La science-fiction est-elle une projection dans l’avenir ?

Jules Verne s’était inspiré des connaissances scientifiques de son époque pour imaginer des voyages possibles avec un souci de réalisme.

Dans le cas de Verne qui s’inspirait de la réalité de son temps, ce n’était pas exactement une projection dans l’avenir car par exemple, le sous-marin Nautilus s’inspire lui-même d’un engin expérimental ayant existé au temps de Jules Verne. Ce n’était pas un possible avenir : c’était déjà au présent.

La science-fiction contemporaine, elle, laisse l’imaginaire vagabonder dans une évolution scientifique futuriste fictive avec souvent des applications invraisemblables et fantaisistes qui contredisent les théories scientifiques établies. Ces féeries ne risquent donc pas de devenir des réalités dans le futur.

Il ne faut guère confondre la science avec la science-fiction ni avec la science fictive.

On distinguent trois domaines :

  • La science-fiction est un genre littéraire destiné au divertissement.
  • La science est le domaine de l’ensemble des connaissances objectives de la réalité.
  • La science fictive, elle, consiste à la mystification, à l’imposture intellectuelle, aux pseudo-sciences, à la désinformation et à l’obscurantisme.

La projection dans l’avenir n’est possible qu’avec la science du présent. On peut a priori avoir une idée vague du futur selon l’évolution présente des théories scientifiques et de ses applications industrielles. Mais pour être réaliste, l’incertitude fait qu’il est impossible de connaître le futur.
La science-fiction, lorsqu’elle se veut réaliste vis-à-vis de la science, peut donner des aperçus futuristes à peu près vraisemblables (la cryogénisation des astronautes pour de longs voyages, plutôt que les vitesses supraluminiques invraisemblables).

Quant à la science fictive propre à l’imposture, elle trompe ceux qui y croient, au passé comme au présent, comme au futur. La pseudo-science trompe tout le temps.

© 2011 John Philip C. Manson

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