Former à l’esprit critique, oui mais…

Selon le synopsis d’un documentaire TV, une prof veut forger des esprits critiques chez des élèves qui préparent leur bac. Mais le problème ici est l’utilisation de la sophrologie, une discipline alternative qui n’est ni définie ni reconnue dans le cadre du code de la santé publique.

La littérature scientifique portant sur la sophrologie a mis en évidence la pauvreté des études cliniques sur ce sujet, et l’absence d’effet positif avéré. Les «recherches» sur la sophrologie sont principalement le fruit de praticiens désirant promouvoir leur discipline par des études non-scientifiques, publiées généralement en marge des canaux scientifiques (les fake news «scientifiques», ça existe, hélas, et ça pullule), mais régulièrement brandies comme arguments par les sophrologues et ses partisans. On peut dire en évidence le fait que la sophrologie est aujourd’hui une tradition principalement française, quasiment inexistante dans les autres pays. La sophrologie est une pseudo-science et une pseudo-médecine.

Le métier de sophrologue n’est pas réglementé et son exercice est libre en France (« accessible sans diplôme particulier » selon la fiche Rome K1103 de Pôle Emploi). Il est bien de rappeler que ce genre de praticien ne peut légalement procéder à aucun acte médical, tel que le diagnostic, la thérapie ou la prescription de médicaments, et encourt le cas échéant des poursuites pour exercice illégal de la médecine. L’utilisation de la sophrologie par des médecins contrevient selon un rapport de l’Assemblée Nationale au code de déontologie médicale.

Concernant le concours d’éloquence : savoir bien parler en public est un atout, à condition que les arguments exprimés avec un vocabulaire suffisamment riche suivent une démarche rationnelle et objectivement étayée, condition essentielle pour se questionner utilement sur le monde qui nous entoure (aussi bien dans le domaine des sciences que dans le domaine des faits de société ou celui de la politique).

Apprendre à prendre confiance en soi pour être éloquent en public et participer à des débats, c’est dompter efficacement la timidité ou réduire peu à peu l’inexpérience de l’art oratoire. Mais ce n’est pas avec des moyens pseudo-scientifiques comme la sophrologie que l’on atteindra efficacement ce but…

Plutôt que me réjouir, avoir lu le synopsis de ce documentaire suscite mon inquiétude. Mêler le vrai et le faux (ici par l’infiltration de la sophrologie comme méthode) peut être plus dangereux que le faux. Dans le contexte de l’esprit critique, la première question à se poser est : «est-ce que la sophrologie a des bases scientifiquement étayées ?». Cette question est pourtant essentielle si on veut prétendre développer un environnement sain et basé sur la raison et l’esprit critique.

Vouloir forger des esprits critiques tout en promouvant la sophrologie est un paradoxe, une contradiction. Cela crée un certain malaise. C’est comme vouloir faire de l’astrologie «scientifique» (ou de la physiognomonie «scientifique») alors qu’elle n’a absolument rien de scientifique. Je ne comprends pas…

 

John Philip C. Manson, le 19 février 2019

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N’importe quoi…

Journée spéciale que celle d’aujourd’hui, ce premier avril.

Oh putain… De l’empathie pour rééquilibrer le climat global ? La théorie Gaïa ? L’hormone du bien-être ? Fumer de l’herbe aussi pendant qu’on y est ? C’est une idéologie, une religion, ce n’est plus de la science. C’est n’importe quoi… Le pire serait d’entendre annoncer que ce n’était pas un poisson d’avril… Mais j’en ai déjà vu, des dérives, grosses comme des couleuvres…

Flash back sur tout ce que j’ai analysé depuis 2007 : les inexactitudes, les erreurs, les omissions, les contre-vérités et autres mystifications que j’ai dénoncées, ce sont des choses qui n’arrivent pas spécialement le premier avril, ça arrive tous les jours. Des âneries auxquelles presque tout le monde croient, par manque de recul critique… Selon moi, des poissons d’avril, j’en vois pratiquement toute l’année ; le monde scientifique et connexe, notamment à travers le journalisme approximatif concernant les thèmes scientifiques, c’est un éternel bêtisier.

À partir de la fin de ce mois, avril/mai 2014, mon blog verra son activité suspendue ou très ralentie. C’est prévu depuis plus d’un an, et je l’avais annoncé fin décembre dernier. Mon projet professionnel qui est en train de se mettre en place va occuper tout mon temps libre. Mon activité de blogueur depuis avril 2007 m’a apporté autant de plaisir que de prise de tête… Un «au revoir» ou un adieu, je ne tranche pas quelle issue ce sera. Je me dis que le temps est venu de s’occuper l’esprit à d’autres choses. Mon métier sur le point de commencer portera sur du concret au service des gens qui le veulent, tandis que mon blog actuel était un loisir dans lequel j’ai souvent pensé que je perdais mon temps auprès de gens inintéressés.

Peut-on convaincre tout le monde à faire l’effort d’esprit critique ? Ou la vraie question serait-elle plutôt : pourquoi laisse t-on entretenir la crédulité, l’ignorance et la déraison malgré la modernité des moyens efficaces dont nous disposons actuellement (écoles, internet, bibliothèques publiques…) ? Je pense que l’éducation traverse une crise. Il faut encourager les activités extrascolaires qui forment à l’éveil critique. Bon sang ! La France n’a pas vocation à engendrer des générations de moutons… Enfin, peut-être… C’est inquiétant. L’avenir est vraiment inquiétant. Je ne crois pas que l’on doit rester indifférents quand un élève sur 5 présente un problème d’illettrisme au collège à notre époque. Pas seulement l’illettrisme, mais aussi les difficultés dans les maths, même les règles élémentaires de calcul. Je constate personnellement une différence préoccupante entre les cahiers d’élèves d’il y a 25 ou 30 années et les cahiers des élèves actuels. Il existe un réel problème. On ne devrait pas gâcher la scolarité des jeunes, sinon ça peut avoir des répercussions sur leur avenir. Quel avenir ? Il ne faut pas compter sur les institutions de l’État, l’avenir il faut le construire soi-même dans cette Europe en crise. C’est le bordel avec ce siècle qui commençait à peine… Mieux vaut bien avoir les nerfs solides à notre époque vérolée par les charlatans et les petits chefs sadiques qui font pression contre leurs employés. Après l’euphorie des Années Folles dans les années 1920, maintenant l’aliénation avec les Années connes ? «Le changement c’est maintenant», il paraît. Mieux vaut compter sur vous-mêmes que sur l’espoir des promesses et des réformes pendant que vous êtes rackettés de partout. Par exemple, l’écotaxe, puis la réforme qui visait à supprimer le statut des auto-entrepreneurs, ça a failli devenir une catastrophe, mais on n’est pas complètement tirés d’affaire, et en plus les partis politiques derrière les politicards candidats aux récentes élections municipales ont même cru que le peuple allait leur dire «merci» ??? Les défaites subies par certains étaient prévisibles, le ras-le-bol dure depuis longtemps. D’où le vote-sanction par les citoyens désabusés. Les entreprises françaises (TPE, PME, AE) ont beaucoup de mal à s’installer et se développer, elles sont accablées de charges et de taxes. Le danger est l’ascension d’un certain parti aux idées très nationales… Ça va de mal en pis…

La question à se poser : comment construire l’avenir sans se faire rouler dans la farine ? L’esprit critique ne doit pas servir que pour les sciences, mais à la politique aussi. Les sciences (et l’éducation en général), la politique et le marché économique, ce sont des points vitaux de la société. Le sectarisme entretenant l’ignorance et l’obéissance des peuples, la dictature politique, une crise économique mondiale majeure, voila des choses auxquelles on doit faire de la prévention. Mieux vaut prévenir que guérir. Car quand le mal est là, il n’est pas toujours possible de se sortir du merdier…

Il faut faire confiance à la jeunesse, leur livrer un enseignement qui supplée celui de l’école faillible, et donner aux jeunes la possibilité de se rendre intellectuellement indépendants et curieux d’esprit. C’est ne pas avoir d’avenir quand la jeunesse reste sans soutien, sans confiance, sans culture… Je ne me limite pas aux professions libérales mais à tous les corps de métiers, il faut aussi valoriser les métiers manuels. On ne construit l’avenir qu’avec des moyens et surtout un investissement de soi, et c’est pourquoi il est vital de susciter des vocations scientifiques lorsque l’on sait qu’en France les effectifs universitaires dans le domaine des sciences a diminué de moitié depuis les 20 dernières années.

Quand mon blog s’arrêtera, il sera vite oublié. Ce sera comme si je n’avais rien dit. Je ne me fais aucune illusion. Moi, je m’en fous de la popularité, ce n’est pas mon truc, je déteste même ça. J’ai juste montré une voie d’investigation qui se distingue de la lecture crédule des informations à travers les divers médias. Le journalisme, quand celui-ci se mêle de sujets compliqués comme les sciences, se mêle souvent les pinceaux. J’ai montré que les infos à connotation scientifique sont souvent biaisées. Depuis les années 90, et notamment avec l’essor d’internet, la vulgarisation scientifique est à recadrer et à replacer dans son contexte. Il fallait montrer cette réalité, pour tenter de provoquer un déclic chez autrui. Je ne sais pas si j’ai pu convaincre des personnes qui étaient crédules jusqu’à présent, mais j’entre dans une période où je dois faire autre chose. Je n’ai aucun regret dans ce changement.

 

© 2014 John Philip C. Manson

 

 

P.S. :  Ça fait chier ce changement d’heure pour passer à l’heure d’été, tout le monde râle à ce sujet, où est la démocratie dans cette mode inutile et complètement injustifiée que les oligarches nous imposent ?

Une vocation pour les maths et/ou la physique ?

Comment naît (ou faire susciter) une vocation en maths et en physique ?
Une vocation pour les maths et/ou la physique : une volonté, un plaisir, une méthode,… et des dangers à connaître.

  • On devient bon en maths en travaillant régulièrement.
  • On devient cancre par l’habitude de la paresse.

C’est en forgeant qu’on devient forgeron.

C’est aussi simple que cela. Avant de se lancer dans les sciences, il faut maîtriser le langage. La lecture des dictionnaires est essentielle pour comprendre les définitions des mots. Il est important d’élargir le vocabulaire.

Les maths et les sciences, comme tout domaine (comme le sport par exemple), c’est par l’envie d’apprendre et de comprendre. Le talent c’est l’envie de faire quelque chose, en y trouvant plus de plaisir que d’avoir l’impression de devoir accomplir une corvée.

Une motivation, ça arrive soudain, un jour, par un déclic, un détail, quand on recherchait soi-même une réponse à un truc. Puis la curiosité déclenche une réaction en chaîne : une boulimie d’apprendre toujours plus. Savoir qu’on peut trouver tout seul, c’est s’ouvrir à l’indépendance et la liberté. Pourquoi les profs feraient vos devoirs à votre place ? Et pourquoi (dans un tout autre contexte) laisseriez-vous des gourous penser à votre place ?

Donc bref, apprendre, être curieux, multiplier les situations à résoudre, mais disposer d’un outil précieux à ne pas négliger : l’esprit critique. Pour rester objectif. Et se souvenir des critères épistémologiques de la science, à travers le problème de la démarcation entre la science et ce qui ne relève pas de la science. Pour éviter l’amalgame entre science et mysticisme. Et se souvenir que les théories sont des représentations faillibles du réel (à travers l’observation ou l’expérimentation). Voici un exemple épistémologique très simple qui résume la scientificité : la carte n’est pas le territoire. Ces critères s’appliquent aux sciences de la nature dont la physique, les maths étant l’édifice de toutes ces sciences. J’ai dit que la carte n’est pas le territoire : en effet, les maths servent à décrire et expliquer des opérations et des expériences de physique, mais pas le contraire. C’est-à-dire que la vérité scientifique ne se construit pas d’abord sur des concepts mathématiques ou géométriques pour tenter d’inventer la réalité physique. Ainsi, le chercheur indépendant Antony Garrett Lisi (http://fr.wikiquote.org/wiki/Antony_Garrett_Lisi) avait présenté une «théorie» douteuse dans laquelle il affirme que «les équations algébriques qui décrivent le comportement de toutes les particules sont la conséquence de la géométrie d’un seul objet (Le groupe de Lie E8). Tout le contenu de l’Univers n’est donc que pure géométrie !» (source : Science et vie, nº 1084, janvier 2008, p. 51).

La physique n’a jamais été la conséquence des mathématiques. Les maths ne sont pas ladite réalité physique ni sa trame. Les maths ne sont qu’un outil pour construire une théorie abstraite à partir des faits de la physique, une théorie scientifique axiomatisée c’est elle qui est la conséquence des données quantitatives issues des observations et des expériences de physique. Les phénomènes précèdent leur théorisation, pas le contraire. On observe d’abord, afin de recueillir des données quantitatives (à travers des mesures), ensuite ces données sont comparées entre elles afin d’établir des lois physiques, puis l’on construit une théorie. Par exemple, le résultat de l’expérience de Michelson-Morley en 1887, qui contredisait l’hypothèse de départ, a eu pour conséquence la théorie de la relativité restreinte (d’Einstein) en 1905. Il est évident que l’on ne construit pas de théorie sans données physiques. Autrement, c’est brasser de l’air, c’est faire de la spéculation au risque de diverger de la méthode scientifique. Bref, une page remplie d’équations n’est pas l’univers ni la cause de l’univers, au même sens qu’une carte n’est pas le territoire, ni qu’une carte n’est la cause du territoire. Le territoire existe d’abord (il préexiste), ensuite on dessine une carte pour représenter ce territoire que l’on observe et explore (directement sur le terrain ou par vue aérienne, voire par photo satellite). On observe, puis on tire des conclusions. Mais émettre des concepts avant même d’observer ou d’expérimenter, ce n’est pas vraiment de la science.
En plus, A. Garrett Lisi annonce que «en outre, [la théorie] prédit pour l’instant une constante cosmologique gigantesque, alors que les observations la donnent très petite.»    En voila un qui décide comment doivent être les faits, en dépit des observations, plutôt que reconnaître l’invalidité de la prédiction, celle-ci étant réfutée par les faits eux-même. Depuis quand une théorie est-elle dogmatiquement vraie et que les faits sont faux ? Une théorie scientifique a pour définition selon laquelle la théorie doit pouvoir être réfutée si celle-ci est fausse, donc une théorie peut être fausse. Par contre, les faits, c’est-à-dire l’observation et l’expérimentation rigoureuses des phénomènes physiques, contrairement aux interprétations qu’on en fait, ne peuvent mentir.
Dans Wikiquotes.org, la catégorie des «auteurs scientifiques» incite à s’y interroger. C’est dans ce site que j’avais pu trouver les citations de A. Garrett Lisi. Maintenant, je me penche sur le cas du chercheur japonais Masaru Emoto. Selon Wikiquote, ce chercheur étudierait les effets de la pensée sur l’eau.
À première vue, cela paraît déjà bizarre. Mais pour en avoir le cœur net, examinons les citations de M. Emoto.
Je cite Emoto : «Les 70% environ de notre planète sont recouverts d’eau, et 70% environ du corps humain ne sont qu’eau» (Le miracle de l’eau (2007), Masaru Emoto (trad. Gérard Leconte), éd. Guy Trédaniel, 2008 (ISBN 978-2-84445-866-7.), p. 7 et 8)
Il est vrai que l’eau recouvre 70% de la SURFACE terrestre. Il est vrai aussi que le corps humain contient (en MASSE ou en VOLUME) environ 70% d’eau. D’une part, relier ces deux vérités n’est faire qu’une ANALOGIE, mais pas une relation de CAUSALITÉ. D’autre part, deux pourcentages similaires ne signifie rien quand les mesures concernent deux grandeurs physiques différentes : une surface n’est pas une masse ni un volume. Utiliser une telle analogie, c’est de la numérologie, non ? En effet. Quelle heure est-il ? Deux kilomètres !
Je cite encore Emoto : «D’après les cristaux, l’eau qui est en nous contient l’énergie des mots.» (du même ouvrage).
Quels cristaux ? Le chlorure de sodium de l’eau de mer ? Les sels de la composition minérale du sang humain ? L’énergie, ah ! ce terme abstrait désignant une réalité bien abstraite et quantifiable en science n’a pas d’équivalent sérieux avec l’énergie chez le domaine de la spiritualité. L’énergie des mots ? L’aptitude au langage provient d’une zone spécifique du cerveau, à peu près au sommet du crâne. Les neurosciences montrent que ce sont les neurotransmetteurs (dopamine, mélatonine, et autres) qui sont le siège de l’activité neuronale. Mais de l’énergie des mots dans l’eau, ça veut dire quoi ? C’est une métaphore ratée ? Ou une extase mystique ? Je ne trouve pas ça très rassurant… D’ailleurs, le titre «Le miracle de l’eau» ressemble à de la science-spectacle. Je pressens d’autres textes construits selon une interprétation personnelle et subjective.
Dans le jargon scientifique, chaque mot, chaque phrase, a un sens bien précis. Mais quand un texte est flou, abscons, évasif, avec un sens indéfini, des mots qui ressemblent au jargon scientifique mais selon une structure inhabituelle, alors il y a quelque chose d’anormal.
Par curiosité, je visite la biographie de Emoto (http://fr.wikipedia.org/wiki/Masaru_Emoto) sur Wikipedia, dont je cite : «Des scientifiques critiquent les procédures expérimentales pour leur insuffisance2 et estiment qu’il existe de nombreux biais cognitifs dans les expériences d’Emoto».  Je ne suis pas étonné. On voit ensuite que Emoto a pour spécialité la «médecine alternative». Ses écrits surfent sur un thème très proche de la fameuse (fumeuse) mémoire de l’eau (http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9moire_de_l%27eau) qui servit à servir d’alibi bidon à la pseudo-science homéopathique. De plus, la référence aux cristaux (quand cela ne concerne pas la minéralogie ni la cristallographie), c’est un thème irrationnel très prisé par la mouvance New Age… La page d’Emoto sur Wikipedia est classée dans la catégorie « pseudo-science ».
Ce que font les chercheurs indépendants et controversés est critiquable, certes. Mais la question essentielle est la suivante : pourquoi Wikiquote réunit-il dans sa catégorie «Scientifiques» des auteurs discutables et ayant peu publié dans des referres (Garrett Lisi, Emoto…) par rapport à des scientifiques notables par leurs travaux majeurs (Albert Einstein, Schrödinger, Max Planck, Henri Poincaré…) qui ne sont même pas recensés dans ladite catégorie ? De plus, dans la catégorie, on trouve d’autres scientifiques discutables (exemple : M. Fleischmann, co-«découvreur» de la FUSION FROIDE, «théorie» du type « fringe science », à la frontière de la pseudo-science ou de la science fictive). Il va falloir penser sérieusement à rééditer la catégorie des scientifiques chez Wikiquotes.
James Randi, le fondateur de la James Randi Educational Foundation, a publiquement proposé d’offrir à Emoto la somme d’un million de dollars s’il pouvait reproduire les résultats de ses expériences selon la procédure en double aveugle. Les travaux d’Emoto n’ont jamais été publiés dans une revue scientifique à comité de lecture.
Pour se proclamer scientifique, il faut respecter les critères de la méthode scientifique, que l’on fasse une découverte ou pas.
Sans esprit critique, les lecteurs gobent n’importe quoi. Jusqu’où peut-on croire ?
Il faut veiller et rester vigilant sur le risque de dénaturation de la méthode scientifique. Des épistémologies alternatives peuvent conduire à des dérives idéologiques. Les matheux platoniciens peuvent par exemple réécrire la physique en choisissant esthétiquement et subjectivement des polyèdres comme base de toute doctrine… Pire encore, les créationnistes pourraient réécrire la science pour légitimer leurs doctrines et tenter de lancer un renouveau religieux face à la montée de l’athéisme depuis le XXe siècle. La secte New Age, elle, peut s’immiscer et se glisser dans les institutions scientifiques pour semer la confusion et l’amalgame, en professant une doctrine qui mêle la physique quantique et le mysticisme syncrétiste. (voir ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/28/le-vrai-visage-du-new-age-ou-nouvel-age/ et là aussi : https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/04/larnaque-de-lusurpation-de-la-physique-quantique/ puis là : https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/03/la-physique-quantique-usurpee/ et surtout ça : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/08/retour-sur-le-mysticisme-quantique/)

L’important n’est pas les réponses de la science, mais de se poser de bonnes questions.

Des questions fondamentales.
Par exemple :
  • Peut-on prouver si un test de QI est faux ? Si la question se pose pour la première fois, alors le QI n’a jamais suivi les critères de la méthode scientifique.
  • Peut-on prouver si les interprétations des psychanalystes sont fausses ? S’il n’est pas du tout possible de concevoir une expérience pouvant invalider une théorie si celle-ci est fausse, alors ladite théorie est une pseudo-science.
Le talent pour les maths et les sciences, c’est autant dans la sueur que le plaisir. Rien ne tombe tout seul du ciel. Rien n’est acquis si on ne fait rien.
Le professionnalisme dans les sciences, c’est dans la rigueur par rapport à la méthode scientifique, par le devoir de rester objectif et critique. L’imposture du mysticisme et des pseudo-sciences, tout comme les fraudes scientifiques, ça n’a pas sa place dans les sciences. Le plus incompréhensible n’est pas le comportement scandaleux des fautifs, mais l’indifférence des scientifiques qui sont intègres et qui sont trop occupés pour constater une certaine montée d’obscurantisme.
J’ai vu des choses atterrantes, affligeantes, sur la progression de la secte New Age dont les meneurs ont parfois jadis été scientifiques ou qui dénaturent eux-même la science… Par exemple, une médecin russe diplômée en Suisse est devenue bionutritionniste (grâce à «l’infini quantique»), un conférencier complice est prof des universités (spécialité cancérologie), puis un autre docteur russe spécialisé en «biophysique» a participé au magazine douteux « Science et Inexpliqué », ensuite un philosophe hongrois influent est un adepte du concept New Age des annales akashiques… Alors, pour être bref, le New Age envahit les milieux médicaux, universitaires et gagne même aussi les ingénieurs. C’est alarmant. Irions-nous jusqu’à voir, impuissants ou lâches, au remplacement progressif de la méthode scientifique par des idéologies mystiques ? Des croyances personnelles doivent rester privées et ne pas interférer avec les métiers scientifiques. De plus, je ne connais aucun scientifique assez crédule pour croire lui-même avec sincérité au mysticisme, enfin je ne suis pas sûr là-dessus… Pourquoi rester indifférents face à ces dérives ? Le problème est très sous-estimé, à mon avis. C’est grave.
À travers la vulgarisation scientifique et la naissance des vocations scientifiques, la première chose à enseigner est la définition de la science (qu’est-ce que la science ?), les critères épistémologiques de scientificité, et les détails de la méthode scientifique. Pour anecdote, au collège et au lycée, on m’a appris les sciences avant même les définitions fondamentales. Ce n’est qu’avec la documentation hors scolarité que je me suis aperçu qu’il existait une grave lacune dans l’enseignement des sciences. C’est cette lacune qui m’a incité à créer mon blog en 2007, parce qu’il faut réparer ce problème.   https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/03/definition-de-la-science/
© 2013 John Philip C. Manson

Sur l’objectivité en science, et sur la subjectivité des interprétations

La quête de la «vérité» scientifique s’inscrit dans une démarche patiente de réduction des erreurs et des biais, afin d’approcher le mieux possible de l’objectivité.

Approcher l’objectivité, c’est apprendre à observer et à expérimenter. D’après le sociologue Pierre Bourdieu, la démarche objective est une attitude de vigilance épistémologique comme moyen de renforcer les chances d’approcher l’objectivité en étant attentif aux différents facteurs propres à biaiser la recherche.

D’après Gaston Bachelard, être objectif c’est pratiquer une « surveillance intellectuelle de soi ».

En effet, l’inférence idéologique ou religieuse ne doit jamais se mêler à la démarche scientifique sous peine de la corrompre.

Être objectif exige de la rigueur. Et pour commencer, il faut savoir ce qui définit l’objectivité.

Regardez cette image ci-dessous :

Cow_Illusion

Vous vous dites alors que vous être un observateur, et que vous observez cette image. Par cette observation, vous affirmez des choses à partir de cette image, en la décrivant. Par exemple, vous dites que cette image est neutre, qu’elle ne représente rien. Ou alors vous affirmez avoir observé la silhouette approximative d’une femme. D’autres verront (ou croiront voir) tout autre chose…

Ainsi, quelque soit votre jugement interprétatif, vous pensez avoir émis une observation objective.

Voila une grande erreur…

C’est votre interprétation du phénomène qui est intervenue. Pas l’objectivité.

En effet, interpréter et observer sont à distinguer. Une illusion d’optique n’est pas une observation objective.

Notre relation au réel dépend de notre façon d’interpréter ce que nous observons ou ce que nous croyons.

Être vraiment objectif, c’est dépasser l’illusion d’optique, c’est explorer au-delà des faiblesses de notre subjectivité. La démarche scientifique est un processus constamment critique, par l’identification et la réduction de toutes sortes de biais.

La subjectivité nous faire souvent croire des fadaises, la subjectivité nous fait croire qu’on sait parce qu’on a eu l’illusion d’avoir bien interprété ce qu’on a cru observer.

  • Ce n’est pas parce qu’on a en toute apparence observé une soucoupe volante ou un phénomène aérospatial non identifié que cela signifie qu’il s’agit objectivement d’une machine volante pilotée par des extraterrestres.
  • La théorie du Big Bang, en cosmologie, est une théorie scientifique crédible, mais cela ne signifie pas dans l’absolu que celle-ci est la vérité.

Les observations entraînent des interprétations qui construisent elles-mêmes des représentations faillibles de la réalité. Les théories scientifiques ne se définissent pas par leur véracité ou leur crédibilité, mais par leur évaluation continuelle par la recherche critique d’erreurs, de contradictions et d’inexactitudes au moyen de l’appui des faits. L’esprit critique est le seul moyen de réduire les erreurs diverses, sans pouvoir éliminer absolument toutes les erreurs.

Croire sans remettre en question, c’est se tromper.

En revanche, l’imaginaire éveillé par les illusions d’optique est utile dans la créativité artistique, quand on est artiste. Puis dans un contexte scientifique, l’intuition elle-même peut aider à trouver, quand elle permet la formulation d’hypothèses réfutables. En dehors de cela, la science repose essentiellement sur la rigueur et la logique par lesquelles nous prouvons.

Il y a un abîme de différence entre l’affirmation « Je crois péremptoirement à l’existence des extraterrestres qui sont parmi nous » et l’affirmation « Je possède des preuves matérielles qui attestent l’existence de civilisations extraterrestres ». De même qu’il existe une différence tout aussi grande entre le fait de disposer d’éléments matériels et la façon d’interpréter lesdites preuves (sont-ce des preuves qui concernent objectivement ce que l’on suppose, ou nos interprétations sont fausses à travers des preuves interprétées hors contexte ?)

D’après Philip K. Dick, la réalité c’est ce qui continue à s’imposer à vous quand vous cessez d’y croire.

Un exemple récent de subjectivité journalistique dans la presse grand public : http://www.20minutes.fr/article/1084947/geneticien-veut-cloner-homme-neandertal un article bien trop enthousiaste auquel les journalistes affirment y avoir cru, et ce nouvel article replace donc les choses dans leur contexte : http://www.20minutes.fr/sciences/1085745-clonage-neandertal-agirait-erreur-traduction. Je n’ai pas cru un seul instant au clonage de l’Homme de Néandertal : l’ADN se désagrège au cours du temps (de moitié tous les 521 ans environ), donc il ne reste guère grand-chose des gènes de l’Homme de Néandertal au bout de 30 000 ans après l’extinction de cette espèce… Il faut rappeler qu’un séquençage partiel de l’ADN nucléaire néandertalien a été effectué en 2010. Extraire de l’ADN incomplet est difficile. Mais reconstituer un ADN néandertalien complet est impossible. De plus, même s’il était possible de cloner un homme néandertalien, je doute que cela ne soit pas éthiquement acceptable. Les hominidés ne sont pas des animaux de laboratoire… Et même, la souffrance des animaux de laboratoire ça crée le malaise.

Franchement, la vulgarisation scientifique ne consiste pas à rendre la science plus attirante en racontant de la science-fiction au risque de dénaturer la science. Provoquer des buzz n’est pas équivalent à faire de la science. Pourtant, le travail de journalisme n’est pas trop différent de celui d’un scientifique : c’est un ensemble d’investigations, un travail d’enquête. Le code de déontologie du journalisme (charte de 1971) précise certains devoirs, dont ceux-ci : le respect de la vérité, l’impératif de ne publier que des informations « dont l’origine est connue » ou accompagnées de réserves, l’obligation de « rectifier toute information qui se révèle inexacte ».

Ainsi, faire de la science nécessite une grande prudence. Handle with care, it is nitroglycerine…

——

  • « La qualité d’une expérience se mesure au nombre de théories qu’elle fait tomber. » (d’après un professeur à Polytechnique et chercheur au CNRS)
  • « La science antique portait sur des concepts, tandis que la science moderne cherche des lois. » (Henri Bergson)
  • « Seul a un caractère scientifique ce qui peut être réfuté. Ce qui n’est pas réfutable relève de la magie ou de la mystique. » (Karl Popper)
  • « Une théorie est scientifique si et seulement si elle susceptible d’être réfutée ; elle n’est pas vraie, mais tout au plus admise provisoirement. » (Karl Popper)
  • « La science ne cherche pas à énoncer des vérités éternelles ou de dogmes immuables ; loin de prétendre que chaque étape est définitive et qu’elle a dit son dernier mot, elle cherche à cerner la vérité par approximations successives. » (Bertrand Russell)

© 2013 John Philip C. Manson

Évaluation de l’esprit critique dans une classe de Seconde en cours de physique/chimie

 

En résumé, certain(e)s enseignant(e)s de physique-chimie tentent d’aiguiser le sens critique de leurs élèves en saupoudrant quelques notions d’esprit critique dans leurs cours.

Une évaluation de l’esprit critique des élèves de Seconde fut réalisée, et la situation n’est guère réjouissante :  http://cortecs.org/images/stories/ExTP/CorteX_cyclezetetique_MP.pdf

Dans ce document PDF indiqué ci-dessus, on constate que les élèves ont des croyances diverses envers le paranormal et les pseudo-sciences. Mais on constate aussi l’incapacité des élèves à distinguer entre la science et la non-science. Cela est l’indice, selon moi, de l’existence de graves lacunes dans l’enseignement des sciences au collège.

L’école primaire a enseigné pendant de longues générations les notions élémentaires que sont la lecture, l’écriture et le calcul. Mais les bases de l’esprit critique sont quasiment absentes dans l’enseignement des sciences, ou (parfois) enseignées de façon plutôt tardive. Il faut réparer cette injustice. Avec la progression de l’obscurantisme et des sectes, c’est criminel de fabriquer des générations de moutons. Il faut préparer les jeunes à réfléchir rationnellement par eux-mêmes. Nos libertés, comme celles des générations futures, dépendent de notre capacité au recul critique.

 

 

© 2012 John Philip C. Manson

Les encyclopédies sont-elles sans erreurs et infaillibles ?

  •  Article mis à jour le 17 juillet 2014.

Analyse critique attentive de l’encyclopédie Quid année 2006

L’étude réalisée en juillet 2006 porte sur quelques pages concernant la rubrique Astronomie, de la page 201 à la page 206, et je donne ci-dessous mes observations.

 

Page 201c :

Je cite :

Selon des observations faites en 1998 à l’université de Seattle et au Lawrence Berkeley National Laboratory, l’univers serait définitivement en expansion indéfinie et accélérée.

Nuance : on a mesuré en 1998 une expansion actuelle accélérée semblant indéfinie, on ignore cependant si elle est définitive.

Je cite :

Vision récente de l’univers : l’écoulement du temps (toujours dans le même sens) est une illusion. L’univers est occupé par une infinité de mondes parallèles qui s’ignorent.

Précision : aucune de ces affirmations n’a été l’objet d’observations ni de confirmations. Ce sont de pures spéculations difficilement vérifiables ni réfutables. Elles échappent à la scientificité.

De plus, j’ai fait une critique sur l’écoulement variable du temps, concept inepte en physique, dans un de mes articles : http://jpmanson.unblog.fr/2010/07/30/sur-lecoulement-du-temps/

(Ci-dessus, le lien est mort, mais néanmoins consultable ici : http://web.archive.org/web/20101101090007/http://jpmanson.unblog.fr/2010/07/30/)

Page 202c :

Je cite :

Vie dans l’univers : Il y aurait une planète sur 1 million dans la galaxie qui pourrait contenir des océans.

On ne peut pas établir un taux de probabilité sans l’appui d’observations quantitatives réfutables. Pour quantifier une probabilité, il aura fallu faire une observation statistique, ou une estimation à partir de données physiques suffisantes. Il est impossible de faire des probabilités sans se référer à des observations statistiques factuelles, lorsqu’on ignore tout de l’hydrologie des exoplanètes puisque le sujet d’étude est invérifiable. La probabilité fournie par le Quid 2006 ne représente donc rien de concret et n’a pas de valeur empirique. C’est un nombre sorti de nulle part.

Ici : http://jpmanson.unblog.fr/2011/07/17/lexicologie-statistique-imposture-du-qi-et-mesure-quantitative-avec-marge-derreur/ j’explique la différence entre une expérience statistique reproductible (associée à une marge d’erreur) et une imposture comme celle du QI.

(Ci-dessus, les liens vers unblog sont morts, mais le thème du QI est beaucoup abordé dans le présent blog : https://jpcmanson.wordpress.com/?s=qi&submit=Recherche)

 

Page 203a :

Je cite :

…l’homme n’aurait pas vu le jour et, en son absence, les maîtres de la Terre seraient les insectes sociaux au psychisme le plus développé et le mieux différencié chez les êtres vivants.

Ironie : et les cétacés comme les dauphins, ce sont des animaux débiles peut-être ? Les insectes sociaux n’ont pas à proprement parler de psychisme, leur organisation sociale est décentralisée ; les insectes n’ont aucune intelligence individuelle, c’est la collectivité qui rend leur société organisée. L’auteur de cette maladresse méconnaît vraisemblablement l’entomologie.

Page 203b :

Je cite l’encadré sur le planétarium d’Anticythère.
Le Quid affirme que l’artefact archéologique date du premier siècle après J.C. alors qu’il date de 87 avant J.C. donc le premier siècle avant J.C.
L’artefact est présenté comme un planétarium alors que pour les archéologues et les astronomes, il ne s’agit que d’une hypothèse.

Page 204c :

Je cite :

Encadré sur la matière noire et l’énergie sombre.

Naines brunes (étoiles si denses que la lumière reste piégée à l’intérieur).

Objection ! C’est seulement le cas des trous noirs. Les naines brunes sont des étoiles trop légères pour amorcer leurs réactions de fusion nucléaire, mais celles-ci émettent toutefois un rayonnement thermique d’environ 700 °C. Quant aux trous noirs, ce n’est pas à cause de leur densité ni l’opacité que la lumière reste piégée, c’est à cause de leur gravitation.

 

Page 204a :

Je cite :

Sur la définition de l’étoile à neutrons.

A neutrons : étoile ayant une masse comprise entre 1,4 et 3 fois celle du soleil,
extrêmement dense (10^17 K par m^3)

Erreur d’unité physique ! L’auteur a spécifié l’unité K qui est une température absolue (le kelvin). Il fallait lire kg par m^3 (kilogramme par mètre cube) qui est une masse volumique.

Page 205c :

Je cite dans l’encadré “supernova”.

Selon une étude américaine de 1994, l’extinction massive de diverses espèces sur
la Terre, il y a 225 millions d’années, aurait été provoqué par une supernova qui
aurait irradié la planète et détruit la couche d’ozone.

L’unique source trouvée sur le sujet (dans Google) est ce site : http://www.sio2.be/cours/es6/ch07.php

De plus, le nom de l’astronome “découvreur” n’est pas indiqué par le webmasteur.
Aucune autre source scientifique ne parle de cette théorie. De plus, comment des chercheurs pourraient prouver que l’ozone ait été détruite dans le passé, et comment prouver que c’est bien une supernova qui en est l’origine ? Constater des brûlures cutanées sur des animaux fossilisés et pétrifiés, c’est un gag. En cherchant dans les sites anglophones, je trouve ceci : http://astrobiology.arc.nasa.gov/news/expandnews.cfm?id=542

Ils racontent que la radioactivité dans des sédiments terrestres serait la conséquence d’une supernova il y a 5 millions d’années. Cependant, je conteste cela, car plusieurs causes peuvent expliquer la radioactivité dans les sédiments. Des rayonnements cosmiques pourraient provoquer des transmutations nucléaires, mais pour que ce soit possible le flux aura dû être très élevé, ce qui aurait justement provoqué la mort de toutes les espèces vivantes terrestres, ce qui n’est pas le cas. L’ozone est un gaz (trioxygène) qui filtre les rayons UV, mais les UV ne peuvent pas provoquer de radioactivité. Quant aux rayons cosmiques, ils sont absorbés par l’atmosphère, qu’il y ait de l’ozone ou absence d’ozone.

Le problème est le suivant : s’il y a eu une supernova proche, il y a eu forcément formation d’un trou noir et d’une nébuleuse, et cela aurait dû laisser des traces observables à une certaine distance relativement proche. Or, le trou noir ou la nébuleuse la plus proche est bien trop loin pour pouvoir prétendre être le résultat de la supernova qui aurait détruit la couche d’ozone.

Pour ce qui est du trou noir le plus proche, dans le cas d’un trou noir supermassif, il s’agit bien évidemment du centre de la Galaxie, qui existe depuis fort longtemps. Parmi les trous noirs stellaires connus les plus proches, Cygnus X-1 se trouve à environ 8000 années-lumière de nous, il me semble.  Et selon le site http://www.cidehom.com/apod.php?_date=000117 un objet nommé V4641 Sgr, dont la plupart des astronomes pensent qu’il s’agit d’un trou noir, a été découvert à seulement 1 500 année lumière de la Terre. Cela en fait le plus proche trou noir potentiel.

Bref, il faut prouver quelle est la supernova (et donc le trou noir consécutif) qui aurait irradié la planète, sinon l’hypothèse reste irréfutable…

Page 206a :

Je cite :

Strangelets : particules de plusieurs tonnes qui seraient composées de quarks
et de “quarks” étranges de la taille d’un grain de pollen pesant plusieurs tonnes.
Passage détecté sur Terre le 22-10-1998 (vitesse : 400 km/s ; durée du trajet
entrée/sortie : 26 s).

Alors là, ce truc m’a paru suspect.
Après renseignements, ces particules sont hypothétiques, et d’autre part je doute que ces particules existent car elles contredisent la physique quantique.

J’explique : la durée de vie d’une particule est inversement proportionnelle à sa masse. C’est le cas des mésons, qui sont des particules composées de paires de quarks. Les seules particules stables sont les triplets de quarks que sont les nucléons. Aucun site francophone scientifique officiel ne parle des strangelets tels qu’ils sont décrits dans le Quid, excepté des sites faits par des particuliers qui ne peuvent pas être considéré comme du contenu scientifique authentique.
Cependant, le wikipedia anglais parle des strangelets et spécifie les dates d’octobre et novembre 1993, et non 1998 comme le Quid l’a dit. De plus, les chercheurs sont originaires de l’université méthodiste du sud (Southern Methodist University, les méthodistes sont une église protestante dissidente), ce qui est loin d’être une université impartiale, neutre et laïque.
On sait qu’en Amérique du nord que des “théories” comme le créationnisme sont décrétées “science”. Ces chercheurs spécifient toutefois que les strangelets qui traversent la Terre ne sont qu’une hypothèse. Aucune observation n’a confirmé que les strangelets existent, ils sont spéculatifs, et ceux-ci me paraissent contredire la physique quantique.

Pourquoi les strangelets contredisent-ils la mécanique quantique ? Ils ne satisfont pas du tout à l’équation du principe d’incertitude de Heisenberg. En effet, une particule de plus d’une tonne se mouvant à 400 km/s a une durée de vie inférieure à4 × 10-48 seconde avant de se désintégrer, mais le problème ici, c’est que la plus petite unité divisible de temps (le temps de Planck) est d’environ 4 × 10-44 seconde, le temps de longévité d’un strangelet ne peut pas être inférieur, de 10 000 fois moindre, la durée de Planck !

 

 

Page 206a :

Je cite :

Hawking (Amér., né 8-1-1942).

Le Quid 2006 affirme que Stephen W. Hawking, le célèbre physicien, comme étant de nationalité américaine. Cependant, Hawking est anglais, il est né à Oxford en Angleterre et jusqu’à ce jour il n’a pas été naturalisé d’une autre nationalité.

Juste un détail pour le dossier Ufologie dans la rubrique Astronautique du Quid 2006. On remarquera la mention de l’affaire de la soucoupe volante de 1981 à Trans-en-Provence. Il s’agit en fait d’une légende urbaine : il n’existe ni rapport ni enquête. Les travaux du GEPAN, tel que la « Note technique n°16 » concernant Trans-en-Provence, sont extrêmement controversés. La contre-enquête réalisée par le SERPAN démontre en effet les nombreuses faiblesses de l’enquête réalisée par le GEPAN à l’époque. Mais ça, le Quid n’en parle pas.

Pour en savoir plus : Trans-en-Provence, le mythe de l’OVNI scientifique :
http://www.zetetique.ldh.org/tep.html

 

 

Page 217a :

 

Le Quid 2006 évoque l’effet Allais, présenté comme une augmentation anormale et inexpliquée de la gravité terrestre lors d’une éclipse totale de soleil. Mais dans la rubrique Astronomie, ce genre d’info est controversée, parce que l’effet Allais est reconnu comme relevant de la pseudo-science. Les observations de l’effet Allais sont rares et plutôt contradictoires, non seulement à cause de la rareté relative de telles éclipses afin de réaliser des vérifications reproductibles, mais aussi parce qu’aucun protocole d’expérimentation rigoureux n’aurait été respecté.

 

 Page 306b :

Le Quid 2006 dit qu’une particule alpha a une énergie de 4 à 9 MeV et affirme que cela correspond à une vitesse d’environ 10 000 km/s.

Calcul :     E = 0.5* 4 * 1.6*10^-27 * 10000000^2 / (1.6*10^-19 * (1 – (10000000/299792458)^2)^0.5) = 2 MeV.

Le calcul montre qu’une particule alpha ayant une vitesse de 10 000 km/sa une énergie cinétique de 2 MeV. Ce qui signifie que les 4 à 9 MeV correspondent à une vitesse supérieure à 10 000 km/s, soit de 14134,3 km/s à 21186,7 km/s plus précisément.

Preuve : http://www.wolframalpha.com/input/?i=9000000+%3D+0.5*+4+*+1.6*10^-27+*+x^2+%2F+%281.6*10^-19+*+%281+-+%28x%2F299792458%29^2%29^0.5%29

 

 

Page 247b :

Le Quid 2006 affirme : “Début XVIIIe siècle, les frères Cassini […] mesurent la France et pensent que l’axe des pôles est plus long que l’axe équatorial”.

C’est le contraire, puisque la Terre est aplatie aux pôles…

 

CONCLUSION :

Deux hypothèses peuvent expliquer toutes ces erreurs.

1. L’auteur manque de rigueur ou a trop confiance aux données.
2. L’auteur ne vérifie pas ses sources.

Mon étude révèle statistiquement 1 étourderie par page, entre la page 201 et 206. Cela peut paraître inquiétant pour un livre très populaire. Certains passages erronés existent depuis plusieurs éditions d’une année à l’autre et n’ont pas été corrigés car personne ne semble en avoir informé les rédacteurs du Quid.

 

Mon étude statistique prouve qu’il ne faut pas croire aveuglément ce qu’on lit, même si c’est en apparence de l’information scientifique, et même quand c’est une source considérée comme sûre et renommée. Les livres exempts d’erreurs sont un mythe. Dans cet article, mon but était de montrer la nécessité de l’esprit critique, et que la réflexion rationnelle prévaut à la confiance.

 

© 2011 John Philip C. Manson

Complément du 17 juillet 2014 :

Le livre «Le fascinant nombre PI», de J.P. Delahaye, 1997, éditions « Pour La Science, diffusion Belin », formule une critique du Quid, page 83, je cite le paragraphe :

pi

On s’aperçoit bien que le Quid est malheureusement truffé d’erreurs ou d’inexactitudes, et que je ne suis pas le seul à l’avoir constaté.

Pour ceux qui veulent lire ce livre, voici la référence : ISBN 2-9029-1825-9. http://www.amazon.fr/Le-fascinant-nombre-Jean-Paul-Delahaye/dp/2842418255

 

© 2014 John Philip C. Manson