Etude statistique sur les articles de Wikipedia

Dans la colonne de gauche de fr.wikipedia.org, on peut ouvrir un article au hasard :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Sp%C3%A9cial:Page_au_hasard

  • Grâce à cette fonctionnalité, j’ai réalisé une étude statistique simple en ouvrant 104 articles au hasard.

Voici le résultat :

  • 50% des articles Wikipedia sont à l’état d’ébauche.
  • 15,38% des articles sont relatifs à l’art sous toutes ses formes (dont 37,5% concerne la littérature, et dont 56,25% la musique).
  • 24,04% des articles concernent une personnalité (donc une biographie).
  • 16,35% des articles sont relatifs aux sciences (hors géographie), dont la zoologie (35,29%), la botanique (17,65%), la médecine (17,65%), la biologie (5,88%), l’astronomie (5,88%), la chimie (11,76%).
  • 13,46% des articles restent sans sources externes pour étayer leur contenu…
  • 19,23% des articles sont relatifs à la géographie (noms de villes, lieux divers, monuments…).
  • 14,42% des articles sont relatifs au sport.
  • 5,77% des articles sont relatifs à la politique.
  • 5,77% concernent l’histoire.
  • 2,88% des articles sont relatifs à l’armée ou les activités militaires (hors Histoire).
  • 1,92% des articles sont relatifs à l’informatique.
  • 0,96% des articles concernent une entreprise.
  • 0.96% relatifs aux télécommunications.
  • 2,88% concernent la linguistique.
  • 1,92% des articles concernent les faits divers ou la criminalité.
  • 1,92% concernent la religion ou la spiritualité.
* (Note : un article peut avoir plusieurs catégories, par exemple : personnalité + politique, ou personnalité + sport)

 

Bilan :

  • Environ 1 article Wikipedia sur 2 est incomplet ou lacunaire (ébauche).
  • Environ 1 article Wikipedia sur 7 a un contenu sujet à précaution car non sourcé.

 

Je vais maintenant vous demander d’être patients : je vais révéler d’autres données concernant la date de création et celle de dernière modification concernant les 104 articles de mon échantillon. Résultat ci-dessous dans quelques heures…

Voila, le traitement des données à la main est très long et fastidieux. Mieux vaut automatiser tout ça avec un programme informatique…

Une nouvelle expérience est réalisée dans un terminale de GNU/Linux :  la commande wget https://fr.wikipedia.org/wiki/Sp%C3%A9cial:Page_au_hasard exécutée 71 fois télécharge autant de fois la page https://fr.wikipedia.org/wiki/Sp%C3%A9cial:Page_au_hasard qui redirige vers un article Wikipedia au hasard, ensuite on exécute la commande suivante :   cat Spécial* | grep « Derni.re modification de cette page le « 

 

Résultat :

Sur 71 articles Wikipedia téléchargés le jour-même le 7 novembre 2015 :

  • 53 (donc 74,65%) ont été modifiés durant l’année 2015 (il y a donc moins d’un an).
  • 12 (donc 16,9%) ont été modifiés durant l’année 2014.
  • 5 (donc 7%) ont été modifiés durant l’année 2013.
  • 1 (donc 1,4%) a été modifiés durant l’année 2012.

 

Il semble que nous ayons affaire à une loi exponentielle, intéressant ça.

En considérant que l’année 2015 correspond à l’intervalle entre x = 0 et x = 1, alors y = 1,46521 * e^(-1,00758*x), et on constate que la fonction exponentielle décroissante a une courbe qui suit bien les points des données.

En moyenne, la dernière édition d’un article est réalisée au cours de 2015 (donc moins d’un an plus tôt).

Je vais accroître la taille de l’échantillon avec de nouveaux articles Wikipedia, afin de déterminer l’équation de la loi exponentielle.

Avec un nouvel échantillon composé de 200 articles :

  • 99 articles sur 200 sont des ébauches (49,5%), ce qui est cohérent avec le tout premier test statistique relaté ici.

Concernant l’année au cours de laquelle a eu lieu la dernière modification d’article :

  • 143 articles (71,5%) ont été modifiés au cours de 2015.
  • 28 articles (14%) en 2014.
  • 27 articles (13,5%) en 2013.
  • 2 articles (1%) en 2012.
  • 0 (0%) en 2011.

On obtient y=0,709244 * e^(-1,34638*x)

En moyenne, les articles ont été modifiés la dernière fois en 2013 (environ 2 ans plus tôt).

Mais l’équation la plus crédible est y = 1,46521 * e^(-1,00758*x) qui indique que la dernière édition d’un article date de moins d’un an en moyenne.

 

Pour finir, en analysant 20 articles sur les 104 articles du premier échantillon, voici le résultat en approximation :

  • L’âge moyen d’un article Wikipedia (à partir du jour de sa création) est de 5,4 ans plus ou moins 3,32 ans.
  • Le temps écoulé après la dernière modification d’un article Wikipedia est en moyenne de 4,69 mois (plus ou moins 5,49 mois).

 

John Philip C. Manson

 

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Apprendre à écrire, une option ?

  • Aux États-Unis,  la question a déjà été tranchée : d’ici 2014, l’écriture manuscrite sera un enseignement optionnel dans 45 États américains. À la place, sera privilégié l’apprentissage de … Word.

option

Apprendre à écrire, une option ? Si ça continue, ce sera l’école qui ne sera plus qu’une option…

À travers le monde, on fabrique des générations de moutons, et on dirait que cela a été voulu… C’est grave.
La lecture, l’écriture, le calcul et l’esprit critique sont les bases nécessaires pour que les individus se construisent.

L’écriture est le prolongement de la pensée. Réduire l’écriture à une option c’est attaquer et mépriser la pensée.

En France, l’illettrisme des jeunes est un fléau :

Un de mes contacts sur Google Plus m’annonce qu’il paraît (source non vérifiée) que les jeunes en classe de troisième en France n’ont que 500 mots de vocabulaire. Ce contact ne m’a pas indiqué quelle était la source. Cependant, une recherche sur Google m’a conduit à cet article : http://www.lien-social.com/spip.php?article3200&id_groupe=4

L’enrichissement du vocabulaire se produit par la lecture régulière des dictionnaires, des encyclopédies, voire des romans. Dans ma jeunesse, mon vocabulaire était moins diversifié, et la lecture de dictionnaires et d’encyclopédies a enrichi mon vocabulaire. Je connais actuellement environ 35 000 mots dans la langue française. Au niveau de l’orthographe et de la grammaire, je suis très rigoureux avec moi-même. Un vocabulaire riche permet de comprendre beaucoup de choses. Un vocabulaire pauvre entraîne la confusion.

Savoir lire et écrire est une base nécessaire et indispensable. Savoir prononcer ce qu’on lit, c’est une aptitude phonétique, mais le danger sous-jacent dans l’apprentissage de la lecture, c’est de ne pas associer un sens, une signification, sur les mots lus. Lors de mes premières années d’acquisition de la lecture, je savais bien lire ce qui était écrit (dès l’âge de 5 ans), mais j’avais des difficultés à me représenter mentalement en fonction des mots lus, des difficultés pour visualiser le contexte représenté par les mots. Surtout, il m’arrivait de ne pas comprendre parfois le sens de ce que je lisais. Avec ça, une demi-surdité n’arrange pas les choses. Tout s’est très nettement amélioré depuis qu’on m’avait recommandé de lire attentivement un dictionnaire, ça sert à quelque chose, les dictionnaires. Mon vocabulaire s’est donc enrichi. Il ne faut guère croire qu’un but sera atteint, ce serait une illusion de croire que l’on sait tous les mots, qu’on les comprend tous. On peut donc atteindre un bon niveau de vocabulaire, sans se sentir obligé d’être du niveau suprême d’un académicien des Lettres. Apprendre c’est sans fin, on en apprend tous les jours, au gré des lectures. Pareil pour apprendre le vocabulaire anglais.

Quand j’ai créé mon premier blog en 2007, mes mots dactylographiés de manière assez prolifique ont façonné mon style de rédaction. C’est mon écriture qui a fait de moi le blogueur que je suis actuellement. J’écris vite sur clavier, mais j’écris toujours sur papier aussi, surtout pour des calculs et des équations. Écrire est une nécessité. Écrire, c’est s’exprimer, c’est vivre. Sinon, on n’est rien.

Aristote disait : «La science commence avec l’étonnement.»  Il disait vrai. Moi aussi, la science m’étonne à travers les nouvelles découvertes (actualité récente : les résultats du satellite Planck). J’atteste aussi avoir été étonné en lisant des dictionnaires, car parfois on fait des trouvailles, on en apprend tous les jours.

Il faut savoir écrire pour être un esprit libre et éclairé.

Qui trouve un intérêt à plonger nos générations futures dans l’illettrisme et l’ignorance ? À qui cela profite t-il ?… Bon, on ouvre une enquête, saperlipopette ?

La décision de transformer la nécessité de l’apprentissage de la lecture en une simple option, ça ressemble dangereusement à une forme de centralisation du pouvoir en attaquant un socle fondamental : l’éducation. Ainsi, cela s’apparente à un meilleur contrôle via une nouvelle forme de censure. En effet, maintenant on ne ferme plus les sites web pour censurer les gens, le pouvoir (qui ?) s’en prend à l’éducation elle-même pour bâillonner le peuple dès sa plus tendre enfance !  Qui a intérêt à bêtifier les citoyens ? C’est une dérive dangereuse et absurde, elle nuit à la force économique des pays eux-mêmes ! Un pays qui sacrifie l’éducation de ses enfants, c’est un pays qui se tire une balle dans le pied ! Keep it up, America, and China will eat you… It’s already done. Made in China, everything is made in China everyday. 中國製造   中國製造  …

Un américain sur deux pour la tranche 18-24 ans est incapable de situer New York City sur une carte, peut-être parce que l’Histoire elle aussi est devenue optionnelle…

Il faut sauver le système éducatif, et surtout le réformer en profondeur.

Ce n’est pas la technologie qui écrira/pensera/comptera à notre place. L’invasion de la technologie a réduit les vrais contacts humains. Le virtuel peut être mauvais. Copier/coller le web pour faire ses devoirs, c’est très répandu maintenant, les jeunes ne prennent plus l’effort de réfléchir eux-mêmes, ils postent leur devoir de maths sur Yahoo Questions/Réponses par exemple, et attendent les réponses. La technologie mal utilisée ne rend absolument pas service aux jeunes. Proposer la technologie pour remplacer l’écriture manuelle, ça ne résout pas les problèmes scolaires. Lire, écrire, compter doivent servir (avec l’esprit critique) à penser et à agir.

La technologie ne doit pas remplacer la pensée, mais la suppléer sans pour autant rejeter les méthodes traditionnelles qui fonctionnent. Puis pourquoi choisir Word (payant) plutôt que choisir Open Office (gratuit et de qualité équivalente) ?

  • Voici une lettre de demande de renseignement reçue par un entrepreneur. L’auteur de la lettre est une élève de Terminale littéraire.

TL

Les fautes de français ont été soulignées en rouge. Elle est belle, la section littéraire au lycée…

Citations

  • «La plupart des gens préféreraient mourir que de réfléchir. C’est ce qu’ils font d’ailleurs.»  (Bertrand Russell)
  • Les hommes naissent ignorants et non stupides. C’est l’éducation qui les rend stupides.    (Bertrand Russell)
  • «Qui sait lire et écrire a quatre yeux.»   (proverbe albanais)
  • «L’apprentissage de la logique, de l’analyse, la pratique de la raison, la recherche de documents, l’expression sont-ils favorisés par les nouveaux médias ?»   (Joël de Rosnay, docteur ès sciences)
  • «Peut-on apprendre réellement avec la télévision et Internet ?»    (Joël de Rosnay)
  • «La pratique du zapping procure au téléspectateur l’illusion de la sélection consciente, alors qu’il ne répond souvent qu’à des réflexes immédiats d’ennui passager.»    (Joël de Rosnay)
  • «Dans la vie, rien n’est à craindre, tout est à comprendre.»   (Marie Curie)
  • «Qui pense peu, se trompe beaucoup.»     (Léonard de Vinci)
  • «L’oisiveté est comme la rouille ; elle use plus que le travail.»   (Benjamin Franklin)

© 2013 John Philip C. Manson

Analyse partielle de la «nouvelle encyclopédie du savoir relatif et absolu»

Un sujet d’étude intéressant : la science dans les œuvres littéraires. Si j’ai plusieurs fois pensé à parler de la crédibilité scientifique dans certains livres (romans, essais philosophiques…), je ne l’avais pas encore fait. Le moment est venu pour le faire.

S’il vous plaît, si vous êtes un grand fan inconditionnel des romans de Bernard Werber, veuillez ne pas lire cet article…

D’après Wikipedia, on peut lire que certains critiques reprochent aux romans de science-fiction de Bernard Werber de présenter certains concepts d’apparence scientifique comme des certitudes alors que ce n’est pas le cas ; et que L’Ultime Secret illustre bien cette tendance, on peut y lire sur la quatrième de couverture la phrase suivante : « Ils vont aller de surprise en surprise jusqu’à l’extraordinaire dénouement basé sur une découverte scientifique peu connue mais réelle ». D’autres critiques assimilent la futurologie à de la pseudo-science.

Ce n’est pas moi qui le dit, c’est l’article de Wikipedia. Mais pour se donner une idée claire des ouvrages de Werber, c’est de les lire. L’auteur qualifie parfois ses œuvres comme de la  philosophie-fiction ; je trouve ce terme pertinent et mieux adapté que celui de science tout court. Heureusement. Le style de l’écrivain est celui de la science-fiction et les contes philosophiques, et ne se proclame pas comme scientifique. La démarcation est implicite, mais cependant je me demande si le grand public prend réellement conscience de la distinction entre la fiction littéraire et la science. Les oeuvres de Werber rencontrent un grand succès, c’est de la littérature comme n’importe quels romans, et si j’avais été bien plus jeune je pense que ses livres figureraient dans ma bibliothèque parce qu’autrefois mon esprit tourmenté mélangeait naïvement les diverses influences issues indifféremment de la science ou de la fiction. Lire Werber pour se divertir et se distraire, pourquoi pas ? Toutefois, croire que de tels livres sont de la vulgarisation scientifique (au sens pédagogique) est un égarement. Je vais l’expliquer ici bas. Un égarement provoqué par les lecteurs eux-mêmes si ceux-ci ne font pas la différence entre ce qui relève de la science et ce qui relève de la littérature.

Ce qui va suivre dans mon présent article est une analyse critique. Le but n’est absolument pas de fustiger un écrivain. Tout le monde peut lire Werber à volonté. Il vaut mieux même lire pour analyser que critiquer sans même avoir lu. On peut librement se distraire en lisant des oeuvres de fiction, même moi j’en lis parfois. Par exemple, je vois en Jules Verne un très grand auteur de science-fiction, pour la qualité de son réalisme. Puis côté réalisme dans la littérature, je suis un lecteur inconditionnel de Maupassant.

À la TV, l’émission «Temps X» fut divertissante, animée par deux célèbres jumeaux (les frères Bogdanoff) dont le style à l’époque (1979) était tout à leur honneur, comparé à aujourd’hui…

Ma démarche est explicite à propos du livre : lire pour analyser, éviter de critiquer sans avoir lu, et surtout éviter de prendre de la fiction pour de la vulgarisation scientifique.

Donc pour revenir à l’objet de mon article ici, je prépare l’analyse de quelques paragraphes divers du livre «Nouvelle encyclopédie du savoir», afin de mettre en évidence une différenciation épistémologique transparente entre les faits scientifiques et la fiction littéraire liée au style de l’écrivain.

Il existe une distinction entre la science-fiction, la science fictive et la science tout court.

Ci-dessous, la relecture du livre de Werber, à travers laquelle le texte de fiction est confronté à mes arguments basés sur la vulgarisation scientifique.

ANALYSE de «Nouvelle encyclopédie du savoir relatif et absolu»

[aux éditions Albin Michel (2009)]

Premier paragraphe intitulé «Au début» :

  • «L’univers, c’était du rien avec un peu d’hydrogène.»

Ou il n’y a rien, ou il y a tout. Le commencement de l’univers, le Big Bang, était très dense et très chaud, toute la matière était réunie, et partout. Ce n’était pas «rien».

  • «H. Et puis il y a eu le réveil. L’hydrogène détone.»

H, c’est la lettre majuscule qui désigne l’élément chimique hydrogène. L’atome d’hydrogène est constitué d’un proton et d’un électron.

Le réveil ? Le Big Bang n’est pas un état d’attente suivi ensuite par un événement soudain. Le Big Bang est le commencement de l’espace et du temps. Il n’y a pas proprement dit un «réveil» avant même le Big Bang, puisqu’il n’y avait pas d’avant. Le Big Bang existe à partir de l’existence de l’espace-temps à partir duquel on peut décrire, connaître et comprendre les lois naturelles de la physique. Avant l’espace et le temps, il n’y a rien à expliquer, c’est hors de portée de la science.

L’hydrogène détone ? La détonation est le résultat d’une combustion rapide, entre l’hydrogène et l’oxygène, par réaction chimique. Mais cela n’a rien à voir avec le Big Bang.  Le Big Bang est un état très condensé de matière exotique très chaude à partir duquel des particules élémentaires (des quarks) ont rapidement formé des atomes d’hydrogène. Mais lors du Big Bang, l’hydrogène ne s’enflamme pas avec l’oxygène car l’oxygène était absent, et en plus la température était beaucoup trop élevée pour faire des réactions chimiques.

  • «Le Big Bang explose et ses éléments bouillants se métamorphosent en se répandant dans l’espace.»

Le Big Bang n’est pas une explosion. C’est une erreur conceptuelle fréquente. Le Big Bang est une expansion de l’espace, le Big Bang n’est pas une explosion classique de matière très chaude qui remplit un espace froid infini absolument vide. Le Big Bang a eu lieu partout, en tout point de l’espace. Il n’est pas une explosion locale et isolée.

  • «H, l’élément chimique le plus simple, se casse, se mélange, se divise, se noue pour former des choses nouvelles. L’univers est expérience.»

Oui, l’hydrogène est l’élément chimique le plus simple. Plus précisément l’isotope 1 (un proton, un électron, pas de neutron(s)), les autres isotopes de l’hydrogène étant «moins simples» : le deutérium (un neutron en plus) et le tritium (avec deux neutrons) lui-même radioactif.

Mais voila, l’élément le plus simple, et parce que c’est le plus simple, l’hydrogène (constitué d’un seul proton), il ne se casse pas. La fission nucléaire concerne seulement les atomes les plus lourds, comme l’uranium et le plutonium par exemple. Les noyaux les plus légers, comme l’hydrogène, le deutérium, l’hélium et le tritium, peuvent seulement fusionner entre eux (fusion thermonucléaire) pour former des noyaux plus lourds.

Pour former des choses nouvelles, l’hydrogène n’a pas besoin de changer sa nature. Une étoile prend forme par la contraction gravitationnelle de grandes étendues d’hydrogène gazeux. C’est seulement après sa mise en forme (une sphère ou plutôt géoïde) qu’une étoile commence à rayonner sa lumière, lorsque l’hydrogène fusionne pour produire de l’hélium. De très grandes étendues d’hydrogène peuvent former des galaxies, mais quasiment toute la matière de ces vastes ensembles est composé d’hydrogène à ses débuts.

L’univers une expérience ? J’aurais formulé ça autrement. Si c’est une expérience, elle est l’œuvre d’un hasard aveugle et dénué d’intentionnalité. Philosophiquement, la science se fie plutôt au principe anthropique faible. Il n’y a pas d’expérience si l’univers n’a pas d’auteur. Une expérience nécessite des observateurs qui cherchent des résultats. Mais la question métaphysique d’un quelconque démiurge reste à jamais indécidable parce que scientifiquement invérifiable et donc irréfutable. On ne peut donc pas prouver que l’univers est lui-même une «expérience».

  • «L’ensemble de notre univers-espace-temps local, qui était composé à 100% d’hydrogène, est maintenant une soupe remplie d’atomes bizarres selon les proportions suivantes : 90% d’hydrogène, 9% d’hélium, 0,1% d’oxygène […]»

L’idée d’espace-temps local n’a pas de sens, puisque le Big Bang s’est produit partout, cela concerne tout l’espace-temps, et le résultat est le même partout. Le Big Bang n’est pas un événement qui s’est produit dans un endroit privilégié de l’univers.

100% d’hydrogène ? Ce fut le cas très tôt lors du Big Bang, mais très peu de temps (dans les 3 premières minutes). La nucléosynthèse primordiale (vers 1 milliard de degrés Celsius) a rapidement entraîné la fusion thermonucléaire d’une partie de l’hydrogène pour former du deutérium, de l’hélium, du lithium et du béryllium avant même l’apparition des premières étoiles.

Puis concernant la composition chimique de l’univers, le modèle actuel présuppose que la matière visible ordinaire ne représente qu’une petite fraction (0,3%) de ce qui existe dans l’univers, le reste étant a priori majoritairement constitué de matière noire et d’énergie noire.

Concernant la matière chimique ordinaire, ce document sur les preuves du Big Bang indique ces proportions : 75% d’hydrogène et 25% d’hélium, et les autres éléments chimiques à l’état de traces. Mais les proportions indiquées par Bernard Werber sont plutôt proches des proportions chimiques du soleil, et non celles de l’univers plus généralement : «hydrogène à 92,1 % et hélium à 7,8 %», et oxygène à 0,061%. Ma remarque est confirmée par cette phrase dans une page de La Recherche : «Dès les années 1940, les astronomes mesurent la répartition de la composition chimique de l’Univers et trouvent partout 75 % d’hydrogène, 25 % d’hélium et des traces d’éléments plus lourds».

Au lieu de l’expression confuse «espace-temps local», ou même «En ne citant que les éléments chimiques les plus répandues dans notre univers-espace-temps», l’auteur aurait dû dire plutôt «système solaire» afin de distinguer celui-ci de la composition chimique de l’univers.

Deuxième paragraphe, intitulé «Réalité parallèle» :

  • «La réalité dans laquelle nous sommes n’est peut-être pas la seule. Il existerait d’autres réalités parallèles.»

Si l’idée est séduisante, elle n’est pas (pour l’instant) une hypothèse scientifique crédible. Cette idée métaphysique de réalité parallèle est souvent évoquée dans les débats philosophiques. En physique, à propos des réalités parallèles, comment concevoir une expérience ou une observation permettant de vérifier si l’hypothèse est reliée à des faits ou de réfuter l’hypothèse à travers ces faits ? Je me pose la question depuis longtemps à propos de certaines théories, comme la théorie des cordes et certaines interprétations plus ou moins loufoques de la physique quantique. Comment prouver ou réfuter l’existence de dimensions spatiales  supplémentaires ? Comment prouver ou réfuter l’existence d’univers parallèles ? Les théories scientifiques (même les plus crédibles) sont des représentations faillibles de la nature, elles ne sont pas la vérité en soi ; mais des idées a priori non expérimentables en physique ne représentent rien de concrètement factuel… Des idées exemptes de l’appui des faits, pour moi et pour les scientifiques, sont des fables. La conviction n’est le fruit que de la preuve.

Si le concept de «matière noire» commence à trouver enfin des voies expérimentales (http://www.futura-sciences.com/magazines/matiere/infos/actu/d/physique-detecter-matiere-noire-grace-rmn-48829/#xtor=EPR-17-%5BQUOTIDIENNE%5D-20130911-%5BACTU-Detecter-la-matiere-noire-grace-a-la-RMN–%5D), le concept d’univers parallèles reste invérifiable à ce jour.

  • «Par exemple, alors que vous lisez ce livre dans cette réalité, dans une autre réalité vous êtes en train de vous faire assassiner, dans une troisième réalité vous avez gagné au loto […]»

L’idée des univers parallèles est fortement inspiré de la physique quantique, mais ce qu’on appelle la superposition d’états concerne les très petites échelles d’espace. À notre échelle macroscopique, la décohérence quantique rompt cette superposition. Les univers parallèles, jusqu’à preuve du contraire, appartiennent à la science-fiction. Il convient de se souvenir que les modèles mathématiques sont une représentation faillible de la réalité, ils ne sont pas censés être la réalité elle-même, ni ne sont censés se substituer à la réalité pour dire que les maths elles-mêmes sont la trame et la cause de la réalité. Ce genre d’inversion de cause à effet est similaire au débat stérile comme celui du paradoxe de l’oeuf et de la poule, ainsi que certains détails des thèses créationnistes qui tentent de convaincre que la conscience précède la matière, alors que la conscience ne peut exister sans structure matérielle (les réseaux de neurones et réseaux neuromimétiques : pas de pensée sans cerveau).

  • «Pour un physicien quantique il est acceptable de dire que le chat est à 50% mort et à 50% vivant.»

En physique quantique, on dira plutôt que la superposition d’états indique que le chat de Schrödinger (rappel : c’est une expérience de pensée, et le chat est allégorique et fictif) est à la fois mort et vivant. Il est vrai que c’est une question de probabilités.

  • «[…] il existe une personne qui sait si le chat est mort ou si le chat est vivant même sans ouvrir la boite : c’est le chat lui même.»

À première vue, c’est logique. Mais le chat est fictif, il sert à représenter le comportement des particules à l’échelle subatomique. Les particules élémentaires, elles, n’ont pas de conscience, la matière inerte n’a pas conscience de son propre environnement…

Les êtres vivants les plus simples, les virus, sont composés de quelques centaines ou milliers d’atomes. Un codon d’ADN ou d’ARN se compose lui-même de moins de 100 atomes. Imaginer une forme de vie dont la taille est en-deçà de la taille minimale d’un gène est un non-sens en biochimie et en génétique. À l’échelle subatomique, donc à une dimension inférieure à celle d’une seule molécule, la superposition d’états se produit chez les particules concernées, mais à cette échelle il n’existe aucun observateur…

  • «De toutes les planètes connues, la Terre est la plus complexe.»

Au niveau des phénomènes biochimiques et biologiques, oui c’est vrai, la complexité est à son paroxysme en ce qui concerne la vie sur Terre. Mais au niveau des phénomènes géologiques, la Terre est aussi ordinaire qu’une autre planète. L’une des grosses lunes de Jupiter, Io, se caractérise bien par une activité volcanique et tectonique assez complexe, par exemple.

  • «[…] deux forment de vie qui culminent par leur intelligence. Les hommes et les fourmis.»

Les fourmis sont des insectes sociaux. Cependant, il s’agit d’une forme d’intelligence collective et décentralisée, une forme d’intelligence assez simple en somme, mais qui assure la survie de leurs espèces (il y a de nombreuses espèces de fourmis) depuis au moins 100 millions d’années, ce qui est remarquable. Les abeilles sont moins connes, car moi je mange du miel, ce que les fourmis ne fabriquent même pas… 😉 Les abeilles et les fourmis forment une même famille : les hyménoptères.

Quant à l’intelligence humaine… J’en doute… On ne peut pas mesurer ce qu’on appelle «intelligence», car ce n’est pas vraiment bien défini. Les tests de QI présentent une marge d’incertitude trop importante et qui interdit par conséquent de conclure sur les résultats de façon objectivement fiable ; mes arguments ici :  https://jpcmanson.wordpress.com/2012/05/24/experience-statistique-sur-9-tests-de-qi/

L’intelligence animale est particulièrement le fait des mammifères comme les singes anthropoïdes, de certaines espèces d’oiseaux comme les corvidés, des chiens, des éléphants, des dauphins…

  • «Autour d’un atome, on trouve plusieurs orbites d’électrons. Certains sont tout proches du noyau. D’autres sont éloignés.»

Le mot «orbite» est plutôt utilisé en mécanique céleste et en astronomie. Pour les électrons autour d’un noyau, on parle d’orbitales.

Il peut n’y avoir qu’une seule orbitale : c’est le cas de l’atome d’hydrogène et de l’atome d’hélium. Dans ce cas, il s’agit de l’orbitale 1s². Au-delà de l’hélium, les atomes possèdent plusieurs orbitales.

Puis, un électron proche ou éloigné du noyau, c’est trivial… Éloignement très relatif, car à l’échelle de l’atome, une orbitale a une taille d’environ un dixième de millionième de millimètre.

En physique, les orbitales électroniques ne sont pas des orbites précises, la structure de l’atome est assez floue, entachée d’incertitude quantitative sur la position, la masse et la vitesse des électrons. On parle alors de nuage électronique.

  • «Déplacer un électron d’une couche basse pour l’amener à une couche plus haute, […] : il rayonne, […]. Par contre, si on déplace un électron d’une orbite haute pour l’amener dans une orbite plus basse, c’est le contraire qui se produit.»

À vrai dire, l’écrivain a inversé le phénomène décrit, c’est le contraire qui se produit.

En fait, l’électron passe d’une orbitale basse vers une orbitale haute quant il a absorbé un photon, donc il ne rayonne pas de photon…

En effet, d’après le spectre de l’atome d’hydrogène, lorsque l’électron passe d’un niveau élevé à un niveau plus bas, il émet un photon dont l’énergie vaut la différence entre celles des deux niveaux ; ainsi, la lumière émise ne peut prendre que quelques valeurs discrètes ; c’est ce que l’on appelle son spectre.

D’après le texte de Werber, il faut déplacer un électron, mais justement pour déplacer un électron vers une orbitale plus éloignée du noyau, il faut exercer quelque chose dessus : en envoyant un photon que l’électron absorbe. Dans le cas d’un atome excité, quand un électron passe d’une orbitale haute à une orbitale basse, il gagne de l’énergie qu’il doit donc céder en émettant un photon. Mais lorsque l’atome est à son état fondamental, l’électron qui passe d’une orbitale basse vers une orbitale haute ne peut le faire que s’il absorbe un photon incident dont l’énergie est égale à la différence des deux niveaux des énergies des orbitales.

  • Ensuite, Werber parle d’un «neuropsychologue américain, le professeur Rosenzweig,  de l’université de Berkeley, qui a voulu connaître l’action du milieu sur nos capacités cérébrales». Werber cite aussi une expérience faite sur des hamsters, et raconte que les hamsters ayant été occupés à diverses activités présentaient des différences corticales par rapport aux hamsters qui étaient restés oisifs.

Werber précisa pour les hamsters actifs que leur masse corticale était de 6% de plus que le groupe témoin, et la taille des neurones était 13% de plus que ceux du groupe témoin.

J’en déduis moi-même que la densité des neurones des hamsters actifs aura diminué de 26,5% par rapport à la densité des neurones des hamsters oisifs. Pourquoi n’y a t-il pas conservation de la densité ? Quelles molécules se sont accumulées dans les neurones actifs ?

Rosenzweig est le nom de plusieurs scientifiques homonymes. Comme on ne connaît pas le prénom du professeur, je dois rechercher sur Google afin de savoir de quel savant il s’agit. Je découvre qu’il s’agit probablement de Mark R. Rosenzweig (1922-2009), c’était un authentique chercheur américain spécialisé dans l’étude de la neuroplasticité animale. Rosenzweig a montré que le cerveau animal ne devient pas mature à l’issu de l’enfance mais qu’il continue de se développer et de se remodeler, de s’adapter.

L’expérience de Rosenzweig, narrée par Werber, fut réalisée en 1947, mais avec des rats, pas avec des hamsters.

Puis en réalité, Rosenzweig a montré qu’un environnement enrichi (des jeux pour les rats) augmentait l’activité d’une enzyme : la cholinestérase. Une enzyme c’est une protéine. C’est seulement en 1962 qu’il a découvert que l’activité ludique des rats entraînait une augmentation du volume de leur cortex. En 1987, Rosenzweig publia un livre : «Enriched and Impoverished Environments: Effects on Brain and Behavior» (Environnements enrichis et appauvris : effets sur le cerveau et le comportement).

Vu sur un blog de WordPress, un extrait de l’encyclopédie de Werber :

  • «L’humanité a connu trois vexations.»
  • «La première c’est Nicolas Copernic qui a déduit de ses observations du ciel que la Terre n’était pas au centre de l’univers.»
  • «La deuxième c’est Charles Darwin qui a conclu que l’homme descendait d’un primate et était donc un animal comme les autres.»
  • «La troisième c’est Sigmund Freud qui a signalé que la motivation réelle de la plupart de nos actes politiques ou artistiques était la sexualité.»

Trois vexations ? J’aurais formulé ça autrement. Des (vraies) découvertes scientifiques sont des bienfaits. La science est significatrice de progrès. La science n’est pas un châtiment, elle est un outil qui sert l’humanité.

Nicolas Copernic, mathématicien et astronome, a énormément contribué à la science, un pas de géant. Il a brisé un tabou. À partir de son travail, on a peu à peu compris que les faits ont prévalence sur les dogmes bibliques. C’est un bienfait de s’affranchir des croyances qui font de nous des esclaves de l’absolutisme et de l’obscurantisme.

Ensuite, Darwin s’est appuyé sur des fossiles et des données géologiques pour étayer sa théorie de l’évolution des espèces, montrant que l’Homme n’est pas une création divine mais un animal ordinaire parmi les autres. C’est un bienfait de mieux connaître notre propre espèce et de comprendre l’organisation de la vie. Là encore, la science prévaut aux dogmes bibliques. La science enseigne des connaissances factuelles, elle apprend à observer et expérimenter. La religion n’enseigne qu’à croire et à obéir. De nos jours encore, certaines mouvances font propagande de doctrines créationnistes (qui se proclament de la science qu’elles rejettent pourtant) selon lesquelles la Terre n’a que 6000 ans et que l’Homme fut créé directement par Dieu (et parfois disent que l’Univers fut créé par une intelligence transcendante (Intelligent Design).

Freud ? Il a institué un dogme tenace (la psychanalyse), sans l’appui de preuves. Il n’y a pas d’observations cliniques comme bases à la psycho-théorie de Freud. L’idéologie de Freud est un dogme entièrement construit sur des interprétations personnelles imaginaires, subjectives et fictives. De plus, la doctrine de Freud est homophobe… La psychanalyse est une pseudo-science.

La véritable vexation, la véritable honte, c’est la survivance tenace de dogmes obscurantistes (dont certains dogmes s’autoproclament scientifiques) à notre époque. Voila le vrai scandale.

Comme on a un bon aperçu des deux paragraphes traitant de science dans le livre de Werber, ainsi qu’une analyse intéressante qui en a résulté, je pense qu’il n’est pas nécessaire de continuer d’analyser le reste du bouquin, je vais m’en arrêter là, l’analyse a été suffisamment concluante…

Je clos l’analyse critique de cette «nouvelle encyclopédie du savoir relatif et absolu» par une citation de Bernard Werber lui-même : «Allons jusqu’au bout de nos erreurs sinon nous ne saurons jamais pourquoi il ne fallait pas les commettre».

Quelle ironie.  😀

BIBLIOGRAPHIE ET VULGARISATION SCIENTIFIQUE

  • Comme j’aime (et préfère) les bouquins scientifiques intéressants, et si d’éventuels lecteurs sont en quête désespérée de livres plus rigoureux, je recommande le livre d’un des plus grands mathématiciens actuels, Cédric Villani, «Théorème vivant» (éditions Grasset), dans lequel il expose les étapes de ses recherches en mathématiques sur « l’amortissement de Landau » et l’équation de Boltzmann. Passionnant et instructif. À voir absolument. Contenu compréhensible surtout par ceux qui ont un background scientifique (mais les scientifiques ne comprennent pas toujours leurs collègues, lol).
  • Autre livre que je recommande : « Petit cours d’autodéfense intellectuelle » par Normand Baillargeon. Très intéressant.
  • Je pense personnellement que les gens désirant s’informer via la vulgarisation scientifique doivent s’appuyer sur des bases scientifiques non ambiguës et adaptées, avec l’aide d’un certain contrôle académique. MM. Villani et Stephen Hawking sont d’excellents exemples de vulgarisateurs.
  • Dans des livres de styles plus littéraires, la science est souvent romancée, parodiée, caricaturée, la science se laisse construire une image faussée, biaisée et/ou lacunaire dans l’esprit du public, et je trouve cela dangereux. Par exemple, je connais un lecteur de vulgarisation scientifique, et qui croit à tort que les connaissances révélées sont absolument définitives et inaliénables, alors que la science a une démarche de remise en question de tout. En effet, la science n’est pas une accumulation de vérités, mais une attitude iconoclaste qui brise des «certitudes», en remettant à plat les données du réel et les interprétations construites sur tout cela. Créer des vocations scientifiques peut passer par des méthodes ludiques, amusantes, divertissantes (comme l’opération «La main à la pâte»), pourvu que le rôle didactique soit rempli, en montrant ce qu’est vraiment la science à travers la méthode scientifique et à travers les critères épistémologiques. Ce que je veux dire, c’est qu’il existe un danger latent : des personnes ont une vocation soudaine pour la science, mais à travers de la mauvaise vulgarisation, ces personnes tombent des nues quand elles entreprennent des études scientifiques, leur déception envers la science peut entraîner un rejet, et pire, une dissuasion par les déçus envers d’éventuels néophytes sur le point d’avoir une vocation scientifique. Présenter ce qu’est vraiment la science, sa définition, ça évite bien de mauvaises surprises. La science, c’est de la logique, de la rigueur, une exigence d’objectivité, la nécessité d’observations et d’expériences. La science n’est pas exactement de la philosophie, la science accepte toutes les hypothèses, seulement si celles-ci ont la possibilité d’être réfutables. La philo est un argumentaire d’idées orientées par la raison des philosophes. La science, elle, repose aussi sur des arguments, mais ceux-ci sont nécessairement appuyés par des faits, au moyen des observations et des expériences. La science n’est pas de la métaphysique. Les fables, elles, n’appartiennent qu’aux conteurs… et aux politiciens… La vulgarisation scientifique, bref, ça peut être aussi un jeu, mais un jeu sérieux avec lequel on ne peut pas se permettre de faire et dire n’importe quoi, surtout s’il y avait une quelconque idéologie sous-jacente. Dans les livres, avec les livres, tout est possible, oui, y compris d’apprendre des erreurs, des préjugés, des concepts eux-mêmes mal compris, y compris le risque de transmettre ces erreurs à notre tour. Non, il n’est jamais trop tard pour réagir. Lire, apprendre à lire, qu’est-ce que c’est, finalement ? Répéter phonétiquement les mots ? Pas seulement. Comprendre le sens des mots ? Pas seulement. Comprendre le sens des concepts ? Oui, mais pas seulement. Apprendre vraiment à lire des livres, en particulier des livres de vulgarisation scientifique, c’est comprendre d’abord le contexte raconté, puis ensuite procéder à une patiente analyse critique avec l’aide de connaissances acquises ou nouvelles qui servent à croiser les informations. Ainsi, c’est par les comparaisons que l’on débusque les contradictions et les erreurs dans les bouquins. C’est la politique même de mon blog ici. Même de bons livres peuvent contenir au moins une erreur. Exemples de preuves ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/12/28/une-erreur-dans-un-livre-de-thermodynamique-pour-ingenieurs/ et là : https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/03/les-encyclopedies-sont-elles-sans-erreurs-et-infaillibles/ et un prof démontre l’existence d’un manque de travail critique : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/03/22/contre-le-plagiat-un-prof-piege-ses-eleves/

Pour ainsi dire, j’aime beaucoup la littérature. Cela dépend des styles. Et cela dépend aussi de la façon dont la science est représentée dans la littérature. Les auteurs eux-mêmes font leur métier par passion, les lecteurs aiment lire. Une façon plus profonde de lire est de réfléchir sur ce qu’on lit, surtout dans l’expression de phrases qui évoquent la vérité, la connaissance, la science. Dès que ces expressions apparaissent, je deviens extrêmement sensible et éveillé qu’un sismographe à l’affût.

Ne jamais signaler des erreurs dans la littérature quand elles concernent plus ou moins directement les sciences, ce serait trahir l’esprit humain, ce serait déshonorer notre mission, ce serait discréditer ce que nous savons ce qu’est la science. C’est un devoir de faire un compte-rendu des erreurs que l’on découvre. Le grand public a le droit d’être informé. Si créer des vocations scientifiques est une nécessité, il faut aussi que de nouvelles générations de vulgarisateurs scientifiques reprennent le flambeau quand les plus anciens ne seront plus là pour ce travail. J’aurais trop peur que cet esprit de résistance s’arrête un jour, que le peuple devienne peu à peu anesthésié par les médias, peur que les fictions l’emportent sur les faits, pour longtemps.  N’attendons pas que nos libertés soient en péril pour réagir. La littérature gentillette comme celle que j’ai analysé ici, ça peut céder la place à de la littérature plus hard dont les auteurs sont de dangereux gourous, avec leur programme de déprogrammation des cerveaux et d’embrigadement des jeunes. La transition de la façon de penser, dans la société, peut être rapide. Basculer dans l’obscurantisme est plus rapide qu’on ne le croit. N’importe quel secteur d’activité est vulnérable aux dérives. La science n’échappe pas à cette éventualité, et c’est pourquoi j’en parle. Le domaine de la vulgarisation scientifique est un terrain vulnérable, il faut agir de façon à ce que le public connaissent d’abord ce qui définit la science avant d’accumuler des connaissances issues de divers médias de toutes sortes. Même au sein de la vulgarisation scientifique, il existe un début de dérives.

Quelques pistes pour prendre conscience que, entre science et journalisme, c’est bancal :

Je vous le dis : jusqu’où ces dérives peuvent-elles conduire si aucune initiative d’analyse critique pour les contrer n’est décidée ?

Pour terminer, qu’est-ce qu’une encyclopédie ? Sa définition ? Comparer entre l’encyclopédie des arts et des sciences à l’époque de Diderot et Voltaire, et l’idée actuelle d’une encyclopédie à l’ère d’Internet ? Je pense que ce mot a vraiment perdu de sa saveur…

Ce présent article n’est pas une critique des qualités littéraires d’un écrivain, ni même une attaque personnelle. L’article dresse ici une analyse lucide sur l’amalgame  entre la création littéraire et la prétention à la vulgarisation scientifique, en montrant utilement l’existence nécessaire d’une démarcation entre fiction littéraire et faits objectifs. Je n’ai personnellement rien contre la littérature, la science-fiction et l’imaginaire, je suis moi-même occasionnellement lecteur de ces ouvrages, je fais seulement remarquer que l’on ne peut pas tout mélanger et prendre le risque d’induire les lecteurs dans des concepts erronés présentés à tort ou à travers comme des concepts scientifiques éprouvés. En effet, on ne peut pas affirmer que la science-fiction est de la science, ni que des romans sont tous basés sur des faits réels. On peut dire science-fiction et philosophie-fiction pour un roman subjectif, mais pas y attribuer l’appellation de vulgarisation scientifique. Sinon, à ce moment-là il faudrait déclarer que les livres de Tolkien («Le seigneur des anneaux») sont aussi des références scientifiques solides, ce qui serait vraiment absurde.  😉

Et pourtant, suite à la publication de ce présent article, au moins un lecteur fan de Werber m’a toisé en me disant aveuglément que c’était moi qui était égaré et que le romancier disait des vérités scientifiques irréfutables… Tsssss. Quelle mauvaise foi…

© 2013 John Philip C. Manson

Que penser de la véracité des publications scientifiques ?

Vu sur Yahoo QR :

  • Que penser de la véracité des publications scientifiques ? Les médias nous abreuvent d’études démontrant ceci ou cela ; sont-elles toutes valables ? Je parle au sens général, pas pour un domaine particulier.

 

Ne pas confondre les médias pour grand public avec les publications scientifiques à comité de lecture. Ce n’est pas du tout la même chose.

D’autre part, la véracité est synonyme de crédibilité et de vérité, mais la science ne consiste justement pas à croire mais à réfuter et à remettre en question des résultats.

Ce qui définit la scientificité d’une publication, ce n’est pas sa crédibilité théorique, c’est sa réfutabilité. Avant de connaître des théories scientifiques ou des découvertes, il est important de connaître d’abord ce qui définit la science.

Une piqûre de rappel :

http://jpmanson.unblog.fr/definition-de-la-science/
http://jpmanson.unblog.fr/2011/02/26/la-methode-scientifique-en-schema/
http://jpmanson.unblog.fr/2011/03/10/la-verite-scientifique-nest-pas-absolue-mais/
http://jpmanson.unblog.fr/2011/03/09/les-encyclopedies-sont-elles-sans-erreurs-et-infaillibles/

 

  • Une théorie scientifique est un groupe cohérent d’affirmations réfutables qui décrit et explique un phénomène observable, quantifiable et reproductible. Le critère déterminant qui définit la science, ce n’est pas la crédibilité d’une connaissance scientifique, mais la réfutabilité de cette connaissance. La science se distingue de tous les autres modes de transmission des connaissances, par une règle de base : l’erreur est humaine donc les experts et les crédules sont faillibles, les connaissances transmises peuvent contenir toutes sortes de fables et d’erreurs, et qu’il faut prendre la peine de vérifier, par des expériences.

 

© 2011 John Philip C. Manson

Les encyclopédies sont-elles sans erreurs et infaillibles ?

  •  Article mis à jour le 17 juillet 2014.

Analyse critique attentive de l’encyclopédie Quid année 2006

L’étude réalisée en juillet 2006 porte sur quelques pages concernant la rubrique Astronomie, de la page 201 à la page 206, et je donne ci-dessous mes observations.

 

Page 201c :

Je cite :

Selon des observations faites en 1998 à l’université de Seattle et au Lawrence Berkeley National Laboratory, l’univers serait définitivement en expansion indéfinie et accélérée.

Nuance : on a mesuré en 1998 une expansion actuelle accélérée semblant indéfinie, on ignore cependant si elle est définitive.

Je cite :

Vision récente de l’univers : l’écoulement du temps (toujours dans le même sens) est une illusion. L’univers est occupé par une infinité de mondes parallèles qui s’ignorent.

Précision : aucune de ces affirmations n’a été l’objet d’observations ni de confirmations. Ce sont de pures spéculations difficilement vérifiables ni réfutables. Elles échappent à la scientificité.

De plus, j’ai fait une critique sur l’écoulement variable du temps, concept inepte en physique, dans un de mes articles : http://jpmanson.unblog.fr/2010/07/30/sur-lecoulement-du-temps/

(Ci-dessus, le lien est mort, mais néanmoins consultable ici : http://web.archive.org/web/20101101090007/http://jpmanson.unblog.fr/2010/07/30/)

Page 202c :

Je cite :

Vie dans l’univers : Il y aurait une planète sur 1 million dans la galaxie qui pourrait contenir des océans.

On ne peut pas établir un taux de probabilité sans l’appui d’observations quantitatives réfutables. Pour quantifier une probabilité, il aura fallu faire une observation statistique, ou une estimation à partir de données physiques suffisantes. Il est impossible de faire des probabilités sans se référer à des observations statistiques factuelles, lorsqu’on ignore tout de l’hydrologie des exoplanètes puisque le sujet d’étude est invérifiable. La probabilité fournie par le Quid 2006 ne représente donc rien de concret et n’a pas de valeur empirique. C’est un nombre sorti de nulle part.

Ici : http://jpmanson.unblog.fr/2011/07/17/lexicologie-statistique-imposture-du-qi-et-mesure-quantitative-avec-marge-derreur/ j’explique la différence entre une expérience statistique reproductible (associée à une marge d’erreur) et une imposture comme celle du QI.

(Ci-dessus, les liens vers unblog sont morts, mais le thème du QI est beaucoup abordé dans le présent blog : https://jpcmanson.wordpress.com/?s=qi&submit=Recherche)

 

Page 203a :

Je cite :

…l’homme n’aurait pas vu le jour et, en son absence, les maîtres de la Terre seraient les insectes sociaux au psychisme le plus développé et le mieux différencié chez les êtres vivants.

Ironie : et les cétacés comme les dauphins, ce sont des animaux débiles peut-être ? Les insectes sociaux n’ont pas à proprement parler de psychisme, leur organisation sociale est décentralisée ; les insectes n’ont aucune intelligence individuelle, c’est la collectivité qui rend leur société organisée. L’auteur de cette maladresse méconnaît vraisemblablement l’entomologie.

Page 203b :

Je cite l’encadré sur le planétarium d’Anticythère.
Le Quid affirme que l’artefact archéologique date du premier siècle après J.C. alors qu’il date de 87 avant J.C. donc le premier siècle avant J.C.
L’artefact est présenté comme un planétarium alors que pour les archéologues et les astronomes, il ne s’agit que d’une hypothèse.

Page 204c :

Je cite :

Encadré sur la matière noire et l’énergie sombre.

Naines brunes (étoiles si denses que la lumière reste piégée à l’intérieur).

Objection ! C’est seulement le cas des trous noirs. Les naines brunes sont des étoiles trop légères pour amorcer leurs réactions de fusion nucléaire, mais celles-ci émettent toutefois un rayonnement thermique d’environ 700 °C. Quant aux trous noirs, ce n’est pas à cause de leur densité ni l’opacité que la lumière reste piégée, c’est à cause de leur gravitation.

 

Page 204a :

Je cite :

Sur la définition de l’étoile à neutrons.

A neutrons : étoile ayant une masse comprise entre 1,4 et 3 fois celle du soleil,
extrêmement dense (10^17 K par m^3)

Erreur d’unité physique ! L’auteur a spécifié l’unité K qui est une température absolue (le kelvin). Il fallait lire kg par m^3 (kilogramme par mètre cube) qui est une masse volumique.

Page 205c :

Je cite dans l’encadré “supernova”.

Selon une étude américaine de 1994, l’extinction massive de diverses espèces sur
la Terre, il y a 225 millions d’années, aurait été provoqué par une supernova qui
aurait irradié la planète et détruit la couche d’ozone.

L’unique source trouvée sur le sujet (dans Google) est ce site : http://www.sio2.be/cours/es6/ch07.php

De plus, le nom de l’astronome “découvreur” n’est pas indiqué par le webmasteur.
Aucune autre source scientifique ne parle de cette théorie. De plus, comment des chercheurs pourraient prouver que l’ozone ait été détruite dans le passé, et comment prouver que c’est bien une supernova qui en est l’origine ? Constater des brûlures cutanées sur des animaux fossilisés et pétrifiés, c’est un gag. En cherchant dans les sites anglophones, je trouve ceci : http://astrobiology.arc.nasa.gov/news/expandnews.cfm?id=542

Ils racontent que la radioactivité dans des sédiments terrestres serait la conséquence d’une supernova il y a 5 millions d’années. Cependant, je conteste cela, car plusieurs causes peuvent expliquer la radioactivité dans les sédiments. Des rayonnements cosmiques pourraient provoquer des transmutations nucléaires, mais pour que ce soit possible le flux aura dû être très élevé, ce qui aurait justement provoqué la mort de toutes les espèces vivantes terrestres, ce qui n’est pas le cas. L’ozone est un gaz (trioxygène) qui filtre les rayons UV, mais les UV ne peuvent pas provoquer de radioactivité. Quant aux rayons cosmiques, ils sont absorbés par l’atmosphère, qu’il y ait de l’ozone ou absence d’ozone.

Le problème est le suivant : s’il y a eu une supernova proche, il y a eu forcément formation d’un trou noir et d’une nébuleuse, et cela aurait dû laisser des traces observables à une certaine distance relativement proche. Or, le trou noir ou la nébuleuse la plus proche est bien trop loin pour pouvoir prétendre être le résultat de la supernova qui aurait détruit la couche d’ozone.

Pour ce qui est du trou noir le plus proche, dans le cas d’un trou noir supermassif, il s’agit bien évidemment du centre de la Galaxie, qui existe depuis fort longtemps. Parmi les trous noirs stellaires connus les plus proches, Cygnus X-1 se trouve à environ 8000 années-lumière de nous, il me semble.  Et selon le site http://www.cidehom.com/apod.php?_date=000117 un objet nommé V4641 Sgr, dont la plupart des astronomes pensent qu’il s’agit d’un trou noir, a été découvert à seulement 1 500 année lumière de la Terre. Cela en fait le plus proche trou noir potentiel.

Bref, il faut prouver quelle est la supernova (et donc le trou noir consécutif) qui aurait irradié la planète, sinon l’hypothèse reste irréfutable…

Page 206a :

Je cite :

Strangelets : particules de plusieurs tonnes qui seraient composées de quarks
et de “quarks” étranges de la taille d’un grain de pollen pesant plusieurs tonnes.
Passage détecté sur Terre le 22-10-1998 (vitesse : 400 km/s ; durée du trajet
entrée/sortie : 26 s).

Alors là, ce truc m’a paru suspect.
Après renseignements, ces particules sont hypothétiques, et d’autre part je doute que ces particules existent car elles contredisent la physique quantique.

J’explique : la durée de vie d’une particule est inversement proportionnelle à sa masse. C’est le cas des mésons, qui sont des particules composées de paires de quarks. Les seules particules stables sont les triplets de quarks que sont les nucléons. Aucun site francophone scientifique officiel ne parle des strangelets tels qu’ils sont décrits dans le Quid, excepté des sites faits par des particuliers qui ne peuvent pas être considéré comme du contenu scientifique authentique.
Cependant, le wikipedia anglais parle des strangelets et spécifie les dates d’octobre et novembre 1993, et non 1998 comme le Quid l’a dit. De plus, les chercheurs sont originaires de l’université méthodiste du sud (Southern Methodist University, les méthodistes sont une église protestante dissidente), ce qui est loin d’être une université impartiale, neutre et laïque.
On sait qu’en Amérique du nord que des “théories” comme le créationnisme sont décrétées “science”. Ces chercheurs spécifient toutefois que les strangelets qui traversent la Terre ne sont qu’une hypothèse. Aucune observation n’a confirmé que les strangelets existent, ils sont spéculatifs, et ceux-ci me paraissent contredire la physique quantique.

Pourquoi les strangelets contredisent-ils la mécanique quantique ? Ils ne satisfont pas du tout à l’équation du principe d’incertitude de Heisenberg. En effet, une particule de plus d’une tonne se mouvant à 400 km/s a une durée de vie inférieure à4 × 10-48 seconde avant de se désintégrer, mais le problème ici, c’est que la plus petite unité divisible de temps (le temps de Planck) est d’environ 4 × 10-44 seconde, le temps de longévité d’un strangelet ne peut pas être inférieur, de 10 000 fois moindre, la durée de Planck !

 

 

Page 206a :

Je cite :

Hawking (Amér., né 8-1-1942).

Le Quid 2006 affirme que Stephen W. Hawking, le célèbre physicien, comme étant de nationalité américaine. Cependant, Hawking est anglais, il est né à Oxford en Angleterre et jusqu’à ce jour il n’a pas été naturalisé d’une autre nationalité.

Juste un détail pour le dossier Ufologie dans la rubrique Astronautique du Quid 2006. On remarquera la mention de l’affaire de la soucoupe volante de 1981 à Trans-en-Provence. Il s’agit en fait d’une légende urbaine : il n’existe ni rapport ni enquête. Les travaux du GEPAN, tel que la « Note technique n°16 » concernant Trans-en-Provence, sont extrêmement controversés. La contre-enquête réalisée par le SERPAN démontre en effet les nombreuses faiblesses de l’enquête réalisée par le GEPAN à l’époque. Mais ça, le Quid n’en parle pas.

Pour en savoir plus : Trans-en-Provence, le mythe de l’OVNI scientifique :
http://www.zetetique.ldh.org/tep.html

 

 

Page 217a :

 

Le Quid 2006 évoque l’effet Allais, présenté comme une augmentation anormale et inexpliquée de la gravité terrestre lors d’une éclipse totale de soleil. Mais dans la rubrique Astronomie, ce genre d’info est controversée, parce que l’effet Allais est reconnu comme relevant de la pseudo-science. Les observations de l’effet Allais sont rares et plutôt contradictoires, non seulement à cause de la rareté relative de telles éclipses afin de réaliser des vérifications reproductibles, mais aussi parce qu’aucun protocole d’expérimentation rigoureux n’aurait été respecté.

 

 Page 306b :

Le Quid 2006 dit qu’une particule alpha a une énergie de 4 à 9 MeV et affirme que cela correspond à une vitesse d’environ 10 000 km/s.

Calcul :     E = 0.5* 4 * 1.6*10^-27 * 10000000^2 / (1.6*10^-19 * (1 – (10000000/299792458)^2)^0.5) = 2 MeV.

Le calcul montre qu’une particule alpha ayant une vitesse de 10 000 km/sa une énergie cinétique de 2 MeV. Ce qui signifie que les 4 à 9 MeV correspondent à une vitesse supérieure à 10 000 km/s, soit de 14134,3 km/s à 21186,7 km/s plus précisément.

Preuve : http://www.wolframalpha.com/input/?i=9000000+%3D+0.5*+4+*+1.6*10^-27+*+x^2+%2F+%281.6*10^-19+*+%281+-+%28x%2F299792458%29^2%29^0.5%29

 

 

Page 247b :

Le Quid 2006 affirme : “Début XVIIIe siècle, les frères Cassini […] mesurent la France et pensent que l’axe des pôles est plus long que l’axe équatorial”.

C’est le contraire, puisque la Terre est aplatie aux pôles…

 

CONCLUSION :

Deux hypothèses peuvent expliquer toutes ces erreurs.

1. L’auteur manque de rigueur ou a trop confiance aux données.
2. L’auteur ne vérifie pas ses sources.

Mon étude révèle statistiquement 1 étourderie par page, entre la page 201 et 206. Cela peut paraître inquiétant pour un livre très populaire. Certains passages erronés existent depuis plusieurs éditions d’une année à l’autre et n’ont pas été corrigés car personne ne semble en avoir informé les rédacteurs du Quid.

 

Mon étude statistique prouve qu’il ne faut pas croire aveuglément ce qu’on lit, même si c’est en apparence de l’information scientifique, et même quand c’est une source considérée comme sûre et renommée. Les livres exempts d’erreurs sont un mythe. Dans cet article, mon but était de montrer la nécessité de l’esprit critique, et que la réflexion rationnelle prévaut à la confiance.

 

© 2011 John Philip C. Manson

Complément du 17 juillet 2014 :

Le livre «Le fascinant nombre PI», de J.P. Delahaye, 1997, éditions « Pour La Science, diffusion Belin », formule une critique du Quid, page 83, je cite le paragraphe :

pi

On s’aperçoit bien que le Quid est malheureusement truffé d’erreurs ou d’inexactitudes, et que je ne suis pas le seul à l’avoir constaté.

Pour ceux qui veulent lire ce livre, voici la référence : ISBN 2-9029-1825-9. http://www.amazon.fr/Le-fascinant-nombre-Jean-Paul-Delahaye/dp/2842418255

 

© 2014 John Philip C. Manson