqu’où peut-on remplir le cerveau sans réfléchir ? Je disais qu’il faut vérifier et trouver des contradictions pour réfuter ce qui est inepte, c’est un travail nécessaire. La liberté des gens dépend de leur entraînement à l’esprit critique. On doit aussi se souvenir que chaque mot a un sens, surtout dans les sciences.

Le doute a pour finalité de réfuter une chose quand celle-ci est fausse. On réfute, on invalide, ou bien on corrobore, ou on conforte. Le relativisme, lui, accepte tout, et même s’il est désintéressé, sans choisir une idée plutôt qu’une autre, il ne doute pas puisqu’il ne cherche pas à falsifier une idée si celle-ci est fausse.

La science c’est comme une enquête du lieutenant Columbo : le personnage raye les noms des suspects quand il a vu que leur alibi prouve leur innocence. La méthode policière ressemble beaucoup à la méthode scientifique. Est-ce que le suspect est coupable ? Non, des faits attestent qu’il n’a pas pu commettre le crime. Des faits auront contredit l’hypothèse. La culpabilité comme hypothèse est donc falsifiée, donc rejetée. Le relativisme, lui, si on l’appliquait comme méthode d’enquête, conduirait à l’injustice ou au laxisme, sans rien chercher à prouver la culpabilité d’autrui.

  • Relativisme : «coupable, euh je ne sais pas je m’en fous, qu’on place le suspect en détention provisoire, on verra !»
  • Relativisme : «euh, présumé innocent, bon allez on vous pardonne !»
  • Relativisme : «bof, euh, votre cas est indécidable, on prononce le non-lieu, on est tolérant, et on n’a pas envie de réfléchir.»

Le relativisme est un concept simpliste, il s’affranchit d’un effort de réflexion. Le relativisme tolère mais ne cherche rien ni ne trouve rien, il accepte une idée, c’est tout. Le relativisme ne doute pas.

Et quand la méthode scientifique ne permet pas de trancher à propos d’une hypothèse, c’est parce que ladite hypothèse n’était pas réfutable, donc qu’elle n’était pas scientifique. Hors du cadre scientifique, on ne peut pas éliminer les hypothèses fausses, donc on ne peut pas améliorer une théorie quelconque, il y a alors impossibilité d’évolution de la connaissance. Quand une hypothèse n’est pas vérifiable, rien n’est connaissable, donc on ne peut rien en dire. On ne peut pas faire appel à l’imaginaire ou à la spéculation, c’est peut-être amusant de spéculer sans pouvoir vérifier mais ça ne sert à rien. Ce serait perdre du temps. Autant se consacrer à des hypothèses vérifiables.

L’internaute se proclame impartial, mais il rejette pourtant le matérialisme. C’est contradictoire.

L’internaute se méfie des vérités absolues, mais il trouve dans l’imaginaire et la spéculation un moyen de connaissance… C’est contradictoire.

L’internaute affirme que les spéculations et l’imagination font avancer la science, alors qu’en même temps ces spéculations et l’imagination remplacent la science qui a atteint ses limites, et que du coup ces spéculations se démarquent elles-même de la science, donc comment ces spéculations démarquées peuvent-elles faire avancer la science si ces spéculations ne sont plus dans le cadre scientifique ? C’est contradictoire. Dire que les spéculations et l’imagination, hors de tout cadre scientifique, sont loin d’être vaines, c’est en quelque sorte les ériger, à tort, en vérités.

  • « Douter de tout ou tout croire, ce sont les deux solutions également commodes qui l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir. » (Henri Poincaré)
  • « Toute connaissance accessible doit être atteinte par des méthodes scientifiques ; et ce que la science ne peut pas découvrir, l’humanité ne peut pas le connaître » (Bertrand Russell)
  • « La qualité d’une expérience se mesure au nombre de théories qu’elle fait tomber. » (d’après un professeur à Polytechnique et chercheur du CNRS)
  • « Il y a plus faux que le faux, c’est le mélange du vrai et du faux. » — (Paul Valéry)
  • « Oser savoir en utilisant sa raison critique c’est le fondement de notre modernité, cela reste la condition de son avenir.» (Emmanuel Kant)
  • « Seul a un caractère scientifique ce qui peut être réfuté. Ce qui n’est pas réfutable relève de la magie ou de la mystique. » (Karl Popper)
  • « Une théorie est scientifique si et seulement si elle susceptible d’être réfutée ; elle n’est pas vraie, mais tout au plus admise provisoirement. » (Karl Popper)
  • « Le doute est le premier pas vers la science ou la vérité; celui qui ne discute rien ne s’assure de rien; celui qui ne doute de rien ne découvre rien. » (Denis Diderot)
  • « La science ne cherche pas à énoncer des vérités éternelles ou de dogmes immuables ; loin de prétendre que chaque étape est définitive et qu’elle a dit son dernier mot, elle cherche à cerner la vérité par approximations successives. » (Bertrand Russell)
  • « La science antique portait sur des concepts, tandis que la science moderne cherche des lois. » (Henri Bergson)
  • « Seuls les poissons morts nagent dans le sens du courant, être dans le vent c’est avoir un destin de feuille morte. » (slogan de mon blog)
  • « La science n’a jamais tout à fait raison, mais elle a rarement tout à fait tort, et, en général, elle a plus de chance d’avoir raison que les théories non scientifiques. Il est donc rationnel de l’accepter à titre d’hypothèse. » (Bertrand Russell)
    « La nausée métaphysique nous fait hoqueter des pourquoi. »   (Jean Rostand, biologiste (1894-1977))
  • « On ne met pas au jour des vérités sans en offusquer d’autres. Toute découverte recouvre. » (Jean Rostand)
  • « La première chose qu’il faut faire, c’est prendre soin de votre cerveau. La deuxième est de vous extraire de tout ce système [d’endoctrinement]. Il vient alors un moment où ça devient un réflexe de lire la première page du L.A. Times en y recensant les mensonges et les distorsions, un réflexe de replacer tout cela dans une sorte de cadre rationnel. Pour y arriver, vous devez encore reconnaître que l’État, les corporations, les médias et ainsi de suite vous considèrent comme un ennemi : vous devez donc apprendre à vous défendre. Si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle. » (Noam Chomsky)
  • « Ce qui ne peut être dit doit être tu. »  (Ludwig Wittgenstein)
  • « The greatest enemy of knowledge is not ignorance ; it is the illusion of knowledge. » (Stephen Hawking, english physicist) « Le plus grand ennemi de la connaissance n’est pas l’ignorance, c’est l’illusion de connaissance. »
  • « Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté.»  (Confucius)   (voir Orwell et le concept de «novlangue»)
  • « À force de répétitions et à l’aide d’une bonne connaissance du psychisme des personnes concernées, il devrait être tout à fait possible de prouver qu’un carré est en fait un cercle. Car après tout, que sont « cercle » et « carré » ? De simples mots. Et les mots peuvent être façonnés jusqu’à rendre méconnaissables les idées qu’ils véhiculent. » (citation de Joseph Goebbels, Ministre du Reich à l’Éducation du peuple et à la Propagande (1933-1945))
  • « En métaphysique rien n’est sûr, sauf la migraine qui en est le prix ».  (Arthur Schopenhauer, dans Sur la religion)

© 2013 John Philip C. Manson

Un échantillon de physique quantique douteuse sur Youtube

Une vidéo sur la physique quantique ? La vidéo peut être résumée comme un récit sur la place de l’être humain dans l’univers, la perception sensorielle de la «réalité», et la distinction entre ce que l’œil perçoit et ce que le cerveau interprète via les signaux électriques cérébraux. Une vague analogie de l’excellente trilogie Matrix. Mais la récupération du mot «quantique» en dénaturant son sens scientifique, c’est typique de la doctrine New Age. En fait, dans la vidéo il n’y a pas de physique quantique.

Des internautes ayant examiné la vidéo ont exprimé leur méfiance. En tête des meilleurs commentaires, je cite celui-ci : «Si, c’est un pur délire… mais pas gratuit, effectivement : il s’agit, comme toujours pour les sectes, d’introduire d’abord des contre-vérités et même de gros mensonges pour déstabiliser puis, in fine, remodeler et manipuler la conscience. Ici, je le répète, rien à voir avec la physique quantique… juste une errance mystico-délirante, qui ose en outre se réclamer de « vérités scientifiques » au mépris de toute vérité scientifique, de toute vérité tout court. Une vraie honte intellectuelle…»

Ces internautes indignés ont raison.

Voici ci-dessous un texte qui résume avec concision ce qui distingue la physique quantique de la pseudo-science mystique ou métaphysique :

quantictube

Sur Youtube, le pire côtoie le meilleur… Faites gaffe… On trouve de tout dans une secte, sauf la sortie.

Je pense aux jeunes qui regardent les vidéos sur Youtube, et qui croient que tout est scientifique et vrai. Très grave erreur.

Il faut acquérir assez tôt les réflexes de l’esprit critique pour démasquer et dénoncer les impostures. C’est comme l’apprentissage scolaire du calcul, l’esprit critique devrait être, comme le calcul, une habitude.

C’est anormal que le business de l’irrationnel dépasse le budget de la recherche scientifique, dont la recherche médicale contre le cancer et le sida. À cause de la crédulité humaine. Armez-vous d’esprit critique.

  • «Si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle.»   (Noam Chomsky)

Bibliographie :

© 2013 John Philip C. Manson

Les univers alternatifs, qu’est-ce que c’est ?

Une hypothèse est scientifique si elle a la possibilité d’être réfutable. Donc si une hypothèse est fausse, il faut pouvoir concevoir un protocole expérimental ou observationnel qui puisse permettre la conclusion que l’hypothèse était fausse. L’invalidation empirique (effective ou potentielle) d’une hypothèse fausse signifie que l’hypothèse est scientifique.

Exemple de questionnement qui permet d’évaluer si certaines pratiques sont scientifiques : peut-on réfuter des tests de QI si ceux-ci étaient faux ? Voir les divers articles sur le QI ici : https://jpcmanson.wordpress.com/?s=QI&submit=Rech.

Dans la question présente, peut-on invalider l’hypothèse des univers parallèles si cette hypothèse est fausse ?
De ma propre opinion, j’exprime mes doutes, le concept d’univers alternatifs est très spéculatif, et on n’a aucun concept expérimental permettant de tester l’hypothèse (s’il s’agit d’une hypothèse scientifique). Bref, le concept d’univers alternatifs est plutôt de nature métaphysique…

Certains avancent la physique quantique pour essayer de justifier l’hypothèse des univers parallèles. Mais la physique quantique décrit le mouvement des particules à l’échelle subatomique, elle ne s’applique pas aux grandes échelles cosmologiques.

Une idée n’est pas consistante tant qu’elle n’est pas étayée par des preuves expérimentales ou observationnelles.
Je ne nie pas l’existence d’univers parallèles, je dis seulement que les preuves restent à voir…
Voici un paradoxe :

  • – si l’univers contient tout ce qui existe, il contient les univers parallèles, et donc ils ne sont pas des univers mais des régions locales qui font partie de notre univers.
  • – mais si l’univers est parallèle à d’autres univers parallèles, il ne contient pas tout ce qui existe, et il n’est donc pas l’univers.
  • – et l’ensemble de tous les univers parallèles n’est pas un univers.

Bref, dans quoi les univers parallèles, et accessoirement le nôtre, doivent-ils être les contenus ou les contenants pour qu’il n’y ait pas de paradoxe ?

Mais j’ai mieux :

Supposons que les univers parallèles existent. Ils ont leur propre espace-temps, avec leurs propres causalités internes.

Il n’y a pas d’intercausalité entre les univers parallèles : où et quand est situé un univers parallèle par rapport au nôtre ? Quelle heure est-il dans tel endroit dans un autre univers parallèle quand il est midi ici à Paris ? Ces questions sont dépourvues de sens car les univers ne sont pas reliés par causalité entre eux car s’ils existent ils ont leur propre espace-temps.

Par conséquent, la question de l’existence d’un univers ne vaut que si l’observateur est lui-même dans l’univers dont il s’interroge sur son existence. Il n’y a pas de sens dans le concept d’existence d’un univers parallèle par rapport à l’univers de l’observateur.

Épistémologiquement, pour tout observateur dans notre propre univers, il est impossible de savoir (par tout moyen scientifique) si un univers parallèle au nôtre existe. Le concept d’univers parallèle s’exclut de lui-même de la scientificité, car ce n’est ni confirmable, ni réfutable.

De même, un observateur dans un univers parallèle au nôtre ne peut pas prouver l’existence de notre univers par rapport à la causalité de son propre univers.

Pour évaluer l’existence des univers parallèles, il faut nécessairement pouvoir le vérifier. Peut-on vérifier et observer l’existence des univers parallèles ? Ah, non ? Donc on ne sait pas si les univers parallèles sont possibles. Mais s’ils existent, des contradictions apparaissent.

Les hypothèses scientifiques ont une condition : elles doivent pouvoir être testées à travers l’observation ou l’expérimentation (on corrobore ou on réfute ces hypothèses).

En dehors du critère de réfutabilité, on reste en dehors de la scientificité, pour entrer dans celui de la métaphysique. Et la métaphysique est une maladie qui apportent plus de questions que de réponses, et ceci sans preuves tangibles.

Les univers parallèles, jusqu’à présent, ça reste de la science fiction.

© 2013 John Philip C. Manson

Quand les délires du New Age contredisent les faits scientifiques

Les délires du New Age font souvent un amalgame entre la spiritualité et la science. J’ai été confronté à ce genre de cas aujourd’hui.

Voici un échantillon de mysticisme pseudo-scientifique fraîchement déféqué (c’est qui hein c’est qui ? c’est pas le Youki ! alors c’est qui ? ) dans un forum consacré à la physique :

  • «Le soleil est une lampe allumée par les énergies de nos esprits».

Quelques uns ont réagi à cette affirmation douteuse. L’un dit qu’il faut être irrationnel pour croire cela. Un autre dit que cela concerne plutôt le paranormal et non la physique.

L’esprit (au singulier ou au pluriel) est un concept (au mieux) ou une croyance (au pire). L’esprit est par définition un principe de vie incorporelle humaine… Dans tous les cas, ce concept ou croyance est dépourvu de la moindre preuve, parce que la vie est matérielle selon des lois naturelles mécaniques (biochimie). Les scientifiques n’ont guère consacré de temps à étudier l’énergie de l’esprit, pas par manque de temps ou de crédits, mais parce que ce concept est invérifiable. Pour réaliser des mesures à travers des expériences, il faut nécessairement des atomes et des molécules, des champs et des forces. Quand les chirurgiens ouvrent un corps humain au scalpel ou au bistouri, on n’y trouve que de la viande (sauf de la viande de cheval , enfin je l’espère)… Aucun principe vital immatériel n’a pu être découvert avec des instruments de mesure, cela reste seulement une croyance et un concept. Si l’immatérialité s’affranchit de la matière, on ne peut rien mesurer, ni rien observer. Peut-être même qu’il n’y a rien, que rien d’immatériel n’existe. La métaphysique hoquette t-elle des mensonges et des illusions ?

En physique, le concept d’énergie est étayé par des preuves : en thermodynamique, l’un des principes est la conservation de l’énergie. La thermochimie montre que la théorie est conforme aux expériences calorimétriques.

  • Avec 7 milliards d’humains sur Terre, et sachant qu’en moyenne chaque humain consomme 2500 kilocalories par jour, l’énergie biochimique totale représente à peu près environ 7,33 × 1013 kilojoules par jour, soient 848 667 mégawatts en puissance thermique au total. Pour l’ensemble des cerveaux humains seuls, c’est environ 10% de cette puissance thermique.
  • En ce qui concerne le soleil, la puissance totale rayonnée est de 3,826×1026 W, soient 3,826×1020 mégawatts, ce qui est une puissance de 451 mille milliards de fois (4,51×1014 fois) la puissance thermique biochimique de tous les humains.

Ainsi, le soleil ne peut pas être allumé par les humains… Par conséquent, l’hypothèse saugrenue est invalidée, donc rejetée. Mais supposons que l’esprit immatériel puisse allumer le soleil ? Il n’y a pourtant aucune hypothèse valable pour justifier que l’esprit immatériel contienne des millions de millions de fois plus d’énergie que la biochimie matérialiste ne le permet… Et il faut obligatoirement expliquer pourquoi, mais seulement si l’hypothèse est vraie.

La biochimie repose sur des preuves depuis presque 2 siècles. Le concept d’esprit, lui, n’a guère évolué depuis Aristote, Platon et Descartes, concept toujours baigné de l’absence de preuves…

J’ai parlé de biochimie thermique humaine car c’est le seul exemple dans lequel l’hypothèse posée ait la possibilité d’être réfutable. Une hypothèse est scientifique seulement si elle a la possibilité d’être réfutable, afin qu’on puisse l’invalider dans le cas où elle est fausse. Je n’ai pas parlé des énergies des esprits, parce que l’existence des esprits est une hypothèse invérifiable, il n’existe pas de données quantitatives connaissables, donc dénué de scientificité. Il n’y a donc aucun raison d’y croire, sinon pour de mauvaises raisons…

bug(arach)

Ci-gît l’ex-fin du monde du 21/12/2012, les Mayas (ou plus certainement les prophètes du New Age) se sont trompés non sans ridicule…

Bibliographie :

© 2013 John Philip C. Manson

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