Sur le consensus scientifique

Page intéressante. Elle dresse une liste de découvertes qui contredisent les croyances et les suppositions de leurs époques respectives.

Dans cette page, tout ce qui est décrit sur l’historique de la Terre plate, le géocentrisme, la théorie de l’évolution, la dérive des continents, le Big Bang et l’ère glaciaire est authentique.

Mais petit bémol : dans la terminologie du mot «ère glaciaire», c’est plus adapté pour l’ère glaciaire de Würm il y a 20000 ans, car concernant le vingtième siècle, quelques décennies ne définissent pas un climat planétaire. Un climat global, c’est sur une échelle de millénaires et de millions d’années.

Ensuite, au paragraphe sur E=MC², il est exact de dire que rien ne peut aller plus vite que la lumière, c’est le postulat de la théorie de la relativité, et la vitesse de la lumière a été fixée comme constante fondamentale en 1983 afin de définir le mètre à partir de l’unité du temps (la seconde). Cependant, quand l’auteur dit que certains scientifiques (lesquels ?) pensent avoir trouvé des particules (les tachyons ?) qui briseraient cette limite qu’est la célérité et qu’un autre (Alcubierre) prétend avoir trouvé une façon de voyager plus vite que la lumière. Pour rappel : les tachyons sont hypothétiques, l’espace-temps plissé d’Alcubierre (warp-driving) est hypothétique lui aussi. Les voyages interstellaires à très grande vitesse pourrait être un rêve impossible à réaliser : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/03/12/de-limpossibilite-des-voyages-interstellaires-a-la-vitesse-de-la-lumiere/ Mais cela ne veut pas dire que les sceptiques affirment que les voyages supraluminiques n’existe pas. Cela veut dire qu’on ne peut pas savoir si c’est valide ou faux tant que des expériences n’auront pas été réalisées. On attend juste des preuves. Chaque découverte scientifique a été imprédictible  jusqu’au moment de ladite découverte. On ne sait pas ce que réservent les découvertes futures, rien ne penche en faveur d’une opinion ni d’une autre. On ne sait pas quand se fera une découverte scientifique, ni ce que sera la découverte scientifique. La méthode scientifique s’est consolidée seulement au vingtième siècle, grâce à Karl Popper qui a contribué à une avancée majeure, par le critère de réfutabilité. Avant Popper, la science était érigée en un système arbitraire de la vérité. On croyait auparavant que la science était la quête et la collection de vérités immuables et irréfutables. Le critère de réfutabilité a révolutionné la science moderne : les théories sont des représentations faillibles de la réalité, les théories sont (au mieux) crédibles mais elles ne sont pas LA réalité. La réfutabilité établit la faillibilité des connaissances. Nous ne savons rien de la réalité, nous n’avons que des modèles scientifiques, donc faillibles et réfutables. La science moderne, depuis Popper, ne construit pas des vérités, mais procède par élimination des hypothèses fausses quand celles-ci ont été réfutées à travers des observations ou des expériences. Une hypothèse est dite réfutable si elle a la potentialité d’être invalidée si ladite hypothèse est fausse, et une expérience scientifique doit donc permettre cette possibilité de pouvoir dire si l’hypothèse colle avec les faits OU si elle contredit les faits. Quand une hypothèse ne peut pas être testée, que l’on ne peut pas répondre par oui (ça colle) ou non (ça contredit), alors l’hypothèse n’est pas scientifique.

Voici une citation qui résume bien ce qu’est la science moderne grâce au critère de réfutabilité :

  • « La qualité d’une expérience se mesure au nombre de théories qu’elle fait tomber. » (d’après un professeur à Polytechnique et chercheur au CNRS)

Ensuite, à propos du paragraphe sur le multivers, il faut souligner que ce sujet pose un problème épistémologique. Avant Karl Popper, la science était scientiste, elle érigeait des découvertes (ainsi que les suppositions) en vérités définitives. Les grecs antiques, eux, se basaient généralement sur des concepts, pas sur des lois de la physique, à part quelques esprits scientifiques comme Ératosthène et Hipparque et d’autres. Que dit la science moderne ? La science se base sur la réfutabilité : une hypothèse doit pouvoir être testée expérimentalement ou via des observations, afin de l’infirmer si elle est fausse. Peut-on faire une observation ou une expérience pour observer des univers parallèles ? Apparemment, non. L’hypothèse des multivers est-elle scientifique ? La question vaut d’être posée. Je n’affirme pas que le multivers n’existe pas ni qu’il existe. Le multivers semble être une hypothèse qui ne peut pas être testée. On ne peut pas prouver qu’une hypothèse est fausse si on n’a pas la possibilité de faire une observation permettant la réfutation de l’hypothèse si celle-ci est fausse. En dehors du cadre de la science, on entre dans le domaine de la métaphysique. https://jpcmanson.wordpress.com/2013/03/19/les-univers-alternatifs-quest-ce-que-cest/

Ensuite, en ce qui concerne le voyage dans le temps, c’est possible d’après la théorie de la relativité, mais seulement pour aller vers le futur. Les satellites GPS ont un retard de quelques milliardièmes de seconde par rapport à nous : plus on se déplace vite par rapport à un référentiel, plus notre horloge retarde par rapport à celle du référentiel. Le voyage vers le passé pourrait être impossible à cause des paradoxes temporels. Mais on ne peut rien dire de concret tant qu’on n’a pas de réponse via des expériences.

Ensuite, l’auteur dit ceci, je cite : «Un consensus scientifique ça n’existe pas ! Les scientifiques sont constamment en train de mettre à l’épreuve une théorie. Chaque tentative qui n’est pas confirmée sert à renforcer la théorie originale, jusqu’à ce qu’on en trouve une qui arrive à la contredire.»  C’est exact. Je rajouterai cependant ceci : il suffit d’un seul contre-exemple factuel pour invalider complètement une hypothèse, voire une théorie entière.

Ensuite, les arguments sur la climatologie sont à nuancer. La température moyenne globale s’est bien élevée de 0,6°C sur les 100 dernières années, le réchauffement est une réalité, mais il n’est pas homogène, et il y a des choses à éclaircir. Pour résumer, le réchauffement climatique est une réalité, mais sa médiatisation comporte certaines maladresses et contre-vérités. On veut nous inoculer des certitudes, alors qu’il existe un certain nombre d’incertitudes. Il faut de la transparence, de l’intégrité intellectuelle par rapport aux faits, en totale indépendance de toute influence politique et de celle de groupes de pression comme les ONG. Il faut une démarcation entre ce qui est factuel, et ce qui est faux, en totale objectivité.

Il est difficile d’analyser tout ce qui se dit en climatologie. Mais je peux dire qu’il existe des failles. Celles-ci ne remettent pas en question la réalité du réchauffement climatique, mais la façade est quelque peu maquillée. Le journalisme met des titres racoleurs et alarmistes, la peur fait vendre, c’est une recette qui marche…

Articles internes :

L’objectif n’est pas de nier en bloc le réchauffement climatique parce que l’on n’y croit pas. L’enjeu, c’est de démêler le vrai du faux, il faut un dépoussiérage (au plumeau ou au kärcher ?).

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Suite ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/04/17/sur-le-consensus-scientifique-suite-via-facebook/

 

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Les théories scientifiques c’est comme les lasagnes au «bœuf» : c’est faillible, donc il faut analyser.

© 2013 John Philip C. Manson

Une fonte rapide des glaces en Antarctique ?

Ce qui est écrit dans la page du lien soulève des questions. Je ne nie pas ce qui est relaté, je soulève des interrogations.

Voici mes arguments :

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© 2013 John Philip C. Manson

Nicolas Dupont-Aignan et la science

Le candidat Dupont-Aignan se prononce en faveur de la science et ses arguments ont suscité chez moi un vif intérêt.

En effet, il déclare vouloir revaloriser le métier de chercheur, il dit aussi s’entourer de chercheurs et d’enseignants afin de pouvoir prendre une décision en matière de science (je ne sais pas si les autres candidats le font, eux). Il propose aussi qu’on n’utilise pas les ressources alimentaires pour les transformer en ressources énergétiques au détriment des populations.

Dans le paragraphe «Éducation et culture scientifique», c’est là que c’est intéressant, il dit que c’est important que chacun puisse “accéder au savoir qui rend libre”, il veut revaloriser les métiers scientifiques, en particulier celui de chercheur” qu’il estime “discrédité même au plus haut niveau de l’Etat”.

Et surtout, concernant la diffusion de la culture scientifique, Nicolas Dupont-Aignan pense qu’il est  fondamental d’avoir [dans l’audiovisuel] des journalistes scientifiques formés pour parler de faits et pas de politique, par conséquent en toute objectivité”. Par ailleurs, il veut pousser les chercheurs et les enseignants à faire de la vulgarisation, de la diffusion scientifique auprès de la population.

J’approuve et je souligne bien cet argument pertinent.

Cependant, au hasard de mon surf sur internet, je tombe sur Wikisources dans lequel je trouve un livre du candidat, écrit en 2006/2007, intitulé «Français, reprenez le pouvoir !»

Le chapitre 6 de ce livre intéressant a pour intitulé «La planète asphyxiée», ce chapitre parle des problèmes environnementaux : le tarissement des matières premières, et le changement climatique.

Je cite : «Toutes les études scientifiques prouvent que l’élévation moyenne de la température n’a rien à voir avec les oscillations enregistrées au cours de l’histoire du globe.»

  • Oui, le climat a connu une élévation moyenne d’environ 0,6°C en un siècle. Mais dans le passé paléoclimatique, les ères glaciaires ont alterné avec les ères chaudes. En voici les preuves : https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/19/paleoclimatologie/  La Terre a connu des périodes tropicales globales (comme le Mésozoïque) au cours desquels la température moyenne était environ 7°C supérieure à la température moyenne actuelle. En outre, la vitesse de changement de température peut paraître importante à notre époque, mais ce n’est pas une exception : il y a 14700 ans sur Terre, il y eut un réchauffement de 10 degrés en peu d’années par exemple, comme le montrent les travaux du CNRS du 19 juin 2008. (voir la copie d’écran ci-dessous)
  • Je viens de trouver un autre article du CNRS qui appuie cette découverte : http://www.insu.cnrs.fr/environnement/climat-changement-climatique/il-y-a-14-600-ans-la-mer-est-montee-tres-rapidement-lors-
  • Ce qui est vraiment exceptionnel, c’est l’élévation du taux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère terrestre, ça n’a pas été aussi élevé depuis longtemps, mais il ne faut pas confondre taux de CO2 et température, bien qu’il y ait effet de serre. Ce dernier n’est qu’une des causes du réchauffement observé, il faut prendre en compte aussi les autres causes probables, notamment l’effet d’îlot thermique urbain (surtout en hémisphère nord) à cause duquel l’urbanisation croissante occasionne une absorption accrue du rayonnement solaire via le béton et l’asphalte, et à cela il faut ajouter l’effet Joule dû à la consommation mondiale d’électricité (rien que les ampoules électriques le soir chez moi en intérieur, ça correspond à un effet Joule moyen d’environ 3 W/m², ce qui correspond à un excès thermique atmosphérique de 0,5°C par rapport à l’absence d’éclairage dans l’habitat).

Ensuite, je cite encore le chapitre du livre : «On constate en effet, aujourd’hui, l’accélération du phénomène» […] « la multiplication des ouragans et des canicules»

Je ne nie rien en aucune manière, mais pour pouvoir affirmer quelque chose sur un sujet aussi difficile et incertain comme le climat, il faut l’appui nécessaire de preuves scientifiques. Peut-être qu’a priori les catastrophes vont s’amplifier (ou pas), on ne le sait pas actuellement, mais il faut des preuves avant d’affirmer, et ce sont les preuves empiriques qui doivent orienter les décisions. Décider sans l’appui de preuves, c’est prendre un risque face aux incertitudes. C’est utile de le rappeler : les simulations informatiques ne sont pas des preuves, les preuves sont les observations de la Nature (d’après la méthode scientifique). Il faut agir pour l’environnement sur des bases saines, pas sur un alarmisme émotionnel, ou idéologique, ou fondé sur un socle d’incertitudes, ou par la force des convictions. Mais les convictions ne doivent être le fruit que de preuves. En bref, le niveau de la mer peut augmenter relativement rapidement (en 3 siècles) de quelques mètres lors de la fonte des glaciers terrestres (voir le rapport du CNRS ci-dessus) mais en ce qui concerne les ouragans et les canicules, des incertitudes demeurent.

En règle générale, mieux vaut consulter les sources universitaires et académiques plutôt que croire les blogs écologistes orientés politiquement ou idéologiquement, et qui déforment plus ou moins les faits scientifiques. Mais même quand une source est crédible et réputée, elle ne doit pas déroger à subir une analyse critique quand il est possible de vérifier. Le doute est la base essentielle de la science, et la science n’a jamais consisté à établir des certitudes acceptées unanimement.

En revanche, lorsque le candidat souverainiste et gaulliste déclare cet argument actuel : «il est  fondamental d’avoir [dans l’audiovisuel] des journalistes scientifiques formés pour parler de faits et pas de politique, par conséquent en toute objectivité», j’y suis profondément favorable, et cela joue un rôle déterminant et soudain dans ma décision lors du vote prochain.

Enfin un candidat lucide sur la place de la science, car le journalisme scientifique actuel est en crise, en perte de crédibilité dans la plupart des médias, l’écologie est trop politisée, et de plus en plus de gens ont l’impression d’être pris dans un étau idéologique.

Quelques citations intéressantes :

  • «Ce qui fait l’homme de science, ce n’est pas la possession de connaissances, d’irréfutables vérités, mais la quête obstinée et audacieusement critique de la vérité.»  (Karl Popper)
  • « Le critère déterminant qui définit la science, ce n’est pas la crédibilité d’une connaissance scientifique, mais la réfutabilité de cette connaissance. »  (John Ph. C. Manson)
  • « Une théorie est scientifique si et seulement si elle est susceptible d’être réfutée ; elle n’est pas vraie, mais tout au plus admise provisoirement. » (Karl Popper)
  • « Le doute est le premier pas vers la science ou la vérité ; celui qui ne discute rien ne s’assure de rien; celui qui ne doute de rien ne découvre rien. » (Denis Diderot)
  • « La science ne cherche pas à énoncer des vérités éternelles ou de dogmes immuables ; loin de prétendre que chaque étape est définitive et qu’elle a dit son dernier mot, elle cherche à cerner la vérité par approximations successives. » (Bertrand Russell)
  • « Ce que les hommes veulent, en fait, ce n’est pas la connaissance, c’est la certitude. » (Bertrand Russell)


© 2012 John Philip C. Manson

Paléoclimatologie

Quelques caractéristiques climatiques dans le passé de la Terre :

  • Au cours de l’Ordovicien (vers -450 millions d’années), il y eut une glaciation.
  • Au cours du Silurien (-435 Ma à -408 Ma), le continent Gondwana était centré sur le pôle sud.
  • À la fin du Permien (-250 Ma), 96% des espèces vivantes disparurent à cause de l’aridité du continent Pangée, et à cause d’une crise volcanique majeure (trapps de Sibérie).
  • Au cours du Mésozoïque (de -248,2 Ma à -65 Ma; du Trias au Crétacé, en passant par le Jurassique), le climat était à peu près uniforme et tropical, 22°C.
  • À la fin du Crétacé (-65 Ma), extinction des dinosaures et de 80% des espèces vivantes.
  • Lors du Cénozoïque (-65 Ma à -1,9 Ma), le climat a refroidi et les climats se différencient entre eux.
  • Au cours de l’Éocène (-55 Ma à -33,7 Ma), sous-climat chaud plus ou moins humide, de 20 à 25°C, l’océan Arctique est à 20°C (donc pas de glaces).
  • Au cours de l’Oligocène (-33,7 Ma à -23,8 Ma), sous-climat tropical ou tempéré chaud, de 18 à 25°C.
  • Lors du Miocène (-23,8 Ma à -5,23 Ma), l’Antarctique se couvre de glace à l’ouest. Glaciation à son maximum lors du Messinien il y a 6 millions d’années.
  • Au cours du Pliocène (-5,23 Ma à -1,9 Ma), climat océanique tiède et humide (16 à 18°C).
  • Le Pléistocène est marqué par des glaciations il y a 2,7 millions d’années.
  • Le Paléolithique supérieur débute il y a 20 000 ans (au maximum de la glaciation de Würm), et s’achève il y a 10 000 ans (début de l’Holocène, début de l’ère interglaciaire dont réchauffement à son maximum il y a 5000 ans).
  • Actuellement, la Terre a une température moyenne de 15°C, donc plus froide que les ères interglaciaires antérieures.

Source : Quid 2006, page 250.

© 2011 John Philip C. Manson

Le taux de CO2 et la paléoclimatologie

Je suis personnellement soucieux sur la pertinence des connaissances scientifiques sur la base de faits objectifs. Je refuse d’appartenir à un quelconque camp idéologique, et ce qui compte le plus à mes yeux, ce sont les faits à travers l’appui de données quantitatives factuelles vérifiables et sur la base d’hypothèses vérifiables.

Aujourd’hui, je vais faire l’analyse d’une page d’un site web d’un particulier : http://sboisse.free.fr/planete/rechauffement.php

Afin de rester le plus objectif possible, comme le sujet traité est relativement sensible, la rédaction de mon présent article sera étayée par des sources scientifiques académiques sérieuses (on exclura absolument des sources moins fiables comme le circuit du journalisme, les forums politiques ou économistes, les sites d’activistes écolos, les ONG…). La vitesse, l’empressement, c’est le pire ennemi de l’analyse sceptique scientifique, l’analyse exige une certaine rigueur, un esprit critique constant et impartial, et de la patience.

Je vais commenter certaines citations de l’auteur ci-dessous.

Première citation à analyser :

  • […] Tout le monde est d’accord : la température à la surface de la terre a augmenté de 0,6 °C  au cours du XXième siècle.

Oui, la température moyenne de l’atmosphère a bien augmenté sur plus d’un siècle : actuellement 0,74°C de plus depuis un siècle environ. Être d’accord, c’est par rapport à l’observation des faits, certes, et tout le monde peut tomber d’accord (du moment que l’on se réfère aux faits seul), mais il peut y avoir des gens qui ne sont pas d’accord : le principe de réfutabilité fait partie de la méthode scientifique.

Sources :

  1.  Selon le GIEC (2007), la température moyenne mondiale a augmenté de 0,74 °C entre 1906 et 2005. (mais j’ai hâte de retrouver la source d’origine de l’info)
  2. Autre source : http://www.gate.cnrs.fr/perso/goffette-nagot/changement%2520climatique_200910.pdf (mais c’est une page perso, pas un communiqué officiel)
  3. «Global warming theories attempted to account for the rise in average global temperatures since the late 19th century (0.6 ± 0.2°C)», MA El-Borie… — Int. J. Phys. Sci, 2006 — academicjournals.org   (voila qui est une donnée plus pertinente scientifiquement, une valeur associée à une marge d’incertitude)
  4. «the min and max monthly temperatures increased in a heterogeneous way at regional level; -the max temperature increased in the last century of 0.6°C in the Northern area and 0.8°C in the South; — the min temperature increased of 0.4°C in the North and 0.6°C in the South», L Rilasciati, S Vaghi… — 2002 — uicnmed.org

Après examen de ces sources, j’atteste la réalité du réchauffement climatique. Je dirai même plus : le climat global se réchauffe depuis plus de 9000 ans, depuis la fin de la glaciation de Würm, nous traversons actuellement une ère interglaciaire (grâce à laquelle l’humanité a pu développer l’agriculture depuis ces derniers millénaires).

Seconde citation à analyser :

  • Jamais le taux de CO2 n’a été aussi élevé depuis 600 000 ans
  • Jamais le taux de gaz à effet de serre dans l’atmosphère n’a augmenté aussi vite depuis l’apparition de la vie sur terre (il y a 3,5 milliards d’années)

Dans le passé, le taux de CO2 a jadis été beaucoup plus élevé à certaines époques géologiques anciennes. Considérant le taux actuel en CO2 (390 ppmv), certaines sources semblent attester que les taux plus importants remontent à au moins 650 000 ans.

Sources :

  1. […] Le niveau actuel de concentration n’a jamais été atteint depuis 650000 ans au moins. — S Ferrari… — Management & Avenir, 2008 — cairn.info
  2. http://www.nature.com/nature/journal/v453/n7193/full/453291a.html
  3. «le niveau actuel de CO2 n’a jamais été atteint au cours des 650000 dernières années.» — http://www.insu.cnrs.fr/f911pdf,recherches-francaises-changement-climatiques-2007.pdf

Là aussi, j’admets que le taux actuel de CO2 n’a pas eu de précédent depuis plus de 600 000 ans. Mais je serai pleinement satisfait si je retrouvais d’autres sources fiables afin de recouper l’info.

Cependant, il y a quelque chose qui cloche avec l’affirmation selon laquelle «jamais le taux de CO2 n’aurait augmenté aussi vite depuis 3,5 milliards d’années».

Premier argument, le propre graphique de l’auteur :

Le taux relatif de CO2 (taux actuel rapporté à 1) est exprimé en fonction du temps (en millions d’années). On voit un détail particulièrement intéressant et d’une grande importance dans ce graphique : «range of error» signifie marge d’erreur, et l’on voit que cette incertitude sur la mesure du taux de CO2 (ou l’estimation ?) est grande en ce qui concerne le passé de la Terre. Ainsi, ce n’est pas cohérent d’affirmer une certitude sur la vitesse d’augmentation du taux de CO2 (son accélération) quand on sait qu’il existe une grande incertitude sur le taux passé. On ne peut pas du tout établir des comparaisons des taux, on connaît avec précision le taux actuel en CO2 (390 ppmv) mais on voit bien par exemple, il y a 170 millions d’années environ, que le taux de CO2 est compris entre 2 et 12 fois environ le taux actuel, ce qui fait quand même une grande incertitude quantitative…

Second argument :

Depuis 3,5 milliards d’années, la Terre a connu une alternance d’ère glaciaires et de périodes chaudes et humides (climat tropical et subtropical). Il y a eu des époques où les glaces n’ont pas existé aux pôles, et quand la banquise se reforme à l’occasion d’une nouvelle glaciation à une époque donnée alors la validité de la datation par carottage des glaces ne peut remonter que jusqu’à cette dernière reglaciation.

Selon le GIEC, la banquise arctique pourrait ne plus exister dans une décennie. Je ne sais pas si c’est crédible. Mais si c’est vrai, alors comme notre planète a une température moyenne actuelle de 15°C, il faut se souvenir que dans la préhistoire, la température était de 20 à 25°C durant l’Éocène il y a 52 millions d’années, et elle était de 18 à 25°C lors de l’Oligocène il y a 34 millions d’années, sachant que l’Éocène et l’Oligocène sont des ères du Paléogène qui fait lui-même partie du Cénozoïque (ère qui précède l’ère Quaternaire). Source : Quid 1997.

Comme il faisait nettement plus chaud qu’actuellement lors du Cénozoïque, ça veut dire que les glaces n’existaient pas avant les 5 derniers millions d’années (glaciation de Biber, lors du Pliocène). Ainsi, il n’existe pas de carottes de glace plus anciennes que ça, et certainement pas 3,5 milliards d’années en arrière. Bref, je veux dire qu’il n’existe pas de preuves possibles sur l’estimation de l’accélération du taux de CO2 quand le carottage de glace ne peut aller au-delà de 5 millions d’années. Mais aussi, la glace a fondu après la glaciation de Biber et la Terre s’est de nouveau réchauffée, puis de nouveau refroidie plus tard. En fait, la glace actuelle ne permet pas d’évaluer le taux de CO2 antérieur au début de la dernière glaciation il y a environ 80 000 ans (glaciation de Würm).

Troisième argument :

Si le taux de CO2 peut être évalué jusqu’à un certain passé reculé, la marge d’erreur inflige une grande incertitude pour l’évaluation scientifique du taux en CO2. Pour les températures moyennes globales dans le passé, c’est pareil, l’incertitude est assez importante (5 à 7°C d’incertitude sur la température de la Terre au Cénozoïque). En effet, comment mesurer directement et fiablement les températures du passé ?

Bref, dire que maintenant la Terre se concentre en gaz à effet de serre de façon très rapide par rapport aux 3,5 derniers milliards d’années n’est pas scientifiquement prouvé.

J’ai même un quatrième argument qui indique le contraire :

Lorsque des astéroïdes s’écrasent sur Terre, comme le fameux astéroïde de 10 km de diamètre qui est tombé sur Terre il y a 65 millions d’années dans la péninsule du Yucatan au Mexique, pour y creuser un cratère de 180 km de diamètre (cratère de Chicxulub), ces astéroïdes endommagent l’écorce terrestre, en projetant des roches, des cendres et des poussières, en provoquant de gigantesques incendies de forêts à travers les continents. Ces incendies libèrent du dioxyde de carbone du fait de la combustion des forêts dans le monde. La chute de l’astéroïde de Chicxulub a libéré une chaleur destructrice équivalente à plusieurs milliards de bombes atomiques de type Hiroshima. Les dinosaures et 80% des espèces océaniques disparurent lors de ce désastre.

Troisième citation à analyser :

  • Il suffit d’une variation infime de la température moyenne pour déclencher de grosses catastrophes.
  • La biosphère ne s’autorégule que dans certains limites : au delà il existe un risque d’emballement comme celui qui a eu lieu sur Vénus, et plus rien ne peut l’arrêter.

La première remarque ci-dessus reste à prouver. C’est notre obsession urbaine, quotidienne et inutile de la météo qui nous force à croire que les choses doivent être immuables dans ce domaine. Il n’y a pas d’accélération des catastrophes naturelles. Elles sont par contre instantanément relayées par le prisme déformant des médias qui en profitent pour écrire leurs scénarios catastrophes destinés à apeurer le public.

La seconde remarque, elle, n’est pas valide : Vénus est une fournaise parce qu’elle est plus proche du soleil (elle reçoit plus de deux fois de rayonnement solaire par rapport à la Terre), et elle a une atmosphère chargée à 96,5% en CO2, elle a une atmosphère dense et opaque, et parce qu’elle n’a pas d’océans pour assurer le mécanisme de thermorégulation par le cycle de l’eau. C’est parce que la Terre a des océans qu’il existe un équilibre thermique relatif depuis des centaines de millions d’années.

Oui, il faut réduire les émissions de CO2, surtout en ce qui concerne les effets directs de ce gaz (effet autre que le réchauffement) : à partir de 10000 ppm (soit 1%), la respiration humaine devient difficile, et c’est la mort par asphyxie à un taux de 30000 ppm (3% de CO2). Et d’autre part, la variation du CO2 a une influence sur la faune (lorsque le taux en oxygène était devenu important lors du Carbonifère et après, le gigantisme a pu devenir possible pour les insectes, mais une augmentation excessive du taux de CO2 pourrait a priori être mauvais pour les insectes).

Par contre, je dis non aux arguments qui n’ont pas de sources scientifiques, car sans les références scientifiques il y a un risque de dérives qui favorisent les thèses alarmistes et apocalyptique les plus invraisemblables.

Pour clore mon article, je conclus par mon refus des prédictions futuristes car on ne dispose d’aucun moyen de les confirmer ni surtout de les réfuter scientifiquement. Par exemple, une prédiction d’augmentation de 4 à 6°C par l’effet de serre d’ici un siècle est discutable car valeur exagérée, et j’ai développé des arguments détaillés à ce sujet : Les chiffres de Durban. J’y précise qu’il y a bien effet de serre mais il n’est la cause que d’une partie du réchauffement observé. Autant qu’à étudier les effets hypothétiques du réchauffement, il faut aussi étudier ses causes.

Pour convaincre les dirigeants politiques de la nécessité de sauvegarder l’environnement, il faut absolument se baser sur des faits vérifiables et réfutables, à travers une démarche rationnelle, lucide et objective. Jamais la science n’a consisté à obéir à une idéologie quelconque ni à servir des intérêts politiques. La climatologie est un thème souvent sensible et certains déforment et instrumentalisent la science pour bâtir des thèses qui s’éloignent des faits que l’on connaît, et une telle déformation (délibérée ou involontaire) met en danger la crédibilité de la science, parce qu’une perte de crédibilité entraîne la méfiance des dirigeants politiques et l’apparition d’un camp climatosceptique (idéologie contre une autre idéologie politique), alors que le propre des théories scientifiques est le critère de réfutabilité sur la base des faits seuls.

© 2011 John Philip C. Manson