Quand Wikipedia manque d’objectivité dans la démarcation science/pseudoscience

  • Ainsi, je suis tombé assez rapidement sur l’article Biophoton. Article instructif en apparence, mais veuillez lire la page de discussion pour comprendre que le doute est la meilleure attitude à adopter : Discussion:Biophoton. Que les wikipediens ne me racontent pas avec mauvaise foi que l’objectivité n’est d’aucune utilité. Wikipedia a vraiment besoin d’objectivité. L’objectivité est une nécessité et un devoir quand on contribue à relayer des informations, et c’est l’un des devoirs de la charte déontologique du journalisme : parmi les devoirs, il y a le respect de la vérité, l’impératif de ne publier que des informations «dont l’origine est connue» ou accompagnées de réserves, et l’obligation de «rectifier toute information qui se révèle inexacte».

Copie d’écran des deux contributeurs sceptiques à l’encontre de l’article Biophoton (cliquez sur l’image pour l’agrandir) :

  • C’est inquiétant : l’article Biophoton fut créé en 2008, il y a eu monsieur Laurent Mignon (merci à lui) qui a exprimé un début d’indignation en 2009, et moi j’apporte les preuve que l’article Biophoton est une imposture. Il s’est passé environ 4 années (juin 2008 – avril 2012), un article à disposition du public, avant ma mise au point. L’absence de réactions chez les contributeurs wikipédiens c’est effarant, et le pire c’est que ce n’est pas du tout la première fois.

Quand je formule une critique, c’est quand il y a des raisons, et je m’efforce d’apporter un point de vue constructif. Je ne dénigre pas l’encyclopédie en ligne, mais il faut améliorer celle-ci avec vigilance.

Wikipedia, c’est bien, c’est pour tout public, c’est facile d’accès, c’est rapide d’accès, mais il faut lire les articles avec certaines précautions, et il ne faut pas hésiter à modifier ce qui ne va pas.

SKEPTICS, WIKIPEDIA NEEDS YOU !

Au lendemain de l’édition de la page de discussion de l’article Biophoton, un nouveau commentaire est apparu. Voir l’image de copie d’écran ci-dessous :

Affaire à suivre…

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Liste d’articles de Wikipedia sur le thème de la physique quantique mais qui présentent des références sur le mysticisme, ou sur la pseudo-science, voire le divertissement (œuvre de fiction), ou les hypothèses trop spéculatives  (ces pages ont été trouvées via Google et via l’outil des pages liées à l’article «Mécanique quantique»):

  1. Biophoton (ça on en a parlé)
  2. Esprit quantique (concept controversé, ne pas confondre la conscience qui est une propriété immatérielle émergente de la matière avec les phénomènes neurochimiques a priori quantiques et la structure neuronale ; n’en déplaise Roger Penrose, la mécanique quantique n’a rien à voir avec la psychologie)
  3. Médecine quantique (escroquerie, voir : http://jpmanson.unblog.fr/2011/03/21/larnaque-de-la-physique-quantique-usurpee/)
  4. Biorésonance (concept fumeux dérivé de la médecine quantique)
  5. Cosmologie quantique (à prendre avec des pincettes ; les phénomènes locaux et à l’échelle subatomique peuvent être décrits comme quantiques, mais pas l’univers dans sa globalité du fait de son inconciliation avec la théorie de la relativité)
  6. Instanton de Hawking-Turok  (hypothèse très spéculative ; il faut se souvenir que la géométrie non euclidienne est un outil de représentation faillible et réfutable de la réalité mais n’est pas censé être la réalité elle-même ; le concept de rayonnement de Hawking appliqué aux trous noirs est plus crédible que le concept d’instanton)
  7. Miroir quantique (thème explicitement apparenté à la science-fiction, en particulier la série télévisée Stargate SG1 ; c’est le seul cas où le mot «quantique» est présenté publiquement comme une fiction, donc à distinguer des pseudo-sciences et du mysticisme qui cachent volontairement le caractère fictif de leurs doctrines dans le seul but de tromper autrui)
  8. Univers parallèles  (hypothèse trop spéculative, c’est de la métaphysique, ce n’est plus une hypothèse scientifique ; voir ici : http://jpmanson.unblog.fr/2010/11/04/univers-paralleles-et-paradoxe/)
  9. Mioara Mugur-Schächter (sans faire une quelconque critique de la personne qui fait l’objet d’une biographie dans l’article éponyme, je dois considérer cependant que l’article qui lui est consacrée est assez flou et confus : par exemple on peut y lire une invalidation de théorème, l’expression est elle-même un oxymore, auquel cas il faudrait dire que ce n’est plus un théorème puisqu’il y a (a priori) une réfutation… ; en effet un théorème est clairement démontré, tandis que ce qui est a priori un possible théorème n’est qu’une conjecture ; dans l’ensemble du texte de l’article, ça mérite une révision profonde de la rédaction car l’on n’y comprend pas grand chose de concret)
  10. Micro trou noir (si la théorie quantique peut s’appliquer aux plus petits trous noirs, l’hypothèse de dimensions supplémentaires d’espace est très spéculative et ne repose sur aucune justification empirique qui pourrait suggérer la crédibilité de l’existence de ces dimensions ; si l’espace-temps à 4 dimensions permet de bien décrire la théorie de la relativité générale en conformité avec les faits, le concept de dimensions supplémentaires d’espace est à considérer avec précaution ; pour comprendre mon scepticisme, voir la page Théorie des cordes au paragraphe «Limitations et controverses concernant les théories des cordes» ; en effet, un ensemble d’hypothèses sans preuves empiriques ne font pas une théorie scientifique, il n’y a de théories scientifiques qu’avec l’appui de preuves empiriques au moyen d’hypothèses ayant la possibilité d’être réfutables).
  11. Seth Lloyd (je cite le paragraphe controversé : «Dans son ouvrage de vulgarisation scientifique, Programming the Universe, Lloyd déclare que l’Univers est lui-même un immense calculateur quantique exécutant un programme cosmique qui produit ce que nous voyons autour de nous ainsi que nous-même. Selon Lloyd, une fois que nous aurons une compréhension complète des lois de la Physique, nous serons capable d’utiliser des calculateurs quantiques de petite échelle afin de comprendre l’univers dans sa totalité.» ; je réponds à cela que nos connaissances des lois de la physique resteront toujours incomplète et les théories scientifiques comporteront toujours des incertitudes, je pourrais développer mes arguments, je l’ai peut-être déjà raconté, mais ce serait trop long de tout détailler ici ; pour faire court, je veux dire que le processus de construction de nos connaissances se base sur l’élimination du superficiel par réfutation des hypothèses, et le nombre d’hypothèses concevables est comparativement beaucoup plus grand que le nombre de lois physiques factuelles, et c’est parce que nous avons une représentation mathématique faillible de la réalité qui fait que cette réalité ne sera jamais directement connaissable dans toute son essence ; une quelconque théorie unique qui explique tout de façon complète et certaine c’est une chimère, une utopie qui se heurte par contradiction contre le critère épistémologique de réfutabilité : la science élimine ce qui est superflu, elle n’a pas vocation à ériger des dogmes fixes ni des vérités définitives ; seul ce qui est complet est a priori définitif, la science en soi ne sera jamais complète, elle ne vise pas un but illusoire de connaissance complète finale… Ensuite, autre paragraphe douteux : «Selon Lloyd, nous pourrions simuler dans un ordinateur l’univers tout entier dans les 600 prochaines années», or là aussi ça ne va pas, car pour simuler l’univers tout entier, il faudrait utiliser chacun des 10 puissance 80 atomes de l’univers observable lui-même pour le simuler complètement, et pour être réaliste on n’aura toujours qu’une possibilité de simuler l’univers qu’en partie, mais jamais dans sa totalité, à moins d’utiliser un ordinateur quantique, mais celui-ci ne pourra pas lui-même simuler les propriétés quantiques à l’échelle subatomique de tout l’univers observable, ce qui maintient le paradoxe).
  12. Jean-Émile Charon (un contributeur lucide fait remarquer avec pertinence que «la mécanique quantique n’admet aucune interprétation en rapport avec la conscience ou la philosophie.»)
  13. Princeton Engineering Anomalies Research (PEAR) (alors là, cet article est plus que douteux, il est même classé parmi la catégorie «Organisation de parapsychologie» et il fait partie du portail du Paranormal… Voila un spécimen classique de pseudo-science).
  14. Institut métapsychique international  (après lecture, l’article est relatif à la parapsychologie « scientifique », mais la page de discussion fait part de l’indignation des sceptiques qui se plaignent de censure et qui déclarent que sur Wikipedia la croyance au paranormal règne en maître, et que toute information critique sur les pages pro-paranormals sont très rapidement supprimées par leurs adeptes ; moi-même je suis d’accord avec ces sceptiques qui ont raison de dénoncer le prosélytisme idéologique de certains contributeurs qui se fichent absolument de l’objectivité et qui voient en Wikipedia un vecteur idéal de propagande parce que c’est un site très fréquenté et rapide à éditer)
  15. Ervin László (c’est un philosophe qui relie la théorie quantique avec le concept d’un espace nommé Akasha, ce dernier étant connu pour être une croyance védique propre à l’hindouisme et la spiritualité en Inde, et cet amalgame semble une tentative de conciliation entre la science et la religion, or ce n’est pas le but de la méthodologie scientifique ni de l’épistémologie ni des théories scientifiques. Pour en dire un peu plus, le concept de mémoire akashique est un concept ésotérique créé par la Théosophie à la fin du dix-neuvième siècle à partir d’éléments de la philosophie indienne, et ce concept est populaire de nos jours chez le New Age ; bref c’est de la philosophie, de la spiritualité, mais cela diverge de l’attitude scientifique, on ne peut pas tout mélanger. Cet auteur a écrit un livre «Science and the Akashic Field: An Integral Theory of Everything», ce qui veut dire «La science et le champ akashique : une théorie intégrale du Tout»).
  16. Holisme (ce concept consiste en une interprétation globale et synthétique de la réalité, et cela s’oppose à la pensée analytique selon laquelle chaque partie est étudiée, en ce sens le holisme est une approche différente du scepticisme scientifique fondé sur l’analyse patiente dont le but est la recherche de failles et d’erreurs ; ainsi le holisme peut-il permettre une approche épistémologique permettant le critère de réfutabilité ? ; et le holisme ne risque t-il pas de céder à l’analogisme et la métaphore plutôt que de se baser sur des relations de causalité ? ; ces questions valent d’être posées car l’article Holisme est liée à l’article Mécanique quantique dans Wikipedia… La page sur le Holisme raconte même que le concept de holisme est très polémique depuis sa création, à travers une utilisation idéologique : le terme « holitisque » est abondamment utilisé par les milieux antisciences, les mouvements ésotériques et les groupes sectaires).
  17. Ontologie (philosophie)   (la métaphysique n’a aucun rapport avec les théories scientifiques comme la physique quantique).
  18. Pierre Teilhard de Chardin (qui fut un philosophe, théologien et paléontologue français ; il avait une conception spiritualiste du cosmos ; il a récupéré des sciences hors de leur contexte comme la théorie de l’évolution pour inventer le concept de point Oméga qui serait le but ultime de l’évolution à travers les concepts de noosphère et de Christ cosmique, mais la théorie de l’évolution n’a aucun déterminisme car chaque étape évolutive des espèces est imprévisible ; il s’agit d’un cas criant d’amalgame idéologique entre la science et la religion).
  19. Paul Feyerabend (philosophe connu pour son déni de la méthode scientifique, sa position était profondément incompatible avec le rationalisme et les critères admis de la scientificité, sa position radicale consistait en l’absence de méthode au profit d’un relativisme philosophique… ; sa proche conception de la science se résume à admettre que «tout est bon» ; si sa philosophie était appliquée uniformément dans le monde, cela ferait pleurer de joie les prophètes des pseudo-sciences…).
  20. Hydrino (particule hypothétique désignant l’atome d’hydrogène dans un nouvel état selon lequel l’électron aurait une orbitale plus proche du proton ; ce concept a voulu servir à expliquer et justifier la fumeuse fusion froide ; l’hypothèse de l’hydrino est en contradiction avec les lois de la physique quantique…)
  21. Théorie de Heim  (pseudo-science très habilement sophistiquée pour mieux tromper les gens ; la théorie de Heim n’a jamais été publiée dans des revues scientifiques à comité de lecture, et sa diffusion en dehors du circuit académique est à prendre avec des pincettes… Dans le Wikipedia anglais, la théorie de Heim est classée dans la catégorie «Fringe physics», terme équivalent à «pseudo-science»).
  22. Pré Big Bang (ce modèle cosmologique peut-il permettre, lorsqu’une hypothèse est en soi fausse, d’invalider cette hypothèse au moyen d’une observation concevable ? ; il n’y a plus qu’à attendre les résultats du satellite Planck… Je suis franchement sceptique, sachant qu’un «pré Big Bang» avant même le commencement de l’espace-temps n’a pas de sens en physique…).

Sous réserve de dizaines d’autres cas…

  • Test statistique : sur 3250 pages connexes au mot « quantique » dans le Wikipedia francophone, il existerait environ 47 pages maximum a priori suspectes qui concernent des biographies de personnes, et environ 285 pages maximum a priori suspectes concernant des articles impersonnels désignant un concept ou une organisation.
  • Bilan statistique : 8 à 9% maximum des articles du Wikipedia francophone relatifs à la physique quantique seraient en fait une promotion du mysticisme quantique pseudo-scientifique ou une interprétation incorrecte de la physique quantique en reliant celle-ci à tort à des concepts philosophiques éloignés selon des degrés divers de ce qu’on attend d’une théorie scientifique ; et parmi ces articles, 16 à 17% maximum d’entre eux seraient des biographies de personnes contemporaines (ou de précurseurs) mêlées au mysticisme. En résumé, sur 100 articles qui parlent de la physique quantique, 8 à 9 au pire sont potentiellement suspects, et parmi ceux-ci on y trouve 1 à 2 articles biographiques d’un individu ayant une conception hors-sujet de la théorie quantique (un philosophe, un pseudo-scientifique ou un gourou).

© 2012 John Philip C. Manson

Les encyclopédies sont-elles sans erreurs et infaillibles ?

  •  Article mis à jour le 17 juillet 2014.

Analyse critique attentive de l’encyclopédie Quid année 2006

L’étude réalisée en juillet 2006 porte sur quelques pages concernant la rubrique Astronomie, de la page 201 à la page 206, et je donne ci-dessous mes observations.

 

Page 201c :

Je cite :

Selon des observations faites en 1998 à l’université de Seattle et au Lawrence Berkeley National Laboratory, l’univers serait définitivement en expansion indéfinie et accélérée.

Nuance : on a mesuré en 1998 une expansion actuelle accélérée semblant indéfinie, on ignore cependant si elle est définitive.

Je cite :

Vision récente de l’univers : l’écoulement du temps (toujours dans le même sens) est une illusion. L’univers est occupé par une infinité de mondes parallèles qui s’ignorent.

Précision : aucune de ces affirmations n’a été l’objet d’observations ni de confirmations. Ce sont de pures spéculations difficilement vérifiables ni réfutables. Elles échappent à la scientificité.

De plus, j’ai fait une critique sur l’écoulement variable du temps, concept inepte en physique, dans un de mes articles : http://jpmanson.unblog.fr/2010/07/30/sur-lecoulement-du-temps/

(Ci-dessus, le lien est mort, mais néanmoins consultable ici : http://web.archive.org/web/20101101090007/http://jpmanson.unblog.fr/2010/07/30/)

Page 202c :

Je cite :

Vie dans l’univers : Il y aurait une planète sur 1 million dans la galaxie qui pourrait contenir des océans.

On ne peut pas établir un taux de probabilité sans l’appui d’observations quantitatives réfutables. Pour quantifier une probabilité, il aura fallu faire une observation statistique, ou une estimation à partir de données physiques suffisantes. Il est impossible de faire des probabilités sans se référer à des observations statistiques factuelles, lorsqu’on ignore tout de l’hydrologie des exoplanètes puisque le sujet d’étude est invérifiable. La probabilité fournie par le Quid 2006 ne représente donc rien de concret et n’a pas de valeur empirique. C’est un nombre sorti de nulle part.

Ici : http://jpmanson.unblog.fr/2011/07/17/lexicologie-statistique-imposture-du-qi-et-mesure-quantitative-avec-marge-derreur/ j’explique la différence entre une expérience statistique reproductible (associée à une marge d’erreur) et une imposture comme celle du QI.

(Ci-dessus, les liens vers unblog sont morts, mais le thème du QI est beaucoup abordé dans le présent blog : https://jpcmanson.wordpress.com/?s=qi&submit=Recherche)

 

Page 203a :

Je cite :

…l’homme n’aurait pas vu le jour et, en son absence, les maîtres de la Terre seraient les insectes sociaux au psychisme le plus développé et le mieux différencié chez les êtres vivants.

Ironie : et les cétacés comme les dauphins, ce sont des animaux débiles peut-être ? Les insectes sociaux n’ont pas à proprement parler de psychisme, leur organisation sociale est décentralisée ; les insectes n’ont aucune intelligence individuelle, c’est la collectivité qui rend leur société organisée. L’auteur de cette maladresse méconnaît vraisemblablement l’entomologie.

Page 203b :

Je cite l’encadré sur le planétarium d’Anticythère.
Le Quid affirme que l’artefact archéologique date du premier siècle après J.C. alors qu’il date de 87 avant J.C. donc le premier siècle avant J.C.
L’artefact est présenté comme un planétarium alors que pour les archéologues et les astronomes, il ne s’agit que d’une hypothèse.

Page 204c :

Je cite :

Encadré sur la matière noire et l’énergie sombre.

Naines brunes (étoiles si denses que la lumière reste piégée à l’intérieur).

Objection ! C’est seulement le cas des trous noirs. Les naines brunes sont des étoiles trop légères pour amorcer leurs réactions de fusion nucléaire, mais celles-ci émettent toutefois un rayonnement thermique d’environ 700 °C. Quant aux trous noirs, ce n’est pas à cause de leur densité ni l’opacité que la lumière reste piégée, c’est à cause de leur gravitation.

 

Page 204a :

Je cite :

Sur la définition de l’étoile à neutrons.

A neutrons : étoile ayant une masse comprise entre 1,4 et 3 fois celle du soleil,
extrêmement dense (10^17 K par m^3)

Erreur d’unité physique ! L’auteur a spécifié l’unité K qui est une température absolue (le kelvin). Il fallait lire kg par m^3 (kilogramme par mètre cube) qui est une masse volumique.

Page 205c :

Je cite dans l’encadré “supernova”.

Selon une étude américaine de 1994, l’extinction massive de diverses espèces sur
la Terre, il y a 225 millions d’années, aurait été provoqué par une supernova qui
aurait irradié la planète et détruit la couche d’ozone.

L’unique source trouvée sur le sujet (dans Google) est ce site : http://www.sio2.be/cours/es6/ch07.php

De plus, le nom de l’astronome “découvreur” n’est pas indiqué par le webmasteur.
Aucune autre source scientifique ne parle de cette théorie. De plus, comment des chercheurs pourraient prouver que l’ozone ait été détruite dans le passé, et comment prouver que c’est bien une supernova qui en est l’origine ? Constater des brûlures cutanées sur des animaux fossilisés et pétrifiés, c’est un gag. En cherchant dans les sites anglophones, je trouve ceci : http://astrobiology.arc.nasa.gov/news/expandnews.cfm?id=542

Ils racontent que la radioactivité dans des sédiments terrestres serait la conséquence d’une supernova il y a 5 millions d’années. Cependant, je conteste cela, car plusieurs causes peuvent expliquer la radioactivité dans les sédiments. Des rayonnements cosmiques pourraient provoquer des transmutations nucléaires, mais pour que ce soit possible le flux aura dû être très élevé, ce qui aurait justement provoqué la mort de toutes les espèces vivantes terrestres, ce qui n’est pas le cas. L’ozone est un gaz (trioxygène) qui filtre les rayons UV, mais les UV ne peuvent pas provoquer de radioactivité. Quant aux rayons cosmiques, ils sont absorbés par l’atmosphère, qu’il y ait de l’ozone ou absence d’ozone.

Le problème est le suivant : s’il y a eu une supernova proche, il y a eu forcément formation d’un trou noir et d’une nébuleuse, et cela aurait dû laisser des traces observables à une certaine distance relativement proche. Or, le trou noir ou la nébuleuse la plus proche est bien trop loin pour pouvoir prétendre être le résultat de la supernova qui aurait détruit la couche d’ozone.

Pour ce qui est du trou noir le plus proche, dans le cas d’un trou noir supermassif, il s’agit bien évidemment du centre de la Galaxie, qui existe depuis fort longtemps. Parmi les trous noirs stellaires connus les plus proches, Cygnus X-1 se trouve à environ 8000 années-lumière de nous, il me semble.  Et selon le site http://www.cidehom.com/apod.php?_date=000117 un objet nommé V4641 Sgr, dont la plupart des astronomes pensent qu’il s’agit d’un trou noir, a été découvert à seulement 1 500 année lumière de la Terre. Cela en fait le plus proche trou noir potentiel.

Bref, il faut prouver quelle est la supernova (et donc le trou noir consécutif) qui aurait irradié la planète, sinon l’hypothèse reste irréfutable…

Page 206a :

Je cite :

Strangelets : particules de plusieurs tonnes qui seraient composées de quarks
et de “quarks” étranges de la taille d’un grain de pollen pesant plusieurs tonnes.
Passage détecté sur Terre le 22-10-1998 (vitesse : 400 km/s ; durée du trajet
entrée/sortie : 26 s).

Alors là, ce truc m’a paru suspect.
Après renseignements, ces particules sont hypothétiques, et d’autre part je doute que ces particules existent car elles contredisent la physique quantique.

J’explique : la durée de vie d’une particule est inversement proportionnelle à sa masse. C’est le cas des mésons, qui sont des particules composées de paires de quarks. Les seules particules stables sont les triplets de quarks que sont les nucléons. Aucun site francophone scientifique officiel ne parle des strangelets tels qu’ils sont décrits dans le Quid, excepté des sites faits par des particuliers qui ne peuvent pas être considéré comme du contenu scientifique authentique.
Cependant, le wikipedia anglais parle des strangelets et spécifie les dates d’octobre et novembre 1993, et non 1998 comme le Quid l’a dit. De plus, les chercheurs sont originaires de l’université méthodiste du sud (Southern Methodist University, les méthodistes sont une église protestante dissidente), ce qui est loin d’être une université impartiale, neutre et laïque.
On sait qu’en Amérique du nord que des “théories” comme le créationnisme sont décrétées “science”. Ces chercheurs spécifient toutefois que les strangelets qui traversent la Terre ne sont qu’une hypothèse. Aucune observation n’a confirmé que les strangelets existent, ils sont spéculatifs, et ceux-ci me paraissent contredire la physique quantique.

Pourquoi les strangelets contredisent-ils la mécanique quantique ? Ils ne satisfont pas du tout à l’équation du principe d’incertitude de Heisenberg. En effet, une particule de plus d’une tonne se mouvant à 400 km/s a une durée de vie inférieure à4 × 10-48 seconde avant de se désintégrer, mais le problème ici, c’est que la plus petite unité divisible de temps (le temps de Planck) est d’environ 4 × 10-44 seconde, le temps de longévité d’un strangelet ne peut pas être inférieur, de 10 000 fois moindre, la durée de Planck !

 

 

Page 206a :

Je cite :

Hawking (Amér., né 8-1-1942).

Le Quid 2006 affirme que Stephen W. Hawking, le célèbre physicien, comme étant de nationalité américaine. Cependant, Hawking est anglais, il est né à Oxford en Angleterre et jusqu’à ce jour il n’a pas été naturalisé d’une autre nationalité.

Juste un détail pour le dossier Ufologie dans la rubrique Astronautique du Quid 2006. On remarquera la mention de l’affaire de la soucoupe volante de 1981 à Trans-en-Provence. Il s’agit en fait d’une légende urbaine : il n’existe ni rapport ni enquête. Les travaux du GEPAN, tel que la « Note technique n°16 » concernant Trans-en-Provence, sont extrêmement controversés. La contre-enquête réalisée par le SERPAN démontre en effet les nombreuses faiblesses de l’enquête réalisée par le GEPAN à l’époque. Mais ça, le Quid n’en parle pas.

Pour en savoir plus : Trans-en-Provence, le mythe de l’OVNI scientifique :
http://www.zetetique.ldh.org/tep.html

 

 

Page 217a :

 

Le Quid 2006 évoque l’effet Allais, présenté comme une augmentation anormale et inexpliquée de la gravité terrestre lors d’une éclipse totale de soleil. Mais dans la rubrique Astronomie, ce genre d’info est controversée, parce que l’effet Allais est reconnu comme relevant de la pseudo-science. Les observations de l’effet Allais sont rares et plutôt contradictoires, non seulement à cause de la rareté relative de telles éclipses afin de réaliser des vérifications reproductibles, mais aussi parce qu’aucun protocole d’expérimentation rigoureux n’aurait été respecté.

 

 Page 306b :

Le Quid 2006 dit qu’une particule alpha a une énergie de 4 à 9 MeV et affirme que cela correspond à une vitesse d’environ 10 000 km/s.

Calcul :     E = 0.5* 4 * 1.6*10^-27 * 10000000^2 / (1.6*10^-19 * (1 – (10000000/299792458)^2)^0.5) = 2 MeV.

Le calcul montre qu’une particule alpha ayant une vitesse de 10 000 km/sa une énergie cinétique de 2 MeV. Ce qui signifie que les 4 à 9 MeV correspondent à une vitesse supérieure à 10 000 km/s, soit de 14134,3 km/s à 21186,7 km/s plus précisément.

Preuve : http://www.wolframalpha.com/input/?i=9000000+%3D+0.5*+4+*+1.6*10^-27+*+x^2+%2F+%281.6*10^-19+*+%281+-+%28x%2F299792458%29^2%29^0.5%29

 

 

Page 247b :

Le Quid 2006 affirme : “Début XVIIIe siècle, les frères Cassini […] mesurent la France et pensent que l’axe des pôles est plus long que l’axe équatorial”.

C’est le contraire, puisque la Terre est aplatie aux pôles…

 

CONCLUSION :

Deux hypothèses peuvent expliquer toutes ces erreurs.

1. L’auteur manque de rigueur ou a trop confiance aux données.
2. L’auteur ne vérifie pas ses sources.

Mon étude révèle statistiquement 1 étourderie par page, entre la page 201 et 206. Cela peut paraître inquiétant pour un livre très populaire. Certains passages erronés existent depuis plusieurs éditions d’une année à l’autre et n’ont pas été corrigés car personne ne semble en avoir informé les rédacteurs du Quid.

 

Mon étude statistique prouve qu’il ne faut pas croire aveuglément ce qu’on lit, même si c’est en apparence de l’information scientifique, et même quand c’est une source considérée comme sûre et renommée. Les livres exempts d’erreurs sont un mythe. Dans cet article, mon but était de montrer la nécessité de l’esprit critique, et que la réflexion rationnelle prévaut à la confiance.

 

© 2011 John Philip C. Manson

Complément du 17 juillet 2014 :

Le livre «Le fascinant nombre PI», de J.P. Delahaye, 1997, éditions « Pour La Science, diffusion Belin », formule une critique du Quid, page 83, je cite le paragraphe :

pi

On s’aperçoit bien que le Quid est malheureusement truffé d’erreurs ou d’inexactitudes, et que je ne suis pas le seul à l’avoir constaté.

Pour ceux qui veulent lire ce livre, voici la référence : ISBN 2-9029-1825-9. http://www.amazon.fr/Le-fascinant-nombre-Jean-Paul-Delahaye/dp/2842418255

 

© 2014 John Philip C. Manson