Les contradictions sont partout

Même dans une activité banale, on rencontre des contradictions.

Récemment, lors de mots croisés, je tombe sur une contradiction qui prouve l’existence d’au moins une erreur. Les mots croisés ici en question ont pour thème des personnalités du cinéma ou de la télévision. Ici, les mots croisés ont pour thème la très jolie actrice Marine Delterme.

Maintenant, ouvrons les yeux. Ce qui suit n’est pas une critique de l’actrice (je ne me le permettrai absolument pas), mais une critique de ce que les divers médias diffusent, et on s’y perd en conjectures.

MD1

Dans cette photo ci-dessus, on observe que l’actrice est née à Paris en 1970.

MD2

Dans cette deuxième photo, ci-dessus, qui est à la page suivante de la première image, on y lit que la même actrice est née dans le chef-lieu de la Haute-Garonne, c’est-à-dire à Toulouse. C’est contradictoire : la première image indique que le lieu de naissance est Paris !

Mais ce n’est pas fini. Dans la deuxième photo, on lit que Marine Delterme est née un 12 mars. Je passe sur la page Wikipedia de l’actrice : http://fr.wikipedia.org/wiki/Marine_Delterme  et on y lit qu’elle est née un 18 mars. Soit 6 jours de différence. C’est contradictoire !

Il existe même une contradiction flagrante sur Wikipedia. En haut de l’article http://fr.wikipedia.org/wiki/Marine_Delterme on lit que l’actrice est née à Paris, et en bas on lit que la catégorie mentionne sa naissance à Toulouse !

La personne qui a conçu les grilles de mots croisés dans le magazine examiné a probablement recopié les infos de l’article Wikipedia sans rien vérifier…

Qu’est ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est faux ?

Alors, je fais un petit tour sur le site officiel de l’actrice : http://www.marinedelterme.com

Vraiment, c’est une très belle femme. La beauté absolue.  🙂

Je clique ensuite sur sa biographie : http://www.marinedelterme.com/fr/sculptrice/7.html

Intéressant, Marine pratique la sculpture. Stupeur, je lis qu’elle naquit en 1972, et non en 1970 !

Dans cette autre page : http://www.marinedelterme.com/fr/mode/20.html on apprend qu’elle est née à Paris.

Mais le Wikipedia anglophone la fait naître à  Toulouse : http://en.wikipedia.org/wiki/Marine_Delterme

Cependant, si les Wikipedia français, anglais et allemands la font naître en 1970, le Wikipedia italien fixe son année de naissance le 12 mars 1972.

Qu’est-ce qui me trouble le plus ? Les contradictions ? Ou la beauté parfaite de cette magnifique artiste ?  😉

 

© 2014 John Philip C. Manson

 

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Un paradoxe empirique à propos des neutrinos

briangreene

J’ai lu Greene sur Twitter récemment. Il arguait qu’en quelques secondes il y avait un million de milliards de neutrinos qui nous traversaient le corps.

Traduction littérale : «Pendant qu’on lit ça, environ un million de milliards de neutrinos traverseront votre corps. (Minimisez en ajustant votre angle au soleil).»

Je voudrais bien le croire, mais il y a un problème empirique. En effet, on sait que les neutrinos interagissent très peu avec la matière. Il y a plusieurs types de détecteurs de neutrinos. Leur principal point commun est d’être composé d’une grande quantité de matériel, étant donnée la faible section efficace d’interaction des neutrinos. De plus, les antineutrinos, comme les neutrinos, n’interagissent avec leur environnement matériel que via la gravitation et des forces faibles, ce qui rend leur détection expérimentale très difficile. Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Neutrino#Types_de_d.C3.A9tecteurs_de_neutrinos

Donc quand les neutrinos nous traversent sans interagir avec nos atomes, on ne peut donc pas les détecter ni observer la moindre interaction. Au mieux, nous observerons quelques traces de collisions quand il y aura interaction, mais on ne saura jamais empiriquement combien il y a réellement de neutrinos qui nous traversent sans interagir, puisque sans interaction on n’observe rien, et que par conséquent on ne peut pas compter ces neutrinos invisibles.

Donc d’où provient le nombre avancé par Brian Greene ?

Cela m’intrigue… Je présume que c’est un calcul non étayé par des observations, parce que la majorité des neutrinos traverse la matière presque sans interaction, et qu’il n’y a pas d’observations sans phénomènes d’interactions. Le calcul aura été peut-être inspiré par les réactions thermonucléaires du soleil : on connaît la puissance lumineuse rayonnée par le soleil, et par conséquent on connaît combien d’énergie est rayonnée à chaque seconde, et l’on connaît théoriquement combien de neutrinos sont rayonnés par rapport aux réactions de fusion de l’hydrogène, à chaque seconde. C’est donc une estimation théorique, pas empirique. En divisant la puissance solaire rayonnée par l’énergie moyenne exothermique de fusion thermonucléaire de l’hydrogène en hélium, on a une idée approximative du nombre de neutrinos émis par seconde par le soleil. Par exemple, avec 17,6 MeV (à titre d’exemple, je ne connais pas la valeur exacte) par réaction de fusion, et comme la puissance solaire est de 3,826×10²⁶ W, alors n = 3,826×10²⁶ / (17,6×10⁶×1,6×10⁻¹⁹) = 1,36×10³⁸ neutrinos par seconde, émis par le soleil. Maintenant, on va exprimer cela par unité de surface au niveau de l’orbite terrestre : je trouve environ 5,7×10¹⁴ neutrinos par seconde et par mètre carré. Le corps humain, de face, ou bien de dos, a une surface d’environ 1 m² (on appellera cela plutôt une section efficace de 1 m²).

Si on met environ 5 secondes à lire le tweet de Brian Greene, alors il y aura environ 2,85 millions de milliards de neutrinos solaires qui traverseront mon corps. Ainsi, le calcul montre que le tweet de Greene présente le même ordre de grandeur et que l’info est très crédible. Cependant, ce nombre de neutrinos solaires est théorique, on ne sait pas réellement si ces neutrinos non détectés existent vraiment et qu’ils nous traversent réellement le corps sans interagir avec les atomes, puisque l’absence d’interactions implique directement l’impossibilité d’observations impliquant l’impossibilité d’un comptage expérimental des neutrinos !

  • Ainsi, Brian Greene dit vrai par rapport aux aspects théoriques, mon calcul ci-dessus est venu le confirmer.
  • Mais au niveau expérimental pour corroborer notre hypothèse, l’absence d’interaction des neutrinos implique la non-observation, donc l’absence de données quantitatives. Sans preuves empiriques, on peut paraître avoir raison vis à vis de l’aspect théorique, mais on peut néanmoins se tromper par rapport aux faits.

Dans mon présent article, j’ai voulu montrer la nuance entre concept et expérience. Cela a toute son importance à mes yeux.

© 2013 John Philip C. Manson

Quelle est la compatibilité entre la philosophie, la science et la religion ?

Quelle est la compatibilité entre la philosophie, la science et la religion ? On examine les définitions, et on les compare :

  • – la philosophie est l’art du raisonnement et de la réflexion, sans forcément expérimenter ni observer comme dans les sciences, et la philosophie ne consiste pas à croire.
  • – la religion consiste à croire, uniquement à croire. La croyance obéit à sa propre logique mais ça ne reste qu’une croyance. En religion, la Vérité est érigée comme un dogme absolu, immuable et irréfutable. Une Vérité arbitraire totalement indépendante de l’objectivité, comme une chose autoritaire qui s’impose et qui est imposée.
  • – la science, elle, consiste à réaliser des expériences pour comprendre et connaître le réel, en s’appuyant sur le critère de réfutabilité, parce que les hypothèses et les connaissances sont faillibles, révisables et perfectibles. En science, on observe, on réfléchit mais on ne croit pas. La «vérité scientifique» est quelque chose d’assez relatif, elle est conjecturale mais jamais absolument démontrable, on dit au mieux qu’une hypothèse est crédible quand les expériences ne la réfutent pas. Dans les sciences de la nature, on ne peut prouver que la fausseté d’une hypothèse vérifiable.

Il est incongru de mélanger des domaines différents. On ne mélange pas le doute et la foi sans être dans la contradiction.

La contradiction, on la retrouve aussi quand certains « croyants » (pas tous les croyants, heureusement) disent que « Dieu est amour » et « Aimez-vous les uns et les autres » tout en montrant publiquement leur homophobie et leur haine. La valeur, je la vois dans l’égalité pour tous, mais pas dans les dérives autoritaires, liberticides et inégalitaires de la religion. Les homosexuels sont des hommes et des femmes comme tout le monde, avec les mêmes droits. Ce sont les idéologues discriminants qui inventent des normes morales qui ne sont que des fictions inégalitaires, dans le mépris total des faits. Ce qui est normal c’est ce qui est naturel. Ce sont les lois qui doivent s’adapter à l’évolution de la société, pas le contraire.

En donnant un avis critique sur la religion, je ne veux pas dire par là que la science est parfaite. Loin de là. Des fraudes nombreuses existent dans les sciences, je dirais même que c’est un cancer autant que l’imposture des pseudo-sciences. Et aussi, la vulgarisation scientifique est galvaudée par les médias. La science ne doit pas n’être qu’une histoire de pognon, ni être construite de façon romancée pour faire sensationnalisme. La science doit rester désintéressée et indépendante.

Quelque soit le domaine, l’erreur est humaine.

© 2013 John Philip C. Manson

La vulgarisation scientifique, entre consternation et inquiétude

Analyse du lien sur NouvelObs : http://positioncritiqueastrophysique.blogs.nouvelobs.com/archive/2013/01/22/117-du-mythe-de-la-genese-en-astrophysique.html

  • Je cite : «Au temps de Planck notre Univers n’a que environ 10-33 cm de diamètre, c’est-à-dire 10 millions de milliards de fois plus petit qu’un atome d’hydrogène».

Faux. L’erreur se trompe d’un facteur de 1 milliard… Comme l’atome d’hydrogène a un diamètre d’environ 1,05×10⁻¹⁰ m, ou 0,105 nanomètre, la longueur de Planck est donc 1,05×10²⁵ fois (soit 10 millions de milliards de milliards) plus petit qu’un atome d’hydrogène.

En continuant à lire le blog de NouvelObs, je constate des incohérences :

  • Je cite : «Passons sur l’aberration qui consiste à affirmer que notre univers est 1O millions de fois plus petit qu’un atome d’hydrogène pour constater que sa température est 10.32 k»

10 millions est en contradiction avec les 10 millions de milliards cités plus haut, alors qu’en réalité le facteur est de 10 millions de milliards de milliards…

La température de Planck n’est pas 10,32 k mais de 10³² K (dix puissance 32, et l’unité kelvin avec un K majuscule).

  • En continuant la lecture du blog, je cite : «alors que dans les 15 milliards d’années suivantes».

L’univers est âgé de 13,82 milliards d’années avec une marge de 200 millions d’années. Le nombre de 15 milliards d’années est faux.

Ensuite, l’article semble considérer le Big Bang comme un sommet de l’imaginaire mathématique.
Ce qui est contredit par les scientifiques :

Plus on se rapproche chronologiquement du Big Bang, plus l’univers est chaud. C’est un fait.

Toutefois, une précision est nécessaire :

  • En cosmologie, les hypothèses sont réfutables lorsque les observations concernent l’univers âgé d’au moins 380 000 ans (époque du découplage du rayonnement électromagnétique).
  • Entre l’instant du Big Bang et les premiers 380 000 ans, l’univers était opaque, et il est donc complètement inobservable et invérifiable à cause de l’interaction des rayonnements électromagnétiques avec la matière.

Puis en cliquant sur un article voisin : http://positioncritiqueastrophysique.blogs.nouvelobs.com/archive/2013/03/28/128-anthropophagie-stellaire.html je m’étonne de l’usage du mot «anthropophagie» en astrophysique. L’anthropophagie est clairement définie dans les dictionnaires comme l’acte de manger des êtres humains. Les étoiles ne mangent pas les humains, à moins que les étoiles soient humaines elles-mêmes… Le mot «cannibalisme» est plus approprié. Mais le cannibalisme désigne l’acte de manger les individus de sa propre espèce : un homme qui mange un homme, un corbeau qui déguste un corbeau… Mais les étoiles ne sont pas des organismes vivants…

Mais le comble de la consternation est atteint ici, avec une étrange façon d’aborder l’épistémologie de Karl Popper : http://positioncritiqueastrophysique.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/10/09/72-karl-popper-ou-l-epistemologie-hallucilogene.html

La science n’est pas une Église absolutiste. L’approche épistémologique de Popper est fondée sur la fragilité des hypothèses et non sur le dogmatisme. L’épistémologie poppérienne se base sur la faillibilité des hypothèses et des théories, elle ne les érigent pas en vérités. En ce sens, l’épistémologie de Popper n’est pas une idéologie qui ne dicte pas à quelles vérités qu’il faut adhérer, c’est une épistémologie qui conduit à adopter un regard critique sur la solidité apparente des connaissances. Rejeter l’épistémologie de Popper tout en rejetant une quelconque idéologie dans la science, c’est un paradoxe, c’est se tirer une balle dans le pied… C’est plutôt le déni de la réfutabilité qui peut conduire à de graves dérives idéologiques, par l’intrusion de concepts mystiques et occultistes (comme le New Age) dans les sciences… Le critère de réfutabilité est un garde-fou contre ces dérives.

© 2013 John Philip C. Manson

Y a t-il un sens entre la fréquence des prénoms et la réussite au Baccalauréat ?

prenoms-series-2012

La fréquence statistique des prénoms dans un pays, sans relier ceux-ci à rien, sauf d’abord à travers le choix des parents, ça varie selon chaque prénom. Déjà, les fréquences des prénoms entre eux sont inégales. Il y a aussi les effets de mode selon les époques. Les prénoms varient aussi en fonction de l’origine socio-culturelle. Comparer des prénoms majoritaires par rapport à n’importe quoi (comme le Bac par exemple), ça ne veut rien dire.

Après le Bac, il y a l’entrée dans la vie active, enfin, si on peut réussir à trouver un boulot. Quel est le prénom le plus fréquent chez les chômeurs inscrits à Pôle Emploi cette année ?… La réussite est un facteur qui dépend du travail réalisé par chacun, indifféremment selon les prénoms, puisque qu’à la base les prénoms sont chacun déjà plus ou moins fréquents les uns par rapport au autres. avec peut-être l’influence de l’origine socio-culturelle (il est beaucoup plus facile de réussir des études quand on a des parents qui sont profs), mais les prénoms ne sont qu’un critère secondaire et superficiel dont il est vain d’y trouver un sens. Remarque : que des filles en Bac L et aucune en Bac S, l’absence stricte ou l’omniprésence stricte n’est pas statistiquement crédible. En Terminale S, il y a un peu moins de filles que de mecs, mais elles ne sont pas absolument absentes… Souvenons-nous par exemple que notre jolie et adorable miss France 2013 a un Bac S avec mention très bien. En 2009, au Bac S, il y a 47% de filles et 53% de mecs, c’est presque à égalité (source = http://media.education.gouv.fr/file/2011/37/6/Les_resultats_170376.pdf), alors je suis surpris de l’absence de prénoms féminins dans la liste de Bac S ici. Et il y a 79,3% de filles et 20,7% de garçons au Bac L en 2009 (même source), mais dans la liste de 12 prénoms en Bac L ici les mecs sont totalement absents. Pourtant, le taux de réussite au bac, en moyenne, est de 86%.

Je ne conteste pas l’étude sociologique, je veux juste l’explication de la contradiction quantitative.

Autre paradoxe : les prénoms les plus fréquents au bac ne correspondent pas aux prénoms des bébés nés vers 1994 (les bacheliers ayant environ 18 ans au bac 2012). En effet, aucune trace des prénoms féminins Manon, Camille, Marine, Pauline, Léa, Marion, Anaïs, Julie, Chloë et Sarah dans la liste affichée dans l’image ci-dessus. Pareil pour les prénoms masculins Thomas, Alexandre, Nicolas, Kevin, Maxime, Quentin, Julien, Dylan, Antoine et Florian… Pourquoi ?

J’en rigole, je vois mon prénom (Jean-Philippe = John Philip) dans la filière STI2D alors que je n’ai jamais suivi cette voie.

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Yahoo surenchérit sur le thème : http://fr.news.yahoo.com/quels-pr%C3%A9noms-r%C3%A9ussissent-au-bac-115222817.html

Ma nouvelle réponse :

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© John Philip C. Manson

Un générateur électrique fonctionnant à l’hydrogène produit avec de l’urine ?

Un générateur électrique fonctionnant à l’hydrogène produit avec de l’urine ?

Résumé : quatre collégiennes ont mis au point un générateur d’électricité qui carbure à l’urine plutôt qu’au diesel.

Est-ce crédible, est-ce rentable, est-ce réaliste ?

Les journalistes s’enthousiasment souvent sur des sujets sans avoir approfondi l’aspect quantitatif. La science ne se base pas sur des apparences. La science ne doit épargner aucun petit détail.

Il est vrai que l’hydrogène est un combustible intéressant. Néanmoins, l’hydrogène est très inflammable, il est même explosif en brûlant avec l’oxygène, cela constitue un grand danger que l’on ne doit pas négliger.

L’enjeu en Afrique est de pouvoir trouver des solutions pour produire de l’électricité avec des moyens innovants et peu polluants. Je suis absolument d’accord pour que des recherches soient développées dans cette voie.

Cependant, l’article du Figaro semble suggérer que l’urée est la source d’énergie, ou la source d’hydrogène. Cela n’est pas chimiquement exact. Dans l’urine, il y a beaucoup d’eau, il y a aussi des sels minéraux et des substances organiques (dont l’urée) qui y sont dissoutes. Les sels présents en dissolution dans l’eau sont des électrolytes, ils rendent l’eau conductrice d’ions. L’hydrogène, lui, provient de la décomposition électrochimique de l’eau.

L’urée n’est pas un combustible (surtout si ce soluté est dissout dans l’eau), ni même une source d’hydrogène.

Je cite : «Dans des conditions de référence, la combustion de l’urée qui est un solide, donne du CO2, de la vapeur d’eau et du N2 (azote).»   Source : http://public.iutenligne.net/chimie/Valls/chimie-11CG1/thermodynamique1_devoir.htm

Un internaute nommé huberlulu argumente l’article ainsi : «En voilà qui ont encore inventé le « moteur à eau », en contradiction avec toutes les lois de la physique. Quel est le bilan énergétique global de cette opération?? Certainement pas positif, même en utilisant de l’énergie photochimique gratuite.»

Le moteur à eau, connu aussi sous le nom de moteur Pantone, est un mythe plus ou moins associé au mouvement perpétuel. Le moteur Pantone «fonctionne» par le mélange de l’eau au carburant, et de préchauffer ce mélange à l’aide des gaz d’échappement. Cela contrevient aux lois de la chimie car l’eau (même en vapeur) est une molécule chimiquement stable. La molécule d’eau ne se dissocie qu’à partir de 850°C environ en hydrogène et oxygène, la réaction est complète vers 2500°C. L’eau n’est absolument pas un combustible. Ensuite, une installation de type Pantone a pour conséquence la corrosion prématurée des pots catalytiques : la vapeur d’eau oxyde peu à peu les éléments mécaniques métalliques du véhicule…

L’internaute sceptique interroge : quel est le bilan global du moteur à urine ? En effet, pour résumer, les jeunes filles nigérianes utilisent de l’électricité pour électrolyser l’eau de l’urine afin de produire de l’hydrogène qui servira à produire de l’électricité. C’est-à-dire une production indirecte d’électricité via une étape électrochimique intermédiaire dont la source d’énergie initiale est de l’électricité elle-même à partir d’une batterie électrique… Si cette batterie électrique alimentait directement les ampoules, la télévision et le ventilateur sans l’étape électrochimique, nous aurions moins de pertes énergétiques… Parce qu’il y a des pertes dues au rendement.

Bilan électrochimique (en présence de chlorure de sodium) :

  • 2 e⁻ + 2 H2O  ->  2 OH⁻ + H2
  • 2 Cl⁻ -> Cl2 + 2 e⁻

Concrètement, une charge électrique de 192704 C et 36 g d’eau ça donne des anions hydroxyde et 2 g d’hydrogène.

Et 192704 C de charge électrique (dans le bilan) ça donne 71 g de chlore (gaz) qui se dissout peu ) peu dans l’eau.

Une batterie électrique, en gros, ça a une tension électrique de 12 V et une charge de 50 Ah (ampère-heure). Une charge de 50 Ah correspond à 180000 C. Cela signifie que si la batterie se vide en 57 minutes, alors elle aura réalisé une électrolyse pour transformer 36 g d’eau en 2 g d’hydrogène, et 40 g d’hydroxyde de sodium (en solution aqueuse) et 71 g de chlore gazeux dissout dans l’eau. Avec une électrolyse, le rendement est entre 40 et 60%. On dira 50% pour arrondir.

Avec une batterie de 50 Ah vidée en 57 minutes, et avec rendement de 50%, on produira donc 1 g d’hydrogène. La batterie usée aura donc consommé 600 J en 57 minutes.

Avec cet hydrogène produit électrochimiquement, il est réutilisé comme combustible. Avec 4 g d’hydrogène, on peut produire 571,7 kJ d’énergie. Mais comme le rendement est de l’ordre de 50%, alors 4 g d’hydrogène produisent  285,85 kJ de chaleur. Et 285,85 kJ d’énergie thermique transformée en énergie électrique, avec un rendement de 40%, ça donne 114,34 kJ électriques. Soit 28,585 kJ électriques par gramme d’hydrogène disponible.

Cela voudrait dire que si je connecte des batteries électriques en série, de façon à avoir 1 kWh d’énergie électrique pour une électrolyse (il faut prévoir bien plus qu’un litre d’urine, mais l’eau de mer peu faire l’affaire aussi), alors tout l’hydrogène libéré au maximum de ce que peut faire la batterie peut ensuite brûler dans l’oxygène de façon à ce que la chaleur génère 47,64 kWh d’électricité… Contrairement à ce que je m’attendais, la combustion de l’hydrogène produirait plus de chaleur qu’il n’en faudrait pour dissocier l’eau en hydrogène et en anions hydroxyde. J’ai sûrement fait une erreur quelque part, car j’aurais dû trouver normalement une conservation générale de l’énergie : rien ne se perd, rien ne se crée. Une chose est certaine : l’énergie n’est pas gratuite ; l’énergie de l’hydrogène n’existe que grâce à l’apport d’énergie électrique d’une batterie ; et normalement l’énergie électrique finale issue de l’hydrogène combustible devrait être moins importante que l’énergie qu’il aura fallu pour l’électrolyse.

L’électrochimie est un domaine que je connais personnellement, car c’est ce type d’expériences que je réalise le plus souvent quand j’en ai l’occasion.

Quelques minutes dans l’impasse, je trouve une voie grâce à un site web néo-zélandais qui explique ceci : «237.1 kJ is required to convert 1 mole of water (18 g) to H2/O2». Littéralement en français : il faut 237,1 kJ pour convertir une mole d’eau (18 grammes) en hydrogène (2 g) et en oxygène (16 g). L’oxygène est produit lorsque les électrodes sont inoxydables, comme le tungstène ou le platine.

  • Donc, d’après cette nouvelle donnée, alors si une électrolyse produit 1 g d’hydrogène, alors la batterie aura consommé 118,55 kJ d’énergie électrique. Ensuite, si je brûle ce gramme d’hydrogène obtenu pour produire un courant électrique, j’aurai produit seulement 28,6 kJ d’énergie électrique. Concrètement, les pertes sont importantes : on aura un rendement de 24% (comme je l’avais soupçonné comme hypothèse de départ) pour l’ensemble du dispositif «électrolyse/générateur électrique à hydrogène». Énergétiquement, il est plus avantageux d’utiliser directement la batterie électrique pour consommer l’électricité que d’utiliser un générateur électrolytique à hydrogène combustible.
  • Les soupçons de l’internaute huberlulu dans l’article de Figaro étaient fondés.
  • Si le générateur à hydrogène avait été un projet rentable et crédible, le principal problème aurait été celui de la sécurité : l’hydrogène est très inflammable et explosif. J’ai déjà vu une explosion d’hydrogène (à peu près contrôlée, mais c’était limite) : une étincelle, une flamme bleue, et un bruit similaire à celui de la fin du monde. Même en petites quantités (quelques milligrammes).
  • Si l’hydrogène peut produire de la chaleur et de l’électricité, ce qui a enthousiasmé les apprenties chimistes et les journalistes, le bilan énergétique global, c’est-à-dire l’énergie produite moins l’énergie consommée, est significativement négatif. La chimie, comme n’importe quelle autre science expérimentale, est exigeante sur les données quantitatives. Je m’étonne que ce détail n’ait pas été remarqué, sauf par les sceptiques. Une expérience contrôlée avec rigueur, avec un montage de calorimétrie, et avec un multi-mètre, peut prouver ma conclusion. Sur le plan théorique, et là c’est solide depuis environ 2 siècles, le Premier principe de la thermodynamique reflète le principe de conservation de l’énergie : \Delta U = Q + W \,La variation d’énergie interne d’un système est égale à la chaleur et au travail qu’il échange avec le milieu extérieur.

On ne construit pas le mouvement perpétuel impunément.  😉

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Fabriquer de l’électricité via l’hydrogène produit par une électrolyse réalisée par une batterie électrique, c’est courir à perte. En revanche, utiliser l’énergie solaire à la place de la batterie électrique, c’est avantageux. L’énergie du rayonnement solaire est abondante et gratuite, tandis que les batteries électriques ont des inconvénients (métaux lourds, acide sulfurique électrolytique, faible autonomie, coût de fabrication).

Mais utiliser l’énergie solaire c’est plus avantageux si cette énergie solaire est convertie en électricité que l’on utilise directement. Aux latitudes de la France métropolitaine, un mètre carré de panneau solaire génère une puissance électrique moyenne de 18 W. Mieux vaut exploiter ces 18 W directement, plutôt que s’en servir pour électrolyser l’eau pour produire de l’hydrogène dont la combustion produira une électricité dont la puissance électrique sera forcément bien inférieure à 18 W. Mieux que l’hydrogène si on envisage de stocker l’énergie solaire en électricité : l’énergie solaire est convertie en courant électrique continu qui est stocké dans un accumulateur électrique ; nul besoin de produire de l’hydrogène par électrolyse.

Pour bien comprendre mon raisonnement : essayez d’imaginer quel est le bilan énergétique si on aligne un grand nombre d’étapes successives de conversion énergétique. À chaque étape de transformation d’énergie, il y a perte d’énergie exploitable à cause du rendement, c’est-à-dire que l’énergie exploitable est divisée par 2 ou par 4 à chaque étape : ainsi, à la dernière étape, on aura gagné un peu d’énergie mais on en aura dépensé beaucoup pour parvenir finalement à un résultat médiocre.

  • Pour terminer, voici une autre source qui atteste le principe de conservation de l’énergie : http://uuu.enseirb-matmeca.fr/~dondon/devdurable/TPpilecombustible/TPpileacombustible.htm
  • Je cite : «Ainsi la fabrication de 2 g d’hydrogène par craquage d’une mole d’eau (sans tenir compte des pertes) nécessite l’apport de 241 kJ, soit 120.500 kJ pour fabriquer 1 kg d’hydrogène.»
  • Je cite : «Solde de la combustion :   920 – 679 = 241 kJ pour 2g d’hydrogène brûlé soit 120500 kJ /kg d’hydrogène            La fabrication d’hydrogène consomme donc autant d’énergie que sa combustion en restituera. »  Je précise : c’est vrai en théorie, pour un rendement de 100%, mais dans les faits, le rendement est toujours inférieur à 100%, le bilan énergétique sera inévitablement négatif : la fabrication d’hydrogène consomme plus d’énergie que sa combustion en restituera.

Donc on a vu ci-dessus que le problème du rendement rend la fabrication de l’hydrogène peu rentable, le faire est un gaspillage énergétique.

Maintenant, je vais examiner d’autres affirmations de l’article de Yahoo.

  • Je cite : «Un adulte produisant entre un et deux litres d’urine par jour, ces chercheurs estiment que chacun d’entre nous produit assez d’urée sur une année pour faire rouler une voiture sur 2700 kilomètres.»

Déjà, j’ai expliqué que l’urée n’était pas un combustible, et elle ne produit pas non plus de l’hydrogène. Le soluté n’est pas la source d’hydrogène, c’est le solvant (l’eau) qui est source d’hydrogène par dissociation chimique des molécules d’eau.

Plusieurs mois plus tôt, j’ai créé ma propre base de données thermochimiques : https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/06/thermochimie-etude-de-divers-combustibles/

Une distance parcourue en voiture avec la combustion complète de l’octane, alors avec une consommation moyenne de 6,5 L d’octane par 100 km, cela correspond à une énergie de 5466,82 MJ, soient 1518,56 kWh thermiques. On garde en mémoire cette information essentielle.

Ensuite, si les chercheurs se basent sur l’urée pure, sans faire intervenir l’eau dans la synthèse d’hydrogène (alors que c’est pourtant le cas), voici le calcul : la proportion massique d’hydrogène dans la molécule d’urée (NH2CONH2) est de 4/60 = 0,06666 = 6,666%.

Dans l’urine, il y a 95% d’eau et 2% d’urée. Dans 1 L d’urine, il y a donc 20 g d’urée. Et dans ces 20 g d’urée, il y a donc 1,33 g d’hydrogène. La quantité d’urine produite par une personne en une année est de l’ordre de 547,5 kg soit 728 g environ d’hydrogène si on extrait celui-ci de l’urée seule.

Comme 1 kg d’hydrogène produit par combustion 142,92 MJ d’énergie, alors la combustion de 728 g d’hydrogène (en une année) produit une énergie totale de 104 MJ environ, soient 28,88 kWh thermiques. Ce résultat est radicalement différent des 1518,56 kWh d’une voiture ayant roulé sur 2700 km.

Comme le soluté (l’urée) n’est pas lui-même la source d’hydrogène, alors on se base sur l’eau de l’urine. Dans 547,5 kg d’urine pour une année, et sachant que la proportion en hydrogène dans l’eau est de 2/18 = 11,11%, alors si toute l’eau de l’urine annuelle servait intégralement à produire de l’hydrogène jusqu’à la dernière goutte d’eau, cela correspond à une production totale de 60,77 kg d’hydrogène. La combustion de 60,77 kg d’hydrogène produit une énergie d’environ 8685 MJ, soient environ 2412,5 kWh thermiques. L’eau productrice d’hydrogène, cela se rapproche plus des 1518,56 kWh de la voiture, par rapport à l’urée faussement productrice d’hydrogène.

Bilan :

  • une voiture parcoure 2700 km en brûlant de l’octane, l’énergie est de 1518,56 kWh environ.
  • une année de production d’urine produit assez d’hydrogène pour produire 2412,5 kWh par combustion de l’hydrogène extrait de l’eau, MAIS pour électrolyser l’eau de l’urine, il aura fallu dépenser plus de 10 000 kWh électriques (ou plutôt au moins 20 000 kWh car j’oublie la conversion de l’énergie de combustion d’hydrogène pour produire de l’électricité) !!! L’hydrogène comme moyen énergétique, c’est du gaspillage d’électricité. Remède : mieux vaut utiliser l’énergie solaire ou éolienne pour faire des électrolyses, à la place des batteries électriques. Mieux encore : il vaudrait mieux des panneaux solaires ou des éoliennes produisant directement de l’électricité, sans passer par des électrolyses comme étape.

Dernière vérification :

Je cite : «les quatre collégiennes nigérianes affirment pouvoir alimenter en électricité quelques ampoules, une télévision et un ventilateur pendant six heures. Tout cela avec un seul litre d’urine.»

Il y a 111,11 g d’hydrogène au maximum dans 1 L d’eau ou d’urine. Ces 111,11 g d’hydrogène, par combustion, libèrent 15,88 MJ de chaleur. Compte tenu du rendement, on aura obtenu 7,94 MJ en réalité. Ces 7,94 MJ sont convertis en électricité via un générateur, là encore on applique un rendement et l’on n’aura gagné que 4 MJ environ d’énergie électrique (environ 1,1 kWh)… Avec 1,1 kWh, on peut consommer 1100 W pendant une heure. Comme la durée de débit électrique est de 6 heures, alors la puissance moyenne totale possible d’après les travaux des jeunes expérimentatrices est de l’ordre de 185 W : cette puissance est relativement faible pour faire marcher un ensemble électroménager composé d’une TV, d’ampoules et un ventilateur. Si la TV a une puissance de 100 W, c’est a priori plausible, mais pour le ventilateur c’est sans doute un petit ventilateur (sinon il faudrait plus de puissance).

Question : si les électrodes ne sont pas inoxydables, alors la corrosion fait entrer les métaux à l’état ionique dans la solution aqueuse (eau ou urine). Que fait-on du mélange ionique après la production d’hydrogène ? Cela pose un problème environnemental certain que personne n’a daigné évoquer.

© 2013 John Philip C. Manson

Marketing : les couleurs ont-elles une influence sur les achats ?

Les couleurs influencent notre subconscient lors de nos achats ? C’est seulement des arguments de marketing. Quels scientifiques ont eu des résultats à propos de la couleur rose ? Qui, quand, où et comment ? Pour la couleur bleue, quelle étude de 2003 précisément ? Des sources sont souhaitées, en tout cas c’est ce qui serait demandé si l’article avait été publié sur l’encyclopédie Wikipedia…
Quand nous examinons un produit pour évaluer sa qualité, on regarde la fiche technique s’il s’agit d’un téléphone mobile par exemple. La couleur, c’est un détail superficiel et secondaire…
Les couleurs c’est esthétique et agréable, mais leur interprétation symbolique relève d’une grande subjectivité, et l’interprétation des couleurs est sensiblement variable d’une personne à l’autre… Quant à la description de la couleur rouge, ça me fait doucement rire, quand je pense au logo et aux emballages d’une célèbre marque de soda… Et pourtant, c’est un soda qui marche bien. C’est une contradiction qui invalide ce qui est raconté à propos de la couleur rouge. Les gens consomment parce qu’ils aiment un produit, pas à cause de certaines couleurs n’ayant aucun rapport avec la qualité du produit. Je vois plutôt des idées préconçues, des croyances, une diversité de goûts esthétiques personnels, plutôt qu’un déterminisme formel dans la symbolique des couleurs.

Je n’ai rien contre le marketing. Le marketing est indispensable dans les activités de commerce. Mais ce serait préférable que le marketing soit véritablement fondé sur des études sociologiques empiriques.

 

© 2013 John Philip C. Manson