Les questions difficiles ou bizarres en entretien d’embauche

Les questions au cours d’un entretien d’embauche sont souvent bizarres, parfois saugrenues, et fréquemment sans aucun rapport avec les compétences et les connaissances requises pour le poste à pourvoir… On a souvent même l’impression que les DRH se prennent pour des psys qui considèrent les candidats comme des cobayes de laboratoire, surtout en se basant sur des critères de sélection complètement farfelus et ineptes comme le langage non verbal et les interprétations gestuelles… Des méthodes qui ressemblent aux croyances en vigueur au cours du Moyen-Âge. Hé, réveillez-vous ! On est au vingt-et-unième siècle !!!

 

Évidemment, certains métiers ne sont pas forcément basés sur la logique ou les maths, c’est certain. Les métiers comme assistance sociale ou infirmière, ou auxiliaire de vie, ça demande de l’empathie et des qualités humaines positives. Il est donc pertinent que la façon de recruter soit liée à la psychologie et à des (vrais) tests de personnalité dans le cadre de professions liées à des services empathiques.

Mais quand les métiers n’ont rien à voir avec la personnalité, mais plutôt reliés au bon sens, l’intelligence, ou la logique ? Quand le poste à pourvoir est en dissonance totale avec les méthodes de recrutement, c’est anormal, il y a un vrai problème.

Quand un commerçant recrute une caissière, il va évaluer plutôt si elle sait rendre la monnaie en faisant le moins d’erreurs possibles, c’est même essentiel. Le commerçant ne va pas demander aux candidates leur signe astrologique, ni faire une évaluation en interprétant la gestuelle de la personne.

Une fois, vers octobre ou novembre 2011, il y en a un qui m’a raconté que, lors d’un entretien au cours duquel il a argumenté verbalement, le recruteur lui a fait remarquer qu’il n’avait pas « bougé les mains ». Mais les mains, on les bougent si on en a envie, qu’est-ce que ça peut lui foutre ? Ce sont les politiciens (ces menteurs profesionnels) qui bougent les mains, comme pour séduire ou donner une ambiance particulière, ou pour distraire les moutons afin de détourner leur attention qui était portée sur la parole. Ce sont les mots dans les paroles ou les textes écrits qui sont essentiels, pas les gestes ! C’est un non-sens, certaines façons de procéder pour évaluer les candidats… Franchement, on est candidat pour être chimiste, caissier, ou pépiniériste, etc, et cela n’a aucun rapport avec les métiers de la communication, aucun ! Tiens, je vais bouger les mains comme un italien, sans rien dire (puisque les mots ne servent à rien, le recruteur s’en fout de ce qu’on dit), je vais être embauché parce que j’ai l’air con à remuer les mains ? C’est vraiment absurde ! Peut-être que les recruteurs sont des malades, mais les candidats sont encore plus malades quand ils entrent dans le jeu cynique des recruteurs.

 

Voici un bouquin intéressant qui dénonce les gourous de la communication :

 

Avec les délires de la com’, notre société tend à suivre un modèle douteux : la secte. Coaching, développement personnel… Oui, une secte. Les sectes ne sont pas seulement limitées aux mouvances religieuses. Les sectes ont plusieurs visages :

  • 34% concernent la sécurité des personnes et des biens,
  • 22% touchent à l’éducation des mineurs,
  • 22% relèvent du domaine de la santé
  • 17% impactent la sphère du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle.

Ces chiffres proviennent de http://www.derives-sectes.gouv.fr/faq. Face à ces multiples domaines, contrairement aux idées reçues : les dérives sectaires dans le domaine religieux sont très minoritaires.

 

 

 

Rappel du Code du Travail en France :

  • Les méthodes et techniques employées doivent être pertinentes au regard de la finalité poursuivie aux termes des articles L 1221-8 et L 1222-3 du Code du Travail.
  • 1.3. La Cour d’Appel de VERSAILLES : « Selon les articles L 1222-2 et L 1222-3 du code du travail, les informations demandées à un salarié ne peuvent avoir comme finalité que d’apprécier ses aptitudes professionnelles, elles doivent présenter un lien direct et nécessaire avec l’évaluation de ses aptitudes. Le salarié est tenu de répondre de bonne foi à ces demandes d’information. Le salarié est expressément informé, préalablement à leur mise en œuvre, des méthodes et techniques d’évaluation professionnelles, mises en œuvre à son égard. Les résultats obtenus sont confidentiels. Les méthodes et techniques d’évaluation des salariés doivent être pertinentes au regard de la finalité poursuivie.
  • Article L1132-1, modifié par LOI n°2014-173 du 21 février 2014 – art. 15 : Aucune personne ne peut être écartée d’une procédure de recrutement ou de l’accès à un stage ou à une période de formation en entreprise, aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, telle que définie à l’article 1er de la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d’adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations, notamment en matière de rémunération, au sens de l’article L. 3221-3, de mesures d’intéressement ou de distribution d’actions, de formation, de reclassement, d’affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle, de mutation ou de renouvellement de contrat en raison de son origine, de son sexe, de ses mœurs, de son orientation ou identité sexuelle, de son âge, de sa situation de famille ou de sa grossesse, de ses caractéristiques génétiques, de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une race, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales ou mutualistes, de ses convictions religieuses, de son apparence physique, de son nom de famille, de son lieu de résidence ou en raison de son état de santé ou de son handicap.

Ce qui laisse comprendre que l’astrologie et la graphologie, la phrénologie, le langage non verbal, et une pléthore de tests de personnalité, par exemple, ne sont pas des méthodes pertinentes, elles sont farfelues, et sont de fait illicites. Des outils comme le test de Rorschach, la graphologie, l’astrologie et la numérologie, sont interdits par la loi dans un contexte de recrutement, et toute entreprise utilisant ces méthodes peut comparaître devant un tribunal par un candidat. Ces méthodes doivent être dénoncées et condamnées.

Veuillez regarder via le moteur Google ce qui se raconte à propos des méthodes et techniques de recrutement, vous allez être sidérés…

Voici un exemple de ce qui s’est vu (et se voit encore) sur le marché de l’emploi :  https://jpcmanson.files.wordpress.com/2015/08/lfdr.pdf

 

Autrefois, c’était tellement plus simple, on allait s’entretenir auprès du patron directement, sans passer par des intermédiaires douteux, et on passait par une période d’essai afin de savoir si on était compétent pour le poste à pourvoir. De nos jours, c’est n’importe quoi. Je plains les jeunes qui vivent cette époque à la con.

 

 

L’article du Figaro a montré que, parfois, et même plutôt rarement par rapport aux entretiens classiques bizarres, les questions pouvaient être (enfin) de nature logique ou mathématique, comme on va le voir ci-dessous. Quand j’ai postulé autrefois, on ne m’a jamais proposé des questions d’ordre logico-mathématique, c’était plutôt de la pseudo-psychologie hors contexte en regard des compétences que l’on doit avoir pour le poste à pourvoir…

Montez votre entreprise, soyez indépendants, c’est le meilleur conseil à proposer. Le salariat en France est devenu une impasse, et les recruteurs (qui proviennent de je ne sais où) prennent souvent les candidats pour des cons, en utilisant des critères débiles.

 

Voici des exemples de questions de mathématiques (ça dépend des métiers, en effet, mais on ne m’a malheureusement jamais proposé ce genre de questions enfin intelligentes) :

 

  • IMC Financial Market, un opérateur boursier hollandais, dont l’un des recruteurs a exposé la devinette suivante: «Si trois personnes sont dans une salle, quelle est la probabilité qu’au moins deux personnes soient nées le même jour de la semaine?».

La question paraît relativement simple. Certains peut-être auront été pressés de résoudre la question en répondant par un calcul probabiliste basé sur la loi binomiale.

P = (7! / (2! * 1!)) * (1/7)² * (6/7) = 0,052 soit environ 5%.

Mais la question comporte un piège ! En effet, il ne s’agit pas stricto sensu d’un jour précis exclusif comme « deux personnes nées un dimanche » ou « deux personnes nées un vendredi ». Il faut tenir compte de tous les jours de la semaine !

Donc :    P = 1 – (7!/((7-3)! * 7^3)) = 0,3878 soit presque 39%.

Le principe est équivalent au paradoxe des anniversaires : ce n’est pas deux personnes nées strictement un jour précis exclusif de l’année, mais en réalité un jour quelconque, chacun des jours de l’année est pris en compte.

Il y a une différence entre une possibilité exclusive et l’ensemble des possibilités. Saisir la nuance, c’est mériter de devenir opérateur boursier, dans le cas étudié ici. C’est logique et pertinent.

Réfléchissons une seconde. Si vous êtes candidat et si l’on vous propose des questions ou une évaluation qui contiennent une once de bizarrerie ou l’emploi de méthodes ou techniques farfelues, vous êtes en droit de vous demander si le poste à pourvoir est complètement bidon. Il suffit de lire des listes d’offres d’emploi pour se rendre compte que depuis quelques années le nom de l’entreprise ou de l’employeur est parfois devenue anonyme : les candidats ne savent pas sur quoi ils vont tomber. Et ça c’est louche.

Sérieusement, devenez freelance, devenez habile dans un domaine que vous aimez, foncez et lancez-vous, et n’abandonnez jamais ! Vous réussirez. Ne perdez pas votre temps chez des agences qui ne vous aiguilleront jamais vers un emploi. Les 3 activités pro que j’ai eu successivement au cours des années, ce n’est pas Pôle Emploi qui m’a permis de les avoir, jamais ! La liberté a un prix, c’est très dur de maintenir une entreprise en vie, il faut bouger, c’est sûr, mais rien ne vaut la liberté !

 

Voici un autre exemple de question liée aux mathématiques :

  • AXA et Altran Group n’ont pas à rougir. Le groupe spécialisé dans l’assurance a posé la question suivante: «Une corde, plaquée au sol, permet de faire le tour de la Terre autour de l’équateur. On ajoute 1 mètre à cette corde. On obtient donc un cercle un peu plus grand. Une souris pourrait-elle passer sous la corde?».

Là, la question est nettement moins difficile que les calculs de probabilités vus plus haut. Un diplômé du Bac n’a aucune difficulté pour résoudre les problèmes de la théorie des probabilités, à condition d’avoir du flair pour repérer des pièges éventuels. Réfléchir est plus important que le calcul lui-même.

Initialement, la Terre a un rayon constant R, et la circonférence de la corde est égale à celle de la Terre, soit 2 pi R.

Ensuite, la circonférence de la corde devient 2 pi R + 1. La différence entre le rayon circulaire de la corde et le rayon terrestre est calculable selon l’égalité suivante :   2*pi*(6378000+x) – 2*pi*6378000 = 1. Après allongement de la corde de 1 mètre, la corde passe à x = 1 /(2*pi) mètre au-dessus de la surface du globe, soit environ 15,92 centimètres. Oui, une souris peut passer sous la corde, et même un gros rat aussi. Un collégien est capable de résoudre ce problème et peut répondre à ce type de question.

 

 

© 2016 John Philip C. Manson

 

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Probabilités et applications

Un peu de maths aujourd’hui. Désolé pour la migraine que je vous inflige.  😉

La loi binomiale est un outil intéressant. Dans les cours de maths, je comprends l’ennui des élèves lorsque la leçon manque d’imagination et de créativité. En effet, les cours sur les probabilités font souvent références à un tirage aléatoire de boules colorées.

Pour éveiller l’intérêt et l’éveil des élèves envers les maths, il faut montrer les maths sous une forme attractive, non pas en versant dans la science fiction ou la science fictive, mais par des exemples concrets et compréhensibles.

Que peut-on découvrir au moyen de la loi binomiale ?

Voici l’exemple n° 1 :

Des psychologues, fatigués à examiner les boyaux de la tête de leurs patients, décident de faire une pause, et décident donc de réaliser une expérience statistique.

Les psychologues observent que le taux général de surdoués dans la population en âge scolaire est de 2%. Ensuite, sur la base d’un échantillon de 25 élèves qui composent une classe, ils déterminent que, pour un taux de P de surdouance chez les jeunes (on a dit 2%, soit 0,02), on a la probabilité T pour qu’il y ait K élèves surdoués dans la classe composée de N élèves. Cette loi probabiliste est valable si la distribution est aléatoire (donc naturelle, quand les surdoués ne sont pas dépistés par exemple), et cette loi binomiale n’est pas pertinente quand les élèves surdoués ont été placés en classe délibérément par la direction de l’école (car les données deviendraient faussées et biaisées).

Loi binomiale :      T = [N!/(K!(N – K)!)] × P^K × (1 – P)^(N – K)

  • Le cas de l’absence de surdoués dans la classe de 25 élèves est de probabilité 0,603 (soit 60,3%).
  • La présence d’un seul surdoué dans la classe de 25 élèves est de probabilité 0,308 (soit 30,8%).
  • La présence de 2 surdoués dans la classe de 25 élèves est de probabilité 0,075 (soit 7,5%).
  • La présence de 3 surdoués dans la classe de 25 élèves est de probabilité 0,018 (soit 1,18%).
  • Si la classe de 25 élèves est composée (heureux hasard !) de 25 surdoués, cela est de probabilité 0,000000000000000000000000000000000000000000335 (c’est-à-dire 3,35×10⁻⁴² , soit très proche de 0%). Autrement dit, la probabilité est nulle, l’événement est impossible.

Exemple n°2 :

Supposons que chacune des prédictions météo ait une fiabilité de 60%. Est-il possible d’avoir 7 prédictions journalières exactes pour les 7 prochaines jours ? Est-il possible que toutes les prédictions des 7 prochains jours soient fausses ?

  • Réussir les 7 prédictions météo de la semaine prochaine, c’est probable à 2,8%.
  • Échouer toutes les prédictions météo de la semaine prochaine, c’est probable à 1,6 pour mille.

Qu’obtiendrait-on comme résultats en jouant à pile ou face plutôt qu’à utiliser des instruments de météorologie ?  😉 Environ 8 chances sur mille de faire des prédictions exactes à 7 jours (au hasard, sans instruments météorologiques), et autant (~8/1000) pour échouer complètement les prédictions à 7 jours. On ne peut donc pas prédire (au hasard ou avec instrumentation scientifique) de façon absolument certaine, et en même temps on ne peut pas tout échouer, ainsi les réussites et les échecs sont nuancés. C’est pour cela que les astrologues et les voyantes ont du succès : parfois ça marche (grâce au hasard), mais rarement l’on réussit totalement comme l’on ne peut pas totalement foirer, car il est rarement probable de tout réussir comme de tout échouer. Le hasard n’implique donc pas 100% d’échec, car des succès moyens, mitigés, nuancés (donc des demi-réussites qui sont rarement totalement absentes) sont fréquemment des biais statistiques qui laisse croire à tort qu’il existe des pouvoirs occultes…

Exemple n°3 avec la loi de Poisson :

En explorant plus loin, avec la loi de Poisson qui, elle aussi, peut être intéressante, j’ai pu déterminer sur la base d’un taux moyen de 1,66 scan par heure du port HTTP sur un ordinateur cible par des pirates informatiques du monde entier (oui, les pirates scannent des IP au hasard), qu’il est rigoureusement impossible statistiquement (et aléatoirement) que toutes les IP du réseau mondial viennent soudain scanner la machine ciblée en une heure. Mais que si l’événement se produisait quand même malgré tout, cela signifie qu’il n’aura pas du tout été aléatoire, mais pleinement intentionnel.

Exemple de scans reçus, via un serveur web honeypot :

honeypot

Comme on l’a vu, avec la loi binomiale et avec la loi de Poisson, on peut trouver des exemples assez intéressants. À vous aussi d’imaginer d’autres exemples qui pourraient favoriser à éveiller l’intérêt des lycéens pour les mathématiques.  😉

Exemple n°4 avec les gains multiples au Loto :

On joue au Loto avec 7 grilles (N), ci-dessous les probabilités respectives en fonction du nombre (K) de grilles gagnantes (chacune avec 6 numéros exacts).

Loto-chancedecocu

Ce n’est pas une surprise : les chances de perdre (aucune grille gagnante) sont très élevées.

Plus le nombre de grilles gagnantes est grand, moins cela est probable que ledit événement survienne.

Si on joue 7 grilles de Loto pour 7 tirages et que ces 7 grilles soient gagnantes, la probabilité pour que cela arrive est de 1 chance sur 9,944019051×10⁴⁹. C’est-à-dire, sous forme littérale : une chance sur 9 944 019 051 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000. Oui, une chance sur 9944 milliards de milliards de milliards de milliards de milliards !

Oui mais quid des gains plus petits ? La probabilité est de 1/61 d’avoir 3 bons numéros au lieu de 6 bons numéros (voir le livre Quid 2006, page 1419b). Ainsi, si on joue 36 grilles, on a un peu plus d’une chance sur 2 (55%) de perdre à toutes les 36 grilles, et on a environ une chance sur 3 de gagner une seule grille (sur les 36) avec 3 numéros gagnants. Enfin, il y a environ 12% de chances de gagner au moins 2 grilles (ou plus) avec 3 numéros gagnants par grille. De plus, avec 36 grilles, on a théoriquement plus de chances de gagner jusqu’à 7 grilles gagnantes (avec 3 n° gagnants par grille) que de gagner avec une seule grille avec 6 n° gagnants.

Exemple n°5 :

Cas insolite : http://www.insolite.ca/2013/08/09/toujours-pas-de-fille-apres-12-enfants/

Un couple engendre une fratrie de 12 enfants du même sexe. Fatalité ? Rareté ?

La loi binomiale montre que la probabilité d’avoir 12 enfants du même sexe (garçons ou filles) si l’on a 12 enfants est de (1/2)¹² = 1 / 4096.

Ce n’est pas rare en soi, mais comme les familles de 12 enfants ne sont pas si nombreuses, cela rend le phénomène plus marginal.

Les heureux parents peuvent continuer de procréer, ils ne peuvent pas indéfiniment engendrer uniquement des garçons. Au-delà du 23e enfant né, ils auront moins de chances d’avoir encore un garçon en comparaison d’un gagnant du Loto (49 boules) avec 6 bons numéros (1 chance sur 13 983 816).

Mes arguments ne valent que si le phénomène est dû au hasard. Il existe cependant des cas particuliers (génétiques peut-être) où l’homme ne peut engendrer qu’un seul sexe, et auquel on n’y peut rien. Je cite : «Les statistiques signalent aussi que 6% des hommes n’ont qu’une seule sorte de spermatozoïdes donc ne peuvent engendrer qu’un seul sexe». Mais je crois que dans ce cas, il y a prédominance de naissances de filles et non de garçons. Mais l’info d’origine est à vérifier, je pense avoir lu ça dans le livre Quid 2006.

 

Exemple n°6 :

 

En examinant un relevé d’abonnement téléphonique (téléphonie mobile) avec les détails des appels, j’ai établi un graphe (histogrammes) présentant une fonction : le nombre d’appels en fonction de la durée par appel. À partir de la moyenne (1,78 minute par appel), j’ai constaté que la fonction suivait remarquablement bien la loi de Poisson dans l’intervalle de 2 minutes par appel à 6 minutes par appel, cet intervalle montrant que ces durées était le fait du hasard. En revanche, pour une durée d’au moins de 6 minutes par appel (jusqu’à 14 minutes par appel), j’ai pu conclure que cet événement n’était pas dû au hasard, puisque cela s’éloignait de la loi de Poisson.

 

Cela change des cours de probabilités sur les boules rouges, bleues et vertes tirées au sort, hein ?  :p

Un autre exemple à méditer : sachant qu’avant les droits de l’Homme et avant les lois favorables au mariage gay, les homosexuels devaient malheureusement se cacher, nombreux ceux qui s’affichaient souvent comme des hétérosexuels pour ne pas être inquiétés par les «normes» sociales et les autorités de l’époque… (à lire : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/06/23/centenaire-de-la-naissance-dalan-turing/) De nos jours, encore trop de pays intolérants et obscurantistes classent l’homosexualité comme passible de la peine de mort… 😦 Ce dont je veux en venir, et pour évoquer le rapport que cela peut avoir les maths, c’est que chacun de nous a au moins un ancêtre homosexuel. Pour moi, cela ne pose aucun problème, je suis gay-friendly. 🙂  Avoir au moins un ancêtre gay (père, grand-père, mère, grand-mère, arrières-grands-parents, et autres ascendants directs) lors des 500 dernières années est une certitude. Oui je sous-entends que même les homophobes ont un ancêtre homosexuel, car c’est la vérité.

Faites le calcul : P = 1% à 5% de personnes homosexuelles, puis 500 ans en arrière ça fait environ 20 générations qui précèdent chacun (soient environ N = 2097150 ancêtres par personne). Ensuite, on calcule la probabilité qu’il n’y ait aucun ancêtre gay, avec la loi binomiale (cette probabilité est égale à (1 – P)^N quand on a fixé K = 0. alors la probabilité de ne pas avoir d’ancêtre gay sur les 20 dernières générations est de comprise entre 0,95^2097150 et 0,99^2097150, soient respectivement 10 puissance moins 46717 et 10 puissance moins 9154.

Par conséquent, la probabilité d’avoir au moins 1 ancêtre gay (1 au minimum) sur les 20 dernières générations (sur environ 500 ans) est égale à 1 – (1 – P)^N, ce qui frôle la probabilité 1 (donc 100%) de très près.    😉

Le même genre de calcul peut prouver aussi que nous sommes tous métis, d’une façon ou d’une autre, à travers le brassage des gènes (cf. la génétique des populations). Le concept de «race pure», que je ne cautionne absolument pas et que je rejette, est une imposture et une mystification idéologique qui ne repose sur aucune réalité.

Les maths peuvent contribuer à rendre les gens tolérants et réalistes.  🙂

À lire sur le web :  http://fr.openclassrooms.com/sciences/cours/nous-descendons-tous-de-gengis-khan

© 2013 John Philip C. Manson