Santé et WiFi (vu dans un magazine de jeux)

Les ondes électromagnétiques du WiFi sont-elles néfastes ?

  • L’encart du texte raconte que le corps humain est composé de 75% d’eau. FAUX ! Le corps humain adulte est composé de 66% d’eau. Nous ne sommes pas plein d’eau comme les méduses, tout de même…   
  • Concernant la fréquence de 2,4 GHz du WiFi c’est correct. Mais parlons de ce qui concerne la puissance du signal WiFi : à bout portant de la box ADSL, j’ai constaté une valeur maximum de -12 dBm (sachant que 0 dBm équivaut à 1 millième de watt, et que la puissance décroît de moitié si on diminue de 3 dBm). -12 dBm équivaut à seulement 62,5 millionième de watt, c’est une puissance électromagnétique très faible, sans conséquence sur la santé.
  • En comparaison, une ampoule de 40 W émet 640 000 fois plus de rayonnement qu’une box WiFi.
  • Et un four à micro-ondes de 600 W a une puissance 9,6 millions de fois plus intense que celle d’une box WiFi.
  • Il est rigoureusement impossible que le WiFi ou un téléphone mobile puissent aboutir à une cuisson ou un réchauffement, à cause de leur faible puissance par rapport à celle de l’électroménager spécialement conçu dans ce but.
  • Le CMBR (rayonnement fossile du Big Bang) a un flux du même ordre de grandeur que celui de la WiFi d’une box ADSL dans un bureau, mais possède une fréquence plus élevée. C’est quand même marrant ça, des « électrosensibles » se plaignent de la WiFi (sans omettre de diaboliser aussi tous les autres appareils électriques), mais ne disent absolument rien (et ne s’en plaignent pas) sur le rayonnement fossile qui a la même nature (et la même intensité de flux) que la WiFi. Plus précisément, les longueurs d’onde et fréquence typiques du rayonnement fossile sont respectivement 1,06 mm et 100 GHz.
  • Seuls les rayonnements ionisants (UV, rayons X, rayons gamma) sont nocifs et dangereux, à ce jour. Concernant les ondes radio, on n’a jamais pu le prouver.

 

Je commence à en avoir marre de ces journaleux qui entretiennent les peurs et les psychoses (sous prétexte de principe de précaution complètement irrationnel) sur des sujets qu’ils ne maîtrisent pas eux-mêmes, sans même avancer des chiffres concrets… Et les lecteurs se comportent en moutons, en croyant tout ce qu’ils lisent… Faites des maths pour comprendre !!! Vérifiez ! Ce n’est pas sorcier.

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Pleins phares sur l’indice carbone

 

Dans le lien cité ci-dessus, je reste perplexe.

J’ai testé quelques trucs afin d’évaluer la pertinence des résultats quantitatifs.

  • Tout d’abord,, je teste à combien de CO2 d’équivalence correspond 1 million de kWh, le résultat indique 85,1 tonnes de CO2 par million de kWh. Cela correspond à 85,1 g de CO2 par kWh, ce qui est dans l’ordre de grandeur attendu (90 g/kWh, d’après la production électrique française moyenne entre 2009 et 2011, grosso modo, mais en 2013 on émet maintenant moins de CO2 en production électrique).

rte2013Source : RTE2013

 

Comme on le voit dans le tableau ci-dessus : une production nette de 550,9 TWh correspond à 550,9 milliards de kWh, tandis que 29,1 millions de tonnes de CO2 correspondent à 29,1 teragrammes de CO2. Une division montre qu’en 2013, la France a produit 52,8 g de CO2 par kWh produit. Ce n’est donc plus 90 g/kWh comme il y a moins de 4 ans, le taux varie d’une année à l’autre selon la quantité d’électricité produite et l’évolution des moyens de production électrique.

  • Ensuite, je teste un autre truc sur le site empreinte.carbone.free.fr. J’observe que le calcul par le site indique qu’une tonne de charbon produit 152,14 tonnes de CO2.

Avec la chimie quantitative, le bilan chimique montre que 12 g de carbone réagit avec 32 g de dioxygène pour produire 44 g de CO2. Par conséquent, une tonne de carbone produit 3,66 tonnes de CO2. Le site indique une valeur qui est 41,6 fois plus grande.

On va sûrement me dire que cette différence est due au transport du charbon depuis des mines lointaines (depuis la Chine exportatrice). Oui c’est possible. Mais je continue l’évaluation des données fournies par le site.

  • Ainsi, la combustion de propane, on va dire : 100 000 litres, produit 149,29 tonnes de CO2, d’après le site.

En chimie quantitative, 44 g de propane réagit avec 160 g de dioxygène pour produire 132 g de CO2 et 72 g d’eau, d’après l’équation de réaction chimique suivante :  C3H8 + 5 O2  —>  3 CO2 + 4 H2O.

Si on raisonne selon un volume gazeux de 100 000 litres de propane, on disposera donc d’une masse de 196,43 kg de propane qui produira par combustion une masse de 589,29 kg de CO2. Cette masse est excessive par rapport au résultat du site, donc on va voir pour le cas du propane liquide : 100 000 litres de propane liquide, ça a une masse volumique de 0,5812 kg/L (http://fr.wikipedia.org/wiki/Propane), et par conséquent, ça correspond à une masse de 58,12 tonnes de propane liquide qui produit par combustion une masse de 174,36 tonnes de CO2. Ce qui est un résultat plus cohérent par rapport à celui du site. Cependant, le site donne une valeur inférieure à celle prévue par la chimie quantitative. Cela pose problème : il y a d’une part la masse de CO2 produite par la combustion, mais aussi d’autre part une masse supplémentaire de CO2 qui est produite par le transport routier, fluvial, ou maritime du propane liquide depuis les pays exportateurs vers les pays consommateurs. Il y a donc quelque chose ici qui ne colle pas. Le site aurait dû indiquer une valeur d’au moins 174,36 tonnes de CO2 au lieu de 149,29 tonnes…

 

  • Mais continuons l’enquête : d’après le site, 1 million de kWh de gaz naturel correspondent à 184,04 tonnes de CO2.

 

D’après http://fr.wikipedia.org/wiki/Pouvoir_calorifique_inf%C3%A9rieur on constate que le PCI et le PCS du gaz naturel sont respectivement de 38,1 MJ/kg de gaz naturel et 42,5 MJ/kg de gaz naturel. Ces valeurs correspondent à 10,58 kWh pour 2,75 kg de CO2 produit, et à 11,8 kWh pour 2,75 kg de CO2 produit.

2,75 kg de CO2 pour 1 kg de gaz naturel, parce que la combustion de 1 kg de méthane produit 2,75 kg (44 divisé par 16) de CO2, selon la réaction suivante :  CH4 + 2 O2  —> CO2 + 2 H2O. Mais le gaz naturel est un mélange d’hydrocarbures dont le méthane.

En conséquence, le PCI du gaz naturel correspond à 260 g de CO2 par kWh, et le PCS correspond à 233 g de CO2 par kWh. Et on conclut alors qu’un million de kWh en gaz naturel ça correspond à entre 233 et 260 tonnes de CO2.

D’après le site suivant : http://www.renovationdurable.eu/Notions-Valeurs-de-conversion.html  le gaz naturel correspond à 202 g de CO2 par kWh (donc 202 tonnes de CO2 par million de kWh).

Ainsi, la valeur donnée par le site Free (184,04) est plus faible que celle de la réalité.

Alors, d’où proviennent les données de base du site examiné ?

 

Ce qu’où je veux en venir, c’est que le concept d’indice carbone ou de bilan carbone est souvent biaisé, les grandeurs quantitatives peuvent beaucoup varier, et il existe une part d’incertitude à ne pas négliger et à prendre en compte. À considérer comme un simple gadget indicateur que comme une véritable unité de mesure.

Je suis étonné par ce genre de page, par exemple :  lien-eco car on y lit que l’on compense les émissions de CO2 d’un blog en plantant un arbre. Je suis très favorable à la plantation d’arbres, c’est une très bonne chose. Mais la croissance des arbres est très lente par rapport aux activités humaines quotidiennes.

On lit aussi que le chargement d’une page web équivaudrait à 20 milligrammes de CO2. Or si la page est chargée en 0,16 seconde (j’ai testé avec l’index de Google), cela correspond à une puissance électrique de 0,61 millionième de watt et une énergie électrique de 9,8 microjoules. Je me demande comment cela a été mesuré ou calculé…

Mais enfin, passons à une remarque concrète :  compenser le carbone en plantant des arbres, c’est bien, mais c’est un geste infinitésimal par rapport aux 9,6 milliards de tonnes annuelles de CO2 produits par la Chine… (http://www.planetoscope.com/co2/676-emissions-de-co2-par-la-chine.html) Et 9,6 milliards de tonnes annuelles, ça équivaudrait à 1920 milliards d’arbres à planter chaque année, rien que pour la Chine… Et plus de 36 milliards de tonnes de CO2 par an dans le monde entier (que l’on devrait compenser avec plus de 7200 milliards d’arbres sur tous les continents)… Soyons cohérents, que nos gestes pour l’environnement soient concrets, utiles et significatifs, au lieu de faire sourire ou agacer les gens…

 

© 2014 John Philip C. Manson

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P.S.: ce blog est compensé carbone, et en plus, ce blog est bio ! (avec quelques coups de tampon pour marquer le label agréé par les plus grands scientifiques vieux et barbus).

iconlol  (je déconne)

 

Un phénomène paranormal en Lozère ?

24/03/2013

Un phénomène paranormal de poltergeist en Lozère ?

J’aimerais avoir connaissance des conclusions du Dr Goulu sur cette affaire qui m’a tout l’air d’un canular. Merci à lui s’il accepte de se pencher sur cette affaire bizarre.

Mais d’abord, je présente ma propre analyse :

J’ai entendu un résumé de l’affaire hier sur la chaîne française de télévision M6.

Il semble que les experts consultés soient des radiesthésistes ou des géobiologistes. (voir Radiesthésie et Géobiologie_(radiesthésie) sur Wikipedia). Mais pas des scientifiques a priori.

Pour un sismologue, une faille sismique est un phénomène géophysique bien réel, mais quand on parle de faille tellurique dans le contexte de la radiesthésie et de la magie, ça concerne plutôt les ondes de forme, c’est-à-dire des ondes dont l’existence reste encore à prouver…

«Esprits frappeurs et autres revenants» : cela s’appelle poltergeist, mais à classer parmi le paranormal, les pseudo-sciences et les délires irrationnels.

L’histoire des géoglyphes «extraterrestres» dans les champs de blé en Angleterre, il y a quelques années, ça a servi de coup de pub marketing pour relancer le tourisme et le commerce dans des régions peu attractives.

La question à se poser en cas de buzz : à qui cela profite t-il ?

Faire appel à la science ? Là encore, il y a méprise. Les ohms désignent la résistance électrique, or pour mesurer des champs électriques, l’unité de mesure est en fait le volt par mètre. Ce n’est pas pareil ! À mon avis, ils n’ont fait appel à aucun physicien authentique…

600 ohms, c’est ce qu’on a avec un secteur à tension de 220 V et d’intensité 0,36 A. Or, plus la résistance est élevée, plus l’ampérage est faible (pour une tension constante). Mais à ampérage constant, il y a surtension. Par exemple, mon PC fonctionne à 3,15 A et 220 V, la résistance vaut 69,8 ohms (si courant continu), donc si la résistance est décuplée, et avec ampérage constant, on décuple aussi la tension. Puis aussi, en cas de courant électrique alternatif sinusoïdal, on ne dit pas résistance, on dit impédance.

Y avait-il un orage et la foudre dans la ville au moment des faits, simultanément avec un séisme de magnitude de 4 à 5 sur l’échelle de Richter ?

Les fusibles ont-ils sauté ? Les fils électriques ont-ils eu leur gaine brûlée ?

On a donc affaire à des témoignages, mais des éléments matériels demeurent assez évasifs, et des explications assez lacunaires incitent au doute.

Un champ électrique peut déplacer des masses chargées électriquement, comme des électrons ou des ions (c’est-à-dire des particules élémentaires), ou des objets légers ayant reçu une charge électrostatique importante.

Pour soulever un meuble de 50 kg à une hauteur de 1 mètre, par exemple, il faut 490,5 joules d’énergie. Mais il faudrait pouvoir transformer l’énergie électrostatique en énergie mécanique sous l’influence d’un champ électrique… Et il faudrait que le meuble soit chargé électriquement (comme quand on frotte une règle en verre ou en plastique, mais avec une charge proportionnellement bien plus élevée).

Mais les meubles et les objets déplacés doivent donc être très chargés électriquement, au point d’électriser ou électrocuter les gens. D’ailleurs, les gens aussi devraient avoir été chargés électriquement en même temps que les meubles. Si on ne déplore aucune victime, alors aucune charge électrostatique n’a intervenu dans l’affaire.

Comment charger électrostatiquement des meubles en bois, sachant que le bois est un matériau isolant ?… Et le problème majeur n’est pas l’action du champ électrique hypothétique sur des masses chargées électriquement, mais sur la question du comment des objets massifs aient pu se charger électrostatiquement avant leur mouvement.

La permittivité, plus précisément permittivité diélectrique, est une propriété physique qui décrit la réponse d‘un milieu donné à un champ électrique appliqué. Un examen prouve que le bois, le papier, l’air et le vide sont les milieux auxquels la permittivité (constante diélectrique) est la plus faible universellement. Un champ électrique aura un effet beaucoup plus significatif et crédible sur des matériaux comme la porcelaine, le sel de cuisine, le sélénium, le PVC (chlorure de polyvinyle), l’ardoise, mais surtout le dioxyde de titane et le titanate de baryum.

Autre chose : le principe de conservation de l’énergie. En effet, si l’on suppose que la résistance soit décuplée sans variation de la tension et de l’ampérage, la puissance électrique délivrée P = U×I = R×I² aura décuplé, ce qui signifiera une augmentation de l’énergie électrique de 900%. Ce qui oblige à se poser cette question : d’où provient l’énergie en excès si cela ne provient pas d’un séisme ni d’un emballement technique du réseau électrique ? L’énergie ne peut pas être créée ni détruite. En regard des lois de la physique, il y aurait dû y avoir un incendie, y en a t-il eu un ?

Histoire très peu crédible. Tout laisse suggérer un canular. Des plaisantins auront intentionnellement déplacé les meubles et autres bricoles (peut-être même à l’insu des propriétaires).
Ce qui est grave, c’est que certains confondent physique et radiesthésie… Ça c’est alarmant. La radiesthésie n’est pas une science.

Un expert qui mesure des ohms pour évaluer un champ électrique qui se mesure habituellement en V/m, n’est pas expert, ni électricien ou physicien…

En revanche, il pourrait y avoir des origines sismiques naturelles (mais absence d’origine électrique) car la ville est située aux alentours du Massif Central, mais cette région montagneuse est une chaîne de volcans éteints depuis longtemps…

Croire aux fantômes est une facilité qui dispense d’apprendre, de connaître et de comprendre les sciences. C’est atterrant.

Le sensationnalisme n’est pas faire de l’information. C’est journalistiquement antidéontologique.

Monter un canular et tromper les journalistes, c’est facile. Un canular est d’autant plus facile et durable tant que des scientifiques n’auront pas été consultés. Quand les scientifiques auront débunké (démystifié) le canular, les médias présenteront-ils leurs excuses pour le manque de recul critique ? Informer n’est pas seulement relayer l’information, mais surtout évaluer objectivement celle-ci.

Si des «experts» prétendent avoir trouvé des explications scientifiques pour légitimer le paranormal et le présenter comme une réalité, alors je les incite à présenter leurs conclusions à James Randi (http://fr.wikipedia.org/wiki/James_Randi).    🙂

Deux messages postés sur le site :

lozere

Informer, selon moi, c’est diffuser des connaissances objectives.

Informer, ce n’est pas vendre des salades, et ça ne sert à rien puisque c’est déjà fait par les astrologues et les gourous…

L’un des commentaires fait par un internaute sur le site 20minutes.fr est intéressant :

mazal

Un autre commentaire (entre guillemets) est, lui aussi, intéressant :

«Une résistance de terre élevée (c’est-à-dire 600 ohms au lieu de 50 ou 60) est une aberration en terme de sécurité car vous risquez l’électrisation ou l’électrocution au cas ou un appareil électrique est défectueux.»

J’ai réalisé une expérience : avec un ohm-mètre, j’ai mesuré la résistance électrique moyenne entre mes deux mains. Comme j’ai les mains sèches, j’ai mesuré une résistance de 5 mégaohms (5 millions de ohms). C’est bien plus élevé que les 600 ohms de la maison «hantée»… Cela veut-il dire que je suis un puissant médium, les puissances du Mal, l’Oeil maudit de Sauron, Belphégor ou Voldemort ? Non, pas du tout. Une résistance de 5 mégaohms signifie seulement que mon corps est un très mauvais conducteur de l’électricité. Comme la tension électrique moyenne entre mes mains est de 0,08 V, on en déduit d’après la résistance que l’intensité électrique moyenne entre mes mains est de 0,016 microampère (ce qui est très faible).

  • À mon avis, les plaisantins n’ont pas voulu attendre le 1er avril prochain (dans une semaine), peut-être pour rendre les internautes moins méfiants, pour lancer ce canular. Tsss…

  • Le matin du 30 mars 2013, je constate la disparition de l’article de Yahoo News sur la maison hantée en Lozère…

© 2013 John Philip C. Manson

Retour vers le débat sur le nucléaire, via Newsring

Retour vers le débat sur le nucléaire, via Newsring

Newsring-nucleaire

Comme les écologistes, j’admets pleinement que les déchets nucléaires posent un vrai problème sérieux. J’admets aussi pleinement que la sécurité des centrales nucléaires est faillible, comme n’importe quelle infrastructure. Rien n’est parfait. L’autre jour, une météorite de 45 mètres et de 130000 tonnes a frôlé la Terre à une distance de 27600 km. Si cet astre s’était écrasé sur Terre avec une vitesse de 7,8 km/s, il aurait libéré une énergie équivalente à environ une mégatonne, soit environ 67 fois la puissance de l’horrible bombe d’Hiroshima. Les dégâts auraient été terribles sur une grande agglomération habitée… Mais les conséquences seraient encore pires si la météorite percutait une centrale nucléaire. Le risque zéro n’existe pas.

Ensuite, en ce qui concerne les solutions qui cherchent à remplacer le nucléaire, elles présentent des risques nettement moindres. Mais elles présentent elles aussi des inconvénients que l’on ne peut pas se permettre de négliger. Pour en savoir plus, regarder le documentaire vidéo de la chaîne TV France2 via mon article ici :  https://jpcmanson.wordpress.com/2013/02/09/energies-vertes-lenvers-du-decor/

Pour la transition énergétique, il faut nécessairement des solutions réalistes et rationnelles.

  • Éoliennes et panneaux solaires ? Oui, mais inefficaces sans les énergies d’appoint (centrales thermiques). Le charbon a malheureusement de l’avenir. À ce jour, le meilleur moyen de lutter contre les émissions de CO2, c’est le nucléaire. Renoncer au nucléaire et aux énergies fossiles, ce serait renoncer tout simplement à l’énergie, mais on ne peut pas faire cela. Mais développer à l’extrême les énergies renouvelables aurait un coût impossible à gérer dans le contexte de la crise économique actuelle. Bref, il s’agit d’une problématique complexe. Pour commencer, on devrait s’efforcer de lutter fermement contre la déforestation dans le monde : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/24/courte-analyse-dun-article-dun-magazine-de-2007/   dont je reprends mes arguments ici : «13 millions d’hectares de forêts disparaissent sans être remplacées chaque année sur Terre. Sachant que 100 hectares sont équivalents à 1 km², alors 130 000 km² de forêts disparaissent dans le monde sans être remplacées chaque année. Oui, chaque année, c’est l’équivalent de la superficie de l’Angleterre qui disparaît en forêts chaque année dans le monde ! C’est aussi équivalent à la disparition d’une forêt de la taille d’un grand terrain de football (120 mètres × 90 mètres) toutes les 3 secondes !!!!!»
  • http://www.leparisien.fr/flash-actualite-economie/charbon-qui-rit-gaz-qui-pleure-la-nouvelle-donne-des-centrales-electriques-22-01-2013-2502701.php

© 2013 John Philip C. Manson

Une erreur de calcul sur l’électricité via M6-Actualités

Le 31 janvier 2013 vers midi, en France, sur la chaîne TV M6 lors du journal présenté par la très jolie Kareen Guiock, l’écran affiche des données quantitatives à propos de la décision du gouvernement afin de réaliser des économies d’électricité.

Combattre la pollution lumineuse, réduire les gaspillages électriques, je suis satisfait de cette décision. Mais cette mesure ne sera toujours pas vraiment appliquée contre les éclairages urbains nocturnes ni même contre les décorations de Noël très voraces en énergie électrique…

Mais le problème que je vais évoquer est tout autre. Ce qui s’est affiché sur l’écran de la chaîne M6 affirmait doctement que les économies réalisées seront de 2000 milliards de watts. Oui, deux mille milliards de watts ! Comme je connais très bien le dossier de l’énergie électrique du réseau français, j’avais immédiatement détecté l’énorme bourde ! En effet, en 2010, la puissance électrique moyenne du réseau français était de 61,5 GW, soit 539 TWh sur une année. Ces 61,5 milliards de watts sont très inférieurs aux 2000 milliards de watts annoncés par M6. Le rapport est de 2000/61,5 = 32,52.

Comme je n’ai pas enregistré ce que j’avais vu à l’écran de M6, alors le 1er février 2013 (donc le lendemain), j’ai recherché des preuves de ce plan énergétique.

Voici le paragraphe litigieux :

milliardsdew

  • 2 térawatts/heure n’a pas de sens en physique. On parle plutôt de térawatt-heure, c’est une multiplication, pas une division. Le kilowatt-heure équivaut à une énergie électrique de 3,6 mégajoules. Mais un watt par heure n’a pas de sens, parce que le watt tout court est déjà lui-même un débit énergétique par unité de temps !
  • 2000 milliards de watts sont équivalents à 2 milliards de kW et égaux à 2 TW, mais pas à 2 TW/h ni même à 2 TWh !
  • 2 TWh par année, c’est vraisemblablement la grandeur physique qui aurait due être utilisée par le journaliste qui a publié l’annonce.
  • 2 TWh/an = 2 milliards de kWh par an = 228 154 kWh par heure, soit 228 154 kW en puissance électrique (équivalent à 228,154 MJ/s).
  • 228,154 MW pour 750 000 foyers est équivalent à 304 W par foyer, donc 2666,67 kWh par foyer et par an (je trouve que c’est peu par rapport à la réalité).
  • Est-ce que M6 dit vrai en parlant des 250 000 tonnes de CO2 ? Sachant que, d’après l’ADEME, que 1 kWh électrique équivaut à 900 g de CO2, alors cela fait 2,4 tonnes de CO2 par foyer et par an pour 304 W par foyer, soit donc 1,8 million de tonnes de CO2 par an pour 2 TWh/an. Ce qui est assez différent des 250 000 tonnes annuelles annoncées…

Petites erreurs ou négligence ? Je ne juge personne. Mais quand on revérifie les chiffres, ça fait peur.

Les journalistes devraient être aidés par des scientifiques, des physiciens et des électriciens. C’est même nécessaire.

© 2013 John Philip C. Manson

Lecture d’un article de monsieur météo (Laurent Cabrol) via NouvelObs

  • Publié autrefois le 21 juillet 2011 dans mon premier blog désormais disparu, cet article est restauré ici le 30 janvier 2013.

Monsieur Cabrol affirme :

  • Depuis 30 ans, la température a augmenté de 0,6% et on se porte toujours bien.

Considérant que la température relative moyenne globale terrestre est de +15°C, alors la variation de 0,6% équivaut à +0,09°C en 30 ans, soit +0,3°C par siècle en moyenne. Sachant que sur les 100 dernières années la variation est de +0,74°C, et si monsieur météo dit vrai, il faut donc conclure à un ralentissement du réchauffement sur les 30 dernières années par rapport aux 100 dernières années.

Mais si l’on considère en terme de température absolue (en thermodynamique), alors 0,6% de 288,15 K (+15°C) équivaut à 1,73°C d’augmentation sur 30 ans, soit 5,76°C sur un siècle (ce qui n’est pas le cas, donc monsieur météo parlait en degrés Celsius et pas en kelvins).

Monsieur météo a dit aussi :

  • Grâce à l’énergie nucléaire, on peut se targuer d’être le pays le plus propre.

C’est exact, la France est à un haut niveau technologique dans le nucléaire,la France est un pays de spécialistes dans ce domaine. De plus, l’uranium ne produit aucune molécule de CO2 ni de méthane. Cependant, le refroidissement contrôlé des réacteurs nucléaires nécessite de l’eau, laquelle est libérée sous forme de vapeur (la chaleur du réacteur étant retransmise dans l’eau froide qui change d’état physique). La vapeur d’eau est un gaz à effet de serre, mais la Terre s’autorégule : l’eau peut condenser en nuages et pleuvoir, et le CO2 est heureusement biodégradable bien qu’il s’accumule peu à peu dans l’air plus vite qui ne soit absorbé. En outre, si le nucléaire est relativement «propre», il produit cependant des déchets nucléaires et leur stockage présente un gros problème… En matière d’économie, le nucléaire est une nécessité pour la survie économique, il est irréaliste de vouloir sortir du nucléaire. (voir ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/04/24/lenergie-en-allemagne-dont-le-nucleaire/)

Monsieur météo a dit aussi :

  • L’écologie est une science.

Oui, l’écologie est une science et elle devrait se présenter comme telle. À ne pas confondre avec l’écologisme politique qui, lui, est une idéologie dont le but n’est pas la connaissance ni le recul critique mais le pouvoir et l’embrumage des esprits.

Monsieur météo a dit :

  • On nous parle régulièrement  de la disparition des îles Maldives censées être englouties sous les eaux à cause du réchauffement climatique en 1999.

Oui, les Maldives sont victimes d’inondations mais pas forcément à cause de la dilatation thermique de l’eau océanique ou à cause de la fonte des glaciers. Les Maldives sont inondées depuis toujours par les cyclones, c’est naturel et normal, c’est leur climat qui est ainsi (depuis même bien avant l’apparition de l’Homme).

Monsieur météo a dit aussi :

  • En l’an 1000 il y a eu un réchauffement climatique.

Oui, c’est l’optimum médiéval. Il y a eu aussi un réchauffement brutal de 10°C en moins de 10 ans il y a 14700 ans, lors de la période dite du Dryas récent. (lire plutôt ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/30/remarques-sur-le-rechauffement-climatique-et-la-problematique-de-la-scientificite/)

Après la fin de l’article, le commentaire de monsieur Jean-Pierre Bardinet est tout-à-fait pertinent.

Les données à propos des propriétés des gaz à effet de serre sont contradictoires (https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/05/de-combien-de-fois-le-methane-est-un-gaz-a-effet-de-serre-plus-puissant-que-le-co2/) et cela a pour conséquence une grande incertitude d’une part sur ces données quantitatives et d’autre part sur les prédictions climatiques faites sur la base de ces données incertaines. J’ai constaté que les sites du web recopient entre eux les grandeurs quantitatives physiques sur les gaz à effet de serre sans vérifier leur authenticité empirique.

Texte intéressant ici dont voici ci-dessous des caractéristiques à évoquer :

  1. il n’existe pas de lois physiques communes au phénomène de réchauffement dans des maisons de verre et aux effets de serre atmosphériques fictifs;
  2. il n’existe pas de calcul qui détermine une température moyenne de la surface d’une planète;
  3. la différence de 33 °C souvent mentionnée est un nombre sans signification calculé de manière erronée;

1). En effet, le lien entre une maison en verre et le réchauffement de certains gaz est une analogie, ce n’est pas exactement le même phénomène.

2). La notion de température moyenne n’a pas de sens : une simulation informatique montre que la moyenne globale de températures locales n’a pas de sens en thermodynamique, et compte tenu de l’amplitude thermique propre à chaque région du globe, la moyenne doit comporter aussi une marge d’erreur due à un « bruit de fond ». La prédiction climatologique a un comportement chaotique à moyen terme, à cause duquel les prédictions sont impossibles, l’incertitude devenant supérieure à la grandeur à évaluer. Il n’existe pas de prédictibilité globale de la température moyenne s’il n’existe pas de prédictibilité régionale. Une autre incertitude vient renforcer l’incertitude chaotique : il s’agit des données contradictoires concernant le méthane, dont plusieurs sources affirment qu’il est 20, 23, 25 ou 56, jusqu’à 75 fois plus puissant que le CO2 comme gaz à effet de serre (https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/05/de-combien-de-fois-le-methane-est-un-gaz-a-effet-de-serre-plus-puissant-que-le-co2/). Cette incertitude rend les phénomènes imprédictibles.

3). Affirmer que la température moyenne globale serait de -18°C au lieu de 15°C s’il n’y avait pas de CO2 est seulement une hypothèse : aucune expérience n’a été faite à ce sujet, et ces -18°C sont issus d’un calcul discutable. Selon la loi d’Arrhenius, une température globale de -18°C correspond à une concentration en CO2 d’environ 0,23 milliardième de ppm. Mais avec une concentration en CO2 nulle, la température globale tend vers le zéro absolu ce qui n’est pas crédible. Pour les très faibles concentrations en gaz à effet de serre, la loi d’Arrhenius est invalide. Ainsi, d’où provient cette valeur de -18°C ?

Le rôle des océans, celui des nuages et celui des aérosols dans le climat global sont suffisamment méconnus pour entraîner des incertitudes qui font que les prédictions ne peuvent pas être fiables. Peut-on modéliser vraiment le climat ?
© 2011-2012-2013 John Philip C. Manson

Le bois ou l’électricité : lequel est le plus économique comme moyen de chauffage ?

Le bois ou l’électricité : lequel est le plus économique comme moyen de chauffage en France métropolitaine ?

Voila, c’est la question que je me pose après avoir regardé un reportage dans le JT de TF1 de 13 heures le 22 janvier 2013. En effet, un citoyen prétendait devant la caméra de TF1 que le chauffage au bois lui revenait moins cher que l’électricité. Cette affirmation est scientifiquement vérifiable.

Voici mes données :

  • Le prix TTC moyen de l’électricité française métropolitaine (dont origine 74% à 81% d’énergie nucléaire) est de 0,09 € par kWh.
  • Le bois produit 15 MJ en moyenne par kg de bois. Une stère de bois à 15% d’humidité a une densité entre 0,5 et 0,7 par rapport à l’eau, donc sachant qu’une stère de bois (1 m³) coûte entre 55 et 100 € et qu’une stère pèse environ 600 kg plus ou moins 100 kg, alors en moyenne le prix du bois est de 0,09 € à 0,17 € par kg (selon les régions). Donc cela fait 15 MJ pour 0,09 à 0,17 €. Et 15 MJ est équivalent à  4,17 kWh.

Ce qui nous donne cette info : 4,17 kWh libérés par 1 kg de bois pour 0,09 à 0,17 €. Cela correspond en moyenne à entre 2 centimes d’euro et 4 centime d’euro par kWh de chauffage au bois. Au pire, le prix maximum du chauffage au bois est de l’ordre de 4,7 centime d’euro par kWh.

Quantitativement, en France métropolitaine, le chauffage au bois est environ moitié moins cher que l’électricité. Je ne m’attendais pas du tout à ce résultat. Mon hypothèse de départ était que l’électricité était moins chère (par unité d’énergie calorifique) que le bois, mais mon hypothèse vient d’être réfutée. Les faits ont tranché.

Donc, en conclusion, le reportage du JT de TF1 disait vrai.

  • Autre info à connaître : l’électricité issue des énergies renouvelables (éolien et photovoltaïque) revient plus cher que l’électricité ayant une origine pour trois quarts d’énergie nucléaire.

 

© 2013 John Philip C. Manson