Pleins phares sur l’indice carbone

 

Dans le lien cité ci-dessus, je reste perplexe.

J’ai testé quelques trucs afin d’évaluer la pertinence des résultats quantitatifs.

  • Tout d’abord,, je teste à combien de CO2 d’équivalence correspond 1 million de kWh, le résultat indique 85,1 tonnes de CO2 par million de kWh. Cela correspond à 85,1 g de CO2 par kWh, ce qui est dans l’ordre de grandeur attendu (90 g/kWh, d’après la production électrique française moyenne entre 2009 et 2011, grosso modo, mais en 2013 on émet maintenant moins de CO2 en production électrique).

rte2013Source : RTE2013

 

Comme on le voit dans le tableau ci-dessus : une production nette de 550,9 TWh correspond à 550,9 milliards de kWh, tandis que 29,1 millions de tonnes de CO2 correspondent à 29,1 teragrammes de CO2. Une division montre qu’en 2013, la France a produit 52,8 g de CO2 par kWh produit. Ce n’est donc plus 90 g/kWh comme il y a moins de 4 ans, le taux varie d’une année à l’autre selon la quantité d’électricité produite et l’évolution des moyens de production électrique.

  • Ensuite, je teste un autre truc sur le site empreinte.carbone.free.fr. J’observe que le calcul par le site indique qu’une tonne de charbon produit 152,14 tonnes de CO2.

Avec la chimie quantitative, le bilan chimique montre que 12 g de carbone réagit avec 32 g de dioxygène pour produire 44 g de CO2. Par conséquent, une tonne de carbone produit 3,66 tonnes de CO2. Le site indique une valeur qui est 41,6 fois plus grande.

On va sûrement me dire que cette différence est due au transport du charbon depuis des mines lointaines (depuis la Chine exportatrice). Oui c’est possible. Mais je continue l’évaluation des données fournies par le site.

  • Ainsi, la combustion de propane, on va dire : 100 000 litres, produit 149,29 tonnes de CO2, d’après le site.

En chimie quantitative, 44 g de propane réagit avec 160 g de dioxygène pour produire 132 g de CO2 et 72 g d’eau, d’après l’équation de réaction chimique suivante :  C3H8 + 5 O2  —>  3 CO2 + 4 H2O.

Si on raisonne selon un volume gazeux de 100 000 litres de propane, on disposera donc d’une masse de 196,43 kg de propane qui produira par combustion une masse de 589,29 kg de CO2. Cette masse est excessive par rapport au résultat du site, donc on va voir pour le cas du propane liquide : 100 000 litres de propane liquide, ça a une masse volumique de 0,5812 kg/L (http://fr.wikipedia.org/wiki/Propane), et par conséquent, ça correspond à une masse de 58,12 tonnes de propane liquide qui produit par combustion une masse de 174,36 tonnes de CO2. Ce qui est un résultat plus cohérent par rapport à celui du site. Cependant, le site donne une valeur inférieure à celle prévue par la chimie quantitative. Cela pose problème : il y a d’une part la masse de CO2 produite par la combustion, mais aussi d’autre part une masse supplémentaire de CO2 qui est produite par le transport routier, fluvial, ou maritime du propane liquide depuis les pays exportateurs vers les pays consommateurs. Il y a donc quelque chose ici qui ne colle pas. Le site aurait dû indiquer une valeur d’au moins 174,36 tonnes de CO2 au lieu de 149,29 tonnes…

 

  • Mais continuons l’enquête : d’après le site, 1 million de kWh de gaz naturel correspondent à 184,04 tonnes de CO2.

 

D’après http://fr.wikipedia.org/wiki/Pouvoir_calorifique_inf%C3%A9rieur on constate que le PCI et le PCS du gaz naturel sont respectivement de 38,1 MJ/kg de gaz naturel et 42,5 MJ/kg de gaz naturel. Ces valeurs correspondent à 10,58 kWh pour 2,75 kg de CO2 produit, et à 11,8 kWh pour 2,75 kg de CO2 produit.

2,75 kg de CO2 pour 1 kg de gaz naturel, parce que la combustion de 1 kg de méthane produit 2,75 kg (44 divisé par 16) de CO2, selon la réaction suivante :  CH4 + 2 O2  —> CO2 + 2 H2O. Mais le gaz naturel est un mélange d’hydrocarbures dont le méthane.

En conséquence, le PCI du gaz naturel correspond à 260 g de CO2 par kWh, et le PCS correspond à 233 g de CO2 par kWh. Et on conclut alors qu’un million de kWh en gaz naturel ça correspond à entre 233 et 260 tonnes de CO2.

D’après le site suivant : http://www.renovationdurable.eu/Notions-Valeurs-de-conversion.html  le gaz naturel correspond à 202 g de CO2 par kWh (donc 202 tonnes de CO2 par million de kWh).

Ainsi, la valeur donnée par le site Free (184,04) est plus faible que celle de la réalité.

Alors, d’où proviennent les données de base du site examiné ?

 

Ce qu’où je veux en venir, c’est que le concept d’indice carbone ou de bilan carbone est souvent biaisé, les grandeurs quantitatives peuvent beaucoup varier, et il existe une part d’incertitude à ne pas négliger et à prendre en compte. À considérer comme un simple gadget indicateur que comme une véritable unité de mesure.

Je suis étonné par ce genre de page, par exemple :  lien-eco car on y lit que l’on compense les émissions de CO2 d’un blog en plantant un arbre. Je suis très favorable à la plantation d’arbres, c’est une très bonne chose. Mais la croissance des arbres est très lente par rapport aux activités humaines quotidiennes.

On lit aussi que le chargement d’une page web équivaudrait à 20 milligrammes de CO2. Or si la page est chargée en 0,16 seconde (j’ai testé avec l’index de Google), cela correspond à une puissance électrique de 0,61 millionième de watt et une énergie électrique de 9,8 microjoules. Je me demande comment cela a été mesuré ou calculé…

Mais enfin, passons à une remarque concrète :  compenser le carbone en plantant des arbres, c’est bien, mais c’est un geste infinitésimal par rapport aux 9,6 milliards de tonnes annuelles de CO2 produits par la Chine… (http://www.planetoscope.com/co2/676-emissions-de-co2-par-la-chine.html) Et 9,6 milliards de tonnes annuelles, ça équivaudrait à 1920 milliards d’arbres à planter chaque année, rien que pour la Chine… Et plus de 36 milliards de tonnes de CO2 par an dans le monde entier (que l’on devrait compenser avec plus de 7200 milliards d’arbres sur tous les continents)… Soyons cohérents, que nos gestes pour l’environnement soient concrets, utiles et significatifs, au lieu de faire sourire ou agacer les gens…

 

© 2014 John Philip C. Manson

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P.S.: ce blog est compensé carbone, et en plus, ce blog est bio ! (avec quelques coups de tampon pour marquer le label agréé par les plus grands scientifiques vieux et barbus).

iconlol  (je déconne)

 

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Commentaires épistolaires sur l’astrologie

Dans un vieux forum d’astronomie appartenant à un ami, j’ai reçu récemment un message privé d’une femme (l’orthographe est conservée telle quelle), en date du 15/03/2014 :

Sujet du message : [Contact] Merci !

Contenu du message :

J’adore votre article sur l’astrologie c’est pour cela que je vous écrit, ça ne repose sur rien de concret mais ayant grandi dans un milieu où il y en était question, j’ai tendance en cas de déprime, à m’y référer et ensuite je doute et je regrette ! Et puis comment une boule de gaz pourrait influencer notre destinée ?! De plus, le plan de l’écliptique sans cesse en mouvement, comment être sure de son signe ? Je veux bien croire aux phénomènes des marées mais encore faut-il qu’on me les explique. J’ai connu des vierges, des cancers et pourtant ça n’a pas marché en amour alors certes j’ai autour de moi des couples qui ont « des signes compatibles » mais est-ce bien cela qui fait que leur couple fonctionne ?! L’astrologie crée une dépendance, un doute c’est malsain et surtout devant le nombre d’articles, de charlatans, qui croire ? Dès que je rencontre une personne je veux savoir son signe, ça me prend la tête ! Vais-je m’entendre ou pas avec elle !  J’espère m’en défaire au plus vite !

Ma réponse publique :

L’habitude est une seconde nature. Et l’on peut avoir de mauvaises habitudes. La liberté de croyance consiste à avoir le droit de toujours croire, en connaissance des faits ou non. Une prise de conscience de se découvrir dans l’erreur implique une volonté de se corriger de ses propres erreurs. En parallèle à la liberté de croyance, il y a aussi celle de la liberté de douter.

Croire est une liberté, mais c’est aussi trop simpliste et réducteur. Croire dispense de réfléchir. Douter incite à la réflexion et au dialogue, à la remise en question, revoir à partir de bases objectives.

Connaître l’avenir est un très vieux fantasme humain. Vouloir connaître l’avenir est naturel. Vouloir connaître l’avenir est un réflexe normal de survie. Peut-on connaître l’avenir ? Peut-être, ou pas, ça dépend. Mais si on cherche des moyens de connaître le futur, mieux vaut se baser sur des moyens objectifs réellement fiables. L’astrologie est tout, sauf fiable. En astrologie, qui croire ? La question de la confiance, dépendant elle-même de la fiabilité, et qui implique une éventuelle crédibilité objective de l’astrologie, et l’astrologie n’a aucune crédibilité sur le plan scientifique. On ne peut donc croire à aucun astrologue. Il n’y a donc pas ni de bons astrologues ni de mauvais d’un autre côté, car l’astrologie n’est qu’une croyance qui repose sur du vent, l’astrologie ne se base sur aucune réalité.

Les pratiquants de l’astrologie méconnaissent eux-mêmes jusqu’aux connaissances de base de l’astronomie. De nombreux astrologues, par exemple, n’ont jamais entendu de précession des équinoxes, alors que ce phénomène est connu depuis le grec Hipparque il y a plus de 2000 ans… (voir ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/03/lastrologie-decouvre-la-precession-des-equinoxes-connue-deja-depuis-2000-ans/L’astrologie n’est qu’un moyen facile de se faire de l’argent sur le dos des personnes crédules et influençables. L’astrologie n’apporte aucune connaissance pertinente.

La crédibilité d’un domaine ne se détermine pas par l’abondance de littérature sur ce sujet fortement médiatisé. La crédibilité d’un domaine se base sur la qualité objective des vérifications, de l’analyse par la comparaison avec les faits.

Dans les horoscopes, les profils selon les signes sont fréquemment évasifs et abscons. Si les thèmes étaient distribués au hasard, on trouverait encore des gens qui diront que l’horoscope leur correspond alors qu’il n’existe aucun lien de causalité. En ce qui concerne le hasard, rien ne colle à exactement 100% de corrélation, ni même 100% d’échec, c’est plus nuancé en terme de données. Je me cite moi-même à partir d’un de mes articles de mon blog : « On ne peut donc pas prédire (au hasard ou avec instrumentation scientifique) de façon absolument certaine, et en même temps on ne peut pas tout échouer, ainsi les réussites et les échecs sont nuancés. C’est pour cela que les astrologues et les voyantes ont du succès : parfois ça marche (grâce au hasard), mais rarement l’on réussit totalement comme l’on ne peut pas totalement foirer, car il est rarement probable de tout réussir comme de tout échouer. Le hasard n’implique donc pas 100% d’échec, car des succès moyens, mitigés, nuancés (donc des demi-réussites qui sont rarement totalement absentes) sont fréquemment des biais statistiques qui laisse croire à tort qu’il existe des pouvoirs occultes… » (source : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/12/13/probabilites-et-applications/ )

Le doute se base sur un principe assez simple : découvrir une contradiction implique la preuve de la présence d’une affirmation fausse parmi au moins deux affirmations. Par exemple : «Socrate est mort» est la première affirmation. La seconde dit le contraire : «Socrate est mort». Ainsi, comme une chose ne peut être ni vraie et fausse simultanément (principe du tiers exclus), une contradiction indique qu’au moins une affirmation est fausse parmi au moins deux affirmations. Socrate est soit vivant, soit mort, mais pas les deux en même temps. Le principe de contradiction est la base de la démarche scientifique.

Il y a deux façons de lire un livre. Lire avec une attitude absorbée, en acceptant tout le contenu que l’on lit, sans s’efforcer à réfléchir ni prendre du recul. Ou lire avec une attitude sceptique, en mettant tout ce qui est émotionnel de côté.

Il y a une différence entre connaître et avoir confiance. Connaître implique un esprit critique. Sans le doute, il n’y aurait pas de connaissance, il n’y aurait qu’une croyance à laquelle on croit. La connaissance est le résultat d’observations ainsi que d’une évaluation de la connaissance elle-même. Croire n’est pas connaître.

Derrière les superstitions sur la prédiction de l’avenir se cache un autre problème que celui de la croyance, il y a l’angoisse de l’avenir. Souvent l’avenir échappe à notre contrôle : un accident, une maladie, une nouvelle opportunité de travail, ou un mariage. Mais concrètement, on ne subit pas l’avenir. L’avenir, on le fait. Et ce n’est certainement pas les astrologues qui vont décider le futur à notre place, puisque le futur n’est pas écrit d’avance. Un accident peut être évité par des comportements préventifs (ni drogue ni alcool au volant, respect strict du code de la route, méfiance envers les autres automobilistes qui peuvent se comporter en chauffards…), une maladie peut être évitée (notamment les MST, par le port de préservatifs), on peut éviter les accidents domestiques si on applique des règles de prudence, et les opportunités professionnelles sont majoritairement dues à nous-mêmes car personne ne viendra nous chercher à la maison pour nous proposer un emploi (on se déplace pour obtenir de meilleures chances d’obtenir un emploi, et mieux encore on crée soi-même son propre emploi en devenant entrepreneur et c’est justement mon cas actuellement).

L’avenir ne doit pas être une angoisse mais un défi. L’avenir est le résultat de ce qu’on aura préparé et planifié. Les astrologues, eux, parlent bien d’avenir mais ils ne le font pas venir. Pire encore, les astrologues pensent à votre place. La seule chose que les astrologues réussissent à vous soulager, c’est le poids de votre portefeuille… Les gens sont libres de croire à l’astrologie, mais ils sont libres aussi d’être informés en connaissance de cause : l’astrologie c’est du pipeau.

Croire est facile, et la facilité n’est pas vraiment un principe de liberté. Le doute implique un effort, un travail personnel, et parcourir ce chemin est une prise de conscience que l’on est libre. Douter c’est être libre. Et l’effort de douter est un mérite. La facilité, c’est au niveau des moutons qui broutent bêtement ce qu’on leur donne… Nous sommes des humains qui pensent, pas des moutons qui ont une panse, nuance…

Ou l’on s’adonne à des lectures d’idées préconçues que l’on absorbe comme une éponge, ou l’on apprend à lire en comparant les idées entre elles afin d’y déceler des contradictions qui sont l’indice de l’existence d’erreurs. Même des livres de sciences du niveau des écoles d’ingénieurs peuvent contenir des erreurs par accident, la preuve :  https://jpcmanson.wordpress.com/2012/12/28/une-erreur-dans-un-livre-de-thermodynamique-pour-ingenieurs/  L’absence absolue d’erreur dans tout système d’information est un mythe, c’est pourquoi le doute est la seule approche nécessaire quand on veut accéder à des connaissances. Question : pourquoi devrions-nous croire des erreurs, pourquoi accepterions-nous de croire pour vraies des choses fausses ? Où serait la liberté là-dedans ?

beee

Pour terminer, je vais répondre aussi à cette phrase : «J’ai connu des vierges, des cancers et pourtant ça n’a pas marché en amour alors certes j’ai autour de moi des couples qui ont « des signes compatibles » mais est-ce bien cela qui fait que leur couple fonctionne ?! »

L’attribution des signes astrologiques et la réussite des relations amoureuses sont deux choses indépendantes, sans lien de causalité. Quand les couples fonctionnent, c’est parce qu’ils sont des personnalités compatibles, parce qu’ils ont un vrai dialogue à deux, et parce qu’ils se font confiance, et parce qu’ils ont des projets durables communs. Et l’astrologie n’a rien à voir là dedans… Il suffit de comparer l’astrologie comme hypothèse possible avec d’autres hypothèses possibles, et c’est comme cela qu’on s’aperçoit que l’astrologie ne fait pas de scores meilleurs que ceux du hasard. Mieux vaut se concentrer sur les vraies causes des relations amoureuses durables, ça limiterait les déceptions… Mais les relations sentimentales sont-elles faites pour durer ? En général, les gens changent souvent avec le temps.

Autre phrase : «Je veux bien croire aux phénomènes des marées mais encore faut-il qu’on me les explique.»

Les marées sont dues à l’orbite de la lune autour de la Terre. L’école n’enseignerait-elle plus rien au vingt-et-unième siècle à propos de quelques phénomènes naturels élémentaires ? Des lacunes de niveau élémentaire c’est inquiétant. Quand j’étais écolier, nous allions dans les bois pour examiner des feuilles d’arbres afin d’identifier et distinguer les différentes espèces d’arbres. C’était pour l’éveil des enfants, dans une démarche de découverte de la nature. Cela ne se fait-il plus ? Il suffit de lire cet article ci-joint : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/05/23/la-consternation/  pour se rendre compte qu’il existe un problème de culture assez grave actuellement. C’est inquiétant. Ce n’est pas étonnant si l’ignorance et la crédulité des uns attirent l’opportunisme des charlatans… La question qui revient souvent : la faute à qui ? L’indifférence à ce problème.

— « Il faut choisir, se reposer ou être libre » (Thucydide d’Athènes)
— « La bêtise, c’est de la paresse. La bêtise, c’est un mec qui vit et qui se dit, ça me suffit. Je vis, je vais bien, ça suffit. C’est celui qui ne se botte pas le cul tous les matins en se disant, c’est pas assez, tu ne sais pas assez de choses, tu ne vois pas assez de choses. Une espèce de graisse autour du coeur et autour du cerveau » (Jacques Brel)

© 2014 John Philip C. Manson

Peut-on gagner 7 fois au Loto ?

Un américain aurait gagné pour la septième fois au Power Ball, le loto américain.

Pourtant, selon les spécialistes, les chances de gagner le gros lot sont de 1 sur 175 millions.
Très sceptique, on va évaluer ce phénomène douteux avec la théorie des probabilités. On va prendre l’exemple du jeu de dés pour bien illustrer les chances que l’on a pour sortir un chiffre précis.
  • Avec un seul dé à six faces, on a une chance sur 6 de sortir un 6.
  • Avec deux dés, on a une chance sur 6² = 36 de sortir un double 6.
  • Avec trois dés, on a une chance sur 6³ = 216 de sortir un triple 6.

La loi générale pour n’avoir que le chiffre 6 partout quand on lance N dés montre que la probabilité d’avoir le chiffre 6 partout est de 1 / 6^N  (l’accent circonflexe désigne l’élévation à la puissance).

Donc, avec le Loto américain, le PowerBall, la probabilité de remporter le gros lot est de 1 sur 175 millions. Cette information va se révéler importante.

Quelle est la probabilité pour qu’un homme précis gagne 7 fois le gros lot du Power Ball ?

P = (1 / 175 000 000)⁷ = 1 chance sur 5 026 507 568 359 375 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000.

Je mets en valeur explicite le grand dénominateur de la fraction ci-dessus. Une chance sur environ 5 × 10⁵⁷.

La probabilité est quasiment nulle.

À titre de comparaison, prenons l’exemple d’une planète quelconque qui est éjectée de son orbite elliptique à cause de sa proximité d’un trou noir. Supposons que cette planète provienne d’aussi loin que le fond de l’univers observable (à des milliards d’années-lumière) et qu’elle se déplace presque à la vitesse de la lumière. Alors la probabilité pour qu’elle percute exactement la Terre au hasard par rapport à toutes les trajectoires possibles est de 1 / 4,2 × 10³⁸, ce qui est environ 12 milliards de milliards de fois PLUS PROBABLE que de gagner 7 fois le gros lot du PowerBall !!!

Si ce Loto est entièrement régi par le hasard, gagner 7 fois pour un seul homme est impossible, d’après la théorie des probabilités. En revanche, si ces 7 gains sont réels, alors ce n’est pas par hasard. Une piste pour une explication ? Voici cela : http://en.wikipedia.org/wiki/Powerball dans lequel on peut lire une suspicion de fraude. Dans une autre page : http://www.consumerfraudreporting.org/lotteryscam_Powerball2.php il y est question de mail frauduleux (un scam sur la loterie). Les arnaques sur des martingales ont toujours existé. Donc attention aux faux conseils. Une incitation à la prudence est publiée ici : http://fr.playitalianlotto.com/lottery-fraud-a-scams.html (en résumé : ne pas répondre aux scams, ne jamais envoyer d’argent, ne pas donner de coordonnées bancaires ou administratives, ne pas ouvrir des fichiers joints). Interpol s’occupe de ce type de fraude.

Dans une page, on peut lire la liste des probabilités de gain au PowerBall : http://fr.playitalianlotto.com/usa-powerball-lottery-lotto.html

Par exemple, on voit qu’avec 5 bons numéros, on a une chance sur 5 153 633 de gagner. Avec cette information, on peut calculer combien il y a de numéros au total.

x! / (5! × (x – 5)!) = 5 153 633                         je trouve une solution :  x = 59

Le nombre de numéros pour le jeu est donc de 59. C’est ce qui est dit dans la page, les numéros vont jusqu’à 59. Mon calcul se base sur un phénomène totalement aléatoire (l’analyse combinatoire), les numéros du PowerBall sortent donc vraiment au hasard. On ne peut donc pas trouver de méthode déterministe permettant de trouver les bons numéros pour remporter le gros lot. Dans ce contexte, une série inexpliquée de 7 jackpots éveille légitimement des suspicions…

DiplomeMartingale

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© 2013 John Philip C. Manson

Y a t-il un sens entre la fréquence des prénoms et la réussite au Baccalauréat ?

prenoms-series-2012

La fréquence statistique des prénoms dans un pays, sans relier ceux-ci à rien, sauf d’abord à travers le choix des parents, ça varie selon chaque prénom. Déjà, les fréquences des prénoms entre eux sont inégales. Il y a aussi les effets de mode selon les époques. Les prénoms varient aussi en fonction de l’origine socio-culturelle. Comparer des prénoms majoritaires par rapport à n’importe quoi (comme le Bac par exemple), ça ne veut rien dire.

Après le Bac, il y a l’entrée dans la vie active, enfin, si on peut réussir à trouver un boulot. Quel est le prénom le plus fréquent chez les chômeurs inscrits à Pôle Emploi cette année ?… La réussite est un facteur qui dépend du travail réalisé par chacun, indifféremment selon les prénoms, puisque qu’à la base les prénoms sont chacun déjà plus ou moins fréquents les uns par rapport au autres. avec peut-être l’influence de l’origine socio-culturelle (il est beaucoup plus facile de réussir des études quand on a des parents qui sont profs), mais les prénoms ne sont qu’un critère secondaire et superficiel dont il est vain d’y trouver un sens. Remarque : que des filles en Bac L et aucune en Bac S, l’absence stricte ou l’omniprésence stricte n’est pas statistiquement crédible. En Terminale S, il y a un peu moins de filles que de mecs, mais elles ne sont pas absolument absentes… Souvenons-nous par exemple que notre jolie et adorable miss France 2013 a un Bac S avec mention très bien. En 2009, au Bac S, il y a 47% de filles et 53% de mecs, c’est presque à égalité (source = http://media.education.gouv.fr/file/2011/37/6/Les_resultats_170376.pdf), alors je suis surpris de l’absence de prénoms féminins dans la liste de Bac S ici. Et il y a 79,3% de filles et 20,7% de garçons au Bac L en 2009 (même source), mais dans la liste de 12 prénoms en Bac L ici les mecs sont totalement absents. Pourtant, le taux de réussite au bac, en moyenne, est de 86%.

Je ne conteste pas l’étude sociologique, je veux juste l’explication de la contradiction quantitative.

Autre paradoxe : les prénoms les plus fréquents au bac ne correspondent pas aux prénoms des bébés nés vers 1994 (les bacheliers ayant environ 18 ans au bac 2012). En effet, aucune trace des prénoms féminins Manon, Camille, Marine, Pauline, Léa, Marion, Anaïs, Julie, Chloë et Sarah dans la liste affichée dans l’image ci-dessus. Pareil pour les prénoms masculins Thomas, Alexandre, Nicolas, Kevin, Maxime, Quentin, Julien, Dylan, Antoine et Florian… Pourquoi ?

J’en rigole, je vois mon prénom (Jean-Philippe = John Philip) dans la filière STI2D alors que je n’ai jamais suivi cette voie.

iconlol

 

Yahoo surenchérit sur le thème : http://fr.news.yahoo.com/quels-pr%C3%A9noms-r%C3%A9ussissent-au-bac-115222817.html

Ma nouvelle réponse :

bac-prenoms

 

© John Philip C. Manson

Étude d’une citation de Edgar Allan Poe

Étude d’une citation :

  • «Toutes choses sont bonnes ou mauvaises par comparaison.»
    Edgar Allan Poe (1809-1849), romancier américain.

 

La proposition «Toutes choses sont bonnes ou mauvaises par comparaison» est logiquement vraie.

Une comparaison, c’est l’évaluation relative d’une chose par rapport à une autre. Cette relativité ne fixe donc pas une chose comme étant absolument bonne ou mauvaise. La chose de référence peut être moins bonne que la chose ayant été comparée, et donc la chose comparée est plus bonne que la chose servant de référentiel. La proposition utilise le «ou» logique définissant le relativisme de la comparaison.

C’est comme en mathématiques : les théorèmes sont vrais ou faux par comparaison avec des axiomes. La vérité mathématique est relative aux axiomes, mais pas par rapport à une vérité absolue.

La vérité et le bien ne sont pas absolus, ils sont relatifs, ce qui érige le doute comme une nécessité.

 

 

© 2013 John Philip C. Manson

Divagations sur l’intelligence et le QI

Je vais parler d’au moins deux sources externes du web, mais sur le même thème. Le concept d’intelligence et de QI s’étale souvent dans des aspects subjectifs et déraisonnables.

Comme d’habitude, mon argumentaire repose sur le questionnement et le doute.

On peut lire le texte ou pas, mais le titre à lui seul est suffisant pour résumer le contexte : la Chine pense à rendre ses enfants plus intelligents grâce à une manipulation génétique.

L’intelligence, si on la définit comme la capacité à résoudre des problèmes de logique, la faculté de raisonner, est dépourvue de caractère héréditaire, comme le cas de l’homosexualité (le «gène» gay, devant le manque de preuve, est pour l’instant un mythe : lire le chapitre «Le « gène gay » de Dean Hamer» dans la Leçon n°2 du livre «L’imposture scientifique en 10 leçons» de Michel de Pracontal).

La capacité à résoudre les problèmes intellectuels est acquise, elle dépend du contexte socio-culturel. Quelqu’un qui a des livres et qui les lit avec intérêt aura une culture plus enrichie que quelqu’un qui n’a pas de livre et qui n’en lit jamais (parce qu’il n’a pas les moyens de s’acheter des livres ou parce que ça ne l’intéresse pas). La capacité d’intelligence est directement liée à l’environnement scolaire, périscolaire ou extrascolaire et familial. On apprend à lire tôt parce qu’on en a d’abord envie. Qui voudrait lire plus tôt s’il n’en a pas envie ? L’éveil naît de la curiosité, de l’envie de faire quelque chose. L’apprentissage, c’est du travail à travers de la curiosité, l’envie, du plaisir, parce qu’on s’y intéresse, parce qu’on aime ça, parce qu’on l’a voulu. L’intelligence n’est pas liée à l’hérédité. Nombreux sont ceux qui ont un bon potentiel intellectuel et qui ont grandi dans une famille dans laquelle il n’existe personne d’autre (sur plusieurs générations) ayant des goûts intellectuels poussés. Encore plus nombreux sont ceux ayant grandi parmi les livres, et dont la plupart des doués ont des parents qui sont professeurs (c’est très loin d’être mon cas), un environnement très favorable peut façonner un gosse ordinaire en un élève doué.

L’intelligence c’est du travail et de la curiosité, et du plaisir. L’intelligence c’est de l’acquis, pas de l’inné. L’intelligence ça se cultive et ça s’entretient. Ça ne tombe pas du ciel.

La paresse aussi ça se cultive, à travers l’habitude à ne rien faire, ne rien vouloir, à s’ennuyer, sans même chercher à savoir qu’on peut se distraire à faire des mathématiques… Être sous-doué n’est pas difficile. Aimer ce qu’on fait n’est pourtant pas difficile. Aimer ne rien faire, c’est trop simple, trop facile, et ce n’est pas du tout valorisant. Mieux vaut faire quelque chose. Un travail bien fait donne toujours des fruits. L’inaction, elle, ne produit rien.

Comme je l’ai résumé, l’intelligence est une affaire de goût et d’habitude, mais cela se fait surtout dans la sueur, mais pas dans les gènes. Pour les mathématiciens par exemple, les équations et leurs solutions ne tombent pas instantanément du ciel sans effort. Même en priant… Même en se proclamant descendant de Pythagore ou de Thalès… L’intelligence c’est un travail. On n’a de résultat qu’à travers la sueur de la réflexion. Les gènes, l’ADN, ça ne produit pas des idées déjà toutes faites, préparées sans effort. Non. Ce sont des conneries, la génétique comme cause de l’intelligence.

Pour revenir au titre de l’article sur la Chine, rendre les enfants plus intelligents par manipulation génétique c’est une croyance. Pire, c’est une idéologie. Une idéologie dangereuse, elle fait penser à l’eugénisme, et celui-ci se base souvent sur des considérations pseudo-scientifiques qui laissent suggérer une croyance en des inégalités entre humains. Cela soulève l’indignation. C’est une idéologie très difficilement défendable. Ce n’est pas de la science.

En lisant l’article, on peut apprendre que les scientifiques chinois ont relevé l’ADN de 2000 personnes remarquablement intelligentes à travers le monde dont des américains. Pour être très franc, quel individu est assez intelligent pour s’abstenir d’être assez crédule pour croire à l’hérédité du QI, sachant que le QI est devenue une panacée du marketing ?  Le QI, à l’origine conçu pour dépister les retards scolaires par rapport à une moyenne, est devenu un business pour flatter les égos, et devenu une idéologie (parfois pour justifier pseudo-scientifiquement des inégalités sociales ou ethniques). D’ailleurs, qui aurait confiance de confier son ADN à la Chine ? Ça rend plutôt méfiant, ça. Après, qu’est-ce qu’ils font de l’ADN, des recherches secrètes sont possibles, avec leurs dérives éthiques ? En continuant à lire l’article, ça parle d’embryons. Donc il s’agit d’extraction de noyaux somatiques pour les insérer dans des ovules : il s’agit de clonage humain, mais cette pratique est illégale dans les pays occidentaux. L’être humain n’est pas un cobaye ni une marchandise. Moi-même, je n’oserai faire subir ça aux gens, ni aux animaux. Ma propre éthique voit en horreur la maltraitance animale, y compris la barbarie de la chasse. Dans leur projet de manipulation génétique, comment feront-ils pour distinguer entre l’influence génétique et l’influence de l’environnement socio-culturel ? Comment dissocier les deux sans erreur d’interprétations ?

C’est une bêtise de croire à l’hérédité du génie alors que le travail et l’envie suffisent… Sans doute, ils espèrent produire de gros QI innés sans livres, sans travail, sans effort ? Veulent-ils réduire les effectifs de leur éducation nationale et faire des économies ? Balivernes.

Je pressens l’avenir avec une certaine inquiétude devant la montée de diverses idéologies. L’extrême-droite qui monte dans les pays européens durement touchés par la crise économique, la progression des sectes, et des idéologies politiques aux desseins dangereux… Ça ressemble à la poudrière de la fin des années 20 et 30, à la veille de la Second Guerre Mondiale. J’ai l’impression que l’humanité ne se souvient pas des leçons des pages noires de l’Histoire…

Une question m’interpelle : à quoi sert-il d’être très intelligent dans un pays si l’on n’y est pas libre ? Pourtant, les dictatures se méfient des gens intelligents, il y a contradiction, donc leur projet de génétique équivaut à se tirer une balle dans le pied…

C’est un peu comme dans les films Terminator et Matrix : les hommes créent des machines aux performances supérieures, les machines prennent le pouvoir et considèrent les humains comme inférieurs et faibles voire inutiles. Ainsi, pourquoi une idéologie d’un régime politique créerait-elle soudain une arme qui se retournera contre lui ? À moins d’intimider les gens intelligents… Mais l’intimidation cédera pour laisser place à la révolte.

L’intelligence voit avec horreur et révolte les dictatures et les inégalités. Après tout, produire des gens intelligents afin que ceux-ci s’organisent pour virer des régimes liberticides et les remplacer par la démocratie, ce serait une bonne idée. 😉

Je doute fort que la Chine puisse dominer le monde en croyant fabriquer des clones transgéniques intellectuellement surefficients… C’est de la science-fiction.

Il suffit qu’un enfant soit né de l’amour entre les parents, qu’il soit élevé avec bienveillance et bien-être, et là il prendra confiance en lui et développera des aptitudes à travers une méthode de travail et le travail intellectuel proprement dit. Réduire les humains à du matériel génétique et à des robots, c’est nier l’humanité en eux, et c’est faire d’eux les produits d’une idéologie stupide, ignorante. Une idéologie de la peur et de l’obéissance. Liberté ! Que plutôt ce mot-là germe dans leur esprit, avant même le mot galvaudé et dénaturé de sens qu’est le mot «intelligence».

Je cite : «En France, ils seraient 1,2 million. Surdoués, avec un QI supérieur à 130, contre une moyenne de 100 et des qualités impressionnantes.»

Nous sommes 65 millions en France. Donc 1,2 divisé par 65 est égal à 1,85% de QI supérieur à 130 en France.

Or, j’ai cependant une autre donnée qui contredit celle énoncée par l’article. En effet, je cite : «3 % dépassent le seuil de 130, ce qui indique un niveau très supérieur à la moyenne».   Source : http://www.doctissimo.fr/html/sante/mag_2002/sem01/mag0524/dossier/sa_5531_qi_dix_questions.htm

1,85% et 3% ce n’est pas pareil.

Cependant, le lien que je viens de coller ci-dessus (Doctissimo) affirme que les tests de QI sont fiables. Or, j’ai réalisé une expérience statistique qui montre l’existence d’une marge d’incertitude qui n’est jamais prise en compte. Voir ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/05/24/experience-statistique-sur-9-tests-de-qi/

En effet, avec 9 tests de QI (scores = 119 ; 135 ; 131 ; 131 ; 103 ; 131 ; 119 ; 119 ; 143), on peut constater que mes scores supérieurs ou égaux à 130 concernent 5 tests sur 9, soit une probabilité de 55,5% pour que mon QI moyen soit au-dessus de la frontière du surdon. Un test, par conséquent, n’a pas de valeur certaine. Pour environ 1 test sur 2, je suis parfois surdoué, mais aussi parfois sous-doué. Un test de QI ne signifie rien, il n’a pas de valeur scientifique. J’ai observé que lors d’une même journée, des tests de QI sont plutôt disparates, ils ne convergent pas autour d’une valeur précise du QI. Alors, quand il s’agit de tests espacés dans le temps pour croire à une évolution en mieux ou en pire du QI, ça n’a pas plus de valeur ni de crédibilité…

Puis aussi, je trouve que le profil général des enfants surdoués ressemble plus à une caricature qu’aux réalités (pluriel, car tout le monde a sa façon personnelle d’apprendre et d’appréhender les choses).

Ainsi, si la moitié des tests de QI suggèrent que je fais partie des surdoués (je n’aime pas trop cette classification, je me trouve très ordinaire), je ne corresponds pas à plusieurs caractéristiques du surdoué. En effet, si j’ai acquis tôt la capacité de parler (à un âge moyen et ordinaire), je n’ai pas eu un vocabulaire riche jusqu’à l’adolescence, période à laquelle je me suis mis à lire des dictionnaires. Je m’emmerdais franchement pendant les cours de français quand j’étais collégien : à quoi sert-il de stocker en mémoire des règles de grammaire (sujet, verbe, complément, conjonction, pronom…) si on sait déjà écrire une dictée avec moins de 1 ou 2 fautes ? Programmes scolaires souvent futiles. Les phrases vraiment bien construites, ce n’est qu’à partir de 2007, époque où j’ai commencé mon blog, que j’ai pu développer cette aptitude, parce que je suis devenu assez prolifique en dactylographie. Plus jeune, je n’étais pas vraiment capable de me concentrer, pas particulièrement éveillé. Faire un calcul de la division à la main, en classe de CM1 était un cauchemar pour moi à l’époque, jamais je n’aurais cru suivre des études universitaires en suivant un DEUG de maths et informatique appliquées en sciences… On change énormément avec le temps, au point de devenir le contraire de ce qu’on a été. Seul beaucoup de travail cérébral, et prendre goût à ce qu’on fait, peut permettre cela. Mais une grosse déprime peut altérer la qualité de ce qu’on fait. Beaucoup d’étudiants sont concernés par la déprime et préfèrent ne jamais en parler. Puis aussi, je n’ai pas particulièrement une mémoire étonnante, j’ai peine à me souvenir des poésies récitées. Mais j’ai une très bonne mémoire des nombres, et pour un domaine comme l’astronomie. Puis je n’aimais pas vraiment la compagnie des adultes, j’étais plutôt sauvage, dans mon monde, je préférais la solitude et lire des livres. Si quelqu’un me définit comme un homme intelligent, j’ajoute que je n’étais pas du tout un esprit précoce. Je doute de l’affirmation selon laquelle l’intelligence rime avec la rapidité cérébrale. Être rapide est utile dans les situations extrêmes de survie, pour échapper aux caïmans, aux éléphants furieux et au grand requin blanc. La peur salvatrice concerne plutôt l’hypothalamus et les glandes surrénales (sécrétion d’adrénaline), ce n’est pas vraiment de «l’intelligence». L’intelligence c’est plutôt la jugeotte, la faculté de réflexion, et cela concerne la région préfrontale du cerveau. Et réfléchir, ça nécessite un travail patient, donc il faut du temps. La rapidité ne sert qu’à augmenter le risque de se tromper quand on essaie de résoudre un problème complexe. Être rapide n’est pas vraiment un critère d’intelligence. Il peut m’arriver d’écrire un seul article sur mon blog en 2 ou 3 heures, je ne suis pas un rapide mais je ne vois pas le temps passer, mais au moins je réfléchis, et je relis souvent mes textes afin de réduire le risque d’erreur, d’oubli ou d’inexactitude. Être rapide, ce n’est pas réfléchir.

En poursuivant la lecture de l’article de lesechos.fr (voir le lien plus haut), je dois préciser un truc. Il s’agit de la quête de sens, comme un des critères de surdouance. La quête de sens, c’est assez motivant en science, cela éveille à la curiosité. Comment ça marche, voila une question adaptée au contexte scientifique. Comment. La question du comment trouve ses réponses à travers l’expérience objective du réel, et trouver une quelconque utilité aux connaissances découvertes. Un sens fondé sur des connaissances objectives et pragmatiques. Donc là, ça va. Mais le problème que je dois évoquer concerne la quête de sens à travers la question du pourquoi, et non plus celle du comment. Un pourquoi qui concerne spécialement la métaphysique. La quête d’un sens métaphysique, à ne pas confondre avec la quête d’un sens scientifique. Vouloir trouver un sens à absolument tout, surtout dans le domaine de la métaphysique, c’est s’aliéner l’esprit, c’est courir le risque de s’enfermer dans le dogmatisme et l’idéologie. La jugeotte s’appuie sur des axiomes mathématiques qui sont appuyés par des observations et des expériences reproductibles, à travers des données quantifiables, et dont la théorisation est conditionnée par des hypothèses réfutables. La jugeotte, en tant qu’intelligence pratique, s’appuie autant qu’elle peut sur l’expérience sensorielle et instrumentale du réel. Peut-il y avoir de l’intelligence en l’absence de rationalité, en l’absence de quantification de phénomènes, en l’absence de preuves matérielles (atomes, molécules, forces, champs…) et dans l’absence de situations selon lesquelles il n’est pas possible de concevoir une expérience qui prouve la fausseté d’une hypothèse si celle-ci est fausse ? Sans rationalité ni connaissances factuelles, je n’y vois pas une roupie d’intelligence si l’on utilise des idées dénuées de crédibilité objective, j’y vois seulement de la crédulité, de la superstition ou du mysticisme. Notons bien que l’intelligence est équivalent à vecteur de connaissance.

À ce propos, existe t-il un protocole expérimental sur les tests de QI afin de pouvoir réfuter un test de QI si ce test est faux ?

Je viens de m’apercevoir d’un truc. Dans le monde, il y a a priori 70 à 210 millions de «surdoués» (1 à 3% de l’humanité) puisque nous sommes 7 milliards. La Mensa, elle, regroupe 140 000 surdoués à travers le monde. Donc une large majorité de surdoués dans le monde ne jugent pas utile d’intégrer la Mensa. Puis, quelle est l’utilité de la Mensa ? Je pense qu’il faut apprendre à vivre et à s’adapter aux gens, sans distinctions à propos de leur origine, de leurs différences, etc. S’isoler avec ses semblables, c’est se créer une vie artificielle qui n’est pas représentative des réalités quotidiennes. Les gens les plus futés ont-ils réussi à apporter la paix durable dans le monde, le progrès scientifique sans problème environnemental, le recul de l’illettrisme par l’apport de méthodes efficaces, le développement de l’esprit critique dans les écoles ?… Les êtres humains sont égaux dans leurs limites, malgré la bonne volonté.

La Mensa accepte les QI à partir de 132. En examinant mes 9 tests de QI, seuls 2 tests sur 9 répondent à ce critère de sélection, soit 22,2% de probabilité. Pourtant, en ayant essayé une fois de façon récréative un test préliminaire de Mensa en ligne, j’ai été informé que ma candidature était possible. Mais je ne compte absolument pas faire partie de cette association. Je montre seulement que les tests de QI issus d’une même méthode de conception de tests ont des résultats aussi divergents que des tests issus de méthode de conceptions différentes (il existe plusieurs échelles, dont l’échelle de Wechsler).

Je pense que si plusieurs indices existent pour dépister un intellect au-dessus de la moyenne, il est réducteur et simpliste de catégoriser la surdouance jusqu’à la caricature. Il n’existe pas de profil type. Les aptitudes intellectuelles sont multiples et diversifiées. Les intellects au-dessus de la moyenne sont différents entre eux, avec leur propre parcours, leur vécu, leur façon de voir les choses. De même pour les personnes dans la «norme», différents entre eux dans leurs aptitudes, leurs habitudes, leurs idées. 2talonner les gens sur leur QI, c’est très réducteur et simpliste. Le contexte est beaucoup plus complexe que ça, ce qui rend les méthodes d’enseignement très difficiles à mettre en place.

Pour faire un bilan : j’ai un avis ouvertement sceptique envers le concept de QI, concept galvaudé et mis à toutes les sauces à travers les médias et internet. Et même à la TV française où par exemple j’ai aperçu vaguement l’émission E=M6 sur la chaîne M6 hier soir le 24 mars 2013, dont l’un des thèmes était : «faire du sport rend intelligent». Plasticité cérébrale, adaptation, oui. Mais intelligence, pffff, ils sont audacieux de dire cela… Quand des systèmes neuromimétiques, via des modèles cybernétiques simples et composés de quelques pseudo-neurones, sont capables d’apprendre et de s’adapter selon les données reçues, peut-on par exemple parler d’intelligence dans ce cas ? Ce serait exagérer. Apprendre à faire du vélo et s’adapter, ce n’est pas de l’intelligence, cela relève plutôt d’une forme d’automatisme musculaire et cérébral par des apprentissages répétés.

  • Voici un troisième article : http://les-tribulations-dun-petit-zebre.com/2013/03/21/gromov-la-science-bute-sur-trois-enigmes-majeures-le-jdd-mars-2013/
  • Cet article du Petit Zèbre dit vrai en disant que les maths sont une activité ludique et qu’elles sont enseignées de façon ennuyeuse. Le mathématicien Gromov a raison de dire que la moitié de la population soit naturellement apte aux mathématiques. Une réforme de l’enseignement est nécessaire devant le recul inquiétant des vocations scientifiques. Il faut concevoir des méthodes d’enseignement personnalisé. M. Gromov a tout-à-fait raison de souligner qu’il n’y a pratiquement aucune recherche sur l’éducation et que tout le monde croit savoir comment enseigner. Enseigner est une mission difficile.
  • Si croire rassure et donne une belle image idéale de la vie et de l’après-vie, le savoir et la connaissance conduisent à la désillusion et donc la déception. La connaissance ne satisfait pas les scientifiques. Au contraire, on est toujours insatisfait. Dans leur tête, les scientifiques ne se sentent jamais bons, ils sont toujours remplis de doutes et doutent d’eux-mêmes, mais c’est cela qui nous fait aller de l’avant… D’aller plus loin. De ne jamais tenir une information pour vraie.
  • Par contre, je suis en désaccord partiel sur un point raconté par M. Gromov : «Le mystère de la vie. Comment est-elle survenue? Qu’est-ce qui l’a créée? Quand on regarde tous les paramètres, à l’évidence, les probabilités sont extrêmement basses qu’elle survienne. Elle n’aurait pas dû arriver et pourtant elle est survenue.» Il évoque ici le principe anthropique, on divague sur de la métaphysique. En biochimie, les réactions sont nombreuses et complexes, et des réactions à température ambiante (entre 20 et 40°C) auraient été impossibles sans des molécules protéiques que sont les enzymes. Les enzymes, en biochimie, sont des catalyseurs naturels qui facilite grandement les réactions biochimiques en multipliant les chances de se synthétiser. Plus il y a de réactions catalysées, plus il y a de chances que la vie émerge au hasard, à travers des mécanismes biochimiques dans lesquels l’hypothèse d’un Créateur ou Démiurge n’est scientifiquement pas nécessaire… Le principe anthropique fait le déni du hasard. Ce n’est pourtant pas pour rien que l’on a conçu la théorie des probabilités. Le hasard à lui seul peut nous dispenser d’avoir recours à un principe anthropique qui, de toute façon, est une hypothèse irréfutable donc dénuée d’approche scientifique.

Si j’ai une conception précise de l’intelligence, ma conception ne jette pas aux orties des domaines comme l’art, par exemple. Une œuvre d’art, par exemple un tableau de peinture à l’huile, n’est pas sensée être une connaissance objective. Une œuvre elle-même sur ce qu’elle représente, s’appuie sur l’émotion, sur l’intelligence aussi mais dans un autre contexte où l’on ne mélange pas la science à l’art ni à la foi. L’art, très souvent, met en image et en valeur ce qui est beau, du beau naturel ou du beau théorique ou idéal. Ce que représente l’art est d’ordre intuitif et émotionnel. Cependant, avec le concept de beauté mathématique, ça va bien au-delà de ces considérations. Mais pour y réfléchir, si ce qui est représenté est émotionnel, l’art lui-même en tant que technique, entre le support, les éléments appliqués et l’artiste, il s’agit d’une technique ayant sa part de rationalité et d’expérimentation. Par exemple, le français Conté était à la fois peintre et chimiste. De la chimie pour créer des couleurs avec des pigments naturels, des liants et une charge, comme le mode de fabrication des pastels. Les œuvres d’art sont l’effet de l’intuition et de la créativité, et les moyens conçus pour faire de l’art ont mobilisé de l’intelligence, voila comment je vois les choses à propos de l’art. J’ai un aveu à faire. Avant d’embrasser une carrière scientifique, j’ai failli aller aux Beaux-Arts… Je suis un dessinateur habile, et j’obtiens des choses magnifiques avec la sanguine (les pastels c’est formidable, d’ailleurs je me demande pourquoi la mode a reculé depuis la Renaissance). D’ailleurs, j’adore le style de la Renaissance. J’aime les arts traditionnels. L’art digital, l’infographie, ça peut être joli aussi mais ce n’est pas pareil, c’est moins mon truc. Cet aveu doit en étonner plus d’un.  😉 Si je n’expose pas d’art dans mon blog, j’ai une raison simple : je sépare strictement les domaines d’activités entre eux. La démarcation est un principe qui lève toute ambiguïté. Ce serait ballot par exemple que certains croient que la Matrice existe vraiment, avec nos amis Neo et Morphéus, alors que ce thème appartient à l’art du cinéma. Le pire, c’est qu’il y en a qui y croient vraiment…  o_O’

Parodie ironique et humoristique de Matrix :
Bon, tu prends la pilule blanche ou la pilule rouge ? C’est cela ouiii, l’une c’est du Vhyagrää et l’autre c’est du cyanure, héhé. Comment ça, tu cherches la pilule bleue ??  Bon ok, mais ne fais pas trop mal au lapin blanc, hein.   😉

Ajout subsidiaire :

J’ai parlé de jugeotte et d’intellect dans le cas de l’intelligence analytique logico-mathématique, bien qu’il existe d’autres formes de jugeottes. J’ai préféré parler de l’intelligence analytique car elle est la plus adaptée dans le domaine des sciences et de la théorie de la connaissance. Un artiste peut être un grand maître de créativité et de sensibilité, c’est une forme plus instinctive de l’intelligence, mais c’est différent de l’intelligence logico-mathématique, moi-même j’en sais quelque chose de par mon expérience personnelle, car j’alterne entre l’art et les sciences.

Mais on ne peut pas avoir un avis tranché en matière d’intelligence. C’est un sujet plus complexe que le concept réducteur du QI.

La question intéressante à se poser : qu’est-ce qui n’est pas de l’intelligence ? L’absence d’esprit critique, selon moi.

Sans esprit critique, on est vulnérable à la désinformation sous toutes ses formes. L’auto-défense intellectuelle est un outil qui change beaucoup de choses, ça ne rend pas forcément plus intelligent, mais ça rend certainement l’esprit moins perméable aux impostures intellectuelles. La bêtise, c’est quand on se laisse aller, quand on ne réfléchit pas assez, quand on n’observe objectivement pas assez, quand on ne laisse pas les croyances et les préjugés au vestiaire.

Le scepticisme scientifique a changé ma vie en mieux. Pourquoi pas la vôtre ?

 

Voila, l’article présent est fini. 🙂

 

© 2013 John Philip C. Manson

Une découverte hors de notre portée technique est-elle une preuve indirecte d’une civilisation extraterrestre technique ?

Une chose qui est hors de notre portée ne peut pas être découverte…
Une preuve matérielle (atomes, molécules, champs, forces, spectre électromagnétique…) est ce qui est nécessairement à la portée de nos yeux ou de nos instruments de mesure (observations + expériences).«Une découverte hors de notre portée», dans le sens d’impossibilité de l’observer ou de l’expérimenter, est une contradiction.

Vivre dans la contradiction sans éprouver la moindre gêne, c’est une bizarrerie. Les contradictions incitent au doute.

Une chose qui existe doit nécessairement pouvoir être prouvée. On peut disposer des moyens d’observation pour cela, ou savoir comment faire mais ne pas pouvoir le faire, tout est question de temps et d’argent et de moyens parfois difficiles à mettre en œuvre.
Mais l’inexistence d’une chose ne peut pas être prouvée, c’est un non-sens. Mais quiconque affirme l’existence de X doit prouver lui-même que X existe. Ce n’est pas aux sceptiques de prouver que X n’existe pas, parce que c’est un non-sens logique.

L’exemple de l’étoile à neutrons a de particulier que celui-ci est un concept a priori crédible, mais techniquement on n’a aucune observation ni aucune expérimentation en ce qui concerne une masse compacte de neutrons à l’échelle macroscopique (techniquement on ne connaît que les neutrons individuels et très rapides, comme ceux émis par certains corps radioactifs). L’étoile à neutrons est un objet théorique mais on n’a aucune preuve de ce que c’est concrètement et de ce qui s’y passe. Donc je maintiens mes propos : une découverte repose nécessairement sur des preuves observationnelles ou expérimentales. Un concept crédible peut précéder une découverte, mais il n’y a de découverte que si le modèle est validé par des preuves. Autrement, ça ne reste qu’une hypothèse. Tout ce que nous avons actuellement au sujet des étoiles à neutrons, ce sont les «vues d’artiste», et l’on a d’observation que les rayons X que ces étoiles émettent… (exemple ici : http://www.techno-science.net/?onglet=news&news=4434 ) L’imaginaire ne doit pas remplacer la méthode scientifique.

Dans tout ce que je dis, je ne nie rien. Je ne nie pas par exemple l’existence des étoiles à neutrons. En science, les preuves se révèlent nécessaires, c’est tout. À propos de l’invisibilité, si ce phénomène paraissait impossible autrefois, et qu’il commence à devenir crédible techniquement, on commence alors à disposer de preuves que cela commence à devenir une réalité. Mais tant que les travaux sur l’invisibilité n’étaient pas encore développés, nous ne pouvions pas savoir d’avance si cela était possible ou pas. Une découverte ne se devine pas d’avance par télépathie ni par la voyance… Exiger des preuves et nier quelque chose, ce sont deux choses différentes. On ne peut pas deviner ce que sont les choses tant qu’on ne les aura pas encore observées ou expérimentées. Ce serait périlleux de croire que des modèles théoriques sont des faits.

  • «Toute connaissance accessible doit être atteinte par des méthodes scientifiques ; et ce que la science ne peut pas découvrir, l’humanité ne peut pas le connaître.»    (Bertrand Russell / 1872-1970 / Religion et Science / 1957)