Le QI d’une américaine de 3 ans ?

  • 28 février 2014 : Ayant eu récemment une pause forcée suite à des états grippaux qui ont interrompu pour quelques jours mon projet professionnel actuel, mon blog dispose d’un court sursis avant son arrêt réellement définitif. Cependant, j’hésite à arrêter complètement mon blog ; je pourrai éventuellement poster de temps en temps quelques nouveaux articles, à un rythme faible (un article par mois ou tous les 3 mois), en fonction de ma disponibilité. Je souligne toutefois que mon projet professionnel reste et restera prioritaire. Dès fin mars 2014 et pour les mois suivants, je serai complètement absent de ce blog, c’est certain. Après, on verra si j’aurai un tout petit peu de temps à y consacrer…
  • J’aurai ici juste le temps de commenter brièvement ce qu’on pourrait appeler un « phénomène de foire », qu’il faudrait dénoncer. Il faudrait démystifier le fantasme de la surdouance et en critiquer la médiatisation.
  1. Définir une personne sur la base de son QI est simpliste et réducteur. L’intellect et la personnalité des personnes comportent des nuances, des  subtilités qu’aucun psy ne pourra connaître en totalité. Il n’existe pas d’intelligence mais des intelligences : http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_des_intelligences_multiples  L’intelligence n’est donc pas uniquement construite sur le seul raisonnement logico-mathématique. En effet, que dire de l’intelligence des artistes ? Léonard de Vinci et Michel-Ange étaient des artistes suprêmes, ils étaient très loin d’être des idiots. Les tests de QI ne mesurent absolument pas la créativité ni l’habilité, ni même l’aptitude à l’esprit critique !
  2. Un QI de 160 équivalent à celui d’Albert Einstein ? C’est un anachronisme. Le fameux physicien n’a jamais passé de tests de QI de son vivant car les tests de QI pour adultes n’étaient pas encore inventés. De plus, enfant, Einstein ne passa jamais de tests de QI. Ainsi, Einstein ayant un QI de 160 est une affirmation qui ne provient pas de sources objectives vérifiables. Einstein était vraisemblablement intelligent mais son QI est inconnu. En outre, il est important de préciser qu’un QI de 160 pour une fillette de 3 ans signifie exactement ceci : la fillette de 3 ans a un âge mental scolaire de 3×160/100 = 4,8 ans (soit 4 ans et 10 mois environ). La fillette de 3 ans a donc presque 2 ans d’avance intellectuellement par rapport à la moyenne des autres enfants de son âge physique. On est donc très loin du fantasme selon lequel on tendrait à croire que la fillette aurait pu avoir par exemple un niveau de doctorat… Honnêtement, pendant toute ma scolarité j’ai déjà observé plusieurs cas d’élèves qui sautait une ou deux classes d’avance ; c’est peu fréquent mais cela arrive au moins une fois. Doit-on alerter les journalistes chaque fois que ce phénomène se produit ?…
  3. Quel est le but de l’article ? Faire de la publicité pour l’association Mensa ? Ou proposer une version idéale ou romantique de l’intelligence infantile ?
  4. L’apprentissage précoce des langues étrangères s’explique par l’extraordinaire plasticité du cerveau humain. Le cerveau est capable de s’adapter très tôt à de nouveaux stimuli. On apprend plus vite et mieux quand on considère l’apprentissage comme un jeu. Cela ne se limite pas aux enfants précoces ni aux surdoués. Les enfants issus de mariages mixtes sont fréquemment bilingues, qu’ils soient surdoués ou pas. Le talent apparaît avec beaucoup de pratique, le plus tôt possible. Un gamin qui a des parents qui sont profs de maths aura alors une plus forte probabilité de développer des aptitudes pour les maths, mais pourra cependant aussi faire autre chose selon ses goûts.
  5. Existe t-il une déontologie en psychologie où les tests psychométriques devraient rester discrets et confidentiels car relevant de la vie privée ? Pourquoi alerter les journalistes et faire un article ? Quel en est l’intérêt ? Le voyeurisme n’a jamais servi les intérêts des enfants. La surexposition, la surmédiatisation des enfants surdoués ou précoces est préjudiciable et déstabilisant pour les concernés.
  6. Le pire dans cette médiatisation est de présenter des informations fantaisistes : http://expresse.excite.fr/a-11-ans-elle-a-un-qi-N15914.html et http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/10/11/21368-surdoues-pour-vie  Il existe une faille en ce qui concerne Napoléon Bonaparte (mort en 1821), Einstein (mort en 1955), Sigmund Freud (mort en 1939), Blaise Pascal (mort en 1662), Goethe (mort en 1832) cités dans ces liens hypertextes… Pour info, les tests de QI pour adultes existent dès la fin des années 1950 aux États-Unis, et les tous premiers tests psychométriques pour les enfants datent de 1912 (voire vers 1905 pour les tests précurseurs). Il est donc flagrant que prétendre connaître le QI des personnes (célèbres ou non) ayant vécu avant le vingtième siècle (et avant la fin des fifties dans le cas des adultes) est mensonger ! Parler du QI de Steve Jobs, de Stephen Hawking ou de Bill Gates qui sont nos contemporains, c’est nettement plus crédible.
  7. La mesure du QI des adultes est connue publiquement depuis février 1955, grâce au « Wechsler Adult Intelligence Scale (WAIS) » d’après un livre publié en février 1955 par David Wechsler, psychologue américain. Albert Einstein, lui, est décédé en avril 1955. Je doute qu’Einstein ait eu le temps d’avoir passé en urgence un test de QI pour adultes au cours des 2 derniers mois de sa vie, et qu’il ait eu surtout le temps de lire le livre de David Wechsler… Quant à Bonaparte, Freud, Pascal et Goethe, leur QI est pure invention fantaisiste et arbitraire. Où est passé le devoir déontologique de vérité et d’objectivité ?

© 2014 John Philip C. Manson

Publicités

Le documentaire, un genre dénaturé par la télévision

« La course à l’audience dicte l’écriture et le formatage des documentaires depuis une dizaine d’années en France. »  (José Chidlovsky)

L’article d’Acrimed résume assez bien le fond de ma pensée sur ce qui se passe à la TV. Cela vaut aussi pour le cyber-journalisme sur internet, ainsi que la presse au format papier. Il y a une paupérisation de l’information sur les sujets scientifiques et connexes. Cela devient similaire à la télé-réalité. Il n’y a qu’à éplucher par exemple les magazines TV pour constater cet échec : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/09/03/le-betisier-scientifique-de-lete/ et https://jpcmanson.wordpress.com/2013/09/09/le-betisier-de-lete-suite/

Des émissions intéressantes et réellement instructives comme «C’est pas sorcier» disparaissent. L’année 2013 marque la fin de l’émission «C’est pas sorcier», et l’animateur Frédéric Courant a malheureusement été «remercié» après 20 ans de loyaux services… Quel genre de choses va assurer la relève ? C’est inquiétant.

L’esprit critique est indispensable à travers l’évaluation du contenu publié mais aussi à travers la critique des procédés via lesquels ce contenu est publié.

Les erreurs et incohérences existent (cela arrive naturellement par accident) même dans des livres sérieux : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/12/28/une-erreur-dans-un-livre-de-thermodynamique-pour-ingenieurs/     Et souvent, à travers des documentaires bâclés et bidonnés (délibérément ?), plus c’est gros plus ça passe…

Les informations sont réduites à un produit à vendre et dont on fait des économies pour le simplifier jusqu’à en lui ôter sa substance (son signifiant), et non plus faire des informations comme être un support de connaissance. Comment cela va t-il évoluer (ou dégénérer) ?

jargon

Articles connexes :

 

god-sv

© 2013 John Philip C. Manson

Le bêtisier scientifique de l’été

  • J’ai peu publié dans mon blog ces deux derniers mois mais j’ai préparé ici plusieurs sujets en un seul article pour la rentrée de septembre.

Vu dans un magazine TV :
DSC_0649

La Voix Lactée se dénombre par plus de 200 milliards d’étoiles, mais pas 200 millions.
Ce n’est pas la première fois que je relève cette même erreur. L’émission est une rediffusion, ainsi le synopsis n’aura pas été relu et corrigé depuis trois ans.

De plus, l’âge de 12 milliards d’années est légèrement inexact. D’après un article de Science et Avenir publié en 2004, notre galaxie est âgée de 13,6 milliards d’années –avec une marge d’erreur de 800 millions d’années- d’après les dernières estimations obtenues par une équipe de l’European Southern Observatory (ESO). Le documentaire, lui, date de 2010.

Dernier détail, la nébuleuse d’Orion est à 1344 années-lumière de nous, mais on ne connaît les grandes distances que de façon assez approximative. Diverses sources indiquent une valeur entre 1300 à 1500 années-lumière.

—————————————-

Vu dans un magazine TV :

DSC_0673

« 65% des femmes ont un poids idéal, pourtant 50% d’entre elles essaient de perdre des kilos. »

Donc d’après ces statistiques, 32,5% des femmes en général essaient de maigrir malgré qu’elles aient un poids idéal.
Certains cherchent à minimiser le problème grave qu’est l’anorexie, ils cherchent à relativiser son importance par rapport au problème de l’obésité.

Je ne sais pas combien est exactement le taux d’obésité et de surpoids dans la population, il est peut-être d’une personne sur trois dans les pays industrialisés (à vérifier). Mais on voit que d’après le synopsis du documentaire, maigrir malgré un poids déjà normal concerne un tiers des françaises (soit environ 10 millions 600 mille françaises concernées).
Loin d’être négligeable, l’anorexie est un réel problème de santé publique de fréquence analogue à celui de l’obésité.
Évidemment, il existe plusieurs nuances d’anorexie, entre vouloir perdre quelques kilogrammes et perdre un maximum (dans les cas les plus extrêmes) alors que ce n’est pas justifié. L’incitation à l’anorexie à travers l’abondance de publicités et les codes des canons esthétiques c’est presque aussi grave que l’incitation au suicide…

—————————————–

Vu dans un magazine TV :

DSC_0008

Si le littoral français recule, les barrages peuvent en effet être impliqués. Néanmoins le synopsis du documentaire évoque aussi le changement climatique.
Sous nos latitudes, la dilatation thermique a un impact minime, car le phénomène touche surtout les régions tropicales et équatoriales, là où l’angle d’incidence des rayons du soleil par rapport à la verticale permet une plus grande concentration des rayons, d’où une plus forte chaleur sous les tropiques (en été, le soleil est au zénith à l’un des tropiques).
Si le réchauffement climatique était un des facteurs de recul du littoral français, il aurait dû provoquer l’élévation du niveau de la mer sur l’îlot de Fort Boyard par exemple (qui existe depuis environ 2 siècles), ainsi que toutes les autres îles françaises ayant une faible altitude.
Autre facteur de recul du littoral : l’urbanisation du littoral, et l’exploitation du sable pour les travaux des métiers du bâtiment.
Rappelons que le marnage dû aux marées quotidiennes (plusieurs mètres d’amplitude) est moins négligeable que l’élévation du niveau des mers par
dilatation thermique (3 millimètres par an, en moyenne).
Loin de nier le réchauffement climatique (puisqu’il est un fait), je souligne seulement que les régions tropicales sont surtout concernées par la dilatation thermique par rapport aux régions tempérées et polaires (mais cela n’empêche néanmoins pas les mouvements des masses océaniques chaudes).
Quant à la fonte des glaces, l’élévation du niveau des mers est due à l’eau des glaciers continentaux, tandis que la glace flottante n’élève pas le niveau de la mer en fondant (principe d’Archimède).

Il faut réunir des preuves de l’élévation du niveau de la mer sur le littoral français sur la période des deux derniers siècles. Je n’ai pas de conclusion certaine à ce sujet. Mieux vaut vérifier.

—————————————–

DSC_0064

Je cite : « La Grande Barrière de corail est le seul site visible depuis l’espace avec la Grande Muraille de Chine. »

La muraille de Chine a une largeur de 5 à 7 mètres, est-elle visible depuis l’espace (à plus de 300 km d’altitude) ?
Le pouvoir séparatoire de l’œil humain (sans instrument d’optique comme les jumelles et la lunette astronomique et le téléscope) est de 1 minute d’arc, soit un soixantième de degré, ou 0,000290888 radian. Ainsi, à 300 km d’altitude, il est possible de voir à l’œil nu des structures au sol qui sont larges d’environ 87,3 mètres. Donc on ne peut pas voir à l’œil nu depuis l’espace des murs larges de 5 à 7 mètres situés au sol. La muraille de Chine peut être vue à l’œil nu jusqu’à 17 à 24 km d’altitude maximum.
De plus, le calcul n’est vrai que pour une épaisseur atmosphérique parfaitement limpide, or dans la réalité l’épaisseur de l’atmosphère terrestre altère la lumière et donc l’image des objets situés au sol.

Mais le minimum séparable concerne l’acuité visuelle (sans correction optique, comme des lunettes, des jumelles ou un téléscope) de deux points séparés d’un angle de 1 minute d’arc. Tandis que le minimum visible (le contraste d’une ligne par rapport au paysage) désigne un angle de 0,5 seconde d’arc, ce qui remet en question le calcul précédent.

Avec un angle de 0,5 seconde d’arc, un objet peut être vu 120 fois plus loin qu’un objet vu sous un angle de 1 minute d’arc. Ainsi, la muraille de Chine peut être vue jusqu’à une altitude de 2040 km à 2880 km, ce qui correspond à une orbite relativement basse, et la muraille peut donc vraiment être vue depuis une zone limitée de l’espace à proximité de la Terre. Au-delà de cette altitude, la muraille n’est absolument plus visible, et certainement encore moins depuis la lune.

—————————————–

DSC_0030DSC_0007

enqextra

Retour du paranormal sur une chaîne de TV. On sent que la rentrée approche…

Image DSC_0030 : des phénomènes étranges et mystérieux qui n’en sont pas. Ce folklore est basé sur des témoignages seuls, sans preuves objectives donc sans méthodologie scientifique. On ne peut donc pas parler ici d’avancées scientifiques.
Ici les forces ou énergies telluriques sont une croyance qui est fait passée pour une réalité qui n’existe pas.
La géobiologie (dont le nom est abusivement construit à partir de deux mots savants : géologie et biologie) est une fumisterie n’ayant aucun
rapport avec les sciences et leur méthode.

Image DSC_0007 intitulée « Ils ont vu des OVNIs » : très peu de preuves matérielles (ou plutôt pas du tout) concernant l’existence de la vie extraterrestre
sur Terre, mais beaucoup de masturbation intellectuelle sur le thème récurrent des visiteurs extraterrestres depuis l’après-guerre et la guerre froide.

« Contacts avec des extraterrestres » : témoignages de CROYANCES, mais pas d’apport de preuves objectives vérifiables.

« Prémonition, télépathie, voyance » : un déni et un mépris total des lois des probabilités et des statistiques…
Ainsi, supposons que 15% des français regarde une émission sur les médiums, l’émission ayant une durée d’une heure par exemple. Ensuite,
supposons qu’un «médium» annonce pouvoir griller des ampoules électriques à distance et que durant l’heure dont dure l’émission TV il y ait
effectivement des gens qui appellent au standard téléphonique pour confirmer le phénomène. Or une ampoule électrique à incandescence a une
durée de vie moyenne de 1000 heures, et d’après les lois de probabilités, sur un laps de 1 heure il y aurait environ 9750 ampoules qui grilleront
effectivement parce qu’elles auront atteint leur fin de vie, mais cela n’est dû qu’au seul hasard. Pour qu’il y ait preuve d’un quelconque pouvoir
par télékinésie, il faudrait qu’un médium réalise un score significativement supérieur à celui du hasard. Un effet dû au hasard et abusivement associé
à un pouvoir paranormal fictif, ça s’appelle une fausse causalité, et c’est aussi une escroquerie intellectuelle.

La TV n’informe pas, elle ne fait que vendre du rêve…

Liens internes :

https://jpcmanson.wordpress.com/?s=feng+shui&submit=Recherche
https://jpcmanson.wordpress.com/?s=géobiologie&submit=Recherche
https://jpcmanson.wordpress.com/?s=tellurique&submit=Recherche
https://jpcmanson.wordpress.com/?s=extraterrestre&submit=Recherche

————————————————–

DSC_0077

L’accident, ou plutôt un tsunami qui est la catastrophe naturelle qui a entraîné la tragédie de Fukushima à travers laquelle le nucléaire n’est pas la cause mais la conséquence. Néanmoins, le nucléaire n’est jamais sans risques, il faudrait sortir du nucléaire mais pas sans courir à la faillite économique à travers le développement des énergies renouvelables.

L’avantage du nucléaire c’est sa capacité de production énergétique : pour produire 1 kWh, il ne faut que 3,3 milligrammes d’uranium, tandis qu’il faudra entre 65 et 110 grammes d’hydrocarbures pour produire autant d’énergie.
Malgré ce grand avantage, le nucléaire présente un grand inconvénient en cas de désastre. La sécurité absolue n’existe pas.

Mais peut-on remplacer complètement le nucléaire ?

————————————————–
DSC_0078

Information vraie sur ce nombre d’années mais cela concerne un cas particulier (une reine fourmi en captivité, de l’espèce « Lasius Niger »), et concernant un record de longévité plutôt que l’apparente durée de fécondité de « toutes » les reines fourmis. Renseignements ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fourmi#Long.C3.A9vit.C3.A9 et voici la référence : Les fourmis: comportement, organisation sociale et évolution. Par Luc Passera, Serge Aron. NRC Research Press, 2005. ISBN 0-660-97021-X, 9780660970219, 480 pages

—————————————————
DSC_0079

D’ici à 2050 les turbulences en avion plus nombreuses ? Sur la base de quels indices et quels faits ?…

Entre 40% et 170% c’est un taux qui laisse une grande marge pour affirmer une prédiction ou son contraire…

© 2013 John Philip C. Manson

Prédire le QI à l’aide d’un test visuel ?

Cela paraît sérieux comme étude, mais il ne faut jamais se résigner à croire à l’infaillibilité des informations. Ne pas se fier aux apparences.

Le recul critique se fait par la recherche du moindre petit détail pouvant remettre l’étude en question.

  • D’une part, en lisant l’article, je remarque l’absence du nombre de volontaires testés. Ce paramètre est pourtant déterminant afin d’évaluer la crédibilité de l’étude. On ne sait pas si les volontaires sont nombreux (des milliers) ou s’ils sont en nombre restreint (quelques dizaines de personnes). Pour évaluation de l’étude, cette donnée est nécessaire. Son absence soulève des interrogations.
  • D’autre part, le concept de QI n’équivaut pas à des grandeurs physiques empiriques et objectives. Il n’existe pas vraiment de définition objective de l’intelligence. Le test de QI, à la base, est un outil statistique de dépistage des cas de retard scolaire par rapport à une moyenne.
  • Un phénomène sensoriel (test visuel) peut-il être lié au QI ? Une corrélation ne signifie pas systématiquement causalité. On devrait réaliser un test similaire avec (par exemple) la taille des individus (les nains, les moyens, les géants) pour voir s’il existe une pseudo-causalité avec le QI. N’importe quel autre paramètre pourrait conduire à des pseudo-découvertes.

Les tests de QI peuvent avoir de faux-positifs : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/04/21/les-tests-de-qi-et-le-theoreme-de-bayes/

Sur un seul individu testé, une série de tests de QI peut présenter une marge d’erreur non négligeable : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/05/24/experience-statistique-sur-9-tests-de-qi/ En effet, le résultat de 9 tests de QI montre que mon QI est de 126 plus ou moins 11 points de QI. Il existe une incertitude que l’on doit prendre en compte. De mon avis, le concept du QI n’est pas un outil fiable, sans réelle valeur. Au mieux, c’est un indicateur à prendre avec des pincettes (comme l’indice de masse corporelle, IMC, qui est lui-même inadapté aux personnes trapues, géantes, naines, amputées d’un membre ou sportif ayant une importante masse musculaire), et au pire c’est un produit marketing. Outil scientifique ? Je ne le crois pas… J’ai souvent émis un avis critique et acerbe sur le QI : https://jpcmanson.wordpress.com/?s=QI&submit=Rech.

 

  • Autre remarque : le taux de corrélation de plus de 71% (test visuel + QI) correspond justement à peu près au degré de fiabilité des tests de QI eux-mêmes. Ce qui suggèrerait un biais expérimental. De plus, peut-on prouver qu’un test de QI est faux pour un volontaire donné ? Le QI comme outil présente un défaut : il ne satisfait pas au critère de réfutabilité.
  • Dernière remarque : sachant que le QI individuel est défini par rapport à une moyenne statistique, le test visuel se base t-il sur des données quantitatives vérifiables ? En effet, des volontaires décrivent ce qu’ils ont vu lors du test visuel, mais il peut exister des volontaires qui peuvent mentir, mal voir ou répondre au hasard pour des raisons comme la mauvaise vue ou bien par farce.

 

 

Exemple de dérive idéologique et marketing du concept de QI (quand j’avais vu l’image je croyais que son auteur faisait de l’humour, mais en vérifiant il se prenait au sérieux…) :

dog-IQ

Quand je regarde un labrador blond dans les yeux, j’y lis de l’intelligence. Pas dans les yeux de certains idéologues…

Quel est le QI de l’égo d’un mouton ?

  • Et combien est-ce que ça a coûté ?
  • Bêêê !
  • Ah oui, quand même !

iconlol

beee

«Pour être intelligent, c’est facile ; il suffit de penser à une connerie et dire l’inverse.»  (Coluche)

 

© 2013 John Philip C. Manson

 

Des paralogismes dans un document sceptique sur Nibiru et Anunnakis

En commençant la lecture, l’auteur dénonce les absurdités du mythe de Nibiru. Il m’a même cité à travers un de mes articles, en se servant de moi comme argument d’autorité. D’une part, l’auteur a développé un raisonnement qui met à mal le mythe de Nibiru, c’est ce qu’il fallait faire. Mais d’autre part, cela a conduit hélas à une démarche fallacieuse qui consiste à rejeter (à raison) le New Age pour valoriser (à tort) le christianisme. Le sophisme opposant une religion contre la secte New Age n’a de but que promouvoir la foi en Christ (la page se termine par le slogan «A Christ seul soit la Gloire»).

Je vais être clair :

  • Mes arguments contre Nibiru et Sitchin ne doivent pas servir à construire subjectivement des sophismes ou des paralogismes pour soutenir des croyances.
  • Quand j’ai critiqué le New Age, c’était uniquement pour invalider les fadaises de cette mouvance. Je ne cautionne que la raison et l’objectivité.
  • Montrer les absurdités du New Age ne signifie pas par causalité que les religions concurrentes sont vraies. Il y a eu une fausse analogie, du genre «le New Age c’est mal, donc Jésus c’est la vérité». L’auteur de la page a utilisé deux paralogismes : il s’est appuyé sur mes propres arguments (argument d’autorité), et il a fait un paralogisme informel (puisque A alors B, donc C, où C n’a aucun rapport avec B). Lire page 60 et 68 du livre «Petit cours d’autodéfense intellectuelle», de Normand Baillargeon, éditions LUX.

Utilisé correctement, l’esprit critique est un outil de la raison et de l’objectivité. L’esprit critique devient un sophisme et une imposture quand il cherche à cautionner des croyances, des idéologies et des contre-vérités. L’esprit critique ne cautionne aucune vérité, l’esprit critique remet en question toute chose. Si le New Age comporte beaucoup de contradictions, d’amalgames, de mensonges, on peut en dire autant sur les religions rivales : http://www.bible.chez-alice.fr/erreurs.htm et surtout ça (avec traduction automatique depuis l’anglais) :  http://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&u=http://www.answering-christianity.com/101_bible_contradictions.htm&prev=/search%3Fq%3Dcontradiction%2Bbible%26safe%3Doff%26hl%3Dfr%26biw%3D1440%26bih%3D733&sa=X&ei=uDdsUfqVJceK0AWky4DADQ&sqi=2&ved=0CGcQ7gEwBg

Je n’ai rien directement contre le christianisme, mais je suis gêné par les amalgames abusifs entre la science et la religion.

L’esprit critique, via des analyses, ne consiste pas à dire qu’un truc est mieux qu’un autre. Le mieux, c’est l’esprit critique lui-même, il est le recul nécessaire pour ne pas prendre parti pour une chose contre une autre. L’esprit critique ne cherche pas à établir des vérités, l’esprit critique évalue la solidité des informations sans prendre parti pour un camp. C’est comme au football : l’esprit critique n’est pas une des deux équipes de footballeurs, l’esprit critique est l’arbitre qui distribue les cartons jaunes et rouges. L’arbitre ne distribue pas les médailles…

Toute information (connaissance ou croyance) est faillible. L’esprit critique, lui, n’est ni connaissance ni croyance, il est une méthode.

Je vais illustrer deux exemples de raisonnement fallacieux possible :

  • Exemple d’argument d’autorité : «Je jure par l’appui des paroles sacrées d’Einstein, le plus grand savant, selon lesquelles il a dit que Dieu ne joue pas aux dés.»

Et pourtant, Einstein, comme tout homme, pouvait se tromper. La physique quantique a révélé la nature probabiliste de la matière à l’échelle subatomique. Le hasard est une propriété de la nature (physique quantique, théorie de l’évolution des espèces, théorie des probabilités, théorie du chaos…).

  • Exemple de paralogisme informel : «Puisque Dieu ne joue pas aux dés, donc Dieu existe, et donc l’univers est déterministe et a été créé délibérément par Dieu.»

Et pourtant, on peut raconter des bêtises à partir d’une fausse analogie.

Exemple de paralogisme (la pétition de principe) :

  • «- Dieu existe, puisque la Bible le dit.»
  • «- Et pourquoi devrait-on croire la Bible ?»
  • «- Mais parce que c’est la parole de Dieu !»

On va reprendre exactement la même structure de paralogisme (la pétition de principe) avec d’autres mots, et là ça devient extrêmement intéressant :

  • «- Il faut envahir l’Irak, puisque G. W. Bush l’a dit.»
  • «- Et pourquoi devrait-on croire G. W. Bush ?»
  • «- Parce que Bush dit la vérité, puisqu’on n’a pas encore trouvé d’armes de destruction massive en Irak c’est que forcément ils cachent quelque chose !»

Même paralogisme :

  • «- Il faut interdire les téléphones mobiles, puisque c’est dangereux.»
  • «- Pourquoi devrait-on croire que les téléphones mobiles sont dangereux ?»
  • «- Parce qu’on n’a pas encore prouvé de risques de cancer, on ne peut pas encore se prononcer sur leur innocuité, donc en appliquant le principe de précaution ils sont forcément dangereux !»

Puis là, pareil, on remplace juste un mot :

  • «- Il faut interdire les OGM, puisque c’est dangereux.»
  • «- Pourquoi devrait-on croire que les OGM sont dangereux ?»
  • «- Parce qu’on n’a pas encore prouvé de risques de cancer, on ne peut pas encore se prononcer sur leur innocuité, donc en appliquant le principe de précaution ils sont forcément dangereux !»

 

Le livre de monsieur Normand Baillargeon («Petit cours d’autodéfense intellectuelle») est très intéressant. Au premier abord, je m’attendais à retrouver des notions que je connaissais, mais j’ai finalement appris des choses nouvelles. Le chapitre sur les sophismes et les paralogismes est particulièrement instructif. Je recommande ce livre aux crédules autant qu’aux sceptiques : les deux camps y trouveront sûrement des choses à connaître.

autodefense

Les paralogismes, ce sont des sophismes que l’on fait involontairement malgré notre bonne foi. Même en étant un sceptique attentif, on est humain, on peut commettre une bourde, l’erreur est humaine, un sceptique peut faire des paralogismes sans le vouloir. Les subtilités du langage incitent à rester vigilant. Quand j’écris un article dans mon blog, c’est fréquemment de manière improvisée car j’ai une certaine facilité rédactionnelle (je devrais penser à devenir écrivain ou essayiste, un jour). Je me relis souvent pour voir si mon orthographe ne comporte pas d’erreurs. Je me relis pour voir si mes calculs sont corrects (les étourderies arrivent à tout le monde). Mais en ce qui concerne le cheminement des raisonnements, je devrais faire attention davantage pour éviter les paralogismes. Le travail d’esprit critique, je prends ça très au sérieux.

Paralogisme humoristique :

– Chaque fois que tu pètes, Dieu tue un bébé phoque et noie un ours polaire dans l’océan Arctique. Assassin !!!  Ne pète pas, je t’en conjure, fais un geste pour la planète.

iconlol

© 2013 John Philip C. Manson

Épistémologie : étude d’un point de vue sur internet

Voici ci-dessous le mode de pensée d’un internaute. J’ai trouvé utile d’analyser cela, afin de comprendre certaines variations entre la réflexion et l’adhésion plus ou moins consciente à une croyance.
Cleo

Voici mon propre point de vue ci-dessous. Après, je vais détailler les différences et les points communs entre ma vision et celle de l’internaute.

  • L’équilibre, c’est le recul critique, le juste milieu entre la volonté vaine de la vérité et le besoin de croire. Une indépendance de la raison par rapport aux aprioris subjectifs, mais une dépendance des connaissances par rapport aux faits objectifs.
  • J’aspire à cette vision désintéressée du monde. L’objectivité est ce recul. Ne pas se satisfaire des vérités que l’on nous impose au quotidien, et rejeter le concept de vérité, et préférer celui de réfutabilité.
  • L’impartialité se mesure à travers les faits, pas à travers des opinions. L’objectivité comme principe en face duquel nous sommes tous égaux à travers nos observations et nos expériences, au moyen de la méthode scientifique. Cela n’empêche pas une grande diversité des hypothèses, une grande nuance de concepts, pourvu que ces concepts et hypothèses soient vérifiables.
  • Oui, il y a de ces vérités absolues dont il faut se méfier. La science ne prétend pas à la vérité. Le principe de la science est d’émettre des hypothèses de façon à ce que nous puissions falsifier (c’est-à-dire invalider et réfuter) ces hypothèses dans le cas où celles-ci sont fausses. Le scepticisme scientifique permet l’affinement, ou la réfutation, des théories. Une théorie scientifique n’est jamais érigée en vérité, elle est crédible au mieux, par rapport aux faits, mais on doit tenter de la démolir afin d’évaluer sa solidité. La méthode scientifique est un moyen, un outil, en ce sens la méthode scientifique n’est pas une théorie et ne prétend pas à la vérité ni à la fausseté : il y a une différence entre le moyen et les résultats. Pourquoi rejetterions-nous une méthode qui a fait ses preuves depuis près de 4 siècles ? Pourquoi le physicien Galilée casserait-il sa lunette astronomique en décidant soudain que l’Église décide ce qui est bien pour lui ? Par amour du relativisme, qu’il choisirait que Dieu lui-même décide ce qui est vrai pour lui (par l’intermédiaire de la Bible) ?
  • La science ne prétend pas au matérialisme. Le matérialisme est un concept philosophique, à la base. En tant qu’hypothèse, le matérialisme n’est pas réfuté, et les faits tendent à montrer la prévalence d’un univers matérialiste et naturaliste sans que nous concluons à dire que c’est la vérité. En revanche, le vitalisme, concept opposé au matérialisme, a pris du plomb dans l’aile depuis les premières découvertes en biochimie : le vitalisme distinguait de façon nette entre les êtres vivants et les corps inertes, mais cette opinion a volé en éclat quand un chimiste réalisa la synthèse artificielle de l’urée, une molécule organique. Voir ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_W%C3%B6hler La science procède par éliminations successives, comme dans une enquête policière : on élimine ce qui est superflu, on retient l’essentiel. Tout contre-exemple objectif qui contredit une hypothèse vient invalider ladite hypothèse. Pourquoi garderions-nous des concepts ou des hypothèses fausses ? Le matérialisme, même s’il n’est pas déclaré comme une vérité, est néanmoins crédible. Le vitalisme est réfuté par les faits. Ainsi, je m’étonne que l’internaute affirme sa préférence pour un équilibre entre thèse et antithèse qui ne fait aucune synthèse tranchée, et qui se complaît apparemment dans le conformisme du relativisme postmoderniste. Ainsi, il n’y a pas de raison de répugner le matérialisme (sauf avec l’appui de preuves qui le réfutent), et il n’y a plus de raison de soutenir l’hypothèse désuète du vitalisme (on n’a rien à gagner avec une hypothèse révélée fausse). Le relativisme absolu, c’est l’absence de réflexion. Le principe du recul critique est de rester neutre subjectivement, ce sont les faits qui tranchent : telle chose est réfutée donc fausse, ou alors ladite chose est confortée, pourvu que le critère de réfutabilité soit applicable pour rester dans le cadre de la scientificité. La science conduit à des observations, des expériences, beaucoup de réflexion, mais jamais la science ne consiste en un relativisme paresseux. La science est une démarche réflexive qui élimine ce qui est faux par rapport aux faits, mais en même temps elle n’érige pas de vérités non plus. La science avance, la science ne relativise pas : elle ne met pas le vrai et le faux à égalité, bien au contraire. La synthèse à l’issue de la thèse et l’antithèse ne consiste pas à relativiser, elle consiste à faire un choix : l’élimination des hypothèses fausses. En science, les hypothèses ne se valent pas toutes.
  • La connaissance humaine a ses limites. La science a ses limites. Ce qu’on appelle la connaissance est une représentation faillible de la «vérité», c’est pourquoi le doute est nécessaire, c’est pourquoi il faut systématiquement vérifier, même si cela agace le charlatanisme des pseudo-sciences, même si cela agace des mouvances sectaires qui usurpent la physique quantique pour y inoculer son mysticisme «quantique». Le danger n’est pas dans les croyances elles-mêmes, le danger idéologique est dans le mélange entre le mysticisme et la science.
  • Le débat sur l’existence ou l’inexistence, lorsque rien n’est vérifiable objectivement à travers les phénomènes de la nature, est un débat métaphysique. La métaphysique se distingue de la science. La métaphysique n’apporte aucune réponse, elle ne permet pas d’éliminer des hypothèses, on ne peut ni établir ce qui est crédible ni ce qui est faux : les questions restent alors indécidables, quoique l’on fasse… Rien n’interdit de philosopher sur la métaphysique, j’en ai pratiqué jadis, mais je considère cela comme brasser de l’air, ou de la masturbation intellectuelle. Des idées sans les faits. Cela ne m’intéresse pas, ou plutôt ça ne m’intéresse plus. Je préfère le pragmatisme, du concret, du constructible et du destructible. Pondre une théorie scientifique est passionnant, mais démolir une théorie parce que des faits prouvent finalement qu’elle est fausse (via des expériences reproductibles), c’est une jouissance extrême. Certains élaborent des théories scientifiques, d’autres (des pairs) évaluent ces théories, et si ça s’écroule avec la moindre contradiction par un contre-exemple factuel elle est rejetée. Ce sont les observations de la nature, et l’expérimentation, qui décident ce qui est faux ou pas. Pas ce que je pense ou crois. La nature comme juste milieu, comme équilibre. Subjectivement, les scientifiques sont neutres, ce qu’ils croient n’intervient pas dans les observations, les expériences, ni même les interprétations des résultats. On abandonne la soutane dans les vestiaires, et on va au stade pour voir ce que l’on voit, ou ne rien voir. La science repose sur la confiance envers nos sens (surtout les yeux), et non sur la confiance envers nos petits films dans nos cervelles.
  • Dans le cadre scientifique de la connaissance, quand la science atteint ses limites, on suspend le jugement. Sur ce que nous ne savons pas, on n’a rien à déclarer. Quand la science atteint ses limites, remplacer la science par la spéculation et l’imagination est un droit et une liberté, mais ce remplacement s’exclut de lui-même de la science. Il faut prendre garde quand on franchit la ligne de démarcation entre la science et ce qui ne relève pas de la science. La science ne prétend pas à la vérité, certes, mais les autres points de vue qui sortent du cadre de la scientificité, encore moins. La science n’est pas dénuée d’erreurs, l’erreur est humaine, mais toute autre approche présente moins de rigueur objective, et le risque de se tromper est beaucoup plus grand.
  • Une théorie scientifique n’est pas «vraie» en soi, elle est, au plus, crédible, mais ça ne veut pas dire qu’elle est la vérité. Une théorie est une conception faillible du réel, on avance à tâtons. Ainsi, toute information est toujours potentiellement faillible, c’est pourquoi c’est un devoir de tout vérifier, surtout quand des mouvances mystiques/spirituelles/religieuses/pseudolaïques empruntent abusivement des concepts scientifiques et jusqu’au jargon scientifique, pour mieux diffuser leurs doctrines et gagner la confiance des crédules ; c’est ce que font certaines sectes.
  • L’enjeu de la démarcation épistémologique c’est la liberté. Croire est une liberté. S’informer est cependant un devoir pour conserver notre liberté. Un équilibre entre le droit de croire et le devoir de s’informer à travers un doute constructif. J’en sais assez pour dire que l’enjeu est beaucoup plus grave que je ne le pensais. Je pense que le sens critique est un outil aussi utile que l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.
  • Entre le besoin de croire et la volonté de connaître, il y a un abîme. Entre croire sans réfléchir et douter en réfléchissant, il y a un abîme.
  • Je suis impartial, c’est la nature qui est ce qu’elle est, selon ce qu’on a observé ou expérimenté d’elle.

Les différences entre le point de vue de l’internaute et le mien repose sur un désaccord épistémologique. L’internaute préfère un relativisme des opinions, tandis que je me réfère à la méthode scientifique dont le principe repose sur une objectivité fondée sur l’observation de la nature afin d’éliminer des concepts superflus et faux. La méthode scientifique est dynamique, elle va un peu plus loin que le relativisme stagnant. Si j’adhérais moi-même au relativisme, alors je retiendrais toutes les idées sans en rejeter une seule, en disant à tout le monde que toutes les idées se valent, et que je m’en fous des contradictions gênantes entre les idées diverses ? Non, le relativisme c’est de la paresse. Le scepticisme scientifique est un travail minutieux de vérification. Trouver des contradictions implique des heures de lecture attentive. Je fais cela parce que pour moi c’est une sorte de sport, parce qu’un cerveau qui s’use c’est un cerveau qui ne sert jamais. Le relativisme, lui, s’endort, il accepte d’emblée toutes les idées. Jusqu’aux doctrines sectaires ? Oui, jusqu’où peut-on croire, jusqu’où peut-on remplir le cerveau sans réfléchir ? Je disais qu’il faut vérifier et trouver des contradictions pour réfuter ce qui est inepte, c’est un travail nécessaire. La liberté des gens dépend de leur entraînement à l’esprit critique. On doit aussi se souvenir que chaque mot a un sens, surtout dans les sciences.

Le doute a pour finalité de réfuter une chose quand celle-ci est fausse. On réfute, on invalide, ou bien on corrobore, ou on conforte. Le relativisme, lui, accepte tout, et même s’il est désintéressé, sans choisir une idée plutôt qu’une autre, il ne doute pas puisqu’il ne cherche pas à falsifier une idée si celle-ci est fausse.

La science c’est comme une enquête du lieutenant Columbo : le personnage raye les noms des suspects quand il a vu que leur alibi prouve leur innocence. La méthode policière ressemble beaucoup à la méthode scientifique. Est-ce que le suspect est coupable ? Non, des faits attestent qu’il n’a pas pu commettre le crime. Des faits auront contredit l’hypothèse. La culpabilité comme hypothèse est donc falsifiée, donc rejetée. Le relativisme, lui, si on l’appliquait comme méthode d’enquête, conduirait à l’injustice ou au laxisme, sans rien chercher à prouver la culpabilité d’autrui.

  • Relativisme : «coupable, euh je ne sais pas je m’en fous, qu’on place le suspect en détention provisoire, on verra !»
  • Relativisme : «euh, présumé innocent, bon allez on vous pardonne !»
  • Relativisme : «bof, euh, votre cas est indécidable, on prononce le non-lieu, on est tolérant, et on n’a pas envie de réfléchir.»

Le relativisme est un concept simpliste, il s’affranchit d’un effort de réflexion. Le relativisme tolère mais ne cherche rien ni ne trouve rien, il accepte une idée, c’est tout. Le relativisme ne doute pas.

Et quand la méthode scientifique ne permet pas de trancher à propos d’une hypothèse, c’est parce que ladite hypothèse n’était pas réfutable, donc qu’elle n’était pas scientifique. Hors du cadre scientifique, on ne peut pas éliminer les hypothèses fausses, donc on ne peut pas améliorer une théorie quelconque, il y a alors impossibilité d’évolution de la connaissance. Quand une hypothèse n’est pas vérifiable, rien n’est connaissable, donc on ne peut rien en dire. On ne peut pas faire appel à l’imaginaire ou à la spéculation, c’est peut-être amusant de spéculer sans pouvoir vérifier mais ça ne sert à rien. Ce serait perdre du temps. Autant se consacrer à des hypothèses vérifiables.

L’internaute se proclame impartial, mais il rejette pourtant le matérialisme. C’est contradictoire.

L’internaute se méfie des vérités absolues, mais il trouve dans l’imaginaire et la spéculation un moyen de connaissance… C’est contradictoire.

L’internaute affirme que les spéculations et l’imagination font avancer la science, alors qu’en même temps ces spéculations et l’imagination remplacent la science qui a atteint ses limites, et que du coup ces spéculations se démarquent elles-même de la science, donc comment ces spéculations démarquées peuvent-elles faire avancer la science si ces spéculations ne sont plus dans le cadre scientifique ? C’est contradictoire. Dire que les spéculations et l’imagination, hors de tout cadre scientifique, sont loin d’être vaines, c’est en quelque sorte les ériger, à tort, en vérités.

  • « Douter de tout ou tout croire, ce sont les deux solutions également commodes qui l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir. » (Henri Poincaré)
  • « Toute connaissance accessible doit être atteinte par des méthodes scientifiques ; et ce que la science ne peut pas découvrir, l’humanité ne peut pas le connaître » (Bertrand Russell)
  • « La qualité d’une expérience se mesure au nombre de théories qu’elle fait tomber. » (d’après un professeur à Polytechnique et chercheur du CNRS)
  • « Il y a plus faux que le faux, c’est le mélange du vrai et du faux. » — (Paul Valéry)
  • « Oser savoir en utilisant sa raison critique c’est le fondement de notre modernité, cela reste la condition de son avenir.» (Emmanuel Kant)
  • « Seul a un caractère scientifique ce qui peut être réfuté. Ce qui n’est pas réfutable relève de la magie ou de la mystique. » (Karl Popper)
  • « Une théorie est scientifique si et seulement si elle susceptible d’être réfutée ; elle n’est pas vraie, mais tout au plus admise provisoirement. » (Karl Popper)
  • « Le doute est le premier pas vers la science ou la vérité; celui qui ne discute rien ne s’assure de rien; celui qui ne doute de rien ne découvre rien. » (Denis Diderot)
  • « La science ne cherche pas à énoncer des vérités éternelles ou de dogmes immuables ; loin de prétendre que chaque étape est définitive et qu’elle a dit son dernier mot, elle cherche à cerner la vérité par approximations successives. » (Bertrand Russell)
  • « La science antique portait sur des concepts, tandis que la science moderne cherche des lois. » (Henri Bergson)
  • « Seuls les poissons morts nagent dans le sens du courant, être dans le vent c’est avoir un destin de feuille morte. » (slogan de mon blog)
  • « La science n’a jamais tout à fait raison, mais elle a rarement tout à fait tort, et, en général, elle a plus de chance d’avoir raison que les théories non scientifiques. Il est donc rationnel de l’accepter à titre d’hypothèse. » (Bertrand Russell)
    « La nausée métaphysique nous fait hoqueter des pourquoi. »   (Jean Rostand, biologiste (1894-1977))
  • « On ne met pas au jour des vérités sans en offusquer d’autres. Toute découverte recouvre. » (Jean Rostand)
  • « La première chose qu’il faut faire, c’est prendre soin de votre cerveau. La deuxième est de vous extraire de tout ce système [d’endoctrinement]. Il vient alors un moment où ça devient un réflexe de lire la première page du L.A. Times en y recensant les mensonges et les distorsions, un réflexe de replacer tout cela dans une sorte de cadre rationnel. Pour y arriver, vous devez encore reconnaître que l’État, les corporations, les médias et ainsi de suite vous considèrent comme un ennemi : vous devez donc apprendre à vous défendre. Si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle. » (Noam Chomsky)
  • « Ce qui ne peut être dit doit être tu. »  (Ludwig Wittgenstein)
  • « The greatest enemy of knowledge is not ignorance ; it is the illusion of knowledge. » (Stephen Hawking, english physicist) « Le plus grand ennemi de la connaissance n’est pas l’ignorance, c’est l’illusion de connaissance. »
  • « Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté.»  (Confucius)   (voir Orwell et le concept de «novlangue»)
  • « À force de répétitions et à l’aide d’une bonne connaissance du psychisme des personnes concernées, il devrait être tout à fait possible de prouver qu’un carré est en fait un cercle. Car après tout, que sont « cercle » et « carré » ? De simples mots. Et les mots peuvent être façonnés jusqu’à rendre méconnaissables les idées qu’ils véhiculent. » (citation de Joseph Goebbels, Ministre du Reich à l’Éducation du peuple et à la Propagande (1933-1945))
  • « En métaphysique rien n’est sûr, sauf la migraine qui en est le prix ».  (Arthur Schopenhauer, dans Sur la religion)

© 2013 John Philip C. Manson

Y a t-il un sens entre la fréquence des prénoms et la réussite au Baccalauréat ?

prenoms-series-2012

La fréquence statistique des prénoms dans un pays, sans relier ceux-ci à rien, sauf d’abord à travers le choix des parents, ça varie selon chaque prénom. Déjà, les fréquences des prénoms entre eux sont inégales. Il y a aussi les effets de mode selon les époques. Les prénoms varient aussi en fonction de l’origine socio-culturelle. Comparer des prénoms majoritaires par rapport à n’importe quoi (comme le Bac par exemple), ça ne veut rien dire.

Après le Bac, il y a l’entrée dans la vie active, enfin, si on peut réussir à trouver un boulot. Quel est le prénom le plus fréquent chez les chômeurs inscrits à Pôle Emploi cette année ?… La réussite est un facteur qui dépend du travail réalisé par chacun, indifféremment selon les prénoms, puisque qu’à la base les prénoms sont chacun déjà plus ou moins fréquents les uns par rapport au autres. avec peut-être l’influence de l’origine socio-culturelle (il est beaucoup plus facile de réussir des études quand on a des parents qui sont profs), mais les prénoms ne sont qu’un critère secondaire et superficiel dont il est vain d’y trouver un sens. Remarque : que des filles en Bac L et aucune en Bac S, l’absence stricte ou l’omniprésence stricte n’est pas statistiquement crédible. En Terminale S, il y a un peu moins de filles que de mecs, mais elles ne sont pas absolument absentes… Souvenons-nous par exemple que notre jolie et adorable miss France 2013 a un Bac S avec mention très bien. En 2009, au Bac S, il y a 47% de filles et 53% de mecs, c’est presque à égalité (source = http://media.education.gouv.fr/file/2011/37/6/Les_resultats_170376.pdf), alors je suis surpris de l’absence de prénoms féminins dans la liste de Bac S ici. Et il y a 79,3% de filles et 20,7% de garçons au Bac L en 2009 (même source), mais dans la liste de 12 prénoms en Bac L ici les mecs sont totalement absents. Pourtant, le taux de réussite au bac, en moyenne, est de 86%.

Je ne conteste pas l’étude sociologique, je veux juste l’explication de la contradiction quantitative.

Autre paradoxe : les prénoms les plus fréquents au bac ne correspondent pas aux prénoms des bébés nés vers 1994 (les bacheliers ayant environ 18 ans au bac 2012). En effet, aucune trace des prénoms féminins Manon, Camille, Marine, Pauline, Léa, Marion, Anaïs, Julie, Chloë et Sarah dans la liste affichée dans l’image ci-dessus. Pareil pour les prénoms masculins Thomas, Alexandre, Nicolas, Kevin, Maxime, Quentin, Julien, Dylan, Antoine et Florian… Pourquoi ?

J’en rigole, je vois mon prénom (Jean-Philippe = John Philip) dans la filière STI2D alors que je n’ai jamais suivi cette voie.

iconlol

 

Yahoo surenchérit sur le thème : http://fr.news.yahoo.com/quels-pr%C3%A9noms-r%C3%A9ussissent-au-bac-115222817.html

Ma nouvelle réponse :

bac-prenoms

 

© John Philip C. Manson