L’expérimentation scientifique, un échec

Je découvre quelque chose sur Yahoo qui confirme ce que je pensais au sujet de l’enseignement des sciences.

Voici une copie d’écran :

questionYQR

 

Autre copie d’écran :

yqr2

Les lycéens savent résoudre des exercices vus dans des livres, après avoir suivi un cours sur des connaissances de base. Les livres scolaires sont alors assimilables à des vérités immuables prédigérées. Mais les livres ne sont qu’un moyen indirect d’accès aux connaissances scientifiques. On ne devrait connaître que ce que on a expérimenté soi-même. La démarche scientifique est l’expérimentation : on observe des phénomènes et on réalise des mesures quantitatives, on teste des hypothèses. La science c’est cela. Mais réduire la science à des cours dirigés par des livres, c’est dénaturer ce qu’est vraiment la science. On ôte aux lycéens l’accès aux définitions de base de ce qu’est la science. Ainsi je ne suis pas étonné dans un pareil contexte que les lycéens soient si démunis quand leur professeur leur demande de réaliser un devoir basé sur des exemples de démarche scientifique. Parce que les élèves, bien qu’ils sachent faire des exercices classiques, ne savent pas ce qu’est la science par définition, à travers les critères épistémologiques. C’est une lacune que l’Éducation Nationale devrait s’efforcer de combler… Avant même d’enseigner certaines théories scientifiques, l’école devrait d’abord décrire en quoi consiste la méthode scientifique et inciter les élèves à expérimenter eux-mêmes !

© 2013 John Philip C. Manson

L’Homme est-il intrinsèquement bon ?

Aujourd’hui, j’aborde une question philosophique. Cela change un peu de la science.

L’Homme est-il intrinsèquement bon ? Qu’est-ce que le bien et le mal ?
C’est à rapprocher du concept de la normalité.Le bien et le normal, c’est lié à un ensemble de normes sociales qui varient selon les cultures.La définition du bien et de la normalité est déterminée par des règles subjectives, pas par rapport à des faits humains.

La normalité, c’est soit un dogme de conformité à une norme morale (dans une société donnée), soit c’est ce qui est statistiquement fréquent. Une norme morale est fixée par la société, c’est un dogme, un préjugé, tandis que la fréquence statistique des comportements naturels est un fait. Voila la différence.  

Obéir à son état naturel, voila une norme naturelle. Être ce que l’on est, voila qui est normal. Les normes sociales sont des codes artificiels, comme le célibat forcé quand on entre en religion par exemple… Même le mariage est une invention humaine, aussi.

C’est notre propre nature qui est la norme. La vraie morale est celle de la nature, la morale a des fondements biologiques. Puisque la morale peut ne pas être religieuse, elle peut être laïque, mais elle peut aussi être naturelle.

L’Homme est ce qu’il est. C’est normal. C’est la nature qui est ainsi. La nature est impartiale, elle n’est ni bonne ni mauvaise.

Théologiquement, c’est l’invention de la morale qui est le péché originel, le fruit défendu. L’arbre de la connaissance du bien et du mal. C’est ça le péché originel. Le péché originel n’est pas basé sur un interdit lié à la sexualité, contrairement à ce que croient certains bigots hypocrites… Le bien et le mal n’est qu’un prétexte pour juger et avoir du pouvoir, pour fondre les gens dans un même moule et les éloigner de leur état naturel animal, pour créer une identité qui n’existe pas, comme si l’Homme était un être sans corps et distinct de l’animal. Mettre des gens dans un moule comme si nous devrions tous être pareils, c’est nier les différences. La norme naturelle, c’est la diversité.

Puis pourquoi se raser la barbe ? Par honte d’être masculin ? La barbe, c’est naturel, c’est bien et c’est normal puisque c’est la nature qui est ainsi, autant la garder…  😉

Bref, ça rejoint un peu les idées de Jean-Jacques Rousseau et l’état de nature.

« Je suis un homme, je suis un homme,
Quoi de plus naturel en somme ! » (chanson de Polnareff)
Mais l’âme et la conscience, données aussi par la nature, ne devraient-elles pas nous élever au dessus des instincts primaires de la nature ? L’Homme est en ce sens mauvais.
Mais élever la conscience au-dessus des instincts naturels, c’est subjectif. Puis l’Homme reste un loup pour l’Homme. Au lieu d’avoir bénéficié de plus de 6000 ans de sagesse, l’humanité retombe en enfance à chaque génération… Élever l’âme au-dessus des instincts est vain.
© 2013 John Philip C. Manson

Ma position par rapport au mouvement des Brights

Le Mouvement des brights regroupe des individus qui portent sur le monde un regard « naturaliste », c’est-à-dire libre de tout élément surnaturel ou mystique ; les brights fondent leur éthique et leur comportement sur une compréhension naturaliste de l’univers. S’inscrivant dans la continuité des Lumières, le réseau international des brights s’est constitué comme mouvement de visibilité de celles et ceux qui portent un regard « naturaliste » sur le monde ; le mode d’existence du réseau est basé sur l’utilisation d’internet.

  • Le naturalisme philosophique est la position selon laquelle rien n’existe en dehors de la nature : il n’y a rien de surnaturel ou, à tout le moins, que le surnaturel est sans influence sur le naturel.
  • Le siècle des Lumières est un mouvement intellectuel initié en Europe du XVIIIe siècle, dont le but était de dépasser l’obscurantisme et de promouvoir les connaissances; des philosophes et des architectes intellectuels, encourageaient la science et l’échange intellectuel, en s’opposant à la superstition, l’intolérance et les abus de l’Église et de l’État.

Voici ma vision des choses ci-dessous (c’est identique à la science actuelle, quand la méthode scientifique est respectée avec intégrité, professionnalisme et transparence) :

En ce qui me concerne, ma philosophie se base sur un naturalisme atomiste, matérialiste, mécaniste et empiriste. Je me base sur la méthode scientifique à travers le critère de la réfutabilité, dans le sens donné par Karl Popper. Le principe de réfutabilité en science a pour conséquence que la science n’établit pas des vérités inébranlables, mais des vérités faillibles fondées sur des représentations faillibles de l’univers et de la nature, à travers la recherche empirique. Ce qu’on appelle vérité est quelque chose de relatif. En revanche, des hypothèses fausses qui sont réfutées par des faits, sont infirmées définitivement. C’est la fausseté réelle des choses fausses qui est une vérité bien tranchée. Ainsi, à la lumière des faits, des connaissances peuvent être soit a priori vraies, soit certainement fausses. Une hypothèse (ou même une théorie scientifique) ne s’érige pas en vérité ; une hypothèse ou théorie est évaluée selon sa solidité par confrontation aux faits.

En physique et dans les autres sciences de la nature, une connaissance est faillible : si elle est fausse en soi, sa fausseté peut être définitivement établie, tandis que si elle est vraie en soi, on ne pourra pas prouver qu’elle est absolument vraie, on pourra juste corroborer la connaissance, on remarquera sa cohérence. Ce qu’on appelle la vérité, en sciences, ne se trouve que dans les mathématiques. Les maths sont indépendantes du monde matériel, elles sont abstraites, leurs lois leur sont propres. C’est étonnant que les maths soient autonomes par rapport au monde matériel, et qu’en même temps les maths peuvent expliquer de nombreux phénomènes matériels. Je suppose que le grand mathématicien Cédric Villani est de mon avis.   😉  Et désolé si je ne dis pas «LA mathématique», au singulier, question de (mauvaise) habitude.  🙂

De plus, les maths ont un avantage : il suffit d’un crayon et d’un papier, ou d’une craie et d’un tableau noir (mais un superordinateur pour les calculs longs c’est bien mieux). Les sciences expérimentales, elles, sont plus contraignantes : il faut un budget pour les instruments scientifiques, il faut faire un montage expérimental rigoureux (c’est facile de foirer une expérience), et parfois ça explose à la figure.

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  • Question métaphysique : la matière précède t-elle les mathématiques ? L’homme pensant invente ou crée les maths et les utilisent. Les cerveaux préexistent par rapport à l’existence des maths. Les maths existeraient-elles s’il n’existait pas d’hommes pensants ?

Je pense que les maths sont une extension de notre propre conscience. Peut-être que la conscience elle-même est un calcul auto-référent, mais je préfère vous éviter la migraine.

Retour sur ce qu’est une théorie scientifique :

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Pour faire une métaphore, une théorie est comme la sculpture d’une statue : on n’ajoute pas du matériau à l’ouvrage, mais on procède par élimination, on enlève ce qui est superficiel, comme si on taillait un roc informe, et l’ouvrage qui reste est ce qui est a priori vrai, sinon crédible. Mais c’est un ouvrage crédible qui ne sera jamais achevé définitivement, car il est sans cesse affiné petit à petit. A contrario, les hypothèses et théories douteuses, dans le contexte de la fraude scientifique, ou de la science fringe, ou de la pseudo-science, se caractérisent par des rustines multiples ajoutées ad hoc selon les faits nouveaux, sans même corriger ni remettre en question l’hypothèse ou la théorie érigée en dogme… Plus on rajoute des rustines sur les roues d’une théorie pour sauver celle-ci, moins le vélo roulera bien…

Ma vision naturaliste est caractérisée par des critères précis : un naturalisme scientifique dépourvu autant que possible de toute forme de subjectivité, un naturalisme fondé sur l’expérimentation et la réfutabilité. Une conception fondée sur l’utile et le nécessaire, tout en ayant conscience des incertitudes inévitables.

Jamais il ne faudrait dire qu’une théorie scientifique est vraie. Elle peut être vraie et cohérente mathématiquement, mais la physique comporte des incertitudes quantitatives que les mathématiques strictes ignorent. Par exemple, l’infini existe en maths, mais pas en physique. Une théorie scientifique n’est donc pas une vérité absolue, on dit plutôt que la théorie est crédible, à la fois par rapport aux maths, et à la fois par rapport aux expériences ou observations. Et cette crédibilité se mesure sur la cohérence propre de la théorie (accord entre les maths et l’expérience du réel) mais aussi sur la cohérence par rapport à l’édifice scientifique établi et par rapport aux sciences interdisciplinaires. Par exemple, en électrochimie, par exemple en réalisant une électrolyse : les lois de la physiques (électrostatique, électrodynamique, électromagnétisme) ne doivent pas entrer en contradiction avec les lois de la chimie (théorie de l’atome, modèle atomique, réactions chimiques).

Ensuite, jamais je n’accepte de voir la science associée à la pseudo-science et au mysticisme. Karl Popper avait posé un principe de démarcation épistémologique. Cette démarcation est une nécessité.

Et jamais je n’accepte de voir la science récupérée abusivement par des idéologies politiques ou religieuses dont la finalité est le pouvoir et le profit au mépris de la démocratie et de la liberté des peuples. La science doit rester indépendante de toute influence subjective. Le lyssenkisme sous l’idéologie soviétique par exemple. Le créationnisme par l’intégrisme chrétien ou autre, aussi, par exemple.

La désinformation est inacceptable. Tout citoyen a droit à l’information et à l’éducation. Les journalistes ont des devoirs déontologiques (Charte de déontologie du journalisme) : devoir de vérité, devoir de rectifier ce qui est inexact, devoir de rester critique, refus du sensationnalisme.

De même, le naturalisme non plus ne doit pas dénaturer la science pour servir l’athéisme. Ce que l’on croit ou ce que l’on ne croit pas ne fait pas partie de la science. Si j’avais des croyances, je les aurais mises au vestiaire quand j’entre dans l’arène de la science. En tant qu’athée ou agnostique, cela importe peu sur le suivi de la démarche scientifique. Les émotions aussi, il faut les laisser au vestiaire. Je n’ai besoin que d’un cerveau frais pour faire un raisonnement logico-mathématique, des yeux pour observer et expérimenter, et l’absence de subjectivité afin d’interpréter sans superficialité les données quantitatives des phénomènes observés.

La connaissance est un édifice faillible fondé sur une méthode qui a fait ses preuves. La science, ça marche, mais des conditions sont à respecter.

Si dépasser l’obscurantisme et promouvoir les connaissances sont l’objectif des Brights, je vais plus loin que ça. Comment ça ? La connaissance pourrait être vue comme une vérité qui abolit les mensonges de l’obscurantisme. Dans mon blog, j’ai montré que même des connaissances à l’apparence scientifique, à travers les médias de tous les jours, sont matière à tromperies, erreurs, lacunes et croyances… Le scepticisme scientifique, selon moi, doit s’appliquer aussi sur la (mauvaise) vulgarisation scientifique via le journalisme grand public. Depuis une dizaine d’années, et avec l’influence d’Internet, la vulgarisation perd en qualité (certains magazines, mais surtout dans le web), ça devient comme la malbouffe… On remplit le cerveau vite, mais mal, et inutilement. Mieux vaut former le cerveau au doute. L’émergence de magazines pseudo-scientifiques aggrave les choses.

J’ai ouvert une porte, d’autres devraient me suivre. Il n’existe pas d’information infaillible, le taux d’erreurs quantitatives dans le mauvais journalisme des sciences est plus grand qu’on ne l’avait pensé. La méthode scientifique et le raisonnement logico-mathématique c’est plus important que le concept de naturalisme, bien que les sciences tendent à montrer que l’univers est naturel et que l’hypothèse d’un Dieu est inutile. La science n’a pas à s’embarrasser de mysticisme. La rigueur dans la méthode scientifique, à travers la réfutabilité des hypothèses et des théories, c’est plus important que la crédibilité des théories elles-mêmes. En gros, peu importe la laideur de la destination, pourvu que le voyage ait été bon, Voila.

Tout doit être autopsié (tout doit-il disparaître ?). De quoi être indécis entre l’autopsie et la boucherie… Toubib or not toubib, that is the question.

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© 2013 John Philip C. Manson

La clé des mathématiques

  • Créé le 2 novembre 2011 dans mon premier blog désormais disparu, cet article est restauré le 28 janvier 2013 ici.

Ce n’est pas parce que l’on n’est pas doué en maths que cela signifie que l’on n’aime pas les maths. Ayant été toujours un élève attentif, il m’est souvent arrivé d’avoir des problèmes de compréhension des mathématiques. Pour ainsi dire, j’étais médiocre à l’école primaire en maths, notamment pour faire une division à la main.

Ce n’est pas par manque d’intérêt mais à cause de la façon dont les maths sont enseignées. Après le bac, à l’université, il faut l’avouer, les maths c’est bien pire qu’au lycée.

Produire de bons résultats en maths est une mécanique liée à l’application de formules apprises en cours, mais calculer n’est pas comprendre. C’est une mécanique infernale qui, quand elle tombe sur un grain de sable, finit par bloquer. La vraie difficulté des maths est un problème profond lié à son enseignement, on ne voit que la partie émergée de l’iceberg. En effet : comment mesure t-on la compréhension des élèves en classe de maths ? En vérifiant qu’ils trouvent le bon résultat à un exercice. Mais pas en évaluant la compréhension de l’essence des maths.

Nous pourrions mettre en évidence ce problème réel avec un exemple anecdotique (l’âge du capitaine), d’après un texte de Gustave Flaubert :

  • « Puisque tu fais de la géométrie et de la trigonométrie, je vais te donner un problème : Un navire est en mer, il est parti de Boston chargé de coton, il jauge 200 tonneaux, il fait voile vers Le Havre, le grand mât est cassé, il y a un mousse sur le gaillard d’avant, les passagers sont au nombre de douze, le vent souffle Nord-Nord-Est, l’horloge marque trois heures un quart d’après-midi, on est au mois de mai… On demande de calculer l’âge du capitaine. » 

Il suffit d’appliquer ce test à une classe de CM2 et à une classe de Terminale pour se convaincre qu’il existe un problème de compréhension des maths. On peut donner ce test pour évaluer nos propres enfants à la maison à l’heure de faire les devoirs. Plusieurs élèves auront donné une solution alors qu’il n’y en a pas… Parce qu’il n’y a pas de lien de causalité entre les données et le résultat demandé. Il faut absolument se méfier des pseudo-savoirs intuitifs.

Dans l’enseignement quotidien, à aucun moment il ne viendrait à l’idée d’un prof de maths, ou d’un chercheur en pédagogie, de demander à un élève : « Oui, tu as trouvé le bon résultat… mais que signifie ce résultat ? »

Ce problème existe au collège et au lycée, et même en math sup ou math spé – où les étudiants n’ont même pas conscience du lien entre une dérivée et une tangente… Mais ils trouvent quand même les bons résultats aux équations différentielles. Ahurissant, non ? Évidemment à ce niveau, on ne dira jamais que ces étudiants sont en difficultés mathématiques… Je parle en connaissance de cause : au lycée, je savais très bien calculer une dérivée mais je ne savais pas à quoi cela pouvait servir.

Appliquer des formules ne suffit pas. Les maths doivent nécessairement conduire à des raisonnements, à un argumentaire. Qui sait retranscrire de façon littéraire le langage mathématique, en détaillant à plat, mot à mot, les subtilités ? La plupart des élèves posent des chiffres et des notations mathématiques sans écrire de texte qui explique leur raisonnement.

Le problème de base dans la compréhension des maths, c’est de faire connaître des définitions. Dire qu’une fonction est dérivable parce que (f(b) — f(a)) / (b — a) c’est seulement braire des formules prédigérées, mais ça n’est pas exprimer un raisonnement.

Ce que j’essaie d’expliquer, c’est que les profs de maths devraient illustrer chaque cours par des exemples concrets.

Par exemple, il y a un an sur Yahoo QR, j’ai eu l’occasion de répondre à une question «Qu’est ce qu’une fonction dérivée concrètement ?» et j’ai répondu en donnant un exemple, j’ai carrément fait un cours dessus. Je reproduis cette anecdote ci-dessous :

Le principal défaut de quelques profs de maths est de balancer des équations sans même les expliquer en détail. Cette mésaventure en tant qu’élève m’est arrivée au lycée. La source de confusion la plus fréquente en maths (et dans les sciences) ce sont les lacunes dans les définitions. Par exemple, ce n’est que relativement tardivement que j’ai compris l’enjeu de la nécessité des critères épistémologiques (dont celui de la réfutabilité) qui sont le fondement de la démarche scientifique. Cette mésaventure m’a également concerné dans les dérivées en maths. On savait tous calculer les dérivées mais on ignorait à quoi ça servait. Après, il ne faut pas s’étonner que les jeunes ne s’intéressent pas aux sciences. Des maths trop abstraites et absconses, mal présentées, prennent une apparence proche (à tort) du mysticisme de la numérologie, et ça peut conduire à un abandon injuste par les élèves. Mais les maths valent la peine d’être apprises car c’est un domaine passionnant quand il est bien compris.

La dérivée d’une fonction décrit la pente positive ou négative d’une fonction.

Je vais prendre l’exemple de la parabole du mouvement de chute libre avec une vitesse initiale qui s’oppose à la gravitation. L’axe des abscisses sera l’axe du temps t, l’axe des ordonnées sera la hauteur z en fonction de t. La fonction d’un corps qui s’oppose à la pesanteur avec une vitesse v depuis z(0) = 0 avec une vitesse initiale donnée sera la suivante : z(t) = v*t — (1/2) g*t²

Avec t le temps, g = accélération de la pesanteur terrestre, v la vitesse initiale.

On le voit, c’est une fonction parabolique qui décrit une courbe. En examinant la fonction, la parabole atteint une altitude maximum h au bout d’un temps tx.

La dérivée de la fonction est dz/dt = v — g*t
Les lycéens peuvent la calculer facilement, mais souvent il peut arriver qu’ils ne savent pas à quoi ça sert.

La dérivée est nulle dz/dt = 0 lorsque la fonction z(t) a une pente nulle (endroit du point où la tangente est parallèle à l’axe t), Ce point correspond à l’altitude maximale dans notre cas concret.

Comment calculer h = z(tx) grâce à notre dérivée ? La notation x indique un indice pour un t qui désigne le temps auquel l’altitude z est maximale.

Puisque dz/dt = v — g*tx = 0

Alors v = g*tx et donc tx = v/g

Puisque h = z(tx) = v*tx — (1/2) g*tx²
alors h = v*(v/g) — (1/2) g * v²/g²

h = v²/g — (1/2) v²/g

h = v²/g (1 — 1/2) = (1/2) v²/g

On a ainsi pu calculer l’altitude maximale atteinte par un projectile tiré verticalement, en fonction de sa vitesse et de g, en éliminant t. Et ceci grâce au calcul de la dérivée.

Une petite précision : la dérivée est positive lorsque le projectile n’a pas encore atteint son altitude maximale, puis négative après cette étape.

Sources :

Mécanique

Je trouve que c’est important de présenter une explication simple et claire sous la forme littéraire. Si un matheux sait calculer des dérivées mais sans savoir les expliquer simplement, c’est un robot. Certaines réponses, pas forcément ici, me font penser à une visite de notre ami googlebot. :)

  • Il y a 1 an
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Évaluation du demandeur :
 
Commentaire du demandeur :
Merci beaucoup ! Je comprends enfin ! Pourtant ce n’est pas faute d’avoir posé la question à mon prof de Maths, qui nous répondait « c’est là où est le délicat des Maths, on ne peut pas dire concrètement que.. blablabla.. »

Il faut absolument réformer l’enseignement des sciences, surtout les maths, en France. Nous traversons une crise de la filière scientifique qui compte de moins en moins de vocations d’année en année…

La clé des maths n’est pas dans les résultats par des chiffres dans les exercices, c’est avant tout essentiellement la maîtrise du langage, c’est la clé de la compréhension. Ce qui manque dans les maths c’est la pédagogie. Croire que donner des formules sans les expliquer par des exemples concrets est avoir fait son travail, c’est faire une erreur dont les conséquences est le décrochage des jeunes envers les sciences.

«Pour la seule France, selon les statistiques 2011 du ministère de l’Éducation Nationale, la licence de sciences n’attire que 11% des bacheliers contre 24% en 1996 et 17% en 2002. Entre 2002 et 2009, le nombre d’étudiants en formation scientifique ou en ingénierie a décru de 5,9%, celui des étudiants en sciences fondamentales de 17%, celui des SVT de 9,4%.»   (P. Bruckner, dans «Le fanatisme de l’Apocalypse», p.172 et 173)

© 2011-2012-2013 John Philip C. Manson

Nul n’est censé ignorer la loi…

À un quidam qui faisait la promotion du mouvement spirite, de la réincarnation et du karma, je me suis exprimé avec les arguments suivants.

Je remets en question la notion de loi spirituelle.
Devant la progression toujours plus forte de l’obscurantisme, je ne connais qu’une loi : le devoir de recul critique.

Le karma est-il une hypothèse ayant la possibilité d’être réfutable ? On ne peut pas construire des connaissances sur la base de croyances invérifiables et irréfutables.

Le progrès est le renoncement à la crédulité et l’apprentissage du doute. Et ce nouveau point de vue donne des résultats, tandis que l’ancien point de vue n’explique rien puisqu’il ne se base sur aucune preuve vérifiable, matérielle ni quantitative.

Les connaissances fondées sur le critère épistémologique de réfutabilité ne consistent pas en un cumul des savoirs, mais à une élimination du superficiel. Mais des croyances irréfutables et invérifiables ne sont que des croyances, pas des connaissances.

Le recul critique et l’objectivité sont nécessaires. C’est un devoir qui permet un droit fondamental : la liberté. Sans le doute, les hommes seraient des moutons crédules, manipulés et dociles, et ils ne seraient pas libres.

  • «Oser savoir en utilisant sa raison critique c’est le fondement de notre modernité, cela reste la condition de son avenir.» (Emmanuel Kant)
  • «La science ne cherche pas à énoncer des vérités éternelles ou de dogmes immuables ; loin de prétendre que chaque étape est définitive et qu’elle a dit son dernier mot, elle cherche à cerner la vérité par approximations successives.»  (Bertrand Russell / 1872-1970 / ABC de la relativité / 1925)
  • «Toute connaissance accessible doit être atteinte par des méthodes scientifiques ; et ce que la science ne peut pas découvrir, l’humanité ne peut pas le connaître.»   (Bertrand Russell / 1872-1970 / Religion et Science / 1957)

© 2012 John Philip C. Manson

De la difficulté de la vulgarisation scientifique

Enseigner les sciences est une activité difficile qui nécessite beaucoup de sociabilité, du savoir-faire dans le faire-savoir. Lorsqu’on est tenté de diffuser la connaissance scientifique tout en suivant l’actualité des découvertes scientifiques, on désire alors contribuer à vulgariser la science et la rendre accessible à tous dans un langage abordable et compréhensible. Cependant, l’enseignement de la science implique non seulement une maîtrise des domaines scientifiques, mais aussi un sens critique toujours en éveil, tout en prenant le plus grand soin dans le choix des mots. Il suffirait qu’une information possède un mot inadapté, erroné ou flou pour que le sens de l’information s’en trouve altéré, et que cette information soit ensuite mal comprise ou mal interprétée.

Je pense que l’usage de la métaphore pour vulgariser des concepts scientifiques est la plus sûre façon d’être mal compris. Exemple : le concept du Big Bang est représenté par le public comme une explosion locale de matière qui remplit un espace vide préexistant. Le Big Bang n’est pas analogue ni comparable à une explosion, c’est l’espace qui se dilate partout et il n’y a aucun centre dans l’univers.

La “poétisation” et la métaphorisation de l’Univers court-circuite le rapport qui pourrait exister entre le public et le réel. C’est une source de lourdes confusions. La vulgarisation scientifique, pour être efficace, doit être compréhensible, concise et éviter la langue de bois. La métaphore rencontre beaucoup de succès chez le public, mais la compréhension des concepts scientifiques lui échappe souvent.

L’objectif de la vulgarisation scientifique est de favoriser l’assimilation de connaissances scientifiques évolutibles. Ce dernier adjectif montre l’importance que les connaissances peuvent changer selon de nouveaux faits découverts, il ne faut pas assimiler des connaissances comme étant des vérités définitives, ce serait une profonde erreur et une mauvaise habitude. La métaphore en vulgarisation a des effets contraires au but recherché : elle agit comme un opium propre à endormir les défenses critiques des lecteurs. De plus, le mot “vulgarisation” a une connotation péjorative. La métaphore et l’analogie rendent la science vulgaire auprès du public. Rendons la science accessible à tous, passionnante et qui prête à matière de réflexion. Nous devrions réduire le décalage entre le public et les spécialistes.

Les concepts scientifiques ont tous un sens, et celui-ci devrait être idéalement le même dans l’esprit du public que dans celui des spécialistes, avec l’emploi de mots différents (simplification du jargon scientifique avec conservation du sens, mais sans utilisation de métaphores) et avec les mêmes définitions de base.

Le public connaît mal la science, ou la comprend mal, parce qu’il ignore souvent les définitions élémentaires, comme les concepts d’énergie et de force. Qu’est-ce que la science, la connaissance, la réalité ? Ce sont ces questions fondamentales qui mènent les esprits curieux à la science.

La vulgarisation des connaissances scientifiques ne doit pas exister sans la vulgarisation de l’esprit critique ainsi que la vulgarisation de la méthode scientifique et des critères épistémologiques de scientificité. Cela forme un tout indissociable.

 

© 2011 John Philip C. Manson

Comment faire un exposé de science à l’école ?

Pour faire un exposé de science, il faut connaître au minimum quelques bases scientifiques.

Comme genre d’exposé intéressant, il y a l’astronomie, ce serait l’occasion de présenter cette science afin de montrer aux plus jeunes que l’astrologie est une ânerie.

Et comme premier chapitre dans l’exposé scientifique, un rappel utile de la définition de la science : le critère déterminant qui définit la science, ce n’est pas la crédibilité d’une connaissance scientifique, mais la réfutabilité de cette connaissance. C’est-à-dire que pour qu’une connaissance ait un intérêt scientifique, il faut pouvoir tester cette connaissance en la comparant avec des observations afin de réfuter ou de confirmer des hypothèses. Quand une connaissance ne peut pas être remise en question, donc quand elle ressemble à un dogme qui n’évolue pas, ce n’est pas de la science. Un tel rappel de la scientificité est très intéressant, car c’est son oubli qui est la cause de la progression de l’obscurantisme.
Dans l’exposé, après cette courte introduction sur le principe de réfutabilité, on peut expliquer ce qu’est la méthode scientifique :

Une théorie scientifique est un groupe cohérent d’affirmations réfutables qui décrit et explique un phénomène observable, quantifiable et reproductible.

Ainsi, si une connaissance ne peut pas être mesurée par des instruments de mesure, ne peut pas être observée et ne peut pas donner lieu à des expériences que l’on peut répéter à volonté, ce n’est ainsi pas de la science, c’est une croyance.

Faire un exposé sur les étoiles et les planètes, avec une projection de diapositives sur le mur de la classe, voila une idée intéressante. Mais expliquer la différence entre l’astronomie (science) et l’astrologie (croyance), c’est encore mieux.

http://jpmanson.unblog.fr/2011/02/26/la-methode-scientifique-en-schema/
http://jpmanson.unblog.fr/definition-de-la-science/
http://jpmanson.unblog.fr/2011/03/06/astrologie-mensongere/

 

 

© 2011 John Philip C. Manson