Médiumnité et ampoules électriques grillées

Supposons une émission télévisée avec un animateur populaire qui met un scène un « puissant médium » qui se prétend capable de griller par télékinésie les ampoules électriques à distance.

Supposons qu’il y ait un million de téléspectateurs qui regardent l’émission, ou plutôt 1 million de domiciles, et que dans chaque domicile il y ait en moyenne 16 ampoules électriques. L’émission est diffusée lors du début du crépuscule, au soir, pendant une durée de 2 heures.

Le médium se concentre (ou feint de se concentrer) sur sa capacité à agir à distance sur des ampoules électriques, prétendument par télékinésie. Soudain au cours de l’émission, le standard téléphonique explose : des milliers d’appels préviennent sur des phénomènes de grillage d’ampoules chez eux. Le médium a t-il donc un mystérieux pouvoir ?

Non ! Le hasard seul peut expliquer cela. Et le médium profite de ce hasard pour détourner l’attention des crédules.

En fait, le grillage des ampoules électriques c’est juste un problème statistique. Une ampoule électrique a une durée de vie limitée (vie de 1000 heures, donc probabilité de grillage de 1 sur 1000 lors de l’heure qui vient, soit une probabilité de 1 sur 501 environ pour qu’une ampoule qui dans un délai de 2 heures). Toutes les ampoules grillent naturellement, par usure normale. Ce qui fait que lorsqu’un charlatan prétend, lors d’une émission télévisée de grande audience, pouvoir faire griller des ampoules à distance juste en se concentrant pendant quelques instants, les quelques instants en question sont suffisants pour que sur le million de téléspectateurs regardant ladite émission, il y en aura 16 x 1000000 x (1/501) = presque 32000 qui verront en effet au moins une ampoule griller chez eux au moment d’allumer la lumière pendant le crépuscule.

Ensuite, les biais humains en matière d’expérimentation (crédulité, généralisation d’un exemple personnel, égoïsme et importance d’un cas personnel, et le fait qu’on ne retient que les exemples marquants) font le reste. Ainsi, ces 32000 personnes environ téléphonent toutes (ou presque) au même moment au standard téléphonique de l’émission qui est littéralement saturé : le charlatan devient crédible. Avec n’importe quel autre phénomène paranormal revendiqué, on peut réaliser n’importe quel autre trucage similaire. Dans la magie, il y a toujours un truc.

La crédulité n’engage que ceux qui se font fait piéger. Ce sont les pigeons qui entretiennent le charlatanisme et le business des escrocs.

Maintenant, voici un témoignage : http://forum.doctissimo.fr/psychologie/Paranormal/ampoules-grillees-semaine-sujet_15936_1.htm Une personne se dit troublée par ces coïncidences d’ampoules grillées les unes après les autres. Là encore, cela n’est qu’un phénomène statistique. Quand une maison possède 16 ampoules électriques, la probabilité de grillage d’une ampoule parmi les 16 est de 1-(1-(1/1000))^16 = 1 chance sur 63 dans un délai d’une heure. Il y a alors 1 chance sur 2 pour qu’au cours des prochaines 43 heures il y ait une ampoule parmi 16 qui grille. Au-delà de 197 heures d’utilisation des 16 ampoules, le grillage d’une ampoule devient probable à 95%. Et alors, en moyenne, parmi 16 ampoules en fonctionnement, on en remplace une toutes les 66 heures. Le délai n’est compté qu’à partir de l’instant où ces ampoules sont allumées. Quand on ne les allume pas, il n’y a pas d’usure. Bref, le grillage des ampoules électriques est statistique, ce n’est certainement pas une affaire de paranormal ni de psychologie (sauf quand on est aveuglément crédule à fond, ce qui peut être considéré soit comme une maladie mentale préoccupante, ou comme une grave paresse intellectuelle). Où est la liberté des personnes si celles-ci sont aveuglément crédules et croient absolument n’importe quoi ? Je pense que l’éducation et le recul critique doivent impérativement être un devoir. Un devoir qui garantit vraiment les libertés. Il n’y a pas de vraie liberté dans la croyance aveugle. S’informer est nécessaire.

Il faut toujours se méfier quand le hasard est caché, oublié ou nié par un charlatan ou un idéologue, comme dans le cas du créationnisme par exemple.

La science compare souvent un phénomène présumé avec le hasard, on essaie de voir alors si le phénomène se démarque significativement du hasard afin de juger de la crédibilité du phénomène. Mais à partir du moment duquel le hasard est oublié ou rejeté, on ne peut plus faire de comparaisons, et c’est la porte ouvertes aux impostures.

Cessons d’alimenter le business des charlatans, en doutant.

Publicités

Enseignement : les sciences malmenées

 

Résumé du premier lien ci-dessus :

Environ 50 % des élèves de l’école primaire ont fait un peu de science avant d’entrer en classe de sixième. Ce qui veut dire en creux qu’un nouveau collégien sur deux, sauf à l’avoir appris en dehors de l’école, n’a aucune idée de la place de la Terre dans l’univers, ignore que le berceau de l’humanité se trouve quelque part en Afrique et serait bien en peine d’expliquer en quoi consiste cet énigmatique « effet de serre ».

 

 

  • « Savoir lire, écrire et compter est indispensable mais ne suffit pas. L’école doit aussi apprendre aux enfants, dès le plus jeune âge, à raisonner. »  (Pierre Léna)
  • « […] la mathématique est la première discipline à souffrir en cas de dégradation du système éducatif » (Cédric Villani)

N’importe quoi…

Journée spéciale que celle d’aujourd’hui, ce premier avril.

Oh putain… De l’empathie pour rééquilibrer le climat global ? La théorie Gaïa ? L’hormone du bien-être ? Fumer de l’herbe aussi pendant qu’on y est ? C’est une idéologie, une religion, ce n’est plus de la science. C’est n’importe quoi… Le pire serait d’entendre annoncer que ce n’était pas un poisson d’avril… Mais j’en ai déjà vu, des dérives, grosses comme des couleuvres…

Flash back sur tout ce que j’ai analysé depuis 2007 : les inexactitudes, les erreurs, les omissions, les contre-vérités et autres mystifications que j’ai dénoncées, ce sont des choses qui n’arrivent pas spécialement le premier avril, ça arrive tous les jours. Des âneries auxquelles presque tout le monde croient, par manque de recul critique… Selon moi, des poissons d’avril, j’en vois pratiquement toute l’année ; le monde scientifique et connexe, notamment à travers le journalisme approximatif concernant les thèmes scientifiques, c’est un éternel bêtisier.

À partir de la fin de ce mois, avril/mai 2014, mon blog verra son activité suspendue ou très ralentie. C’est prévu depuis plus d’un an, et je l’avais annoncé fin décembre dernier. Mon projet professionnel qui est en train de se mettre en place va occuper tout mon temps libre. Mon activité de blogueur depuis avril 2007 m’a apporté autant de plaisir que de prise de tête… Un «au revoir» ou un adieu, je ne tranche pas quelle issue ce sera. Je me dis que le temps est venu de s’occuper l’esprit à d’autres choses. Mon métier sur le point de commencer portera sur du concret au service des gens qui le veulent, tandis que mon blog actuel était un loisir dans lequel j’ai souvent pensé que je perdais mon temps auprès de gens inintéressés.

Peut-on convaincre tout le monde à faire l’effort d’esprit critique ? Ou la vraie question serait-elle plutôt : pourquoi laisse t-on entretenir la crédulité, l’ignorance et la déraison malgré la modernité des moyens efficaces dont nous disposons actuellement (écoles, internet, bibliothèques publiques…) ? Je pense que l’éducation traverse une crise. Il faut encourager les activités extrascolaires qui forment à l’éveil critique. Bon sang ! La France n’a pas vocation à engendrer des générations de moutons… Enfin, peut-être… C’est inquiétant. L’avenir est vraiment inquiétant. Je ne crois pas que l’on doit rester indifférents quand un élève sur 5 présente un problème d’illettrisme au collège à notre époque. Pas seulement l’illettrisme, mais aussi les difficultés dans les maths, même les règles élémentaires de calcul. Je constate personnellement une différence préoccupante entre les cahiers d’élèves d’il y a 25 ou 30 années et les cahiers des élèves actuels. Il existe un réel problème. On ne devrait pas gâcher la scolarité des jeunes, sinon ça peut avoir des répercussions sur leur avenir. Quel avenir ? Il ne faut pas compter sur les institutions de l’État, l’avenir il faut le construire soi-même dans cette Europe en crise. C’est le bordel avec ce siècle qui commençait à peine… Mieux vaut bien avoir les nerfs solides à notre époque vérolée par les charlatans et les petits chefs sadiques qui font pression contre leurs employés. Après l’euphorie des Années Folles dans les années 1920, maintenant l’aliénation avec les Années connes ? «Le changement c’est maintenant», il paraît. Mieux vaut compter sur vous-mêmes que sur l’espoir des promesses et des réformes pendant que vous êtes rackettés de partout. Par exemple, l’écotaxe, puis la réforme qui visait à supprimer le statut des auto-entrepreneurs, ça a failli devenir une catastrophe, mais on n’est pas complètement tirés d’affaire, et en plus les partis politiques derrière les politicards candidats aux récentes élections municipales ont même cru que le peuple allait leur dire «merci» ??? Les défaites subies par certains étaient prévisibles, le ras-le-bol dure depuis longtemps. D’où le vote-sanction par les citoyens désabusés. Les entreprises françaises (TPE, PME, AE) ont beaucoup de mal à s’installer et se développer, elles sont accablées de charges et de taxes. Le danger est l’ascension d’un certain parti aux idées très nationales… Ça va de mal en pis…

La question à se poser : comment construire l’avenir sans se faire rouler dans la farine ? L’esprit critique ne doit pas servir que pour les sciences, mais à la politique aussi. Les sciences (et l’éducation en général), la politique et le marché économique, ce sont des points vitaux de la société. Le sectarisme entretenant l’ignorance et l’obéissance des peuples, la dictature politique, une crise économique mondiale majeure, voila des choses auxquelles on doit faire de la prévention. Mieux vaut prévenir que guérir. Car quand le mal est là, il n’est pas toujours possible de se sortir du merdier…

Il faut faire confiance à la jeunesse, leur livrer un enseignement qui supplée celui de l’école faillible, et donner aux jeunes la possibilité de se rendre intellectuellement indépendants et curieux d’esprit. C’est ne pas avoir d’avenir quand la jeunesse reste sans soutien, sans confiance, sans culture… Je ne me limite pas aux professions libérales mais à tous les corps de métiers, il faut aussi valoriser les métiers manuels. On ne construit l’avenir qu’avec des moyens et surtout un investissement de soi, et c’est pourquoi il est vital de susciter des vocations scientifiques lorsque l’on sait qu’en France les effectifs universitaires dans le domaine des sciences a diminué de moitié depuis les 20 dernières années.

Quand mon blog s’arrêtera, il sera vite oublié. Ce sera comme si je n’avais rien dit. Je ne me fais aucune illusion. Moi, je m’en fous de la popularité, ce n’est pas mon truc, je déteste même ça. J’ai juste montré une voie d’investigation qui se distingue de la lecture crédule des informations à travers les divers médias. Le journalisme, quand celui-ci se mêle de sujets compliqués comme les sciences, se mêle souvent les pinceaux. J’ai montré que les infos à connotation scientifique sont souvent biaisées. Depuis les années 90, et notamment avec l’essor d’internet, la vulgarisation scientifique est à recadrer et à replacer dans son contexte. Il fallait montrer cette réalité, pour tenter de provoquer un déclic chez autrui. Je ne sais pas si j’ai pu convaincre des personnes qui étaient crédules jusqu’à présent, mais j’entre dans une période où je dois faire autre chose. Je n’ai aucun regret dans ce changement.

 

© 2014 John Philip C. Manson

 

 

P.S. :  Ça fait chier ce changement d’heure pour passer à l’heure d’été, tout le monde râle à ce sujet, où est la démocratie dans cette mode inutile et complètement injustifiée que les oligarches nous imposent ?

Apprendre à écrire, une option ?

  • Aux États-Unis,  la question a déjà été tranchée : d’ici 2014, l’écriture manuscrite sera un enseignement optionnel dans 45 États américains. À la place, sera privilégié l’apprentissage de … Word.

option

Apprendre à écrire, une option ? Si ça continue, ce sera l’école qui ne sera plus qu’une option…

À travers le monde, on fabrique des générations de moutons, et on dirait que cela a été voulu… C’est grave.
La lecture, l’écriture, le calcul et l’esprit critique sont les bases nécessaires pour que les individus se construisent.

L’écriture est le prolongement de la pensée. Réduire l’écriture à une option c’est attaquer et mépriser la pensée.

En France, l’illettrisme des jeunes est un fléau :

Un de mes contacts sur Google Plus m’annonce qu’il paraît (source non vérifiée) que les jeunes en classe de troisième en France n’ont que 500 mots de vocabulaire. Ce contact ne m’a pas indiqué quelle était la source. Cependant, une recherche sur Google m’a conduit à cet article : http://www.lien-social.com/spip.php?article3200&id_groupe=4

L’enrichissement du vocabulaire se produit par la lecture régulière des dictionnaires, des encyclopédies, voire des romans. Dans ma jeunesse, mon vocabulaire était moins diversifié, et la lecture de dictionnaires et d’encyclopédies a enrichi mon vocabulaire. Je connais actuellement environ 35 000 mots dans la langue française. Au niveau de l’orthographe et de la grammaire, je suis très rigoureux avec moi-même. Un vocabulaire riche permet de comprendre beaucoup de choses. Un vocabulaire pauvre entraîne la confusion.

Savoir lire et écrire est une base nécessaire et indispensable. Savoir prononcer ce qu’on lit, c’est une aptitude phonétique, mais le danger sous-jacent dans l’apprentissage de la lecture, c’est de ne pas associer un sens, une signification, sur les mots lus. Lors de mes premières années d’acquisition de la lecture, je savais bien lire ce qui était écrit (dès l’âge de 5 ans), mais j’avais des difficultés à me représenter mentalement en fonction des mots lus, des difficultés pour visualiser le contexte représenté par les mots. Surtout, il m’arrivait de ne pas comprendre parfois le sens de ce que je lisais. Avec ça, une demi-surdité n’arrange pas les choses. Tout s’est très nettement amélioré depuis qu’on m’avait recommandé de lire attentivement un dictionnaire, ça sert à quelque chose, les dictionnaires. Mon vocabulaire s’est donc enrichi. Il ne faut guère croire qu’un but sera atteint, ce serait une illusion de croire que l’on sait tous les mots, qu’on les comprend tous. On peut donc atteindre un bon niveau de vocabulaire, sans se sentir obligé d’être du niveau suprême d’un académicien des Lettres. Apprendre c’est sans fin, on en apprend tous les jours, au gré des lectures. Pareil pour apprendre le vocabulaire anglais.

Quand j’ai créé mon premier blog en 2007, mes mots dactylographiés de manière assez prolifique ont façonné mon style de rédaction. C’est mon écriture qui a fait de moi le blogueur que je suis actuellement. J’écris vite sur clavier, mais j’écris toujours sur papier aussi, surtout pour des calculs et des équations. Écrire est une nécessité. Écrire, c’est s’exprimer, c’est vivre. Sinon, on n’est rien.

Aristote disait : «La science commence avec l’étonnement.»  Il disait vrai. Moi aussi, la science m’étonne à travers les nouvelles découvertes (actualité récente : les résultats du satellite Planck). J’atteste aussi avoir été étonné en lisant des dictionnaires, car parfois on fait des trouvailles, on en apprend tous les jours.

Il faut savoir écrire pour être un esprit libre et éclairé.

Qui trouve un intérêt à plonger nos générations futures dans l’illettrisme et l’ignorance ? À qui cela profite t-il ?… Bon, on ouvre une enquête, saperlipopette ?

La décision de transformer la nécessité de l’apprentissage de la lecture en une simple option, ça ressemble dangereusement à une forme de centralisation du pouvoir en attaquant un socle fondamental : l’éducation. Ainsi, cela s’apparente à un meilleur contrôle via une nouvelle forme de censure. En effet, maintenant on ne ferme plus les sites web pour censurer les gens, le pouvoir (qui ?) s’en prend à l’éducation elle-même pour bâillonner le peuple dès sa plus tendre enfance !  Qui a intérêt à bêtifier les citoyens ? C’est une dérive dangereuse et absurde, elle nuit à la force économique des pays eux-mêmes ! Un pays qui sacrifie l’éducation de ses enfants, c’est un pays qui se tire une balle dans le pied ! Keep it up, America, and China will eat you… It’s already done. Made in China, everything is made in China everyday. 中國製造   中國製造  …

Un américain sur deux pour la tranche 18-24 ans est incapable de situer New York City sur une carte, peut-être parce que l’Histoire elle aussi est devenue optionnelle…

Il faut sauver le système éducatif, et surtout le réformer en profondeur.

Ce n’est pas la technologie qui écrira/pensera/comptera à notre place. L’invasion de la technologie a réduit les vrais contacts humains. Le virtuel peut être mauvais. Copier/coller le web pour faire ses devoirs, c’est très répandu maintenant, les jeunes ne prennent plus l’effort de réfléchir eux-mêmes, ils postent leur devoir de maths sur Yahoo Questions/Réponses par exemple, et attendent les réponses. La technologie mal utilisée ne rend absolument pas service aux jeunes. Proposer la technologie pour remplacer l’écriture manuelle, ça ne résout pas les problèmes scolaires. Lire, écrire, compter doivent servir (avec l’esprit critique) à penser et à agir.

La technologie ne doit pas remplacer la pensée, mais la suppléer sans pour autant rejeter les méthodes traditionnelles qui fonctionnent. Puis pourquoi choisir Word (payant) plutôt que choisir Open Office (gratuit et de qualité équivalente) ?

  • Voici une lettre de demande de renseignement reçue par un entrepreneur. L’auteur de la lettre est une élève de Terminale littéraire.

TL

Les fautes de français ont été soulignées en rouge. Elle est belle, la section littéraire au lycée…

Citations

  • «La plupart des gens préféreraient mourir que de réfléchir. C’est ce qu’ils font d’ailleurs.»  (Bertrand Russell)
  • Les hommes naissent ignorants et non stupides. C’est l’éducation qui les rend stupides.    (Bertrand Russell)
  • «Qui sait lire et écrire a quatre yeux.»   (proverbe albanais)
  • «L’apprentissage de la logique, de l’analyse, la pratique de la raison, la recherche de documents, l’expression sont-ils favorisés par les nouveaux médias ?»   (Joël de Rosnay, docteur ès sciences)
  • «Peut-on apprendre réellement avec la télévision et Internet ?»    (Joël de Rosnay)
  • «La pratique du zapping procure au téléspectateur l’illusion de la sélection consciente, alors qu’il ne répond souvent qu’à des réflexes immédiats d’ennui passager.»    (Joël de Rosnay)
  • «Dans la vie, rien n’est à craindre, tout est à comprendre.»   (Marie Curie)
  • «Qui pense peu, se trompe beaucoup.»     (Léonard de Vinci)
  • «L’oisiveté est comme la rouille ; elle use plus que le travail.»   (Benjamin Franklin)

© 2013 John Philip C. Manson

Les jeux dangereux d’autrefois

  • Publié à l’origine le 21 novembre 2011 dans mon ancien blog désormais disparu, cet article est restauré ici le 29 janvier 2013.
  • Le texte a été modifié lors de sa republication.

D’après l’article : http://fr.news.yahoo.com/images-jouets-vintage-particuli%C3%A8rement-dangereux-170902163.html

Les kits, au début du XXe siècle, étaient des jeux de bricolage complexes qui sont aujourd’hui considérés comme dangereux… Comme par exemple un kit pour le soufflage du verre, et un kit pour couler du plomb pour mouler des soldats de plomb, ainsi qu’un coffret contenant une scie circulaire.

Autrefois, les jeunes étaient probablement plus responsables que les gamins actuels. Les jeux d’antan étaient l’objet d’une surveillance attentive et responsable des parents eux-mêmes.

Le zèle sécuritaire a conduit à supprimer toute la subtilité des jeux dont le but était de forger des vocations pour des métiers, pour former les jeunes à une vie adulte.

Maintenant, avec l’invasion des objets chinois à travers des jouets de plus en plus infantilisants, la jeunesse ne bricole plus, et s’adonne préférentiellement aux mondes virtuels qui ne font pas de mal (du moins en apparence). Est-ce que les jeux vidéo rendent violents et bêtes ? Je ne le sais pas, je n’ai aucune réponse à ce sujet. Le fond n’est pas de stigmatiser la jeunesse, en portant un jugement sur elle. L’enjeu c’est l’éducation.

La jeunesse n’apprend plus à vivre la vraie vie, coupée des réalités. Mais je n’irai pas jusqu’à généraliser. Les jeunes ne sont pas tous pareils.

La diabolisation des jeux éducatifs et créatifs d’autrefois est quand même une belle hypocrisie, en comparaison de la violence extrême des jeux vidéo de notre époque. La violence, l’apologie du crime, ça a remplacé la créativité, la responsabilité, ça a remplacé la maturation vers une vie d’adulte. Les jeux actuels sont parfois malsains ou infantilisants, c’est selon. Je vois dans les jeux d’autrefois une façon ludique d’apprendre utilement un métier.
Est-ce que c’est parce que la mentalité de la plupart des jeunes a mal évolué que les jeux sont devenus de plus en plus aseptisés ? Ou est-ce l’évolution même des jeux qui a transformé la mentalité d’une partie de la jeunesse, que certains veulent voir de plus en plus infantilisée avec par exemple des conneries comme des docu-fictions sur la fin du monde sur Youtube ? Pourquoi donc faire de nos enfants des moutons crédules et imbéciles ? À trop protéger la jeunesse et aseptiser l’éducation, on ne fait que fragiliser un système.

Si les bricolages dangereux d’autrefois avaient systématiquement provoqué des accidents tragiques, alors la génération du « baby-boom » aurait due être décimée par ces jeux, et pourtant c’est la génération la plus nombreuse que l’humanité ait connue.

De plus, à l’époque les parents surveillaient leurs enfants, pas comme maintenant où le bien-être des parents (divorce, famille recomposée…) passe avant l’éducation des enfants, une époque actuelle où les gosses se surveillent tout seuls eux-mêmes… Parents démissionnaires et enfants-rois… Pas tout le monde évidemment, mais c’est tendance.

Comme d’habitude, les articles de Yahoo contournent l’essentiel des problèmes, et pose la problématique à l’envers, en ne parlant pas des choses concrètes que je viens de souligner.

Me concernant, j’ai connu l’âge d’or des années 70 avec le Légo, jeu qui a marqué mon enfance. C’est un jeu «Made in Denmark» qui développe la créativité, mais quand on grandit, on a besoin de s’adapter à des choses plus complexes et concrètes. C’est naturellement que je me suis intéressé au jeu Meccano, avec ses objets métalliques. J’ai cependant eu des regrets, car les options avancées du Meccano en font un jeu assez cher, notamment pour les applications électriques auxquelles je n’ai pas pu profiter. J’aurais adoré construire un télégraphe sans fil (TSF) par exemple. Ensuite, je me suis intéressé à la chimie et la biologie mais les kits pour la jeunesse à l’époque étaient déjà soumis à des normes qui ont ôté tout l’essentiel de ce qui fait la chimie, le jeu étant réduit au strict minimum il était alors très incomplet. C’est naturellement que j’ai eu une vocation de chimiste quand j’étais collégien, puis j’ai finalement obtenu un bac technologique de sciences et techniques de laboratoire. À l’époque, ma motivation n’était pas spécifiquement pour des aspirations professionnelles afin de faire de la chimie mon métier, mais pour apprendre et comprendre la chimie à fond, car les jeux éducatifs de mon époque m’ont laissés complètement frustré et insatisfait, j’avais très soif de connaissances. J’avais tenu bon, je voulais comprendre les sciences et j’ai réussi. D’autres, à ma place, nombreux, auraient laissé tombé les sciences depuis longtemps, dès leur enfance, parce que des jeux très limités en applications ne suscitent pas l’intérêt et n’éveillent pas de motivation pour susciter des vocations. Ma motivation avait été mûrie par l’insatisfaction, parce que ma soif provint du fait que je lisais beaucoup ma bibliothèque : les livres de sciences parlaient de trucs concrets, mais la pratique selon moi ça doit compléter nécessairement l’aspect théorique.

Ceux qui ne lisent pas ne peuvent pas ressentir de motivation si les aspects pratiques sont limités et qu’ils ne connaissent pas les aspects théoriques parce qu’ils ne lisent pas.

De nos jours, à l’école, beaucoup apprennent à travers des cours et des livres, mais combien sont ceux qui apprennent régulièrement au moyen d’expériences scientifiques ? Hein ?

Les vrais jeux sont l’apprentissage de la vie, avec ses joies mais aussi ses risques. Si certains veulent offrir des jeux intelligents à leurs enfants, et ceci sans le moindre danger, alors il faut faire des mathématiques : la réflexion pure et la seule activité intellectuelle n’a jamais tué personne.

Le fond du problème avec les jeux, c’est parce que l’on ne prend pas assez de temps pour informer les jeunes sur la limite entre l’amusement et le danger. Il faut passer du temps avec les jeunes. Faire de façon à ce que l’envie de vocation vienne d’eux-mêmes, sans les y contraindre.

De nos jours, l’influence de la technologie, comme le GPS, l’I-phone, la tablette tactile, la console de jeux (et autrefois la célèbre Game-Boy), fait que la jeunesse ne consacre plus de temps à observer et comprendre la Nature.

Autrefois, les jeux ne faisaient pas de démarcation entre enfance/adulte, car les jeux ont un rôle pour l’éducation et les vocations. C’est ainsi que certains dans leur jeunesse ont joué à de vrais jeux éducatifs et ont pris goût au travail en jouant, pour devenir par exemple un habile maître verrier, ou un ouvrier à la fonderie, ou un chimiste par exemple.

Je le dis sérieusement. Avec les jeux actuels devenus infantilisants et immatures, à la limite même de la débilité pour la plupart si l’on y regarde bien, comment la jeunesse peut-elle développer un goût ou une motivation pour un travail et donc avoir un avenir ?
Il suffit de demander aux anciennes générations de ce qu’elles pensent de la jeunesse actuelle : « ils ne sont pas débrouillards, ils ne veulent plus rien foutre, ce sont des bons à rien, ils se droguent, ils s’abrutissent avec les jeux vidéo… » Ça, je ne l’ai pas inventé. C’est un triste constat.

C’est un jugement dur, un jugement offensant qui n’est pas mérité pour la plupart des jeunes. Les jeunes ne sont pas tous comme ça. Les jeunes ne doivent pas être pris pour cibles. Le fond du problème vient de la dégradation du système éducatif et de l’industrie du jeu.
Je voudrais dire une chose : à force de sécuriser les jeux pour protéger les jeunes, ceux-ci chercheront d’autres moyens pour s’amuser dangereusement mais là c’est sans surveillance des parents… Quand il y avait des jeux, au moins les parents savaient qu’il y avait une surveillance responsable à assurer. Maintenant les jeunes trouvent des recettes bien trop dangereuses sur internet sans avoir la moindre idée des risques et sans la moindre connaissance pour réaliser des expériences pyrotechniques. Les jeux d’autrefois étaient encadrés et responsabilisants, eux.

Ce que je trouve très grave à notre époque, c’est la plupart des jeunes qui a tendance à ne plus savoir distinguer le réel du virtuel. Peut-être que les jeunes croient-ils ressusciter comme Super Mario comme dans un jeu vidéo quand une vraie bombe leur aura pété dans la tronche ? Un geek ne se réveille pas le matin, en réalité il respawn. 😀

  • Je peux dire que je connais le degré de danger des substances détonantes, et si j’ai un conseil à donner, c’est qu’il ne faut pas en fabriquer ni les utiliser (d’ailleurs c’est illégal), sinon c’est de la folie pure. La mort ou la mutilation n’est pas un jeu. Autrefois, les jeux pouvaient être dangereux mais ils étaient l’objet de la surveillance parentale. Mais quand la jeunesse découvre une activité dont les dangers dépassent le caractère ludique d’un jeu conventionnel, les parents ne le savent pas forcément. L’interdit est légitime quand il ne s’agit plus d’un jeu, c’est évident.
  • À ceux qui s’intéressent à la chimie ludique, voici la première règle capitale que l’on apprend en laboratoire : en chimie, on opère toujours avec de petites quantités !

Mais lorsque des jeux ont un rôle éducatif de premier ordre, la surprotection sécuritaire est disproportionnée. C’est priver la jeunesse de repères éducatifs. Notre époque signe la mort de la créativité et de l’inventivité.

On arrive à un point où les plus jeunes sont des victimes d’un système démissionnaire qui ne sait plus offrir des solutions d’éveil.
Autrefois, les jeunes découvraient les limites plus tôt. De nos jours, les gamins ont 10 ans de retard, ils ont du mal à comprendre, ne s’intéressent plus à l’école, 20% des jeunes ne savent pas bien écrire à l’entrée au collège…

À quoi ressemblaient les jeux d’autrefois ?

Parmi les jeux d’autrefois, il existait un mini fer à repasser (un vrai) pour petites filles, elles apprenaient à repasser les mouchoirs, et surtout elles apprenaient à faire attention, c’est-à-dire apprendre par soi-même les risques (sous surveillance parentale). De nos jours, une partie de la jeunesse ne sait rien faire et n’apprennent aucune limite entre imaginaire/réalité et danger/sécurité. De nos jours, la playstation remplace le dialogue entre les enfants et les parents. Il y a un réel manque de communication. Est-ce parce qu’on a moins de temps à consacrer aux jeunes ? Pas vraiment. De 60 heures hebdomadaires vers 1900, on a atteint les 35 heures hebdomadaires en France ces dernières années.

Je pense que la nature des jeux utilisés a une influence sur l’avenir des jeunes. En bien ou en mal. Tout dépend du choix que l’on fait.

  • Je vous laisse rechercher quels étaient les jeux utilisés par Richard Feynman (physicien américain, 1918-1988) sachant que c’était des jeux scientifiques. Cet homme devint un brillant scientifique et il eut le prix Nobel de physique en 1965. Il a écrit des livres, ses fameux cours de physique. Son goût pour les sciences viennent de son intérêt pour les jeux qu’il a utilisé dans son enfance, grâce à la bienveillance de son père qui aimait lui-même les sciences.
  • Également je vous laisse rechercher la nature des jeux utilisés par Thomas Edison dans sa jeunesse. Il est devenu un grand inventeur et un habile industriel, il fut passionné par ses projets jusqu’à la fin de sa vie, jusqu’à son dernier souffle.

De nos jours, on a l’impression que faire des expériences scientifiques, pour apprendre, est devenu un interdit pour raisons de sécurité. On a même l’impression que pour certains il s’agit de choses ringardes… Si ça continue dans cette direction, bientôt il faudra demander la permission de s’informer aux ONG totalitaires… Évidemment, comme je l’ai dit plus haut, les explosifs ça dépasse la limite de ce qu’est un jeu. On peut faire de la chimie avec des moyens complexes (autres que les explosions, bien sûr), des moyens ayant leurs propres risques (voire même sans risques), mais sans danger si les conditions de réalisation sont respectées.

  • En ce qui concerne la nature des jeux actuels, je vais examiner la valeur des jeux scientifiques. Par exemple, le jeu «C’est pas sorcier — Les forces de la nature» présente un intérêt ludique sérieux car il se base sur des expériences météo concrètes. Le jeu «C’est pas sorcier — Teste ta vision» permet de réaliser des expériences d’optique, là aussi c’est un jeu sérieux et valide. Les kits actuels de 150 à 200 expériences de chimie, par exemple, peuvent présenter un intérêt ludique satisfaisant. Les jeux sur les énergies alternatives sont intéressants mais ne doivent pas servir à favoriser idéologiquement la diabolisation du nucléaire qui reste une nécessité énergétique majeure. Il serait intéressant de faire comprendre aux jeunes combien il faut réunir en  matériel pour construire des moyens d’énergies renouvelables afin de remplacer le nucléaire, et leur faire prendre conscience si c’est réaliste ou pas. La science commence avant tout par des définitions, notamment les unités d’énergie : le kilowatt-heure, le joule, la calorie ; il faut permettre la comparaison de grandeurs quantitatives, c’est le principe élémentaire de la science. Faire comprendre les bases élémentaires de la thermodynamique est aussi important. La question à se poser, c’est comment remplacer le nucléaire, c’est-à-dire comment faire pour produire autrement les 410 à 540 milliards de kWh annuels qui sont nécessaires pour fournir le réseau électrique, de façon réaliste et fiable ?
  • Mon bilan sur les jeux scientifiques : les jeux basés sur l’émission «C’est pas sorcier» sont parmi les plus intelligents, ils montrent une démarche sincère et honnête d’éducation. Cependant, parmi d’autres jeux, pour les jeunes de 7 ans, l’intrusion de l’idéologie écolo peut présenter des dérives qui doivent alerter la vigilance parentale. Un jeu qui contient un slogan comme «Pour apprendre à économiser l’énergie et à contribuer à la sauvegarde de notre planète» avec des jouets en forme d’éoliennes est une doctrine politique, pas une théorie scientifique. Les jeunes ont droit à une éducation saine permettant leur esprit critique, mais pas à une tentative d’endoctrinement politique. C’est aujourd’hui ce 21 novembre 2011 que je découvre par hasard l’intrusion de l’écologisme même parmi les jeux éducatifs, décidément ils appliquent tous les moyens pour prendre le pouvoir… En allant jusqu’à embrigader la jeunesse… Parfois, des enfants de 4 ans sont initiés à un hold up au moyen d’un jouet : http://fr.news.yahoo.com/bo%C3%AEte-jeu-playmobil-repr%C3%A9sentant-braquage-banque-fait-pol%C3%A9mique-123309159.html  Les jouets ont perdu leur rôle éducatif. Les fabricants de jouets sont responsables, mais les parents acheteurs eux aussi. Dans une marque de jouets, il y a du bon comme du mauvais, et mieux vaut retenir les jeux dont la finalité soit intelligente et constructive.
  • Dans ce site : http://www.sciencepresse.qc.ca/blogue/2011/11/15/discutez-nos-experts-quand-science-devient-jeu-video  je découvre une vulgarisation des sciences par l’intermédiaire des jeux vidéo. Jusqu’à une certaine limite, le concept est intéressant, mais je pense qu’il ne doit pas remplacer ce qu’est vraiment la science : l’expérimentation scientifique, à travers l’expérience directe du réel. La remise en question du fait que «la science est une affaire de blouses blanches enfermées dans un laboratoire» ne doit pas conduire à une redéfinition moins objective de la méthode scientifique. Pour ma part, j’estime que les expériences scientifiques sont loin d’être ennuyeuses et présentent un intérêt autant qu’un plaisir, surtout lorsqu’on essaie de réfuter des hypothèses en recherchant des contre-exemples sous forme de preuves expérimentales. Je considère que si les jeux vidéo peuvent sensibiliser les jeunes à s’intéresser aux sciences, et peut-être à créer des vocations, mais il ne faut pas que ce support remplace la science sinon ce serait trahir la méthode scientifique. Faire de la science c’est activement mettre la «main à la pâte», la science est l’action sur le terrain, la science n’est plus de la science si elle est réduite et simplifiée par des moyens de substitution. Si la vulgarisation scientifique se présente sous diverses facettes, par la presse ou par le jeu par exemple, il serait intéressant d’aller plus loin, en comparant des méthodes d’exploration du réel entre elles dont la méthode scientifique : les jeunes doivent aussi connaître et apprendre par eux-mêmes la valeur des critères épistémologiques qui sont le fondement de la science moderne, pour moi c’est quelque chose de très important à notre époque soumise à diverses influences qui brident abusivement l’esprit critique quotidiennement. Pour moi, il est clair que la méthode scientifique et l’expérimentation peuvent être un jeu, et c’est un jeu sérieux et utile. Mais de là à ce que des jeux vidéo prennent le risque de remplacer l’expérimentation directe, il peut y avoir un danger idéologique et conceptuel si la simulation s’éloigne peu à peu de la méthode scientifique et de la réalité…
  • « Si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle.  »  (Noam Chomsky)

© 2011-2013 John Philip Manson

Nicolas Dupont-Aignan et la science

Le candidat Dupont-Aignan se prononce en faveur de la science et ses arguments ont suscité chez moi un vif intérêt.

En effet, il déclare vouloir revaloriser le métier de chercheur, il dit aussi s’entourer de chercheurs et d’enseignants afin de pouvoir prendre une décision en matière de science (je ne sais pas si les autres candidats le font, eux). Il propose aussi qu’on n’utilise pas les ressources alimentaires pour les transformer en ressources énergétiques au détriment des populations.

Dans le paragraphe «Éducation et culture scientifique», c’est là que c’est intéressant, il dit que c’est important que chacun puisse “accéder au savoir qui rend libre”, il veut revaloriser les métiers scientifiques, en particulier celui de chercheur” qu’il estime “discrédité même au plus haut niveau de l’Etat”.

Et surtout, concernant la diffusion de la culture scientifique, Nicolas Dupont-Aignan pense qu’il est  fondamental d’avoir [dans l’audiovisuel] des journalistes scientifiques formés pour parler de faits et pas de politique, par conséquent en toute objectivité”. Par ailleurs, il veut pousser les chercheurs et les enseignants à faire de la vulgarisation, de la diffusion scientifique auprès de la population.

J’approuve et je souligne bien cet argument pertinent.

Cependant, au hasard de mon surf sur internet, je tombe sur Wikisources dans lequel je trouve un livre du candidat, écrit en 2006/2007, intitulé «Français, reprenez le pouvoir !»

Le chapitre 6 de ce livre intéressant a pour intitulé «La planète asphyxiée», ce chapitre parle des problèmes environnementaux : le tarissement des matières premières, et le changement climatique.

Je cite : «Toutes les études scientifiques prouvent que l’élévation moyenne de la température n’a rien à voir avec les oscillations enregistrées au cours de l’histoire du globe.»

  • Oui, le climat a connu une élévation moyenne d’environ 0,6°C en un siècle. Mais dans le passé paléoclimatique, les ères glaciaires ont alterné avec les ères chaudes. En voici les preuves : https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/19/paleoclimatologie/  La Terre a connu des périodes tropicales globales (comme le Mésozoïque) au cours desquels la température moyenne était environ 7°C supérieure à la température moyenne actuelle. En outre, la vitesse de changement de température peut paraître importante à notre époque, mais ce n’est pas une exception : il y a 14700 ans sur Terre, il y eut un réchauffement de 10 degrés en peu d’années par exemple, comme le montrent les travaux du CNRS du 19 juin 2008. (voir la copie d’écran ci-dessous)
  • Je viens de trouver un autre article du CNRS qui appuie cette découverte : http://www.insu.cnrs.fr/environnement/climat-changement-climatique/il-y-a-14-600-ans-la-mer-est-montee-tres-rapidement-lors-
  • Ce qui est vraiment exceptionnel, c’est l’élévation du taux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère terrestre, ça n’a pas été aussi élevé depuis longtemps, mais il ne faut pas confondre taux de CO2 et température, bien qu’il y ait effet de serre. Ce dernier n’est qu’une des causes du réchauffement observé, il faut prendre en compte aussi les autres causes probables, notamment l’effet d’îlot thermique urbain (surtout en hémisphère nord) à cause duquel l’urbanisation croissante occasionne une absorption accrue du rayonnement solaire via le béton et l’asphalte, et à cela il faut ajouter l’effet Joule dû à la consommation mondiale d’électricité (rien que les ampoules électriques le soir chez moi en intérieur, ça correspond à un effet Joule moyen d’environ 3 W/m², ce qui correspond à un excès thermique atmosphérique de 0,5°C par rapport à l’absence d’éclairage dans l’habitat).

Ensuite, je cite encore le chapitre du livre : «On constate en effet, aujourd’hui, l’accélération du phénomène» […] « la multiplication des ouragans et des canicules»

Je ne nie rien en aucune manière, mais pour pouvoir affirmer quelque chose sur un sujet aussi difficile et incertain comme le climat, il faut l’appui nécessaire de preuves scientifiques. Peut-être qu’a priori les catastrophes vont s’amplifier (ou pas), on ne le sait pas actuellement, mais il faut des preuves avant d’affirmer, et ce sont les preuves empiriques qui doivent orienter les décisions. Décider sans l’appui de preuves, c’est prendre un risque face aux incertitudes. C’est utile de le rappeler : les simulations informatiques ne sont pas des preuves, les preuves sont les observations de la Nature (d’après la méthode scientifique). Il faut agir pour l’environnement sur des bases saines, pas sur un alarmisme émotionnel, ou idéologique, ou fondé sur un socle d’incertitudes, ou par la force des convictions. Mais les convictions ne doivent être le fruit que de preuves. En bref, le niveau de la mer peut augmenter relativement rapidement (en 3 siècles) de quelques mètres lors de la fonte des glaciers terrestres (voir le rapport du CNRS ci-dessus) mais en ce qui concerne les ouragans et les canicules, des incertitudes demeurent.

En règle générale, mieux vaut consulter les sources universitaires et académiques plutôt que croire les blogs écologistes orientés politiquement ou idéologiquement, et qui déforment plus ou moins les faits scientifiques. Mais même quand une source est crédible et réputée, elle ne doit pas déroger à subir une analyse critique quand il est possible de vérifier. Le doute est la base essentielle de la science, et la science n’a jamais consisté à établir des certitudes acceptées unanimement.

En revanche, lorsque le candidat souverainiste et gaulliste déclare cet argument actuel : «il est  fondamental d’avoir [dans l’audiovisuel] des journalistes scientifiques formés pour parler de faits et pas de politique, par conséquent en toute objectivité», j’y suis profondément favorable, et cela joue un rôle déterminant et soudain dans ma décision lors du vote prochain.

Enfin un candidat lucide sur la place de la science, car le journalisme scientifique actuel est en crise, en perte de crédibilité dans la plupart des médias, l’écologie est trop politisée, et de plus en plus de gens ont l’impression d’être pris dans un étau idéologique.

Quelques citations intéressantes :

  • «Ce qui fait l’homme de science, ce n’est pas la possession de connaissances, d’irréfutables vérités, mais la quête obstinée et audacieusement critique de la vérité.»  (Karl Popper)
  • « Le critère déterminant qui définit la science, ce n’est pas la crédibilité d’une connaissance scientifique, mais la réfutabilité de cette connaissance. »  (John Ph. C. Manson)
  • « Une théorie est scientifique si et seulement si elle est susceptible d’être réfutée ; elle n’est pas vraie, mais tout au plus admise provisoirement. » (Karl Popper)
  • « Le doute est le premier pas vers la science ou la vérité ; celui qui ne discute rien ne s’assure de rien; celui qui ne doute de rien ne découvre rien. » (Denis Diderot)
  • « La science ne cherche pas à énoncer des vérités éternelles ou de dogmes immuables ; loin de prétendre que chaque étape est définitive et qu’elle a dit son dernier mot, elle cherche à cerner la vérité par approximations successives. » (Bertrand Russell)
  • « Ce que les hommes veulent, en fait, ce n’est pas la connaissance, c’est la certitude. » (Bertrand Russell)


© 2012 John Philip C. Manson