Peut-on gagner 7 fois au Loto ?

Un américain aurait gagné pour la septième fois au Power Ball, le loto américain.

Pourtant, selon les spécialistes, les chances de gagner le gros lot sont de 1 sur 175 millions.
Très sceptique, on va évaluer ce phénomène douteux avec la théorie des probabilités. On va prendre l’exemple du jeu de dés pour bien illustrer les chances que l’on a pour sortir un chiffre précis.
  • Avec un seul dé à six faces, on a une chance sur 6 de sortir un 6.
  • Avec deux dés, on a une chance sur 6² = 36 de sortir un double 6.
  • Avec trois dés, on a une chance sur 6³ = 216 de sortir un triple 6.

La loi générale pour n’avoir que le chiffre 6 partout quand on lance N dés montre que la probabilité d’avoir le chiffre 6 partout est de 1 / 6^N  (l’accent circonflexe désigne l’élévation à la puissance).

Donc, avec le Loto américain, le PowerBall, la probabilité de remporter le gros lot est de 1 sur 175 millions. Cette information va se révéler importante.

Quelle est la probabilité pour qu’un homme précis gagne 7 fois le gros lot du Power Ball ?

P = (1 / 175 000 000)⁷ = 1 chance sur 5 026 507 568 359 375 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000.

Je mets en valeur explicite le grand dénominateur de la fraction ci-dessus. Une chance sur environ 5 × 10⁵⁷.

La probabilité est quasiment nulle.

À titre de comparaison, prenons l’exemple d’une planète quelconque qui est éjectée de son orbite elliptique à cause de sa proximité d’un trou noir. Supposons que cette planète provienne d’aussi loin que le fond de l’univers observable (à des milliards d’années-lumière) et qu’elle se déplace presque à la vitesse de la lumière. Alors la probabilité pour qu’elle percute exactement la Terre au hasard par rapport à toutes les trajectoires possibles est de 1 / 4,2 × 10³⁸, ce qui est environ 12 milliards de milliards de fois PLUS PROBABLE que de gagner 7 fois le gros lot du PowerBall !!!

Si ce Loto est entièrement régi par le hasard, gagner 7 fois pour un seul homme est impossible, d’après la théorie des probabilités. En revanche, si ces 7 gains sont réels, alors ce n’est pas par hasard. Une piste pour une explication ? Voici cela : http://en.wikipedia.org/wiki/Powerball dans lequel on peut lire une suspicion de fraude. Dans une autre page : http://www.consumerfraudreporting.org/lotteryscam_Powerball2.php il y est question de mail frauduleux (un scam sur la loterie). Les arnaques sur des martingales ont toujours existé. Donc attention aux faux conseils. Une incitation à la prudence est publiée ici : http://fr.playitalianlotto.com/lottery-fraud-a-scams.html (en résumé : ne pas répondre aux scams, ne jamais envoyer d’argent, ne pas donner de coordonnées bancaires ou administratives, ne pas ouvrir des fichiers joints). Interpol s’occupe de ce type de fraude.

Dans une page, on peut lire la liste des probabilités de gain au PowerBall : http://fr.playitalianlotto.com/usa-powerball-lottery-lotto.html

Par exemple, on voit qu’avec 5 bons numéros, on a une chance sur 5 153 633 de gagner. Avec cette information, on peut calculer combien il y a de numéros au total.

x! / (5! × (x – 5)!) = 5 153 633                         je trouve une solution :  x = 59

Le nombre de numéros pour le jeu est donc de 59. C’est ce qui est dit dans la page, les numéros vont jusqu’à 59. Mon calcul se base sur un phénomène totalement aléatoire (l’analyse combinatoire), les numéros du PowerBall sortent donc vraiment au hasard. On ne peut donc pas trouver de méthode déterministe permettant de trouver les bons numéros pour remporter le gros lot. Dans ce contexte, une série inexpliquée de 7 jackpots éveille légitimement des suspicions…

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© 2013 John Philip C. Manson

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Le concept de «pensée de Dieu» est-il scientifique ?

PHILOSOPHIE ET ÉPISTÉMOLOGIE

Le concept de «pensée de Dieu» est-il scientifique ? Voila un sujet qui aurait été intéressant à poser aux épreuves du Bac de Philosophie.

  • D’où vient l’énergie du Big Bang ? Déjà, cette question n’est a priori pas scientifique mais plutôt métaphysique, elle est invérifiable et irréfutable, il n’est pas possible de concevoir une expérience scientifique permettant de réfuter a priori nos hypothèses si ces hypothèses étaient fausses.
  • De plus, la question de provenance de l’énergie par rapport à une époque antérieure au Big Bang pose un paradoxe temporel (l’énergie est une grandeur physique qui existe dans l’espace-temps, c’est un non-sens de parler d’énergie avant l’origine de l’espace-temps). La création de l’énergie contredit le principe de conservation de l’énergie selon la thermodynamique (l’énergie n’est jamais créée ni détruite). Voir ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Premier_principe_de_la_thermodynamique
  • Ensuite, à propos de la «pensée de dieu», c’est une contre-vérité de croire qu’Einstein avait eu l’intuition de la naissance de l’univers avant 1929, alors qu’à l’époque les physiciens pensaient que l’univers était statique. L’univers d’Einstein est le nom qui a été donné au premier modèle cosmologique basé sur la théorie de la relativité générale découverte par Albert Einstein en 1915. Le modèle d’univers statique et immuable a été proposé par Einstein lui-même en 1917, mais a été abandonné suite à la découverte de l’expansion de l’univers par Edwin Hubble en 1929. Voir ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Univers_d%27Einstein

Je ne pense pas qu’Einstein ait évoqué Dieu pendant des cours de physique, en tant qu’étudiant ou en tant que professeur. Voici une citation authentique d’Einstein : «Le mot Dieu n’est pour moi rien de plus que l’expression et le produit des faiblesses humaines, la Bible une collection de légendes certes honorables, mais primitives et qui sont néanmoins assez puériles. Aucune interprétation, aussi subtile soit-elle peut (pour moi) changer cela.»  (voir le lien ci-dessus pour les références). Ainsi, citer Einstein pour appuyer l’idée d’une «pensée de Dieu» est une erreur de discernement.

Einstein était agnostique ou panthéiste (au sens de Spinoza), mais il n’était pas pratiquant ni «croyant», il se servait de Dieu dans ses livres comme une métaphore, une image, pas comme un fait.

Au fait, l’expression «connaître la pensée de Dieu» est de Stephen Hawking, pas d’Einstein. Mais Hawking aussi, comme Einstein, est finalement agnostique ou athée. Voir ici : http://www.lexpress.fr/actualites/2/l-univers-n-est-pas-une-creation-divine-dit-stephen-hawking_916731.html

En science, on ne s’appuie pas sur l’intuition, sauf peut-être pour émettre des hypothèses. Mais les hypothèses et les données observationnelles font surtout travailler la raison, la réflexion, la logique. En science, on n’a pas l’intuition de la naissance de l’univers. Au mieux, l’intuition produit l’hypothèse de la naissance de l’univers, une hypothèse qui doit par la suite être évaluée à travers des observations objectives. Jamais l’intuition n’établit directement la réalité. Au mieux, l’intuition est un outil secondaire de production d’hypothèses, mais les hypothèses à caractère scientifique s’appuie le plus souvent sur la raison et la logique. L’intuition peut venir aider la raison mais ne doit pas s’y substituer. La logique et l’empirisme sont le socle de la méthode scientifique, pas l’intuition.

Le mot «intuition» est étranger à la méthode scientifique qui, elle, est fondée sur des observations et des expériences quantitatives reproductibles. C’est le mot «hypothèse» qui joue un rôle déterminant dans la méthode scientifique, pourvu que l’hypothèse aie la possibilité d’être réfutable : on doit pouvoir réfuter l’hypothèse si cette hypothèse est fausse. C’est un critère nécessaire, il définit même la scientificité.

L’amalgame intuition/raison crée la confusion. La finalité de la science n’est pas de créer des concepts pseudo-scientifiques intuitifs ni des concepts métaphysiques invérifiables, mais de découvrir des lois scientifiques par l’appui des faits eux-mêmes, et eux seuls.

L’amalgame entre la science et la métaphysique est injustifié, et il est un égarement de l’esprit humain en quête de besoins mystiques qui s’opposent à la volonté de connaître des lois scientifiques.

L’ordre régnait-il dans l’univers naissant, au moment du Big Bang ? À haute température (10 puissance 32 kelvins), il n’y a pas d’ordre, l’agitation des particules élémentaires à haute énergies (10 puissance 19 GeV) est extrême, l’ordre n’est apparu qu’ensuite, quand la matière a commencé à se structurer, quand l’univers s’est refroidi suffisamment. Par analogie, quand on fait bouillir de la chair dans de la vapeur d’eau à plus de 100°C, les protéines n’ont plus de structures, les molécules sont lésées, c’est chaotique. En physique, quand l’énergie cinétique due à l’agitation thermique est supérieure à la force de gravitation et supérieure aux énergies de liaisons chimiques, il n’y a aucune structure, donc aucun ordre.

La métaphysique et la religion sont absolument distinctes de la science. Autrement, il ne s’agirait plus de problématique rationnelle. Le mélange du vrai et du faux est pire que le faux.

La métaphysique est la quête d’un sens, d’une harmonie universelle, c’est un système de pensée (ou même de croyance) qui rassure, qui donne l’impression d’un déterminisme, d’un dessein caché, une sécurité. Un concept sédatif où le hasard est nié, ignoré, malgré les faits rapportés par la science…

© 2012 John Philip C. Manson

Hasard et déterminisme

Hasard et déterminisme.

Le hasard est-il scientifique ?

Oui.

  • En maths on a la théorie des probabilités.
  • En physique, on a des théories probabilistes comme la mécanique quantique, la météorologie.
  • En économie, les fluctuations financières et les krachs boursiers imprévisibles et soudains.

Ainsi, nier la réalité du hasard c’est être ignorant ou être de mauvaise foi.
Il y a beaucoup de phénomènes imprédictibles, il existe une part d’incertitudes.

En bref, le hasard fait partie du champ d’étude de la science.

Une des applications les plus connues du hasard : quelle est la probabilité de gagner le gros lot avec 6 numéros du loto ?

        Le résultat de la fraction est : 

Qu’est-ce que le hasard ? Il existe un déterminisme dans, par exemple, le calcul des chances de gagner au Loto, mais il est impossible de prédire quels seront les numéros gagnants du Loto ni de prédire qui gagnera.

Il ne faut néanmoins pas confondre l’indéterminisme avec l’imprédictibilité. C’est-à-dire que l’imprédictibilité ne doit pas conduire à la conclusion que le déterminisme soit illusoire. Comme le calcul avec les factorielles le montre ci-dessus, s’il existe une imprédictibilité de ce qui surviendra, mais on peut cependant déterminer la part de chance ou de risque à propos de l’événement.

© 2012 John Philip C. Manson

La TV, le sensationnalisme et la science

Je viens de tomber sur un article fort intéressant :

En résumé, le scepticisme et la rigueur scientifique sont peu représentés dans les différents médias. Au contraire, une place importante y est souvent donnée à la pensée paranormale et aux théories alarmistes sous couvert de sensationnalisme. Pourtant, la science authentique, avec transparence, peut donner lieu à des émissions fort intéressantes, c’est mal connaître la science que travestir la réalité pour attirer les téléspectateurs. Pourtant, jamais l’obscurantisme n’a servi l’intérêt public, bien au contraire. Il faut trouver l’équilibre sain : faire de l’audience et informer véritablement. Ce qui serait plus logique, c’est que les émissions TV à caractère scientifique doivent être encadrées par des scientifiques.

 

La science ne consiste pas à démontrer la réalité d’un dogme préétabli, mais à invalider ou à corroborer une hypothèse neutre. Par exemple, on croit que les ondes radio sont dangereuses, on croit que le danger est réel, on en fait une vérité, et on demande à la science de le prouver en ce sens, mais ce n’est pas comme ça qu’on fait de la science. En science, on formule une hypothèse qui est plus une question à évaluer qu’un préjugé dogmatique que l’on cherche à prouver.
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© 2011 John Philip C. Manson

Les mathématiques, la théorie des nombres et le mysticisme

Je viens de lire sur le web un article bref écrit par un mathématicien. De toute évidence, même un esprit rationnel, logique, compétent et rigoureux peut se laisser séduire par des émotions mystiques dont le degré de pertinence n’a rien à voir avec la science concernée. Pour montrer le contexte, je reproduis ici un extrait explicite du texte, les mots significatifs sont surlignés en gras :

En outre, en vertu de l’article ArXiv: 0810.0095 de Shi Huang, il semble que «certains mathématiciens suspectent un lien entre les nombres premiers et le secret de la création ». Une remarque qui m’a conduit à admirer ce qui nous entoure et la vie quotidienne à qui nous accordons rarement attention. Dans le monde des abeilles, les sciences naturelles nous ont appris que quand une abeille veut informer ses congénères qu’elle a trouvé un champ de fleurs, elle se met à danser « la danse en huit (8) »,d’un autre côté l’être humain a besoin de huit (8) heures pour le repos. N’est ce pas un message codé ? La distribution des nombres premiers est une preuve tangible.
Le mysticisme fonctionne selon des analogies, pas selon des causalités. Dans le cas de la danse des abeilles, je connais très bien l’apiculture, la danse frétillante de l’abeille est un fait véridique de la biologie animale, mais la danse en 8, c’est-à-dire le mouvement dessinant un 8, c’est une danse qui reproduit la forme du huit, mais la forme du signe 8 est symbolique, la forme de représente pas le nombre 8 lui-même. En effet, il ne faut pas confondre le nombre 8 avec le signe symbolique représentant ce nombre. La preuve c’est que selon le pays dans le monde, avec les différents alphabets (indien, arabe, latin…) il existe différentes représentations symboliques pour écrire des nombres, tandis que les nombres auront la même signification dans le monde entier, seul leur façon d’être écrite change. Ainsi dans le cas de l’abeille, elle danse en forme de 8 mais ce n’est pas le nombre 8. Les abeilles sont une espèce aussi vieille que 50 millions d’années, elles sont une espèce bien plus ancienne que les premiers hominidés, et la représentation écrite des nombres date d’il y a environ 6000 à 8000 ans, sinon tout au plus 10 ou 20000 ans… Ainsi, parler du nombre 8 pour la danse de l’abeille n’a pas de sens. Ne pas confondre la forme et le sens. Ensuite, l’auteur du texte ci-dessus fait l’analogie du 8 de l’abeille avec les 8 heures du sommeil humain. Huit heures de sommeil ? Moi je ne dors que 7 heures… Napoléon ne dormait que 3 ou 4 heures par nuit… Donc la comparaison n’est pas valable. C’est de la numérologie, du mysticisme, ce n’est plus de la rigueur scientifique.Ensuite, quel rapport entre les nombres et le secret de la création ? Les nombres entre eux présentent des propriétés intelligibles, vérifiables, quantifiables et même réfutables, c’est la base de la science mathématique, mais le concept de création est relié directement au concept d’un démiurge ou d’un Dieu, concept inconnaissable et indécidable par nature. Bref un tel lien entre maths et création ne peut pas être établi ni même avoir la possibilité d’être réfutable.

L’introduction du mysticisme dans les sciences peut faire dire des bêtises inutiles qui peuvent altérer le sens des mots, ce serait parler pour ne rien dire, ou pire ce serait mystifier ceux qui y croient et ce serait trahir l’esprit de la science. La généralisation à partir d’une impression (et non pas à partir d’une propriété démontrée) peut conduire à des interprétations mystiques qui cachent en réalité une croyance à un déterminisme sous-jacent. Soyons parcimonieux et prudents. La science ne s’encombre pas de généralisations superflues. C’est d’autant plus incompréhensible que l’auteur du texte critiqué ci-dessus en italiques est pourtant un professeur d’université…

 

© 2011 John Philip C. Manson

Le calendrier maya, l’obscurantisme New Age, et l’imposture de la fin du monde de décembre 2012

  • AVERTISSEMENT : les citations extraites de cet article ne doivent pas servir à cautionner n’importe quel autre croyance rivale (comme le christianisme par exemple) ; ce n’est pas parce que le New Age est une secte inepte que cela signifie que d’autres croyances soient la vérité ou le Bien, je récuse explicitement la réutilisation de mes propos susceptibles de servir contre mon gré à des argumentaires fallacieux et malhonnêtes. Pour comprendre le piège des sophismes et des paralogismes, lire ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/04/15/des-paralogismes-dans-un-document-sceptique-sur-nibiru-et-anunnakis/

 

« La culture de la peur a toujours constitué l’instrument favori des dictatures : les démocraties ne peuvent qu’en faire un usage limité sous peine de se détruire. »  (Pascal Bruckner, in « Le fanatisme de l’Apocalypse », p. 47)

  • En 2012, rien de cosmique ni de surnaturel ne se produira sur Terre.
  • Le présent article présente tous les arguments qui rangent le 21/12/2012 parmi les mythes et les impostures.
  • Décembre 2012, une propagande sectaire qui sert les desseins des charlatans.

Introduction

Cet article a été conçu pour informer et donner des réponses pertinentes, rationnelles et factuelles à ceux qui se posent des questions relatives au 21 décembre 2012.

Il ne faut pas confondre l’Histoire des civilisations précolombiennes avec le mouvement mystique du New Age qui déforme, réinvente et réécrit la réalité historique.

Le mayanisme, quand le New Age recycle de vieilles légendes de civilisations éteintes

Certains parlent des mayas (leur calendrier en particulier), d’autres parlent de légendes babylonniennes ou assyriennes, et d’autres évoquent le nom de Nibiru, tandis que d’autres esprits dérangés parlent du trou noir du LHC chez le CERN… Les réponses précises sur 2012, dans Yahoo Questions/Réponses, sont très nombreuses tout autant que les questions qui abondent. La plupart des internautes posent ainsi leur question sans prendre la peine de vérifier si les réponses existent déjà, au lieu de proposer au public une question récurrente et pénible qui revient chaque semaine…

L’ignorance en astronomie fait croire n’importe quoi quand on est confronté à des croyances d’origine sectaire.

Je fais cet article afin de clarifier les faits objectifs et de couper court aux rumeurs irrationnelles.

Les événements prédits pour 21/12/2012 sont fictifs, c’est un mythe pondu par des gens qui ne connaissent rien de l’astronomie. C’est une légende urbaine dont la diffusion quasi-mondiale est largement facilitée par l’internet.

La date du 21/12/2012 est contestée par les historiens et les archéologues

Des sources montrent même que la date du 21/12/2012 est fantaisiste et que la date de fin de cycle long du calendrier maya est en fait incertaine. Les frères Böhm, l’un mathématicien, l’autre historien, ont découvert que la “fin du monde” n’est pas pour 2012 mais pour 2116. Mais cela ne changera rien : il n’existe pas de causalité entre un calendrier et l’apparition d’événements. Un calendrier sert à noter et consigner des événements, mais on ne fait pas le contraire, puisqu’un calendrier n’est ni un oracle, ni un objet divinatoire.  S’il est possible de déterminer le nombre de jours entre le commencement du cycle long du calendrier maya et la fin du cycle, personne ne connaît en réalité le lien permettant la conversion du calendrier maya vers une date du calendrier grégorien !

Le calendrier maya, disent les prophètes du New Age. Où est la marque du pluriel ? En effet il existe plusieurs calendriers mayas spécifiques à cette civilisation.

  • un calendrier religieux de 260 jours (calendrier Tzolk’in)
  • un calendrier agricole de 365 jours (calendrier Haab)
  • un calendrier Tun de 360 jours, associé au calendrier Tzolk’in
  • un calendrier de neuf jours (équivalent à notre semaine)
  • un cycle long de 1.872.000 jours  (c’est celui-ci qui est récupéré par le New Age,mais aucun des précédents)

La date 0.0.0.0.0 du compte long maya correspondrait au 11 août 3113 av JC de notre calendrier, mais personne ne connaît de façon certaine la conversion entre le calendrier maya et le calendrier julien. La correspondance, dite de GMT, entre le calendrier maya et notre calendrier a été établie d’après Eric Thompson, archéologue et épigraphiste britannique.  La date du 11/08 de l’an -3314 est celle qui est la plus communément utilisée par les archéologues spécialisés de la civilisation maya. Néanmoins, personne ne peut s’assurer de l’exactitude certaine de cette corrélation. (cf. les frères Böhm dans le paragraphe plus haut)

La bonne question à se poser : pourquoi ce calendrier-là plutôt que tout autre ? Selon moi, c’est seulement à cause de la proximité de la date future de 2012. Parce que si la “fin du monde” était fixée à une date future lointaine, qui n’est pas de notre vivant, tout le monde s’en foutrait… Ce que veulent les gourous, c’est inspirer la peur, d’où le choix de ce calendrier. Quand 2012, ou 2116, seront passés, et que rien d’extraordinaire ne sera arrivé, les charlatans se rabattront sur un nouveau calendrier. Je vous laisse deviner lequel.

L’origine archéologique de la croyance au 21 décembre 2012

Je cite Jean-Michel Hoppan, du centre d’études des langues indigènes d’Amérique :

“Cette date, toutefois (le 21 décembre 2012), n’apparaît que dans une seule et incomplète inscription maya datant de la seconde moitié du VIIe siècle, sur le monument 6 du site archéologique de Totuguero, dans l’état de Tabasco, au Mexique. Le long texte de cette stèle s’achève par une référence à la date du ‘4 Ahau 3 Kankin’ mais juste pour signaler ‘qu’interviendra alors une divinité appelée Bolonyocte’. Rien d’autre. Surtout, la fin d’un cycle, dans l’esprit des mayas, ne signifiait nullement la fin DU monde, mais la fin D’UN monde, le début d’une nouvelle ère dédiée, comme les précédentes à des entités mythiques. Cela leur permettait en quelque sorte de remettre les compteurs zéro.” 

En d’autre termes, tout ce qui a été rajouté sur le 21 décembre 2012 n’est que pure affabulation. Car il n’existe aucune prophétie maya prétendant que la fin du monde arrivera à cette date. D’ailleurs il serait intéressant de demander à ceux qui disent le contraire, de nous la montrer cette fameuse prophétie.

  • Le 21/12/2012 est une légende urbaine d’internet et de la littérature, née de l’interprétation douteuse d’une inscription incomplète d’un site archéologique mexicain. La crédulité a fait le reste.

Le calendrier maya a été conçu par les Mayas sur la base de multiples de nombres, un système de numération, bref un calendrier fondé sur du symbolisme et des analogies, mais pas sur la base d’événements astronomiques qui, eux, ne dépendent absolument pas de conventions humaines de numération.

Le mayanisme, fruit d’une secte : quand l’archéologie est détournée de son contexte pour légitimer une doctrine New Age

Je maintiens mes propos comme je l’ai toujours répété ici et ailleurs : le mayanisme est une propagande sectaire qui essaie de vous vendre votre survie par la peur et la crédulité. Il n’y a aucun fondement scientifique, ni historique, ni archéologique derrière cette pure mystification. Le mayanisme est une des nombreuses et nouvelles croyances propagées par la mouvance New Age. À savoir : le mouvement hippie est plus ou moins à l’origine du mouvement New Age (dans les années 60/70) et de l’écologisme idéologique en politique, avec son lot de croyances qui font la synthèse de plusieurs religions diverses, dans un contexte de contre-culture et de banalisation du postmodernisme. D’autres, comme certains écrivains, profitent de cette spiritualité moderne qu’est le New Age pour mystifier le public en lui faisant croire que c’est de la science, sans que ces individus peu scrupuleux aient forcément la même origine culturelle propre au New Age. Il ne s’agit pas là de science ni même de spiritualité, mais d’obscurantisme et d’imposture intellectuelle via la propagation d’un thème irrationnel fortement médiatisé dans les forums d’internet.

Si vous devez vous poser de bonnes questions, ne dites pas “comment cela se passera t-il à telle date”, mais plutôt “en quoi l’hypothèse de la fin du monde à telle date est-elle absurde ?”. Avant de formuler une hypothèse s’inspirant d’un phénomène, assurez vous d’abord que le phénomène existe.

Ce n’est pas parce qu’un calendrier affiche des chiffres ronds que cela signifie l’implication d’un événement historique qui n’a aucun rapport avec la convention utilisée dans un calendrier. Si le pape décide par exemple de décaler notre calendrier grégorien en lui ajoutant 990 ans par exemple, et nous annonçant qu’on est en l’an 3000 (fixé par décret), ce chiffre rond (3000) ne signifie pas que ça déclenchera, en conséquence, des événements, ni que cela nous vieillira réellement de 990, nous transformant en dépouilles réduites en poussière comme par magie, comme si le temps s’était écoulé subitement comme une fuite d’huile de vidange !

Le problème que je montre, c’est que la pensée magique remplace l’attitude critique dans la tête des crédules. Ce sort est indigne pour un être humain.

  • La NASA a expliqué que l’affabulation de la fin du monde selon le calendrier maya a commencé avec l’affirmation que Nibiru, une supposée planète découverte par les Sumériens, se dirigeait vers la Terre. Cette catastrophe a été initialement prédite pour mai 2003, mais comme rien n’est arrivé le jour du jugement dernier, la date a été repoussée à décembre 2012.

Doctrine et déni du hasard

La causalité, c’est une cause suivie d’un effet. Mais les croyances reposent sur des analogies dépourvues de causalité, avec le déni de la curiosité, le déni de l’observation des faits, le déni du hasard et des probabilités, le déni de réfuter des idées, le déni même de la réflexion. Les impressions et l’inspiration ne sont pas équivalents à la réflexion rationnelle, ce sont deux modes différents de la pensée.

Il faudrait arrêter toutes ces contre-vérités racontées sur les mayas. En plus, l’industrie du cinéma en a même fait un film. Pitoyable… La désinformation propre au mayanisme mystique déforme complètement les faits de l’Histoire et les détournent abusivement de leur contexte. Le mythe de la fin du monde en 2012 est une légende urbaine propagée par un écrivain russe et récupérée par la fondatrice d’une communauté d’ufologie. Le mysticisme mayaniste est un courant du New Age et il n’a aucun rapport sérieux avec l’Histoire, l’archéologie et l’astronomie et les sciences en général.

Le thème du mayanisme  millénariste est né de la littérature en 1976 : nulle trace auparavant en Histoire

Le sujet sur les mayas a abondamment été débattu sur le web, et les personnes sceptiques ont écrit comme moi des précisions depuis ces dernières années pour dénoncer l’obscurantisme contemporain malsain et débilitant. Le web n’a pas été conçu pour s’en servir comme moyen de propagande sectaire. Le délire contemporain au sujet de Nibiru a été initié en 1976 (à partir d’un écrivain russe), ça a commencé à en faire parler en 1991 quand cet écrivain a voulu montrer ses idées aux astronomes, puis ensuite la doctrine connue sous sa forme actuelle a pris son essor en 2003 sur internet comme phénomène de légende urbaine (sous différentes variantes depuis) à travers le bouche-à-oreille dans les nombreux forums mystiques.Ce phénomène de société ressemble étonnamment à un processus de propagation d’un virus informatique capable de muter et d’infecter un maximum de machines. Ici, ce sont les personnes crédules et vulnérables qui se font berner…

Nous distinguons donc plusieurs champs d’exploration de la Réalité: les faits eux-mêmes, la connaissance de ces faits (au moyen de la science), les rajouts abusifs sur ces faits et les interprétations délirantes sur ces rajouts (au moyen de l’imaginaire). Chaque fois que le mythe apocalyptique mayaniste réapparaît dans le web, je suis tenté d’encourager ses détracteurs à poser la question suivante : “À qui profitent les rumeurs de fin du monde ?” Voila une question intéressante à poser.

  • Il ne faut pas confondre l’archéologie et l’Histoire avec la mythologie.
    Il ne faut pas confondre plus généralement la science authentique avec la science fictive (les théories farfelues d’amateurs) et la science-fiction (qui est un art).
    Il ne faut pas confondre l’astronomie (science) avec l’astrologie (pseudo-science), l’archéo-astronomie (pseudo-Histoire) et les autres délires appartenant à la grande famille de l’intelligent design, du New Age et du néo-évhémérisme.

Le mythe de Nibiru

En astronomie, Nibiru n’existe pas, c’est un mythe. Cet astre est absent des catalogues d’astronomie.

Nibiru est un mythe d’origine babylonienne et a été l’objet d’un récit d’un roman de l’écrivain russe Z. Sitchin (qui se dit aussi historien), en 1976, et cela est devenu un fantasme sur internet depuis 2003 à travers le développement de plusieurs versions de légendes New Age par le biais de la propagande d’une secte ufologique américaine influente. Les écrits de Sitchin s’apparentent à des romans de science-fiction mais dont la forme est construite comme un essai abusivement présenté comme scientifique, historique et véridique alors que ça ne l’est absolument pas.

Nibiru est parfois associé au mythe du calendrier maya qui annonce des événements divers pour la fin de l’an 2012, alors que ce sont deux mythes d’origines distinctes.

Combien de temps faut-il répéter comme un perroquet que ce sont des idioties ?

Comment ai-je pu retrouver autant d’informations ? Il suffit de se poser les questions élémentaires : qui a fondé l’arnaque sur 2012, qui l’a propagé, à qui cela profite t-il, et dans quel but ? La situation ne consiste pas à attendre avec angoisse le mois de décembre 2012 (c’est peut-être le but recherché par les charlatans), mais à rechercher les sources de toute cette arnaque intellectuelle. Google est l’outil idéal pour effectuer des recherches poussées.

Google est notre ami

Recherche chronologique : http://www.google.fr/trends
Google est un outil très intéressant pour rechercher l’évolution des infos dans le temps.

Exemple :
http://www.google.fr/trends?q=%22d%C3%A9cembre+2012%22&ctab=0&geo=all&date=all&sort=0

Coïncidence : la polémique sur décembre 2012 dans le web a atteint un pic d’activité en novembre 2009, peu avant le sommet de Copenhague. J’ai dit coïncidence, pas causalité. Même remarque avec le mot Nibiru.

http://www.google.fr/trends?q=nibiru&ctab=0&geo=all&date=all&sort=0

Le mayanisme est un mythe récent. Nibiru a émergé début 2004. L’expression “décembre 2012″ apparut en francophonie lors du dernier trimestre 2007 environ 8 mois après son émergence sur le web anglophone.
Lorsque l’on a pu retrouver l’origine chronologique d’un phénomène médiatique, on en trouve la source. A qui profite cette mystification ?

Internet est un puissant vecteur de désinformation et de propagande sectaire. Et ça tout le monde le sait, surtout les gourous.

Devant les échecs successifs des prédictions des gourous sur les dates de fin du monde, n’avez-vous pas l’impression que les crédules passent pour des cons à leurs yeux ? Les gourous savent très bien ce qu’ils font et ils ne croient pas un seul instant eux-mêmes en ce qu’ils font croire. Les gourous doivent bien rigoler devant tant de crédulité. La faute à l’obscurantisme ? Plutôt la faute à l’ignorance des crédules et à l’absence d’esprit critique. Les crédules devraient se botter le derrière eux-mêmes, on n’a pas toujours le temps de le faire pour eux, tellement il y a de nécessiteux… Pensez-vous que les gogos traineront les gouroux en justice en 2013 pour abus de confiance et pub mensongère ? Je ne le pense pas : les gogos préféreront continuer à croire en une nouvelle date de fin du monde, celle de l’astéroïde Apophis en 2036, celle du bug Unix de 2038, ou l’an 3000 (parce que c’est rond et que ça paraît joli…). Alors stop ou encore avec toutes ces inepties ?

Précisions sur le calendrier maya
Si des guignols nous prédisent la fin du monde pour le compte long du calendrier maya correspondant à 13.0.0.0.0 (21/12/2012), alors pourquoi ne s’est-il rien passé le 12.0.0.0.0 (18/09/1618) ni le 11.0.0.0.0 (15/06/1224) ? Pourquoi donc préférer un “chiffre” rond plutôt qu’un autre ? Et pourquoi préférer le calendrier maya à un autre ? Et pourquoi choisir ce calendrier maya-là alors qu’il en existe plusieurs chez la civilisation maya ?

C’est sûr que ça risque d’être la fin du monde, un jour, quand on voit l’ampleur de la crédulité pathologique humaine qui est la seule responsable de sa déchéance mentale.

L’avenir n’est écrit nulle part.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9dictions_de_fin_du_monde

Il suffit de regarder dans ce lien cette liste de prédictions de fin du monde, qui se comptent par dizaines, et aucune d’entre elles n’a eu lieu, et sont toutes motivées par des mouvements sectaires.

À l’heure où je parle de tout ça, suite à l’actualité sur le Japon, certaines mouvances sectaires se réveillent pour annoncer la fin du monde prochaine http://www.rue89.com/2011/03/15/usa-le-seisme-au-japon-reveille-les-dingos-de-lapocalypse-195004   J’apprends même que 41% des Américains croient à un retour du Christ avant 2050. Décidément, la pathologie sectaire n’a pas de limite. Maintenant, les sectes n’arrêtent plus de changer la date de l’Apocalypse, c’est le 21 mai 2011 et non plus le 21/12/2012 (le billet d’avion pour l’Enfer infernal est annulé ?).

Croire ne crée pas de réalités, même en se mettant à plusieurs millions à croire en quelque chose. Tant qu’il n’y a rien à observer, il n’y a rien à raconter.

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Arguments contre certains points  plus ou moins relatifs au calendrier maya :

Un alignement planétaire ou cosmique ?

Certains affirment que le 21/12/2012 sera le théâtre d’un alignement planétaire ou cosmique particulier. Mais cela aussi c’est une mystification.Je pense même que la mythologie maya n’en parle même pas, c’est la mouvance New Age qui a inventé cet alignement cosmique.

Le 21/12/2012 il n’y aura aucun alignement planétaire ! Les logiciels de planétarium et la NASA le démontrent. Ceux qui annoncent l’an 2012 sont très mal renseignés et se basent sur une légende urbaine (le calendrier maya) véhiculée par de la propagande sectaire New Age pro-apocalyptique. Il ne faut accorder aucun crédit à ces inepties, ce ne sont que des croyances obscurantistes.

Le 12 Janvier de l’an 10353 avant JC, toutes les planètes du système solaire étaient groupées dans un octant (secteur de 45°), ce qui est déjà assez bien !!
Le 9 Novembre 1881, la plupart des planètes (ce qui veut dire : Soleil, Mercure, Terre, Mars, Jupiter, Uranus, Neptune et Pluton ), sauf Vénus et Saturne, étaient “presque” alignées.

Un alignement parfait de toutes les planètes du système solaire est extrêmement rare, si rare que cela n’est peut-être même pas encore arrivé ! Et même si un tel alignement se produisait, ça n’aurait absolument aucune influence néfaste pour la Terre (tout comme une éclipse de soleil).

Le centre galactique est dans la constellation du Sagittaire. Mais pour avoir l’alignement exact Terre-Soleil-Centre, il faudrait que le soleil et le centre galactique soient sur le même point sur le plan de l’écliptique. Mais est-ce que le centre galactique est sur l’écliptique ? Après une rapide vérification, l’angle minimal entre la Terre, le soleil et le centre galactique est supérieur à 6° (au plus, il atteint 52°), il ne peut donc y avoir d’alignement parfait. Avec une marge de 4% comme celle-ci, on ne peut même pas parler de l’existence d’un quelconque alignement.

À vrai dire, il n’y a jamais d’alignement Terre-Soleil-centre galactique.

Quand on évoque le cycle de 26000 ans, on confond l’histoire du centre galactique avec le phénomène de précession des équinoxes (qui n’a absolument rien à voir !). La précession des équinoxes est un phénomène gyroscopique dû à la rotation de la Terre.

Et les alignements astronomiques comme les éclipses solaires ou lunaires, ou l’alignement dont on vient de parler, ou les alignements planétaires, ça n’a aucun rapport avec le calendrier maya. Mais pourtant certains croient qu’il existe un tel lien.

Un alignement, quand il y en a un, n’est qu’un alignement, il n’y a aucun lien entre un alignement quelconque et les événements historiques sur Terre. La civilisation humaine n’est pas le centre de l’univers, pourquoi les phénomènes astronomiques feraient-ils des prophéties ? Il est temps d’observer la réalité en face sans avoir de croyances déconnectées du réel.

Un alignement cosmique ? Un alignement comique plutôt !

Confusion des genres, ignorance crasse, délires…
Du n’importe quoi. Les légendes relatives aux alignements planétaires, aux calendriers prophétiques précolombiens et à une certaine forme de l’ufologie sont des croyances New Age et du néo-évhémérisme, ces légendes bidons sont de la propagande en provenance d’une secte américaine. Si je le sais c’est parce que j’ai fait des recherches là-dessus, et ceux qui veulent en savoir plus peuvent le découvrir par eux-mêmes, Google est là pour ça.

L’inversion des pôles ?

Certains annoncent l’inversion des pôles magnétiques terrestres… Concernant les pôles magnétiques, il y a eu 24 inversions de ces pôles au cours des 5 derniers millions d’années, et des centaines de fois en 160 millions d’années, et la vie existe toujours sur Terre. Certains parlent de variation de l’intensité du champ magnétique terrestre, mais en fait ça fluctue tout le temps, ce n’est jamais stable. Une inversion prochaine est une rumeur controversée, parce que le phénomène est très lent et imprévisible. Il est utile de rappeler que l’inversion des pôles est un thème New Age de la fin du monde, au même titre que l’arrivée de Nibiru, ainsi que des alignements cosmiques bizarres, mais tout cela est une mystification propre aux sectes millénaristes.

L’inversion ne concerne que les pôles magnétiques du globe, pas les pôles géographiques. C’est un processus qui s’étend sur une longue période, ce n’est pas un phénomène instantané. Ce n’est pas non plus fatal pour la survie d’une espèce, bien que les radiations sur une Terre sans protection magnétique présentent des risques réels comme les cancers cutanés et les pannes des satellites de télécommunication. L’inversion des pôles magnétiques c’est arrivé déjà quelques dizaines de fois depuis l’apparition de l’humanité, et nous sommes toujours là.

Le champ magnétique terrestre a deux polarités : un nord magnétique et un sud magnétique, et son axe est incliné un peu par rapport à l’axe de rotation terrestre.

Le champ magnétique terrestre maintient la vie sur Terre en nous protégeant du rayonnement cosmique, mais il n’est pas lui-même la cause de la vie. En l’absence de ce champ, la vie serait quand même apparue mais seulement dans les océans à une certaine profondeur. Certaines espèces vivantes peuvent résister aux rayonnements : les tardigrades et certains insectes. Bref, la vie sur les continents n’est pas nécessairement impossible même en l’absence de champ magnétique terrestre, mais la vie serait certainement moins diversifiée et plus raréfiée.

Une inversion de polarité magnétique terrestre est déjà arrivée plusieurs fois dans l’histoire géologique, et n’a pas été mortel pour la vie, mais la transition dure plusieurs millénaires, ce n’est donc pas instantané. Et une diminution du champ à cause d’une très lente inversion serait même imperceptible par des mesures au magnétomètre. Il existe des oscillations stables du champ magnétique terrestre en fonction du temps, et le champ diffère sensiblement selon les endroits. Donc s’il existait une variation globale progressive avérée du champ, elle devrait être significativement et statistiquement supérieure aux fluctuations moyennes du champ, mais on n’a rien observé de tel à l’échelle globale. Le champ magnétique est induit par la rotation terrestre qui agit donc comme une dynamo.

Le thème de l’inversion des pôles est fréquemment relié au mythe mayaniste de la fin du monde de décembre 2012 et au mythe de la planète Nibiru, c’est une sorte de syncrétisme mystique très populaire (hélas) sur Internet. Les personnes bien renseignées savent que ce sont des conneries.

Les inversions des pôles magnétiques sont survenues environ une vingtaine de fois depuis l’apparition des premiers hominidés. Si elles avaient été mortelles, nous ne serions pas là pour en parler.

 Le web, vecteur des rumeurs :

Dans un site que je ne citerai pas, j’ai pu lire cette phrase obscurantiste : “Au lever du Soleil du 21 décembre 2012 et pour la première fois depuis 26.000 ans, le Soleil se lèvera pour se joindre à l’intersection de la Voie lactée et du plan écliptique.”

Le 21 décembre est effectivement le solstice d’hiver, c’était le cas il y a environ 25920 ans. Mais si l’on prend pour référence une année quelconque X, n’importe laquelle, on peut dire également que le solstice a lieu le même jour de l’année à la date X auquel on soustrait 25920. Ainsi, on peut définir n’importe quelle date comme étant une date particulière, selon le goût des croyances de chacun… En effet, si j’affirme que la fin du monde est le 30 avril 3797 de notre ère, il est vrai que 25920 ans plus tôt, le point de l’équinoxe du printemps avait la même position dans le ciel que le 30 avril 22123 avant notre ère.

D’autre part, l’écliptique et le “plan galactique” ne sont jamais alignés, je l’avais expliqué plus haut. Je suis d’autant plus choqué que le texte en italique que je cite ci-dessus a été vu dans une page perso d’un étudiant sur un site universitaire français avec certaines références New Age que je n’évoquerai pas. C’est atterrant de voir ça.

Opposons nous à l’obscurantisme avant qu’il n’infiltre les pouvoirs publics !

 

© 2007-2013 John Philip C. Manson

Pourquoi le hasard dérange t-il ?

Ceci est un article de psychologie, dans lequel je cherche à comprendre les motivations des croyants par rapport au concept scientifique du hasard.

Présenter les connaissances scientifiques pour convaincre n’est pas efficace. Le problème est ailleurs, et ce n’est qu’en identifiant la racine du problème que l’on peut contribuer à faire reculer l’irrationnel.

Et ce problème est centré sur le négationnisme contre le hasard, ce déni du hasard étant la faille commune de tous les courants irrationnels.

L’explication que nous donnons à notre existence et celle de l’univers, en dehors de la pensée scientifique, peut nier le rôle du hasard. S’en remettre au hasard est une idée qui heurte les esprits qui ont besoin de réponses toutes faites, dans lesquelle le déterminisme prend une place rassurante. Pour ces gens, l’ordre ne peut être dû au hasard. Car l’ordre est une notion sécurisante. L’idée d’un monde ordonné rassure, mais l’univers est régi au chaos, à l’entropie croissante ; cet ordre est plus un concept conformiste qu’un fait.

Les données de la science montre de plus en plus que l’existence des choses doit tout au hasard. Démontrer avec l’appui de preuves que le hasard gouverne l’univers nécessitera un autre article. Ici on parlera du hasard comme portée psychologique dont l’impact est la progression des pseudo-sciences et des nouvelles spiritualités, lesquelles nient le hasard dans les moindres détails.

Les preuves scientifiques s’accumulent et montrent que le hasard gouverne la vie et même il la crée. (voir S&V n°1079, août 2007, pp. 48 et 54)

En chimie, la première manifestation connue du hasard est le fameux mouvement brownien. Ensuite, Charles Darwin dit qu’il ne semble pas y avoir d’intentionnalité dans la variabilité des organismes vivants à travers l’action de la sélection naturelle. Et socialement et humainement, si le hasard n’existait pas, la vie ne serait jamais faite de surprises, il n’y aurait non plus de libre arbitre. Les religions monothéistes, par exemple, ne voient pas la contradiction flagrante entre une création déterministe et le principe de libre arbitre des “créatures”.

La peur de la mort et des incertitudes de la vie sont la cause du déni du hasard.
Les personnes blessées par la vie estiment avoir de la chance parce qu’elles sont toujours en vie alors qu’elles ont perdu toute leur famille, tandis que les individus surprotégés ont le sentiment de ne pas avoir de chance.

Plus généralement, les hommes depuis qu’ils existent cherchent à se rassurer en essayant de contrôler la nature qui leur est plus ou moins hostile. L’idée de l’existence du hasard compromet cet ordre apparent, le hasard ébranle leurs certitudes qui sont leur base de sécurité.

L’évolutionnisme scientifique le montre : l’Homme n’a pas été créé pour régenter la nature, l’Homme n’est qu’un élément parmi d’autres de la nature.

Ainsi, l’angoisse inquièterait ceux qui nient le hasard s’ils l’accueillait comme concept possible : l’existence du hasard entraine la perte du sentiment de sécurité par la perte d’un contrôle apparent de l’Homme sur la nature. Les adeptes du déterminisme propre aux croyances actuelles ne font que combattre l’angoisse de la banalité qu’est l’espèce humaine. On s’accroche à une religion comme à un nounours pour se rassurer, c’est comme une bouée de sauvetage… Alors, leur présenter l’évidence du hasard les fait souvent réagir agressivement lors de polémiques liées au créationnisme et à l’Intelligent Design.

 

L’angoisse contre le hasard, c’est peut-être en fait la liberté qui est angoissante. La peur de la liberté est un caractère psychologique propre à certains individus. C’est comme si la liberté ne procurait aucun plaisir, c’est pourquoi ces individus se construisent eux-mêmes les conditions qui font ressembler leur vie à une prison.

Toutes les religions ou presque font appel à la soumission et aux interdits : “ainsi soit-il”, “si dieu le veut” sont des exemples criants. La soumission et l’interdit ont un effet structurant de la personnalité, par la conjuration superstitieuse du chaos, la création psychologique d’un ordre illusoire qui rassure.

Le dialogue rationnel est impossible avec des individus angoissés qui n’ont pas conscience de leur problème de besoin de sécurité par des idéaux palliatifs illusoires. Il est ainsi vain de tenter de convaincre les créationnistes les plus fanatiques, sauf si ces derniers font leur auto-critique et comprennent la nature de leur problème, parce que dans l’irrationnel les paradigmes sont profondément reliés à la notion de bien-être. Le bien-être, souche de la souffrance des âmes tourmentées par l’idée même de méthode scientifique, apeurées par la froideur apparente de la science, la peur de ne pas trouver d’émotions ni de sentiments quand l’on est revêtu d’une blouse blanche dans un laboratoire. Voila le fond du problème chez les croyants qui ont préféré trouver refuge dans l’irrationnel. La science leur fait peur, mais les croyants ne craignent pas la contradiction en présentant (par exemple) les dogmes créationnistes comme relevant de la science, pendant que ces mêmes croyants diabolisent la science “officielle” qui ose les critiquer.

 

Je pense que l’on peut arriver à un progrès de vulgarisation scientifique si la plupart des gens prennent conscience de leurs mécanismes psychologiques d’auto-défense qui les emprisonnent et ne les ouvrent pas à la rationalité. Le problème ne provient pas des connaissances fournies par la science mais du bien-être apparent et illusoire que procure les croyances pseudo-scientifiques. Et il faut comprendre que la liberté est un plaisir car les croyances en font une angoisse.

 

© 2011 John Philip C. Manson