Conjonctions planétaires multiples et calculs

Prédire les phénomènes astronomiques comme des alignements entre plusieurs corps célestes est difficile.

En cherchant à déterminer les fréquences de certains alignements nommés conjonctions (quand des planètes sont alignés dans la même zone par rapport au soleil), j’ai tout d’abord essayé d’élaborer des équations sur la base du produit scalaire, puis à partir du théorème d’Al-Kashi, tout en essayant d’utiliser des coordonnées cartésiennes planaires pour établir la position des planètes à un instant donné afin de déceler un quelconque alignement entre elles. Finalement c’est en concevant des fonctions sinusoïdales que j’ai obtenu des résultats.

Avec une fonction sinusoïdale pour chaque planète, on combine ces fonctions pour rechercher des alignements éventuels (en trigonométrie, il y a conjonction lorsque les planètes forment le même angle avec le soleil et un point de repère commun).

  • Avec deux fonctions, le résultat donne exactement la période synodique des deux planètes considérées, et c’est le résultat qu’il fallait trouver.
  • Avec trois fonctions sinusoïdales, un événement comme une triple conjonction devient sensiblement plus rare.

J‘ai examiné le cas de Vénus, la Terre et Mars : en considérant les triples conjonctions (lorsque les 3 planètes sont à distance minimale entre elles, et en ne considérant pas les alignements comme les oppositions mais ce dernier cas peut se calculer aussi), le résultat indique qu’il se produit en moyenne environ 564 triples conjonctions dans un laps de 200 309 ans, cela suggère donc que l’événement survient en moyenne tous les 355 ans environ. Comme les alignements de 3 points ne sont jamais parfaits, j’avais pris une marge de déviation angulaire de 1° maximum.

Il existe un moyen de vérifier si mon type de calcul sinusoïdal est valable.

Avec les fonctions sinusoïdales de Jupiter et Saturne (qui dépendent des périodes de révolution), je trouve personnellement que la conjonction Jupiter Saturne survient tous les 19,8 ans environ.

Cette période est la période synodique et Jupiter et Saturne : l’inverse le la période synodique est égale à la différence des inverses des périodes de révolution des planètes, et ce calcul indique que cette période synodique est de 7254,6 jours, soit 19,86 années. Mais notons bien que cette période synodique ne prend pas en compte un alignement de Jupiter et Saturne avec la Terre.

Evidemment, en astronomie, les calculs sont plus compliqués que les fonctions sinusoïdales approximatives : les équations habituelles prennent en compte l’excentricité des orbites elliptiques.

© 2015 John Philip C. Manson

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Un alignement planétaire et une diminution de la gravitation terrestre ?

 

Certains esprits troublés font n’importe quoi pour faire le buzz sur Internet, en lançant les rumeurs les plus folles. Il semble une fois de plus que ce soit les rumeurs de la fin du monde qui sont les plus populaires…

Les alignements planétaires sont particulièrement appréciés chez les adeptes du New Age qui croient pratiquement en n’importe quoi. Les alignements de planètes sont traditionnellement populaires chez les partisans de l’astrologie. Mais le buzz ici fait cependant référence à un poisson d’avril daté de 1976, c’est dire que c’est un canular qui date…

Dans l’espace, les alignements n’ont aucune conséquence. Les distances demeurent très importantes (plusieurs dizaines de millions de kilomètres, voire des centaines de millions ou des milliards de km). Les effets de marée tels qu’on les connaît n’existent qu’à cause de la proximité de la lune, mais en ce qui concerne les autres corps célestes, ceux-ci sont beaucoup trop éloignés de nous pour exercer un effet gravitationnel mesurable.

Schéma du système solaire tel qu’il se présente le 4 janvier 2015 :

solarsystem040115

Mais examinons de plus près le cas de Jupiter avec Pluton le 4 janvier 2015 :

jupiter-terre-pluton

Il n’existe pas d’alignement entre Jupiter, la Terre et Pluton le 4 janvier 2015. Le précédent alignement approximatif entre Jupiter, la Terre et Pluton eut lieu le 3 juillet 2014, et le prochain aura lieu de 5 juillet 2015. En revanche, il existe une opposition de Jupiter et de Mars par rapport à la Terre, mais cet événement est survenu la dernière fois le 5 janvier 2014 (il y a environ 1 an), et le prochain surviendra le 7 février 2015 (dans environ 1 mois).

Même si Pluton, Jupiter et la Terre étaient alignées, la gravitation ne varierait pas sur Terre. Notamment surtout à cause des grandes distances dans le système solaire, et aussi parce que Pluton est une planète naine dont la masse est relativement petite par rapport à la masse des autres planètes.

Réfléchissons un peu : comme la lune est assez proche de la Terre par rapport aux planètes du système solaire, avons-nous observé des effets de variation forte de la gravité terrestre lors de chaque éclipse solaire, quand la lune, le soleil et la Terre sont alignés ? Non. Nous ne sommes pas en lévitation. Les vaches et les cochons non plus… Les moutons crédules, peut-être…

mouton-levitation Un mouton en lévitation. Photo truquée, évidemment !

dirigeable

Oh ! Une vache en lévitation ! (Et elle va chier sur les gens d’en-bas ! Mais non, il ne s’agit que d’une montgolfière…)

iconlol

A 75 km de moi, la tour Eiffel exerce une force gravitationnelle qui est environ 34 fois plus forte que celle de Pluton située à 5 milliards de kilomètres. C’est calculable avec la loi de la « gravitation universelle » de Newton. Comme la tour Eiffel a plus d’influence gravitationnelle que Pluton, alors pourquoi ne sommes-nous pas en lévitation si nous sommes alignés avec la tour Eiffel et l’Arc de Triomphe ?

 

 

© 2015 John Philip C. Manson

 

Exemple d’évaluation de l’astrologie

Dans un magazine féminin, je tombe sur la dernière page qui parle d’astrologie. Ce qui y est décrit peut être comparé avec ce qui existe dans les faits réels.

Voici une image du paragraphe en question :

maxi-astro

 

Vérification avec le logiciel de planétarium Stellarium (des observations astronomiques directes c’est même mieux, mais faut avoir les moyens) :

  • Mercure rejoint Uranus : vrai, on appelle cela une conjonction, quand deux astres se réunissent dans une même zone du ciel terrestre.
  • Mercure et Uranus en conjonction dans la constellation du Bélier : faux, la conjonction se produit actuellement (en cette mi-avril 2014) dans la constellation des Poissons. L’astrologie commet l’erreur de ne pas prendre en compte le phénomène de précession des équinoxes, phénomène pourtant connu depuis l’antiquité grecque (Hipparque, il y a plus de 20 siècles)… Mais précession ou pas, l’astrologie reste invalide et subjective quelque soit la bidouille utilisée…
  • Une opposition formée entre Jupiter et Pluton : vrai.
  • Au 13e degré des signes cardinaux ? D’après la grille équatoriale, ce serait plutôt un angle d’environ 30°, et d’après la grille azimutale ce serait environ 5°.
  • Mars en opposition avec Mercure : approximativement vrai, l’alignement entre Mars, la Terre et Mercure est plutôt imparfait.
  • Éclipse totale de la pleine lune ce mardi : vrai, mais l’éclipse totale de lune est seulement visible depuis l’Amérique du Nord.
  • «Tout un programme qui ne s’annonce pas des plus sereins» : avec un S final à l’adjectif… Les événements n’ont aucun lien de causalité avec les alignements astronomiques (sauf bien-sûr lorsqu’un énorme astéroïde s’écrase fortuitement sur Terre). Et si les éclipses présageaient des changements, ça ce saurait, notamment les changements liés à la politique («le changement c’est maintenant» , disait le Président…). Les changements sont le fruit de la volonté humaine (ou des lois de la nature plus forte que nous), mais les changements n’ont jamais été initiés par des projections d’une ombre sur un support quelconque… Quand une mouche vole autour d’une ampoule électrique allumée, et que l’ombre de la mouche est projetée sur mon agenda posé sur mon bureau, cela présagerait-il une future promotion professionnelle ? L’astrologie c’est tout aussi absurde.
  • Pluton devient rétrograde pour 5 mois : je suppose que c’est quand la Terre et Pluton se rapproche au plus près puis la Terre s’éloigne ensuite de Pluton ; cela survient alors dans la période du 14 avril au 23 septembre 2014, c’est-à-dire approximativement d’un équinoxe à l’autre. Par exemple, la Terre se rapproche de Pluton jusqu’au 2 juillet 2014 à 03:49, puis s’en éloigne ensuite, puis après un délai d’environ 6 mois, la Terre en opposition avec Pluton se rapproche ensuite de Pluton. Qu’une planète avance ou recule, cela n’influence en rien nos destinés et nos habitudes, à moins d’être très crédules (ou hypocondriaques…).
  • Chiron en s’associant à Vénus ? En astronomie, Chiron désigne un astéroïde cométaire, il a sa propre orbite entre Saturne et Uranus (http://fr.wikipedia.org/wiki/%282060%29_Chiron). Le logiciel Stellarium n’a pas Chiron dans sa base de données, je ne peux pas vérifier la position de Chiron sur son orbite. Mais si l’astéroïde Chiron n’a rien à voir avec le thème astrologique présenté dans l’image ci-dessus, on doit rappeler qu’en astronomie, Chiron est une lune de Saturne que Hermann Goldschmidt crut détecter en 1861, mais qui s’avéra imaginaire, et son existence fut donc réfutée… De quel Chiron les astrologues parlent-ils ? Je dois préciser que l’astéroïde Chiron n’était absolument pas connu avant l’automne 1977, il y a seulement à peine 37 ans que cet astéroïde fut découvert, et donc les astrologues ne pouvaient pas en parler auparavant… Donc si les astrologues utilisent dans leurs «prédictions» la lune imaginaire de Saturne, Chiron, qui n’existe même pas, cela n’a aucun sens…
  • Il ne faut pas confondre Chiron (précédemment cité) avec Charon qui est une lune de Pluton, et Charon fut découvert en 1978, et de ce fait, Charon était inconnu avant cette date… http://fr.wikipedia.org/wiki/Charon_%28lune%29

 

On le constate, l’astrologie se décrédibilise, une fois de plus…

 

Voici un article sur l’éclipse de lune survenue récemment : http://tempsreel.nouvelobs.com/sciences/20140414.OBS3861/suivez-l-eclipse-totale-de-lune-en-direct.html

Cependant, dans ce journal, on peut lire une phrase intrigante :  «Le satellite de la Terre a viré au rouge au cours d’un phénomène astronomique rarissime.»  Rarissime ? Que définit-on par rarissime ?…

Si la lune était exactement sur le plan de l’écliptique en permanence, il se produirait des éclipses lunaires et solaires une fois par mois, soit 12 fois par an.

En ouvrant mon agenda d’astronomie daté de 1990, je constate qu’il y eut une éclipse lunaire le 6 août 1990, visible en Asie. Aussi, il y eut une éclipse solaire le 26 janvier 1990, visible en Antarctique, et une autre le 22 juillet 1990, visible en Finlande et dans l’ex-URSS.

Il y a au moins 1 à 2 éclipses de lune par an. http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89clipse_lunaire Ce n’est pas souvent, mais cela peut arriver plusieurs fois au cours d’une année. La chute d’un astéroïde de 10 km de diamètre sur la Terre, voila un phénomène franchement rarissime…

 

En 2014, il y a 2 éclipses lunaires : le 15 avril et le 8 octobre. Mais en 2013, il y en a eu 3. Rarissime, disent-ils ? Ils se sont renseignés au moins ?…

Il y a eu 23 éclipses de lune entre avril 2005 et octobre 2014, dont 8 éclipses totales.

En ce qui concerne les tétrades (4 éclipses consécutives), on doit penser au cycle du Saros, http://fr.wikipedia.org/wiki/Saros selon lequel le soleil, la Terre et la Lune retrouvent approximativement la même géométrie relative et une éclipse presque identique se produit selon une période de 223 mois synodiques ou lunaisons (environ 18 ans) qui peut être utilisée pour prédire les éclipses de Soleil et de Lune. Comme l’astrologie fait le déni de la précession des équinoxes depuis plus de deux millénaires, je présume qu’elle renie aussi l’existence du Saros… D’après moi, il y aurait en moyenne 5 tétrades par siècle.

 

 

© 2014 John Philip C. Manson

 

Une planète géante avalée en direct par un trou noir ?

On lit dans l’article en lien que des astronomes ont auraient observé un trou noir qui avale une planète géante.

L’examen de la vidéo montre que c’est une simulation, c’est-à-dire une sorte de dessin animé ou une «vue d’artiste» comme on en voit habituellement dans la presse de vulgarisation scientifique. Je trouve que les vues d’artiste sont des représentations vulgaires et biaisées de la réalité ; je préfère de loin les photographies ou les images du spectre infrarouge qui sont fidèles à la réalité (surtout quand il s’agit des images prises par le télescope spatial Hubble).

Le premier paragraphe de Maxisciences décrit le trou noir comme si c’était un volcan en réveil, c’est ce que cela suggère implicitement. La description ne correspond donc pas à l’astrophysique des trous noirs telle qu’on la connaît dans le cadre de la relativité générale. Un trou noir absorbe la matière à sa portée dès que ce trou noir s’est formé par effondrement gravitationnel sur lui-même, l’assimilation de matière par un trou noir est continuelle, elle n’a aucun phase de repos ni de réveil…

Dans le deuxième paragraphe, cela parle du satellite INTEGRAL. Celui-ci existe bien : c’est le «International Gamma Rays Astrophysics Laboratory», un satellite de 3 tonnes et demie. (http://fr.wikipedia.org/wiki/International_Gamma-Ray_Astrophysics_Laboratory). Il faut préciser que ce satellite ne permet pas des observations dans le spectre visible, il est un détecteur de rayons gamma et X.

Détection de planète avalée par un trou noir, ou alors il s’agit d’un autre événement ?

La chronique récente de l’astrophysique a évoqué l’hypothétique découverte de la matière noire sur la base de détection de positrons (anti-électrons = antimatière). Mais pas de planète géante a priori. L’instrument SPI du satellite  INTEGRAL a permis de réaliser une carte de la distribution des émissions de rayons gamma à 511 keV (kilo-électronvolts) qui sont produits lors de l’annihilation positron/électron. Les scientifiques ont ainsi pu déterminer qu’environ la moitié de l’antimatière produite dans la galaxie l’était par des trous noirs ou étoiles à neutrons arrachant de la matière à un compagnon de masse inférieure ou égale à celle du Soleil. Concernant la matière noire, toujours hypothétique, il faudra des preuves convaincantes. INTEGRAL, à ma connaissance, n’a pas détecté de planète géante. Et j’apprends aussi que la détection récente des positrons concerne le centre de notre propre Galaxie, donc pas NGC 4845. (http://smsc.cnes.fr/INTEGRAL/Fr/lien3_res.htm)

Marek Nikolajuk est authentiquement un physicien polonais. Via le site internet de l’ESA, j’en apprends davantage : la galaxie NGC 4845 (à 47 millions d’années-lumière de nous) a émis des rayonnements à haute énergie. C’est cet événement inhabituel qui suggère l’idée inadaptée d’un «réveil». Les astronomes affectés à l’étude ont conclu à un objet substellaire comme cause du rayonnement, un objet ayant 14 à 30 fois la masse de la planète Jupiter. Ils n’évoquent pas une planète géante, ils décrivent l’objet comme étant plutôt une naine brune (une étoile avortée car peu suffisamment massive). (http://www.esa.int/Our_Activities/Space_Science/Black_hole_wakes_up_and_has_a_light_snack?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+google%2FqkAO+%28Science%29) Mais l’hypothèse d’une super-Jupiter n’est pas écartée.
Il est question ici d’un trou noir galactique de 300 000 masses solaires. Le retard de 2 ou 3 mois entre la brillance et l’atténuation des rayons gamma, selon moi cela pourrait peut-être dû à l’objet orbital qui perd peu à peu sa grosse atmosphère dans le trou noir, ce dernier subirait alors une augmentation de son moment cinétique, et dont la conséquence est un éloignement progressif de l’objet en orbite, augmentant du coup peu à peu sa période orbitale.
En savoir plus avec le spectre visible ? Très peu envisageable, étant donné la distance (47 millions d’années-lumière). On sait que le télescope spatial Hubble a une résolution d’image de 0,1 seconde d’arc. Si Hubble observait la galaxie NGC 4845, un zoom sur une distance de 47 millions d’années-lumière permettrait de pouvoir pixeliser des objets dont l’envergure est supérieure ou égale à 22,8 années-lumière. Une naine brune a un diamètre de plusieurs milliers de km, c’est ponctuel par rapport au pixel critique de 22,8 années-lumière. Il est donc impossible d’observer directement (dans le spectre visible) l’image de l’objet substellaire qui orbiterait autour du trou noir.
Le rayon de Schwarzschild du trou noir de NGC 4845 est d’environ 890 000 km, très inférieur aux 22,8 années-lumière qui forment le côté d’un pixel d’une image que pourrait faire le télescope spatial Hubble.
En revanche, on peut mesurer les rayons gamma. L’énergie d’un seul rayon gamma ou X suffit, à elle seule, d’avoir une information sur un événement en astrophysique qui soit capable d’initier une énergie élevée. Les rayons gamma ne sont pas là pour structurer une image comme une photo d’un objet lointain. L’info essentielle ici c’est l’énergie du rayonnement électromagnétique et celle des positrons mesurés.
Remarque : l’ESA indique que le trou noir aurait une masse de 300 000 masses solaires, tandis que Maxisciences rapporte qu’il serait de 100 000 masses solaires. Il y a une erreur. Pourquoi les rédacteurs ne se relisent-ils pas ? Bon allez, je l’avoue : j’aurais adoré être journaliste scientifique, l’astronomie est un sujet que je connais par cœur depuis 1985, je maîtrise l’astronomie même mieux que mon métier de formation (la chimie). J’estime que la rigueur, la passion des sciences et le sens critique font partie du métier de journaliste scientifique, c’est indispensable. Le mieux serait que les scientifiques eux-mêmes communiquent sur leurs propres découvertes, sans faire relayer les informations par des intermédiaires… Mais les scientifiques sont déjà très occupés.
Tout cela me fait penser à un jeu amusant : le téléphone arabe. (http://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%A9l%C3%A9phone_arabe) Le jeu du téléphone arabe consiste à faire circuler rapidement de bouche à oreille à travers une file de joueurs, une phrase inventée par le premier d’entre eux puis récitée à voix haute par le dernier. L’intérêt du jeu est de comparer la version finale de la phrase à sa version initiale. En effet, avec les éventuelles erreurs d’articulation, de prononciation, les confusions entre des mots et des sons, la phrase finale peut être tout à fait différente de la phrase initiale. (« Nous sommes l’élite de la nation » pouvant devenir « Nous sommes l’hélice de la passion »). L’intérêt du jeu croît avec le nombre de joueurs et la complexité du message à échanger.
J’imagine une variante du téléphone arabe : le téléphone scientifique. Les règles sont les mêmes : on transmet la parole de bouche à oreille, mais en racontant à son voisin un résumé d’article scientifique, en prenant une source officielle (par exemple, l’ESA) comme texte d’origine. L’évolution de l’info retransmise d’une personne à l’autre est peu à peu dénaturée, le sens général du texte scientifique devient confus, évasif, abscons, simpliste, réducteur. Au pire, il devient bourré d’erreurs scientifiques. La perte de qualité de l’info dans le jeu du téléphone scientifique est proportionnelle à la complexité de la source d’origine et inversement proportionnelle au degré de connaissances scientifiques des participants du jeu.  Avec les médias modernes (notamment sur le web) qui s’improvisent dans le journalisme scientifique, la variante scientifique du téléphone arabe c’est ce qui se passe tous les jours. Sans recul critique, les lecteurs (et les rédacteurs aussi) peuvent ne pas déceler des erreurs, et considérer celles-ci comme étant des infos fiables… Pourtant, et j’ai des preuves dans mon blog, l’information est faillible : lire ceci https://jpcmanson.wordpress.com/2012/12/28/une-erreur-dans-un-livre-de-thermodynamique-pour-ingenieurs/ et cela https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/03/les-encyclopedies-sont-elles-sans-erreurs-et-infaillibles/ L’erreur est humaine, persévérer est diabolique.  🙂
L’information scientifique c’est faillible, c’est comme la viande de cheval dans les lasagnes de bœuf. C’est pour cela qu’il faut toujours faire des analyses.
cheval
© 2013 John Philip C. Manson