L’esprit critique, utile partout, même pour les entreprises

L’esprit critique est utile partout. Surtout dans les sciences. Mais même aussi quand on est entrepreneur…

C’est l’occasion de montrer à travers le présent article que l’esprit critique est une nécessité.

Je reçois un courrier : un formulaire d’adhésion qui m’invite à payer plus de 430 euros (plus de 518 francs suisses). Les entrepreneurs naïfs se laisseront prendre au piège… Il n’y a absolument rien à payer quand on devient auto-entrepreneur, c’est l’Etat français lui-même qui le dit !

Souvent, le piège épistolaire est structuré sur la base d’une confusion : l’organisme qui demande le règlement du paiement se fait passer plus ou moins pour une institution publique, en prenant un nom prêtant à confusion.

Il suffit de lire en bas la présence de cette ligne : « Offre facultative commercialisée par (blablabla) ». Le paiement n’est pas obligatoire.

Comme tous les entrepreneurs français le savent, lorsqu’on démarre une activité professionnelle, on obtient (via l’INSEE) un numéro SIRET et SIREN, et aussi un code APE. Or, la confusion du courrier qui demande le paiement vient de là. Le code APE, du point de vue de l’administration française, signifie très clairement ceci : « Activité principale exercée« . Mais le nom de l’organisme demandant le paiement (en fait, une entreprise privée sans rapport avec les organismes publics), qui utilise le même acronyme, se décline selon cette appellation : « Annuaire pro des entreprises ». Ce qui n’a rien à voir avec le code APE administratif, d’après le nom complet du code APE, d’autant plus que les auto-entrepreneurs n’ont pas à s’inscrire puisqu’ils possèdent déjà un n° SIRET/SIREN et un code APE dès leur inscription auprès de l’URSSAF (www.lautoentrepreneur.fr).

Une arnaque ? Hmm, une forme de marketing, oui, mais ce n’est pas très fairplay pour les professionnels qui auront été piégés… Après tout, la technique est légale, hélas… Il suffit juste de faire attention au porte-monnaie et ne pas faire n’importe quoi quand on croit à n’importe quoi.

Ce genre de pratique marketing n’est pas un cas isolé, d’autres malins ont leur propre structure, certains se font passer plus ou moins pour le vrai RSI (Régime Social des Indépendants) tandis que leur nom signifie tout autre chose (Registre des….), qui est un service d’annuaire.

Il est évident que le recul critique est une nécessité, et pas seulement dans des contextes reliés aux sciences. Il faut toujours lire attentivement les documents administratifs (ou ce qui y ressemble).

Quand une entreprise est dans l’attente d’un paiement de la part d’un « client », le document doit comporter des informations obligatoires : le n° SIRET (présent dans le courrier que j’ai reçu), mais aussi l’adresse postale (présente aussi) et surtout le n° de téléphone (totalement absent, cependant, bizarre).

© 2014 John Philip C. Manson

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Mésusages idéologiques, pseudo-vulgarisation scientifique, mysticisme et métaphysique

  • En lisant le blog de M. Anton Suwalki, je tombe sur quelque chose d’intéressant :  http://www.imposteurs.org/article-quantox-un-livre-de-richard-monvoisin-114728786.html

En bref, cela dénonce l’intrusion du mysticisme dans la science, et la récupération de la physique quantique comme alibi pour servir les charlatans du New Age. C’est un sujet que j’avais déjà abordé en détail dans mon blog.

Ce qui est intéressant en particulier c’est cette page : http://cortecs.org/textes-et-opinions/these-r-monvoisin-pour-une-didactique-de-lesprit-critique/  où il est question d’une thèse nommée «Pour une didactique de l’esprit critique» dont le contenu est intéressant. Vous pourrez la lire ici :  http://cortecs.org/wp-content/uploads/2010/11/CorteX_Monvoisin_these_didactique_esprit_critique.pdf  (document de 444 pages).

À la page 389 de cette thèse, on y lit des observations pertinentes que j’avais moi-même constaté. Une certaine forme de vulgarisation scientifique repose malheureusement moins sur l’objectivité sobre que sur des techniques de communication, de mise en valeur d’images, de stéréotypes, d’usage immodéré de métaphores, d’approximations, et autres a priori.

Un aperçu de la page 389 de la thèse :

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(Cliquer pour agrandir)

«Dis… Pourquoi ?», voit-on en titre.

Le pourquoi appartient à la métaphysique. La science aborde la question du comment, pas du pourquoi. La chose la plus essentielle qui soit si peu vulgarisée, c’est bien l’épistémologie et les critères de scientificité, ainsi que la méthode scientifique.

Si les pseudo-sciences sont souvent l’objet de critiques pleinement justifiées, je pense qu’il est tout aussi intéressant et important d’analyser et de décortiquer les différentes formes de vulgarisation scientifique, afin de montrer des réalités discordantes, voire des aberrations.

En juin 1997, le magazine S&V se hasardait à utiliser l’effet paillasson. Je me souviens avoir lu moi-même cette page de magazine. La thèse de M. Monvoisin aborde ce sujet à la page 391.

Un aperçu ci-dessous :

paillasson

(Cliquer pour agrandir)

«Fracassante découverte», voila une dénomination tendancieuse et suspecte.

 

  • De la bonne vulgarisation scientifique, ça existe. Je prends l’exemple du magazine «Pour La Science». Mais même si un magazine a une qualité reconnue, cela ne doit pas pour autant nous dispenser de l’esprit critique… Les autres magazines de vulgarisation scientifique : à prendre avec des pincettes, à mon avis.

 

L’important n’est pas ce qu’on lit, mais avec quelle approche intellectuelle on considère ce que l’on lit. Croire tout ce qu’on lit, c’est foncer droit dans le mur… L’exercice de l’esprit critique est une approche analytique qui nous apprend bien plus de choses que la seule crédulité qui nous rendait perméables à toutes les salades et à toutes les sauces…

Certaines publications s’égarent dans des dérives inutiles et stériles, en s’éloignant du cadre de la scientificité, dont acte :

hs-c-e

(Page 394 de la thèse)

Cet exemple concernant ce Hors-Série du magazine C&E montre que ce n’est déjà plus de la vulgarisation scientifique.

 

© 2014 John Philip C. Manson