Philosophie : La science est-elle une idéologie ?

Parlons de philosophie aujourd’hui. Les sujets du Bac de philosophie, récemment révélés, ont réveillé mon vieil intérêt pour la philosophie. La philosophie est un exercice excellent, et on peut se poser des questions intéressantes.

Je vais répondre aussi précisément que possible à cette question : la science est-elle une idéologie ?

Avant d’y répondre, on doit se demander quelle est la définition du mot « idéologie ».Sur Wikipedia, on peut lire ceci : une idéologie est, au sens large, la science d’un système d’idées imaginées. L’idéologie s’accompagne de croyances, de notions, d’opinions, de convictions et est parfois constituée en doctrine.

Une idéologie reflète l’ensemble des idées subjectives issues de la pensée humaine, ces idées réunissent les croyances politiques, religieuses, morales, économiques, sociales ou culturelles. Par exemple, la doctrine du régime nazi est une idéologie fondée sur le racisme et l’antisémitisme. Le New Age, quant à lui, est une mouvance dont l’idéologie est basée sur le syncrétisme de diverses croyances qui peuvent se contredirent entre elles.

Mais la science est-elle une idéologie ? Au cours du Siècle des Lumière, la science pris un essor important. Les sciences sont une voie qui entre en opposition avec les superstitions de l’époque. S’instruire, et connaître de nouvelles découvertes fait (peut-être) reculer les croyances, l’information remplace le faux. Mais on a été jusqu’à placer la science comme un absolu, ce que l’on appelle le scientisme. C’est là que commence l’idéologie.

Qu’est-ce qu’une science ? Toute science repose sur la méthode scientifique dont le but est de découvrir et comprendre les phénomènes naturels (physique, chimie, astrophysique, biologie, etc…). Les sciences sont consacrées à la découverte des lois de la nature, elles échappent donc à toute idéologie. Une idéologie, elle, est déterminée de façon subjective et arbitraire. Penser par exemple que « l’homosexualité est sale, qu’elle est une maladie, et qu’elle est le Mal », c’est une idéologie morale. Il ne faut pas oublier que l’OMS avait classé jusqu’en 1990 l’homosexualité parmi les maladies mentales. En effet, jusqu’à il y a un peu plus de vingt ans, l’homosexualité était encore considérée comme une pathologie psychiatrique. Depuis, les choses ont heureusement évolué. Ce n’est pas la médecine qui avait motivé ce classement discriminatoire, mais une idéologie. De même, jusqu’à tardivement, la masturbation avait été considérée comme déviante. De fait, la psychologie, par ses incertitudes et sa subjectivité, n’est pas une science. Souvenons-nous de l’expérience de Rosenhan (https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Rosenhan). Ou selon un point de vue plus nuancé : la psychologie, sérieuse à la base, est mal interprétée voire manipulée par certains de ses représentants. Les dérives de la psychologie ont conduit au développement de la psychanalyse, dont les fondements pseudoscientifiques font qu’elle n’est pas une science mais une idéologie : la psychanalyse se base sur des anecdotes, de la littérature, des affirmations, mais pas sur des faits objectifs vérifiables.

Autour de la question à propos de la psychologie, de la médecine et de la santé : qu’est-ce qu’une maladie ? Une maladie est une affection qui provoque une souffrance à une personne, ou qui cause une souffrance à son entourage. L’on n’est pas malade si l’on ne souffre pas et si l’on ne fait pas souffrir autrui. Être dépressif, ou être paranoïaque, on souffre de ces troubles, donc on est malade. Un homme qui frappe sa femme et la domine, cet homme cause de la souffrance, il est donc malade.Mais être gay, aimer une personne du même sexe, être heureux et vivre à deux, connaître et vouloir le bonheur c’est être sain. Cependant, les homophobes semblent obsédés par ce que peuvent faire les gays, les homophobes ne pensent qu’à ça, ça les obsède, ça les ronge jusqu’à devenir violents et commettre des agressions. Être homophobe (ou raciste) et être asocial à cause de cela, c’est être malade.

Être en bonne santé, ou être « normal », est ce qui est statistiquement fréquent naturellement, pas ce qui est défini selon des critères moraux ayant dérapé dans l’idéologie.

Il y a un philosophe, Kant, qui évaluait la valeur morale d’un acte selon le désordre que celui-ci provoquerait dans la société. Si tout le monde volait, ou tuait, ce serait terrible, donc voler ou tuer est immoral. Si tout le monde se vengeait dès qu’il en a envie, alors la vie serait impossible. En ce sens, la passion extrême est immorale.

Je prends moi-même l’exemple de la vérité : si tous le monde disait la vérité en toute franchise, les gens découvriraient qu’ils ont de faux amis, des faux-culs, les pensées d’autrui seraient connues, des vérités très dures à entendre, et là aussi la vie sociale serait impossible, ça deviendrait la guerre civile. Donc dire la vérité est-il immoral ?

L’intérêt de la question morale : doit-on fonder la morale dans le cœur ou dans la raison ?

La notion de maladie est relative. Dans l’Union soviétique de Staline, par exemple, les prisonniers politiques étaient parfois internés abusivement comme paranoïaques, afin de s’en débarrasser. De même, il est toujours possible de nos jours de faire interner une personne de force, de la bourrer de médicaments. Il suffit pour cela d’une demande manuscrite et d’un certificat médical. Les internements sont très souvent justifiés, mais le risque zéro n’existe pas : il peut toujours y avoir des erreurs ou des abus.

Pour revenir à la notion de scientisme, où la science est placée comme une autorité absolue, il s’agit aussi d’idéologie. On parle de positivisme quand la science est érigée en vérité. Il y a des années autrefois, je pensais à tort que la science était essentiellement fondée sur la vérité.

Quand j’ai découvert le philosophe Karl Popper, je n’étais pas d’accord tout de suite avec lui. C’était un choc, une nouveauté. Mais j’ai progressivement pris conscience que l’épistémologie de Karl Popper est ce qu’il y a de mieux actuellement pour construire la méthode scientifique, avec discernement et objectivité, où la science est importante, sans nier le fait qu’elle a elle-même des limites. L’épistémologie de Popper repose sur un critère : la réfutabilité. Avec ce critère, la science procède par élimination : si une hypothèse se révèle fausse selon les expériences ou les observations, alors l’hypothèse dite falsifiée (ou réfutée) est rejetée, abandonnée. Mais ce qui confère le caractère scientifique d’une hypothèse, c’est la possibilité de pouvoir la réfuter. L’épistémologie de Popper n’est pas une idéologie, puisqu’il s’agit d’une méthode plutôt qu’une doctrine : on cherche objectivement à invalider des hypothèses scientifiques afin d’éprouver leur solidité, les théories scientifiques se construisent par élimination au lieu d’être érigées péremptoirement comme des vérités immuables comme le font certains…

Cela nous amène à une nouvelle question : est-ce que l’éducation et l’instruction sont une idéologie ? Oui, si celles-ci contiennent une idéologie sous-jacente qui est autre que le principe d’informer. L’école laïque promeut la neutralité et l’égalité. Quand on trouve par exemple des éléments bibliques dans des cours d’Histoire, ce n’est pas de l’Histoire, mais plutôt de la culture religieuse, ce qui n’est pas du tout pareil. Diffuser des mythes en les posant comme des vérités irréfutables, voila une situation d’idéologie.

L’un des principes fondateurs de Wikipedia est la neutralité, afin d’éviter que chaque contributeur vienne y rédiger ses propres doctrines, son idéologie, et ses réflexions personnelles. En ce sens, Wikipedia se régule lui-même afin d’éviter le glissement vers des idéologies. Sans règles, Wikipedia deviendrait rapidement un repaire de publicitaires, une vitrine commerciale, voire un inventaire de diverses pensées sectaires… Essayez de créer un site dans lequel n’importe qui écrit librement n’importe quoi, en disant que l’unique règle est qu’il n’y a pas de règles, imaginez ce que cela donnerait comme bordel : effacements compulsifs, réécriture permanente par différents auteurs, idéologies, apologies, insultes… Un peu comme un mur tagué.

Pour revenir à la science et la notion d’idéologie, il faudrait parler d’un fait : la technologie semble prendre de l’importance face à la science tout court. On assiste à l’émergence d’une technologie débridée propre à notre société de consommation. Nous, les consommateurs, on achète des gadgets, des smartphones et leurs applis, des objets connectés, tout ça, et on ne jure plus que par ça. Dans les rues, je vois des gens dont l’attention est absolument focalisée sur un écran de téléphone mobile, chaque fois que je croise quelqu’un… Cela devient même inquiétant. La technologie est-elle devenue, par certains aspects, une idéologie ?

mafalda

 

La science se laisse bouffer par la technologie. On commence à être survolés par des drones. Jusqu’à être filmés dans les chiottes et la salle de bain ? L’obsession de la sécurité, des caméras de surveillance partout (ça n’empêche pas le terrorisme), le mépris des libertés individuelles, voila une autre idéologie.

On le voit, la philosophie amène diverses réponses, et soulève aussi de nouvelles questions.

 

© 2016 John Philip C. Manson

 

 

 

 

Divagations sur l’intelligence et le QI

Je vais parler d’au moins deux sources externes du web, mais sur le même thème. Le concept d’intelligence et de QI s’étale souvent dans des aspects subjectifs et déraisonnables.

Comme d’habitude, mon argumentaire repose sur le questionnement et le doute.

On peut lire le texte ou pas, mais le titre à lui seul est suffisant pour résumer le contexte : la Chine pense à rendre ses enfants plus intelligents grâce à une manipulation génétique.

L’intelligence, si on la définit comme la capacité à résoudre des problèmes de logique, la faculté de raisonner, est dépourvue de caractère héréditaire, comme le cas de l’homosexualité (le «gène» gay, devant le manque de preuve, est pour l’instant un mythe : lire le chapitre «Le « gène gay » de Dean Hamer» dans la Leçon n°2 du livre «L’imposture scientifique en 10 leçons» de Michel de Pracontal).

La capacité à résoudre les problèmes intellectuels est acquise, elle dépend du contexte socio-culturel. Quelqu’un qui a des livres et qui les lit avec intérêt aura une culture plus enrichie que quelqu’un qui n’a pas de livre et qui n’en lit jamais (parce qu’il n’a pas les moyens de s’acheter des livres ou parce que ça ne l’intéresse pas). La capacité d’intelligence est directement liée à l’environnement scolaire, périscolaire ou extrascolaire et familial. On apprend à lire tôt parce qu’on en a d’abord envie. Qui voudrait lire plus tôt s’il n’en a pas envie ? L’éveil naît de la curiosité, de l’envie de faire quelque chose. L’apprentissage, c’est du travail à travers de la curiosité, l’envie, du plaisir, parce qu’on s’y intéresse, parce qu’on aime ça, parce qu’on l’a voulu. L’intelligence n’est pas liée à l’hérédité. Nombreux sont ceux qui ont un bon potentiel intellectuel et qui ont grandi dans une famille dans laquelle il n’existe personne d’autre (sur plusieurs générations) ayant des goûts intellectuels poussés. Encore plus nombreux sont ceux ayant grandi parmi les livres, et dont la plupart des doués ont des parents qui sont professeurs (c’est très loin d’être mon cas), un environnement très favorable peut façonner un gosse ordinaire en un élève doué.

L’intelligence c’est du travail et de la curiosité, et du plaisir. L’intelligence c’est de l’acquis, pas de l’inné. L’intelligence ça se cultive et ça s’entretient. Ça ne tombe pas du ciel.

La paresse aussi ça se cultive, à travers l’habitude à ne rien faire, ne rien vouloir, à s’ennuyer, sans même chercher à savoir qu’on peut se distraire à faire des mathématiques… Être sous-doué n’est pas difficile. Aimer ce qu’on fait n’est pourtant pas difficile. Aimer ne rien faire, c’est trop simple, trop facile, et ce n’est pas du tout valorisant. Mieux vaut faire quelque chose. Un travail bien fait donne toujours des fruits. L’inaction, elle, ne produit rien.

Comme je l’ai résumé, l’intelligence est une affaire de goût et d’habitude, mais cela se fait surtout dans la sueur, mais pas dans les gènes. Pour les mathématiciens par exemple, les équations et leurs solutions ne tombent pas instantanément du ciel sans effort. Même en priant… Même en se proclamant descendant de Pythagore ou de Thalès… L’intelligence c’est un travail. On n’a de résultat qu’à travers la sueur de la réflexion. Les gènes, l’ADN, ça ne produit pas des idées déjà toutes faites, préparées sans effort. Non. Ce sont des conneries, la génétique comme cause de l’intelligence.

Pour revenir au titre de l’article sur la Chine, rendre les enfants plus intelligents par manipulation génétique c’est une croyance. Pire, c’est une idéologie. Une idéologie dangereuse, elle fait penser à l’eugénisme, et celui-ci se base souvent sur des considérations pseudo-scientifiques qui laissent suggérer une croyance en des inégalités entre humains. Cela soulève l’indignation. C’est une idéologie très difficilement défendable. Ce n’est pas de la science.

En lisant l’article, on peut apprendre que les scientifiques chinois ont relevé l’ADN de 2000 personnes remarquablement intelligentes à travers le monde dont des américains. Pour être très franc, quel individu est assez intelligent pour s’abstenir d’être assez crédule pour croire à l’hérédité du QI, sachant que le QI est devenue une panacée du marketing ?  Le QI, à l’origine conçu pour dépister les retards scolaires par rapport à une moyenne, est devenu un business pour flatter les égos, et devenu une idéologie (parfois pour justifier pseudo-scientifiquement des inégalités sociales ou ethniques). D’ailleurs, qui aurait confiance de confier son ADN à la Chine ? Ça rend plutôt méfiant, ça. Après, qu’est-ce qu’ils font de l’ADN, des recherches secrètes sont possibles, avec leurs dérives éthiques ? En continuant à lire l’article, ça parle d’embryons. Donc il s’agit d’extraction de noyaux somatiques pour les insérer dans des ovules : il s’agit de clonage humain, mais cette pratique est illégale dans les pays occidentaux. L’être humain n’est pas un cobaye ni une marchandise. Moi-même, je n’oserai faire subir ça aux gens, ni aux animaux. Ma propre éthique voit en horreur la maltraitance animale, y compris la barbarie de la chasse. Dans leur projet de manipulation génétique, comment feront-ils pour distinguer entre l’influence génétique et l’influence de l’environnement socio-culturel ? Comment dissocier les deux sans erreur d’interprétations ?

C’est une bêtise de croire à l’hérédité du génie alors que le travail et l’envie suffisent… Sans doute, ils espèrent produire de gros QI innés sans livres, sans travail, sans effort ? Veulent-ils réduire les effectifs de leur éducation nationale et faire des économies ? Balivernes.

Je pressens l’avenir avec une certaine inquiétude devant la montée de diverses idéologies. L’extrême-droite qui monte dans les pays européens durement touchés par la crise économique, la progression des sectes, et des idéologies politiques aux desseins dangereux… Ça ressemble à la poudrière de la fin des années 20 et 30, à la veille de la Second Guerre Mondiale. J’ai l’impression que l’humanité ne se souvient pas des leçons des pages noires de l’Histoire…

Une question m’interpelle : à quoi sert-il d’être très intelligent dans un pays si l’on n’y est pas libre ? Pourtant, les dictatures se méfient des gens intelligents, il y a contradiction, donc leur projet de génétique équivaut à se tirer une balle dans le pied…

C’est un peu comme dans les films Terminator et Matrix : les hommes créent des machines aux performances supérieures, les machines prennent le pouvoir et considèrent les humains comme inférieurs et faibles voire inutiles. Ainsi, pourquoi une idéologie d’un régime politique créerait-elle soudain une arme qui se retournera contre lui ? À moins d’intimider les gens intelligents… Mais l’intimidation cédera pour laisser place à la révolte.

L’intelligence voit avec horreur et révolte les dictatures et les inégalités. Après tout, produire des gens intelligents afin que ceux-ci s’organisent pour virer des régimes liberticides et les remplacer par la démocratie, ce serait une bonne idée. 😉

Je doute fort que la Chine puisse dominer le monde en croyant fabriquer des clones transgéniques intellectuellement surefficients… C’est de la science-fiction.

Il suffit qu’un enfant soit né de l’amour entre les parents, qu’il soit élevé avec bienveillance et bien-être, et là il prendra confiance en lui et développera des aptitudes à travers une méthode de travail et le travail intellectuel proprement dit. Réduire les humains à du matériel génétique et à des robots, c’est nier l’humanité en eux, et c’est faire d’eux les produits d’une idéologie stupide, ignorante. Une idéologie de la peur et de l’obéissance. Liberté ! Que plutôt ce mot-là germe dans leur esprit, avant même le mot galvaudé et dénaturé de sens qu’est le mot «intelligence».

Je cite : «En France, ils seraient 1,2 million. Surdoués, avec un QI supérieur à 130, contre une moyenne de 100 et des qualités impressionnantes.»

Nous sommes 65 millions en France. Donc 1,2 divisé par 65 est égal à 1,85% de QI supérieur à 130 en France.

Or, j’ai cependant une autre donnée qui contredit celle énoncée par l’article. En effet, je cite : «3 % dépassent le seuil de 130, ce qui indique un niveau très supérieur à la moyenne».   Source : http://www.doctissimo.fr/html/sante/mag_2002/sem01/mag0524/dossier/sa_5531_qi_dix_questions.htm

1,85% et 3% ce n’est pas pareil.

Cependant, le lien que je viens de coller ci-dessus (Doctissimo) affirme que les tests de QI sont fiables. Or, j’ai réalisé une expérience statistique qui montre l’existence d’une marge d’incertitude qui n’est jamais prise en compte. Voir ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/05/24/experience-statistique-sur-9-tests-de-qi/

En effet, avec 9 tests de QI (scores = 119 ; 135 ; 131 ; 131 ; 103 ; 131 ; 119 ; 119 ; 143), on peut constater que mes scores supérieurs ou égaux à 130 concernent 5 tests sur 9, soit une probabilité de 55,5% pour que mon QI moyen soit au-dessus de la frontière du surdon. Un test, par conséquent, n’a pas de valeur certaine. Pour environ 1 test sur 2, je suis parfois surdoué, mais aussi parfois sous-doué. Un test de QI ne signifie rien, il n’a pas de valeur scientifique. J’ai observé que lors d’une même journée, des tests de QI sont plutôt disparates, ils ne convergent pas autour d’une valeur précise du QI. Alors, quand il s’agit de tests espacés dans le temps pour croire à une évolution en mieux ou en pire du QI, ça n’a pas plus de valeur ni de crédibilité…

Puis aussi, je trouve que le profil général des enfants surdoués ressemble plus à une caricature qu’aux réalités (pluriel, car tout le monde a sa façon personnelle d’apprendre et d’appréhender les choses).

Ainsi, si la moitié des tests de QI suggèrent que je fais partie des surdoués (je n’aime pas trop cette classification, je me trouve très ordinaire), je ne corresponds pas à plusieurs caractéristiques du surdoué. En effet, si j’ai acquis tôt la capacité de parler (à un âge moyen et ordinaire), je n’ai pas eu un vocabulaire riche jusqu’à l’adolescence, période à laquelle je me suis mis à lire des dictionnaires. Je m’emmerdais franchement pendant les cours de français quand j’étais collégien : à quoi sert-il de stocker en mémoire des règles de grammaire (sujet, verbe, complément, conjonction, pronom…) si on sait déjà écrire une dictée avec moins de 1 ou 2 fautes ? Programmes scolaires souvent futiles. Les phrases vraiment bien construites, ce n’est qu’à partir de 2007, époque où j’ai commencé mon blog, que j’ai pu développer cette aptitude, parce que je suis devenu assez prolifique en dactylographie. Plus jeune, je n’étais pas vraiment capable de me concentrer, pas particulièrement éveillé. Faire un calcul de la division à la main, en classe de CM1 était un cauchemar pour moi à l’époque, jamais je n’aurais cru suivre des études universitaires en suivant un DEUG de maths et informatique appliquées en sciences… On change énormément avec le temps, au point de devenir le contraire de ce qu’on a été. Seul beaucoup de travail cérébral, et prendre goût à ce qu’on fait, peut permettre cela. Mais une grosse déprime peut altérer la qualité de ce qu’on fait. Beaucoup d’étudiants sont concernés par la déprime et préfèrent ne jamais en parler. Puis aussi, je n’ai pas particulièrement une mémoire étonnante, j’ai peine à me souvenir des poésies récitées. Mais j’ai une très bonne mémoire des nombres, et pour un domaine comme l’astronomie. Puis je n’aimais pas vraiment la compagnie des adultes, j’étais plutôt sauvage, dans mon monde, je préférais la solitude et lire des livres. Si quelqu’un me définit comme un homme intelligent, j’ajoute que je n’étais pas du tout un esprit précoce. Je doute de l’affirmation selon laquelle l’intelligence rime avec la rapidité cérébrale. Être rapide est utile dans les situations extrêmes de survie, pour échapper aux caïmans, aux éléphants furieux et au grand requin blanc. La peur salvatrice concerne plutôt l’hypothalamus et les glandes surrénales (sécrétion d’adrénaline), ce n’est pas vraiment de «l’intelligence». L’intelligence c’est plutôt la jugeotte, la faculté de réflexion, et cela concerne la région préfrontale du cerveau. Et réfléchir, ça nécessite un travail patient, donc il faut du temps. La rapidité ne sert qu’à augmenter le risque de se tromper quand on essaie de résoudre un problème complexe. Être rapide n’est pas vraiment un critère d’intelligence. Il peut m’arriver d’écrire un seul article sur mon blog en 2 ou 3 heures, je ne suis pas un rapide mais je ne vois pas le temps passer, mais au moins je réfléchis, et je relis souvent mes textes afin de réduire le risque d’erreur, d’oubli ou d’inexactitude. Être rapide, ce n’est pas réfléchir.

En poursuivant la lecture de l’article de lesechos.fr (voir le lien plus haut), je dois préciser un truc. Il s’agit de la quête de sens, comme un des critères de surdouance. La quête de sens, c’est assez motivant en science, cela éveille à la curiosité. Comment ça marche, voila une question adaptée au contexte scientifique. Comment. La question du comment trouve ses réponses à travers l’expérience objective du réel, et trouver une quelconque utilité aux connaissances découvertes. Un sens fondé sur des connaissances objectives et pragmatiques. Donc là, ça va. Mais le problème que je dois évoquer concerne la quête de sens à travers la question du pourquoi, et non plus celle du comment. Un pourquoi qui concerne spécialement la métaphysique. La quête d’un sens métaphysique, à ne pas confondre avec la quête d’un sens scientifique. Vouloir trouver un sens à absolument tout, surtout dans le domaine de la métaphysique, c’est s’aliéner l’esprit, c’est courir le risque de s’enfermer dans le dogmatisme et l’idéologie. La jugeotte s’appuie sur des axiomes mathématiques qui sont appuyés par des observations et des expériences reproductibles, à travers des données quantifiables, et dont la théorisation est conditionnée par des hypothèses réfutables. La jugeotte, en tant qu’intelligence pratique, s’appuie autant qu’elle peut sur l’expérience sensorielle et instrumentale du réel. Peut-il y avoir de l’intelligence en l’absence de rationalité, en l’absence de quantification de phénomènes, en l’absence de preuves matérielles (atomes, molécules, forces, champs…) et dans l’absence de situations selon lesquelles il n’est pas possible de concevoir une expérience qui prouve la fausseté d’une hypothèse si celle-ci est fausse ? Sans rationalité ni connaissances factuelles, je n’y vois pas une roupie d’intelligence si l’on utilise des idées dénuées de crédibilité objective, j’y vois seulement de la crédulité, de la superstition ou du mysticisme. Notons bien que l’intelligence est équivalent à vecteur de connaissance.

À ce propos, existe t-il un protocole expérimental sur les tests de QI afin de pouvoir réfuter un test de QI si ce test est faux ?

Je viens de m’apercevoir d’un truc. Dans le monde, il y a a priori 70 à 210 millions de «surdoués» (1 à 3% de l’humanité) puisque nous sommes 7 milliards. La Mensa, elle, regroupe 140 000 surdoués à travers le monde. Donc une large majorité de surdoués dans le monde ne jugent pas utile d’intégrer la Mensa. Puis, quelle est l’utilité de la Mensa ? Je pense qu’il faut apprendre à vivre et à s’adapter aux gens, sans distinctions à propos de leur origine, de leurs différences, etc. S’isoler avec ses semblables, c’est se créer une vie artificielle qui n’est pas représentative des réalités quotidiennes. Les gens les plus futés ont-ils réussi à apporter la paix durable dans le monde, le progrès scientifique sans problème environnemental, le recul de l’illettrisme par l’apport de méthodes efficaces, le développement de l’esprit critique dans les écoles ?… Les êtres humains sont égaux dans leurs limites, malgré la bonne volonté.

La Mensa accepte les QI à partir de 132. En examinant mes 9 tests de QI, seuls 2 tests sur 9 répondent à ce critère de sélection, soit 22,2% de probabilité. Pourtant, en ayant essayé une fois de façon récréative un test préliminaire de Mensa en ligne, j’ai été informé que ma candidature était possible. Mais je ne compte absolument pas faire partie de cette association. Je montre seulement que les tests de QI issus d’une même méthode de conception de tests ont des résultats aussi divergents que des tests issus de méthode de conceptions différentes (il existe plusieurs échelles, dont l’échelle de Wechsler).

Je pense que si plusieurs indices existent pour dépister un intellect au-dessus de la moyenne, il est réducteur et simpliste de catégoriser la surdouance jusqu’à la caricature. Il n’existe pas de profil type. Les aptitudes intellectuelles sont multiples et diversifiées. Les intellects au-dessus de la moyenne sont différents entre eux, avec leur propre parcours, leur vécu, leur façon de voir les choses. De même pour les personnes dans la «norme», différents entre eux dans leurs aptitudes, leurs habitudes, leurs idées. 2talonner les gens sur leur QI, c’est très réducteur et simpliste. Le contexte est beaucoup plus complexe que ça, ce qui rend les méthodes d’enseignement très difficiles à mettre en place.

Pour faire un bilan : j’ai un avis ouvertement sceptique envers le concept de QI, concept galvaudé et mis à toutes les sauces à travers les médias et internet. Et même à la TV française où par exemple j’ai aperçu vaguement l’émission E=M6 sur la chaîne M6 hier soir le 24 mars 2013, dont l’un des thèmes était : «faire du sport rend intelligent». Plasticité cérébrale, adaptation, oui. Mais intelligence, pffff, ils sont audacieux de dire cela… Quand des systèmes neuromimétiques, via des modèles cybernétiques simples et composés de quelques pseudo-neurones, sont capables d’apprendre et de s’adapter selon les données reçues, peut-on par exemple parler d’intelligence dans ce cas ? Ce serait exagérer. Apprendre à faire du vélo et s’adapter, ce n’est pas de l’intelligence, cela relève plutôt d’une forme d’automatisme musculaire et cérébral par des apprentissages répétés.

  • Voici un troisième article : http://les-tribulations-dun-petit-zebre.com/2013/03/21/gromov-la-science-bute-sur-trois-enigmes-majeures-le-jdd-mars-2013/
  • Cet article du Petit Zèbre dit vrai en disant que les maths sont une activité ludique et qu’elles sont enseignées de façon ennuyeuse. Le mathématicien Gromov a raison de dire que la moitié de la population soit naturellement apte aux mathématiques. Une réforme de l’enseignement est nécessaire devant le recul inquiétant des vocations scientifiques. Il faut concevoir des méthodes d’enseignement personnalisé. M. Gromov a tout-à-fait raison de souligner qu’il n’y a pratiquement aucune recherche sur l’éducation et que tout le monde croit savoir comment enseigner. Enseigner est une mission difficile.
  • Si croire rassure et donne une belle image idéale de la vie et de l’après-vie, le savoir et la connaissance conduisent à la désillusion et donc la déception. La connaissance ne satisfait pas les scientifiques. Au contraire, on est toujours insatisfait. Dans leur tête, les scientifiques ne se sentent jamais bons, ils sont toujours remplis de doutes et doutent d’eux-mêmes, mais c’est cela qui nous fait aller de l’avant… D’aller plus loin. De ne jamais tenir une information pour vraie.
  • Par contre, je suis en désaccord partiel sur un point raconté par M. Gromov : «Le mystère de la vie. Comment est-elle survenue? Qu’est-ce qui l’a créée? Quand on regarde tous les paramètres, à l’évidence, les probabilités sont extrêmement basses qu’elle survienne. Elle n’aurait pas dû arriver et pourtant elle est survenue.» Il évoque ici le principe anthropique, on divague sur de la métaphysique. En biochimie, les réactions sont nombreuses et complexes, et des réactions à température ambiante (entre 20 et 40°C) auraient été impossibles sans des molécules protéiques que sont les enzymes. Les enzymes, en biochimie, sont des catalyseurs naturels qui facilite grandement les réactions biochimiques en multipliant les chances de se synthétiser. Plus il y a de réactions catalysées, plus il y a de chances que la vie émerge au hasard, à travers des mécanismes biochimiques dans lesquels l’hypothèse d’un Créateur ou Démiurge n’est scientifiquement pas nécessaire… Le principe anthropique fait le déni du hasard. Ce n’est pourtant pas pour rien que l’on a conçu la théorie des probabilités. Le hasard à lui seul peut nous dispenser d’avoir recours à un principe anthropique qui, de toute façon, est une hypothèse irréfutable donc dénuée d’approche scientifique.

Si j’ai une conception précise de l’intelligence, ma conception ne jette pas aux orties des domaines comme l’art, par exemple. Une œuvre d’art, par exemple un tableau de peinture à l’huile, n’est pas sensée être une connaissance objective. Une œuvre elle-même sur ce qu’elle représente, s’appuie sur l’émotion, sur l’intelligence aussi mais dans un autre contexte où l’on ne mélange pas la science à l’art ni à la foi. L’art, très souvent, met en image et en valeur ce qui est beau, du beau naturel ou du beau théorique ou idéal. Ce que représente l’art est d’ordre intuitif et émotionnel. Cependant, avec le concept de beauté mathématique, ça va bien au-delà de ces considérations. Mais pour y réfléchir, si ce qui est représenté est émotionnel, l’art lui-même en tant que technique, entre le support, les éléments appliqués et l’artiste, il s’agit d’une technique ayant sa part de rationalité et d’expérimentation. Par exemple, le français Conté était à la fois peintre et chimiste. De la chimie pour créer des couleurs avec des pigments naturels, des liants et une charge, comme le mode de fabrication des pastels. Les œuvres d’art sont l’effet de l’intuition et de la créativité, et les moyens conçus pour faire de l’art ont mobilisé de l’intelligence, voila comment je vois les choses à propos de l’art. J’ai un aveu à faire. Avant d’embrasser une carrière scientifique, j’ai failli aller aux Beaux-Arts… Je suis un dessinateur habile, et j’obtiens des choses magnifiques avec la sanguine (les pastels c’est formidable, d’ailleurs je me demande pourquoi la mode a reculé depuis la Renaissance). D’ailleurs, j’adore le style de la Renaissance. J’aime les arts traditionnels. L’art digital, l’infographie, ça peut être joli aussi mais ce n’est pas pareil, c’est moins mon truc. Cet aveu doit en étonner plus d’un.  😉 Si je n’expose pas d’art dans mon blog, j’ai une raison simple : je sépare strictement les domaines d’activités entre eux. La démarcation est un principe qui lève toute ambiguïté. Ce serait ballot par exemple que certains croient que la Matrice existe vraiment, avec nos amis Neo et Morphéus, alors que ce thème appartient à l’art du cinéma. Le pire, c’est qu’il y en a qui y croient vraiment…  o_O’

Parodie ironique et humoristique de Matrix :
Bon, tu prends la pilule blanche ou la pilule rouge ? C’est cela ouiii, l’une c’est du Vhyagrää et l’autre c’est du cyanure, héhé. Comment ça, tu cherches la pilule bleue ??  Bon ok, mais ne fais pas trop mal au lapin blanc, hein.   😉

Ajout subsidiaire :

J’ai parlé de jugeotte et d’intellect dans le cas de l’intelligence analytique logico-mathématique, bien qu’il existe d’autres formes de jugeottes. J’ai préféré parler de l’intelligence analytique car elle est la plus adaptée dans le domaine des sciences et de la théorie de la connaissance. Un artiste peut être un grand maître de créativité et de sensibilité, c’est une forme plus instinctive de l’intelligence, mais c’est différent de l’intelligence logico-mathématique, moi-même j’en sais quelque chose de par mon expérience personnelle, car j’alterne entre l’art et les sciences.

Mais on ne peut pas avoir un avis tranché en matière d’intelligence. C’est un sujet plus complexe que le concept réducteur du QI.

La question intéressante à se poser : qu’est-ce qui n’est pas de l’intelligence ? L’absence d’esprit critique, selon moi.

Sans esprit critique, on est vulnérable à la désinformation sous toutes ses formes. L’auto-défense intellectuelle est un outil qui change beaucoup de choses, ça ne rend pas forcément plus intelligent, mais ça rend certainement l’esprit moins perméable aux impostures intellectuelles. La bêtise, c’est quand on se laisse aller, quand on ne réfléchit pas assez, quand on n’observe objectivement pas assez, quand on ne laisse pas les croyances et les préjugés au vestiaire.

Le scepticisme scientifique a changé ma vie en mieux. Pourquoi pas la vôtre ?

 

Voila, l’article présent est fini. 🙂

 

© 2013 John Philip C. Manson

La science et les blogs de WordPress

Ceci est une rapide étude statistique portée sur les blogs du site WordPress.

  • Pour rappel, depuis décembre 2011, j’ai créé un blog miroir contenant mes articles les plus intéressants (une centaine à ce jour) : https://jpcmanson.wordpress.com. Ceci pour deux raisons : début décembre, une panne ou une maintenance a rendu hors service tous les blogs chez http://www.unblog.fr pendant plusieurs heures ; et mon blog a déjà plus de 40% de son espace disque occupé et j’envisage déjà la succession du blog avant la saturation future qui se produira très vraisemblablement avant 2015.

Une série de recherche sur Google montre qu’il existe 9 210 000 pages de blogs chez WordPress avec le mot-clé “science”. Lorsqu’on y ajoute le mot-clé “épistémologie”, ça descend à 5990 pages… Puis avec l’ajout du mot-clé “réfutabilité”, on n’a plus que seulement 525 pages… C’est affligeant. En effet, les mots les plus importants de la définition de la science sont très minoritaires par rapport à la masse énorme des médias.

  • D’une part, relayer la science, c’est bien, quand l’information découverte par les scientifiques est diffusée par les journalistes.
  • Aussi, et c’est encore mieux, c’est très bien que certains vulgarisateurs daignent présenter ce qu’est la science à travers les critères épistémologiques de la scientificité.
  • Et d’autre part, hélas, l’immense majorité médiatisée se consacre à un amateurat qui délivre une conception simpliste, naïve, approximative, voire totalement faussée, de ce qu’est concrètement la science. J’ai été horrifié de constater que beaucoup de blogs, autoproclamés scientifiques, se consacrent essentiellement aux pseudo-sciences comme l’ufologie, ou à une sorte de pseudo-philosophie qui s’apparente à la langue de bois, ainsi qu’à une usurpation scandaleuse de la science à travers des doctrines affiliées à la secte New Age ou autres mouvances, ainsi que les abus répétés de l’idéologie écologiste (à distinguer fermement de l’écologie scientifique).

Les blogs autoproclamés “science” sont la plupart du temps souvent ineptes : «conscience quantique», «montée IRRÉVERSIBLE des mers». L’usurpation sectaire de la science comme l’alarmisme idéologique, c’est du brouillage mental, un scandale, une imposture sans causalité avec les FAITS !

Lien interne :  http://jpmanson.unblog.fr/la-physique-quantique-usurpee/

 

 

 

 

 

 

 
© 2011 John Philip C. Manson

L’échec de la communication scientifique

Liens connexes :

La science actuelle souffre d’un gros problème de communication à travers la vulgarisation. Tout le problème, ou la majeure partie, prend sa source dans la médiatisation. J’observe un fossé entre les professionnels de la science et les vulgarisateurs amateurs avec le grand public. Néanmoins il existe des émissions de vulgarisation intéressantes, comme «C’est pas sorcier» sur France 3, ainsi que l’émission «Prouve-le» sur la chaîne Gulli. Ces exceptions montrent l’insuffisance d’émissions de vulgarisation scientifiques.

D’un côté, il y a ceux qui savent chercher et trouver, c’est le travail ou la passion de ceux qui s’adonnent à la science. Mais qui ne savent pas forcément communiquer.

D’un autre côté, il y a les orateurs habiles, ceux qui savent capter l’attention des foules, qui savent utiliser les médias à leur profit. Mais un grand charisme journalistique ou télévisuel ne signifie pas forcément des compétences en sciences… À mon avis, il manque trop de journalistes scientifiques pour les sujets scientifiques traités, tout me paraît confié à des personnes plus littéraires de formation plutôt qu’étant de formation scientifique.

Réunir ces deux facettes (la maîtrise des sciences + la communication) est un atout imparable. Savoir communiquer la science, partager une passion et des connaissances, et faire naître des vocations, voila une qualité rare. Qui a ce talent parmi nos contemporains ? Je me souviens de Michel Chevalet comme d’un journaliste scientifique brillant, avec sa fameuse phrase qui a marqué durablement les mémoires : «Comment ça marche ?». Sans oublier Richard Feynman, professeur et prix Nobel de physique, il a publié des livres qui font de lui un grand vulgarisateur scientifique. Ils ont mon éternelle reconnaissance.

À l’opposé de la démarche honnête et louable des vulgarisateurs scientifiques, il existe une autre facette, le côté obscur de la science. Bien souvent, la véritable information scientifique donnée par les travaux de vulgarisation est noyée dans une grande masse de désinformation et de déformation de la «vérité» scientifique. Cette noyade a pour cause l’utilisation outrancière et efficace des médias par des individus qui ne montrent pas ce qu’ils sont vraiment : des imposteurs.

L’imposture en science se reconnaît aisément : un imposteur publie des croyances, ou des thèses philosophiques ou métaphysiques, ou des considérations pseudo-scientifiques et fait abusivement passer celles-ci pour de la vraie science en utilisant le plus souvent possible les médias (TV, radio, internet, presse…) comme s’il recherchait la reconnaissance, l’admiration et l’amour du public et sans jamais passer par une publication scientifique à comité de lecture comme arxiv.org, sciencemag.org, pourlascience.fr, cnrs.fr, cern.ch…

Bref, en dehors du circuit scientifique, les théories sont sans garantie. Les comités de lecture par des pairs sont un garde-fou afin de préserver la science de divers abus. Cela réduit ainsi de beaucoup le risque d’erreurs, mais l’absence absolue d’erreurs est un mythe. Comme l’argument d’autorité n’est pas un critère de scientificité, cela veut dire qu’une référence ayant un statut scientifique crédible ne signifie pas qu’elle soit exempte d’erreur, ni qu’elle soit dispensée de toute critique et de réfutabilité. Ne jamais oublier ça… Même le système de régulation dans la communauté scientifique a ses failles, notamment via l’attribution controversée de thèses (cf. Mme Tessier, astrologue, à la Sorbonne ; et l’affaire des célèbres frères B.)

L’imposture scientifique se reconnaît dans son impossibilité ou son refus de se soumettre à la réfutabilité des affirmations que l’imposture prétend. L’imposture se reconnaît aussi à son langage flou, abscons, à l’utilisation d’anecdote et de témoignages, ainsi que par l’absence de référence directe à des faits.

La confusion du public entre la vraie science et l’imposture vient de ce que le grand public ne comprend pas ce que les scientifiques racontent, tout simplement parce que souvent le grand public n’a pas les bases requises pour comprendre les sujets scientifiques abordés. Quand la chimie ou la physique ne passionnent pas forcément les jeunes, les sciences sont rapidement oubliées avec le temps qui passe, abandonnées comme de vagues souvenirs. L’école ne sait pas susciter l’éveil ou la curiosité, ni des vocations scientifiques. L’école ne sait, encore moins, éveiller à un recul critique et analytique, et ça ne fait qu’accroître l’abîme.

Pour exemple, quand le web fait une propagande médiatique sur le moteur Pantone, l’attitude du public est souvent l’absorption passive et crédule de l’info, sans la moindre attitude sceptique, en prenant même (à tort) l’info pour vraie, comme ça. D’une part, le niveau scientifique requis pour comprendre pourquoi le moteur Pantone ne peut pas marcher est celui du lycée (niveau 1ère ou Terminale S), mais pourtant, de nos jours, beaucoup de gens passent leur Bac (et avec statistiquement plus de 85% de succès)…

Ou le grand public est crédule, ou il n’a aucune envie de comprendre comment ça marche parce que ça ne l’intéresse pas. Quand une chose intéresse quelqu’un, la personne cherche à comprendre tous les mécanismes, à essayer et à explorer. Un bidouilleur en informatique qui s’intéresse aux ordinateurs et à la programmation finit par cumuler de grandes connaissances à travers son expérience du domaine. Pour un passionné de mobylettes ou de motos, c’est pareil, il devient souvent un bon mécanicien car il aura tout appris à démonter et monter et réparer par lui-même ces mécaniques. Pareil pour un maître verrier qui apprend à sculpter dans le cristal.
Mais lorsqu’un thème excite les passions et provoque l’émerveillement chez autrui, mais sans que ces personnes ne s’y intéressent pour en savoir plus, de façon concrète, ce n’est pas de la curiosité ni de l’éveil actif, c’est de la crédulité passive.

Pour le grand public, la science se résume à devoir faire rêver avec des mots. Et moins le public comprend, à travers des mots compliqués, mieux le mystère capte leur émotion pour leur procurer une sorte de bien-être quasi-spirituel. Et dans cet état d’esprit troublé, le public trouve ça génial, mais sans vraiment avoir saisi le sens correct et adapté des mots scientifiques.
Il faut rester prudent en se souvenant que la science n’a pas à s’adapter au grand public pour faire connaître ses travaux, c’est au public qui doit s’efforcer de s’adapter à la science pour la comprendre. Si le grand public veut comprendre, il lui faudra d’abord s’instruire en apprenant à connaître les bases élémentaires nécessaires qui concernent les différentes sciences. J’ai longtemps connu les bases des théories scientifiques avant même de connaître les critères épistémologiques de la scientificité, c’est un peu comme mettre la charrue avant les bœufs (qui peut conduire à des absurdités si l’on n’y fait pas gaffe), mais l’essentiel c’est de connaître autant les critères de la science que les bases des théories scientifiques.

Interpréter soi-même des théories scientifiques avec son propre vocabulaire, mais sans connaître les définitions précises des mots du jargon scientifique, voila ce qui est à l’origine des délires mystiques et/ou pseudo-scientifiques des adeptes de la mouvance New Age, cette secte qui mélange abusivement les sciences avec les courants spirituels pour mieux tromper. La rigueur dans le respect des critères épistémologiques qui définissent la science est ce qui conduit à une attitude scientifique saine, ouverte et objective, sans intrusion idéologique de l’irrationnel, de l’imaginaire, de la politique et du spirituel, et des comportements émotionnels en général.

La vulgarisation scientifique ne consiste pas à simplifier ni à introduire des raccourcis, ni à faire du sensationnalisme. S’engager dans la voie de la simplification par des raccourcis réducteurs c’est conduire à un non-sens, une dénaturation dangereuse de la science, et le public croira comprendre, il croira s’instruire, et le cumul des simplifications et des raccourcis fait que les métaphores et les analogies ne correspondent pas au sens du thème scientifique qu’elles étaient sensées expliquer et décrire. Et plus cette simplification est importante avec le temps, devenue une habitude et un standard, plus les connaissances apparentes et vagues constitueront un désastre intellectuel et un échec didactique… Sans recul critique, tout type d’instruction est un gâchis. Mais c’est heureusement réversible, parfois, quand les gens trouvent le courage de TOUT remettre leurs acquis en question, en devant tout réapprendre par eux-mêmes avec un nouvel outil d’analyse : l’esprit critique.

 Le public se distingue par 3 types d’attitudes :

  1. Les indifférents et les désinvoltes (du style : «bof, j’m’en fous de tout»). C’est leur droit. L’ignorance n’est pas un mal quand il n’y a pas d’idéologie ni de croyances derrière.
  2. Les avaleurs de couleuvres (du style : «hey, c’est passé à la TV donc c’est vrai : la marmotte elle met le chocolat dans le papier alu»). Eux doivent faire un très gros effort d’adaptation au réel…
  3. Les sceptiques (du style : «je gratte le vernis, je creuse, je pioche, je vérifie la marchandise, mouarfff iconsceptique.gif je m’en doutais t’es un escroc !»). But de l’évolution intellectuelle.

L’idéal est que le droit à l’ignorance et à la croyance doit s’équilibrer avec le devoir de s’informer objectivement.

À ces trois types d’attitudes, il faut y adjoindre divers comportements opposés :

  1. Ceux qui vendent des couleuvres (du style : «voici mon livre qui contient la Vérité hypercosmique sur le secret de la Création, bon ça fait 25 € merci ô pigeon…»)
  2. Ceux qui vulgarisent la science, avec conscience professionnelle et déontologie (du style : «Comment ça marche ? Voila je vous explique des trucs concrets avec l’appui d’expériences et des données quantitatives expérimentales, et en formulant des hypothèses réfutables donc testables par l’expérimentation ou l’observation»)
  3. Ceux qui rendent la science vulgaire, en la dénaturant, et en lui ôtant tout son sens (du style : «je ne comprends rien en science mais je vous expliquerai tous les secrets du pré-Univers qui a existé avant l’apparition de l’espace-temps, et dans l’univers rien n’est impossiiiiible»)
  4. Le cas n°1 peut coïncider parfois avec le cas n°3…
  5. Le cas n°2 est strictement distinct des autres cas. On ne peut pas être à la fois un honnête vulgarisateur et un odieux imposteur, ou alors il faut vraiment être sournois pour mélanger le vrai et le faux…

Pour conclure :

  • Les meilleurs vulgarisateurs scientifiques sont ceux qui enseignent les bases des théories scientifiques et qui enseignent les définitions des mots du jargon scientifique, et qui donnent des définitions précises de ce qu’est la scientificité et la méthode scientifique.
  • Quiconque veut comprendre des travaux scientifiques, de chimie par exemple, doit nécessairement connaître les bases de la chimie. C’est le strict minimum. La compréhension est impossible sans un minimum de notions élémentaires. Sans ces notions, toute interprétation du jargon scientifique lu conduit toujours à des inepties.
  • La science n’est pas de la culture, c’est-à-dire qu’elle ne consiste pas à mémoriser des lectures diverses ni à les utiliser comme étant des vérités fixes et définitives, voire comme un roman. La culture scientifique a un socle qui est la connaissance des bases théoriques ainsi que la connaissance des critères de la scientificité (la définition de la science). Mais pour le reste, c’est-à-dire les travaux scientifiques, la publication de recherches, ce qui est le critère le plus important c’est la démarche critique et le raisonnement (appuyés par les notions de base)
  • Au lieu de vulgariser la science, il faudrait s’efforcer de faire faire des sciences quand cela est possible, afin de donner aux gens le goût du raisonnement et de la recherche par eux-mêmes à travers des expériences et des observations. Aujourd’hui, il existe un mépris honteux envers le grand public parce que le message scientifique est souvent dénaturé et déformé. Parfois même à la limite de la malhonnêteté, surtout par le journalisme peu déontologique sur certains portails du web quand ceux-ci prétendent être un relais pour faire connaître des sciences qui, pour ces médias, se résument douteusement et abusivement à la climatologie et les secteurs de l’énergie, voire le paranormal quand l’occasion se présente… Et il existe aussi un mépris du public pour les sciences qu’ils connaissent finalement mal (il n’y a qu’à examiner un forum classique du web pour en évaluer le niveau scientifique général). Par exemple, je me souviens des gros délires qui ont été proférés à la fois par les journalistes et par les internautes à propos du LHC du CERN, répandant ainsi des rumeurs ineptes de fin du monde (par ignorance, crédulité ou par hostilité idéologique au projet). De plus, un bon nombre d’articles écolos du web présentent une quantification de l’impact en CO2 selon divers comportements consuméristes, mais une vérification par calculs montrent que ces articles sont souvent faux (http://jpmanson.unblog.fr/2011/09/21/megaoctet-et-co2/ https://jpcmanson.wordpress.com/2012/04/27/analyse-de-sv-n1136-de-mai-2012/).
  • La folie irrationnelle du web, et dans la vie courante en général (souvent à cause de la presse), c’est un fait qui incite à tirer la sonnette d’alarme. Il faut contrer l’obscurantisme avant qu’il ne fasse reculer l’esprit scientifique et critique.
  • Le mépris du public à l’égard de la science peut s’expliquer par certaines dérives de la science (OGM, armes nucléaires, molécules toxiques…) et par l’apparente «froideur inhumaine» de la méthode scientifique. Les émotions n’ont rien à voir avec une attitude objective : pour observer, les yeux seuls comptent, mais pas ce que l’on ressent émotionnellement. Et en ce qui concerne l’apparente immoralité de la science, mieux vaut définir la science comme un outil neutre et amoral, car les responsables de méfaits ce sont les hommes, pas la science : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/04/10/les-derapages-de-la-science-et-le-principe-de-lethique/

 

Promouvoir le scepticisme est un acte politique, une lutte pour la liberté de tous contre la montée en puissance de l’obscurantisme, des superstitions, du développement des pseudo-sciences, etc. Ces aberrations intellectuelles sont clairement des instruments idéologiques réactionnaires dont le but est le pouvoir et l’argent par le maintien du public dans l’ignorance, la crédulité et la peur. La science est un atout que le peuple doit se réapproprier !

Semez le doute. Que la raison vous serve de guide.

© 2011-2012 John Philip C. Manson

Le calendrier maya, l’obscurantisme New Age, et l’imposture de la fin du monde de décembre 2012

  • AVERTISSEMENT : les citations extraites de cet article ne doivent pas servir à cautionner n’importe quel autre croyance rivale (comme le christianisme par exemple) ; ce n’est pas parce que le New Age est une secte inepte que cela signifie que d’autres croyances soient la vérité ou le Bien, je récuse explicitement la réutilisation de mes propos susceptibles de servir contre mon gré à des argumentaires fallacieux et malhonnêtes. Pour comprendre le piège des sophismes et des paralogismes, lire ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/04/15/des-paralogismes-dans-un-document-sceptique-sur-nibiru-et-anunnakis/

 

« La culture de la peur a toujours constitué l’instrument favori des dictatures : les démocraties ne peuvent qu’en faire un usage limité sous peine de se détruire. »  (Pascal Bruckner, in « Le fanatisme de l’Apocalypse », p. 47)

  • En 2012, rien de cosmique ni de surnaturel ne se produira sur Terre.
  • Le présent article présente tous les arguments qui rangent le 21/12/2012 parmi les mythes et les impostures.
  • Décembre 2012, une propagande sectaire qui sert les desseins des charlatans.

Introduction

Cet article a été conçu pour informer et donner des réponses pertinentes, rationnelles et factuelles à ceux qui se posent des questions relatives au 21 décembre 2012.

Il ne faut pas confondre l’Histoire des civilisations précolombiennes avec le mouvement mystique du New Age qui déforme, réinvente et réécrit la réalité historique.

Le mayanisme, quand le New Age recycle de vieilles légendes de civilisations éteintes

Certains parlent des mayas (leur calendrier en particulier), d’autres parlent de légendes babylonniennes ou assyriennes, et d’autres évoquent le nom de Nibiru, tandis que d’autres esprits dérangés parlent du trou noir du LHC chez le CERN… Les réponses précises sur 2012, dans Yahoo Questions/Réponses, sont très nombreuses tout autant que les questions qui abondent. La plupart des internautes posent ainsi leur question sans prendre la peine de vérifier si les réponses existent déjà, au lieu de proposer au public une question récurrente et pénible qui revient chaque semaine…

L’ignorance en astronomie fait croire n’importe quoi quand on est confronté à des croyances d’origine sectaire.

Je fais cet article afin de clarifier les faits objectifs et de couper court aux rumeurs irrationnelles.

Les événements prédits pour 21/12/2012 sont fictifs, c’est un mythe pondu par des gens qui ne connaissent rien de l’astronomie. C’est une légende urbaine dont la diffusion quasi-mondiale est largement facilitée par l’internet.

La date du 21/12/2012 est contestée par les historiens et les archéologues

Des sources montrent même que la date du 21/12/2012 est fantaisiste et que la date de fin de cycle long du calendrier maya est en fait incertaine. Les frères Böhm, l’un mathématicien, l’autre historien, ont découvert que la “fin du monde” n’est pas pour 2012 mais pour 2116. Mais cela ne changera rien : il n’existe pas de causalité entre un calendrier et l’apparition d’événements. Un calendrier sert à noter et consigner des événements, mais on ne fait pas le contraire, puisqu’un calendrier n’est ni un oracle, ni un objet divinatoire.  S’il est possible de déterminer le nombre de jours entre le commencement du cycle long du calendrier maya et la fin du cycle, personne ne connaît en réalité le lien permettant la conversion du calendrier maya vers une date du calendrier grégorien !

Le calendrier maya, disent les prophètes du New Age. Où est la marque du pluriel ? En effet il existe plusieurs calendriers mayas spécifiques à cette civilisation.

  • un calendrier religieux de 260 jours (calendrier Tzolk’in)
  • un calendrier agricole de 365 jours (calendrier Haab)
  • un calendrier Tun de 360 jours, associé au calendrier Tzolk’in
  • un calendrier de neuf jours (équivalent à notre semaine)
  • un cycle long de 1.872.000 jours  (c’est celui-ci qui est récupéré par le New Age,mais aucun des précédents)

La date 0.0.0.0.0 du compte long maya correspondrait au 11 août 3113 av JC de notre calendrier, mais personne ne connaît de façon certaine la conversion entre le calendrier maya et le calendrier julien. La correspondance, dite de GMT, entre le calendrier maya et notre calendrier a été établie d’après Eric Thompson, archéologue et épigraphiste britannique.  La date du 11/08 de l’an -3314 est celle qui est la plus communément utilisée par les archéologues spécialisés de la civilisation maya. Néanmoins, personne ne peut s’assurer de l’exactitude certaine de cette corrélation. (cf. les frères Böhm dans le paragraphe plus haut)

La bonne question à se poser : pourquoi ce calendrier-là plutôt que tout autre ? Selon moi, c’est seulement à cause de la proximité de la date future de 2012. Parce que si la “fin du monde” était fixée à une date future lointaine, qui n’est pas de notre vivant, tout le monde s’en foutrait… Ce que veulent les gourous, c’est inspirer la peur, d’où le choix de ce calendrier. Quand 2012, ou 2116, seront passés, et que rien d’extraordinaire ne sera arrivé, les charlatans se rabattront sur un nouveau calendrier. Je vous laisse deviner lequel.

L’origine archéologique de la croyance au 21 décembre 2012

Je cite Jean-Michel Hoppan, du centre d’études des langues indigènes d’Amérique :

“Cette date, toutefois (le 21 décembre 2012), n’apparaît que dans une seule et incomplète inscription maya datant de la seconde moitié du VIIe siècle, sur le monument 6 du site archéologique de Totuguero, dans l’état de Tabasco, au Mexique. Le long texte de cette stèle s’achève par une référence à la date du ‘4 Ahau 3 Kankin’ mais juste pour signaler ‘qu’interviendra alors une divinité appelée Bolonyocte’. Rien d’autre. Surtout, la fin d’un cycle, dans l’esprit des mayas, ne signifiait nullement la fin DU monde, mais la fin D’UN monde, le début d’une nouvelle ère dédiée, comme les précédentes à des entités mythiques. Cela leur permettait en quelque sorte de remettre les compteurs zéro.” 

En d’autre termes, tout ce qui a été rajouté sur le 21 décembre 2012 n’est que pure affabulation. Car il n’existe aucune prophétie maya prétendant que la fin du monde arrivera à cette date. D’ailleurs il serait intéressant de demander à ceux qui disent le contraire, de nous la montrer cette fameuse prophétie.

  • Le 21/12/2012 est une légende urbaine d’internet et de la littérature, née de l’interprétation douteuse d’une inscription incomplète d’un site archéologique mexicain. La crédulité a fait le reste.

Le calendrier maya a été conçu par les Mayas sur la base de multiples de nombres, un système de numération, bref un calendrier fondé sur du symbolisme et des analogies, mais pas sur la base d’événements astronomiques qui, eux, ne dépendent absolument pas de conventions humaines de numération.

Le mayanisme, fruit d’une secte : quand l’archéologie est détournée de son contexte pour légitimer une doctrine New Age

Je maintiens mes propos comme je l’ai toujours répété ici et ailleurs : le mayanisme est une propagande sectaire qui essaie de vous vendre votre survie par la peur et la crédulité. Il n’y a aucun fondement scientifique, ni historique, ni archéologique derrière cette pure mystification. Le mayanisme est une des nombreuses et nouvelles croyances propagées par la mouvance New Age. À savoir : le mouvement hippie est plus ou moins à l’origine du mouvement New Age (dans les années 60/70) et de l’écologisme idéologique en politique, avec son lot de croyances qui font la synthèse de plusieurs religions diverses, dans un contexte de contre-culture et de banalisation du postmodernisme. D’autres, comme certains écrivains, profitent de cette spiritualité moderne qu’est le New Age pour mystifier le public en lui faisant croire que c’est de la science, sans que ces individus peu scrupuleux aient forcément la même origine culturelle propre au New Age. Il ne s’agit pas là de science ni même de spiritualité, mais d’obscurantisme et d’imposture intellectuelle via la propagation d’un thème irrationnel fortement médiatisé dans les forums d’internet.

Si vous devez vous poser de bonnes questions, ne dites pas “comment cela se passera t-il à telle date”, mais plutôt “en quoi l’hypothèse de la fin du monde à telle date est-elle absurde ?”. Avant de formuler une hypothèse s’inspirant d’un phénomène, assurez vous d’abord que le phénomène existe.

Ce n’est pas parce qu’un calendrier affiche des chiffres ronds que cela signifie l’implication d’un événement historique qui n’a aucun rapport avec la convention utilisée dans un calendrier. Si le pape décide par exemple de décaler notre calendrier grégorien en lui ajoutant 990 ans par exemple, et nous annonçant qu’on est en l’an 3000 (fixé par décret), ce chiffre rond (3000) ne signifie pas que ça déclenchera, en conséquence, des événements, ni que cela nous vieillira réellement de 990, nous transformant en dépouilles réduites en poussière comme par magie, comme si le temps s’était écoulé subitement comme une fuite d’huile de vidange !

Le problème que je montre, c’est que la pensée magique remplace l’attitude critique dans la tête des crédules. Ce sort est indigne pour un être humain.

  • La NASA a expliqué que l’affabulation de la fin du monde selon le calendrier maya a commencé avec l’affirmation que Nibiru, une supposée planète découverte par les Sumériens, se dirigeait vers la Terre. Cette catastrophe a été initialement prédite pour mai 2003, mais comme rien n’est arrivé le jour du jugement dernier, la date a été repoussée à décembre 2012.

Doctrine et déni du hasard

La causalité, c’est une cause suivie d’un effet. Mais les croyances reposent sur des analogies dépourvues de causalité, avec le déni de la curiosité, le déni de l’observation des faits, le déni du hasard et des probabilités, le déni de réfuter des idées, le déni même de la réflexion. Les impressions et l’inspiration ne sont pas équivalents à la réflexion rationnelle, ce sont deux modes différents de la pensée.

Il faudrait arrêter toutes ces contre-vérités racontées sur les mayas. En plus, l’industrie du cinéma en a même fait un film. Pitoyable… La désinformation propre au mayanisme mystique déforme complètement les faits de l’Histoire et les détournent abusivement de leur contexte. Le mythe de la fin du monde en 2012 est une légende urbaine propagée par un écrivain russe et récupérée par la fondatrice d’une communauté d’ufologie. Le mysticisme mayaniste est un courant du New Age et il n’a aucun rapport sérieux avec l’Histoire, l’archéologie et l’astronomie et les sciences en général.

Le thème du mayanisme  millénariste est né de la littérature en 1976 : nulle trace auparavant en Histoire

Le sujet sur les mayas a abondamment été débattu sur le web, et les personnes sceptiques ont écrit comme moi des précisions depuis ces dernières années pour dénoncer l’obscurantisme contemporain malsain et débilitant. Le web n’a pas été conçu pour s’en servir comme moyen de propagande sectaire. Le délire contemporain au sujet de Nibiru a été initié en 1976 (à partir d’un écrivain russe), ça a commencé à en faire parler en 1991 quand cet écrivain a voulu montrer ses idées aux astronomes, puis ensuite la doctrine connue sous sa forme actuelle a pris son essor en 2003 sur internet comme phénomène de légende urbaine (sous différentes variantes depuis) à travers le bouche-à-oreille dans les nombreux forums mystiques.Ce phénomène de société ressemble étonnamment à un processus de propagation d’un virus informatique capable de muter et d’infecter un maximum de machines. Ici, ce sont les personnes crédules et vulnérables qui se font berner…

Nous distinguons donc plusieurs champs d’exploration de la Réalité: les faits eux-mêmes, la connaissance de ces faits (au moyen de la science), les rajouts abusifs sur ces faits et les interprétations délirantes sur ces rajouts (au moyen de l’imaginaire). Chaque fois que le mythe apocalyptique mayaniste réapparaît dans le web, je suis tenté d’encourager ses détracteurs à poser la question suivante : “À qui profitent les rumeurs de fin du monde ?” Voila une question intéressante à poser.

  • Il ne faut pas confondre l’archéologie et l’Histoire avec la mythologie.
    Il ne faut pas confondre plus généralement la science authentique avec la science fictive (les théories farfelues d’amateurs) et la science-fiction (qui est un art).
    Il ne faut pas confondre l’astronomie (science) avec l’astrologie (pseudo-science), l’archéo-astronomie (pseudo-Histoire) et les autres délires appartenant à la grande famille de l’intelligent design, du New Age et du néo-évhémérisme.

Le mythe de Nibiru

En astronomie, Nibiru n’existe pas, c’est un mythe. Cet astre est absent des catalogues d’astronomie.

Nibiru est un mythe d’origine babylonienne et a été l’objet d’un récit d’un roman de l’écrivain russe Z. Sitchin (qui se dit aussi historien), en 1976, et cela est devenu un fantasme sur internet depuis 2003 à travers le développement de plusieurs versions de légendes New Age par le biais de la propagande d’une secte ufologique américaine influente. Les écrits de Sitchin s’apparentent à des romans de science-fiction mais dont la forme est construite comme un essai abusivement présenté comme scientifique, historique et véridique alors que ça ne l’est absolument pas.

Nibiru est parfois associé au mythe du calendrier maya qui annonce des événements divers pour la fin de l’an 2012, alors que ce sont deux mythes d’origines distinctes.

Combien de temps faut-il répéter comme un perroquet que ce sont des idioties ?

Comment ai-je pu retrouver autant d’informations ? Il suffit de se poser les questions élémentaires : qui a fondé l’arnaque sur 2012, qui l’a propagé, à qui cela profite t-il, et dans quel but ? La situation ne consiste pas à attendre avec angoisse le mois de décembre 2012 (c’est peut-être le but recherché par les charlatans), mais à rechercher les sources de toute cette arnaque intellectuelle. Google est l’outil idéal pour effectuer des recherches poussées.

Google est notre ami

Recherche chronologique : http://www.google.fr/trends
Google est un outil très intéressant pour rechercher l’évolution des infos dans le temps.

Exemple :
http://www.google.fr/trends?q=%22d%C3%A9cembre+2012%22&ctab=0&geo=all&date=all&sort=0

Coïncidence : la polémique sur décembre 2012 dans le web a atteint un pic d’activité en novembre 2009, peu avant le sommet de Copenhague. J’ai dit coïncidence, pas causalité. Même remarque avec le mot Nibiru.

http://www.google.fr/trends?q=nibiru&ctab=0&geo=all&date=all&sort=0

Le mayanisme est un mythe récent. Nibiru a émergé début 2004. L’expression “décembre 2012″ apparut en francophonie lors du dernier trimestre 2007 environ 8 mois après son émergence sur le web anglophone.
Lorsque l’on a pu retrouver l’origine chronologique d’un phénomène médiatique, on en trouve la source. A qui profite cette mystification ?

Internet est un puissant vecteur de désinformation et de propagande sectaire. Et ça tout le monde le sait, surtout les gourous.

Devant les échecs successifs des prédictions des gourous sur les dates de fin du monde, n’avez-vous pas l’impression que les crédules passent pour des cons à leurs yeux ? Les gourous savent très bien ce qu’ils font et ils ne croient pas un seul instant eux-mêmes en ce qu’ils font croire. Les gourous doivent bien rigoler devant tant de crédulité. La faute à l’obscurantisme ? Plutôt la faute à l’ignorance des crédules et à l’absence d’esprit critique. Les crédules devraient se botter le derrière eux-mêmes, on n’a pas toujours le temps de le faire pour eux, tellement il y a de nécessiteux… Pensez-vous que les gogos traineront les gouroux en justice en 2013 pour abus de confiance et pub mensongère ? Je ne le pense pas : les gogos préféreront continuer à croire en une nouvelle date de fin du monde, celle de l’astéroïde Apophis en 2036, celle du bug Unix de 2038, ou l’an 3000 (parce que c’est rond et que ça paraît joli…). Alors stop ou encore avec toutes ces inepties ?

Précisions sur le calendrier maya
Si des guignols nous prédisent la fin du monde pour le compte long du calendrier maya correspondant à 13.0.0.0.0 (21/12/2012), alors pourquoi ne s’est-il rien passé le 12.0.0.0.0 (18/09/1618) ni le 11.0.0.0.0 (15/06/1224) ? Pourquoi donc préférer un “chiffre” rond plutôt qu’un autre ? Et pourquoi préférer le calendrier maya à un autre ? Et pourquoi choisir ce calendrier maya-là alors qu’il en existe plusieurs chez la civilisation maya ?

C’est sûr que ça risque d’être la fin du monde, un jour, quand on voit l’ampleur de la crédulité pathologique humaine qui est la seule responsable de sa déchéance mentale.

L’avenir n’est écrit nulle part.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9dictions_de_fin_du_monde

Il suffit de regarder dans ce lien cette liste de prédictions de fin du monde, qui se comptent par dizaines, et aucune d’entre elles n’a eu lieu, et sont toutes motivées par des mouvements sectaires.

À l’heure où je parle de tout ça, suite à l’actualité sur le Japon, certaines mouvances sectaires se réveillent pour annoncer la fin du monde prochaine http://www.rue89.com/2011/03/15/usa-le-seisme-au-japon-reveille-les-dingos-de-lapocalypse-195004   J’apprends même que 41% des Américains croient à un retour du Christ avant 2050. Décidément, la pathologie sectaire n’a pas de limite. Maintenant, les sectes n’arrêtent plus de changer la date de l’Apocalypse, c’est le 21 mai 2011 et non plus le 21/12/2012 (le billet d’avion pour l’Enfer infernal est annulé ?).

Croire ne crée pas de réalités, même en se mettant à plusieurs millions à croire en quelque chose. Tant qu’il n’y a rien à observer, il n’y a rien à raconter.

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Arguments contre certains points  plus ou moins relatifs au calendrier maya :

Un alignement planétaire ou cosmique ?

Certains affirment que le 21/12/2012 sera le théâtre d’un alignement planétaire ou cosmique particulier. Mais cela aussi c’est une mystification.Je pense même que la mythologie maya n’en parle même pas, c’est la mouvance New Age qui a inventé cet alignement cosmique.

Le 21/12/2012 il n’y aura aucun alignement planétaire ! Les logiciels de planétarium et la NASA le démontrent. Ceux qui annoncent l’an 2012 sont très mal renseignés et se basent sur une légende urbaine (le calendrier maya) véhiculée par de la propagande sectaire New Age pro-apocalyptique. Il ne faut accorder aucun crédit à ces inepties, ce ne sont que des croyances obscurantistes.

Le 12 Janvier de l’an 10353 avant JC, toutes les planètes du système solaire étaient groupées dans un octant (secteur de 45°), ce qui est déjà assez bien !!
Le 9 Novembre 1881, la plupart des planètes (ce qui veut dire : Soleil, Mercure, Terre, Mars, Jupiter, Uranus, Neptune et Pluton ), sauf Vénus et Saturne, étaient “presque” alignées.

Un alignement parfait de toutes les planètes du système solaire est extrêmement rare, si rare que cela n’est peut-être même pas encore arrivé ! Et même si un tel alignement se produisait, ça n’aurait absolument aucune influence néfaste pour la Terre (tout comme une éclipse de soleil).

Le centre galactique est dans la constellation du Sagittaire. Mais pour avoir l’alignement exact Terre-Soleil-Centre, il faudrait que le soleil et le centre galactique soient sur le même point sur le plan de l’écliptique. Mais est-ce que le centre galactique est sur l’écliptique ? Après une rapide vérification, l’angle minimal entre la Terre, le soleil et le centre galactique est supérieur à 6° (au plus, il atteint 52°), il ne peut donc y avoir d’alignement parfait. Avec une marge de 4% comme celle-ci, on ne peut même pas parler de l’existence d’un quelconque alignement.

À vrai dire, il n’y a jamais d’alignement Terre-Soleil-centre galactique.

Quand on évoque le cycle de 26000 ans, on confond l’histoire du centre galactique avec le phénomène de précession des équinoxes (qui n’a absolument rien à voir !). La précession des équinoxes est un phénomène gyroscopique dû à la rotation de la Terre.

Et les alignements astronomiques comme les éclipses solaires ou lunaires, ou l’alignement dont on vient de parler, ou les alignements planétaires, ça n’a aucun rapport avec le calendrier maya. Mais pourtant certains croient qu’il existe un tel lien.

Un alignement, quand il y en a un, n’est qu’un alignement, il n’y a aucun lien entre un alignement quelconque et les événements historiques sur Terre. La civilisation humaine n’est pas le centre de l’univers, pourquoi les phénomènes astronomiques feraient-ils des prophéties ? Il est temps d’observer la réalité en face sans avoir de croyances déconnectées du réel.

Un alignement cosmique ? Un alignement comique plutôt !

Confusion des genres, ignorance crasse, délires…
Du n’importe quoi. Les légendes relatives aux alignements planétaires, aux calendriers prophétiques précolombiens et à une certaine forme de l’ufologie sont des croyances New Age et du néo-évhémérisme, ces légendes bidons sont de la propagande en provenance d’une secte américaine. Si je le sais c’est parce que j’ai fait des recherches là-dessus, et ceux qui veulent en savoir plus peuvent le découvrir par eux-mêmes, Google est là pour ça.

L’inversion des pôles ?

Certains annoncent l’inversion des pôles magnétiques terrestres… Concernant les pôles magnétiques, il y a eu 24 inversions de ces pôles au cours des 5 derniers millions d’années, et des centaines de fois en 160 millions d’années, et la vie existe toujours sur Terre. Certains parlent de variation de l’intensité du champ magnétique terrestre, mais en fait ça fluctue tout le temps, ce n’est jamais stable. Une inversion prochaine est une rumeur controversée, parce que le phénomène est très lent et imprévisible. Il est utile de rappeler que l’inversion des pôles est un thème New Age de la fin du monde, au même titre que l’arrivée de Nibiru, ainsi que des alignements cosmiques bizarres, mais tout cela est une mystification propre aux sectes millénaristes.

L’inversion ne concerne que les pôles magnétiques du globe, pas les pôles géographiques. C’est un processus qui s’étend sur une longue période, ce n’est pas un phénomène instantané. Ce n’est pas non plus fatal pour la survie d’une espèce, bien que les radiations sur une Terre sans protection magnétique présentent des risques réels comme les cancers cutanés et les pannes des satellites de télécommunication. L’inversion des pôles magnétiques c’est arrivé déjà quelques dizaines de fois depuis l’apparition de l’humanité, et nous sommes toujours là.

Le champ magnétique terrestre a deux polarités : un nord magnétique et un sud magnétique, et son axe est incliné un peu par rapport à l’axe de rotation terrestre.

Le champ magnétique terrestre maintient la vie sur Terre en nous protégeant du rayonnement cosmique, mais il n’est pas lui-même la cause de la vie. En l’absence de ce champ, la vie serait quand même apparue mais seulement dans les océans à une certaine profondeur. Certaines espèces vivantes peuvent résister aux rayonnements : les tardigrades et certains insectes. Bref, la vie sur les continents n’est pas nécessairement impossible même en l’absence de champ magnétique terrestre, mais la vie serait certainement moins diversifiée et plus raréfiée.

Une inversion de polarité magnétique terrestre est déjà arrivée plusieurs fois dans l’histoire géologique, et n’a pas été mortel pour la vie, mais la transition dure plusieurs millénaires, ce n’est donc pas instantané. Et une diminution du champ à cause d’une très lente inversion serait même imperceptible par des mesures au magnétomètre. Il existe des oscillations stables du champ magnétique terrestre en fonction du temps, et le champ diffère sensiblement selon les endroits. Donc s’il existait une variation globale progressive avérée du champ, elle devrait être significativement et statistiquement supérieure aux fluctuations moyennes du champ, mais on n’a rien observé de tel à l’échelle globale. Le champ magnétique est induit par la rotation terrestre qui agit donc comme une dynamo.

Le thème de l’inversion des pôles est fréquemment relié au mythe mayaniste de la fin du monde de décembre 2012 et au mythe de la planète Nibiru, c’est une sorte de syncrétisme mystique très populaire (hélas) sur Internet. Les personnes bien renseignées savent que ce sont des conneries.

Les inversions des pôles magnétiques sont survenues environ une vingtaine de fois depuis l’apparition des premiers hominidés. Si elles avaient été mortelles, nous ne serions pas là pour en parler.

 Le web, vecteur des rumeurs :

Dans un site que je ne citerai pas, j’ai pu lire cette phrase obscurantiste : “Au lever du Soleil du 21 décembre 2012 et pour la première fois depuis 26.000 ans, le Soleil se lèvera pour se joindre à l’intersection de la Voie lactée et du plan écliptique.”

Le 21 décembre est effectivement le solstice d’hiver, c’était le cas il y a environ 25920 ans. Mais si l’on prend pour référence une année quelconque X, n’importe laquelle, on peut dire également que le solstice a lieu le même jour de l’année à la date X auquel on soustrait 25920. Ainsi, on peut définir n’importe quelle date comme étant une date particulière, selon le goût des croyances de chacun… En effet, si j’affirme que la fin du monde est le 30 avril 3797 de notre ère, il est vrai que 25920 ans plus tôt, le point de l’équinoxe du printemps avait la même position dans le ciel que le 30 avril 22123 avant notre ère.

D’autre part, l’écliptique et le “plan galactique” ne sont jamais alignés, je l’avais expliqué plus haut. Je suis d’autant plus choqué que le texte en italique que je cite ci-dessus a été vu dans une page perso d’un étudiant sur un site universitaire français avec certaines références New Age que je n’évoquerai pas. C’est atterrant de voir ça.

Opposons nous à l’obscurantisme avant qu’il n’infiltre les pouvoirs publics !

 

© 2007-2013 John Philip C. Manson