Encore une erreur dans le synopsis d’un documentaire

 

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Ce documentaire est rediffusé sur la chaîne ARTE le 6 août 2016.

Mais l’erreur présente dans le synopsis ci-dessus n’a toujours pas été corrigée… J’en ai déjà parlé plusieurs mois plus tôt dans mon blog.

La Voie Lactée contient environ 200 milliards d’étoiles, pas 200 millions.

Mais la chaîne ARTE n’est pas en tort. En fait, c’est le journaliste du magazine TV qui n’est pas capable de recopier soigneusement le texte de Arte, et qui n’a pas consciencieusement corrigé cette erreur qui persiste…

 

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Quand les documentaires TV réécrivent l’Histoire

Documentaires TV, le délire continue…

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Soyons fermes et objectifs tout de suite. Les hominidés n’ont jamais coexisté ni cohabité avec les dinosaures.

Entre le moment de la disparition des dinosaures et l’apparition des premiers hominidés, il s’est écoulé environ 58 millions d’années. Les dinosaures se sont éteints il y a 65 millions d’années, à la fin du Crétacé. Les premiers hominidés apparurent il y a environ 7 millions d’années.

Les anachronismes flagrants en paléontologie ou en Histoire, cela n’est pas faire du documentaire, mais de la sciencefiction. Un documentaire est sensé être fait pour informer, tandis que la science-fiction est un genre littéraire fait pour distraire.

Mis à part les anachronismes, le lien entre les dinosaures et les extraterrestres manque aussi de pertinence…

De plus, le synopsis parle d’un dinosaure appelé stégosaure, mais sur la photographie on voit la photo du squelette d’un tricératops, ce qui n’est pas la même espèce d’animal.

Ensuite, la dernière phrase du synopsis de la série « documentaire » est bizarre elle aussi : les plus grands cataclysmes sont-ils naturels ? Si les humains sont doués pour foutre le bordel, il est toutefois stupide de nier le rôle naturel et aléatoire des événements naturels. Qui aurait intérêt à anéantir la Terre ? Les aliens ? Dieu ? Satan ? La connerie humaine ? Pourquoi nier le hasard ?

Les humains se font beaucoup trop de films dans leur tête…

Je me demande comment on peut faire passer ce genre d’émission de sciencefiction comme un documentaire… N’y a t-il aucune évaluation afin d’éviter toute forme de désinformation scientifique ? C’est affligeant…

 

 

© John Philip C. Manson

Albert Einstein tourné en dérision par un « documentaire » TV

N’importe quoi…

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Certains « documentaires » racontent des âneries. Ici, Einstein est considéré comme un extraterrestre, comme si les auteurs du « documentaire » rejetaient le fait que le cerveau humain est suffisant pour apprendre les mathématiques…

Les maths et les sciences, ce n’est pas insurmontable : il faut être motivé, intéressé par cela, et se mettre au travail. Il n’existe pas d’aptitude aux maths sans efforts.

Croire que les extraterrestres sont à l’origine des connaissances les plus complexes, c’est faire le déni de l’intelligence humaine, c’est insulter l’espèce humaine. Mais quand je vois le niveau polémique du synopsis de ce « documentaire », je crois plutôt à la connerie humaine, là…

La TV c’est de pire en pire…

(c) 2014 John Philip C. Manson

Sur certains documentaires actuels

Je me demande si la mission de la TV est d’informer ou de faire de l’audimat.

On voit beaucoup de sport, notamment le football en ce moment (normal c’est la coupe du monde). Du sport il en faut, bien sûr. Mais en ce qui concernent les «sports intellectuels», c’est le vide sidéral : je ne vois pas de tournois de jeu d’échecs à la TV par exemple. Les compétitions cérébrales, ça n’attire pas les téléspectateurs ?

Mais aujourd’hui, je vais parler des documentaires télévisés.

Ce matin, j’ai feuilleté les pages d’un magazine de programmes TV. J’ai relevé deux choses qu’il va falloir recadrer dans leur contexte.

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Des preuves de l’existence d’une civilisation extraterrestre venue sur Terre ? C’est faux. Il n’y a pas de preuves objectives à ce jour. Ce qui est raconté par les polémistes en ce qui concerne les tablettes sumériennes ne provient que d’interprétations subjectives, souvent sans même que les protagonistes (qui ne sont pas des historiens) n’aient examinés soigneusement eux-mêmes ces tablettes… La civilisation sumérienne possède beaucoup de mythes, c’est certain, mais les mythes sont l’ensemble des croyances et légendes d’un peuple. Les mythes ne sont pas la réalité. De là à faire l’amalgame entre les dieux antiques et les aliens, c’est fort de café… Les interprétations mystiques actuelles sur les sumériens et les extraterrestres, c’est en lien avec les Annunakis et Nibiru, souvent tirés des romans de Zecharia Sitchin, ces récits font fantasmer les adeptes du New Age qui nous annonçaient la fin du monde pour le 21/12/2012 qui n’a pas eu lieu…

Un aperçu d’une tablette sumérienne, en écriture cunéiforme : http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Table_de_division_et_de_conversion_des_fractions_-_Louvre_-_AO_6456.JPG L’écriture et le calcul sont des inventions humaines très importante lors de l’émergence de l’agriculture au Proche Orient.

Exemple de texte sumérien : http://fr.wikipedia.org/wiki/Sum%C3%A9rien#Exemple_de_texte  Ça parle de roi, des dieux, de guerriers, de sanctuaire.

Sitchin est l’auteur d’un livre («La douxième planète»), un livre truffé d’informations fausses (à moins que la fiction mise en scène est typique de ce que le livre est : un roman) sur la signification de certains mots en hébreu dans l’Ancien Testament. Ces mots étant notamment «Nephilim», «Giborim», «Elohim» et «Shem».

De plus, un sévère anachronisme et un amalgame : la fin du monde pour décembre 2012, ce fut annoncé par les sumériens ou les mayas ? Les mayas seulement (et à partir d’une seule phrase mal interprétée), mais pas les sumériens du tout. Ce sont deux mythes distincts que Sitchin avait trouvé bien de mélanger.

Maintenant, que dire sur la fin du monde pour 2012 qui fut prétendument une prédiction des mayas ?

Je cite Jean-Michel Hoppan, du centre d’études des langues indigènes d’Amérique :

“Cette date, toutefois (le 21 décembre 2012), n’apparaît que dans une seule et incomplète inscription maya datant de la seconde moitié du VIIe siècle, sur le monument 6 du site archéologique de Totuguero, dans l’état de Tabasco, au Mexique. Le long texte de cette stèle s’achève par une référence à la date du ’4 Ahau 3 Kankin’ mais juste pour signaler ‘qu’interviendra alors une divinité appelée Bolonyocte’. Rien d’autre. Surtout, la fin d’un cycle, dans l’esprit des mayas, ne signifiait nullement la fin DU monde, mais la fin D’UN monde, le début d’une nouvelle ère dédiée, comme les précédentes à des entités mythiques. Cela leur permettait en quelque sorte de remettre les compteurs zéro.” 

En d’autre termes, tout ce qui a été rajouté sur le 21 décembre 2012 n’est que pure affabulation. Car il n’existe aucune prophétie maya prétendant que la fin du monde arrivera à cette date.

Intéressant : http://www.sceptiques.qc.ca/dictionnaire/sitchin.html

Faites vos recherches et vous verrez que 100% de ceux qui parlent de la planète X portant le nom de Nibiru et ses habitants les Annunakis tirent leurs informations ou bien directement des livres de M. Sitchin, ou bien indirectement par autres livres ou sites web (forums et blogs) interposés.

De là à ce que la TV diffuse ces salades comme relevant de la réalité historique ou scientifique, c’est grave.

 

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Autre synopsis de la même émission TV. Oui, selon les lois de la physique, la vitesse de la lumière dans le vide est ultime, et constante, et il est impossible de dépasser cette vitesse ni même de l’atteindre. Plus concrètement, la constance de la vitesse de la lumière est un des postulats de la théorie de la relativité. Et depuis plus d’un siècle, on n’a pas pu contredire la théorie de la relativité (mais ça ne veut pas dire forcément qu’une théorie est vraie, on dit plutôt qu’une théorie est potentiellement falsifiable (réfutable)).

Les scientifiques tentent-ils de franchir la barrière de la lumière ? Est-ce envisageable ? Sur papier, certains physiciens ont proposé l’hypothèse des tachyons, qui iraient plus vite que la lumière, d’autres ont imaginé une distorsion de l’espace-temps pour réduire la durée des voyages interstellaires (warpdriving d’Alcubierre). Dans les faits, rien n’indique que l’on puisse dépasser la vitesse de la lumière.

Cependant, contrairement à ce que raconte le synopsis ci-dessus, il n’existe aucune preuve de l’existence des univers parallèles. Tout ce que nous avons actuellement, ce sont des hypothèses, pas des faits… Des physiciens proposent des hypothèses, mais ils n’ont pas de preuves à propos des univers parallèles.

Des contre-vérités dans des émissions TV leur ôtent l’appellation de documentaires…

Concrètement, c’est quoi, un documentaire ? Un documentaire est soit artistique et créatif (ça peut être un reportage dans les musées du mouvement impressionniste ou expressionniste, par exemple), soit informatif ou didactique (historique, animalier, ou scientifique ; mais diffuser de la désinformation ce n’est pas faire du documentaire). Le genre documentaire étant construit à partir d’images du réel, il s’oppose au genre fiction. Néanmoins, la reconstruction historique avec des comédiens fait appel au docu-fiction. Le docu-fiction, c’est le cas particulier où on fait appel à la fiction pour évoquer des faits historiques que l’on reconstitue, mais des faits qui furent réels, évidemment.

Mais faire passer des mythes antiques ou contemporains pour la réalité, ce n’est pas faire du documentaire… Si on me dit que c’est une forme d’art, OK, il s’agit alors de science-fiction. Mais si c’est pour faire croire des balivernes, en faisant passer pour véridique ce qui est inepte, alors il s’agit d’une tromperie. On peut me raconter que c’était de bonne foi, qu’on croyait que c’était vrai, des faits que l’on croyait réels… Mais pourtant, internet regorge de ressources documentaires non négligeables pour s’informer et recouper les informations, c’est ce que j’avais fait en enquêtant sur le mythe de Nibiru et la secte New Age à propos du thème de la fin du monde et du calendrier maya. Quand on cherche bien, et sérieusement, on trouve !

 

 

© 2014 John Philip C. Manson

 

 

Le documentaire, un genre dénaturé par la télévision

« La course à l’audience dicte l’écriture et le formatage des documentaires depuis une dizaine d’années en France. »  (José Chidlovsky)

L’article d’Acrimed résume assez bien le fond de ma pensée sur ce qui se passe à la TV. Cela vaut aussi pour le cyber-journalisme sur internet, ainsi que la presse au format papier. Il y a une paupérisation de l’information sur les sujets scientifiques et connexes. Cela devient similaire à la télé-réalité. Il n’y a qu’à éplucher par exemple les magazines TV pour constater cet échec : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/09/03/le-betisier-scientifique-de-lete/ et https://jpcmanson.wordpress.com/2013/09/09/le-betisier-de-lete-suite/

Des émissions intéressantes et réellement instructives comme «C’est pas sorcier» disparaissent. L’année 2013 marque la fin de l’émission «C’est pas sorcier», et l’animateur Frédéric Courant a malheureusement été «remercié» après 20 ans de loyaux services… Quel genre de choses va assurer la relève ? C’est inquiétant.

L’esprit critique est indispensable à travers l’évaluation du contenu publié mais aussi à travers la critique des procédés via lesquels ce contenu est publié.

Les erreurs et incohérences existent (cela arrive naturellement par accident) même dans des livres sérieux : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/12/28/une-erreur-dans-un-livre-de-thermodynamique-pour-ingenieurs/     Et souvent, à travers des documentaires bâclés et bidonnés (délibérément ?), plus c’est gros plus ça passe…

Les informations sont réduites à un produit à vendre et dont on fait des économies pour le simplifier jusqu’à en lui ôter sa substance (son signifiant), et non plus faire des informations comme être un support de connaissance. Comment cela va t-il évoluer (ou dégénérer) ?

jargon

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© 2013 John Philip C. Manson