L’expérimentation scientifique, un échec

Je découvre quelque chose sur Yahoo qui confirme ce que je pensais au sujet de l’enseignement des sciences.

Voici une copie d’écran :

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Autre copie d’écran :

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Les lycéens savent résoudre des exercices vus dans des livres, après avoir suivi un cours sur des connaissances de base. Les livres scolaires sont alors assimilables à des vérités immuables prédigérées. Mais les livres ne sont qu’un moyen indirect d’accès aux connaissances scientifiques. On ne devrait connaître que ce que on a expérimenté soi-même. La démarche scientifique est l’expérimentation : on observe des phénomènes et on réalise des mesures quantitatives, on teste des hypothèses. La science c’est cela. Mais réduire la science à des cours dirigés par des livres, c’est dénaturer ce qu’est vraiment la science. On ôte aux lycéens l’accès aux définitions de base de ce qu’est la science. Ainsi je ne suis pas étonné dans un pareil contexte que les lycéens soient si démunis quand leur professeur leur demande de réaliser un devoir basé sur des exemples de démarche scientifique. Parce que les élèves, bien qu’ils sachent faire des exercices classiques, ne savent pas ce qu’est la science par définition, à travers les critères épistémologiques. C’est une lacune que l’Éducation Nationale devrait s’efforcer de combler… Avant même d’enseigner certaines théories scientifiques, l’école devrait d’abord décrire en quoi consiste la méthode scientifique et inciter les élèves à expérimenter eux-mêmes !

© 2013 John Philip C. Manson

Une vocation pour les maths et/ou la physique ?

Comment naît (ou faire susciter) une vocation en maths et en physique ?
Une vocation pour les maths et/ou la physique : une volonté, un plaisir, une méthode,… et des dangers à connaître.

  • On devient bon en maths en travaillant régulièrement.
  • On devient cancre par l’habitude de la paresse.

C’est en forgeant qu’on devient forgeron.

C’est aussi simple que cela. Avant de se lancer dans les sciences, il faut maîtriser le langage. La lecture des dictionnaires est essentielle pour comprendre les définitions des mots. Il est important d’élargir le vocabulaire.

Les maths et les sciences, comme tout domaine (comme le sport par exemple), c’est par l’envie d’apprendre et de comprendre. Le talent c’est l’envie de faire quelque chose, en y trouvant plus de plaisir que d’avoir l’impression de devoir accomplir une corvée.

Une motivation, ça arrive soudain, un jour, par un déclic, un détail, quand on recherchait soi-même une réponse à un truc. Puis la curiosité déclenche une réaction en chaîne : une boulimie d’apprendre toujours plus. Savoir qu’on peut trouver tout seul, c’est s’ouvrir à l’indépendance et la liberté. Pourquoi les profs feraient vos devoirs à votre place ? Et pourquoi (dans un tout autre contexte) laisseriez-vous des gourous penser à votre place ?

Donc bref, apprendre, être curieux, multiplier les situations à résoudre, mais disposer d’un outil précieux à ne pas négliger : l’esprit critique. Pour rester objectif. Et se souvenir des critères épistémologiques de la science, à travers le problème de la démarcation entre la science et ce qui ne relève pas de la science. Pour éviter l’amalgame entre science et mysticisme. Et se souvenir que les théories sont des représentations faillibles du réel (à travers l’observation ou l’expérimentation). Voici un exemple épistémologique très simple qui résume la scientificité : la carte n’est pas le territoire. Ces critères s’appliquent aux sciences de la nature dont la physique, les maths étant l’édifice de toutes ces sciences. J’ai dit que la carte n’est pas le territoire : en effet, les maths servent à décrire et expliquer des opérations et des expériences de physique, mais pas le contraire. C’est-à-dire que la vérité scientifique ne se construit pas d’abord sur des concepts mathématiques ou géométriques pour tenter d’inventer la réalité physique. Ainsi, le chercheur indépendant Antony Garrett Lisi (http://fr.wikiquote.org/wiki/Antony_Garrett_Lisi) avait présenté une «théorie» douteuse dans laquelle il affirme que «les équations algébriques qui décrivent le comportement de toutes les particules sont la conséquence de la géométrie d’un seul objet (Le groupe de Lie E8). Tout le contenu de l’Univers n’est donc que pure géométrie !» (source : Science et vie, nº 1084, janvier 2008, p. 51).

La physique n’a jamais été la conséquence des mathématiques. Les maths ne sont pas ladite réalité physique ni sa trame. Les maths ne sont qu’un outil pour construire une théorie abstraite à partir des faits de la physique, une théorie scientifique axiomatisée c’est elle qui est la conséquence des données quantitatives issues des observations et des expériences de physique. Les phénomènes précèdent leur théorisation, pas le contraire. On observe d’abord, afin de recueillir des données quantitatives (à travers des mesures), ensuite ces données sont comparées entre elles afin d’établir des lois physiques, puis l’on construit une théorie. Par exemple, le résultat de l’expérience de Michelson-Morley en 1887, qui contredisait l’hypothèse de départ, a eu pour conséquence la théorie de la relativité restreinte (d’Einstein) en 1905. Il est évident que l’on ne construit pas de théorie sans données physiques. Autrement, c’est brasser de l’air, c’est faire de la spéculation au risque de diverger de la méthode scientifique. Bref, une page remplie d’équations n’est pas l’univers ni la cause de l’univers, au même sens qu’une carte n’est pas le territoire, ni qu’une carte n’est la cause du territoire. Le territoire existe d’abord (il préexiste), ensuite on dessine une carte pour représenter ce territoire que l’on observe et explore (directement sur le terrain ou par vue aérienne, voire par photo satellite). On observe, puis on tire des conclusions. Mais émettre des concepts avant même d’observer ou d’expérimenter, ce n’est pas vraiment de la science.
En plus, A. Garrett Lisi annonce que «en outre, [la théorie] prédit pour l’instant une constante cosmologique gigantesque, alors que les observations la donnent très petite.»    En voila un qui décide comment doivent être les faits, en dépit des observations, plutôt que reconnaître l’invalidité de la prédiction, celle-ci étant réfutée par les faits eux-même. Depuis quand une théorie est-elle dogmatiquement vraie et que les faits sont faux ? Une théorie scientifique a pour définition selon laquelle la théorie doit pouvoir être réfutée si celle-ci est fausse, donc une théorie peut être fausse. Par contre, les faits, c’est-à-dire l’observation et l’expérimentation rigoureuses des phénomènes physiques, contrairement aux interprétations qu’on en fait, ne peuvent mentir.
Dans Wikiquotes.org, la catégorie des «auteurs scientifiques» incite à s’y interroger. C’est dans ce site que j’avais pu trouver les citations de A. Garrett Lisi. Maintenant, je me penche sur le cas du chercheur japonais Masaru Emoto. Selon Wikiquote, ce chercheur étudierait les effets de la pensée sur l’eau.
À première vue, cela paraît déjà bizarre. Mais pour en avoir le cœur net, examinons les citations de M. Emoto.
Je cite Emoto : «Les 70% environ de notre planète sont recouverts d’eau, et 70% environ du corps humain ne sont qu’eau» (Le miracle de l’eau (2007), Masaru Emoto (trad. Gérard Leconte), éd. Guy Trédaniel, 2008 (ISBN 978-2-84445-866-7.), p. 7 et 8)
Il est vrai que l’eau recouvre 70% de la SURFACE terrestre. Il est vrai aussi que le corps humain contient (en MASSE ou en VOLUME) environ 70% d’eau. D’une part, relier ces deux vérités n’est faire qu’une ANALOGIE, mais pas une relation de CAUSALITÉ. D’autre part, deux pourcentages similaires ne signifie rien quand les mesures concernent deux grandeurs physiques différentes : une surface n’est pas une masse ni un volume. Utiliser une telle analogie, c’est de la numérologie, non ? En effet. Quelle heure est-il ? Deux kilomètres !
Je cite encore Emoto : «D’après les cristaux, l’eau qui est en nous contient l’énergie des mots.» (du même ouvrage).
Quels cristaux ? Le chlorure de sodium de l’eau de mer ? Les sels de la composition minérale du sang humain ? L’énergie, ah ! ce terme abstrait désignant une réalité bien abstraite et quantifiable en science n’a pas d’équivalent sérieux avec l’énergie chez le domaine de la spiritualité. L’énergie des mots ? L’aptitude au langage provient d’une zone spécifique du cerveau, à peu près au sommet du crâne. Les neurosciences montrent que ce sont les neurotransmetteurs (dopamine, mélatonine, et autres) qui sont le siège de l’activité neuronale. Mais de l’énergie des mots dans l’eau, ça veut dire quoi ? C’est une métaphore ratée ? Ou une extase mystique ? Je ne trouve pas ça très rassurant… D’ailleurs, le titre «Le miracle de l’eau» ressemble à de la science-spectacle. Je pressens d’autres textes construits selon une interprétation personnelle et subjective.
Dans le jargon scientifique, chaque mot, chaque phrase, a un sens bien précis. Mais quand un texte est flou, abscons, évasif, avec un sens indéfini, des mots qui ressemblent au jargon scientifique mais selon une structure inhabituelle, alors il y a quelque chose d’anormal.
Par curiosité, je visite la biographie de Emoto (http://fr.wikipedia.org/wiki/Masaru_Emoto) sur Wikipedia, dont je cite : «Des scientifiques critiquent les procédures expérimentales pour leur insuffisance2 et estiment qu’il existe de nombreux biais cognitifs dans les expériences d’Emoto».  Je ne suis pas étonné. On voit ensuite que Emoto a pour spécialité la «médecine alternative». Ses écrits surfent sur un thème très proche de la fameuse (fumeuse) mémoire de l’eau (http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9moire_de_l%27eau) qui servit à servir d’alibi bidon à la pseudo-science homéopathique. De plus, la référence aux cristaux (quand cela ne concerne pas la minéralogie ni la cristallographie), c’est un thème irrationnel très prisé par la mouvance New Age… La page d’Emoto sur Wikipedia est classée dans la catégorie « pseudo-science ».
Ce que font les chercheurs indépendants et controversés est critiquable, certes. Mais la question essentielle est la suivante : pourquoi Wikiquote réunit-il dans sa catégorie «Scientifiques» des auteurs discutables et ayant peu publié dans des referres (Garrett Lisi, Emoto…) par rapport à des scientifiques notables par leurs travaux majeurs (Albert Einstein, Schrödinger, Max Planck, Henri Poincaré…) qui ne sont même pas recensés dans ladite catégorie ? De plus, dans la catégorie, on trouve d’autres scientifiques discutables (exemple : M. Fleischmann, co-«découvreur» de la FUSION FROIDE, «théorie» du type « fringe science », à la frontière de la pseudo-science ou de la science fictive). Il va falloir penser sérieusement à rééditer la catégorie des scientifiques chez Wikiquotes.
James Randi, le fondateur de la James Randi Educational Foundation, a publiquement proposé d’offrir à Emoto la somme d’un million de dollars s’il pouvait reproduire les résultats de ses expériences selon la procédure en double aveugle. Les travaux d’Emoto n’ont jamais été publiés dans une revue scientifique à comité de lecture.
Pour se proclamer scientifique, il faut respecter les critères de la méthode scientifique, que l’on fasse une découverte ou pas.
Sans esprit critique, les lecteurs gobent n’importe quoi. Jusqu’où peut-on croire ?
Il faut veiller et rester vigilant sur le risque de dénaturation de la méthode scientifique. Des épistémologies alternatives peuvent conduire à des dérives idéologiques. Les matheux platoniciens peuvent par exemple réécrire la physique en choisissant esthétiquement et subjectivement des polyèdres comme base de toute doctrine… Pire encore, les créationnistes pourraient réécrire la science pour légitimer leurs doctrines et tenter de lancer un renouveau religieux face à la montée de l’athéisme depuis le XXe siècle. La secte New Age, elle, peut s’immiscer et se glisser dans les institutions scientifiques pour semer la confusion et l’amalgame, en professant une doctrine qui mêle la physique quantique et le mysticisme syncrétiste. (voir ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/28/le-vrai-visage-du-new-age-ou-nouvel-age/ et là aussi : https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/04/larnaque-de-lusurpation-de-la-physique-quantique/ puis là : https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/03/la-physique-quantique-usurpee/ et surtout ça : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/08/retour-sur-le-mysticisme-quantique/)

L’important n’est pas les réponses de la science, mais de se poser de bonnes questions.

Des questions fondamentales.
Par exemple :
  • Peut-on prouver si un test de QI est faux ? Si la question se pose pour la première fois, alors le QI n’a jamais suivi les critères de la méthode scientifique.
  • Peut-on prouver si les interprétations des psychanalystes sont fausses ? S’il n’est pas du tout possible de concevoir une expérience pouvant invalider une théorie si celle-ci est fausse, alors ladite théorie est une pseudo-science.
Le talent pour les maths et les sciences, c’est autant dans la sueur que le plaisir. Rien ne tombe tout seul du ciel. Rien n’est acquis si on ne fait rien.
Le professionnalisme dans les sciences, c’est dans la rigueur par rapport à la méthode scientifique, par le devoir de rester objectif et critique. L’imposture du mysticisme et des pseudo-sciences, tout comme les fraudes scientifiques, ça n’a pas sa place dans les sciences. Le plus incompréhensible n’est pas le comportement scandaleux des fautifs, mais l’indifférence des scientifiques qui sont intègres et qui sont trop occupés pour constater une certaine montée d’obscurantisme.
J’ai vu des choses atterrantes, affligeantes, sur la progression de la secte New Age dont les meneurs ont parfois jadis été scientifiques ou qui dénaturent eux-même la science… Par exemple, une médecin russe diplômée en Suisse est devenue bionutritionniste (grâce à «l’infini quantique»), un conférencier complice est prof des universités (spécialité cancérologie), puis un autre docteur russe spécialisé en «biophysique» a participé au magazine douteux « Science et Inexpliqué », ensuite un philosophe hongrois influent est un adepte du concept New Age des annales akashiques… Alors, pour être bref, le New Age envahit les milieux médicaux, universitaires et gagne même aussi les ingénieurs. C’est alarmant. Irions-nous jusqu’à voir, impuissants ou lâches, au remplacement progressif de la méthode scientifique par des idéologies mystiques ? Des croyances personnelles doivent rester privées et ne pas interférer avec les métiers scientifiques. De plus, je ne connais aucun scientifique assez crédule pour croire lui-même avec sincérité au mysticisme, enfin je ne suis pas sûr là-dessus… Pourquoi rester indifférents face à ces dérives ? Le problème est très sous-estimé, à mon avis. C’est grave.
À travers la vulgarisation scientifique et la naissance des vocations scientifiques, la première chose à enseigner est la définition de la science (qu’est-ce que la science ?), les critères épistémologiques de scientificité, et les détails de la méthode scientifique. Pour anecdote, au collège et au lycée, on m’a appris les sciences avant même les définitions fondamentales. Ce n’est qu’avec la documentation hors scolarité que je me suis aperçu qu’il existait une grave lacune dans l’enseignement des sciences. C’est cette lacune qui m’a incité à créer mon blog en 2007, parce qu’il faut réparer ce problème.   https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/03/definition-de-la-science/
© 2013 John Philip C. Manson

La clé des mathématiques

  • Créé le 2 novembre 2011 dans mon premier blog désormais disparu, cet article est restauré le 28 janvier 2013 ici.

Ce n’est pas parce que l’on n’est pas doué en maths que cela signifie que l’on n’aime pas les maths. Ayant été toujours un élève attentif, il m’est souvent arrivé d’avoir des problèmes de compréhension des mathématiques. Pour ainsi dire, j’étais médiocre à l’école primaire en maths, notamment pour faire une division à la main.

Ce n’est pas par manque d’intérêt mais à cause de la façon dont les maths sont enseignées. Après le bac, à l’université, il faut l’avouer, les maths c’est bien pire qu’au lycée.

Produire de bons résultats en maths est une mécanique liée à l’application de formules apprises en cours, mais calculer n’est pas comprendre. C’est une mécanique infernale qui, quand elle tombe sur un grain de sable, finit par bloquer. La vraie difficulté des maths est un problème profond lié à son enseignement, on ne voit que la partie émergée de l’iceberg. En effet : comment mesure t-on la compréhension des élèves en classe de maths ? En vérifiant qu’ils trouvent le bon résultat à un exercice. Mais pas en évaluant la compréhension de l’essence des maths.

Nous pourrions mettre en évidence ce problème réel avec un exemple anecdotique (l’âge du capitaine), d’après un texte de Gustave Flaubert :

  • « Puisque tu fais de la géométrie et de la trigonométrie, je vais te donner un problème : Un navire est en mer, il est parti de Boston chargé de coton, il jauge 200 tonneaux, il fait voile vers Le Havre, le grand mât est cassé, il y a un mousse sur le gaillard d’avant, les passagers sont au nombre de douze, le vent souffle Nord-Nord-Est, l’horloge marque trois heures un quart d’après-midi, on est au mois de mai… On demande de calculer l’âge du capitaine. » 

Il suffit d’appliquer ce test à une classe de CM2 et à une classe de Terminale pour se convaincre qu’il existe un problème de compréhension des maths. On peut donner ce test pour évaluer nos propres enfants à la maison à l’heure de faire les devoirs. Plusieurs élèves auront donné une solution alors qu’il n’y en a pas… Parce qu’il n’y a pas de lien de causalité entre les données et le résultat demandé. Il faut absolument se méfier des pseudo-savoirs intuitifs.

Dans l’enseignement quotidien, à aucun moment il ne viendrait à l’idée d’un prof de maths, ou d’un chercheur en pédagogie, de demander à un élève : « Oui, tu as trouvé le bon résultat… mais que signifie ce résultat ? »

Ce problème existe au collège et au lycée, et même en math sup ou math spé – où les étudiants n’ont même pas conscience du lien entre une dérivée et une tangente… Mais ils trouvent quand même les bons résultats aux équations différentielles. Ahurissant, non ? Évidemment à ce niveau, on ne dira jamais que ces étudiants sont en difficultés mathématiques… Je parle en connaissance de cause : au lycée, je savais très bien calculer une dérivée mais je ne savais pas à quoi cela pouvait servir.

Appliquer des formules ne suffit pas. Les maths doivent nécessairement conduire à des raisonnements, à un argumentaire. Qui sait retranscrire de façon littéraire le langage mathématique, en détaillant à plat, mot à mot, les subtilités ? La plupart des élèves posent des chiffres et des notations mathématiques sans écrire de texte qui explique leur raisonnement.

Le problème de base dans la compréhension des maths, c’est de faire connaître des définitions. Dire qu’une fonction est dérivable parce que (f(b) — f(a)) / (b — a) c’est seulement braire des formules prédigérées, mais ça n’est pas exprimer un raisonnement.

Ce que j’essaie d’expliquer, c’est que les profs de maths devraient illustrer chaque cours par des exemples concrets.

Par exemple, il y a un an sur Yahoo QR, j’ai eu l’occasion de répondre à une question «Qu’est ce qu’une fonction dérivée concrètement ?» et j’ai répondu en donnant un exemple, j’ai carrément fait un cours dessus. Je reproduis cette anecdote ci-dessous :

Le principal défaut de quelques profs de maths est de balancer des équations sans même les expliquer en détail. Cette mésaventure en tant qu’élève m’est arrivée au lycée. La source de confusion la plus fréquente en maths (et dans les sciences) ce sont les lacunes dans les définitions. Par exemple, ce n’est que relativement tardivement que j’ai compris l’enjeu de la nécessité des critères épistémologiques (dont celui de la réfutabilité) qui sont le fondement de la démarche scientifique. Cette mésaventure m’a également concerné dans les dérivées en maths. On savait tous calculer les dérivées mais on ignorait à quoi ça servait. Après, il ne faut pas s’étonner que les jeunes ne s’intéressent pas aux sciences. Des maths trop abstraites et absconses, mal présentées, prennent une apparence proche (à tort) du mysticisme de la numérologie, et ça peut conduire à un abandon injuste par les élèves. Mais les maths valent la peine d’être apprises car c’est un domaine passionnant quand il est bien compris.

La dérivée d’une fonction décrit la pente positive ou négative d’une fonction.

Je vais prendre l’exemple de la parabole du mouvement de chute libre avec une vitesse initiale qui s’oppose à la gravitation. L’axe des abscisses sera l’axe du temps t, l’axe des ordonnées sera la hauteur z en fonction de t. La fonction d’un corps qui s’oppose à la pesanteur avec une vitesse v depuis z(0) = 0 avec une vitesse initiale donnée sera la suivante : z(t) = v*t — (1/2) g*t²

Avec t le temps, g = accélération de la pesanteur terrestre, v la vitesse initiale.

On le voit, c’est une fonction parabolique qui décrit une courbe. En examinant la fonction, la parabole atteint une altitude maximum h au bout d’un temps tx.

La dérivée de la fonction est dz/dt = v — g*t
Les lycéens peuvent la calculer facilement, mais souvent il peut arriver qu’ils ne savent pas à quoi ça sert.

La dérivée est nulle dz/dt = 0 lorsque la fonction z(t) a une pente nulle (endroit du point où la tangente est parallèle à l’axe t), Ce point correspond à l’altitude maximale dans notre cas concret.

Comment calculer h = z(tx) grâce à notre dérivée ? La notation x indique un indice pour un t qui désigne le temps auquel l’altitude z est maximale.

Puisque dz/dt = v — g*tx = 0

Alors v = g*tx et donc tx = v/g

Puisque h = z(tx) = v*tx — (1/2) g*tx²
alors h = v*(v/g) — (1/2) g * v²/g²

h = v²/g — (1/2) v²/g

h = v²/g (1 — 1/2) = (1/2) v²/g

On a ainsi pu calculer l’altitude maximale atteinte par un projectile tiré verticalement, en fonction de sa vitesse et de g, en éliminant t. Et ceci grâce au calcul de la dérivée.

Une petite précision : la dérivée est positive lorsque le projectile n’a pas encore atteint son altitude maximale, puis négative après cette étape.

Sources :

Mécanique

Je trouve que c’est important de présenter une explication simple et claire sous la forme littéraire. Si un matheux sait calculer des dérivées mais sans savoir les expliquer simplement, c’est un robot. Certaines réponses, pas forcément ici, me font penser à une visite de notre ami googlebot. :)

  • Il y a 1 an
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Évaluation du demandeur :
 
Commentaire du demandeur :
Merci beaucoup ! Je comprends enfin ! Pourtant ce n’est pas faute d’avoir posé la question à mon prof de Maths, qui nous répondait « c’est là où est le délicat des Maths, on ne peut pas dire concrètement que.. blablabla.. »

Il faut absolument réformer l’enseignement des sciences, surtout les maths, en France. Nous traversons une crise de la filière scientifique qui compte de moins en moins de vocations d’année en année…

La clé des maths n’est pas dans les résultats par des chiffres dans les exercices, c’est avant tout essentiellement la maîtrise du langage, c’est la clé de la compréhension. Ce qui manque dans les maths c’est la pédagogie. Croire que donner des formules sans les expliquer par des exemples concrets est avoir fait son travail, c’est faire une erreur dont les conséquences est le décrochage des jeunes envers les sciences.

«Pour la seule France, selon les statistiques 2011 du ministère de l’Éducation Nationale, la licence de sciences n’attire que 11% des bacheliers contre 24% en 1996 et 17% en 2002. Entre 2002 et 2009, le nombre d’étudiants en formation scientifique ou en ingénierie a décru de 5,9%, celui des étudiants en sciences fondamentales de 17%, celui des SVT de 9,4%.»   (P. Bruckner, dans «Le fanatisme de l’Apocalypse», p.172 et 173)

© 2011-2012-2013 John Philip C. Manson

La science et les blogs de WordPress

Ceci est une rapide étude statistique portée sur les blogs du site WordPress.

  • Pour rappel, depuis décembre 2011, j’ai créé un blog miroir contenant mes articles les plus intéressants (une centaine à ce jour) : https://jpcmanson.wordpress.com. Ceci pour deux raisons : début décembre, une panne ou une maintenance a rendu hors service tous les blogs chez http://www.unblog.fr pendant plusieurs heures ; et mon blog a déjà plus de 40% de son espace disque occupé et j’envisage déjà la succession du blog avant la saturation future qui se produira très vraisemblablement avant 2015.

Une série de recherche sur Google montre qu’il existe 9 210 000 pages de blogs chez WordPress avec le mot-clé “science”. Lorsqu’on y ajoute le mot-clé “épistémologie”, ça descend à 5990 pages… Puis avec l’ajout du mot-clé “réfutabilité”, on n’a plus que seulement 525 pages… C’est affligeant. En effet, les mots les plus importants de la définition de la science sont très minoritaires par rapport à la masse énorme des médias.

  • D’une part, relayer la science, c’est bien, quand l’information découverte par les scientifiques est diffusée par les journalistes.
  • Aussi, et c’est encore mieux, c’est très bien que certains vulgarisateurs daignent présenter ce qu’est la science à travers les critères épistémologiques de la scientificité.
  • Et d’autre part, hélas, l’immense majorité médiatisée se consacre à un amateurat qui délivre une conception simpliste, naïve, approximative, voire totalement faussée, de ce qu’est concrètement la science. J’ai été horrifié de constater que beaucoup de blogs, autoproclamés scientifiques, se consacrent essentiellement aux pseudo-sciences comme l’ufologie, ou à une sorte de pseudo-philosophie qui s’apparente à la langue de bois, ainsi qu’à une usurpation scandaleuse de la science à travers des doctrines affiliées à la secte New Age ou autres mouvances, ainsi que les abus répétés de l’idéologie écologiste (à distinguer fermement de l’écologie scientifique).

Les blogs autoproclamés “science” sont la plupart du temps souvent ineptes : «conscience quantique», «montée IRRÉVERSIBLE des mers». L’usurpation sectaire de la science comme l’alarmisme idéologique, c’est du brouillage mental, un scandale, une imposture sans causalité avec les FAITS !

Lien interne :  http://jpmanson.unblog.fr/la-physique-quantique-usurpee/

 

 

 

 

 

 

 
© 2011 John Philip C. Manson

Qu’est-ce que le Big Bang ?

Le Big Bang (en français : Grand Boum) est une théorie scientifique de cosmologie qui a débuté en 1929 d’après l’astronome Edwin Hubble. Elle a peu à peu remplacé l’ancienne théorie de l’univers statique (grâce à des preuves observationnelles, dont celle de Penzias et Wilson en 1965 avec le fameux CMBR). Le nom de Big Bang avait été donné de façon satirique et ironique par les partisans de la théorie de l’univers statique et le nom est resté.

Le Big Bang est l’expansion de l’espace en fonction du temps, ce n’est pas une explosion de matière qui remplit un espace vide environnant, c’est une dilatation de l’espace lui-même tout entier par rapport aux observateurs. Depuis 1998, on a découvert que l’univers est en expansion accélérée, cette découverte a été confirmée en 2003 par d’autres observations.

Le Big Bang est l’événement de la naissance de l’espace-temps. Parler de l’avant Big Bang est un non-sens parce que toute conjecture reste et restera invérifiable donc irréfutable, donc en dehors de la scientificité.

© 2011 John Philip C. Manson

Definición de la Ciencia

Le texte qui suit est une première ébauche, sous réserve de corrections ultérieures.

Traduction de l’article « Définition de la Science » en espagnol.
CIENCIA, EPISTEMOLOGÍA y FILOSOFÍA por John Philip C. Manson

 Definición de la Ciencia

La Ciencia es el conocimiento relativo a fenómenos que obedecen a leyes y son verificados por métodos experimentales, por medio de tres componentes: la observación, la experimentación y las leyes.

La observación de los hechos, es el estudio objetivo de los fenómenos. Se debe de ser la más objetiva y más precisa posible, y no dejarse influir ni por las emociones, ni la fe, ni sobre la esperanza ni sobre la explicación posible, que correrían peligro de torcerle.

Las observaciones a menudo necesitan instrumentos de medición, esto ayuda muchísimo a la precisión de los tamaños de los datos medidos.

La experimentación científica es un conjunto de observaciones de un fenómeno reproductible, prédictible y refutable.

Cuando los fenómenos observados ponen de manifiesto relaciones invariables entre ciertos tamaños medidos, podremos comenzar a suponer la existencia de leyes que atará estos tamaños entre ellas.

El objetivo de la Ciencia hay que encontrar leyes más fundamentales posible, y esto permite ir más lejos en la adquisición de los conocimientos científicos y sus aplicaciones.
Sin embargo, ninguna ley nunca podrá ser verificada, puede sólo ser invalidada. Este modo de razonar puede parecer sorprendente; es tan importante sin embargo que ella permite definir el carácter científico de una teoría.

¿ Por qué cualquier ley científica es incomprobable ? La razón es simple de allí : una sola excepción a la regla basta invalidarla definitivamente, a pesar de sus éxitos anteriores. Este falsabilidad es la contrapartida del rigor científico. Nuevas leyes científicas, más exactas, reemplazan las leyes refutadas.

Según el épistémologue Karl Popper, la falsabilidad hasta define el carácter científico de una teoría : debe ser posible de imaginar excepciones a la regla que, si fueran observados, invalidarían la teoría. Sin este criterio de refutabilidad, no hay teoría científica, ni de leyes, ni conocimientos fiables.

Además, la Ciencia no se interroga por qué, sino sobre el cómo de los fenómenos. Por qué pertenece al dominio de la metafísica y de las creencias.

Además, apenas hay que confundir el inexplicado con el inexplicable, a menudo es la ligereza a las definiciones que es explotada por las sectas y las pseudociencias.

Las pseudociencias funcionan al contrario de la ciencia. Las pseudociencias si autoproclaman cientificas sin utilizar el método científico, ellas censan los misterios y los testimonios o las anécdotas para pruebas. Ellas se apoyan en mitos y analogías para pruebas. Ellas juegan sobre la cantidad y la variedad de los cuentos para pruebas. Ellas no se fían de los hechos sino del emocional y del subjectivo. Ellas niegan la comprobación, el réfutabilité, la crítica y la revisión. Ellas formulan discursos vagos, evasivos y abstrusos para devolver la crítica caduca. Ellas intentan explicar un fenomeno antes de asegurarse que exista. Ellas se niegan a probar la veracidad de sus teorías. Las pseudociencias, y sobre todo las doctrinas religiosas, se apoyan en dogmas arbitrarios y cuajados que aspiran a las verdades definitivas que no evolucionan.

Para hacer una llamada : el tributo tomado sobre la credulidad humana por las ciencias falsas sobrepasa de lejos el importe del presupuesto de la investigación científica. Personalmente, yo considero que es una injusticia. Es un insulto la inteligencia humana.

Hasta la vulgarización científica misma es a veces víctima, produciendo resultados opuestos al fin buscado, parce la vulgarización traiciona a veces con torpeza la realidad científica, cuando el público interpreta teorías de modo erróneo, torcido o inadaptado. El solo remedio es del rigor y la claridad a las definiciones científicas de base.
« Una teoría que no es refutable por ningún acontecimiento que se pueda concebir es privada de carácter científico.» (Conjeturas y refutaciones, ch.1, sección 1), Karl Popper.

 

© 2011 John Philip C. Manson

De la difficulté de la vulgarisation scientifique

Enseigner les sciences est une activité difficile qui nécessite beaucoup de sociabilité, du savoir-faire dans le faire-savoir. Lorsqu’on est tenté de diffuser la connaissance scientifique tout en suivant l’actualité des découvertes scientifiques, on désire alors contribuer à vulgariser la science et la rendre accessible à tous dans un langage abordable et compréhensible. Cependant, l’enseignement de la science implique non seulement une maîtrise des domaines scientifiques, mais aussi un sens critique toujours en éveil, tout en prenant le plus grand soin dans le choix des mots. Il suffirait qu’une information possède un mot inadapté, erroné ou flou pour que le sens de l’information s’en trouve altéré, et que cette information soit ensuite mal comprise ou mal interprétée.

Je pense que l’usage de la métaphore pour vulgariser des concepts scientifiques est la plus sûre façon d’être mal compris. Exemple : le concept du Big Bang est représenté par le public comme une explosion locale de matière qui remplit un espace vide préexistant. Le Big Bang n’est pas analogue ni comparable à une explosion, c’est l’espace qui se dilate partout et il n’y a aucun centre dans l’univers.

La “poétisation” et la métaphorisation de l’Univers court-circuite le rapport qui pourrait exister entre le public et le réel. C’est une source de lourdes confusions. La vulgarisation scientifique, pour être efficace, doit être compréhensible, concise et éviter la langue de bois. La métaphore rencontre beaucoup de succès chez le public, mais la compréhension des concepts scientifiques lui échappe souvent.

L’objectif de la vulgarisation scientifique est de favoriser l’assimilation de connaissances scientifiques évolutibles. Ce dernier adjectif montre l’importance que les connaissances peuvent changer selon de nouveaux faits découverts, il ne faut pas assimiler des connaissances comme étant des vérités définitives, ce serait une profonde erreur et une mauvaise habitude. La métaphore en vulgarisation a des effets contraires au but recherché : elle agit comme un opium propre à endormir les défenses critiques des lecteurs. De plus, le mot “vulgarisation” a une connotation péjorative. La métaphore et l’analogie rendent la science vulgaire auprès du public. Rendons la science accessible à tous, passionnante et qui prête à matière de réflexion. Nous devrions réduire le décalage entre le public et les spécialistes.

Les concepts scientifiques ont tous un sens, et celui-ci devrait être idéalement le même dans l’esprit du public que dans celui des spécialistes, avec l’emploi de mots différents (simplification du jargon scientifique avec conservation du sens, mais sans utilisation de métaphores) et avec les mêmes définitions de base.

Le public connaît mal la science, ou la comprend mal, parce qu’il ignore souvent les définitions élémentaires, comme les concepts d’énergie et de force. Qu’est-ce que la science, la connaissance, la réalité ? Ce sont ces questions fondamentales qui mènent les esprits curieux à la science.

La vulgarisation des connaissances scientifiques ne doit pas exister sans la vulgarisation de l’esprit critique ainsi que la vulgarisation de la méthode scientifique et des critères épistémologiques de scientificité. Cela forme un tout indissociable.

 

© 2011 John Philip C. Manson