Voici un exemple qui démontre qu’il ne faut pas se fier à l’intuition

Voici un exemple simple qui démontre qu’il ne faut pas se fier à l’intuition. Vous y réfléchirez à deux fois…

Baseball

Il paraîtrait que plus de la moitié des étudiants de Harvard se font avoir…
Notez comment la première réponse qui vous vient à l’esprit paraît évidente : 10 euros.
Pourtant, ce résultat est faux.

En effet, l’intuition est un biais, une illusion de « logique ».

La logique mathématique exige de la rigueur.

Soit A le prix de la balle, et B le prix de la batte. La batte est plus chère que la balle, donc B > A.

Selon l’énoncé dans l’image, nous avons donc A + B = 110 et B = 100 + A. La résolution de ce système de deux équations à deux inconnues, qui est très simple, indique que la batte vaut 105 euros, et la balle vaut 5 euros (et non pas 10).

Ce qui apparaît très clair, c’est que l’intuition n’est pas fiable pour quantifier les choses. Les journalistes et les gouvernements (ainsi que les adeptes des théories du complot) utilisent les biais de l’intuition, tous les jours, pour nous tromper et nous illusionner.

Ne croyez pas qu’une solution a l’air d’être ceci ou cela en apparence. Il ne faut pas avoir l’impression ou la sensation que le résultat est ceci ou cela, calculez un résultat avec rigueur, prenez votre temps. Même quand c’est simple. Avec l’intuition, se tromper est si facile à faire…

 

John Philip C. Manson

 

Sur l’histoire de Vienne (Autriche)

Aujourd’hui, je vais parler d’un documentaire TV que j’ai regardé hier soir le 30 avril 2014.

Voici le synopsis :

Vienne

Ce documentaire sur l’histoire de Vienne, en Autriche, fut intéressant.

Il évoqua la dynastie des Habsbourg qui régna longtemps sur l’Europe. Mozart, Beethoven et Klimt furent des artistes marquants. Bien sûr, des personnages politiques fameux comme la reine Marie-Antoinette, et l’Aiglon (le fils de Napoléon), et l’impératrice Sissi, sont incontournables.

Le documentaire parla de la chute des Habsbourg et la montée du nazisme, et l’Anschluss, avec l’avènement de l’abominable Hitler, lequel peignit des aquarelles à Vienne mais qui eut échoué pour entrer aux Beaux-Arts.

Ce documentaire intéressant comporte cependant une lacune importante, et c’est un devoir d’en parler, parce qu’il manque des faits qui font pourtant partie de l’histoire de Vienne. Ainsi, le documentaire n’a pas abordé le Cercle de Vienne, qui était un club important réunissant des savants et des philosophes. Le programme du Cercle de Vienne était l’empirisme logique.

La tendance y était à l’empirisme logique (ou « positivisme logique »), et était influencée par Ernst Mach (dont, après Ludwig Boltzmann, Schlick était le successeur à la chaire de philosophie des sciences), Ludwig Wittgenstein, Bertrand Russell, George Edward Moore, David Hilbert, Henri Poincaré, Albert Einstein, Karl Popper (qui fut admis comme « l’opposition officielle » à la Théorie de la connaissance défendue par le Cercle, mais qui n’en fut jamais membre. Dans « La quête inachevée », Popper s’attribue même le meurtre du positivisme logique défendu par le Cercle de Vienne), Gottlob Frege. Il n’y a pas d’unité de pensée dans le Cercle, et celui-ci se caractérise moins par des dogmes que par un programme commun.

Le Cercle développe en effet ce qu’il appelle une « conception scientifique du monde », dont trois éléments majeurs sont à peu près partagés par tous les membres.

  1. Les sciences doivent être unifiées dans le langage de la physique (réductionnisme des sciences empiriques) ou de la logique (logicisme), car toute connaissance est soit empirique soit formelle.
  2. La philosophie est une élucidation des propositions scientifiques par l’analyse logique ; elle se réduit à une théorie de la connaissance.
  3. Cette conception affirme que beaucoup d’énoncés métaphysiques sont dépourvus de sens (Unsinnig): les problèmes philosophiques traditionnels auraient été mal posés, et leurs solutions auraient été exprimées inadéquatement. C’est par exemple la thèse principale de Ludwig Wittgenstein, formulée dans le Tractatus logico-philosophicus: la plupart des énoncés métaphysiques seraient dépourvus de sens ; lorsqu’ils ne le sont pas, ils ne portent pas sur le monde, mais sur le langage (conception partagée par Rudolf Carnap en 1934).

 

Le Cercle de Vienne est marqué par une tragédie qui entraîna la dispersion du club. Moritz Schlick était un philosophe allemand berlinois, physicien de formation (il étudia la physique sous la direction de Max Planck), il est l’un des fondateurs du positivisme logique, qualifié de « maître à penser du Cercle de Vienne», il est l’un des premiers philosophes « analytiques ». Il mourut à Vienne le 22 juin 1936, assassiné par un de ses anciens étudiants, de plusieurs coups de pistolet en pleine poitrine sur les marches de l’Université de Vienne. L’ignoble assassin, Johan Nelböck, fut très vite libéré et devint un membre du parti nazi autrichien après l’Anschluss… Pourtant, Schlick n’était même pas israélite. Mais les intellectuels (communistes, savants ou artistes) étaient eux aussi pris pour cible…

 

J’ai voulu expliquer ici que le documentaire n’avait pas abordé ce sujet majeur, et que cela ne devait pas être oublié, parce que ça fait partie de l’histoire de Vienne. Le physicien viennois Ludwig Boltzmann fait lui aussi partie de l’histoire de Vienne, il est le fondateur de la physique statistique, un domaine passionnant. Les conceptions de Boltzmann ont exercé une influence décisive sur le positivisme logique du Cercle de Vienne, ainsi que sur Ludwig Wittgenstein qui reconnaîtra en Boltzmann l’une de ses influences principales.

La pensée du Cercle de Vienne, avec la nuance apportée par la contribution de Karl Popper, est un héritage qui a influencé la science moderne. C’est cette influence qui m’a orienté dans la philosophie des sciences, l’histoire des sciences, et l’épistémologie. C’est même à l’origine de mon intérêt pour les critères de la scientificité et le concept de réfutabilité, et même à l’origine de l’existence de mon blog, avec mon leitmotiv qui est l’exercice de l’esprit critique.

 

Comment un bon documentaire télévisé a t-il pu passer à côté de ce mouvement important que fut le Cercle de Vienne ? Qu’est-ce qui justifie cet oubli ?

 

© 2014 John Philip C. Manson

Ma position par rapport au mouvement des Brights

Le Mouvement des brights regroupe des individus qui portent sur le monde un regard « naturaliste », c’est-à-dire libre de tout élément surnaturel ou mystique ; les brights fondent leur éthique et leur comportement sur une compréhension naturaliste de l’univers. S’inscrivant dans la continuité des Lumières, le réseau international des brights s’est constitué comme mouvement de visibilité de celles et ceux qui portent un regard « naturaliste » sur le monde ; le mode d’existence du réseau est basé sur l’utilisation d’internet.

  • Le naturalisme philosophique est la position selon laquelle rien n’existe en dehors de la nature : il n’y a rien de surnaturel ou, à tout le moins, que le surnaturel est sans influence sur le naturel.
  • Le siècle des Lumières est un mouvement intellectuel initié en Europe du XVIIIe siècle, dont le but était de dépasser l’obscurantisme et de promouvoir les connaissances; des philosophes et des architectes intellectuels, encourageaient la science et l’échange intellectuel, en s’opposant à la superstition, l’intolérance et les abus de l’Église et de l’État.

Voici ma vision des choses ci-dessous (c’est identique à la science actuelle, quand la méthode scientifique est respectée avec intégrité, professionnalisme et transparence) :

En ce qui me concerne, ma philosophie se base sur un naturalisme atomiste, matérialiste, mécaniste et empiriste. Je me base sur la méthode scientifique à travers le critère de la réfutabilité, dans le sens donné par Karl Popper. Le principe de réfutabilité en science a pour conséquence que la science n’établit pas des vérités inébranlables, mais des vérités faillibles fondées sur des représentations faillibles de l’univers et de la nature, à travers la recherche empirique. Ce qu’on appelle vérité est quelque chose de relatif. En revanche, des hypothèses fausses qui sont réfutées par des faits, sont infirmées définitivement. C’est la fausseté réelle des choses fausses qui est une vérité bien tranchée. Ainsi, à la lumière des faits, des connaissances peuvent être soit a priori vraies, soit certainement fausses. Une hypothèse (ou même une théorie scientifique) ne s’érige pas en vérité ; une hypothèse ou théorie est évaluée selon sa solidité par confrontation aux faits.

En physique et dans les autres sciences de la nature, une connaissance est faillible : si elle est fausse en soi, sa fausseté peut être définitivement établie, tandis que si elle est vraie en soi, on ne pourra pas prouver qu’elle est absolument vraie, on pourra juste corroborer la connaissance, on remarquera sa cohérence. Ce qu’on appelle la vérité, en sciences, ne se trouve que dans les mathématiques. Les maths sont indépendantes du monde matériel, elles sont abstraites, leurs lois leur sont propres. C’est étonnant que les maths soient autonomes par rapport au monde matériel, et qu’en même temps les maths peuvent expliquer de nombreux phénomènes matériels. Je suppose que le grand mathématicien Cédric Villani est de mon avis.   😉  Et désolé si je ne dis pas «LA mathématique», au singulier, question de (mauvaise) habitude.  🙂

De plus, les maths ont un avantage : il suffit d’un crayon et d’un papier, ou d’une craie et d’un tableau noir (mais un superordinateur pour les calculs longs c’est bien mieux). Les sciences expérimentales, elles, sont plus contraignantes : il faut un budget pour les instruments scientifiques, il faut faire un montage expérimental rigoureux (c’est facile de foirer une expérience), et parfois ça explose à la figure.

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  • Question métaphysique : la matière précède t-elle les mathématiques ? L’homme pensant invente ou crée les maths et les utilisent. Les cerveaux préexistent par rapport à l’existence des maths. Les maths existeraient-elles s’il n’existait pas d’hommes pensants ?

Je pense que les maths sont une extension de notre propre conscience. Peut-être que la conscience elle-même est un calcul auto-référent, mais je préfère vous éviter la migraine.

Retour sur ce qu’est une théorie scientifique :

methodescientifique

Pour faire une métaphore, une théorie est comme la sculpture d’une statue : on n’ajoute pas du matériau à l’ouvrage, mais on procède par élimination, on enlève ce qui est superficiel, comme si on taillait un roc informe, et l’ouvrage qui reste est ce qui est a priori vrai, sinon crédible. Mais c’est un ouvrage crédible qui ne sera jamais achevé définitivement, car il est sans cesse affiné petit à petit. A contrario, les hypothèses et théories douteuses, dans le contexte de la fraude scientifique, ou de la science fringe, ou de la pseudo-science, se caractérisent par des rustines multiples ajoutées ad hoc selon les faits nouveaux, sans même corriger ni remettre en question l’hypothèse ou la théorie érigée en dogme… Plus on rajoute des rustines sur les roues d’une théorie pour sauver celle-ci, moins le vélo roulera bien…

Ma vision naturaliste est caractérisée par des critères précis : un naturalisme scientifique dépourvu autant que possible de toute forme de subjectivité, un naturalisme fondé sur l’expérimentation et la réfutabilité. Une conception fondée sur l’utile et le nécessaire, tout en ayant conscience des incertitudes inévitables.

Jamais il ne faudrait dire qu’une théorie scientifique est vraie. Elle peut être vraie et cohérente mathématiquement, mais la physique comporte des incertitudes quantitatives que les mathématiques strictes ignorent. Par exemple, l’infini existe en maths, mais pas en physique. Une théorie scientifique n’est donc pas une vérité absolue, on dit plutôt que la théorie est crédible, à la fois par rapport aux maths, et à la fois par rapport aux expériences ou observations. Et cette crédibilité se mesure sur la cohérence propre de la théorie (accord entre les maths et l’expérience du réel) mais aussi sur la cohérence par rapport à l’édifice scientifique établi et par rapport aux sciences interdisciplinaires. Par exemple, en électrochimie, par exemple en réalisant une électrolyse : les lois de la physiques (électrostatique, électrodynamique, électromagnétisme) ne doivent pas entrer en contradiction avec les lois de la chimie (théorie de l’atome, modèle atomique, réactions chimiques).

Ensuite, jamais je n’accepte de voir la science associée à la pseudo-science et au mysticisme. Karl Popper avait posé un principe de démarcation épistémologique. Cette démarcation est une nécessité.

Et jamais je n’accepte de voir la science récupérée abusivement par des idéologies politiques ou religieuses dont la finalité est le pouvoir et le profit au mépris de la démocratie et de la liberté des peuples. La science doit rester indépendante de toute influence subjective. Le lyssenkisme sous l’idéologie soviétique par exemple. Le créationnisme par l’intégrisme chrétien ou autre, aussi, par exemple.

La désinformation est inacceptable. Tout citoyen a droit à l’information et à l’éducation. Les journalistes ont des devoirs déontologiques (Charte de déontologie du journalisme) : devoir de vérité, devoir de rectifier ce qui est inexact, devoir de rester critique, refus du sensationnalisme.

De même, le naturalisme non plus ne doit pas dénaturer la science pour servir l’athéisme. Ce que l’on croit ou ce que l’on ne croit pas ne fait pas partie de la science. Si j’avais des croyances, je les aurais mises au vestiaire quand j’entre dans l’arène de la science. En tant qu’athée ou agnostique, cela importe peu sur le suivi de la démarche scientifique. Les émotions aussi, il faut les laisser au vestiaire. Je n’ai besoin que d’un cerveau frais pour faire un raisonnement logico-mathématique, des yeux pour observer et expérimenter, et l’absence de subjectivité afin d’interpréter sans superficialité les données quantitatives des phénomènes observés.

La connaissance est un édifice faillible fondé sur une méthode qui a fait ses preuves. La science, ça marche, mais des conditions sont à respecter.

Si dépasser l’obscurantisme et promouvoir les connaissances sont l’objectif des Brights, je vais plus loin que ça. Comment ça ? La connaissance pourrait être vue comme une vérité qui abolit les mensonges de l’obscurantisme. Dans mon blog, j’ai montré que même des connaissances à l’apparence scientifique, à travers les médias de tous les jours, sont matière à tromperies, erreurs, lacunes et croyances… Le scepticisme scientifique, selon moi, doit s’appliquer aussi sur la (mauvaise) vulgarisation scientifique via le journalisme grand public. Depuis une dizaine d’années, et avec l’influence d’Internet, la vulgarisation perd en qualité (certains magazines, mais surtout dans le web), ça devient comme la malbouffe… On remplit le cerveau vite, mais mal, et inutilement. Mieux vaut former le cerveau au doute. L’émergence de magazines pseudo-scientifiques aggrave les choses.

J’ai ouvert une porte, d’autres devraient me suivre. Il n’existe pas d’information infaillible, le taux d’erreurs quantitatives dans le mauvais journalisme des sciences est plus grand qu’on ne l’avait pensé. La méthode scientifique et le raisonnement logico-mathématique c’est plus important que le concept de naturalisme, bien que les sciences tendent à montrer que l’univers est naturel et que l’hypothèse d’un Dieu est inutile. La science n’a pas à s’embarrasser de mysticisme. La rigueur dans la méthode scientifique, à travers la réfutabilité des hypothèses et des théories, c’est plus important que la crédibilité des théories elles-mêmes. En gros, peu importe la laideur de la destination, pourvu que le voyage ait été bon, Voila.

Tout doit être autopsié (tout doit-il disparaître ?). De quoi être indécis entre l’autopsie et la boucherie… Toubib or not toubib, that is the question.

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© 2013 John Philip C. Manson

Étude d’une citation de Edgar Allan Poe

Étude d’une citation :

  • «Toutes choses sont bonnes ou mauvaises par comparaison.»
    Edgar Allan Poe (1809-1849), romancier américain.

 

La proposition «Toutes choses sont bonnes ou mauvaises par comparaison» est logiquement vraie.

Une comparaison, c’est l’évaluation relative d’une chose par rapport à une autre. Cette relativité ne fixe donc pas une chose comme étant absolument bonne ou mauvaise. La chose de référence peut être moins bonne que la chose ayant été comparée, et donc la chose comparée est plus bonne que la chose servant de référentiel. La proposition utilise le «ou» logique définissant le relativisme de la comparaison.

C’est comme en mathématiques : les théorèmes sont vrais ou faux par comparaison avec des axiomes. La vérité mathématique est relative aux axiomes, mais pas par rapport à une vérité absolue.

La vérité et le bien ne sont pas absolus, ils sont relatifs, ce qui érige le doute comme une nécessité.

 

 

© 2013 John Philip C. Manson

Une découverte hors de notre portée technique est-elle une preuve indirecte d’une civilisation extraterrestre technique ?

Une chose qui est hors de notre portée ne peut pas être découverte…
Une preuve matérielle (atomes, molécules, champs, forces, spectre électromagnétique…) est ce qui est nécessairement à la portée de nos yeux ou de nos instruments de mesure (observations + expériences).«Une découverte hors de notre portée», dans le sens d’impossibilité de l’observer ou de l’expérimenter, est une contradiction.

Vivre dans la contradiction sans éprouver la moindre gêne, c’est une bizarrerie. Les contradictions incitent au doute.

Une chose qui existe doit nécessairement pouvoir être prouvée. On peut disposer des moyens d’observation pour cela, ou savoir comment faire mais ne pas pouvoir le faire, tout est question de temps et d’argent et de moyens parfois difficiles à mettre en œuvre.
Mais l’inexistence d’une chose ne peut pas être prouvée, c’est un non-sens. Mais quiconque affirme l’existence de X doit prouver lui-même que X existe. Ce n’est pas aux sceptiques de prouver que X n’existe pas, parce que c’est un non-sens logique.

L’exemple de l’étoile à neutrons a de particulier que celui-ci est un concept a priori crédible, mais techniquement on n’a aucune observation ni aucune expérimentation en ce qui concerne une masse compacte de neutrons à l’échelle macroscopique (techniquement on ne connaît que les neutrons individuels et très rapides, comme ceux émis par certains corps radioactifs). L’étoile à neutrons est un objet théorique mais on n’a aucune preuve de ce que c’est concrètement et de ce qui s’y passe. Donc je maintiens mes propos : une découverte repose nécessairement sur des preuves observationnelles ou expérimentales. Un concept crédible peut précéder une découverte, mais il n’y a de découverte que si le modèle est validé par des preuves. Autrement, ça ne reste qu’une hypothèse. Tout ce que nous avons actuellement au sujet des étoiles à neutrons, ce sont les «vues d’artiste», et l’on a d’observation que les rayons X que ces étoiles émettent… (exemple ici : http://www.techno-science.net/?onglet=news&news=4434 ) L’imaginaire ne doit pas remplacer la méthode scientifique.

Dans tout ce que je dis, je ne nie rien. Je ne nie pas par exemple l’existence des étoiles à neutrons. En science, les preuves se révèlent nécessaires, c’est tout. À propos de l’invisibilité, si ce phénomène paraissait impossible autrefois, et qu’il commence à devenir crédible techniquement, on commence alors à disposer de preuves que cela commence à devenir une réalité. Mais tant que les travaux sur l’invisibilité n’étaient pas encore développés, nous ne pouvions pas savoir d’avance si cela était possible ou pas. Une découverte ne se devine pas d’avance par télépathie ni par la voyance… Exiger des preuves et nier quelque chose, ce sont deux choses différentes. On ne peut pas deviner ce que sont les choses tant qu’on ne les aura pas encore observées ou expérimentées. Ce serait périlleux de croire que des modèles théoriques sont des faits.

  • «Toute connaissance accessible doit être atteinte par des méthodes scientifiques ; et ce que la science ne peut pas découvrir, l’humanité ne peut pas le connaître.»    (Bertrand Russell / 1872-1970 / Religion et Science / 1957)

De la difficulté de la vulgarisation scientifique

Enseigner les sciences est une activité difficile qui nécessite beaucoup de sociabilité, du savoir-faire dans le faire-savoir. Lorsqu’on est tenté de diffuser la connaissance scientifique tout en suivant l’actualité des découvertes scientifiques, on désire alors contribuer à vulgariser la science et la rendre accessible à tous dans un langage abordable et compréhensible. Cependant, l’enseignement de la science implique non seulement une maîtrise des domaines scientifiques, mais aussi un sens critique toujours en éveil, tout en prenant le plus grand soin dans le choix des mots. Il suffirait qu’une information possède un mot inadapté, erroné ou flou pour que le sens de l’information s’en trouve altéré, et que cette information soit ensuite mal comprise ou mal interprétée.

Je pense que l’usage de la métaphore pour vulgariser des concepts scientifiques est la plus sûre façon d’être mal compris. Exemple : le concept du Big Bang est représenté par le public comme une explosion locale de matière qui remplit un espace vide préexistant. Le Big Bang n’est pas analogue ni comparable à une explosion, c’est l’espace qui se dilate partout et il n’y a aucun centre dans l’univers.

La “poétisation” et la métaphorisation de l’Univers court-circuite le rapport qui pourrait exister entre le public et le réel. C’est une source de lourdes confusions. La vulgarisation scientifique, pour être efficace, doit être compréhensible, concise et éviter la langue de bois. La métaphore rencontre beaucoup de succès chez le public, mais la compréhension des concepts scientifiques lui échappe souvent.

L’objectif de la vulgarisation scientifique est de favoriser l’assimilation de connaissances scientifiques évolutibles. Ce dernier adjectif montre l’importance que les connaissances peuvent changer selon de nouveaux faits découverts, il ne faut pas assimiler des connaissances comme étant des vérités définitives, ce serait une profonde erreur et une mauvaise habitude. La métaphore en vulgarisation a des effets contraires au but recherché : elle agit comme un opium propre à endormir les défenses critiques des lecteurs. De plus, le mot “vulgarisation” a une connotation péjorative. La métaphore et l’analogie rendent la science vulgaire auprès du public. Rendons la science accessible à tous, passionnante et qui prête à matière de réflexion. Nous devrions réduire le décalage entre le public et les spécialistes.

Les concepts scientifiques ont tous un sens, et celui-ci devrait être idéalement le même dans l’esprit du public que dans celui des spécialistes, avec l’emploi de mots différents (simplification du jargon scientifique avec conservation du sens, mais sans utilisation de métaphores) et avec les mêmes définitions de base.

Le public connaît mal la science, ou la comprend mal, parce qu’il ignore souvent les définitions élémentaires, comme les concepts d’énergie et de force. Qu’est-ce que la science, la connaissance, la réalité ? Ce sont ces questions fondamentales qui mènent les esprits curieux à la science.

La vulgarisation des connaissances scientifiques ne doit pas exister sans la vulgarisation de l’esprit critique ainsi que la vulgarisation de la méthode scientifique et des critères épistémologiques de scientificité. Cela forme un tout indissociable.

 

© 2011 John Philip C. Manson

Réfutation du créationnisme par la démonstration par l’absurde

 

Démonstration par l’absurde.
Supposons que, pour hypothèse de départ, le créationnisme soit vrai, c’est-à-dire que son argument principal est vrai :

  • « Les espèces vivantes n’évoluent pas, ne changent pas. »

À partir de cette allégation, on va suivre le raisonnement suivant :

  • « Les créationnistes soutiennent que la Terre a été créée il y a 6000 à 10000 ans et que l’évolutionnisme est un mensonge. »

Considérons ensuite le fait suivant :

  • « Les fossiles montrent que des espèces vivantes nous ont précédé et sont aujourd’hui définitivement éteintes. En effet, on ne constate plus l’existence de nos jours des dinosaures, des trilobites ni celle des ammonites. »

Si les espèces n’évoluaient pas et qu’elles peuvent cependant s’éteindre, et sachant qu’aucune espèce nouvelle ne puisse apparaître, et considérant aussi que selon la Bible, Dieu a créé le monde en 7 jours et s’est ensuite reposé, alors le nombre d’espèces vivantes est toujours décroissant dans le temps, et cela signifie aussi que le nombre d’espèces vivantes était à son nombre maximum au moment de la «création». Si la décroissance du nombre d’espèces est linéaire et régulière, alors toutes les espèces présentes sur Terre finiront à terme par s’éteindre complètement (y compris l’Homme). Si la décroissance est exponentielle, alors les extinctions d’espèces se stabiliseront et cesseront jusqu’à atteindre un minimum (ce qui contredit l’influence de l’environnement comme la pollution et les cataclysmes, la chute d’astéroïdes, et la prédation toujours présente dans la chaîne alimentaire).

 

Ce constat est très compromettant pour le créationnisme : si le créationnisme est vrai, alors la biodiversité doit nécessairement décliner jusqu’à la disparition totale de la vie sur Terre.

Ensuite, avec l’hypothèse créationniste, et donc considérant que le nombre des espèces vivantes était à son maximum le jour (ou la nuit ?) de la «Création», cela fait bien trop d’espèces à rassembler et cela laisse soupçonner un état de surpopulation impossible à réaliser dans les faits. Les dinosaures n’ont jamais cohabité avec l’Homme ni avec les espèces polaires…

Plusieurs questions naissent de cette contradiction, et les réponses apportent de nouvelles contradictions encore pires :

  • La biomasse était-elle en quantité suffisante pour qu’autant d’espèces aient coexisté ensemble selon un point de vue créationniste ?
  • Comment la faune et la flore de l’époque tropicale des dinosaures aurait plus exister en même temps que la faune et la flore qui existèrent lors des différentes ères glaciaires ?

Relevons l’existence de fossiles très anciens désignant des espèces tropicales qui n’ont pas pu vivre à l’ère glaciaire il y a 10000 à 20000 ans… Mais la Terre est vieille de plus de 4,6 milliards d’années, la datation radio-isotopique l’atteste.

Voila où il faut en venir, dans un aspect plus général : les pseudo-sciences et les idéologies religieuses conduisent toujours à des absurdités et à des contradictions absolument absurdes si on développe le raisonnement partisan jusqu’au bout. Une théorie scientifique doit être cohérente et réfutable, avec l’appui des faits.

Toute doctrine pseudo-scientifique, voire seulement religieuse, contient toujours au moins une contradiction. Ainsi, lorsqu’un problème d’incohérence survient, une doctrine quelconque ne peut pas prétendre être vraie. La contradiction implique la fausseté.

 

sciencevscreation
Sc-vs-Crea

© 2011 John Philip C. Manson