Etude thermodynamique chimique de la valeur énergétique des aliments

Je me suis aperçu que la valeur énergétique (en kilocalories) des aliments correspondait à l’enthalpie de la réaction chimique de combustion de la substance avec le dioxygène.

Exemple de l’éthanol :

C2H5OH + 3 O2  -> 2 CO2 + 3 H2O

La combustion de l’éthanol (le même alcool que l’on picole) avec le dioxygène libère de la chaleur (réaction exothermique) : 1367 kJ/mol.

Lorsqu’on divise les kilojoules par mole par la masse molaire et que l’on divise aussi par le coefficient 4,184 kJ/kcal, l’on obtient une valeur énergétique exprimée en kilocalories par gramme.

Ainsi, pour le cas de l’éthanol, je trouve 4 kcal/g. Je trouve la même valeur que celle des nutritionnistes.

Exemple du saccharose (sucre ordinaire) :

C12H22O11 + 12 O2 -> 12 CO2 + 11 H2O

La combustion du saccharose libère une chaleur (c’est exothermique) de 5640 kJ/mol, ce qui équivaut à 3,94 kcal/g. C’est très proche de la valeur des nutritionnistes (4 kcal/g).

Exemple de l’aspartame :

C14H18N2O5 + 16 O2 -> 14 CO2 + 9 H2O + N2

Pour le cas de l’aspartame, je trouve 7,4 kcal/g, mais il s’agit d’une réaction endothermique de combustion, contrairement à l’éthanol et le saccharose. J’ai basé ici mon calcul sur les énergies de liaisons : https://jpcmanson.files.wordpress.com/2013/01/energiesliaisons.png

Les nutritionnistes, ou la plupart, affirment que l’aspartame correspond à seulement 52 kcal pour 100 g, soit 0,52 kcal/g. Pourquoi on ne retrouve pas cette valeur selon l’enthalpie de réaction ?

L’aspartame est un dipeptide, qui est un précurseur des protéines. Or les protéines ont une valeur énergétique moyenne de 4 kcal/g. Tandis que celle des lipides est plutôt de 9 kcal/g.

En terme de masse, l’aspartame est moins calorigène car son pouvoir sucrant est environ 200 fois supérieur à celui du saccharose, ainsi on consomme 200 fois moins d’aspartame par rapport au saccharose. Mais à masse égale, l’aspartame est-il réellement moins calorique que le sucre ? L’aspartame n’est pas chimiquement si différent des protéines qui, elles, sont néanmoins calorigènes (4 kcal/g).

La valeur suggérée de 51 kcal pour 100 g pour l’aspartame, je l’ai lu ici : http://sante.journaldesfemmes.com/calories/edulcorant-a-l-aspartame/aliment-31019 D’où sortent-ils(elles) cette valeur ?

Cependant, on peut lire une tout autre valeur, équivalente à celle que j’ai calculée, dans ce document luxembourgeois : http://www.ulc.lu/Uploads/Konsument_Menage/Doc/20_1_20-23.pdf dont je cite : « à part l’aspartame (4 kcal/g) ».

Comme vous le constatez, les connaissances en chimie sont utiles pour garder un esprit critique, même en matière de diététique. En effet, quand certain(e)s déclarent qu’un édulcorant n’est pas calorique ou très peu, ce n’est pas forcément vrai.

© 2015 John Philip C. Manson

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Pleins phares sur l’indice carbone

 

Dans le lien cité ci-dessus, je reste perplexe.

J’ai testé quelques trucs afin d’évaluer la pertinence des résultats quantitatifs.

  • Tout d’abord,, je teste à combien de CO2 d’équivalence correspond 1 million de kWh, le résultat indique 85,1 tonnes de CO2 par million de kWh. Cela correspond à 85,1 g de CO2 par kWh, ce qui est dans l’ordre de grandeur attendu (90 g/kWh, d’après la production électrique française moyenne entre 2009 et 2011, grosso modo, mais en 2013 on émet maintenant moins de CO2 en production électrique).

rte2013Source : RTE2013

 

Comme on le voit dans le tableau ci-dessus : une production nette de 550,9 TWh correspond à 550,9 milliards de kWh, tandis que 29,1 millions de tonnes de CO2 correspondent à 29,1 teragrammes de CO2. Une division montre qu’en 2013, la France a produit 52,8 g de CO2 par kWh produit. Ce n’est donc plus 90 g/kWh comme il y a moins de 4 ans, le taux varie d’une année à l’autre selon la quantité d’électricité produite et l’évolution des moyens de production électrique.

  • Ensuite, je teste un autre truc sur le site empreinte.carbone.free.fr. J’observe que le calcul par le site indique qu’une tonne de charbon produit 152,14 tonnes de CO2.

Avec la chimie quantitative, le bilan chimique montre que 12 g de carbone réagit avec 32 g de dioxygène pour produire 44 g de CO2. Par conséquent, une tonne de carbone produit 3,66 tonnes de CO2. Le site indique une valeur qui est 41,6 fois plus grande.

On va sûrement me dire que cette différence est due au transport du charbon depuis des mines lointaines (depuis la Chine exportatrice). Oui c’est possible. Mais je continue l’évaluation des données fournies par le site.

  • Ainsi, la combustion de propane, on va dire : 100 000 litres, produit 149,29 tonnes de CO2, d’après le site.

En chimie quantitative, 44 g de propane réagit avec 160 g de dioxygène pour produire 132 g de CO2 et 72 g d’eau, d’après l’équation de réaction chimique suivante :  C3H8 + 5 O2  —>  3 CO2 + 4 H2O.

Si on raisonne selon un volume gazeux de 100 000 litres de propane, on disposera donc d’une masse de 196,43 kg de propane qui produira par combustion une masse de 589,29 kg de CO2. Cette masse est excessive par rapport au résultat du site, donc on va voir pour le cas du propane liquide : 100 000 litres de propane liquide, ça a une masse volumique de 0,5812 kg/L (http://fr.wikipedia.org/wiki/Propane), et par conséquent, ça correspond à une masse de 58,12 tonnes de propane liquide qui produit par combustion une masse de 174,36 tonnes de CO2. Ce qui est un résultat plus cohérent par rapport à celui du site. Cependant, le site donne une valeur inférieure à celle prévue par la chimie quantitative. Cela pose problème : il y a d’une part la masse de CO2 produite par la combustion, mais aussi d’autre part une masse supplémentaire de CO2 qui est produite par le transport routier, fluvial, ou maritime du propane liquide depuis les pays exportateurs vers les pays consommateurs. Il y a donc quelque chose ici qui ne colle pas. Le site aurait dû indiquer une valeur d’au moins 174,36 tonnes de CO2 au lieu de 149,29 tonnes…

 

  • Mais continuons l’enquête : d’après le site, 1 million de kWh de gaz naturel correspondent à 184,04 tonnes de CO2.

 

D’après http://fr.wikipedia.org/wiki/Pouvoir_calorifique_inf%C3%A9rieur on constate que le PCI et le PCS du gaz naturel sont respectivement de 38,1 MJ/kg de gaz naturel et 42,5 MJ/kg de gaz naturel. Ces valeurs correspondent à 10,58 kWh pour 2,75 kg de CO2 produit, et à 11,8 kWh pour 2,75 kg de CO2 produit.

2,75 kg de CO2 pour 1 kg de gaz naturel, parce que la combustion de 1 kg de méthane produit 2,75 kg (44 divisé par 16) de CO2, selon la réaction suivante :  CH4 + 2 O2  —> CO2 + 2 H2O. Mais le gaz naturel est un mélange d’hydrocarbures dont le méthane.

En conséquence, le PCI du gaz naturel correspond à 260 g de CO2 par kWh, et le PCS correspond à 233 g de CO2 par kWh. Et on conclut alors qu’un million de kWh en gaz naturel ça correspond à entre 233 et 260 tonnes de CO2.

D’après le site suivant : http://www.renovationdurable.eu/Notions-Valeurs-de-conversion.html  le gaz naturel correspond à 202 g de CO2 par kWh (donc 202 tonnes de CO2 par million de kWh).

Ainsi, la valeur donnée par le site Free (184,04) est plus faible que celle de la réalité.

Alors, d’où proviennent les données de base du site examiné ?

 

Ce qu’où je veux en venir, c’est que le concept d’indice carbone ou de bilan carbone est souvent biaisé, les grandeurs quantitatives peuvent beaucoup varier, et il existe une part d’incertitude à ne pas négliger et à prendre en compte. À considérer comme un simple gadget indicateur que comme une véritable unité de mesure.

Je suis étonné par ce genre de page, par exemple :  lien-eco car on y lit que l’on compense les émissions de CO2 d’un blog en plantant un arbre. Je suis très favorable à la plantation d’arbres, c’est une très bonne chose. Mais la croissance des arbres est très lente par rapport aux activités humaines quotidiennes.

On lit aussi que le chargement d’une page web équivaudrait à 20 milligrammes de CO2. Or si la page est chargée en 0,16 seconde (j’ai testé avec l’index de Google), cela correspond à une puissance électrique de 0,61 millionième de watt et une énergie électrique de 9,8 microjoules. Je me demande comment cela a été mesuré ou calculé…

Mais enfin, passons à une remarque concrète :  compenser le carbone en plantant des arbres, c’est bien, mais c’est un geste infinitésimal par rapport aux 9,6 milliards de tonnes annuelles de CO2 produits par la Chine… (http://www.planetoscope.com/co2/676-emissions-de-co2-par-la-chine.html) Et 9,6 milliards de tonnes annuelles, ça équivaudrait à 1920 milliards d’arbres à planter chaque année, rien que pour la Chine… Et plus de 36 milliards de tonnes de CO2 par an dans le monde entier (que l’on devrait compenser avec plus de 7200 milliards d’arbres sur tous les continents)… Soyons cohérents, que nos gestes pour l’environnement soient concrets, utiles et significatifs, au lieu de faire sourire ou agacer les gens…

 

© 2014 John Philip C. Manson

—-

P.S.: ce blog est compensé carbone, et en plus, ce blog est bio ! (avec quelques coups de tampon pour marquer le label agréé par les plus grands scientifiques vieux et barbus).

iconlol  (je déconne)

 

De l’eau sèche en poudre ?

L’article décrit de l’eau liquide absorbé par de la silice en poudre pour former soi-disant de «l’eau sèche» contenant 95% d’eau…

Pourquoi j’ai du mal à y croire ?

Voici mon argument. L’eau liquide est incompressible. La masse volumique de la silice est de 2,65 g/cm³. On aura donc 95 g d’eau emmagasinée dans 5 g de silice, et donc 95 cm³ d’eau stockée dans un volume silicieux de 1,89 cm³. Or on ne peut pas mettre 95 cm³ d’eau liquide dans un volume silicieux de 1,89 cm³ puisque l’eau liquide est incompressible… Si les ingénieurs connaissent un truc qui m’aura échappé, j’aimerais le connaître…

Il est a priori possible de solubiliser du méthane dans de «l’eau sèche», comme le raconte l’article de Nature : http://www.nature.com/news/2008/080903/full/news.2008.1077.html

Cependant, la proportion de 95% d’eau dans «l’eau sèche» me paraît très incohérente. Mon argument ne vaut que si l’eau est absorbée par la silice (en supposant que la silice est très poreuse). Toutefois, le paradoxe volumique disparaît si l’eau ne s’incorpore pas à la silice, en se limitant aux phénomènes de tension superficielle. Ainsi, le volume d’eau ne devra pas être forcément égal au volume de silice poreuse, l’eau devant a priori remplir les pores de silice. En fait, les volumes s’additionnent, l’eau enroberait la silice sans la pénétrer. J’en déduis que l’eau sèche, si elle existe, a une masse volumique de 1,032 g/cm³.

Concernant la solubilité des gaz dans l’eau sèche, je ne peux guère me prononcer.

Même si l’histoire de l’eau sèche semble accréditée par la revue Nature, il vaut mieux rester critique. Si je me montre sceptique, c’est parce que j’ai entendu parler il y a quelques années de l’histoire fumeuse de l’eau lyophilisée qui s’est révélée être un canular scientifique

Un canular ? Oui, comme le montre certains sites web :

L’anecdote actuelle de l’eau sèche est cependant vérifiable scientifiquement. L’eau sèche, si elle existe, peut être produite assez facilement en dispersant des nanoparticules de silice hydrophobe dans de l’eau à l’aide d’une tige d’agitation à 19 000 tours par minute pendant 90 secondes, ce qui enrobe complètement les gouttelettes. En gros, c’est une émulsion entre l’eau, l’air et la silice. Voila un protocole expérimental précis. Mais je ne peux rien conclure tant que je n’ai rien encore expérimenté.

Toute cette histoire amène à se poser une question scientifique intéressante dans le domaine de la chimie : quel est le lien entre la solubilité d’un gaz dissout dans l’eau et la tension superficielle de l’eau en émulsion avec de la silice ?

Je reste prudent en ce qui concerne l’eau sèche. Nul n’est à l’abri d’un canular scientifique bien ficelé. L’affaire Sokal est un bon exemple qui montre que cela peut arriver, et plus facilement qu’on croit…

On n’adhère pas à une découverte sur son apparente crédibilité, on l’accepte seulement si on en a évalué la solidité à travers des expériences reproduites indépendamment. Je ne crois qu’en ce que j’observe et ce que je mesure.

La tension superficielle de l’eau reste t-elle cohérente par rapport à la quantité d’eau par rapport à la silice (95 sur 5) ? C’est une piste à vérifier.

Un bon canular peut être utile, si on y réfléchit. Cela permet de tester l’esprit critique des ingénieurs et des chimistes. Une façon de voir jusqu’où va la crédulité. Parce que des scientifiques crédules, ça existe, et parfois ça va loin…

En recherchant le terme anglais « dry water » dans les publications scientifiques, je trouve 89 références dans le site nature.com, mais aucune référence trouvée dans les sites de New Scientist et Science Magazine… Cependant, à travers une recherche sur scholar.google.com, je trouve maintes références via nature.com et pubs.acs.org (American Chemical Society), ainsi que sciencedirect.com. Ainsi il est possible que l’eau sèche soit distincte de l’eau lyophilisée. La confusion est compréhensible.

Des sources officielles semblent attester que l’eau sèche serait une réalité. Cependant, soyons prudent en ce qui concerne les médias intermédiaires. Mieux vaut consulter les sources d’origine. Mais le meilleur conseiller pour tous, en matière de science, c’est l’expérimentation scientifique. Pas la littérature. En effet, la méthode scientifique ne consiste pas à consulter des livres, des pages web, des magazines ou des encyclopédies, mais à mesurer et observer par des expériences.

Complément du 18 mars 2014 :

Je présente un nouvel argument en faveur du scepticisme. Je vais évoquer la compacité cristalline du mélange silice/eau.

Les nanoparticules de silice peuvent être représentées comme des structures sphériques entre lesquelles l’eau fait interstition (apparemment je ferais un néologisme là : interstition signifiant «remplir les espaces vides entre les parties d’un tout»).

Les microbilles de silice se touchent entre elles, avec en leur sein de l’eau interstitielle. En partant du principe où l’on aura un système cubique à faces centrées, dans lequel la compacité volumique de la silice est maximale, alors on aura 0,74 volume de silice par volume de maille de système cubique à faces centrées. Mon calcul montre que la proportion massique d’eau par rapport au mélange silice/eau sera de 11,7%. Mais pas 95%. Mais  si «l’eau sèche» existe, alors il ne s’agit pas d’un mélange compact, et donc les nanoparticules de silice ne se touchent pas, elles sont mobiles dans l’émulsion aqueuse. Dans ce cas, ce n’est pas sec, c’est plutôt comme un fluide. À moins que la tension superficielle de l’eau maintient l’eau à la surface de chaque particule de silice. Cela reste à vérifier.

Dans le cas d’un système cubique centré, qui est deux fois moins compact (en volume) en nanoparticules de silice qu’un système cubique à faces centrées, la proportion massique d’eau atteint 39,13%. De toute façon, une émulsion n’est pas une structure matérielle compacte.

On a donc une micro-émulsion d’eau et de silice, et je pense que cela serve à former un composé tensioactif, un composé qui modifie la tension superficielle entre deux surfaces.

S’il existe un lien entre la tension superficielle et la solubilité des gaz, on peut faire des expériences, comme par exemple l’ajout de particules de silice dans un soda, en comparant avec un soda sans silice, histoire de voir lequel des deux sodas devient éventé le premier au cours du temps.

 

© 2014 John Philip C. Manson

Quand Internet résout les DM à votre place

Quand Internet résout les DM (devoirs maison = homework) à votre place.

Analyse de la situation de ceux qui demandent de l’aide ou à faire faire leurs devoirs par autrui sur Internet :

  • Quand vous êtes étudiants, vous apprenez, donc vous cherchez tout seul.
  • Quand vous avez fini vos études, vous avez un travail et vous touchez un salaire.

Il est donc hors de question de vous donner la solution…

  • Soit vous êtes lycéens ou étudiants et ce n’est pas vous rendre service que de faire vos devoirs à votre place.
  • Soit vous n’êtes pas lycéens ni étudiants, et dans ce cas on veut bien donner une solution moyennant un salaire.

Personne ne m’a aidé (c’est-à-dire : personne n’a fait mes devoirs à ma place) pendant toutes mes études scientifiques, et heureusement, car sinon je n’aurais rien appris et je serais toujours un cancre en maths maintenant.

La réussite dans les études se gagne avec notre propre sueur. C’est comme le sport : si vous êtes sportif, c’est vous qui devez pratiquer votre sport, personne ne fait de compétitions sportives à votre place…

Le dopage dans le sport c’est démodé, maintenant on engage une doublure qui fait le boulot à notre place.

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© 2013 John Philip C. Manson

Ma position par rapport au mouvement des Brights

Le Mouvement des brights regroupe des individus qui portent sur le monde un regard « naturaliste », c’est-à-dire libre de tout élément surnaturel ou mystique ; les brights fondent leur éthique et leur comportement sur une compréhension naturaliste de l’univers. S’inscrivant dans la continuité des Lumières, le réseau international des brights s’est constitué comme mouvement de visibilité de celles et ceux qui portent un regard « naturaliste » sur le monde ; le mode d’existence du réseau est basé sur l’utilisation d’internet.

  • Le naturalisme philosophique est la position selon laquelle rien n’existe en dehors de la nature : il n’y a rien de surnaturel ou, à tout le moins, que le surnaturel est sans influence sur le naturel.
  • Le siècle des Lumières est un mouvement intellectuel initié en Europe du XVIIIe siècle, dont le but était de dépasser l’obscurantisme et de promouvoir les connaissances; des philosophes et des architectes intellectuels, encourageaient la science et l’échange intellectuel, en s’opposant à la superstition, l’intolérance et les abus de l’Église et de l’État.

Voici ma vision des choses ci-dessous (c’est identique à la science actuelle, quand la méthode scientifique est respectée avec intégrité, professionnalisme et transparence) :

En ce qui me concerne, ma philosophie se base sur un naturalisme atomiste, matérialiste, mécaniste et empiriste. Je me base sur la méthode scientifique à travers le critère de la réfutabilité, dans le sens donné par Karl Popper. Le principe de réfutabilité en science a pour conséquence que la science n’établit pas des vérités inébranlables, mais des vérités faillibles fondées sur des représentations faillibles de l’univers et de la nature, à travers la recherche empirique. Ce qu’on appelle vérité est quelque chose de relatif. En revanche, des hypothèses fausses qui sont réfutées par des faits, sont infirmées définitivement. C’est la fausseté réelle des choses fausses qui est une vérité bien tranchée. Ainsi, à la lumière des faits, des connaissances peuvent être soit a priori vraies, soit certainement fausses. Une hypothèse (ou même une théorie scientifique) ne s’érige pas en vérité ; une hypothèse ou théorie est évaluée selon sa solidité par confrontation aux faits.

En physique et dans les autres sciences de la nature, une connaissance est faillible : si elle est fausse en soi, sa fausseté peut être définitivement établie, tandis que si elle est vraie en soi, on ne pourra pas prouver qu’elle est absolument vraie, on pourra juste corroborer la connaissance, on remarquera sa cohérence. Ce qu’on appelle la vérité, en sciences, ne se trouve que dans les mathématiques. Les maths sont indépendantes du monde matériel, elles sont abstraites, leurs lois leur sont propres. C’est étonnant que les maths soient autonomes par rapport au monde matériel, et qu’en même temps les maths peuvent expliquer de nombreux phénomènes matériels. Je suppose que le grand mathématicien Cédric Villani est de mon avis.   😉  Et désolé si je ne dis pas «LA mathématique», au singulier, question de (mauvaise) habitude.  🙂

De plus, les maths ont un avantage : il suffit d’un crayon et d’un papier, ou d’une craie et d’un tableau noir (mais un superordinateur pour les calculs longs c’est bien mieux). Les sciences expérimentales, elles, sont plus contraignantes : il faut un budget pour les instruments scientifiques, il faut faire un montage expérimental rigoureux (c’est facile de foirer une expérience), et parfois ça explose à la figure.

iconlol

  • Question métaphysique : la matière précède t-elle les mathématiques ? L’homme pensant invente ou crée les maths et les utilisent. Les cerveaux préexistent par rapport à l’existence des maths. Les maths existeraient-elles s’il n’existait pas d’hommes pensants ?

Je pense que les maths sont une extension de notre propre conscience. Peut-être que la conscience elle-même est un calcul auto-référent, mais je préfère vous éviter la migraine.

Retour sur ce qu’est une théorie scientifique :

methodescientifique

Pour faire une métaphore, une théorie est comme la sculpture d’une statue : on n’ajoute pas du matériau à l’ouvrage, mais on procède par élimination, on enlève ce qui est superficiel, comme si on taillait un roc informe, et l’ouvrage qui reste est ce qui est a priori vrai, sinon crédible. Mais c’est un ouvrage crédible qui ne sera jamais achevé définitivement, car il est sans cesse affiné petit à petit. A contrario, les hypothèses et théories douteuses, dans le contexte de la fraude scientifique, ou de la science fringe, ou de la pseudo-science, se caractérisent par des rustines multiples ajoutées ad hoc selon les faits nouveaux, sans même corriger ni remettre en question l’hypothèse ou la théorie érigée en dogme… Plus on rajoute des rustines sur les roues d’une théorie pour sauver celle-ci, moins le vélo roulera bien…

Ma vision naturaliste est caractérisée par des critères précis : un naturalisme scientifique dépourvu autant que possible de toute forme de subjectivité, un naturalisme fondé sur l’expérimentation et la réfutabilité. Une conception fondée sur l’utile et le nécessaire, tout en ayant conscience des incertitudes inévitables.

Jamais il ne faudrait dire qu’une théorie scientifique est vraie. Elle peut être vraie et cohérente mathématiquement, mais la physique comporte des incertitudes quantitatives que les mathématiques strictes ignorent. Par exemple, l’infini existe en maths, mais pas en physique. Une théorie scientifique n’est donc pas une vérité absolue, on dit plutôt que la théorie est crédible, à la fois par rapport aux maths, et à la fois par rapport aux expériences ou observations. Et cette crédibilité se mesure sur la cohérence propre de la théorie (accord entre les maths et l’expérience du réel) mais aussi sur la cohérence par rapport à l’édifice scientifique établi et par rapport aux sciences interdisciplinaires. Par exemple, en électrochimie, par exemple en réalisant une électrolyse : les lois de la physiques (électrostatique, électrodynamique, électromagnétisme) ne doivent pas entrer en contradiction avec les lois de la chimie (théorie de l’atome, modèle atomique, réactions chimiques).

Ensuite, jamais je n’accepte de voir la science associée à la pseudo-science et au mysticisme. Karl Popper avait posé un principe de démarcation épistémologique. Cette démarcation est une nécessité.

Et jamais je n’accepte de voir la science récupérée abusivement par des idéologies politiques ou religieuses dont la finalité est le pouvoir et le profit au mépris de la démocratie et de la liberté des peuples. La science doit rester indépendante de toute influence subjective. Le lyssenkisme sous l’idéologie soviétique par exemple. Le créationnisme par l’intégrisme chrétien ou autre, aussi, par exemple.

La désinformation est inacceptable. Tout citoyen a droit à l’information et à l’éducation. Les journalistes ont des devoirs déontologiques (Charte de déontologie du journalisme) : devoir de vérité, devoir de rectifier ce qui est inexact, devoir de rester critique, refus du sensationnalisme.

De même, le naturalisme non plus ne doit pas dénaturer la science pour servir l’athéisme. Ce que l’on croit ou ce que l’on ne croit pas ne fait pas partie de la science. Si j’avais des croyances, je les aurais mises au vestiaire quand j’entre dans l’arène de la science. En tant qu’athée ou agnostique, cela importe peu sur le suivi de la démarche scientifique. Les émotions aussi, il faut les laisser au vestiaire. Je n’ai besoin que d’un cerveau frais pour faire un raisonnement logico-mathématique, des yeux pour observer et expérimenter, et l’absence de subjectivité afin d’interpréter sans superficialité les données quantitatives des phénomènes observés.

La connaissance est un édifice faillible fondé sur une méthode qui a fait ses preuves. La science, ça marche, mais des conditions sont à respecter.

Si dépasser l’obscurantisme et promouvoir les connaissances sont l’objectif des Brights, je vais plus loin que ça. Comment ça ? La connaissance pourrait être vue comme une vérité qui abolit les mensonges de l’obscurantisme. Dans mon blog, j’ai montré que même des connaissances à l’apparence scientifique, à travers les médias de tous les jours, sont matière à tromperies, erreurs, lacunes et croyances… Le scepticisme scientifique, selon moi, doit s’appliquer aussi sur la (mauvaise) vulgarisation scientifique via le journalisme grand public. Depuis une dizaine d’années, et avec l’influence d’Internet, la vulgarisation perd en qualité (certains magazines, mais surtout dans le web), ça devient comme la malbouffe… On remplit le cerveau vite, mais mal, et inutilement. Mieux vaut former le cerveau au doute. L’émergence de magazines pseudo-scientifiques aggrave les choses.

J’ai ouvert une porte, d’autres devraient me suivre. Il n’existe pas d’information infaillible, le taux d’erreurs quantitatives dans le mauvais journalisme des sciences est plus grand qu’on ne l’avait pensé. La méthode scientifique et le raisonnement logico-mathématique c’est plus important que le concept de naturalisme, bien que les sciences tendent à montrer que l’univers est naturel et que l’hypothèse d’un Dieu est inutile. La science n’a pas à s’embarrasser de mysticisme. La rigueur dans la méthode scientifique, à travers la réfutabilité des hypothèses et des théories, c’est plus important que la crédibilité des théories elles-mêmes. En gros, peu importe la laideur de la destination, pourvu que le voyage ait été bon, Voila.

Tout doit être autopsié (tout doit-il disparaître ?). De quoi être indécis entre l’autopsie et la boucherie… Toubib or not toubib, that is the question.

iconlol

© 2013 John Philip C. Manson

Actuellement, quels sont les apports de l’alchimie ?

La théorie de l’atome ayant porté ses fruits, la chimie moderne s’est développée depuis la seconde moitié du dix-huitième siècle.

En revanche, l’alchimie n’est qu’une croyance basée sur des symbolismes et des aprioris, et ne repose pas sur des faits objectifs étayés par des données quantitatives vérifiable à travers des expériences reproductibles. L’alchimie est un mythe, un ensemble poétique et mystique de superstitions.

Je parle en connaissance de cause. Je suis chimiste de formation, et je m’étais jadis intéressé à l’alchimie. Donc je connais très bien les sujets concernés.

 

 

© 2013 John Philip C. Manson

Lecture d’un article de monsieur météo (Laurent Cabrol) via NouvelObs

  • Publié autrefois le 21 juillet 2011 dans mon premier blog désormais disparu, cet article est restauré ici le 30 janvier 2013.

Monsieur Cabrol affirme :

  • Depuis 30 ans, la température a augmenté de 0,6% et on se porte toujours bien.

Considérant que la température relative moyenne globale terrestre est de +15°C, alors la variation de 0,6% équivaut à +0,09°C en 30 ans, soit +0,3°C par siècle en moyenne. Sachant que sur les 100 dernières années la variation est de +0,74°C, et si monsieur météo dit vrai, il faut donc conclure à un ralentissement du réchauffement sur les 30 dernières années par rapport aux 100 dernières années.

Mais si l’on considère en terme de température absolue (en thermodynamique), alors 0,6% de 288,15 K (+15°C) équivaut à 1,73°C d’augmentation sur 30 ans, soit 5,76°C sur un siècle (ce qui n’est pas le cas, donc monsieur météo parlait en degrés Celsius et pas en kelvins).

Monsieur météo a dit aussi :

  • Grâce à l’énergie nucléaire, on peut se targuer d’être le pays le plus propre.

C’est exact, la France est à un haut niveau technologique dans le nucléaire,la France est un pays de spécialistes dans ce domaine. De plus, l’uranium ne produit aucune molécule de CO2 ni de méthane. Cependant, le refroidissement contrôlé des réacteurs nucléaires nécessite de l’eau, laquelle est libérée sous forme de vapeur (la chaleur du réacteur étant retransmise dans l’eau froide qui change d’état physique). La vapeur d’eau est un gaz à effet de serre, mais la Terre s’autorégule : l’eau peut condenser en nuages et pleuvoir, et le CO2 est heureusement biodégradable bien qu’il s’accumule peu à peu dans l’air plus vite qui ne soit absorbé. En outre, si le nucléaire est relativement «propre», il produit cependant des déchets nucléaires et leur stockage présente un gros problème… En matière d’économie, le nucléaire est une nécessité pour la survie économique, il est irréaliste de vouloir sortir du nucléaire. (voir ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/04/24/lenergie-en-allemagne-dont-le-nucleaire/)

Monsieur météo a dit aussi :

  • L’écologie est une science.

Oui, l’écologie est une science et elle devrait se présenter comme telle. À ne pas confondre avec l’écologisme politique qui, lui, est une idéologie dont le but n’est pas la connaissance ni le recul critique mais le pouvoir et l’embrumage des esprits.

Monsieur météo a dit :

  • On nous parle régulièrement  de la disparition des îles Maldives censées être englouties sous les eaux à cause du réchauffement climatique en 1999.

Oui, les Maldives sont victimes d’inondations mais pas forcément à cause de la dilatation thermique de l’eau océanique ou à cause de la fonte des glaciers. Les Maldives sont inondées depuis toujours par les cyclones, c’est naturel et normal, c’est leur climat qui est ainsi (depuis même bien avant l’apparition de l’Homme).

Monsieur météo a dit aussi :

  • En l’an 1000 il y a eu un réchauffement climatique.

Oui, c’est l’optimum médiéval. Il y a eu aussi un réchauffement brutal de 10°C en moins de 10 ans il y a 14700 ans, lors de la période dite du Dryas récent. (lire plutôt ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/30/remarques-sur-le-rechauffement-climatique-et-la-problematique-de-la-scientificite/)

Après la fin de l’article, le commentaire de monsieur Jean-Pierre Bardinet est tout-à-fait pertinent.

Les données à propos des propriétés des gaz à effet de serre sont contradictoires (https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/05/de-combien-de-fois-le-methane-est-un-gaz-a-effet-de-serre-plus-puissant-que-le-co2/) et cela a pour conséquence une grande incertitude d’une part sur ces données quantitatives et d’autre part sur les prédictions climatiques faites sur la base de ces données incertaines. J’ai constaté que les sites du web recopient entre eux les grandeurs quantitatives physiques sur les gaz à effet de serre sans vérifier leur authenticité empirique.

Texte intéressant ici dont voici ci-dessous des caractéristiques à évoquer :

  1. il n’existe pas de lois physiques communes au phénomène de réchauffement dans des maisons de verre et aux effets de serre atmosphériques fictifs;
  2. il n’existe pas de calcul qui détermine une température moyenne de la surface d’une planète;
  3. la différence de 33 °C souvent mentionnée est un nombre sans signification calculé de manière erronée;

1). En effet, le lien entre une maison en verre et le réchauffement de certains gaz est une analogie, ce n’est pas exactement le même phénomène.

2). La notion de température moyenne n’a pas de sens : une simulation informatique montre que la moyenne globale de températures locales n’a pas de sens en thermodynamique, et compte tenu de l’amplitude thermique propre à chaque région du globe, la moyenne doit comporter aussi une marge d’erreur due à un « bruit de fond ». La prédiction climatologique a un comportement chaotique à moyen terme, à cause duquel les prédictions sont impossibles, l’incertitude devenant supérieure à la grandeur à évaluer. Il n’existe pas de prédictibilité globale de la température moyenne s’il n’existe pas de prédictibilité régionale. Une autre incertitude vient renforcer l’incertitude chaotique : il s’agit des données contradictoires concernant le méthane, dont plusieurs sources affirment qu’il est 20, 23, 25 ou 56, jusqu’à 75 fois plus puissant que le CO2 comme gaz à effet de serre (https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/05/de-combien-de-fois-le-methane-est-un-gaz-a-effet-de-serre-plus-puissant-que-le-co2/). Cette incertitude rend les phénomènes imprédictibles.

3). Affirmer que la température moyenne globale serait de -18°C au lieu de 15°C s’il n’y avait pas de CO2 est seulement une hypothèse : aucune expérience n’a été faite à ce sujet, et ces -18°C sont issus d’un calcul discutable. Selon la loi d’Arrhenius, une température globale de -18°C correspond à une concentration en CO2 d’environ 0,23 milliardième de ppm. Mais avec une concentration en CO2 nulle, la température globale tend vers le zéro absolu ce qui n’est pas crédible. Pour les très faibles concentrations en gaz à effet de serre, la loi d’Arrhenius est invalide. Ainsi, d’où provient cette valeur de -18°C ?

Le rôle des océans, celui des nuages et celui des aérosols dans le climat global sont suffisamment méconnus pour entraîner des incertitudes qui font que les prédictions ne peuvent pas être fiables. Peut-on modéliser vraiment le climat ?
© 2011-2012-2013 John Philip C. Manson