Pleins phares sur l’indice carbone

 

Dans le lien cité ci-dessus, je reste perplexe.

J’ai testé quelques trucs afin d’évaluer la pertinence des résultats quantitatifs.

  • Tout d’abord,, je teste à combien de CO2 d’équivalence correspond 1 million de kWh, le résultat indique 85,1 tonnes de CO2 par million de kWh. Cela correspond à 85,1 g de CO2 par kWh, ce qui est dans l’ordre de grandeur attendu (90 g/kWh, d’après la production électrique française moyenne entre 2009 et 2011, grosso modo, mais en 2013 on émet maintenant moins de CO2 en production électrique).

rte2013Source : RTE2013

 

Comme on le voit dans le tableau ci-dessus : une production nette de 550,9 TWh correspond à 550,9 milliards de kWh, tandis que 29,1 millions de tonnes de CO2 correspondent à 29,1 teragrammes de CO2. Une division montre qu’en 2013, la France a produit 52,8 g de CO2 par kWh produit. Ce n’est donc plus 90 g/kWh comme il y a moins de 4 ans, le taux varie d’une année à l’autre selon la quantité d’électricité produite et l’évolution des moyens de production électrique.

  • Ensuite, je teste un autre truc sur le site empreinte.carbone.free.fr. J’observe que le calcul par le site indique qu’une tonne de charbon produit 152,14 tonnes de CO2.

Avec la chimie quantitative, le bilan chimique montre que 12 g de carbone réagit avec 32 g de dioxygène pour produire 44 g de CO2. Par conséquent, une tonne de carbone produit 3,66 tonnes de CO2. Le site indique une valeur qui est 41,6 fois plus grande.

On va sûrement me dire que cette différence est due au transport du charbon depuis des mines lointaines (depuis la Chine exportatrice). Oui c’est possible. Mais je continue l’évaluation des données fournies par le site.

  • Ainsi, la combustion de propane, on va dire : 100 000 litres, produit 149,29 tonnes de CO2, d’après le site.

En chimie quantitative, 44 g de propane réagit avec 160 g de dioxygène pour produire 132 g de CO2 et 72 g d’eau, d’après l’équation de réaction chimique suivante :  C3H8 + 5 O2  —>  3 CO2 + 4 H2O.

Si on raisonne selon un volume gazeux de 100 000 litres de propane, on disposera donc d’une masse de 196,43 kg de propane qui produira par combustion une masse de 589,29 kg de CO2. Cette masse est excessive par rapport au résultat du site, donc on va voir pour le cas du propane liquide : 100 000 litres de propane liquide, ça a une masse volumique de 0,5812 kg/L (http://fr.wikipedia.org/wiki/Propane), et par conséquent, ça correspond à une masse de 58,12 tonnes de propane liquide qui produit par combustion une masse de 174,36 tonnes de CO2. Ce qui est un résultat plus cohérent par rapport à celui du site. Cependant, le site donne une valeur inférieure à celle prévue par la chimie quantitative. Cela pose problème : il y a d’une part la masse de CO2 produite par la combustion, mais aussi d’autre part une masse supplémentaire de CO2 qui est produite par le transport routier, fluvial, ou maritime du propane liquide depuis les pays exportateurs vers les pays consommateurs. Il y a donc quelque chose ici qui ne colle pas. Le site aurait dû indiquer une valeur d’au moins 174,36 tonnes de CO2 au lieu de 149,29 tonnes…

 

  • Mais continuons l’enquête : d’après le site, 1 million de kWh de gaz naturel correspondent à 184,04 tonnes de CO2.

 

D’après http://fr.wikipedia.org/wiki/Pouvoir_calorifique_inf%C3%A9rieur on constate que le PCI et le PCS du gaz naturel sont respectivement de 38,1 MJ/kg de gaz naturel et 42,5 MJ/kg de gaz naturel. Ces valeurs correspondent à 10,58 kWh pour 2,75 kg de CO2 produit, et à 11,8 kWh pour 2,75 kg de CO2 produit.

2,75 kg de CO2 pour 1 kg de gaz naturel, parce que la combustion de 1 kg de méthane produit 2,75 kg (44 divisé par 16) de CO2, selon la réaction suivante :  CH4 + 2 O2  —> CO2 + 2 H2O. Mais le gaz naturel est un mélange d’hydrocarbures dont le méthane.

En conséquence, le PCI du gaz naturel correspond à 260 g de CO2 par kWh, et le PCS correspond à 233 g de CO2 par kWh. Et on conclut alors qu’un million de kWh en gaz naturel ça correspond à entre 233 et 260 tonnes de CO2.

D’après le site suivant : http://www.renovationdurable.eu/Notions-Valeurs-de-conversion.html  le gaz naturel correspond à 202 g de CO2 par kWh (donc 202 tonnes de CO2 par million de kWh).

Ainsi, la valeur donnée par le site Free (184,04) est plus faible que celle de la réalité.

Alors, d’où proviennent les données de base du site examiné ?

 

Ce qu’où je veux en venir, c’est que le concept d’indice carbone ou de bilan carbone est souvent biaisé, les grandeurs quantitatives peuvent beaucoup varier, et il existe une part d’incertitude à ne pas négliger et à prendre en compte. À considérer comme un simple gadget indicateur que comme une véritable unité de mesure.

Je suis étonné par ce genre de page, par exemple :  lien-eco car on y lit que l’on compense les émissions de CO2 d’un blog en plantant un arbre. Je suis très favorable à la plantation d’arbres, c’est une très bonne chose. Mais la croissance des arbres est très lente par rapport aux activités humaines quotidiennes.

On lit aussi que le chargement d’une page web équivaudrait à 20 milligrammes de CO2. Or si la page est chargée en 0,16 seconde (j’ai testé avec l’index de Google), cela correspond à une puissance électrique de 0,61 millionième de watt et une énergie électrique de 9,8 microjoules. Je me demande comment cela a été mesuré ou calculé…

Mais enfin, passons à une remarque concrète :  compenser le carbone en plantant des arbres, c’est bien, mais c’est un geste infinitésimal par rapport aux 9,6 milliards de tonnes annuelles de CO2 produits par la Chine… (http://www.planetoscope.com/co2/676-emissions-de-co2-par-la-chine.html) Et 9,6 milliards de tonnes annuelles, ça équivaudrait à 1920 milliards d’arbres à planter chaque année, rien que pour la Chine… Et plus de 36 milliards de tonnes de CO2 par an dans le monde entier (que l’on devrait compenser avec plus de 7200 milliards d’arbres sur tous les continents)… Soyons cohérents, que nos gestes pour l’environnement soient concrets, utiles et significatifs, au lieu de faire sourire ou agacer les gens…

 

© 2014 John Philip C. Manson

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P.S.: ce blog est compensé carbone, et en plus, ce blog est bio ! (avec quelques coups de tampon pour marquer le label agréé par les plus grands scientifiques vieux et barbus).

iconlol  (je déconne)

 

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Divagations sur l’intelligence et le QI

Je vais parler d’au moins deux sources externes du web, mais sur le même thème. Le concept d’intelligence et de QI s’étale souvent dans des aspects subjectifs et déraisonnables.

Comme d’habitude, mon argumentaire repose sur le questionnement et le doute.

On peut lire le texte ou pas, mais le titre à lui seul est suffisant pour résumer le contexte : la Chine pense à rendre ses enfants plus intelligents grâce à une manipulation génétique.

L’intelligence, si on la définit comme la capacité à résoudre des problèmes de logique, la faculté de raisonner, est dépourvue de caractère héréditaire, comme le cas de l’homosexualité (le «gène» gay, devant le manque de preuve, est pour l’instant un mythe : lire le chapitre «Le « gène gay » de Dean Hamer» dans la Leçon n°2 du livre «L’imposture scientifique en 10 leçons» de Michel de Pracontal).

La capacité à résoudre les problèmes intellectuels est acquise, elle dépend du contexte socio-culturel. Quelqu’un qui a des livres et qui les lit avec intérêt aura une culture plus enrichie que quelqu’un qui n’a pas de livre et qui n’en lit jamais (parce qu’il n’a pas les moyens de s’acheter des livres ou parce que ça ne l’intéresse pas). La capacité d’intelligence est directement liée à l’environnement scolaire, périscolaire ou extrascolaire et familial. On apprend à lire tôt parce qu’on en a d’abord envie. Qui voudrait lire plus tôt s’il n’en a pas envie ? L’éveil naît de la curiosité, de l’envie de faire quelque chose. L’apprentissage, c’est du travail à travers de la curiosité, l’envie, du plaisir, parce qu’on s’y intéresse, parce qu’on aime ça, parce qu’on l’a voulu. L’intelligence n’est pas liée à l’hérédité. Nombreux sont ceux qui ont un bon potentiel intellectuel et qui ont grandi dans une famille dans laquelle il n’existe personne d’autre (sur plusieurs générations) ayant des goûts intellectuels poussés. Encore plus nombreux sont ceux ayant grandi parmi les livres, et dont la plupart des doués ont des parents qui sont professeurs (c’est très loin d’être mon cas), un environnement très favorable peut façonner un gosse ordinaire en un élève doué.

L’intelligence c’est du travail et de la curiosité, et du plaisir. L’intelligence c’est de l’acquis, pas de l’inné. L’intelligence ça se cultive et ça s’entretient. Ça ne tombe pas du ciel.

La paresse aussi ça se cultive, à travers l’habitude à ne rien faire, ne rien vouloir, à s’ennuyer, sans même chercher à savoir qu’on peut se distraire à faire des mathématiques… Être sous-doué n’est pas difficile. Aimer ce qu’on fait n’est pourtant pas difficile. Aimer ne rien faire, c’est trop simple, trop facile, et ce n’est pas du tout valorisant. Mieux vaut faire quelque chose. Un travail bien fait donne toujours des fruits. L’inaction, elle, ne produit rien.

Comme je l’ai résumé, l’intelligence est une affaire de goût et d’habitude, mais cela se fait surtout dans la sueur, mais pas dans les gènes. Pour les mathématiciens par exemple, les équations et leurs solutions ne tombent pas instantanément du ciel sans effort. Même en priant… Même en se proclamant descendant de Pythagore ou de Thalès… L’intelligence c’est un travail. On n’a de résultat qu’à travers la sueur de la réflexion. Les gènes, l’ADN, ça ne produit pas des idées déjà toutes faites, préparées sans effort. Non. Ce sont des conneries, la génétique comme cause de l’intelligence.

Pour revenir au titre de l’article sur la Chine, rendre les enfants plus intelligents par manipulation génétique c’est une croyance. Pire, c’est une idéologie. Une idéologie dangereuse, elle fait penser à l’eugénisme, et celui-ci se base souvent sur des considérations pseudo-scientifiques qui laissent suggérer une croyance en des inégalités entre humains. Cela soulève l’indignation. C’est une idéologie très difficilement défendable. Ce n’est pas de la science.

En lisant l’article, on peut apprendre que les scientifiques chinois ont relevé l’ADN de 2000 personnes remarquablement intelligentes à travers le monde dont des américains. Pour être très franc, quel individu est assez intelligent pour s’abstenir d’être assez crédule pour croire à l’hérédité du QI, sachant que le QI est devenue une panacée du marketing ?  Le QI, à l’origine conçu pour dépister les retards scolaires par rapport à une moyenne, est devenu un business pour flatter les égos, et devenu une idéologie (parfois pour justifier pseudo-scientifiquement des inégalités sociales ou ethniques). D’ailleurs, qui aurait confiance de confier son ADN à la Chine ? Ça rend plutôt méfiant, ça. Après, qu’est-ce qu’ils font de l’ADN, des recherches secrètes sont possibles, avec leurs dérives éthiques ? En continuant à lire l’article, ça parle d’embryons. Donc il s’agit d’extraction de noyaux somatiques pour les insérer dans des ovules : il s’agit de clonage humain, mais cette pratique est illégale dans les pays occidentaux. L’être humain n’est pas un cobaye ni une marchandise. Moi-même, je n’oserai faire subir ça aux gens, ni aux animaux. Ma propre éthique voit en horreur la maltraitance animale, y compris la barbarie de la chasse. Dans leur projet de manipulation génétique, comment feront-ils pour distinguer entre l’influence génétique et l’influence de l’environnement socio-culturel ? Comment dissocier les deux sans erreur d’interprétations ?

C’est une bêtise de croire à l’hérédité du génie alors que le travail et l’envie suffisent… Sans doute, ils espèrent produire de gros QI innés sans livres, sans travail, sans effort ? Veulent-ils réduire les effectifs de leur éducation nationale et faire des économies ? Balivernes.

Je pressens l’avenir avec une certaine inquiétude devant la montée de diverses idéologies. L’extrême-droite qui monte dans les pays européens durement touchés par la crise économique, la progression des sectes, et des idéologies politiques aux desseins dangereux… Ça ressemble à la poudrière de la fin des années 20 et 30, à la veille de la Second Guerre Mondiale. J’ai l’impression que l’humanité ne se souvient pas des leçons des pages noires de l’Histoire…

Une question m’interpelle : à quoi sert-il d’être très intelligent dans un pays si l’on n’y est pas libre ? Pourtant, les dictatures se méfient des gens intelligents, il y a contradiction, donc leur projet de génétique équivaut à se tirer une balle dans le pied…

C’est un peu comme dans les films Terminator et Matrix : les hommes créent des machines aux performances supérieures, les machines prennent le pouvoir et considèrent les humains comme inférieurs et faibles voire inutiles. Ainsi, pourquoi une idéologie d’un régime politique créerait-elle soudain une arme qui se retournera contre lui ? À moins d’intimider les gens intelligents… Mais l’intimidation cédera pour laisser place à la révolte.

L’intelligence voit avec horreur et révolte les dictatures et les inégalités. Après tout, produire des gens intelligents afin que ceux-ci s’organisent pour virer des régimes liberticides et les remplacer par la démocratie, ce serait une bonne idée. 😉

Je doute fort que la Chine puisse dominer le monde en croyant fabriquer des clones transgéniques intellectuellement surefficients… C’est de la science-fiction.

Il suffit qu’un enfant soit né de l’amour entre les parents, qu’il soit élevé avec bienveillance et bien-être, et là il prendra confiance en lui et développera des aptitudes à travers une méthode de travail et le travail intellectuel proprement dit. Réduire les humains à du matériel génétique et à des robots, c’est nier l’humanité en eux, et c’est faire d’eux les produits d’une idéologie stupide, ignorante. Une idéologie de la peur et de l’obéissance. Liberté ! Que plutôt ce mot-là germe dans leur esprit, avant même le mot galvaudé et dénaturé de sens qu’est le mot «intelligence».

Je cite : «En France, ils seraient 1,2 million. Surdoués, avec un QI supérieur à 130, contre une moyenne de 100 et des qualités impressionnantes.»

Nous sommes 65 millions en France. Donc 1,2 divisé par 65 est égal à 1,85% de QI supérieur à 130 en France.

Or, j’ai cependant une autre donnée qui contredit celle énoncée par l’article. En effet, je cite : «3 % dépassent le seuil de 130, ce qui indique un niveau très supérieur à la moyenne».   Source : http://www.doctissimo.fr/html/sante/mag_2002/sem01/mag0524/dossier/sa_5531_qi_dix_questions.htm

1,85% et 3% ce n’est pas pareil.

Cependant, le lien que je viens de coller ci-dessus (Doctissimo) affirme que les tests de QI sont fiables. Or, j’ai réalisé une expérience statistique qui montre l’existence d’une marge d’incertitude qui n’est jamais prise en compte. Voir ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/05/24/experience-statistique-sur-9-tests-de-qi/

En effet, avec 9 tests de QI (scores = 119 ; 135 ; 131 ; 131 ; 103 ; 131 ; 119 ; 119 ; 143), on peut constater que mes scores supérieurs ou égaux à 130 concernent 5 tests sur 9, soit une probabilité de 55,5% pour que mon QI moyen soit au-dessus de la frontière du surdon. Un test, par conséquent, n’a pas de valeur certaine. Pour environ 1 test sur 2, je suis parfois surdoué, mais aussi parfois sous-doué. Un test de QI ne signifie rien, il n’a pas de valeur scientifique. J’ai observé que lors d’une même journée, des tests de QI sont plutôt disparates, ils ne convergent pas autour d’une valeur précise du QI. Alors, quand il s’agit de tests espacés dans le temps pour croire à une évolution en mieux ou en pire du QI, ça n’a pas plus de valeur ni de crédibilité…

Puis aussi, je trouve que le profil général des enfants surdoués ressemble plus à une caricature qu’aux réalités (pluriel, car tout le monde a sa façon personnelle d’apprendre et d’appréhender les choses).

Ainsi, si la moitié des tests de QI suggèrent que je fais partie des surdoués (je n’aime pas trop cette classification, je me trouve très ordinaire), je ne corresponds pas à plusieurs caractéristiques du surdoué. En effet, si j’ai acquis tôt la capacité de parler (à un âge moyen et ordinaire), je n’ai pas eu un vocabulaire riche jusqu’à l’adolescence, période à laquelle je me suis mis à lire des dictionnaires. Je m’emmerdais franchement pendant les cours de français quand j’étais collégien : à quoi sert-il de stocker en mémoire des règles de grammaire (sujet, verbe, complément, conjonction, pronom…) si on sait déjà écrire une dictée avec moins de 1 ou 2 fautes ? Programmes scolaires souvent futiles. Les phrases vraiment bien construites, ce n’est qu’à partir de 2007, époque où j’ai commencé mon blog, que j’ai pu développer cette aptitude, parce que je suis devenu assez prolifique en dactylographie. Plus jeune, je n’étais pas vraiment capable de me concentrer, pas particulièrement éveillé. Faire un calcul de la division à la main, en classe de CM1 était un cauchemar pour moi à l’époque, jamais je n’aurais cru suivre des études universitaires en suivant un DEUG de maths et informatique appliquées en sciences… On change énormément avec le temps, au point de devenir le contraire de ce qu’on a été. Seul beaucoup de travail cérébral, et prendre goût à ce qu’on fait, peut permettre cela. Mais une grosse déprime peut altérer la qualité de ce qu’on fait. Beaucoup d’étudiants sont concernés par la déprime et préfèrent ne jamais en parler. Puis aussi, je n’ai pas particulièrement une mémoire étonnante, j’ai peine à me souvenir des poésies récitées. Mais j’ai une très bonne mémoire des nombres, et pour un domaine comme l’astronomie. Puis je n’aimais pas vraiment la compagnie des adultes, j’étais plutôt sauvage, dans mon monde, je préférais la solitude et lire des livres. Si quelqu’un me définit comme un homme intelligent, j’ajoute que je n’étais pas du tout un esprit précoce. Je doute de l’affirmation selon laquelle l’intelligence rime avec la rapidité cérébrale. Être rapide est utile dans les situations extrêmes de survie, pour échapper aux caïmans, aux éléphants furieux et au grand requin blanc. La peur salvatrice concerne plutôt l’hypothalamus et les glandes surrénales (sécrétion d’adrénaline), ce n’est pas vraiment de «l’intelligence». L’intelligence c’est plutôt la jugeotte, la faculté de réflexion, et cela concerne la région préfrontale du cerveau. Et réfléchir, ça nécessite un travail patient, donc il faut du temps. La rapidité ne sert qu’à augmenter le risque de se tromper quand on essaie de résoudre un problème complexe. Être rapide n’est pas vraiment un critère d’intelligence. Il peut m’arriver d’écrire un seul article sur mon blog en 2 ou 3 heures, je ne suis pas un rapide mais je ne vois pas le temps passer, mais au moins je réfléchis, et je relis souvent mes textes afin de réduire le risque d’erreur, d’oubli ou d’inexactitude. Être rapide, ce n’est pas réfléchir.

En poursuivant la lecture de l’article de lesechos.fr (voir le lien plus haut), je dois préciser un truc. Il s’agit de la quête de sens, comme un des critères de surdouance. La quête de sens, c’est assez motivant en science, cela éveille à la curiosité. Comment ça marche, voila une question adaptée au contexte scientifique. Comment. La question du comment trouve ses réponses à travers l’expérience objective du réel, et trouver une quelconque utilité aux connaissances découvertes. Un sens fondé sur des connaissances objectives et pragmatiques. Donc là, ça va. Mais le problème que je dois évoquer concerne la quête de sens à travers la question du pourquoi, et non plus celle du comment. Un pourquoi qui concerne spécialement la métaphysique. La quête d’un sens métaphysique, à ne pas confondre avec la quête d’un sens scientifique. Vouloir trouver un sens à absolument tout, surtout dans le domaine de la métaphysique, c’est s’aliéner l’esprit, c’est courir le risque de s’enfermer dans le dogmatisme et l’idéologie. La jugeotte s’appuie sur des axiomes mathématiques qui sont appuyés par des observations et des expériences reproductibles, à travers des données quantifiables, et dont la théorisation est conditionnée par des hypothèses réfutables. La jugeotte, en tant qu’intelligence pratique, s’appuie autant qu’elle peut sur l’expérience sensorielle et instrumentale du réel. Peut-il y avoir de l’intelligence en l’absence de rationalité, en l’absence de quantification de phénomènes, en l’absence de preuves matérielles (atomes, molécules, forces, champs…) et dans l’absence de situations selon lesquelles il n’est pas possible de concevoir une expérience qui prouve la fausseté d’une hypothèse si celle-ci est fausse ? Sans rationalité ni connaissances factuelles, je n’y vois pas une roupie d’intelligence si l’on utilise des idées dénuées de crédibilité objective, j’y vois seulement de la crédulité, de la superstition ou du mysticisme. Notons bien que l’intelligence est équivalent à vecteur de connaissance.

À ce propos, existe t-il un protocole expérimental sur les tests de QI afin de pouvoir réfuter un test de QI si ce test est faux ?

Je viens de m’apercevoir d’un truc. Dans le monde, il y a a priori 70 à 210 millions de «surdoués» (1 à 3% de l’humanité) puisque nous sommes 7 milliards. La Mensa, elle, regroupe 140 000 surdoués à travers le monde. Donc une large majorité de surdoués dans le monde ne jugent pas utile d’intégrer la Mensa. Puis, quelle est l’utilité de la Mensa ? Je pense qu’il faut apprendre à vivre et à s’adapter aux gens, sans distinctions à propos de leur origine, de leurs différences, etc. S’isoler avec ses semblables, c’est se créer une vie artificielle qui n’est pas représentative des réalités quotidiennes. Les gens les plus futés ont-ils réussi à apporter la paix durable dans le monde, le progrès scientifique sans problème environnemental, le recul de l’illettrisme par l’apport de méthodes efficaces, le développement de l’esprit critique dans les écoles ?… Les êtres humains sont égaux dans leurs limites, malgré la bonne volonté.

La Mensa accepte les QI à partir de 132. En examinant mes 9 tests de QI, seuls 2 tests sur 9 répondent à ce critère de sélection, soit 22,2% de probabilité. Pourtant, en ayant essayé une fois de façon récréative un test préliminaire de Mensa en ligne, j’ai été informé que ma candidature était possible. Mais je ne compte absolument pas faire partie de cette association. Je montre seulement que les tests de QI issus d’une même méthode de conception de tests ont des résultats aussi divergents que des tests issus de méthode de conceptions différentes (il existe plusieurs échelles, dont l’échelle de Wechsler).

Je pense que si plusieurs indices existent pour dépister un intellect au-dessus de la moyenne, il est réducteur et simpliste de catégoriser la surdouance jusqu’à la caricature. Il n’existe pas de profil type. Les aptitudes intellectuelles sont multiples et diversifiées. Les intellects au-dessus de la moyenne sont différents entre eux, avec leur propre parcours, leur vécu, leur façon de voir les choses. De même pour les personnes dans la «norme», différents entre eux dans leurs aptitudes, leurs habitudes, leurs idées. 2talonner les gens sur leur QI, c’est très réducteur et simpliste. Le contexte est beaucoup plus complexe que ça, ce qui rend les méthodes d’enseignement très difficiles à mettre en place.

Pour faire un bilan : j’ai un avis ouvertement sceptique envers le concept de QI, concept galvaudé et mis à toutes les sauces à travers les médias et internet. Et même à la TV française où par exemple j’ai aperçu vaguement l’émission E=M6 sur la chaîne M6 hier soir le 24 mars 2013, dont l’un des thèmes était : «faire du sport rend intelligent». Plasticité cérébrale, adaptation, oui. Mais intelligence, pffff, ils sont audacieux de dire cela… Quand des systèmes neuromimétiques, via des modèles cybernétiques simples et composés de quelques pseudo-neurones, sont capables d’apprendre et de s’adapter selon les données reçues, peut-on par exemple parler d’intelligence dans ce cas ? Ce serait exagérer. Apprendre à faire du vélo et s’adapter, ce n’est pas de l’intelligence, cela relève plutôt d’une forme d’automatisme musculaire et cérébral par des apprentissages répétés.

  • Voici un troisième article : http://les-tribulations-dun-petit-zebre.com/2013/03/21/gromov-la-science-bute-sur-trois-enigmes-majeures-le-jdd-mars-2013/
  • Cet article du Petit Zèbre dit vrai en disant que les maths sont une activité ludique et qu’elles sont enseignées de façon ennuyeuse. Le mathématicien Gromov a raison de dire que la moitié de la population soit naturellement apte aux mathématiques. Une réforme de l’enseignement est nécessaire devant le recul inquiétant des vocations scientifiques. Il faut concevoir des méthodes d’enseignement personnalisé. M. Gromov a tout-à-fait raison de souligner qu’il n’y a pratiquement aucune recherche sur l’éducation et que tout le monde croit savoir comment enseigner. Enseigner est une mission difficile.
  • Si croire rassure et donne une belle image idéale de la vie et de l’après-vie, le savoir et la connaissance conduisent à la désillusion et donc la déception. La connaissance ne satisfait pas les scientifiques. Au contraire, on est toujours insatisfait. Dans leur tête, les scientifiques ne se sentent jamais bons, ils sont toujours remplis de doutes et doutent d’eux-mêmes, mais c’est cela qui nous fait aller de l’avant… D’aller plus loin. De ne jamais tenir une information pour vraie.
  • Par contre, je suis en désaccord partiel sur un point raconté par M. Gromov : «Le mystère de la vie. Comment est-elle survenue? Qu’est-ce qui l’a créée? Quand on regarde tous les paramètres, à l’évidence, les probabilités sont extrêmement basses qu’elle survienne. Elle n’aurait pas dû arriver et pourtant elle est survenue.» Il évoque ici le principe anthropique, on divague sur de la métaphysique. En biochimie, les réactions sont nombreuses et complexes, et des réactions à température ambiante (entre 20 et 40°C) auraient été impossibles sans des molécules protéiques que sont les enzymes. Les enzymes, en biochimie, sont des catalyseurs naturels qui facilite grandement les réactions biochimiques en multipliant les chances de se synthétiser. Plus il y a de réactions catalysées, plus il y a de chances que la vie émerge au hasard, à travers des mécanismes biochimiques dans lesquels l’hypothèse d’un Créateur ou Démiurge n’est scientifiquement pas nécessaire… Le principe anthropique fait le déni du hasard. Ce n’est pourtant pas pour rien que l’on a conçu la théorie des probabilités. Le hasard à lui seul peut nous dispenser d’avoir recours à un principe anthropique qui, de toute façon, est une hypothèse irréfutable donc dénuée d’approche scientifique.

Si j’ai une conception précise de l’intelligence, ma conception ne jette pas aux orties des domaines comme l’art, par exemple. Une œuvre d’art, par exemple un tableau de peinture à l’huile, n’est pas sensée être une connaissance objective. Une œuvre elle-même sur ce qu’elle représente, s’appuie sur l’émotion, sur l’intelligence aussi mais dans un autre contexte où l’on ne mélange pas la science à l’art ni à la foi. L’art, très souvent, met en image et en valeur ce qui est beau, du beau naturel ou du beau théorique ou idéal. Ce que représente l’art est d’ordre intuitif et émotionnel. Cependant, avec le concept de beauté mathématique, ça va bien au-delà de ces considérations. Mais pour y réfléchir, si ce qui est représenté est émotionnel, l’art lui-même en tant que technique, entre le support, les éléments appliqués et l’artiste, il s’agit d’une technique ayant sa part de rationalité et d’expérimentation. Par exemple, le français Conté était à la fois peintre et chimiste. De la chimie pour créer des couleurs avec des pigments naturels, des liants et une charge, comme le mode de fabrication des pastels. Les œuvres d’art sont l’effet de l’intuition et de la créativité, et les moyens conçus pour faire de l’art ont mobilisé de l’intelligence, voila comment je vois les choses à propos de l’art. J’ai un aveu à faire. Avant d’embrasser une carrière scientifique, j’ai failli aller aux Beaux-Arts… Je suis un dessinateur habile, et j’obtiens des choses magnifiques avec la sanguine (les pastels c’est formidable, d’ailleurs je me demande pourquoi la mode a reculé depuis la Renaissance). D’ailleurs, j’adore le style de la Renaissance. J’aime les arts traditionnels. L’art digital, l’infographie, ça peut être joli aussi mais ce n’est pas pareil, c’est moins mon truc. Cet aveu doit en étonner plus d’un.  😉 Si je n’expose pas d’art dans mon blog, j’ai une raison simple : je sépare strictement les domaines d’activités entre eux. La démarcation est un principe qui lève toute ambiguïté. Ce serait ballot par exemple que certains croient que la Matrice existe vraiment, avec nos amis Neo et Morphéus, alors que ce thème appartient à l’art du cinéma. Le pire, c’est qu’il y en a qui y croient vraiment…  o_O’

Parodie ironique et humoristique de Matrix :
Bon, tu prends la pilule blanche ou la pilule rouge ? C’est cela ouiii, l’une c’est du Vhyagrää et l’autre c’est du cyanure, héhé. Comment ça, tu cherches la pilule bleue ??  Bon ok, mais ne fais pas trop mal au lapin blanc, hein.   😉

Ajout subsidiaire :

J’ai parlé de jugeotte et d’intellect dans le cas de l’intelligence analytique logico-mathématique, bien qu’il existe d’autres formes de jugeottes. J’ai préféré parler de l’intelligence analytique car elle est la plus adaptée dans le domaine des sciences et de la théorie de la connaissance. Un artiste peut être un grand maître de créativité et de sensibilité, c’est une forme plus instinctive de l’intelligence, mais c’est différent de l’intelligence logico-mathématique, moi-même j’en sais quelque chose de par mon expérience personnelle, car j’alterne entre l’art et les sciences.

Mais on ne peut pas avoir un avis tranché en matière d’intelligence. C’est un sujet plus complexe que le concept réducteur du QI.

La question intéressante à se poser : qu’est-ce qui n’est pas de l’intelligence ? L’absence d’esprit critique, selon moi.

Sans esprit critique, on est vulnérable à la désinformation sous toutes ses formes. L’auto-défense intellectuelle est un outil qui change beaucoup de choses, ça ne rend pas forcément plus intelligent, mais ça rend certainement l’esprit moins perméable aux impostures intellectuelles. La bêtise, c’est quand on se laisse aller, quand on ne réfléchit pas assez, quand on n’observe objectivement pas assez, quand on ne laisse pas les croyances et les préjugés au vestiaire.

Le scepticisme scientifique a changé ma vie en mieux. Pourquoi pas la vôtre ?

 

Voila, l’article présent est fini. 🙂

 

© 2013 John Philip C. Manson

L’intelligence et la précocité, même chose ou pas ?

  • Seulement 11 jours après cet article connexe : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/02/23/a-3-ans-un-qi-plus-eleve-queinstein/ , voici encore l’occasion de dénoncer le sensationnalisme malsain sur les jeunes «cerveaux supérieurs». Ce n’est plus du reportage, c’est du phénomène de foire, et les enfants n’ont pas besoin de subir ça… C’est aussi malsain que les affreux concours de Mini-Miss aux USA, dans lesquels les gamines sont maquillées comme des voitures volées… Pffff.

Donc en effet, le sensationnalisme recommence avec ce nouveau sujet récurrent : http://fr.news.yahoo.com/12-ans-fait-partie-personnes-intelligentes-au-monde-063515510.html (source : http://www.gentside.com/insolite/a-12-ans-elle-fait-partie-des-personnes-les-plus-intelligentes-au-monde_art48852.html)

Comme je l’ai souvent évoqué, le QI ne mesure pas l’intelligence. Les tests de QI mesurent la différence entre l’âge mental d’un enfant scolarisé et son âge physique, par rapport à une moyenne d’enfants de son âge. Le tout avec une marge d’incertitude que personne n’a jamais fait remarquer jusqu’à présent…

Que signifie t-il d’avoir un QI de 160 quand on est âgé de 12 ans ? Cela signifie que l’enfant a une avance scolaire de plusieurs années, avec un âge mental de 19,2 ans (soit 7,2 années d’avance). Il est donc ici question de précocité, pas d’intelligence. Ainsi, la jeune fille de 12 ans a le niveau scolaire d’une femme de 19 ans, c’est-à-dire le niveau de Terminale, voire Bac +1. Ajoutons à l’âge mental une marge d’incertitude de plus ou moins 1 an.

Une bonne précocité, certes. Statistiquement peu fréquent, c’est vrai aussi. Mais sera-ce toujours le cas lorsque la jeune fille sera devenue adulte ? De plus, l’extrapolation du QI infantile à celui d’un adulte (comme Einstein, Newton, Kepler, Goethe qui n’ont JAMAIS passé de tests de QI) est une franche foutaise.

  • On entend parler de jeunes qui sont précoces, plus rapides, plus habiles. Mais que sont-ils devenus une fois devenus adultes ?
  • La précocité et la vitesse, est-ce que cela conduit toujours à des prix Nobel ou des médailles Fields ?
  • Qu’est-ce qui vaut mieux : être précoce, ou avoir une enfance heureuse ?

Les journalistes sont en extase devant le mythe des génies qui arrivent à la cheville d’Einstein. Le journalisme se complaît dans le mythe et dans la répétition médiatique des stéréotypes. Ce n’est pas ça, la réalité.

Les tests de QI, à l’origine, grâce aux travaux psychométriques du Dr Binet, servaient uniquement à dépister les enfants présentant des problèmes de retard scolaire par rapport à une moyenne. Ensuite, tout ce qui fut ajouté au QI depuis la fin des années 1950, c’est superficiel et commercial pour flatter les égos supérieurs…

Nous sommes des êtres humains avant tout. Il y a une différence entre le fait qu’on assimile plus rapidement un programme scolaire et le fait que l’on comprend une théorie scientifique de niveau Doctorat. Comprendre, voila le mot. Comprendre le sens, comprendre comment utiliser les outils disponibles et les outils à inventer ou réinventer. Et comprendre, c’est un édifice bâti sur du travail, et le travail représente du temps. Beaucoup de temps. La vitesse ne prévaut pas à la durée du travail. La vitesse sans méthode de travail ça conduit au naufrage.

D’après vous, l’intelligence, c’est agir dans la vitesse, ou agir dans la réflexion ?

Quand Einstein était jeune, il était calme et timide. Il ne passait pas pour un élève éveillé, il parlait peu. Il réfléchissait beaucoup pour être sûr de ne pas se tromper, et prenait le temps de répondre. . À cause de ce trait de caractère, il fut surnommé «le père la Vérité» par les autres camarades. Du temps pour réfléchir, du temps de travail, c’est la base du talent pour quelque chose.Einstein aimait observer la nature et comprendre le comment et le pourquoi des choses. La précocité, elle, c’est différent : c’est juste arriver en avance par rapport aux autres lors d’un premier temps, et se laisser ensuite rattraper peu à peu par les autres en quelques années lors du second temps… D’ailleurs, que deviennent les petits génies (ou plutôt les précoces) quand ils sont devenus adultes ? La précocité a t-elle pu réellement apporter un bonus par rapport à une personne moyenne ? Certains réussissent, comme le très brillant mathématicien Terence Tao (ça aide forcément d’avoir une maman qui enseigne les maths). Mais les autres ?

La vitesse, elle, c’est un sport sans esprit. Foncer sans réfléchir c’est aller droit dans le mur.

Assimiler l’éveil à la vitesse de réaction, c’est naïf, parce que la vitesse c’est pour les moutons conformistes et obéissants. Le recul critique, pilier de l’intellect, n’a jamais été marqué par la vitesse. Agir vite, c’est prendre le risque de se tromper plus souvent. Comme les journalistes, qui écrivent plus vite que leur pensée… Ça ne sert à rien de publier des scoops sur des enfants abusivement présentés comme supérieurs à Einstein et Stephen Hawking. Assimiler un programme scolaire, et construire une théorie scientifique crédible, ce sont deux contextes différents.

L’intelligence n’est pas une affaire de naissance ni de génétique. L’intelligence c’est avant tout des années de travail avec des moyens et des objectifs, l’ensemble étant conditionné par le milieu socio-culturel. C’est une méthode de travail qui rend apte, avant tout.

Être précoce ne suffit pas. Il faut nécessairement avoir une méthode de travail assidu. Les QI à eux seuls n’expliquent rien, ne prouvent rien et ne remplacent pas le travail à accomplir. Le QI c’est une sorte de pompe à vélo qui ne sert qu’à gonfler l’égo (mmpff mpff proute prrrouttte, la tête énorme et puis paf !!), et ce gadget pseudo-scientifique peut avoir une influence mauvaise chez les plus jeunes.

J’ai juste compris une chose : tout article auquel on ajoute le nom d’Einstein fait le buzz, d’autant plus vrai avec des titres racoleurs et répétitifs comme par exemple «Untel a un QI supérieur à celui d’Einstein». Ce n’est plus de l’information, c’est du marketing. Voila à quoi se résume le journalisme d’aujourd’hui.

Analyser, autopsier et évaluer l’information (et la désinformation), voila la mission que devrait remplir le journalisme. Cela fait pourtant partie de ses devoirs déontologiques…

© 2013 John Philip C. Manson

L’intelligence et la génétique ?

Cet article de Gentside soulève de multiples interrogations.
Je le dis tout de suite. L’attitude scientifique ne consiste pas à dire amen aux nouvelles théories mais à évaluer la solidité de celles-ci.

Voici mes remarques :

Comparer l’environnement socioculturel des humains avec leur QI n’est pas fiable :

  • J’ai montré que les tests de QI comportent une grande marge d’incertitude (~ 30%)
  • Les altérations cognitives peuvent avoir des causes multifactorielles : perturbation de l’environnement familial (explosion des divorces, familles recomposées, familles monoparentales). Des épreuves affectives peuvent entraîner un état dépressif qui n’a rien à voir avec une diminution de l’intelligence mais plutôt parce que l’on n’aura pas eu la force de réussir les tests (dans un contexte comparable : iriez-vous au travail avec 40°C de fièvre ?).
  • Il n’existe pas de définition scientifique de l’intelligence, on ne peut donc pas la mesurer de façon aussi fiable que les analyses génétiques.
  • Il n’existe aucune preuve d’un lien entre le QI et la génétique (sauf à propos de certains retards mentaux, mais pas concernant la surdouance ni même l’intelligence «normale»).

Les facultés cognitives «normales» ne sont pas fondamentalement conditionnées ni déterminées par la génétique. L’intellect n’est pas inné, il est acquis : le développement de l’intelligence humaine est une affaire de stimuli, d’exploration du réel. Un cerveau n’est pas ce qu’il est à cause des gènes mais parce qu’il est utilisé et sollicité. L’intellect «normal» ou surefficient est un état basé sur l’action, la volonté, mais pas par une prédestination génétique. Néanmoins, une alimentation équilibrée aide à conserver des fonctions biologiques normales, la malbouffe contribue à une altération de la santé. De plus, l’épandage des pesticides est un empoisonnement organisé de la nature : c’est un crime contre l’humanité, un crime contre la vie. Les pesticides sont très toxiques contre l’environnement, notamment les insectes pollinisateurs qui sont en danger, et les vers de terre ; les insectes empoisonnés peuvent contaminer ensuite les oiseaux qui se nourrissent d’insectes, c’est la chaîne alimentaire qui est affectée. La chimie est une science, c’est même la base de mon métier d’origine, mais je trouve que c’est une science mal utilisée, dans l’inconscience. La science n’est qu’un outil, en fait ce qui pose problème c’est le système économique et la société de consommation, c’est un système malade.

Si l’étude relayée par Gentside était vraie, alors pourquoi la science n’est-elle pas née pendant les temps préhistoriques ? L’étude apparaît trop simpliste. Ce qui y est affirmé sur la dégradation des gènes sur 20 à 50 générations, est-ce une observation fondée sur des fossiles, ou n’est-ce qu’une hypothèse à tester ? Le style de rédaction paraît plus littéraire que scientifique, je cite : «si l’on estime que le plus haut pic d’intelligence se situait à l’aube de notre civilisation, soit il y a 3000 ans et environ 120 générations, chaque être humain aurait hérité de deux à six mutations génétiques. Des transformations durant lesquelles quelques neurones ont pu se perdre en route.» Il y a 3000 ans c’est vers l’an 1000 avant JC, mais l’Histoire a débuté plutôt vers l’an 4000 avant JC (il y a 6000 ans). En plus, 3000 ans pour 120 générations, ça fait 25 années pour une génération, en moyenne, mais en réalité c’est moins, compte tenu de la courte espérance de vie autrefois… Le nombre de neurones n’est pas déterminé par les mutations génétiques mais par les stimulations du fait de l’interaction avec l’environnement. Par exemple, on ne naît pas mathématicien parce qu’on a de bons gènes, on ne devient mathématicien qu’en faisant travailler la cervelle ; et quand un effort est fait, tout le monde peut y arriver, à condition de le vouloir. Être doué c’est le résultat d’un travail régulier, et rien d’autre.

Cependant, il est légitime de s’inquiéter de ce qui se passe à notre époque : les vocations scientifiques ont diminué de moitié lors des 15 dernières années. La désertification des filières scientifiques est un problème préoccupant et sérieux. Prétendre que c’est à cause des gènes serait un raccourci complètement absurde. Accuser les gènes, c’est occulter d’autres réalités : les failles du système éducatif, l’échec de la vulgarisation scientifique, l’inférence de mouvances religieuses dans la sphère scientifique et pseudo-scientifique (par la secte New Age et certains groupes ufologistes ainsi que certaines mouvances qui s’autoproclament «écologistes»).

Premier geste à accomplir : éteindre la TV et reprendre une activité normale…

Pourquoi sommes-nous si désespérément bêtes et méchants ? À cause de la télé-réalité… iconlol

© 2013 John Philip C. Manson

Analyse d’un document sur le développement durable

Il ne s’agit pas explicitement d’une critique mais d’une vérification quantitative des données. C’est toujours utile de vérifier ce qu’on lit ou entend.

Voici ce qu’on lit page 3 :

compare-energies

Vérification :

  • Une mole de charbon (carbone) produit par combustion 44 g de CO2 pour 393,5 kJ de chaleur libérée, soit 111,82 g de CO2 par mégajoule.
  • Comme le pétrole est un mélange d’hydrocarbures, notamment de nombreux alcanes, le calcul montre que la combustion du n-pentane (C5h12, le plus simple alcane liquide à température ambiante) produit 68,62 g de CO2 par mégajoule (soit 38,63% de moins que le charbon), et que la combustion du n-pentadécane (C15H32, le plus lourd alcane qui soit liquide à température ambiante) produit 71,61 g de CO2 par mégajoule (soit 35,96% de moins que le charbon). D’autres types d’hydrocarbures peuvent a priori expliquer que ce ne soit pas de 25% d’après la page 3 du document. Mais les apparences montrent que, puisque le taux calculé est différent, cela suggère que le pétrole contient autre chose majoritairement que des alcanes liquides.
  • D’après http://fr.wikipedia.org/wiki/Contenu_CO2, le charbon produit 342 g de CO2 par kWh, et le fioul lourd produit 281 g de CO2 par kWh. Donc le fioul lourd produit 17,8% de moins en CO2 que le charbon à énergie égale. Cependant, d’après Wolframalpha.com, le calcul montre qu’une mole de carbone produit 44 g de CO2 pour 393,5 kJ, or cela équivaut à 402,54 g de CO2 par kWh, et non pas 342 g.
  • Après ce constat, il semble que des incertitudes affectent les calculs à propos du PCI des combustibles. Ce détail ne doit pas être négligé.

Page 8 :

kWhm2

Vérification :

Page 77 :

  • Mention a été faite que l’essence produit 85,9 g de CO2 par MJ, et que le biogaz et le gaz naturel émet -20% de CO2.

Vérification :

  • -20% de 85,9 g/MJ, c’est égal à un reste de 68,72 g de CO2 par MJ (qui vaut 80% de 85,9 g/MJ).
  • Mais le calcul du PCI via les énergies de liaison montre que le méthane produit 54,86 g de CO2 par MJ, tandis que Wolframalpha.com indique une quantité de 49,4 g de CO2 par MJ. Ainsi, mes deux calculs montrent que le méthane produit respectivement -36% de CO2 par MJ et -42,5% de CO2 par MJ, mais pas -20%.

Page 24 :

eqcarb

Vérification :

  • Avec une densité de 0,84, alors 2000 L de fioul sont équivalents à 1680 kg de fioul, et comme il y a 86,5% de carbone en masse dans le fioul, alors il y a 1453,2 kg (soit 1,45 tonne) d’équivalent carbone dans 2000 L de fioul. Mais pas 1,25 tonne.
  • 2000 L de gaz naturel (méthane) non comprimé et à température ambiante, ça équivaut à 89,29 moles de méthane, soit  1,429 kg de méthane. Une mole de méthane produit une mole de CO2 (d’après CH4 + O2 -> CO2 + 2 H2O). Donc la combustion de 16 g de méthane libère 44 g de CO2. Donc la combustion de 2000 L de méthane libère environ 3,93 kg de CO2. Parmi ces 3,93 kg de CO2, il y a 1,07 kg de carbone. Et dans 2000 L de méthane (soit 1,429 kg) dans les conditions normales standards de température et de pression (1 atm et 25°C)  il y a 1,07 kg de carbone. Il faut 1,33 tonne de méthane (presque 1400 m³, soit 1,4 millions de litres, CNTP) pour qu’il y ait 1 tonne de carbone dedans, et il faut 3,666 tonnes de CO2 pour qu’il y ait 1 tonne de carbone dedans.
  • Je constate que les équivalences carbone pour comparer le fioul, le carbone et le gaz naturel ne s’appliquent pas aux masses. Alors cela s’applique t-il aux énergies de combustion (PCI) ? On va regarder ça.
  • 1,25 tonne de carbone = chaleur de 40987,5 MJ (puisque 393,5 kJ/mol donc 32,79 MJ/kg), et donc chaleur de 11385,4 kWh pour 1,25 tonne. Avec le fioul, on a un PCI de 7,5 à 9,462 kWh par litre (selon la qualité du rendement). Donc avec 2000 L de fioul, on produit 15000 à 18924 kWh de chaleur, ce qui est dans le même ordre de grandeur que l’équivalent carbone énergétique, mais avec une différence de plus de 31,7%.
  • Ensuite, pour 9108,32 kWh par tonne de carbone (puisque 11385,4 kWh pour 1,25 tonne de carbone), alors avec le méthane, qui produit 890,6 kJ/mol, donc 55,66 MJ/kg de méthane, soit 15,46 kWh/kg, alors pour que l’énergie produite par la combustion du méthane soit équivalente à celle de 1 tonne de carbone, on divise 9108,32 par 15,46, et il faut donc 589,15 kg de méthane pour avoir l’équivalent énergétique de 1 tonne de carbone. Mais 589,15 kg de méthane, ça a un volume de 824,56 m³ (824560 L) sous pression atmosphérique et température ambiante… Ainsi, je ne comprends pas du tout l’énoncé quand il parle du gaz naturel qui serait équivalent à une tonne de carbone, mais pour quelle masse ou quel volume de gaz naturel ? Bizarre…

Ensuite, pour évoquer la baisse de 1°C comparée aux 10% de diminution d’énergie. Il s’agit vraisemblablement d’énergie de chauffage. On va imaginer une chambre ayant un volume constant (et donc une surface interne constante). Cette chambre est chauffée selon un flux thermique exprimé dans l’unité watt par mètre carré. Cette unité physique est directement liée à la température.

f =flux, soit df la variation de flux, s = constante de Stefan-Boltzmann, T = température (°C).

Alors :      f = s(273,15 + T)⁴            et       f – df = s(273,15 + T – 1)⁴           alors on devrait trouver df/f = 0,1 si l’énoncé dit vrai. Je trouve 0,014 pour T=15°C. Soit une baisse d’énergie de 1,4% si on réduit de 1°C. Je ne suis pas satisfait de ce calcul, j’exprime ma réserve, je vais examiner et approfondir ce contexte précis. Ce point est à reprendre.

Pour commencer la reprise de l’argumentaire à propos du chauffage d’une chambre :

  • En fait, la perte de chaleur d’une chambre dépend de l’isolation (le type de matériau isolant pour les murs et les fenêtres) et de la différence de température entre l’air de la chambre et l’air à l’extérieur. Les murs absorbent peu à peu la chaleur de l’air de la chambre pour la diffuser vers l’extérieur, par conduction thermique dans les murs. Pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Conductivit%C3%A9_thermique

Très intéressant : en termes de bâtiment, selon la norme française RT2012, un matériau est considéré comme isolant si sa conductivité thermique est inférieure à 0,065 watts par mètre-kelvin.

Page 24 :

clim

Vérification :   

m = masse de carbone (g)

dm/dL = masse CO2 (g/km)

L = 15000 km

m = (12/44)×(L×(dm/dL)×(2/3) + L×(dm/dL)×(1/3)×1,2) = 150000 g ± 50000 g

Résultat :   pour 15000 km/an, la voiture aura émis en moyenne dm/dL = 34,38 g de CO2/km. C’est à peu près dans le même ordre de grandeur, mais un peu faible par rapport à la réalité (90 à 120 g/km).

Page 12 :

rendementwind2000h

Vérification :

  • Dans une année, il y a 8766 heures. Alors 2000/8766 = 0,228 = 22,8%. Et 22,8% correspond à peu près au rendement d’une éolienne en France. Donc l’argument des 2000 heures pleines est exact.

Page 26 :

ruminants

Vérification :

Page 32 :

fiouleconomie

Vérification :

  • On a vu plus haut que 2000 L de fioul correspondent à 1680 kg de fioul. Comme il y a 86,5% de carbone dans le fioul, alors il y a 1453,2 kg de carbone dans 2000 L de fioul. Et 50% de cette masse c’est 726,6 kg. C’est dans le même ordre de grandeur que les 0,8 tonne de carbone, avec un écart de 10,1%. On peut considérer que l’affirmation du document est valide.

Page 36 :

chaudiereagaz

Vérification :

  • Le fioul a un PCI maxi de 9,96 kWh/L et 12 kWh/kg. Le méthane libère 55,66 MJ/kg et 15,46 kWh/kg. La comparaison montre que, à masse équivalente entre combustibles, le méthane produit plus de chaleur (+28,8%) que le fioul. Et à confort équivalent (même chaleur), il faut 28,8% de fioul en plus pour produire autant de chaleur que le méthane. Maintenant, comparons en terme d’émissions en CO2. Il y a massiquement 86,5% de carbone dans le fioul. À confort équivalent (donc à chaleur équivalente), on va prendre exemple sur 1 kg de fioul et 776 g de méthane. Un kg de fioul brûle pour produire 3,17 kg de CO2. Et 776 g de méthane brûle pour produire 2,134 kg de CO2. À confort équivalent, le fioul produit plus de CO2 que le méthane, la différence est de 48,55% et non de 25%…

Page 38 :

fioul30pc-05t

Vérification :

  • On a vu plus haut que 2000 L de fioul c’est équivalent à une masse de 1680 kg (pour une densité de 0,84 par rapport à l’eau). On a vu aussi que dans le fioul, il y a 86,5% de carbone. Dans 2000 L de fioul, il y a donc 1453,2 kg de carbone. Donc 30% de cette masse de carbone, c’est égal à 435,96 kg, ce qui est effectivement proche de 0,5 tonne de carbone (écart : 14,7%).
  • Concernant l’économie de chauffage par abaissement de température, tout dépend de la conductivité thermique des matériaux d’isolation, et tout dépend aussi de la température extérieure par rapport à la température dans l’habitat.
  • Remarque : l’émittance (en watts par mètre carré) est proportionnelle à la puissance quatrième de la température absolue. Ainsi, la différence des émittances correspondant à 19°C et 22°C est de 4,17% seulement. Mais en raisonnant autrement, supposons que dehors il fasse 10°C, alors passer de 22°C à 19°C dans une chambre, ça implique une variation de différences des émittances intérieur/extérieur de -35,46%, soit une économie d’énergie thermique de 35,46%. Mais le gain économique dépend de la température extérieure autant que de la conductivité thermique des matériaux d’isolation. En revanche, un autre calcul montre que si la température extérieure est de -20°C (en-dessous de zéro), alors passer de 22°C à 19°C dans une chambre entraîne une économie thermique de 9,56% seulement, au lieu des 35,46% vus précédemment. Plus il fait froid dehors, moins il est possible d’économiser le combustible pour se chauffer. Il faut pouvoir se chauffer décemment en hiver, non ?
  • En fait, concrètement, les 30 à 40% d’économie de chauffage n’est vrai que si la température de dehors est supérieure ou égal à 10°C. On ne réalise pas une telle économie lors de températures extérieures hivernales.

Page 41 :

taxecarbone

Vérification :

  • 1500 € la tonne de carbone, c’est 1500 € pour 3,666 tonnes de CO2.
  • Sur cette base de taxation, cela signifierait que la respiration humaine pourrait être taxée jusqu’à 500 € par an et par humain, si un humain expire 3,39 kg de CO2 par jour (seulement si 100% de l’oxygène inspiré est expiré sous forme de CO2, avec une respiration individuelle de 6 L d’air par minute.
  • 1 L d’essence = 790 g d’essence. Dont 84,21% de carbone dans l’octane. 1 L d’essence équivaut donc à 665,3 g de carbone dont la valeur est de 1 €. Soit 1 € par litre d’essence. Ainsi, c’est inférieur à un doublement du prix de l’essence, puisqu’à la pompe l’essence coûte bien plus qu’un euro.
  • Concernant l’électricité, alors sachant que 1 kWh électrique équivaut à 900 g de CO2, alors la taxe carbone d’équivalence électrique en CO2 serait donc de 0,37 € pour 1 kWh, donc 37 centimes d’euro, et non pas 3 centimes d’euro. Ainsi, la taxe carbone appliquée à la consommation électrique vaut 3 fois plus cher que le prix actuel de l’électricité en France métropolitaine. Ainsi, en ajoutant la taxe carbone au prix électrique actuel, on constate un quadruplement du tarif de l’électricité…
  • La taxe carbone est un péril économique ! Exemple : les chauffeurs routiers ne pourront plus gagner décemment leur vie, les patrons pêcheurs non plus… Ce serait alors la mort économique pour de nombreux secteurs basés sur la logistique. Déjà qu’actuellement les charges fiscales sont élevées et que les PME sont en difficultés. Laissons l’écologie et le développement durable entre les mains de scientifiques, plutôt qu’entre les mains d’idéologues inconscients.

Bilan :

  • Sur les 10 paragraphes étudiés : 3 sont vrais, 1 comporte une incertitude, 2 sont faux, 3 divergent du résultat attendu, et 1 fait controverse (celle de la taxe carbone) et est faux en même temps (à cause du tarif électrique).

S’il faut effectivement du développement durable afin d’enrayer la pénurie des énergies, il faut néanmoins prendre en compte les incertitudes quantitatives, parce que les chiffres ne peuvent pas être absolument «exacts», il existe une marge de plus ou moins X%, où X n’est pas nul.

De plus, prévoir une taxation «carbone» (dont une des conséquences est le doublement du prix à la pompe d’essence ; voir page 41) est inadapté dans le contexte actuel de grave crise économique, et parce que ce sont les personnes les plus précaires et les plus démunies qui risqueront de souffrir davantage à cause d’une telle décision. Il faut trouver un équilibre entre la protection de l’environnement et le développement économique. On ne peut pas sacrifier l’économie, sachant que l’industrie est en train de mourir en France (voir la récente actualité à propos de la fermeture de l’usine des pneus «Good Year», en France). Pourquoi créer des taxes dans une nation qui représente environ 1% de la surface planétaire, sachant que les plus gros pays pollueurs continueront à polluer dans l’impunité ? Punir et culpabiliser les gens c’est rendre l’écologie incohérente. Il faut sensibiliser scientifiquement et avec bon sens à l’écologie. On ne résoudra jamais le problème des gaz à effet de serre si on décide de sortir du nucléaire, et si on décide de taxer seulement 1% de la planète (ou même seulement l’Union européenne).

Il faut un environnement durable équilibré avec un développement économique. Mais développement durable, c’est un oxymore, car il est difficile de concilier la santé de l’économie avec le fanatisme anti-CO2 (voir ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/04/28/la-dictature-du-carbone/).

Le «tout CO2» ne doit pas faire oublier les priorités environnementales : le combat contre les pesticides afin de sauver les insectes pollinisateurs, la pollution par les déchets en plastique, etc… Puis aussi, s’il y a de moins en moins de poissons dans la mer c’est à cause de la surpêche, et il ne faut pas non plus désigner le réchauffement climatique comme unique cause de tous les problèmes environnementaux… Sans oublier les animaux massacrés volontairement (pour faire des manteaux de fourrure) ou involontairement (les dauphins et les tortues morts étranglés dans des filets de pêche abandonnés dans les océans)… Puis aussi, si l’industrie et les voitures émettent beaucoup de CO2, il ne faut pas oublier que l’accumulation de CO2 est aggravée par l’inconscience de la déforestation.

© 2013 John Philip C. Manson

Une erreur dans un livre de thermodynamique pour ingénieurs

Je sors soudain de ma réserve et j’écris aujourd’hui exceptionnellement un article, par nécessité. Je n’avais plus rien publié de tel depuis fin juin 2012.

En lisant tranquillement le livre «Aide-mémoire de thermodynamique de l’ingénieur, énergétique – environnement» (éditions Dunod, 2004), ISBN 2100071548, j’ai constaté une erreur de paramètre physique dans la page 282 dans le chapitre consacré à l’effet de serre.

Comme le code de la propriété intellectuelle autorise les analyses et courtes citations justifiées par le caractère critique, pédagogique ou d’information de l’œuvre à laquelle elles sont incorporées, je reproduis ci-dessous les passages concernés sous forme d’images :

CONFUSION ENTRE PLANCK ET STEFAN-BOLTZMANN

  • Planck-BoltzmannIl ne s’agit en aucun cas de la constante de Planck, car ici l’équation est celle de Stefan-Boltzmann. Le sigma désigne en réalité la constante de Stefan-Boltzmann dont l’ordre de grandeur est d’environ 8,56 × 1025 fois celui de la constante de Planck. Le flux Phi(ir) est exprimé en W/m² et l’émissivité est une grandeur sans dimension (sans unité), tandis que T désigne la température absolue, il s’agit donc bien pour sigma de la constante de Stefan-Boltzmann.

PEUT-ON ÉVALUER UNE TEMPÉRATURE MOYENNE SANS EFFET DE SERRE ?

  • Greenhouse16D’autres sources mentionnent que la température moyenne globale serait de -18 ou -19°C sans l’effet de serre par le CO2, d’où 33 degrés de différence que l’on rencontre souvent dans les calculs ailleurs. Je pense qu’il est difficile d’estimer avec certitude une température moyenne en l’absence d’effet de serre.

Mise à jour le lendemain de la création de l’article :

À PROPOS DU RAYONNEMENT SOLAIRE REÇU SUR TERRE

J’ai relevé une erreur potentielle lors de la poursuite de la lecture du même ouvrage, page 284.

Copie image :

  • Solaire-francais700 000 TWh = 7×10¹⁴ kWh puisque 1 TWh = 1 milliard de kWh = 3,6 milliards de MJ = 3,6×10¹⁵ J.Or sachant que 1 kWh équivaut à 3,6 MJ, je trouve ceci :
    7×10¹⁴  ×  3 600 000 = 2,52×10²¹ J/an
    alors 2,52×10²¹/(86400 × 365,25) = 7,985×10¹³ W d’énergie solaire reçue en France métropolitaine.Et sachant que 1 km² équivaut à 1 000 000 m², et que la France métropolitaine a une superficie de 552 000 km², l’aire de l’Hexagone est de 5,52×10¹¹ m².Par conséquent :7,985×10¹³ / (5,52×10¹¹) = 144,66 W/m² d’énergie solaire moyenne captée en Hexagone.

Cette grandeur vaut environ 14% de la puissance solaire réelle moyenne reçue (1 kW/m²).

Comment expliquer cette différence flagrante ?

La réception concerne la totalité de la surface de l’Hexagone, et pas seulement les panneaux solaires, puisque l’énergie solaire réalise 1,09 TWh par an de production électrique en France.

Puis il ne s’agit pas de 144,66 W/m² de production électrique (après perte due au rendement), il est bien écrit dans la page qu’il est question d’«énergie solaire annuelle reçue sur l’ensemble du territoire français.»

Bon, soit, j’ai parlé de l’Hexagone seul, mais on peut y rajouter les territoires et départements d’outremer.
Le recalcul indique maintenant 118,23 W/m² en moyenne (la superficie totale du pays étant plus grande avec l’outremer inclus). Mais même en tenant compte de l’inclinaison de l’axe de rotation terrestre, ça ne colle pas.

D’où provient l’erreur ?
La nuit, il n’y a pas de soleil, donc 1kW/m² n’est vrai que de jour sous nos latitudes, et seulement par beau temps ensoleillé. Les aléas de la météo sont à prendre en compte (ciel nuageux). En supposant qu’il n’y ait pas d’erreur dans le livre à propos de l’énergie solaire, alors le rendement de l’énergie photovoltaïque est faible. En effet, si on ne capte que 14% des rayons solaires reçus et si le rendement électrique est de 8 à 20%, on n’aura produit que 12 à 29 W/m² d’électricité…

COMPARAISON DES GAZ À EFFET DE SERRE

Mon présent article est un exemple pour inciter le public de se souvenir que même les livres scientifiques de niveau post-bac peuvent toujours contenir des erreurs, des inexactitudes ou des omissions. L’erreur est humaine, et quotidienne. Se tromper est naturel et normal (on n’est pas des robots…). Cependant, un esprit critique toujours en éveil est un devoir et une nécessité. En effet, ce ne serait pas normal de lire un bouquin sans remarquer les erreurs éventuelles et de les croire comme parole d’évangile… Néanmoins, je suis à peu près sûr que les étudiants auront remarqué eux aussi l’erreur dont j’ai parlé ici.

Salutations à mes lecteurs. Veuillez passer de bonnes fêtes de fin d’année.

  • Puis, pour terminer, et dans un autre contexte que le présent article, j’avais promis il y a plusieurs mois de faire un blâme contre le New Age et ses délires d’apocalypse. Le moment est venu. J’espère que les esprits dérangés du New Age se sont calmés après l’imposture flagrante de la fin du monde du 21 décembre 2012. Une nouvelle expression est apparue : « mentir comme un maya ». C’est surtout les gourous contemporains et leurs adeptes qui mentent, les mayas ayant disparu il y a fort longtemps. Je trouve que les médias ont fait preuve d’un manque de déontologie, une faute. Le devoir du journalisme est de prendre une attitude critique pour dénoncer les sectes, et non d’entrer dans le jeu malsain des sectes pour faire de la propagande et du sensationnalisme sur le thème de la fin du monde… Le mythe de la fin du monde a été chié par une secte ufologique américaine inspirée par un roman russe publié par Zecharia Sitchin en 1976. Est-ce que les chaînes de TV qui ont fait des émissions spéciales «fin du monde» vont-elles présenter des excuses à leurs téléspectateurs ? Franchement, ne se passe t-il rien d’important en priorité pour que les médias aient eu besoin de nous saouler longtemps avec la fin du monde, tout ce cirque pour un non-événement. On n’est plus à l’ère de l’information. Alors qu’ici dans mon blog je m’étais efforcé à apporter de la qualité, et cela gratuitement. Nos libertés dépendent de notre capacité à être sceptiques, et notre époque est menacée par l’émergence de nouveaux obscurantismes.

Cordialement.

John Philip C. Manson

Expérience statistique sur 9 tests de QI

  • J’ai réalisé une expérience de statistiques en psychométrie sur moi-même. J’ai ainsi trouvé un site de tests de QI à peu près aussi «fiable» que les tests faits par les professionnels. Vers 1998, je savais déjà que mon QI est entre 120 et 132.

Tout d’abord, je précise que je suis sceptique et critique à l’égard du concept de QI. J’avais déjà rédigé des articles à ce sujet : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/04/16/la-mystification-du-qi-et-le-mythe-du-genie/ https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/05/le-qi-un-produit-marketing/ https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/03/au-fond-quest-ce-que-le-qi/

Dans mon expérience, j’ai pris comme hypothèse de départ que le QI n’est pas scientifiquement valide du fait qu’il ne prend pas en compte une marge d’incertitude. Déjà, du point de vue réfutabilité poppérienne, la question est : «peut-on prouver qu’un test de QI est faux si celui-ci est faux en soi ?».

  • J’ai fait 9 tests de QI, chacun étant composé de 30 questions.

Mon pire score est de 103, mon meilleur score est de 143. Déjà, là, l’écart est important. Cela fait une moyenne de 123 plus ou moins 20 points d’incertitude, soit 32,5% de marge d’erreur sur la valeur moyenne.

  • Voici la liste des scores de chacun des 9 tests : 119 ; 135 ; 131 ; 131 ; 103 ; 131 ; 119 ; 119 ; 143.

En faisant la moyenne sur les scores les plus fréquents (119 et 131), ça correspond à une moyenne de 125 plus ou moins 6 points, soit une marge d’erreur de 9,6%.

La moyenne globale des 9 tests est de 126 (assortie d’une erreur d’environ 36%).

D’un test à l’autre on n’obtient jamais le même résultat, malgré que certains scores réapparaissent trois fois (le 119 et le 131). Qu’est-ce qui compte finalement ? La moyenne de tous les tests, ou le meilleur score, ou le pire score ? Pourquoi les tests ne prendraient-ils pas compte de la marge d’incertitude comme cela se fait dans les sciences comme la physique ?

Selon moi, le QI n’est qu’un indicateur approximatif, il dépend même de l’âge (lequel avait été pris en compte lors des tests), et il ne prétend pas mesurer quantitativement l’intelligence selon des critères objectifs.

En outre, d’après les meilleurs résultats (supérieurs à 130, ce qui concerne 5 tests sur 9), je serais a priori surdoué (avec une probabilité de 56% si on tient compte de l’incertitude, je précise). Donc un test isolé de QI ne prouve rien. Et un ensemble de tests de QI dont on fait la moyenne des résultats, ça laisse planer un doute.
C’est un peu comme jouer à pile ou face : soit on est tout con, soit on est fûté. Bref, je doute de la scientificité des tests de QI : les scores auraient dû donner une moyenne avec une marge d’erreur de 1% à 3% maximum, mais pas 10% ni 36%…

Mais ce n’est pas fini. J’ai tenté de voir s’il existait un lien entre le QI et le nombre de bonnes réponses par rapport aux 30 questions par test. Ce calcul ne vaut que pour le site web sur lequel j’ai passé les 9 tests.

Voici la liste des 9 tests, avec le QI et le nombre de bonnes réponses sur 30 :

  1. 119 : 21 bonnes réponses
  2. 135 : 25
  3. 131 : 24
  4. 131 : 24
  5. 103 : 17
  6. 131 : 24
  7. 119 : 21
  8. 119 : 21
  9. 143 : 27

Un aperçu de mon meilleur score : Bof, cela a dû prendre aussi en compte mon immense connerie.

Oui, il existe un lien entre le QI et le nombre de bonnes réponses sur 30 questions. J’ai remarqué que le QI est proportionnel au nombre de bonnes réponses.

Ainsi, le score S est proportionnel au QI, selon cette égalité :     S = (QI – 35)/4

Et par conséquent, le QI s’exprime linéairement en fonction du nombre de bonnes réponses :     QI = 4S + 35.

Remarques sur cette équation :

  • Si on a tout faux dans un test de 30 questions, avec 100% de mauvaises réponses, alors le QI est de 35, il n’est pas nul.
  • Cependant, si toutes les réponses sont bonnes, soit 100% de bonnes réponses, alors le QI est de 155 maximum.

Il existe toutefois un biais dans chaque test : il est possible de donner une réponse au hasard. Ainsi, lorsqu’on a le choix entre 4 réponses possibles pour chacune des 30 questions, on a donc une probabilité de 1/4 de trouver la bonne réponse au hasard à chacune des 30 questions.  Ce qui fait a priori une quantité de 7,5 bonnes réponses trouvées pour avoir répondu absolument au hasard, indépendamment de tout raisonnement. Par conséquent, cocher les réponses au hasard dans un test de QI de ce genre, cela crée un biais conduisant à un QI faux de 4×7,5 + 35 = 65. En conclusion : si on échoue totalement au test de QI en répondant «je ne sais pas» à chacune des 30 questions, le QI est de 35 ; et le QI atteint 65 si on répond complètement au hasard ; cela veut dire que si quelqu’un obtient un résultat de QI supérieur à 65 dans un test, ça voudra dire qu’il n’y a pas répondu au hasard, et qu’il a forcément réfléchi (de son mieux) en répondant aux questions.

Réédition du 18 janvier 2014 :

  • Répondre à une question au hasard a une probabilité de 1/4. Or, pour appliquer un calcul de probabilité sur le nombre de questions répondues correctement sur 30 questions, il faut utiliser la loi binomiale. Ainsi, pour réussir 30 questions sur 30, la probabilité d’avoir fortuitement un QI de 155 est de 1 sur 1,15 milliard de milliards. Ensuite, la probabilité d’échouer lamentablement à toutes les 30 questions au hasard est de 1 sur 5600 environ (on a donc une chance sur 5600 de se faire attribuer un QI catastrophique de 35 si on effectue le test de 30 questions au hasard. La probabilité pour répondre juste à 15 des 30 questions sera d’une chance sur 518, ce qui fait se voir attribuer un QI de 95 qui est avantageusement proche du QI moyen de 100. On a la probabilité optimum de 1/6 de réussir au hasard 7 questions sur 30 pour obtenir un QI critique de 63, c’est l’événement le plus probable. C’est un fait : le hasard peut conduire à un biais statistique !

Conclusion générale : étant donné mes 9 résultats, l’incertitude fait que je ne connais pas vraiment mon QI. Je suis au-dessus de la moyenne, mais on ne peut pas être vraiment précis sur le positionnement.

Quelques heures plus tard, j’ai essayé le test préliminaire de 40 questions sur le site de Mensa France. J’ai obtenu un score de 30 bonnes réponses sur 40, je pense que cela correspond à un QI de 125. En examinant le corrigé, j’aurais même pu obtenir une bonne réponse de plus si j’avais fait gaffe à un cheveu près, ce qui aurait fait a priori un QI de 128.

Je pense que d’un test à l’autre il y a des divergences dans les résultats, le QI n’est jamais autour d’un degré restreint d’incertitude, même dans les mêmes types de tests. Je soupçonnais une assez grande marge d’incertitude sur le degré de QI mesuré, et maintenant j’en suis convaincu.

Autre chose : je n’ai jamais considéré les meilleurs QI comme «supérieurs», je n’aime pas ce mot. Ils sont différents, ils fonctionnent différemment, oui, mais pas supérieurs. Même le mot «surdoué» évoque la supériorité… Il n’y a pas vraiment de don ou de surdon, puisque cela n’est jamais synonyme de réussite ou d’adaptation. Ce qui signifie qu’il existe trop souvent des situations autant risibles que génératrices de souffrance : l’enseignement est souvent inadapté parce qu’il croit que toute le monde fonctionne pareil, beaucoup de parents s’estiment «parents de surdoués» quand ce n’est pas vraiment le cas (ils accusent l’école sans se remettre en question eux-mêmes), tandis que les (vrais) «surdoués» qui existent dans l’ombre sont incompris par tout le monde (par l’école, au boulot et aussi par leur famille, d’où une profonde solitude dont on finit par s’habituer).

À travers mes observations, c’est que les «doués» semblent très bien armés en logique, en maths et autres aptitudes connexes que le reste de la population, mais ils restent souvent inadaptés et démunis en société. Tandis qu’une grande majorité de la population sait gérer les relations sociales, les gens ne sont pas trop adeptes de la logique et des maths. Bref dans l’ensemble il y a comme une forme d’équilibre entre les atouts et les handicaps. D’où l’absurdité de superlatifs comme le mot «supérieur» et le mot «inférieur», c’est ridicule. Chaque humain est toujours bon à quelque chose. Mais ceux au-dessus de la «norme» ont-il rendu le monde meilleur ? Tout est vain. Même avec les efforts des sceptiques les mieux organisés, il existera toujours de l’obscurantisme et de la crédulité chez les autres, il restera des cinglés qui croiront encore à la fin du monde, qui attendent les extraterrestres et qui croiront encore à l’avènement d’un monde idéal, idyllique et parfait…

Être intelligent, finalement, ça ne sert à rien. Des efforts foutus en l’air, par exemple quand des fêlés récupèrent la physique quantique (la théorie fut mise au point par des scientifiques brillants) pour la sortir de son contexte pour bricoler une sorte de connerie mystique complètement inepte : le mysticisme quantique. La préhistoire est un éternel recommencement… La science a succédé à des millénaires d’obscurantisme et de superstitions, et quelques siècles de science sont en train d’être saccagés et déformés par les pseudo-sciences et les sectes, un grand retour de l’obscurantisme. Quelle honte.

Je ne crois pas à l’intelligence humaine. Je crois à l’existence de la connerie humaine.

© 2012 John Philip C. Manson

Ajout du 18 avril 2013 :

En reprenant les scores de QI : 119,135,131,131,103,131,119,119,143 ; j’ai un complément sur les statistiques à raconter.

  • Moyenne des scores : QI = 125,67
  • Médiane : QI = 131
  • Mode :  QI = 119 ou 131 (incertitude entre l’une et l’autre)
  • Écart-type empirique :  11,16 (en théorie, ce nombre est égal à 15, ce qu’on trouverait avec un plus grand nombre de tests effectués)
  • Variance :  124,44

Résultat :

  • il y a 68,2% de probabilité que mon QI soit compris entre 115 et 137.
  • la marge d’incertitude de statistique empirique de mon QI est d’environ 17,5%.
  • Comme il n’y a que 9 tests effectués, les résultats sont insuffisants, on aura de meilleurs conclusions avec un plus grand nombre de tests (il faudrait au moins 100 tests pour avoir des résultats statistiques significatifs, mais j’ai franchement mieux à faire que faire des tests de QI…)

Mise à jour du 18 janvier 2014 :

  • L’écart-type (qui vaut 11,16) a été calculé à partir du neuvième de la somme des carrés des différences entre chaque QI donné d’avec le QI moyen.
  • Cet écart-type de 11,16 est très proche de la racine carrée du QI moyen de 125,67 qui est un écart-type (de valeur 11,21) typique de la loi de Gauss et de la loi de Poisson. En effet, dans la loi de Poisson, mon QI moyen (125,67) dans le cas du calcul de probabilité de mon QI correspond au carré de l’écart-type. Voir ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_poisson
  • Conclusions complémentaires : j’ai une probabilité de 98,67% d’avoir un QI supérieur à 100, et j’ai une probabilité de 37,3% d’avoir un QI supérieur à 130, et j’ai une probabilité de 71,9% d’avoir un QI supérieur à 120, puis une probabilité de 55,32% d’avoir un QI supérieur à 125.
  • Conclusion générale actuelle : si le QI de l’ensemble de la population est calibré à une moyenne de 100, je dois préciser que chaque QI individuel (le vôtre, le mien…) comporte une marge d’incertitude. Un QI individuel n’est pas fixé selon une valeur entière précise (126 dans mon cas). Ainsi, dans mon cas, j’ai 69,52% de chance d’avoir un QI compris entre 115 et 137, on ne peut pas dire avec certitude si mon QI de 126 est réellement de 126. Les tests de QI ne sont pas un dogme ni un outil absolu. Ils ne sont qu’un indicateur avec les nuances qu’il comporte. Ainsi, j’ai une probabilité d’environ 37,7% d’être « surdoué » (un surdoué par définition aurait un QI d’au moins 130). Puis de toute façon, je n’aime pas l’appellation « surdoué », cela donne une connotation d’élitisme (ce que je trouve stupide). Certains préfèrent l’appellation de « zèbre » pour désigner un « surdoué », moi-même je préfère le mot « cérébral » c’est plus simple… Zèbre, oui j’admets que c’est un surnom plus sympa.  « Hiii han !!! »    😉

 

Mise à jour du 13 juillet 2014 :  avec un intervalle de confiance de 95%, mon QI est compris entre 118 et 133.

 

© 2013 John Philip C. Manson