Le QI d’une américaine de 3 ans ?

  • 28 février 2014 : Ayant eu récemment une pause forcée suite à des états grippaux qui ont interrompu pour quelques jours mon projet professionnel actuel, mon blog dispose d’un court sursis avant son arrêt réellement définitif. Cependant, j’hésite à arrêter complètement mon blog ; je pourrai éventuellement poster de temps en temps quelques nouveaux articles, à un rythme faible (un article par mois ou tous les 3 mois), en fonction de ma disponibilité. Je souligne toutefois que mon projet professionnel reste et restera prioritaire. Dès fin mars 2014 et pour les mois suivants, je serai complètement absent de ce blog, c’est certain. Après, on verra si j’aurai un tout petit peu de temps à y consacrer…
  • J’aurai ici juste le temps de commenter brièvement ce qu’on pourrait appeler un « phénomène de foire », qu’il faudrait dénoncer. Il faudrait démystifier le fantasme de la surdouance et en critiquer la médiatisation.
  1. Définir une personne sur la base de son QI est simpliste et réducteur. L’intellect et la personnalité des personnes comportent des nuances, des  subtilités qu’aucun psy ne pourra connaître en totalité. Il n’existe pas d’intelligence mais des intelligences : http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_des_intelligences_multiples  L’intelligence n’est donc pas uniquement construite sur le seul raisonnement logico-mathématique. En effet, que dire de l’intelligence des artistes ? Léonard de Vinci et Michel-Ange étaient des artistes suprêmes, ils étaient très loin d’être des idiots. Les tests de QI ne mesurent absolument pas la créativité ni l’habilité, ni même l’aptitude à l’esprit critique !
  2. Un QI de 160 équivalent à celui d’Albert Einstein ? C’est un anachronisme. Le fameux physicien n’a jamais passé de tests de QI de son vivant car les tests de QI pour adultes n’étaient pas encore inventés. De plus, enfant, Einstein ne passa jamais de tests de QI. Ainsi, Einstein ayant un QI de 160 est une affirmation qui ne provient pas de sources objectives vérifiables. Einstein était vraisemblablement intelligent mais son QI est inconnu. En outre, il est important de préciser qu’un QI de 160 pour une fillette de 3 ans signifie exactement ceci : la fillette de 3 ans a un âge mental scolaire de 3×160/100 = 4,8 ans (soit 4 ans et 10 mois environ). La fillette de 3 ans a donc presque 2 ans d’avance intellectuellement par rapport à la moyenne des autres enfants de son âge physique. On est donc très loin du fantasme selon lequel on tendrait à croire que la fillette aurait pu avoir par exemple un niveau de doctorat… Honnêtement, pendant toute ma scolarité j’ai déjà observé plusieurs cas d’élèves qui sautait une ou deux classes d’avance ; c’est peu fréquent mais cela arrive au moins une fois. Doit-on alerter les journalistes chaque fois que ce phénomène se produit ?…
  3. Quel est le but de l’article ? Faire de la publicité pour l’association Mensa ? Ou proposer une version idéale ou romantique de l’intelligence infantile ?
  4. L’apprentissage précoce des langues étrangères s’explique par l’extraordinaire plasticité du cerveau humain. Le cerveau est capable de s’adapter très tôt à de nouveaux stimuli. On apprend plus vite et mieux quand on considère l’apprentissage comme un jeu. Cela ne se limite pas aux enfants précoces ni aux surdoués. Les enfants issus de mariages mixtes sont fréquemment bilingues, qu’ils soient surdoués ou pas. Le talent apparaît avec beaucoup de pratique, le plus tôt possible. Un gamin qui a des parents qui sont profs de maths aura alors une plus forte probabilité de développer des aptitudes pour les maths, mais pourra cependant aussi faire autre chose selon ses goûts.
  5. Existe t-il une déontologie en psychologie où les tests psychométriques devraient rester discrets et confidentiels car relevant de la vie privée ? Pourquoi alerter les journalistes et faire un article ? Quel en est l’intérêt ? Le voyeurisme n’a jamais servi les intérêts des enfants. La surexposition, la surmédiatisation des enfants surdoués ou précoces est préjudiciable et déstabilisant pour les concernés.
  6. Le pire dans cette médiatisation est de présenter des informations fantaisistes : http://expresse.excite.fr/a-11-ans-elle-a-un-qi-N15914.html et http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/10/11/21368-surdoues-pour-vie  Il existe une faille en ce qui concerne Napoléon Bonaparte (mort en 1821), Einstein (mort en 1955), Sigmund Freud (mort en 1939), Blaise Pascal (mort en 1662), Goethe (mort en 1832) cités dans ces liens hypertextes… Pour info, les tests de QI pour adultes existent dès la fin des années 1950 aux États-Unis, et les tous premiers tests psychométriques pour les enfants datent de 1912 (voire vers 1905 pour les tests précurseurs). Il est donc flagrant que prétendre connaître le QI des personnes (célèbres ou non) ayant vécu avant le vingtième siècle (et avant la fin des fifties dans le cas des adultes) est mensonger ! Parler du QI de Steve Jobs, de Stephen Hawking ou de Bill Gates qui sont nos contemporains, c’est nettement plus crédible.
  7. La mesure du QI des adultes est connue publiquement depuis février 1955, grâce au « Wechsler Adult Intelligence Scale (WAIS) » d’après un livre publié en février 1955 par David Wechsler, psychologue américain. Albert Einstein, lui, est décédé en avril 1955. Je doute qu’Einstein ait eu le temps d’avoir passé en urgence un test de QI pour adultes au cours des 2 derniers mois de sa vie, et qu’il ait eu surtout le temps de lire le livre de David Wechsler… Quant à Bonaparte, Freud, Pascal et Goethe, leur QI est pure invention fantaisiste et arbitraire. Où est passé le devoir déontologique de vérité et d’objectivité ?

© 2014 John Philip C. Manson

Le documentaire, un genre dénaturé par la télévision

« La course à l’audience dicte l’écriture et le formatage des documentaires depuis une dizaine d’années en France. »  (José Chidlovsky)

L’article d’Acrimed résume assez bien le fond de ma pensée sur ce qui se passe à la TV. Cela vaut aussi pour le cyber-journalisme sur internet, ainsi que la presse au format papier. Il y a une paupérisation de l’information sur les sujets scientifiques et connexes. Cela devient similaire à la télé-réalité. Il n’y a qu’à éplucher par exemple les magazines TV pour constater cet échec : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/09/03/le-betisier-scientifique-de-lete/ et https://jpcmanson.wordpress.com/2013/09/09/le-betisier-de-lete-suite/

Des émissions intéressantes et réellement instructives comme «C’est pas sorcier» disparaissent. L’année 2013 marque la fin de l’émission «C’est pas sorcier», et l’animateur Frédéric Courant a malheureusement été «remercié» après 20 ans de loyaux services… Quel genre de choses va assurer la relève ? C’est inquiétant.

L’esprit critique est indispensable à travers l’évaluation du contenu publié mais aussi à travers la critique des procédés via lesquels ce contenu est publié.

Les erreurs et incohérences existent (cela arrive naturellement par accident) même dans des livres sérieux : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/12/28/une-erreur-dans-un-livre-de-thermodynamique-pour-ingenieurs/     Et souvent, à travers des documentaires bâclés et bidonnés (délibérément ?), plus c’est gros plus ça passe…

Les informations sont réduites à un produit à vendre et dont on fait des économies pour le simplifier jusqu’à en lui ôter sa substance (son signifiant), et non plus faire des informations comme être un support de connaissance. Comment cela va t-il évoluer (ou dégénérer) ?

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Articles connexes :

 

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© 2013 John Philip C. Manson

Le bêtisier scientifique de l’été

  • J’ai peu publié dans mon blog ces deux derniers mois mais j’ai préparé ici plusieurs sujets en un seul article pour la rentrée de septembre.

Vu dans un magazine TV :
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La Voix Lactée se dénombre par plus de 200 milliards d’étoiles, mais pas 200 millions.
Ce n’est pas la première fois que je relève cette même erreur. L’émission est une rediffusion, ainsi le synopsis n’aura pas été relu et corrigé depuis trois ans.

De plus, l’âge de 12 milliards d’années est légèrement inexact. D’après un article de Science et Avenir publié en 2004, notre galaxie est âgée de 13,6 milliards d’années –avec une marge d’erreur de 800 millions d’années- d’après les dernières estimations obtenues par une équipe de l’European Southern Observatory (ESO). Le documentaire, lui, date de 2010.

Dernier détail, la nébuleuse d’Orion est à 1344 années-lumière de nous, mais on ne connaît les grandes distances que de façon assez approximative. Diverses sources indiquent une valeur entre 1300 à 1500 années-lumière.

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Vu dans un magazine TV :

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« 65% des femmes ont un poids idéal, pourtant 50% d’entre elles essaient de perdre des kilos. »

Donc d’après ces statistiques, 32,5% des femmes en général essaient de maigrir malgré qu’elles aient un poids idéal.
Certains cherchent à minimiser le problème grave qu’est l’anorexie, ils cherchent à relativiser son importance par rapport au problème de l’obésité.

Je ne sais pas combien est exactement le taux d’obésité et de surpoids dans la population, il est peut-être d’une personne sur trois dans les pays industrialisés (à vérifier). Mais on voit que d’après le synopsis du documentaire, maigrir malgré un poids déjà normal concerne un tiers des françaises (soit environ 10 millions 600 mille françaises concernées).
Loin d’être négligeable, l’anorexie est un réel problème de santé publique de fréquence analogue à celui de l’obésité.
Évidemment, il existe plusieurs nuances d’anorexie, entre vouloir perdre quelques kilogrammes et perdre un maximum (dans les cas les plus extrêmes) alors que ce n’est pas justifié. L’incitation à l’anorexie à travers l’abondance de publicités et les codes des canons esthétiques c’est presque aussi grave que l’incitation au suicide…

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Vu dans un magazine TV :

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Si le littoral français recule, les barrages peuvent en effet être impliqués. Néanmoins le synopsis du documentaire évoque aussi le changement climatique.
Sous nos latitudes, la dilatation thermique a un impact minime, car le phénomène touche surtout les régions tropicales et équatoriales, là où l’angle d’incidence des rayons du soleil par rapport à la verticale permet une plus grande concentration des rayons, d’où une plus forte chaleur sous les tropiques (en été, le soleil est au zénith à l’un des tropiques).
Si le réchauffement climatique était un des facteurs de recul du littoral français, il aurait dû provoquer l’élévation du niveau de la mer sur l’îlot de Fort Boyard par exemple (qui existe depuis environ 2 siècles), ainsi que toutes les autres îles françaises ayant une faible altitude.
Autre facteur de recul du littoral : l’urbanisation du littoral, et l’exploitation du sable pour les travaux des métiers du bâtiment.
Rappelons que le marnage dû aux marées quotidiennes (plusieurs mètres d’amplitude) est moins négligeable que l’élévation du niveau des mers par
dilatation thermique (3 millimètres par an, en moyenne).
Loin de nier le réchauffement climatique (puisqu’il est un fait), je souligne seulement que les régions tropicales sont surtout concernées par la dilatation thermique par rapport aux régions tempérées et polaires (mais cela n’empêche néanmoins pas les mouvements des masses océaniques chaudes).
Quant à la fonte des glaces, l’élévation du niveau des mers est due à l’eau des glaciers continentaux, tandis que la glace flottante n’élève pas le niveau de la mer en fondant (principe d’Archimède).

Il faut réunir des preuves de l’élévation du niveau de la mer sur le littoral français sur la période des deux derniers siècles. Je n’ai pas de conclusion certaine à ce sujet. Mieux vaut vérifier.

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Je cite : « La Grande Barrière de corail est le seul site visible depuis l’espace avec la Grande Muraille de Chine. »

La muraille de Chine a une largeur de 5 à 7 mètres, est-elle visible depuis l’espace (à plus de 300 km d’altitude) ?
Le pouvoir séparatoire de l’œil humain (sans instrument d’optique comme les jumelles et la lunette astronomique et le téléscope) est de 1 minute d’arc, soit un soixantième de degré, ou 0,000290888 radian. Ainsi, à 300 km d’altitude, il est possible de voir à l’œil nu des structures au sol qui sont larges d’environ 87,3 mètres. Donc on ne peut pas voir à l’œil nu depuis l’espace des murs larges de 5 à 7 mètres situés au sol. La muraille de Chine peut être vue à l’œil nu jusqu’à 17 à 24 km d’altitude maximum.
De plus, le calcul n’est vrai que pour une épaisseur atmosphérique parfaitement limpide, or dans la réalité l’épaisseur de l’atmosphère terrestre altère la lumière et donc l’image des objets situés au sol.

Mais le minimum séparable concerne l’acuité visuelle (sans correction optique, comme des lunettes, des jumelles ou un téléscope) de deux points séparés d’un angle de 1 minute d’arc. Tandis que le minimum visible (le contraste d’une ligne par rapport au paysage) désigne un angle de 0,5 seconde d’arc, ce qui remet en question le calcul précédent.

Avec un angle de 0,5 seconde d’arc, un objet peut être vu 120 fois plus loin qu’un objet vu sous un angle de 1 minute d’arc. Ainsi, la muraille de Chine peut être vue jusqu’à une altitude de 2040 km à 2880 km, ce qui correspond à une orbite relativement basse, et la muraille peut donc vraiment être vue depuis une zone limitée de l’espace à proximité de la Terre. Au-delà de cette altitude, la muraille n’est absolument plus visible, et certainement encore moins depuis la lune.

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Retour du paranormal sur une chaîne de TV. On sent que la rentrée approche…

Image DSC_0030 : des phénomènes étranges et mystérieux qui n’en sont pas. Ce folklore est basé sur des témoignages seuls, sans preuves objectives donc sans méthodologie scientifique. On ne peut donc pas parler ici d’avancées scientifiques.
Ici les forces ou énergies telluriques sont une croyance qui est fait passée pour une réalité qui n’existe pas.
La géobiologie (dont le nom est abusivement construit à partir de deux mots savants : géologie et biologie) est une fumisterie n’ayant aucun
rapport avec les sciences et leur méthode.

Image DSC_0007 intitulée « Ils ont vu des OVNIs » : très peu de preuves matérielles (ou plutôt pas du tout) concernant l’existence de la vie extraterrestre
sur Terre, mais beaucoup de masturbation intellectuelle sur le thème récurrent des visiteurs extraterrestres depuis l’après-guerre et la guerre froide.

« Contacts avec des extraterrestres » : témoignages de CROYANCES, mais pas d’apport de preuves objectives vérifiables.

« Prémonition, télépathie, voyance » : un déni et un mépris total des lois des probabilités et des statistiques…
Ainsi, supposons que 15% des français regarde une émission sur les médiums, l’émission ayant une durée d’une heure par exemple. Ensuite,
supposons qu’un «médium» annonce pouvoir griller des ampoules électriques à distance et que durant l’heure dont dure l’émission TV il y ait
effectivement des gens qui appellent au standard téléphonique pour confirmer le phénomène. Or une ampoule électrique à incandescence a une
durée de vie moyenne de 1000 heures, et d’après les lois de probabilités, sur un laps de 1 heure il y aurait environ 9750 ampoules qui grilleront
effectivement parce qu’elles auront atteint leur fin de vie, mais cela n’est dû qu’au seul hasard. Pour qu’il y ait preuve d’un quelconque pouvoir
par télékinésie, il faudrait qu’un médium réalise un score significativement supérieur à celui du hasard. Un effet dû au hasard et abusivement associé
à un pouvoir paranormal fictif, ça s’appelle une fausse causalité, et c’est aussi une escroquerie intellectuelle.

La TV n’informe pas, elle ne fait que vendre du rêve…

Liens internes :

https://jpcmanson.wordpress.com/?s=feng+shui&submit=Recherche
https://jpcmanson.wordpress.com/?s=géobiologie&submit=Recherche
https://jpcmanson.wordpress.com/?s=tellurique&submit=Recherche
https://jpcmanson.wordpress.com/?s=extraterrestre&submit=Recherche

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L’accident, ou plutôt un tsunami qui est la catastrophe naturelle qui a entraîné la tragédie de Fukushima à travers laquelle le nucléaire n’est pas la cause mais la conséquence. Néanmoins, le nucléaire n’est jamais sans risques, il faudrait sortir du nucléaire mais pas sans courir à la faillite économique à travers le développement des énergies renouvelables.

L’avantage du nucléaire c’est sa capacité de production énergétique : pour produire 1 kWh, il ne faut que 3,3 milligrammes d’uranium, tandis qu’il faudra entre 65 et 110 grammes d’hydrocarbures pour produire autant d’énergie.
Malgré ce grand avantage, le nucléaire présente un grand inconvénient en cas de désastre. La sécurité absolue n’existe pas.

Mais peut-on remplacer complètement le nucléaire ?

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Information vraie sur ce nombre d’années mais cela concerne un cas particulier (une reine fourmi en captivité, de l’espèce « Lasius Niger »), et concernant un record de longévité plutôt que l’apparente durée de fécondité de « toutes » les reines fourmis. Renseignements ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fourmi#Long.C3.A9vit.C3.A9 et voici la référence : Les fourmis: comportement, organisation sociale et évolution. Par Luc Passera, Serge Aron. NRC Research Press, 2005. ISBN 0-660-97021-X, 9780660970219, 480 pages

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D’ici à 2050 les turbulences en avion plus nombreuses ? Sur la base de quels indices et quels faits ?…

Entre 40% et 170% c’est un taux qui laisse une grande marge pour affirmer une prédiction ou son contraire…

© 2013 John Philip C. Manson

Prédire le QI à l’aide d’un test visuel ?

Cela paraît sérieux comme étude, mais il ne faut jamais se résigner à croire à l’infaillibilité des informations. Ne pas se fier aux apparences.

Le recul critique se fait par la recherche du moindre petit détail pouvant remettre l’étude en question.

  • D’une part, en lisant l’article, je remarque l’absence du nombre de volontaires testés. Ce paramètre est pourtant déterminant afin d’évaluer la crédibilité de l’étude. On ne sait pas si les volontaires sont nombreux (des milliers) ou s’ils sont en nombre restreint (quelques dizaines de personnes). Pour évaluation de l’étude, cette donnée est nécessaire. Son absence soulève des interrogations.
  • D’autre part, le concept de QI n’équivaut pas à des grandeurs physiques empiriques et objectives. Il n’existe pas vraiment de définition objective de l’intelligence. Le test de QI, à la base, est un outil statistique de dépistage des cas de retard scolaire par rapport à une moyenne.
  • Un phénomène sensoriel (test visuel) peut-il être lié au QI ? Une corrélation ne signifie pas systématiquement causalité. On devrait réaliser un test similaire avec (par exemple) la taille des individus (les nains, les moyens, les géants) pour voir s’il existe une pseudo-causalité avec le QI. N’importe quel autre paramètre pourrait conduire à des pseudo-découvertes.

Les tests de QI peuvent avoir de faux-positifs : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/04/21/les-tests-de-qi-et-le-theoreme-de-bayes/

Sur un seul individu testé, une série de tests de QI peut présenter une marge d’erreur non négligeable : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/05/24/experience-statistique-sur-9-tests-de-qi/ En effet, le résultat de 9 tests de QI montre que mon QI est de 126 plus ou moins 11 points de QI. Il existe une incertitude que l’on doit prendre en compte. De mon avis, le concept du QI n’est pas un outil fiable, sans réelle valeur. Au mieux, c’est un indicateur à prendre avec des pincettes (comme l’indice de masse corporelle, IMC, qui est lui-même inadapté aux personnes trapues, géantes, naines, amputées d’un membre ou sportif ayant une importante masse musculaire), et au pire c’est un produit marketing. Outil scientifique ? Je ne le crois pas… J’ai souvent émis un avis critique et acerbe sur le QI : https://jpcmanson.wordpress.com/?s=QI&submit=Rech.

 

  • Autre remarque : le taux de corrélation de plus de 71% (test visuel + QI) correspond justement à peu près au degré de fiabilité des tests de QI eux-mêmes. Ce qui suggèrerait un biais expérimental. De plus, peut-on prouver qu’un test de QI est faux pour un volontaire donné ? Le QI comme outil présente un défaut : il ne satisfait pas au critère de réfutabilité.
  • Dernière remarque : sachant que le QI individuel est défini par rapport à une moyenne statistique, le test visuel se base t-il sur des données quantitatives vérifiables ? En effet, des volontaires décrivent ce qu’ils ont vu lors du test visuel, mais il peut exister des volontaires qui peuvent mentir, mal voir ou répondre au hasard pour des raisons comme la mauvaise vue ou bien par farce.

 

 

Exemple de dérive idéologique et marketing du concept de QI (quand j’avais vu l’image je croyais que son auteur faisait de l’humour, mais en vérifiant il se prenait au sérieux…) :

dog-IQ

Quand je regarde un labrador blond dans les yeux, j’y lis de l’intelligence. Pas dans les yeux de certains idéologues…

Quel est le QI de l’égo d’un mouton ?

  • Et combien est-ce que ça a coûté ?
  • Bêêê !
  • Ah oui, quand même !

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beee

«Pour être intelligent, c’est facile ; il suffit de penser à une connerie et dire l’inverse.»  (Coluche)

 

© 2013 John Philip C. Manson

 

Des paralogismes dans un document sceptique sur Nibiru et Anunnakis

En commençant la lecture, l’auteur dénonce les absurdités du mythe de Nibiru. Il m’a même cité à travers un de mes articles, en se servant de moi comme argument d’autorité. D’une part, l’auteur a développé un raisonnement qui met à mal le mythe de Nibiru, c’est ce qu’il fallait faire. Mais d’autre part, cela a conduit hélas à une démarche fallacieuse qui consiste à rejeter (à raison) le New Age pour valoriser (à tort) le christianisme. Le sophisme opposant une religion contre la secte New Age n’a de but que promouvoir la foi en Christ (la page se termine par le slogan «A Christ seul soit la Gloire»).

Je vais être clair :

  • Mes arguments contre Nibiru et Sitchin ne doivent pas servir à construire subjectivement des sophismes ou des paralogismes pour soutenir des croyances.
  • Quand j’ai critiqué le New Age, c’était uniquement pour invalider les fadaises de cette mouvance. Je ne cautionne que la raison et l’objectivité.
  • Montrer les absurdités du New Age ne signifie pas par causalité que les religions concurrentes sont vraies. Il y a eu une fausse analogie, du genre «le New Age c’est mal, donc Jésus c’est la vérité». L’auteur de la page a utilisé deux paralogismes : il s’est appuyé sur mes propres arguments (argument d’autorité), et il a fait un paralogisme informel (puisque A alors B, donc C, où C n’a aucun rapport avec B). Lire page 60 et 68 du livre «Petit cours d’autodéfense intellectuelle», de Normand Baillargeon, éditions LUX.

Utilisé correctement, l’esprit critique est un outil de la raison et de l’objectivité. L’esprit critique devient un sophisme et une imposture quand il cherche à cautionner des croyances, des idéologies et des contre-vérités. L’esprit critique ne cautionne aucune vérité, l’esprit critique remet en question toute chose. Si le New Age comporte beaucoup de contradictions, d’amalgames, de mensonges, on peut en dire autant sur les religions rivales : http://www.bible.chez-alice.fr/erreurs.htm et surtout ça (avec traduction automatique depuis l’anglais) :  http://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&u=http://www.answering-christianity.com/101_bible_contradictions.htm&prev=/search%3Fq%3Dcontradiction%2Bbible%26safe%3Doff%26hl%3Dfr%26biw%3D1440%26bih%3D733&sa=X&ei=uDdsUfqVJceK0AWky4DADQ&sqi=2&ved=0CGcQ7gEwBg

Je n’ai rien directement contre le christianisme, mais je suis gêné par les amalgames abusifs entre la science et la religion.

L’esprit critique, via des analyses, ne consiste pas à dire qu’un truc est mieux qu’un autre. Le mieux, c’est l’esprit critique lui-même, il est le recul nécessaire pour ne pas prendre parti pour une chose contre une autre. L’esprit critique ne cherche pas à établir des vérités, l’esprit critique évalue la solidité des informations sans prendre parti pour un camp. C’est comme au football : l’esprit critique n’est pas une des deux équipes de footballeurs, l’esprit critique est l’arbitre qui distribue les cartons jaunes et rouges. L’arbitre ne distribue pas les médailles…

Toute information (connaissance ou croyance) est faillible. L’esprit critique, lui, n’est ni connaissance ni croyance, il est une méthode.

Je vais illustrer deux exemples de raisonnement fallacieux possible :

  • Exemple d’argument d’autorité : «Je jure par l’appui des paroles sacrées d’Einstein, le plus grand savant, selon lesquelles il a dit que Dieu ne joue pas aux dés.»

Et pourtant, Einstein, comme tout homme, pouvait se tromper. La physique quantique a révélé la nature probabiliste de la matière à l’échelle subatomique. Le hasard est une propriété de la nature (physique quantique, théorie de l’évolution des espèces, théorie des probabilités, théorie du chaos…).

  • Exemple de paralogisme informel : «Puisque Dieu ne joue pas aux dés, donc Dieu existe, et donc l’univers est déterministe et a été créé délibérément par Dieu.»

Et pourtant, on peut raconter des bêtises à partir d’une fausse analogie.

Exemple de paralogisme (la pétition de principe) :

  • «- Dieu existe, puisque la Bible le dit.»
  • «- Et pourquoi devrait-on croire la Bible ?»
  • «- Mais parce que c’est la parole de Dieu !»

On va reprendre exactement la même structure de paralogisme (la pétition de principe) avec d’autres mots, et là ça devient extrêmement intéressant :

  • «- Il faut envahir l’Irak, puisque G. W. Bush l’a dit.»
  • «- Et pourquoi devrait-on croire G. W. Bush ?»
  • «- Parce que Bush dit la vérité, puisqu’on n’a pas encore trouvé d’armes de destruction massive en Irak c’est que forcément ils cachent quelque chose !»

Même paralogisme :

  • «- Il faut interdire les téléphones mobiles, puisque c’est dangereux.»
  • «- Pourquoi devrait-on croire que les téléphones mobiles sont dangereux ?»
  • «- Parce qu’on n’a pas encore prouvé de risques de cancer, on ne peut pas encore se prononcer sur leur innocuité, donc en appliquant le principe de précaution ils sont forcément dangereux !»

Puis là, pareil, on remplace juste un mot :

  • «- Il faut interdire les OGM, puisque c’est dangereux.»
  • «- Pourquoi devrait-on croire que les OGM sont dangereux ?»
  • «- Parce qu’on n’a pas encore prouvé de risques de cancer, on ne peut pas encore se prononcer sur leur innocuité, donc en appliquant le principe de précaution ils sont forcément dangereux !»

 

Le livre de monsieur Normand Baillargeon («Petit cours d’autodéfense intellectuelle») est très intéressant. Au premier abord, je m’attendais à retrouver des notions que je connaissais, mais j’ai finalement appris des choses nouvelles. Le chapitre sur les sophismes et les paralogismes est particulièrement instructif. Je recommande ce livre aux crédules autant qu’aux sceptiques : les deux camps y trouveront sûrement des choses à connaître.

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Les paralogismes, ce sont des sophismes que l’on fait involontairement malgré notre bonne foi. Même en étant un sceptique attentif, on est humain, on peut commettre une bourde, l’erreur est humaine, un sceptique peut faire des paralogismes sans le vouloir. Les subtilités du langage incitent à rester vigilant. Quand j’écris un article dans mon blog, c’est fréquemment de manière improvisée car j’ai une certaine facilité rédactionnelle (je devrais penser à devenir écrivain ou essayiste, un jour). Je me relis souvent pour voir si mon orthographe ne comporte pas d’erreurs. Je me relis pour voir si mes calculs sont corrects (les étourderies arrivent à tout le monde). Mais en ce qui concerne le cheminement des raisonnements, je devrais faire attention davantage pour éviter les paralogismes. Le travail d’esprit critique, je prends ça très au sérieux.

Paralogisme humoristique :

– Chaque fois que tu pètes, Dieu tue un bébé phoque et noie un ours polaire dans l’océan Arctique. Assassin !!!  Ne pète pas, je t’en conjure, fais un geste pour la planète.

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© 2013 John Philip C. Manson

Épistémologie : étude d’un point de vue sur internet

Voici ci-dessous le mode de pensée d’un internaute. J’ai trouvé utile d’analyser cela, afin de comprendre certaines variations entre la réflexion et l’adhésion plus ou moins consciente à une croyance.
Cleo

Voici mon propre point de vue ci-dessous. Après, je vais détailler les différences et les points communs entre ma vision et celle de l’internaute.

  • L’équilibre, c’est le recul critique, le juste milieu entre la volonté vaine de la vérité et le besoin de croire. Une indépendance de la raison par rapport aux aprioris subjectifs, mais une dépendance des connaissances par rapport aux faits objectifs.
  • J’aspire à cette vision désintéressée du monde. L’objectivité est ce recul. Ne pas se satisfaire des vérités que l’on nous impose au quotidien, et rejeter le concept de vérité, et préférer celui de réfutabilité.
  • L’impartialité se mesure à travers les faits, pas à travers des opinions. L’objectivité comme principe en face duquel nous sommes tous égaux à travers nos observations et nos expériences, au moyen de la méthode scientifique. Cela n’empêche pas une grande diversité des hypothèses, une grande nuance de concepts, pourvu que ces concepts et hypothèses soient vérifiables.
  • Oui, il y a de ces vérités absolues dont il faut se méfier. La science ne prétend pas à la vérité. Le principe de la science est d’émettre des hypothèses de façon à ce que nous puissions falsifier (c’est-à-dire invalider et réfuter) ces hypothèses dans le cas où celles-ci sont fausses. Le scepticisme scientifique permet l’affinement, ou la réfutation, des théories. Une théorie scientifique n’est jamais érigée en vérité, elle est crédible au mieux, par rapport aux faits, mais on doit tenter de la démolir afin d’évaluer sa solidité. La méthode scientifique est un moyen, un outil, en ce sens la méthode scientifique n’est pas une théorie et ne prétend pas à la vérité ni à la fausseté : il y a une différence entre le moyen et les résultats. Pourquoi rejetterions-nous une méthode qui a fait ses preuves depuis près de 4 siècles ? Pourquoi le physicien Galilée casserait-il sa lunette astronomique en décidant soudain que l’Église décide ce qui est bien pour lui ? Par amour du relativisme, qu’il choisirait que Dieu lui-même décide ce qui est vrai pour lui (par l’intermédiaire de la Bible) ?
  • La science ne prétend pas au matérialisme. Le matérialisme est un concept philosophique, à la base. En tant qu’hypothèse, le matérialisme n’est pas réfuté, et les faits tendent à montrer la prévalence d’un univers matérialiste et naturaliste sans que nous concluons à dire que c’est la vérité. En revanche, le vitalisme, concept opposé au matérialisme, a pris du plomb dans l’aile depuis les premières découvertes en biochimie : le vitalisme distinguait de façon nette entre les êtres vivants et les corps inertes, mais cette opinion a volé en éclat quand un chimiste réalisa la synthèse artificielle de l’urée, une molécule organique. Voir ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_W%C3%B6hler La science procède par éliminations successives, comme dans une enquête policière : on élimine ce qui est superflu, on retient l’essentiel. Tout contre-exemple objectif qui contredit une hypothèse vient invalider ladite hypothèse. Pourquoi garderions-nous des concepts ou des hypothèses fausses ? Le matérialisme, même s’il n’est pas déclaré comme une vérité, est néanmoins crédible. Le vitalisme est réfuté par les faits. Ainsi, je m’étonne que l’internaute affirme sa préférence pour un équilibre entre thèse et antithèse qui ne fait aucune synthèse tranchée, et qui se complaît apparemment dans le conformisme du relativisme postmoderniste. Ainsi, il n’y a pas de raison de répugner le matérialisme (sauf avec l’appui de preuves qui le réfutent), et il n’y a plus de raison de soutenir l’hypothèse désuète du vitalisme (on n’a rien à gagner avec une hypothèse révélée fausse). Le relativisme absolu, c’est l’absence de réflexion. Le principe du recul critique est de rester neutre subjectivement, ce sont les faits qui tranchent : telle chose est réfutée donc fausse, ou alors ladite chose est confortée, pourvu que le critère de réfutabilité soit applicable pour rester dans le cadre de la scientificité. La science conduit à des observations, des expériences, beaucoup de réflexion, mais jamais la science ne consiste en un relativisme paresseux. La science est une démarche réflexive qui élimine ce qui est faux par rapport aux faits, mais en même temps elle n’érige pas de vérités non plus. La science avance, la science ne relativise pas : elle ne met pas le vrai et le faux à égalité, bien au contraire. La synthèse à l’issue de la thèse et l’antithèse ne consiste pas à relativiser, elle consiste à faire un choix : l’élimination des hypothèses fausses. En science, les hypothèses ne se valent pas toutes.
  • La connaissance humaine a ses limites. La science a ses limites. Ce qu’on appelle la connaissance est une représentation faillible de la «vérité», c’est pourquoi le doute est nécessaire, c’est pourquoi il faut systématiquement vérifier, même si cela agace le charlatanisme des pseudo-sciences, même si cela agace des mouvances sectaires qui usurpent la physique quantique pour y inoculer son mysticisme «quantique». Le danger n’est pas dans les croyances elles-mêmes, le danger idéologique est dans le mélange entre le mysticisme et la science.
  • Le débat sur l’existence ou l’inexistence, lorsque rien n’est vérifiable objectivement à travers les phénomènes de la nature, est un débat métaphysique. La métaphysique se distingue de la science. La métaphysique n’apporte aucune réponse, elle ne permet pas d’éliminer des hypothèses, on ne peut ni établir ce qui est crédible ni ce qui est faux : les questions restent alors indécidables, quoique l’on fasse… Rien n’interdit de philosopher sur la métaphysique, j’en ai pratiqué jadis, mais je considère cela comme brasser de l’air, ou de la masturbation intellectuelle. Des idées sans les faits. Cela ne m’intéresse pas, ou plutôt ça ne m’intéresse plus. Je préfère le pragmatisme, du concret, du constructible et du destructible. Pondre une théorie scientifique est passionnant, mais démolir une théorie parce que des faits prouvent finalement qu’elle est fausse (via des expériences reproductibles), c’est une jouissance extrême. Certains élaborent des théories scientifiques, d’autres (des pairs) évaluent ces théories, et si ça s’écroule avec la moindre contradiction par un contre-exemple factuel elle est rejetée. Ce sont les observations de la nature, et l’expérimentation, qui décident ce qui est faux ou pas. Pas ce que je pense ou crois. La nature comme juste milieu, comme équilibre. Subjectivement, les scientifiques sont neutres, ce qu’ils croient n’intervient pas dans les observations, les expériences, ni même les interprétations des résultats. On abandonne la soutane dans les vestiaires, et on va au stade pour voir ce que l’on voit, ou ne rien voir. La science repose sur la confiance envers nos sens (surtout les yeux), et non sur la confiance envers nos petits films dans nos cervelles.
  • Dans le cadre scientifique de la connaissance, quand la science atteint ses limites, on suspend le jugement. Sur ce que nous ne savons pas, on n’a rien à déclarer. Quand la science atteint ses limites, remplacer la science par la spéculation et l’imagination est un droit et une liberté, mais ce remplacement s’exclut de lui-même de la science. Il faut prendre garde quand on franchit la ligne de démarcation entre la science et ce qui ne relève pas de la science. La science ne prétend pas à la vérité, certes, mais les autres points de vue qui sortent du cadre de la scientificité, encore moins. La science n’est pas dénuée d’erreurs, l’erreur est humaine, mais toute autre approche présente moins de rigueur objective, et le risque de se tromper est beaucoup plus grand.
  • Une théorie scientifique n’est pas «vraie» en soi, elle est, au plus, crédible, mais ça ne veut pas dire qu’elle est la vérité. Une théorie est une conception faillible du réel, on avance à tâtons. Ainsi, toute information est toujours potentiellement faillible, c’est pourquoi c’est un devoir de tout vérifier, surtout quand des mouvances mystiques/spirituelles/religieuses/pseudolaïques empruntent abusivement des concepts scientifiques et jusqu’au jargon scientifique, pour mieux diffuser leurs doctrines et gagner la confiance des crédules ; c’est ce que font certaines sectes.
  • L’enjeu de la démarcation épistémologique c’est la liberté. Croire est une liberté. S’informer est cependant un devoir pour conserver notre liberté. Un équilibre entre le droit de croire et le devoir de s’informer à travers un doute constructif. J’en sais assez pour dire que l’enjeu est beaucoup plus grave que je ne le pensais. Je pense que le sens critique est un outil aussi utile que l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.
  • Entre le besoin de croire et la volonté de connaître, il y a un abîme. Entre croire sans réfléchir et douter en réfléchissant, il y a un abîme.
  • Je suis impartial, c’est la nature qui est ce qu’elle est, selon ce qu’on a observé ou expérimenté d’elle.

Les différences entre le point de vue de l’internaute et le mien repose sur un désaccord épistémologique. L’internaute préfère un relativisme des opinions, tandis que je me réfère à la méthode scientifique dont le principe repose sur une objectivité fondée sur l’observation de la nature afin d’éliminer des concepts superflus et faux. La méthode scientifique est dynamique, elle va un peu plus loin que le relativisme stagnant. Si j’adhérais moi-même au relativisme, alors je retiendrais toutes les idées sans en rejeter une seule, en disant à tout le monde que toutes les idées se valent, et que je m’en fous des contradictions gênantes entre les idées diverses ? Non, le relativisme c’est de la paresse. Le scepticisme scientifique est un travail minutieux de vérification. Trouver des contradictions implique des heures de lecture attentive. Je fais cela parce que pour moi c’est une sorte de sport, parce qu’un cerveau qui s’use c’est un cerveau qui ne sert jamais. Le relativisme, lui, s’endort, il accepte d’emblée toutes les idées. Jusqu’aux doctrines sectaires ? Oui, jusqu’où peut-on croire, jusqu’où peut-on remplir le cerveau sans réfléchir ? Je disais qu’il faut vérifier et trouver des contradictions pour réfuter ce qui est inepte, c’est un travail nécessaire. La liberté des gens dépend de leur entraînement à l’esprit critique. On doit aussi se souvenir que chaque mot a un sens, surtout dans les sciences.

Le doute a pour finalité de réfuter une chose quand celle-ci est fausse. On réfute, on invalide, ou bien on corrobore, ou on conforte. Le relativisme, lui, accepte tout, et même s’il est désintéressé, sans choisir une idée plutôt qu’une autre, il ne doute pas puisqu’il ne cherche pas à falsifier une idée si celle-ci est fausse.

La science c’est comme une enquête du lieutenant Columbo : le personnage raye les noms des suspects quand il a vu que leur alibi prouve leur innocence. La méthode policière ressemble beaucoup à la méthode scientifique. Est-ce que le suspect est coupable ? Non, des faits attestent qu’il n’a pas pu commettre le crime. Des faits auront contredit l’hypothèse. La culpabilité comme hypothèse est donc falsifiée, donc rejetée. Le relativisme, lui, si on l’appliquait comme méthode d’enquête, conduirait à l’injustice ou au laxisme, sans rien chercher à prouver la culpabilité d’autrui.

  • Relativisme : «coupable, euh je ne sais pas je m’en fous, qu’on place le suspect en détention provisoire, on verra !»
  • Relativisme : «euh, présumé innocent, bon allez on vous pardonne !»
  • Relativisme : «bof, euh, votre cas est indécidable, on prononce le non-lieu, on est tolérant, et on n’a pas envie de réfléchir.»

Le relativisme est un concept simpliste, il s’affranchit d’un effort de réflexion. Le relativisme tolère mais ne cherche rien ni ne trouve rien, il accepte une idée, c’est tout. Le relativisme ne doute pas.

Et quand la méthode scientifique ne permet pas de trancher à propos d’une hypothèse, c’est parce que ladite hypothèse n’était pas réfutable, donc qu’elle n’était pas scientifique. Hors du cadre scientifique, on ne peut pas éliminer les hypothèses fausses, donc on ne peut pas améliorer une théorie quelconque, il y a alors impossibilité d’évolution de la connaissance. Quand une hypothèse n’est pas vérifiable, rien n’est connaissable, donc on ne peut rien en dire. On ne peut pas faire appel à l’imaginaire ou à la spéculation, c’est peut-être amusant de spéculer sans pouvoir vérifier mais ça ne sert à rien. Ce serait perdre du temps. Autant se consacrer à des hypothèses vérifiables.

L’internaute se proclame impartial, mais il rejette pourtant le matérialisme. C’est contradictoire.

L’internaute se méfie des vérités absolues, mais il trouve dans l’imaginaire et la spéculation un moyen de connaissance… C’est contradictoire.

L’internaute affirme que les spéculations et l’imagination font avancer la science, alors qu’en même temps ces spéculations et l’imagination remplacent la science qui a atteint ses limites, et que du coup ces spéculations se démarquent elles-même de la science, donc comment ces spéculations démarquées peuvent-elles faire avancer la science si ces spéculations ne sont plus dans le cadre scientifique ? C’est contradictoire. Dire que les spéculations et l’imagination, hors de tout cadre scientifique, sont loin d’être vaines, c’est en quelque sorte les ériger, à tort, en vérités.

  • « Douter de tout ou tout croire, ce sont les deux solutions également commodes qui l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir. » (Henri Poincaré)
  • « Toute connaissance accessible doit être atteinte par des méthodes scientifiques ; et ce que la science ne peut pas découvrir, l’humanité ne peut pas le connaître » (Bertrand Russell)
  • « La qualité d’une expérience se mesure au nombre de théories qu’elle fait tomber. » (d’après un professeur à Polytechnique et chercheur du CNRS)
  • « Il y a plus faux que le faux, c’est le mélange du vrai et du faux. » — (Paul Valéry)
  • « Oser savoir en utilisant sa raison critique c’est le fondement de notre modernité, cela reste la condition de son avenir.» (Emmanuel Kant)
  • « Seul a un caractère scientifique ce qui peut être réfuté. Ce qui n’est pas réfutable relève de la magie ou de la mystique. » (Karl Popper)
  • « Une théorie est scientifique si et seulement si elle susceptible d’être réfutée ; elle n’est pas vraie, mais tout au plus admise provisoirement. » (Karl Popper)
  • « Le doute est le premier pas vers la science ou la vérité; celui qui ne discute rien ne s’assure de rien; celui qui ne doute de rien ne découvre rien. » (Denis Diderot)
  • « La science ne cherche pas à énoncer des vérités éternelles ou de dogmes immuables ; loin de prétendre que chaque étape est définitive et qu’elle a dit son dernier mot, elle cherche à cerner la vérité par approximations successives. » (Bertrand Russell)
  • « La science antique portait sur des concepts, tandis que la science moderne cherche des lois. » (Henri Bergson)
  • « Seuls les poissons morts nagent dans le sens du courant, être dans le vent c’est avoir un destin de feuille morte. » (slogan de mon blog)
  • « La science n’a jamais tout à fait raison, mais elle a rarement tout à fait tort, et, en général, elle a plus de chance d’avoir raison que les théories non scientifiques. Il est donc rationnel de l’accepter à titre d’hypothèse. » (Bertrand Russell)
    « La nausée métaphysique nous fait hoqueter des pourquoi. »   (Jean Rostand, biologiste (1894-1977))
  • « On ne met pas au jour des vérités sans en offusquer d’autres. Toute découverte recouvre. » (Jean Rostand)
  • « La première chose qu’il faut faire, c’est prendre soin de votre cerveau. La deuxième est de vous extraire de tout ce système [d’endoctrinement]. Il vient alors un moment où ça devient un réflexe de lire la première page du L.A. Times en y recensant les mensonges et les distorsions, un réflexe de replacer tout cela dans une sorte de cadre rationnel. Pour y arriver, vous devez encore reconnaître que l’État, les corporations, les médias et ainsi de suite vous considèrent comme un ennemi : vous devez donc apprendre à vous défendre. Si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle. » (Noam Chomsky)
  • « Ce qui ne peut être dit doit être tu. »  (Ludwig Wittgenstein)
  • « The greatest enemy of knowledge is not ignorance ; it is the illusion of knowledge. » (Stephen Hawking, english physicist) « Le plus grand ennemi de la connaissance n’est pas l’ignorance, c’est l’illusion de connaissance. »
  • « Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté.»  (Confucius)   (voir Orwell et le concept de «novlangue»)
  • « À force de répétitions et à l’aide d’une bonne connaissance du psychisme des personnes concernées, il devrait être tout à fait possible de prouver qu’un carré est en fait un cercle. Car après tout, que sont « cercle » et « carré » ? De simples mots. Et les mots peuvent être façonnés jusqu’à rendre méconnaissables les idées qu’ils véhiculent. » (citation de Joseph Goebbels, Ministre du Reich à l’Éducation du peuple et à la Propagande (1933-1945))
  • « En métaphysique rien n’est sûr, sauf la migraine qui en est le prix ».  (Arthur Schopenhauer, dans Sur la religion)

© 2013 John Philip C. Manson

Y a t-il un sens entre la fréquence des prénoms et la réussite au Baccalauréat ?

prenoms-series-2012

La fréquence statistique des prénoms dans un pays, sans relier ceux-ci à rien, sauf d’abord à travers le choix des parents, ça varie selon chaque prénom. Déjà, les fréquences des prénoms entre eux sont inégales. Il y a aussi les effets de mode selon les époques. Les prénoms varient aussi en fonction de l’origine socio-culturelle. Comparer des prénoms majoritaires par rapport à n’importe quoi (comme le Bac par exemple), ça ne veut rien dire.

Après le Bac, il y a l’entrée dans la vie active, enfin, si on peut réussir à trouver un boulot. Quel est le prénom le plus fréquent chez les chômeurs inscrits à Pôle Emploi cette année ?… La réussite est un facteur qui dépend du travail réalisé par chacun, indifféremment selon les prénoms, puisque qu’à la base les prénoms sont chacun déjà plus ou moins fréquents les uns par rapport au autres. avec peut-être l’influence de l’origine socio-culturelle (il est beaucoup plus facile de réussir des études quand on a des parents qui sont profs), mais les prénoms ne sont qu’un critère secondaire et superficiel dont il est vain d’y trouver un sens. Remarque : que des filles en Bac L et aucune en Bac S, l’absence stricte ou l’omniprésence stricte n’est pas statistiquement crédible. En Terminale S, il y a un peu moins de filles que de mecs, mais elles ne sont pas absolument absentes… Souvenons-nous par exemple que notre jolie et adorable miss France 2013 a un Bac S avec mention très bien. En 2009, au Bac S, il y a 47% de filles et 53% de mecs, c’est presque à égalité (source = http://media.education.gouv.fr/file/2011/37/6/Les_resultats_170376.pdf), alors je suis surpris de l’absence de prénoms féminins dans la liste de Bac S ici. Et il y a 79,3% de filles et 20,7% de garçons au Bac L en 2009 (même source), mais dans la liste de 12 prénoms en Bac L ici les mecs sont totalement absents. Pourtant, le taux de réussite au bac, en moyenne, est de 86%.

Je ne conteste pas l’étude sociologique, je veux juste l’explication de la contradiction quantitative.

Autre paradoxe : les prénoms les plus fréquents au bac ne correspondent pas aux prénoms des bébés nés vers 1994 (les bacheliers ayant environ 18 ans au bac 2012). En effet, aucune trace des prénoms féminins Manon, Camille, Marine, Pauline, Léa, Marion, Anaïs, Julie, Chloë et Sarah dans la liste affichée dans l’image ci-dessus. Pareil pour les prénoms masculins Thomas, Alexandre, Nicolas, Kevin, Maxime, Quentin, Julien, Dylan, Antoine et Florian… Pourquoi ?

J’en rigole, je vois mon prénom (Jean-Philippe = John Philip) dans la filière STI2D alors que je n’ai jamais suivi cette voie.

iconlol

 

Yahoo surenchérit sur le thème : http://fr.news.yahoo.com/quels-pr%C3%A9noms-r%C3%A9ussissent-au-bac-115222817.html

Ma nouvelle réponse :

bac-prenoms

 

© John Philip C. Manson

Analyse d’un document sur le développement durable

Il ne s’agit pas explicitement d’une critique mais d’une vérification quantitative des données. C’est toujours utile de vérifier ce qu’on lit ou entend.

Voici ce qu’on lit page 3 :

compare-energies

Vérification :

  • Une mole de charbon (carbone) produit par combustion 44 g de CO2 pour 393,5 kJ de chaleur libérée, soit 111,82 g de CO2 par mégajoule.
  • Comme le pétrole est un mélange d’hydrocarbures, notamment de nombreux alcanes, le calcul montre que la combustion du n-pentane (C5h12, le plus simple alcane liquide à température ambiante) produit 68,62 g de CO2 par mégajoule (soit 38,63% de moins que le charbon), et que la combustion du n-pentadécane (C15H32, le plus lourd alcane qui soit liquide à température ambiante) produit 71,61 g de CO2 par mégajoule (soit 35,96% de moins que le charbon). D’autres types d’hydrocarbures peuvent a priori expliquer que ce ne soit pas de 25% d’après la page 3 du document. Mais les apparences montrent que, puisque le taux calculé est différent, cela suggère que le pétrole contient autre chose majoritairement que des alcanes liquides.
  • D’après http://fr.wikipedia.org/wiki/Contenu_CO2, le charbon produit 342 g de CO2 par kWh, et le fioul lourd produit 281 g de CO2 par kWh. Donc le fioul lourd produit 17,8% de moins en CO2 que le charbon à énergie égale. Cependant, d’après Wolframalpha.com, le calcul montre qu’une mole de carbone produit 44 g de CO2 pour 393,5 kJ, or cela équivaut à 402,54 g de CO2 par kWh, et non pas 342 g.
  • Après ce constat, il semble que des incertitudes affectent les calculs à propos du PCI des combustibles. Ce détail ne doit pas être négligé.

Page 8 :

kWhm2

Vérification :

Page 77 :

  • Mention a été faite que l’essence produit 85,9 g de CO2 par MJ, et que le biogaz et le gaz naturel émet -20% de CO2.

Vérification :

  • -20% de 85,9 g/MJ, c’est égal à un reste de 68,72 g de CO2 par MJ (qui vaut 80% de 85,9 g/MJ).
  • Mais le calcul du PCI via les énergies de liaison montre que le méthane produit 54,86 g de CO2 par MJ, tandis que Wolframalpha.com indique une quantité de 49,4 g de CO2 par MJ. Ainsi, mes deux calculs montrent que le méthane produit respectivement -36% de CO2 par MJ et -42,5% de CO2 par MJ, mais pas -20%.

Page 24 :

eqcarb

Vérification :

  • Avec une densité de 0,84, alors 2000 L de fioul sont équivalents à 1680 kg de fioul, et comme il y a 86,5% de carbone en masse dans le fioul, alors il y a 1453,2 kg (soit 1,45 tonne) d’équivalent carbone dans 2000 L de fioul. Mais pas 1,25 tonne.
  • 2000 L de gaz naturel (méthane) non comprimé et à température ambiante, ça équivaut à 89,29 moles de méthane, soit  1,429 kg de méthane. Une mole de méthane produit une mole de CO2 (d’après CH4 + O2 -> CO2 + 2 H2O). Donc la combustion de 16 g de méthane libère 44 g de CO2. Donc la combustion de 2000 L de méthane libère environ 3,93 kg de CO2. Parmi ces 3,93 kg de CO2, il y a 1,07 kg de carbone. Et dans 2000 L de méthane (soit 1,429 kg) dans les conditions normales standards de température et de pression (1 atm et 25°C)  il y a 1,07 kg de carbone. Il faut 1,33 tonne de méthane (presque 1400 m³, soit 1,4 millions de litres, CNTP) pour qu’il y ait 1 tonne de carbone dedans, et il faut 3,666 tonnes de CO2 pour qu’il y ait 1 tonne de carbone dedans.
  • Je constate que les équivalences carbone pour comparer le fioul, le carbone et le gaz naturel ne s’appliquent pas aux masses. Alors cela s’applique t-il aux énergies de combustion (PCI) ? On va regarder ça.
  • 1,25 tonne de carbone = chaleur de 40987,5 MJ (puisque 393,5 kJ/mol donc 32,79 MJ/kg), et donc chaleur de 11385,4 kWh pour 1,25 tonne. Avec le fioul, on a un PCI de 7,5 à 9,462 kWh par litre (selon la qualité du rendement). Donc avec 2000 L de fioul, on produit 15000 à 18924 kWh de chaleur, ce qui est dans le même ordre de grandeur que l’équivalent carbone énergétique, mais avec une différence de plus de 31,7%.
  • Ensuite, pour 9108,32 kWh par tonne de carbone (puisque 11385,4 kWh pour 1,25 tonne de carbone), alors avec le méthane, qui produit 890,6 kJ/mol, donc 55,66 MJ/kg de méthane, soit 15,46 kWh/kg, alors pour que l’énergie produite par la combustion du méthane soit équivalente à celle de 1 tonne de carbone, on divise 9108,32 par 15,46, et il faut donc 589,15 kg de méthane pour avoir l’équivalent énergétique de 1 tonne de carbone. Mais 589,15 kg de méthane, ça a un volume de 824,56 m³ (824560 L) sous pression atmosphérique et température ambiante… Ainsi, je ne comprends pas du tout l’énoncé quand il parle du gaz naturel qui serait équivalent à une tonne de carbone, mais pour quelle masse ou quel volume de gaz naturel ? Bizarre…

Ensuite, pour évoquer la baisse de 1°C comparée aux 10% de diminution d’énergie. Il s’agit vraisemblablement d’énergie de chauffage. On va imaginer une chambre ayant un volume constant (et donc une surface interne constante). Cette chambre est chauffée selon un flux thermique exprimé dans l’unité watt par mètre carré. Cette unité physique est directement liée à la température.

f =flux, soit df la variation de flux, s = constante de Stefan-Boltzmann, T = température (°C).

Alors :      f = s(273,15 + T)⁴            et       f – df = s(273,15 + T – 1)⁴           alors on devrait trouver df/f = 0,1 si l’énoncé dit vrai. Je trouve 0,014 pour T=15°C. Soit une baisse d’énergie de 1,4% si on réduit de 1°C. Je ne suis pas satisfait de ce calcul, j’exprime ma réserve, je vais examiner et approfondir ce contexte précis. Ce point est à reprendre.

Pour commencer la reprise de l’argumentaire à propos du chauffage d’une chambre :

  • En fait, la perte de chaleur d’une chambre dépend de l’isolation (le type de matériau isolant pour les murs et les fenêtres) et de la différence de température entre l’air de la chambre et l’air à l’extérieur. Les murs absorbent peu à peu la chaleur de l’air de la chambre pour la diffuser vers l’extérieur, par conduction thermique dans les murs. Pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Conductivit%C3%A9_thermique

Très intéressant : en termes de bâtiment, selon la norme française RT2012, un matériau est considéré comme isolant si sa conductivité thermique est inférieure à 0,065 watts par mètre-kelvin.

Page 24 :

clim

Vérification :   

m = masse de carbone (g)

dm/dL = masse CO2 (g/km)

L = 15000 km

m = (12/44)×(L×(dm/dL)×(2/3) + L×(dm/dL)×(1/3)×1,2) = 150000 g ± 50000 g

Résultat :   pour 15000 km/an, la voiture aura émis en moyenne dm/dL = 34,38 g de CO2/km. C’est à peu près dans le même ordre de grandeur, mais un peu faible par rapport à la réalité (90 à 120 g/km).

Page 12 :

rendementwind2000h

Vérification :

  • Dans une année, il y a 8766 heures. Alors 2000/8766 = 0,228 = 22,8%. Et 22,8% correspond à peu près au rendement d’une éolienne en France. Donc l’argument des 2000 heures pleines est exact.

Page 26 :

ruminants

Vérification :

Page 32 :

fiouleconomie

Vérification :

  • On a vu plus haut que 2000 L de fioul correspondent à 1680 kg de fioul. Comme il y a 86,5% de carbone dans le fioul, alors il y a 1453,2 kg de carbone dans 2000 L de fioul. Et 50% de cette masse c’est 726,6 kg. C’est dans le même ordre de grandeur que les 0,8 tonne de carbone, avec un écart de 10,1%. On peut considérer que l’affirmation du document est valide.

Page 36 :

chaudiereagaz

Vérification :

  • Le fioul a un PCI maxi de 9,96 kWh/L et 12 kWh/kg. Le méthane libère 55,66 MJ/kg et 15,46 kWh/kg. La comparaison montre que, à masse équivalente entre combustibles, le méthane produit plus de chaleur (+28,8%) que le fioul. Et à confort équivalent (même chaleur), il faut 28,8% de fioul en plus pour produire autant de chaleur que le méthane. Maintenant, comparons en terme d’émissions en CO2. Il y a massiquement 86,5% de carbone dans le fioul. À confort équivalent (donc à chaleur équivalente), on va prendre exemple sur 1 kg de fioul et 776 g de méthane. Un kg de fioul brûle pour produire 3,17 kg de CO2. Et 776 g de méthane brûle pour produire 2,134 kg de CO2. À confort équivalent, le fioul produit plus de CO2 que le méthane, la différence est de 48,55% et non de 25%…

Page 38 :

fioul30pc-05t

Vérification :

  • On a vu plus haut que 2000 L de fioul c’est équivalent à une masse de 1680 kg (pour une densité de 0,84 par rapport à l’eau). On a vu aussi que dans le fioul, il y a 86,5% de carbone. Dans 2000 L de fioul, il y a donc 1453,2 kg de carbone. Donc 30% de cette masse de carbone, c’est égal à 435,96 kg, ce qui est effectivement proche de 0,5 tonne de carbone (écart : 14,7%).
  • Concernant l’économie de chauffage par abaissement de température, tout dépend de la conductivité thermique des matériaux d’isolation, et tout dépend aussi de la température extérieure par rapport à la température dans l’habitat.
  • Remarque : l’émittance (en watts par mètre carré) est proportionnelle à la puissance quatrième de la température absolue. Ainsi, la différence des émittances correspondant à 19°C et 22°C est de 4,17% seulement. Mais en raisonnant autrement, supposons que dehors il fasse 10°C, alors passer de 22°C à 19°C dans une chambre, ça implique une variation de différences des émittances intérieur/extérieur de -35,46%, soit une économie d’énergie thermique de 35,46%. Mais le gain économique dépend de la température extérieure autant que de la conductivité thermique des matériaux d’isolation. En revanche, un autre calcul montre que si la température extérieure est de -20°C (en-dessous de zéro), alors passer de 22°C à 19°C dans une chambre entraîne une économie thermique de 9,56% seulement, au lieu des 35,46% vus précédemment. Plus il fait froid dehors, moins il est possible d’économiser le combustible pour se chauffer. Il faut pouvoir se chauffer décemment en hiver, non ?
  • En fait, concrètement, les 30 à 40% d’économie de chauffage n’est vrai que si la température de dehors est supérieure ou égal à 10°C. On ne réalise pas une telle économie lors de températures extérieures hivernales.

Page 41 :

taxecarbone

Vérification :

  • 1500 € la tonne de carbone, c’est 1500 € pour 3,666 tonnes de CO2.
  • Sur cette base de taxation, cela signifierait que la respiration humaine pourrait être taxée jusqu’à 500 € par an et par humain, si un humain expire 3,39 kg de CO2 par jour (seulement si 100% de l’oxygène inspiré est expiré sous forme de CO2, avec une respiration individuelle de 6 L d’air par minute.
  • 1 L d’essence = 790 g d’essence. Dont 84,21% de carbone dans l’octane. 1 L d’essence équivaut donc à 665,3 g de carbone dont la valeur est de 1 €. Soit 1 € par litre d’essence. Ainsi, c’est inférieur à un doublement du prix de l’essence, puisqu’à la pompe l’essence coûte bien plus qu’un euro.
  • Concernant l’électricité, alors sachant que 1 kWh électrique équivaut à 900 g de CO2, alors la taxe carbone d’équivalence électrique en CO2 serait donc de 0,37 € pour 1 kWh, donc 37 centimes d’euro, et non pas 3 centimes d’euro. Ainsi, la taxe carbone appliquée à la consommation électrique vaut 3 fois plus cher que le prix actuel de l’électricité en France métropolitaine. Ainsi, en ajoutant la taxe carbone au prix électrique actuel, on constate un quadruplement du tarif de l’électricité…
  • La taxe carbone est un péril économique ! Exemple : les chauffeurs routiers ne pourront plus gagner décemment leur vie, les patrons pêcheurs non plus… Ce serait alors la mort économique pour de nombreux secteurs basés sur la logistique. Déjà qu’actuellement les charges fiscales sont élevées et que les PME sont en difficultés. Laissons l’écologie et le développement durable entre les mains de scientifiques, plutôt qu’entre les mains d’idéologues inconscients.

Bilan :

  • Sur les 10 paragraphes étudiés : 3 sont vrais, 1 comporte une incertitude, 2 sont faux, 3 divergent du résultat attendu, et 1 fait controverse (celle de la taxe carbone) et est faux en même temps (à cause du tarif électrique).

S’il faut effectivement du développement durable afin d’enrayer la pénurie des énergies, il faut néanmoins prendre en compte les incertitudes quantitatives, parce que les chiffres ne peuvent pas être absolument «exacts», il existe une marge de plus ou moins X%, où X n’est pas nul.

De plus, prévoir une taxation «carbone» (dont une des conséquences est le doublement du prix à la pompe d’essence ; voir page 41) est inadapté dans le contexte actuel de grave crise économique, et parce que ce sont les personnes les plus précaires et les plus démunies qui risqueront de souffrir davantage à cause d’une telle décision. Il faut trouver un équilibre entre la protection de l’environnement et le développement économique. On ne peut pas sacrifier l’économie, sachant que l’industrie est en train de mourir en France (voir la récente actualité à propos de la fermeture de l’usine des pneus «Good Year», en France). Pourquoi créer des taxes dans une nation qui représente environ 1% de la surface planétaire, sachant que les plus gros pays pollueurs continueront à polluer dans l’impunité ? Punir et culpabiliser les gens c’est rendre l’écologie incohérente. Il faut sensibiliser scientifiquement et avec bon sens à l’écologie. On ne résoudra jamais le problème des gaz à effet de serre si on décide de sortir du nucléaire, et si on décide de taxer seulement 1% de la planète (ou même seulement l’Union européenne).

Il faut un environnement durable équilibré avec un développement économique. Mais développement durable, c’est un oxymore, car il est difficile de concilier la santé de l’économie avec le fanatisme anti-CO2 (voir ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/04/28/la-dictature-du-carbone/).

Le «tout CO2» ne doit pas faire oublier les priorités environnementales : le combat contre les pesticides afin de sauver les insectes pollinisateurs, la pollution par les déchets en plastique, etc… Puis aussi, s’il y a de moins en moins de poissons dans la mer c’est à cause de la surpêche, et il ne faut pas non plus désigner le réchauffement climatique comme unique cause de tous les problèmes environnementaux… Sans oublier les animaux massacrés volontairement (pour faire des manteaux de fourrure) ou involontairement (les dauphins et les tortues morts étranglés dans des filets de pêche abandonnés dans les océans)… Puis aussi, si l’industrie et les voitures émettent beaucoup de CO2, il ne faut pas oublier que l’accumulation de CO2 est aggravée par l’inconscience de la déforestation.

© 2013 John Philip C. Manson

Analyse du livre «Et si la Terre s’en sortait toute seule» de Laurent Cabrol

Analyse du livre «Et si la Terre s’en sortait toute seule» de Laurent Cabrol

30 janvier 2013

Ayant acheté le livre de Laurent Cabrol vers 2009, j’entreprends de faire la critique de quelques passages du livre. Il ne s’agit pas d’une critique dans le but d’accuser, de nuire, ni de décrédibiliser, bien au contraire. Mon seul but est d’apporter un correctif pour que ce livre intéressant soit un peu plus exact. J’approuve Laurent Cabrol quand celui-ci dénonce la bien-pensance écolo médiatisée par sensasionnalisme à travers un phénomène de mode basé sur l’alarmisme culpabilisant et infantilisant.

Mon axiome de base est que tous les livres, y compris les livres dont on est plus ou moins partisan ainsi que les livres scientifiques les plus sérieux, contiennent toujours des erreurs. L’erreur est humaine, c’est normal et naturel. Mais ne rien relire, c’est diabolique.iconlol  Depuis quelques années, cet axiome de la faillibilité des connaissances est confirmé par un certain nombre d’analyses critiques réunies dans mon blog.

Même si le fond d’un bouquin est vrai, que son plaidoyer est juste et légitime, que ses arguments généraux sont fondés, il existe toujours des inexactitudes ou des erreurs quelque part (entre le petit détail excusable et la grosse bourde inadmissible). C’est ce que je vais prouver une fois de plus dans ce présent article.

ANALYSE DU LIVRE

  • Page 45 : Laurent Cabrol affirme que sur Terre il y a toujours la même quantité d’eau, en quantité constante.

C’est faux. Bien que l’eau déjà existante soit en effet durable dans le temps (les océans existent depuis plus de 4 milliards d’années), la quantité d’eau sur Terre est en augmentation, notamment à cause des hommes. La combustion des hydrocarbures produit du dioxyde de carbone mais aussi de l’eau. L’eau formée n’est pas détruite. Pour dissocier l’eau en hydrogène et en oxygène, il faut réaliser des électrolyses, ou bien porter la température à environ 3000°C (impossible dans la nature, sur Terre), ou bien effectuer une radiolyse de l’eau (par des rayonnements ionisants). Donc l’eau produite s’accumule sur Terre.

Démonstration avec l’exemple de la combustion des alcanes :

CH4 + 2 O2 -> CO2 + 2 H2O :: 16 g alcane donne 44 g CO2 + 36 g eau :: Ratio eau/alcane = 2.25

Dans l’exemple ci-dessus, 16 grammes de méthane brûlent avec 64 grammes de dioxygène pour produire 44 grammes de CO2 et 36 grammes d’eau. Le rapport massique montre qu’il se produit 2,25 kg d’eau par kg de méthane brûlé.

Voici quelques autres exemples avec les alcanes plus lourds :
C2H6 + 3.5 O2 -> 2 CO2 + 3 H2O :: 30 g alcane donne 88 g CO2 + 54 g eau :: Ratio eau/alcane = 1.8
C3H8 + 5 O2 -> 3 CO2 + 4 H2O :: 44 g alcane donne 132 g CO2 + 72 g eau :: Ratio eau/alcane = 1.63636363636364
C4H10 + 6.5 O2 -> 4 CO2 + 5 H2O :: 58 g alcane donne 176 g CO2 + 90 g eau :: Ratio eau/alcane = 1.55172413793103
C5H12 + 8 O2 -> 5 CO2 + 6 H2O :: 72 g alcane donne 220 g CO2 + 108 g eau :: Ratio eau/alcane = 1.5
C6H14 + 9.5 O2 -> 6 CO2 + 7 H2O :: 86 g alcane donne 264 g CO2 + 126 g eau :: Ratio eau/alcane = 1.46511627906977
C7H16 + 11 O2 -> 7 CO2 + 8 H2O :: 100 g alcane donne 308 g CO2 + 144 g eau :: Ratio eau/alcane = 1.44
C8H18 + 12.5 O2 -> 8 CO2 + 9 H2O :: 114 g alcane donne 352 g CO2 + 162 g eau :: Ratio eau/alcane = 1.42105263157895
C9H20 + 14 O2 -> 9 CO2 + 10 H2O :: 128 g alcane donne 396 g CO2 + 180 g eau :: Ratio eau/alcane = 1.40625
C10H22 + 15.5 O2 -> 10 CO2 + 11 H2O :: 142 g alcane donne 440 g CO2 + 198 g eau :: Ratio eau/alcane = 1.3943661971831
C11H24 + 17 O2 -> 11 CO2 + 12 H2O :: 156 g alcane donne 484 g CO2 + 216 g eau :: Ratio eau/alcane = 1.38461538461538
C12H26 + 18.5 O2 -> 12 CO2 + 13 H2O :: 170 g alcane donne 528 g CO2 + 234 g eau :: Ratio eau/alcane = 1.37647058823529
C13H28 + 20 O2 -> 13 CO2 + 14 H2O :: 184 g alcane donne 572 g CO2 + 252 g eau :: Ratio eau/alcane = 1.3695652173913
C14H30 + 21.5 O2 -> 14 CO2 + 15 H2O :: 198 g alcane donne 616 g CO2 + 270 g eau :: Ratio eau/alcane = 1.36363636363636
C15H32 + 23 O2 -> 15 CO2 + 16 H2O :: 212 g alcane donne 660 g CO2 + 288 g eau :: Ratio eau/alcane = 1.35849056603774
C16H34 + 24.5 O2 -> 16 CO2 + 17 H2O :: 226 g alcane donne 704 g CO2 + 306 g eau :: Ratio eau/alcane = 1.35398230088496
C17H36 + 26 O2 -> 17 CO2 + 18 H2O :: 240 g alcane donne 748 g CO2 + 324 g eau :: Ratio eau/alcane = 1.35
C18H38 + 27.5 O2 -> 18 CO2 + 19 H2O :: 254 g alcane donne 792 g CO2 + 342 g eau :: Ratio eau/alcane = 1.34645669291339
C19H40 + 29 O2 -> 19 CO2 + 20 H2O :: 268 g alcane donne 836 g CO2 + 360 g eau :: Ratio eau/alcane = 1.34328358208955
C20H42 + 30.5 O2 -> 20 CO2 + 21 H2O :: 282 g alcane donne 880 g CO2 + 378 g eau :: Ratio eau/alcane = 1.34042553191489

C9998H19998 + 14997.5 O2 -> 9998 CO2 + 9999 H2O :: 139974 g alcane donne 439912 g CO2 + 179982 g eau :: Ratio eau/alcane = 1.28582451026619
C9999H20000 + 14999 O2 -> 9999 CO2 + 10000 H2O :: 139988 g alcane donne 439956 g CO2 + 180000 g eau :: Ratio eau/alcane = 1.28582449924279
C10000H20002 + 15000.5 O2 -> 10000 CO2 + 10001 H2O :: 140002 g alcane donne 440000 g CO2 + 180018 g eau :: Ratio eau/alcane = 1.2858244882216

En gros, pour les paraffines, il se produit environ 1,29 kg d’eau par kg de paraffine brûlée. Comme les combustions chimiques d’hydrocarbures sont très fréquentes depuis le début de l’ère industrielle, il est donc faux de déclarer que la quantité d’eau est constante sur Terre. L’augmentation se chiffre en milliards de tonnes d’eau nouvelle générée par la combustion d’hydrocarbures dans le monde chaque année.

  • Dans le livre, page 17, une baisse de 10 km/h pour les automobiles serait implicitement équivalente à une diminution (voire plutôt une non-production) de 0,5% du taux de CO2 atmosphérique.

Supposons que je roule à 90 km/h (25 m/s) sur une voie départementale, et qu’ensuite la vitesse est diminuée de 10 km/h afin de rouler à 80 km/h (22,222 m/s). Ainsi, dans cette situation, l’énergie cinétique passe de 100% à 79,012%, donc elle baisse de 21% environ.

Mais si je passe de 120 km/h (33,333 m/s) à 110 km/h (30,555 m/s), l’énergie cinétique passe de 100% à 84% environ, soit une baisse de 16%.

La production massique du CO2 est proportionnelle à l’enthalpie chimique de la réaction de combustion du carburant, et proportionnelle à l’énergie cinétique du véhicule.

Donc je ne vois pas de lien entre la baisse de 10 km/h sur route et autoroutes avec la baisse de 0,5% du taux de CO2, ni avec la baisse de 50% mentionnée dans un paragraphe antérieur de la même page 17.

  • Page 33, il est stipulé que la dilatation thermique de l’eau est une variation de l’ordre de 2,5 mm par an depuis 1993.

La dilatation isotrope d’un matériau solide ou liquide se présente sous cette équation :

dilatationthermique

D’après l’ENS (http://planet-terre.ens-lyon.fr/planetterre/XML/db/planetterre/metadata/LOM-montee-mer.xml), le coefficient (alpha) de dilatation thermique de l’eau est de 0,00026 K⁻¹. La dilatation thermique de l’eau se produirait sur le premier kilomètre de mer en profondeur (jusqu’au thermocline qui sépare les eaux froides profondes des eaux superficielles qui échangent avec l’atmosphère).

Ainsi, si on a une cuve remplie d’eau, de forme cubique dont les dimensions sont 1 × 1 × 1 mètre (soit 1 m³ en volume), alors chacun des trois côtés voit sa longueur augmenter de 0,26 mm après une élévation de 1°C. De fait, le cube de 1 m³ voit son volume augmenter légèrement, il devient égal à (1,00026)³ = 1,00078 m³. La variation de volume est donc de 0,00078 m³ par °C et par mètre cube (notons que cette valeur vaut le triple du coefficient thermique de l’eau par mètre et par °C).

On peut maintenant appliquer cela aux océans, en considérant le premier kilomètre de profondeur.

Volume moyen d’eau de mer au-dessus du thermocline : 4 pi R² × 0,7 × 1000 = 3,57×10¹⁷ m³ ; avec R = le rayon terrestre volumétrique.

Le calcul montre ensuite que la variation volumique par dilatation thermique est de 2,785×10¹⁴ m³ par °C. Il ne reste plus qu’à estimer la variation moyenne de la hauteur par rapport au niveau initial des océans. Par conséquent, mon calcul indique, si je ne m’abuse, que la dilatation thermique de l’eau de mer provoquerait une élévation moyenne du niveau marin de 0,78 mètre par °C. Comme la Terre s’est réchauffée d’environ 0,6°C sur un siècle, alors (sur une «vitesse» similaire) la température varie en moyenne de 0,006°C par an. Soit +4,68 mm/an pour le niveau marin d’après le calcul. Ce qui est un peu plus élevé que les +2,5 mm/an indiqués dans le livre. Mais les deux valeurs comparées sont du même ordre de grandeur, puis le niveau du thermocline est plutôt assez approximatif, on ne va guère chipoter sur le résultat. L’info donnée par Laurent Cabrol est donc crédible.

  • Page 23, l’auteur dit que la fonte des glaciers a fait passer la masse des glaces de 230 milliards de tonnes à 80 milliards de tonnes de 2000 à 2003, soit 10% des causes de l’élévation du niveau de la mer.

Cela correspond à une perte de 150 milliards de tonnes de glace en 3 ans. Comme il ne s’agit pas ici de glace déjà flottante, il s’agit d’immersion de glace terrestre dans l’océan.

On sait que, lorsque la glace flotte sur l’eau, 90,95% d’un volume régulier de glace reste immergé, et 9,05% de la glace reste au-dessus du niveau de la mer. Et comme Cabrol indiquait que la dilatation thermique correspond à +2,5 mm/an d’élévation du niveau marin, alors 10% de ceci est 0,25 mm/an.

L’immersion de 150 milliards de tonnes de glace dans la mer provoque une élévation moyenne approximative de 0,382 mm en 3 ans. Mais cela pas à cause de la fonte, mais à cause de l’immersion en mer seulement.

La fonte de glace d’eau douce dans l’eau salée entraîne une élévation de volume d’eau douce dans l’eau de mer quand la glace aura fondu. Quand une tonne de glace d’eau douce fond dans de l’eau salée, elle provoque une augmentation de volume océanique global de 24,39 litres en moyenne, d’après mon calcul.

Avec ces 150 milliards de tonnes de glaciers ayant fondu en 3 années, cela correspond à une élévation volumique océanique de 3,6585 milliards de m³. Soit une variation du niveau de 10,25 µm (micromètres !) en 3 ans. L’élévation du niveau de la mer à cause de la fonte de glace est très négligeable, mais quand il s’agit d’immersion de glace qui plonge tout-à-coup dans les océans, l’élévation du niveau est mesurable à notre petite échelle.

L’analyse d’autres paragraphes du livre est actuellement en cours…

© 2013 John Philip C. Manson

Remarques sur le réchauffement climatique, et la problématique de la scientificité

  • Initialement publié le 20 juillet 2011 dans mon premier blog désormais disparu, cet article est restauré ici le 30 janvier 2013.
  • Les liens pointant sur unblog.fr sont tous morts, ils vont être remplacés par les duplicatas vers WordPress.

Cet article est un bref aperçu sur la climatologie. La recherche de contradictions fait partie de la démarche scientifique. Il n’est aucunement question ici de climato-scepticisme selon lequel les faits seraient niés ou ignorés arbitrairement. Toute théorie scientifique n’a pas le but à être érigée en dogme ni en vérité immuable. On reconnaît la valeur de la science au nombre de pseudo-certitudes qu’elle fait tomber. 

Oui, la Terre se réchauffe. C’est un fait. La planète Mars aussi, (voir plutôt ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/30/article-interessant-de-wikipedia-atmosphere-de-mars/) mais pas à cause du CO2, puisque l’atmosphère martienne est déjà composée à 98% de CO2.

La question du forçage radiatif qui désigne l’effet de serre du CO2 est reliée à l’hypothèse selon laquelle la concentration du CO2 est fonction de la variation thermique. La loi de Stefan-Boltzmann rend compte de cet aspect théorique.

Cependant, le coefficient utilisé pour le calcul logarithmique présente une incertitude : http://jpmanson.unblog.fr/2011/07/19/quel-est-le-coefficient-utilise-pour-le-calcul-du-forcage-radiatif-du-co2/ (voir plutôt ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/30/quel-est-le-coefficient-utilise-pour-le-calcul-du-forcage-radiatif-du-co2/)

Pire encore, la quantification du pouvoir de l’effet de serre du méthane par rapport à celui du CO2 présente de lourdes contradictions : http://jpmanson.unblog.fr/2011/07/17/de-combien-de-fois-le-methane-est-un-gaz-a-effet-de-serre-plus-puissant-que-le-co2/ (voir plutôt ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/05/de-combien-de-fois-le-methane-est-un-gaz-a-effet-de-serre-plus-puissant-que-le-co2/)

Si l’absorption d’une longueur d’onde précise dans l’infrarouge par un gaz à effet de serre repose sur des expériences spectrométriques connues et reproductibles, les données quantitatives de l’effet de serre des gaz à l’échelle macroscopique ne sont pas évaluées de façon certaine.

Qu’est-ce que la climatologie constate ?

  • La science constate un réchauffement global terrestre de 0,74°C ou de 0,60°C (selon les sources) en un siècle (avec une marge d’incertitude de plus ou moins 0,2°C). C’est un fait. Mais il s’agit d’une moyenne. Par exemple, l’Europe pourrait a priori se refroidir à cause de la fonte de la banquise arctique qui modifie la circulation thermohaline ;
  • La science constate une augmentation certaine de la concentration de CO2 dans l’atmosphère terrestre. C’est un fait.

C’est tout. Vouloir relier les deux constatations dans une relation de cause à effet, sous le prétexte qu’elles sont corrélées dans le temps, doit nécessairement se soumettre au critère de réfutabilité, en faisant des expériences. L’effet de serre est une réalité prouvée à l’échelle microscopique, par l’étude des spectres d’absorption du rayonnement infrarouge selon les gaz. Peut-on extrapoler cela avec certitude à l’échelle planétaire ? L’effet de serre additionnel est une hypothèse crédible, certes, mais est-ce la vérité ? Le GIEC en est «sûr» à 90%, donc il existe une incertitude de 10% : une chance sur dix qu’on se trompe.

La climatologie fait des observations par satellite. Mais l’essentiel du désaccord repose sur les prédictions réalisées par des simulations informatiques. Les simulations on sait ce que ça donne dans les sciences économiques : on ne sait même pas prévoir les krachs boursiers.
Pour entrer dans les détails, l’hypothèse selon laquelle la probabilité que l’homme soit la cause réchauffement climatique par l’effet de serre est de 90% est devenue une conviction, mais une conviction qui repose sur une hypothèse probabiliste, pas sur une certitude scientifique.

Il existe des faits scientifiques qui prouvent que la planète Mars se réchauffe, et il est certain que l’homme n’est pas responsable du réchauffement de la planète Mars. Il est donc légitime de rechercher à réfuter scientifiquement l’hypothèse du réchauffement climatique terrestre anthropique.

Réchauffement anthropique ? Oui, c’est tout-à-fait possible, mais il faut des preuves plus abouties.

La science peut constater une évolution du climat au présent, mais l’avenir du climat est imprévisible. Trop d’incertitudes compliquent les paramètres. De plus, à la question selon laquelle le méthane est un gaz à effet de serre X fois plus puissant que le CO2, la valeur de X selon les diverses sources oscille entre 20 et 75 ! Tenter de prédire le climat que sur la base du CO2 est simpliste et réducteur, mais tenir compte du méthane et de la vapeur d’eau, c’est aboutir à de lourdes incertitudes qui ne peuvent que conduire à avouer qu’il est impossible de prédire le climat si l’on tient compte d’un optimum de paramètres.
Pour être scientifiques, des hypothèses doivent avoir la possibilité d’être réfutables, reproductibles et prédictibles pour qu’elles puissent entrer dans le cadre d’une théorie scientifique.

Dire qu’on peut prédire le climat sur les 20 ou 30 prochaines années est déjà présomptueux. Mais sur un siècle c’est mystique, franchement. On ne peut même pas prédire le temps qu’il fera exactement au-delà de 3 jours, voire 10 jours au plus, et pour le constater il suffit de comparer les prédictions avec les observations. Personne n’a pu prédire la tempête de 1999 ni la canicule de 2003…

Qui parmi nous, vivant maintenant, pourra comparer les prédictions climatiques d’aujourd’hui avec des observations du ciel dans un siècle ? Encore faudrait-il avoir la chance de devenir centenaire, voire un super-pépé… La question de la réfutabilité est posée.

En 1975, le 28 avril, le magazine Newsweek annonçait une ère glaciaire pour les années 2000.

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Cela ne ressemble pas du tout à une crosse de hockey. De plus, avant 1975 les données sont connues, sinon on n’aurait pas pu tracer cette courbe.

On a vu le résultat… D’ailleurs, pourquoi la planète Mars se réchauffe t-elle, d’ailleurs ?

Ci-dessous, voici une preuve beaucoup plus convaincante :

Il y a 14700 ans sur Terre, il y eut un réchauffement de 10 degrés en peu d’années par exemple, comme le montrent les travaux du CNRS du 19 juin 2008.

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Source : http://docs.google.com/viewer?a=v&q=cache:asmFpYOrX2cJ:dods.ipsl.jussieu.fr/dssce/Archives/OldSite/PapierAcot3.pdf+%2214700+ans%22+r%C3%A9chauffement+cnrs&hl=fr&gl=fr&pid=bl&srcid=ADGEESjAM__zpqg15juCiv8EBp4PNriJGlLk16Ev4veX_q4FVnAQ1SgxFTeaN8o9GjyGZk30udviU0I6KlkjMkfp-0G13fej9cCPptjA02KmGcJJI54jK1fnEFPsxJCqPyOU2_5qNCEl&sig=AHIEtbTo00-UPDQ4C3frLI_Yvf0178Q63g&pli=1

Je cite aussi :

Two radical warmings stand out: the first one occurred 14,700 years ago, when temperatures jumped 10°C before cooling 1800 years later; the second one came 11,700 years ago, marking the end of the Ice Age. What is startlingis the speed of evolution: these findings imply that dramatic change can occur within “1 to 3 years.”

Source : http://www2.cnrs.fr/en/1335.htm

Alors, il y a 14700 ans, c’était à cause de l’homme ?
Réfuter des conclusions incertaines n’a jamais été un acte de soutien pour la pollution et la dégradation de l’environnement. Je trouve très préoccupant la surmortalité des abeilles par exemple, et je constate que personne ne fait rien dans l’immédiat pour bannir les pesticides qui sont la cause certaine de ce risque d’extinction de l’espèce.

Les particuliers eux-mêmes ne peuvent pas réaliser des expériences qui ne sont pas à leur portée, n’ont pas le matériel à leur disposition (les appareils de mesure du CO2 sont coûteux).

Si l’homme est la cause de quelque chose ayant un rapport avec l’environnement, c’est son rôle d’empoisonneur en contribuant à la disparition des insectes pollinisateurs, mais ça ce n’est pas un sujet très à la mode comparé à la climatologie politisée, au développement durable, à l’éolienne-mania et aux énergies renouvelables. Énergie, programme industriel de développement, mais pas pour un environnement durable.

L’homme est aussi la cause d’un réchauffement de l’atmosphère, mais l’effet de serre macroscopique du CO2 n’est pas démontré. Cependant, j’affirme sur la base de mesures thermiques que l’air se réchauffe du fait de l’urbanisation croissante des campagnes : http://jpmanson.unblog.fr/2011/07/15/mesures-des-temperatures-naturelles-sur-des-materiaux-differents/  (voir plutôt ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/30/mesures-des-temperatures-naturelles-sur-des-materiaux-differents/) D’ailleurs, il existe toujours 2°C de plus à Paris par rapport à la campagne environnante. Les matériaux sombres absorbent le plus de chaleur, et quand le soleil se couche, les matériaux échauffés restituent cette chaleur emmagasinée en rayonnant dans l’infrarouge durant la nuit, c’est pour ça qu’il fait plus chaud en milieu urbain, surtout par ciel nocturne nuageux. Et si on élaborait des tuiles blanches sur le toit ? Ça absorberait moins la chaleur par ensoleillement.

Enfin, vouloir réduire les émissions de CO2, pourquoi pas, mais mieux vaudrait agir sur la base de certitudes.
Combattre les causes réelles ou supposées du réchauffement climatique, pourquoi pas, mais rien ne garantit que la Terre se refroidirait si on agit, peut-être que croire pouvoir changer le climat est une utopie. S’adapter aux changements climatiques, voila une idée plus réaliste.

Ce que l’on peut changer :

  • sauver les insectes pollinisateurs en supprimant ces abominables poisons que sont les pesticides.
  • utiliser des matériaux blancs ou réflecteurs pour limiter l’absorption de chaleur par temps ensoleillé.
  • continuer les recherches pour apprendre dans la mesure du possible ce qui est connaissable sur le climat.

Ce qui est irréaliste :

D’ailleurs, dans le lien hypertexte ci-dessus à propos de l’article de France Soir, il m’a été impossible de poster mon commentaire, c’est bloqué. Les 17 commentaires des internautes constituent une critique explicite.

Voici donc le commentaire que je voulais laisser sur France Soir :
C’est risqué de prendre des décisions politiques d’après des prédictions sur la foi de simulations informatiques irréfutables (on va vu ce que ça donne avec les sciences économiques (*) qui n’ont pas su prédire la crise de 2008). Ce serait plus prudent de prendre des décisions politiques sur l’appui des observations seules. Le critère de la science c’est la réfutabilité d’après des données quantitatives vérifiables. Sinon c’est jouer le risque de perdre toute crédibilité pour longtemps à force de trahir l’esprit de la science et prendre le public pour des idiots…

(*)
« Seul a un caractère scientifique ce qui peut être réfuté. Ce qui n’est pas réfutable relève de la magie ou de la mystique. » (Karl Popper)

« Le développement de l’économie réelle n’a rien à voir avec la science économique. Bien qu’on les enseigne comme s’il s’agissait de mathématiques, les théories économiques n’ont jamais eu la moindre utilité pratique. » (Karl Popper)

© 2011 John Philip Manson

Résumé des sources énoncées ici :

  • Thermodynamique et cinétique des gaz (sur le forçage radiatif)
  • Newsweek du 28 avril 1975 (sur la prédiction foireuse d’un refroidissement futur)
  • CNRS et Jussieu (sur le réchauffement naturel d’il y a 14700 ans)
  • Nasa et Nature (pour l’atmosphère martienne)
  • Maxisciences (sur la cause de l’extinction des abeilles)