Santé et WiFi (vu dans un magazine de jeux)

Les ondes électromagnétiques du WiFi sont-elles néfastes ?

  • L’encart du texte raconte que le corps humain est composé de 75% d’eau. FAUX ! Le corps humain adulte est composé de 66% d’eau. Nous ne sommes pas plein d’eau comme les méduses, tout de même…   
  • Concernant la fréquence de 2,4 GHz du WiFi c’est correct. Mais parlons de ce qui concerne la puissance du signal WiFi : à bout portant de la box ADSL, j’ai constaté une valeur maximum de -12 dBm (sachant que 0 dBm équivaut à 1 millième de watt, et que la puissance décroît de moitié si on diminue de 3 dBm). -12 dBm équivaut à seulement 62,5 millionième de watt, c’est une puissance électromagnétique très faible, sans conséquence sur la santé.
  • En comparaison, une ampoule de 40 W émet 640 000 fois plus de rayonnement qu’une box WiFi.
  • Et un four à micro-ondes de 600 W a une puissance 9,6 millions de fois plus intense que celle d’une box WiFi.
  • Il est rigoureusement impossible que le WiFi ou un téléphone mobile puissent aboutir à une cuisson ou un réchauffement, à cause de leur faible puissance par rapport à celle de l’électroménager spécialement conçu dans ce but.
  • Le CMBR (rayonnement fossile du Big Bang) a un flux du même ordre de grandeur que celui de la WiFi d’une box ADSL dans un bureau, mais possède une fréquence plus élevée. C’est quand même marrant ça, des « électrosensibles » se plaignent de la WiFi (sans omettre de diaboliser aussi tous les autres appareils électriques), mais ne disent absolument rien (et ne s’en plaignent pas) sur le rayonnement fossile qui a la même nature (et la même intensité de flux) que la WiFi. Plus précisément, les longueurs d’onde et fréquence typiques du rayonnement fossile sont respectivement 1,06 mm et 100 GHz.
  • Seuls les rayonnements ionisants (UV, rayons X, rayons gamma) sont nocifs et dangereux, à ce jour. Concernant les ondes radio, on n’a jamais pu le prouver.

 

Je commence à en avoir marre de ces journaleux qui entretiennent les peurs et les psychoses (sous prétexte de principe de précaution complètement irrationnel) sur des sujets qu’ils ne maîtrisent pas eux-mêmes, sans même avancer des chiffres concrets… Et les lecteurs se comportent en moutons, en croyant tout ce qu’ils lisent… Faites des maths pour comprendre !!! Vérifiez ! Ce n’est pas sorcier.

Cosmologie, expansion de l’univers et équation de Friedmann

Dans le lien ci-dessus, l’auteur suggère à partir de l’équation de Friedmann, que l’expansion cosmologique ralentirait peu à peu en fonction du temps.

R2 * d²R/dt² + G*M = 0

L’auteur affirme que R(t) (le rayon cosmologique) serait proportionnel au temps élevé lui-même à la puissance 2/3.

Or, l’on sait depuis 1998, et confirmé par le CNRS en 2003, que l’univers est en expansion accélérée. Ce qui entre en contradiction avec la solution proposée par l’auteur. Ainsi, la fonction R(t) ne colle pas avec les observations en cosmologie, il faudra donc rechercher une nouvelle solution pour l’équation différentielle de Friedmann.

Ensuite, l’auteur assimile le Big Bang à une explosion. Non, non, le Big Bang n’est pas une explosion de matière qui se répand dans l’espace, en fait c’est l’espace lui-même qui est en expansion.

Pour revenir aux équations de Friedmann, elles ne sont rien d’autre que l’écriture des équations d’Einstein décrivant un univers homogène et isotrope, elles apparurent dans le courant des années 1920, avec un premier article traitant des espaces à courbure spatiale positive en 1922, puis un plus général en 1924 incluant le cas d’une courbure spatiale négative. Les équations de Friedmann sont le fondement de la quasi-totalité des modèles cosmologiques, dont bien sûr le Big Bang. Ces équations conduisent à différents modèles cosmologiques, que l’on doit confronter aux faits observationnels, et l’on devra donc réfuter et rejeter les modèles qui ne collent pas avec la réalité observée, afin de conserver des modèles plus crédibles vis à vis des faits nouveaux.

En supposant l’Univers rempli d’un seul fluide, homogène et isotrope, de densité volumique d’énergie µ = rho * c² où rho est la masse volumique, le facteur d’échelle vérifie alors l’équation de Friedmann, en supposant un univers plat (euclidien, à courbure nulle) :

R’²/R² = 8 pi G * rho / 3

 

ce qui donne :    R(t) = K * e^(a * rho^(3/2) * t)  K est une constante, et dont je suppose que K est égale à la longueur de Planck. Le paramètre a influe sur l’importance de l’accélération de l’expansion. Mais rho n’est pas constante, ça diminue avec le temps.

Cette solution issue d’une équation de Friedmann fournit une solution présentant une expansion accélérée. C’est une solution possible, je n’affirme pas qu’elle est vraie, mais elle a le mérite d’être cohérente avec les faits connus (l’univers est en expansion accélérée).

Cependant, comme rho est fonction du temps, c’est l’expression d’une masse constante divisée par le volume croissant de l’univers :

R^3 * (R’/R)² = 2 * G * m

Et là ça change tout ! On obtient alors une expansion décélérée comme pour l’équation de l’auteur de la page du lien cité en début de ce présent post. Mais ça ne colle pas avec les faits… Il y a expansion accélérée si l’on présuppose une masse volumique constante, par exemple (comme pour peut-être un univers euclidien de rayon tendant vers l’infini).

Mais en prenant compte de la constante cosmologique d’Einstein :

(dR/dt)² = (8 pi G R² / 3)(€ + L) – k

où finalement R varie proportionnellement à e^(t/X)X est une constante désignant la densité d’énergie du vide.

Ci-dessous, la courbe rouge est le modèle qui correspond le mieux aux observations actuelles :

friedmann_scale_factor

La géométrie est donc euclidienne. L’expansion s’accélère indéfiniment.

Bref, les équations de Friedmann sont très utiles, mais parmi une multitude de modèles hypothétiques, il faut nécessairement faire le tri afin d’adopter un modèle compatible avec les faits.

Qu’en pense le Dr Goulu ?  😉

John Philip C. Manson

 

Documentaires TV : bang, boum, badaboum…

Vu dans un magazine TV à une semaine d’intervalle :

magnitude

Je cite : « La planète Terre est née accidentellement des suites de la plus grande explosion du cosmos ».

Une « explosion » ? La plus grande, c’était le Big Bang, mais celui-ci a précédé la formation de la Terre de près de 9 milliards d’années… Lorsque la Terre s’est formée, c’est par accrétion de roches et de poussières, il y a 4,6 milliards d’années. Le Big Bang, lui, est un événement survenu il y a 13,8 milliards d’années, et ne coïncide pas avec le moment de l’apparition de la Terre. Néanmoins, sans le Big Bang, nous ne serions pas là. Mais le Big Bang n’est pas une explosion de matière qui remplirait un espace vide environnant, le Big Bang est l’expansion de l’espace lui-même.

Pourquoi la Terre est encore menacée par des phénomènes naturels ? Parce que sinon, la Terre serait une planète morte, froide… Via le volcanisme, les cendres volcaniques, riches en minéraux, sont particulièrement fertiles pour la végétation.

 

myst

Un autre documentaire TV, une semaine après le précédent.

Des astéroïdes qui sèment la mort, des collisions planétaires réduites à l’état de poussière, des cataclysmes, la fin du monde…

C’est franchement bizarre et malsain de réduire l’astronomie, la cosmologie et l’astrophysique à des explosions. C’est comme si l’on racontait que la chimie est une science qui se limite à la fabrication d’explosifs, avec un savant fou qui s’amuse (par malice ou par accident) à faire exploser son laboratoire, par exemple…

Il faut informer le public, oui, mais il ne faut pas s’amuser à lui faire peur en surenchérissant dans le thème récurrent des grandes catastrophes à travers des émissions TV anxiogènes… Le thème de la fin du monde, qui nous les a brisées en décembre 2012 avec la secte New Age, ça commence quand même à devenir lassant et agaçant.

Mais oui, mais oui (ironie)… La Terre va exploser, un gigantesque feu d’artifice. Boummm !!! Et s’il reste des survivants, on les achève avec l’aide des extraterrestres.

iconlol

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© 2014 John Philip C. Manson

 

Faux documentaires TV : on touche le fond…

apocalypse

Mais oui, mais oui… Nous allons tous périr dans d’atroces souffrances… Et nous sommes tous damnés éternellement dans les tourments de l’Enfer, dans l’infini, l’avenir du futur, et au-delà… Amen !

iconlol

Mais attendez une minute… Qu’est-ce que c’est, ce genre de (faux) documentaire de télévision ? Comment peut-on diffuser des émissions anxiogènes ?

Transmettre le savoir, c’est informer les gens, mais pas leur faire peur…

Pour resituer le thème de la cosmologie dans son contexte, résumons que nous connaissons à peu près le commencement de l’univers, connu sous le nom de Big Bang, mais en ce qui concerne l’éventuelle fin de l’univers, cela reste très spéculatif, nous ne savons rien. De plus, l’hypothèse du Big Crunch (l’inverse du Big Bang) a été abandonnée en 2003, depuis que nous savons que l’expansion de l’univers est accélérée. Le Big Rip, quant à lui, est complètement spéculatif, il n’y a pas grand-chose à raconter.

 

© 2014 John Philip C. Manson

Comment réaliser une recherche documentaire : le cas de l’ESRA

  • Ceci est l’un des articles les plus aboutis de mon blog. J’ai pris mon temps pour le rédiger. Le contenu de cet article vous intéressera si vous aimez lire patiemment les détails, comme une lente autopsie soigneuse. Ainsi je vous préviens d’avance : le texte est un peu long, au risque de décourager ou dissuader les lecteurs les moins courageux. Pour les plus impatients d’entre vous, j’ai gardé le meilleur pour la fin, où j’ai exploré des pistes en matière de théorie des nombres, vous pouvez si vous le voulez lire directement la fin de ce présent article. Autrement, l’ensemble de ce dossier est intéressant.
    D’habitude, j’ai fréquemment rédigé mes articles directement dans l’interface d’édition du blog lui-même. Là j’ai pris tout mon temps, à partir d’un brouillon avec un simple éditeur de texte.

 

De quoi mon article parle t-il ? Hé bien, je vais vous le dire.
Ayant un contact occasionnel qui me demandait des renseignements sur un bouquin de Bernard Werber, j’en profite pour relancer ce thème déjà abordé il y a plusieurs mois sur mon blog. Ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/18/analyse-partielle-de-la-nouvelle-encyclopedie-du-savoir-relatif-et-absolu/
J’ai appris que l’écrivain est connu aussi dans d’autres pays, et pas seulement en France où il est très populaire. C’est l’occasion de recadrer les choses dans leur contexte.

Je tiens à préciser formellement que la critique ci-dessous ne porte pas directement sur l’écrivain lui-même, j’atteste qu’il est un bon romancier, mais la critique porte principalement sur la manière dont les lecteurs perçoivent son oeuvre, notamment selon un point de vue historique et scientifique.

Les éditions successives de «L’encyclopédie du savoir relatif et absolu» et de «La nouvelle encyclopédie…» du même nom forment un ensemble bien relatif.
Annoncé comme une encyclopédie de connaissances, ce livre n’est finalement qu’un recueil de légendes urbaines, d’anecdotes fantaisistes qui côtoient plus ou moins la métaphysique ou la spiritualité. Ayant fait état de nombre d’erreurs manifestes sur le thèmes scientifiques pendant la lecture, on est vite déçu par le manque de travail documentaire de l’auteur (à moins qu’il l’ai délibérément voulu dans le cadre de son roman, c’est-à-dire un contenu fictif de A à Z puisqu’il s’agit de littérature).

Je ne comprends absolument pas l’enthousiasme des lecteurs quand ceux-ci prétendent avoir accès à des connaissances alors que l’ESRA (acronyme désignant l’encyclopédie de Werber) est une oeuvre littéraire de fiction. Il est incroyable que de nombreux lecteurs prennent cet ouvrage pour argent comptant, comme des références scientifiques avérées, alors que le bouquin est truffé d’erreurs, d’inexactitudes ou d’anecdotes non prouvées. On peut vanter Werber pour sa prodigieuse imagination et son écriture fluide pour écrire des romans de science-fiction. L’enthousiasme est légitime quand on parle d’un ouvrage de science-fiction (c’est justement ce qu’il est) et perçu comme tel. Mais l’enthousiasme devient incompréhensible si le public perçoit l’ouvrage comme de la vulgarisation scientifique authentique. On peut légitimement émettre des réserves (preuves à l’appui ici-bas) en ce qui concerne la diffusion de prétendues connaissances scientifiques authentiques dans l’ESRA. Les détails que je vais donner sont suffisamment concis, les inexactitudes révélées sont évidentes et flagrantes. Ces inexactitudes entrent peut-être en scène dans le cadre d’un récit imaginaire de science-fiction, ou bien ce sont des gaffes produites par inadvertance, je ne sais pas si elles sont volontaires ou pas. Je penche plutôt pour l’hypothèse que ces erreurs soient volontaires, car l’auteur a été journaliste scientifique, et je ne crois pas qu’il aurait gaffé à ce point, je pense qu’il sait ce qu’il fait). Ce n’est pas l’auteur qui est à blâmer, mais la plupart de ses lecteurs. Vous devriez lire les commentaires enthousiastes d’internautes dans les sites web marchands francophones (comme Amazon) dans les pages qui parle des livres de l’ESRA publiés par l’auteur : on ne peut que constater l’aveuglement des lecteurs qui croient sincèrement s’instruire au gré de la lecture des «connaissances» scientifiques rencontrées dans l’encyclopédie. Ces lecteurs pourraient éventuellement être intéressés par une analyse critique. Sinon, au pire, ils n’apprécieront aucun forme de critique.

Certains pourraient affirmer que je n’ai pas lu Werber et que mes critiques sont faciles, vilaines ou insolentes. Or j’ai lu Werber afin de mieux cerner la pertinence de son encyclopédie. Si une écrasante majorité de lecteurs font des éloges sur l’écrivain, il existe une petite minorité de lecteurs qui ont un avis critique négatif sur son oeuvre (quand cette oeuvre est erronément perçue comme un ensemble de connaissances, ce que les critiques contestent). Et pourtant, c’est cette petite minorité qui a l’avis le plus lucide.

Je ne juge pas ad hoc une oeuvre sous prétexte que j’aurais décidé arbitrairement qu’elle n’est pas bien. J’ai des arguments concrets à livrer. Je donne ces arguments pour informer, pas pour exercer un jugement de valeur.

On peut voir «L’encyclopédie du savoir relatif et absolu» comme un roman de fiction, une fable, de la sciencefiction. Je lis moi-même occasionnellement de la science-fiction, surtout en BD. Se distraire et se faire plaisir en lisant de la science-fiction, tout en sachant que c’est une oeuvre littéraire de fiction, ça va. Mais croire à tort qu’une oeuvre de fiction raconte des faits réels, cela ne va plus, l’on risque de s’égarer (et parfois cela va loin pour certains lecteurs)… On peut néanmoins offrir ces livres à des enfants ou des adolescents, tout en leur disant que ce sont des anecdotes de fiction, que c’est juste de la lecture pour se distraire, mais que ce n’est pas de la lecture pour s’informer ni pour acquérir des connaissances objectives. Croire à tort que des choses erronées sont des «vérités», c’est un égarement intellectuel. La culture scientifique du grand public est déjà assez galvaudée…

Comment faire un travail documentaire ? Voila la question essentielle de ce présent article. Avoir en mémoire des connaissances de base pour détecter des erreurs, des approximations ou des affirmations non prouvées, c’est très bien. Pour avoir une pareille mémoire, il faut être un grand lecteur, lire de tout, et savoir démêler le vrai du faux. Cela s’apprend. Mais il faut y mettre de la volonté. Et si l’on n’a pas de connaissances en mémoire, ce n’est pas grave du tout, mais cela prendra un peu plus de temps, à travers une recherche documentaire patiente. Mais je donnerai un petit bémol : même si on a une bonne mémoire, il ne faut jamais se fier à sa mémoire, parce qu’une mémoire, même bonne dans l’ensemble, peut occasionner des erreurs involontaires, c’est ce que j’ai appris par expérience. La rigueur d’un travail documentaire est plus important et plus fiable que la confiance que l’on a pour notre mémoire. Je ne prétends jamais à la science infuse. Je prends pour principe de départ que l’on ne sait rien, que l’on n’est sûr de rien, et qu’il convient mieux de vérifier avant de croire n’importe quoi. C’est le principe de mon blog : je suppose que je ne sais rien, je prends le soin de vérifier ce qu’on entend dire à travers les médias, je fais des comparaisons avec des sources sérieuses, et je livre mes conclusions, et lorsque je ne suis pas sûr de mon avis, je demande à l’un de mes contacts plus habile que moi-même quand le niveau requis de connaissances devient plus poussé.

Comment faire un travail documentaire ? On compose une équipe. Pas forcément des experts universitaires barbus avec des lunettes et ayant 50 ans d’expérience professionnelle, non. On peut même constituer une équipe composée exclusivement de lycéens des filières scientifiques et technologiques, et issus des classes de 1ère et de Terminale, donc des élèves âgés d’environ 16 à 19 ans. Des individus jeunes, certes, mais cela n’empêche pas qu’ils sont tout-à-fait compétents pour réaliser une recherche documentaire soigneuse s’ils font preuve de rigueur. En plus, avec l’avènement d’Internet, les recherches sont plus rapides que dans un CDI de lycée ou une bibliothèque universitaire, mais il faut toutefois trier efficacement les divers contenus trouvés sur le web.

Principe du travail documentaire : on lit un texte à vérifier, on le compare avec des contenus du web dont les sources sont pertinentes sur le plan scientifique ou sur le plan historique, et on livre une conclusion.

Je suis tout-à-fait confiant que l’équipe de lycéens, si l’on en constitue une, est tout-à-fait capable de déceler les erreurs que j’ai moi-même rencontrées dans l’encyclopédie du savoir relatif et absolu. N’importe qui, ou presque, est capable, avec sa seule motivation, sa volonté, de détecter les erreurs contenues dans l’ouvrage ci-nommé.
Ces erreurs sont flagrantes comme un gros bouton d’acné au milieu du nez, n’importe qui ayant un esprit éveillé peut déceler ces erreurs sans difficulté.

Tout croire dans ce que l’on lit d’un livre, surtout quand certains affirment que le livre est un inventaire de connaissances, c’est ne pas savoir vraiment lire. L’approche d’un livre avec un regard critique, c’est souvent vachement intéressant.  ^^

Je récapitule ci-dessous les diverses erreurs et inexactitudes rencontrées lors de la lecture de «La nouvelle encyclopédie du savoir relatif et absolu» (2009), ce qui fut l’objet d’un article précédent dans mon blog avec cependant des nouveautés que je rajouterai ici aussi. Je me suis basé essentiellement sur ma propre mémoire des connaissances pour déceler des erreurs (je suis aussi sensible qu’un sismographe, je suis assez bon pour ça mais je ne suis pas infaillible), mais pour être vraiment sûr (parce que l’erreur est humaine) je prends quand même le soin de vérifier cela au moyen de sources externes suffisamment fiables.

Maintenant, voici l’analyse critique de l’ESRA.

Dans le tome 2 intitulé «Le jour des Fourmis», on peut lire à la page 46 cet extrait, mot pour mot : «En septembre 1519, le roi aztèque Moctezuma partit à la rencontre de l’armée espagnole avec des chars jonchés de bijoux en guise d’offrandes. Le soir même, il était assassiné.»

Voici mon argument : Moctezuma rencontra Hernan Cortés le 8 novembre 1519, mais Moctezuma fut assassiné en juin 1520, plusieurs mois après cette première rencontre, mais certainement pas le soir-même un jour d’automne 1519. L’erreur dans l’encyclopédie est flagrante…

Réinventer l’Histoire en créant de nouveaux destins, dans le cadre d’une oeuvre littéraire de fiction, cela s’appelle de l’uchronie, c’est un des styles de la science-fiction. Par exemple, on peut créer une histoire fictive où Moctezuma aura été zigouillé le premier jour de l’invasion des Conquistadores, ou même imaginer l’histoire fictive uchronique des États-Unis qui auront eu la particularité de devenir un régime politique autoritaire communiste (et portant toujours l’acronyme USA, mais avec la dénomination suivante : Union Soviétique Américaine).  ^^

Mais réécrire l’Histoire, la vraie, en pensant avoir été conforme à la réalité historique et la présenter comme telle (l’auteur comme ses lecteurs) alors que cela ne l’est pas, c’est une gaffe en matière de pédagogie… Je pense que l’auteur a voulu donner une version uchronique de l’Histoire, il en a le droit dans le cadre de son roman puisqu’il s’agit d’une oeuvre de fiction. Mais ses lecteurs n’auront pas tous eu la même approche, pensant avoir affaire à un récit authentique alors qu’il est manifestement fictif.

Premier article de «La nouvelle encyclopédie du savoir relatif et absolu», intitulé «Au début». Cela parle du commencement de l’univers, le Big Bang. L’auteur raconte qu’au début de l’univers il n’y avait rien avec un peu d’hydrogène : donc s’il y avait de l’hydrogène c’est qu’il y avait quelque chose et non pas « rien ». Après, l’auteur dit que l’univers se réveille : en fait, le commencement de l’univers est aussi le commencement du temps, la physique est une science incapable de remonter au-delà des premiers instants, il est donc inexact de dire qu’il y a un réveil puisque cette affirmation suggère qu’il y a un changement d’état (attente puis action) alors que le temps avant le Big Bang n’est pas supposé exister… Après, Werber affirme : «L’hydrogène détone». En fait, le verbe est inapproprié : la détonation fait plutôt penser à une violente explosion de type chimique, comme une violente combustion (en l’hydrogène et l’oxygène par exemple). Le Big Bang n’est pas une explosion chimique, d’où l’appellation impropre de détonation. C’est en fait la fusion thermonucléaire de l’hydrogène pour former de l’hélium. Plus précisément, il s’agit de la nucléosynthèse primordiale, laquelle est à l’origine des premiers éléments chimiques dans l’univers : hydrogène, hélium, lithium, béryllium… Mais Werber (ou plutôt Edmond Wells, personnage fictif créé par Werber, et Wells est désigné comme étant lui-même l’auteur fictif de l’encyclopédie) n’en évoque même pas le nom. Il précise heureusement peu après qu’il s’agit de réactions nucléaires. Critiquer l’appellation de détonation, ce n’est pas le détail le plus significatif, il peut paraître léger en effet, mais voici la suite c’est bien mieux. Après alors, l’auteur nous donne les taux de composition chimique de l’univers. Une vérification des chiffres montre rapidement qu’ils concernent plutôt la composition chimique du soleil, et non celle de l’univers. Des erreurs dès le premier thème abordé…

En effet, concernant la composition chimique de l’univers, il y a 75% d’hydrogène et 25% d’hélium (proportions connues depuis les années 40).
La composition chimique du soleil est de 92,1% d’hydrogène, et 7,8% d’hélium, proportions similaires aux données indiquées par Werber : respectivement 90% et 0,1%.

Parler de détonation c’est un détail minime excusable, mais se tromper dans les chiffres à propos de la composition chimique de l’univers, c’est quand même plus gênant…

Le plus terrible n’est pas l’existence de telles erreurs dans ce bouquin. Enfin bon, ce n’est qu’un roman de sciencefiction et de philosophiefiction. Le plus terrible, c’est la cécité culturelle apparente des lecteurs de ce livre qui ne s’aperçoivent pas du tout de ces erreurs, et les prennent sincèrement pour des vérités historiques et scientifiques, sans le moindre recul critique. L’écrivain réalise quelque chose d’intéressant : il fait révéler un symptôme, l’inaptitude d’une proportion non négligeable de lecteurs qui n’utilisent pas de discernement critique.

Je vois toute lecture comme une occasion de remise en question et comme un passe-temps pour se divertir, et non comme un moyen de croire n’importe quoi. Je n’ai pas toujours eu ce recul critique, mais j’ai su m’apercevoir que celui-ci est une nécessité.

À propos de l’encyclopédie, on croit dès la couverture que c’est un recueil scientifique, un recueil de faits, de théorèmes, de pensées. Mais on se sent finalement mystifié tout le long du recueil. Cela casse le plaisir si l’on s’attendait au préalable à lire des connaissances éprouvées. Vous savez maintenant que cette encyclopédie est à lire en connaissance de cause : c’est une oeuvre littéraire de fiction, un roman ordinaire, n’ayant que peu en commun avec la richesse objective de l’Encyclopédie Larousse. Le mérite du bouquin est de stimuler l’imaginaire et de distraire. Mais si ce bouquin s’érigeait en vulgarisation scientifique (ou défini comme tel par des lecteurs maladroits), il est ce que j’ai de vu de pire dans ce domaine, suggérant un niveau proche de l’amateurisme, à travers des exemples simplistes et évasifs. Mais dans son contexte littéraire de fiction, ce qu’est le bouquin en réalité, ce bouquin peut être distrayant à lire.

Je ne nie pas la qualité littéraire de l’ouvrage, son auteur est un bon romancier, mais la façon biaisée dont le livre est perçu contextuellement par ses nombreux lecteurs c’est ça le fond de la critique.

Prendre ce livre comme une encyclopédie de connaissances véridiques, exactes et exemptes d’erreurs, c’est comme si je vous racontais que la Terre du Milieu existe vraiment, que l’Oeil de Sauron est une menace réelle, et que nos amis les Hobbits et les Elfes vont réellement nous donner un coup de main pour vaincre les forces du mal. Gandalf veille sur nous. Aragorn m’a même prêté son énorme épée. Si, si, j’vous l’jure.  ^^

Le second article de la nouvelle encyclopédie concerne la réalité parallèle. Cela concerne plutôt les concepts métaphysiques que les connaissances scientifiques.
La science est définie comme ayant la possibilité de réfuter une hypothèse si celle-ci est fausse. Ainsi, par exemple, tous les cygnes sont blancs, mais si je veux réfuter cette hypothèse généraliste, il suffit que j’ai la possibilité d’observer au moins un cygne noir (ou d’une autre couleur) pour invalider l’hypothèse selon laquelle tous les cygnes sont blancs. Il peut paraître très difficile de recenser tous les cygnes, mais on a cependant la possibilité de faire des observations. Dans le cas de la métaphysique, on ne peut ni démontrer la véracité d’une idée, ni même en établir la fausseté : les idées métaphysiques ne sont donc pas des hypothèses scientifiques. Exemple de question non scientifique : Dieu a t-il une barbe ? On ne peut absolument rien vérifier, c’est inobsersable et inquantifiable. On ne peut pas concevoir une observation ou une expérience permettant de prouver factuellement que Dieu a une barbe, on ne peut pas le réfuter non plus. L’hypothèse «Dieu a une barbe» n’est pas scientifique. Même remarque pour les réalités parallèles : on ne peut en tirer aucune connaissance à ce jour, on ne saura peut-être jamais si les réalités parallèles existent, ni même si elles n’existent pas. Tandis que la science peut permettre les observations et les quantifications de phénomènes. Il n’y a pas de scientificité quand la potentialité de réfutabilité est et reste inapplicable.

Le cinquième article de la nouvelle encyclopédie est intitulée «Question sur l’espacetemps». Werber évoque la structure sphérique des atomes. Il raconte que certains électrons sont proches du noyau atomique et que d’autres électrons en sont plus éloignés. Il affirme aussi que les électrons émettent de l’énergie quand ils s’éloignent du noyau atomique et qu’ils absorbent de l’énergie quand ils se rapprochent du noyau. Ce qui est faux ! En fait, quand un électron s’éloigne du noyau, il absorbe de l’énergie, et il en émet quand il s’en éloigne. En inversant, l’auteur s’est trompé. Il semble avoir oublié ses cours sur l’électromagnétisme et sur la physique quantique, cela peut arriver. Mais la moindre des choses c’est de se renseigner sur le sujet avant d’écrire un bouquin. Étant moi-même beaucoup lecteur, je sais que les écrivains, que ce soit des auteurs de romans ou des essayistes, font un important travail documentaire pour écrire des fictions crédibles ou des essais sérieux. Par exemple, j’ai pu m’apercevoir que le livre de Pascal Bruckner, «Les fanatiques de l’apocalypse» (dont j’avais consacré un article dans mon blog) est le fruit d’une recherche documentaire soigneuse.

Le treizième article de la nouvelle encyclopédie est intitulé «L’usure du cerveau». L’auteur parle d’un neuropsychologue américain, le professeur Rosenzweig, de l’université de Berkeley, qui a voulu connaître le rôle du milieu sur nos facultés cérébrales. Werber parle d’une expérience sur des hamsters. Ces animaux furent occupés par diverses activités et Rosenzweig aurait remarqué des différences corticales par rapport aux autres hamsters qui étaient restés oisifs. Werber affirme que les hamsters actifs ont une élévation de masse cortical de 6% par rapport au groupe témoin, et que les neurones sont 13% plus gros que ceux du groupe témoin. Sur la base de ces affirmations, j’en ai déduit que la densité des neurones aura diminué concernant les hamsters actifs par rapport aux hamsters oisifs. Pourquoi la densité a t-elle varié significativement ? Bizarre…

Rosenzweig est le nom de plusieurs homonymes. Une recherche sur Google permet d’en apprendre plus. Mark R. Rosenzweig (1922-2009) était un chercheur authentique, il a travaillé sur la neuroplasticité des animaux. Rosenzweig a montré que le cerveau animal ne devient pas mature après l’enfance mais qu’il continue de se développer, de se modeler, et de s’adapter. C’est tout.

L’expérience de Rosenzweig, narrée par Werber, a été réalisée en 1947, mais avec des rats, pas avec des hamsters. Oui, encore une erreur…

En réalité, Rosenzweig a montré qu’un milieu enrichi (des jeux pour les rats) augmente l’activité d’une enzyme : la cholinestérase. Werber n’explique rien à ce sujet. Une enzyme est une protéine. C’est seulement en 1962 que Rosenzweig découvrit que les rats joueurs ont un volume cortical augmenté. Mais concernant la masse corticale, je n’en sais pas plus. Il n’y eut donc pas une mais plusieurs expériences, avec des rats, et étalées sur plusieurs années (sur 15 ans au moins).

Une lacune flagrante dans l’encyclopédie de Werber : aucune source n’est citée quelque soit le sujet abordé.

L’auteur commet à plusieurs reprises des inexactitudes. Inexactitudes volontaires, peut-être. Il a peut-être voulu délibérément et implicitement tester l’esprit critique des lecteurs, et si c’est cela, il a bien fait, il aura montré une réalité : la cécité scientifique du public, l’absence d’esprit critique des lecteurs. En tout cas, si c’était une expérience sociologique ou de psychologie sociale, elle est concluante… Si tous ses lecteurs avaient un niveau de formation scientifique (filière bac S ou filières du bac technologique), il n’aurait peut-être pas autant de succès en littérature… Mais cependant, des lecteurs issus de filières scientifiques et qui sont dépourvus d’esprit critique, ça existe, j’en ai déjà vus…

Le trente-huitième article de la nouvelle encyclopédie concerne les sphères. L’auteur affirme que pleins de choses sont sphériques : des atomes aux planètes. En fait, à propos des planètes, ce sont des sphères imparfaites (on parle plutôt même de boules quand elles sont pleines de matière, la sphère désigne la délimitation formée par sa surface). En ce qui concerne les atomes, ce ne sont pas non plus exactement des sphères. Une incertitude existe sur la position des électrons en mouvement autour du noyau atomique. La forme des atomes est un « nuage » électronique, c’est flou et imprécis. À notre échelle, on considère les particules comme ponctuelles plutôt que sphériques ou ellipsoïdales. À l’échelle subatomique, tout est flou (d’après les bases de la physique quantique). Les lycéens en Terminale (filières scientifiques) savent cela. Les atomes sont improprement des sphères, ils ont même des orbitales étirées (selon les différentes couches électroniques). Les orbitales relèvent plus de la probabilité sur la position des électrons que sur des formes précises comme celles que l’on voit à notre échelle (voir l’équation de fonction d’onde de Schrödinger, celle-ci correspond à une amplitude de probabilité). Ainsi, évoquer une forme sphérique idéale pour des atomes, par rapport aux paramètres probabilistes en physique quantique, ça n’a guère de sens…

Werber parle aussi des quatre interactions fondamentales de l’univers : la gravitation, l’interaction électromagnétique, l’interaction faible et l’interaction forte. Werber prétend alors que l’interaction forte confine les particules dans le noyau atomique et que l’interaction faible confine les quarks ensemble. Encore une erreur, l’auteur a inversé les faits : l’interaction faible assure la cohésion des nucléons entre eux (protons et neutrons), et les quarks sont confinés par l’interaction forte.

Dans le livre «L’ultime secret», à la première page, Werber nous livre une citation d’Einstein : «Nous n’utilisons que 10% de nos capacités cérébrales». Après vérification sur Google, avec la citation mot pour mot en critère de recherche, je tombe sur un site web suisse, unique résultat, et qui suggère ce texte : ««Nous n’utilisons que 10% de nos capacités cérébrales», clamaient les scientologues il y a 30 ans.». Quelle surprise… La citation est attribuée à tort à Einstein, elle est apocryphe. Comme Einstein avait été naturalisé américain, il aurait certainement écrit sa citation en anglais s’il en avait été l’auteur. J’ai relancé la recherche sur Google mais en anglais. Je tombe sur cette page du Wikipedia anglophone : http://en.wikipedia.org/wiki/Ten_percent_of_brain_myth
L’utilisation du cerveau à 10% est un mythe, une légende urbaine, une rumeur infondée. Voici la page francophone : fr.wikipedia.org/wiki/Mythe_de_l%27utilisation_incompl%C3%A8te_du_cerveau
Ce mythe est habituellement entretenu de nos jours par la mouvance New Age… Par ailleurs, les oeuvres de fiction véhiculent beaucoup d’idées reçues dont celle-ci.
Les technologies d’imagerie cérébrale telles que la tomographie par émission de positons (TEP) et l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) permettent de suivre l’activité cérébrale d’un humain vivant. Elles démontrent que chaque partie du cerveau est en activité, au moins partiellement, même pendant le sommeil. Les seules zones qui sont inactives sont des zones lésées gravement.
Quand même, faire croire qu’Einstein ait dit une citation sur un sujet farfelu, alors qu’il ne la jamais dite ni écrite, c’est comme renier ses compétences alors qu’il a beaucoup contribué à la physique, et cela n’est pas honorer sa mémoire…

Enfin, je termine par un article de Werber, intitulé «142857», dans le roman «Nous les dieux», et présent, semble t-il, dans la «Nouvelle encyclopédie du savoir relatif et absolu». Werber semble s’intéresser aux jeux mathématiques, connus aussi sous le nom de mathématiques récréatives. Malgré leur caractère ludique, le jeu mathématique que l’on va aborder fait partie de la théorie des nombres. C’est même l’une de mes spécialités préférées en maths. C’est amusant et cela vaut de s’intéresser sur ce que Werber dit. Je cite l’auteur : «Le carré de 142 857 est 20408122449. Ce nombre est formé de 20 408 et 122 449, dont l’addition donne… 142 857. Edmond Wells, Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu, Tome V». J’ai aperçu cette affirmation partiellement via Google, n’ayant malheureusement pas le texte en entier.
En substance, Werber semble attribuer au nombre entier 142857 des propriétés remarquables, dont celle dont je viens de citer.
Mais ce nombre fait-il figure de candidat unique, ou n’est-il qu’un nombre parmi de nombreux autres partageant les mêmes propriétés. Une démonstration complète avec des polynômes est fastidieuse, alors j’ai utilisé un moyen de calcul informatique. J’avais pensé au préalable au langage Perl mais l’écriture du code risquait d’être très compliquée. J’ai rapidement préféré le choix du langage Python dont la subtilité permet d’écrire un code bien plus simplifié que l’on ne le croyait. On va utiliser la base décimale. L’algorithme est le suivant : on prend un entier, on l’élève au carré, on scinde en deux séquences le nombre obtenu à peu près dans sa partie centrale, on aura donc soit deux entiers à 6 chiffres chacun, soit deux entiers dont l’un a 5 chiffres et l’autre 6 chiffres, soit 6 et 5 chiffres respectivement.

Voici le code source de mon programme en Python :

#!/usr/bin/python
n = 1000
while (n <= 999999):
carre = n * n
sq = str(carre)
seq1 = sq[0:5]
seq2 = sq[5:11]
q1 = long(seq1)
q2 = long(seq2)

somme = q1 + q2
if (somme == n):
print « (« ,n, »)^2 = « , sq,  » : « , seq1, » + « ,seq2, » = « ,str(somme)

seq3 = sq[0:6]
seq4 = sq[6:14]

q3 = long(seq3)
q4 = long(seq4)

somme = q3 + q4
if (somme == n):
print « (« ,n, »)^2 = « , sq,  » : « , seq3, » + « ,seq4, » = « ,str(somme)

n=n+1

—————————————

J’ai entre-temps amélioré le code en nuançant les séquences scindées, pour affiner les résultats.
Les résultats sont intéressants : le nombre 142857 n’est pas le seul à avoir la propriété définie par Werber. Il y en a par dizaines.
Preuve ci-dessous :

( 1000 )^2 =  1000000  :  1000  +  000  =  1000 (invalidé car une des séquences est nulle)
( 4950 )^2 =  24502500  :  2450  +  2500  =  4950
( 5050 )^2 =  25502500  :  2550  +  2500  =  5050
( 7272 )^2 =  52881984  :  5288  +  1984  =  7272
( 7777 )^2 =  60481729  :  6048  +  1729  =  7777
( 9999 )^2 =  99980001  :  9998  +  0001  =  9999
( 10000 )^2 =  100000000  :  10000  +  0000  =  10000 (invalidé car une des séquences est nulle)
( 17344 )^2 =  300814336  :  3008  +  14336  =  17344
( 22222 )^2 =  493817284  :  4938  +  17284  =  22222
( 38962 )^2 =  1518037444  :  1518  +  037444  =  38962
( 77778 )^2 =  6049417284  :  60494  +  17284  =  77778
( 82656 )^2 =  6832014336  :  68320  +  14336  =  82656
( 95121 )^2 =  9048004641  :  90480  +  04641  =  95121
( 99999 )^2 =  9999800001  :  99998  +  00001  =  99999
( 100000 )^2 =  10000000000  :  100000  +  00000  =  100000 (invalidé car une des séquences est nulle)
( 142857 )^2 =  20408122449  :  20408  +  122449  =  142857
( 148149 )^2 =  21948126201  :  21948  +  126201  =  148149
( 181819 )^2 =  33058148761  :  33058  +  148761  =  181819
( 187110 )^2 =  35010152100  :  35010  +  152100  =  187110
( 208495 )^2 =  43470165025  :  43470  +  165025  =  208495
( 318682 )^2 =  101558217124  :  101558  +  217124  =  318682
( 329967 )^2 =  108878221089  :  108878  +  221089  =  329967
( 351352 )^2 =  123448227904  :  123448  +  227904  =  351352
( 356643 )^2 =  127194229449  :  127194  +  229449  =  356643
( 389620 )^2 =  151803744400  :  15180  +  374440  =  389620
( 390313 )^2 =  152344237969  :  152344  +  237969  =  390313
( 461539 )^2 =  213018248521  :  213018  +  248521  =  461539
( 466830 )^2 =  217930248900  :  217930  +  248900  =  466830
( 499500 )^2 =  249500250000  :  249500  +  250000  =  499500
( 500500 )^2 =  250500250000  :  250500  +  250000  =  500500
( 533170 )^2 =  284270248900  :  284270  +  248900  =  533170
( 538461 )^2 =  289940248521  :  289940  +  248521  =  538461
( 609687 )^2 =  371718237969  :  371718  +  237969  =  609687
( 627615 )^2 =  393900588225  :  39390  +  0588225  =  627615
( 643357 )^2 =  413908229449  :  413908  +  229449  =  643357
( 648648 )^2 =  420744227904  :  420744  +  227904  =  648648
( 670033 )^2 =  448944221089  :  448944  +  221089  =  670033
( 681318 )^2 =  464194217124  :  464194  +  217124  =  681318
( 791505 )^2 =  626480165025  :  626480  +  165025  =  791505
( 812890 )^2 =  660790152100  :  660790  +  152100  =  812890
( 818181 )^2 =  669420148761  :  669420  +  148761  =  818181
( 851851 )^2 =  725650126201  :  725650  +  126201  =  851851
( 857143 )^2 =  734694122449  :  734694  +  122449  =  857143
( 961038 )^2 =  923594037444  :  923594  +  037444  =  961038
( 994708 )^2 =  989444005264  :  989444  +  005264  =  994708
( 999999 )^2 =  999998000001  :  999998  +  000001  =  999999
( 5479453 )^2 =  30024405179209  :  300244  +  05179209  =  5479453
( 8161912 )^2 =  66616807495744  :  666168  +  07495744  =  8161912

En recherchant sur Google, avec les mots-clés suivants (en provenance de mes résultats) : « 142857 148149 181819 187110 208495 », j’ai regardé s’il existait une liste répertoriée de ces nombres.
Je constate alors que ces nombres sont connus sous le nom de nombres de Kaprekar, d’après le nom d’un mathématicien indien qui les a étudiés.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre_de_Kaprekar

En me renseignant sur le web, j’ai pu apercevoir dans quelques forums des reproductions du texte de Werber sur le nombre 142857, et il apparaît que l’auteur n’a pas daigné mentionner que 142857 (parmi d’autres nombres du même type) est un nombre de Kaprekar. La moindre des choses serait de nommer les choses que l’on raconte, histoire de permettre aux lecteurs intéressés de se renseigner et d’approfondir le sujet s’ils le désiraient.

Une autre remarque à propos du nombre 142857, c’est que Werber a montré que les multiples de ce nombre (du facteur 1 au facteur 9) sont composés des mêmes chiffres dans le désordre (en base 10) du nombre initial. Des anagrammes numériques en quelque sorte. Propriété extraordinaire ou plutôt assez banale ? Particularité de ces nombres : ils ne comportent pas le chiffre zéro.

J’ai conçu un programme en langage Perl. En voici le code source, adapté en particulier pour les nombres à 4 chiffres.

#!/usr/bin/perl

for ($a = 1; $a <= 9; $a++)
{
for ($b = 1; $b <= 9; $b++)
{
for ($c = 1; $c <= 9; $c++)
{
for ($d = 1; $d <= 9; $d++)
{

$nombre = (1000 * $a) + (100 * $b) + (10 * $c) + $d;

for ($factor = 2; $factor <= 9; $factor++)
{
$multiple = $factor * $nombre;

for ($z = 1; $z <= 9; $z++)
{
for ($y = 1; $y <= 9; $y++)
{
for ($x = 1; $x <= 9; $x++)
{
for ($w = 1; $w <= 9; $w++)
{

$verif = (1000 * $z) + (100 * $y) + (10 * $x) + $w;

if ($verif == $multiple)
{
$sommenombre = $a + $b + $c + $d;
$sommemultiple = $w + $x + $y + $z;
$produitnombre = $a * $b * $c * $d;
$produitmultiple = $w * $x * $y * $z;

if (($sommenombre == $sommemultiple) and ($produitnombre == $produitmultiple))
{
print « $nombre x $factor = $multiple  \n\a »;
} # end if algo

$w = $x = $y = $z = 9;
} # end if verif

}  # end for w
}  # end for x
}  # end for y
}  # end for z

}   # end for factor

}  # end for d
}  # end for c
}  # end for b
}  # end for a

########### END ##################

Voici le résultat pour les nombres à 4 chiffres :

1359 x 7 = 9513
1386 x 6 = 8316
1782 x 4 = 7128
2178 x 4 = 8712
2475 x 3 = 7425

Il existe en effet plusieurs nombres de type anagrammatique parmi les nombres à 4 chiffres, mais ils sont néanmoins relativement peu nombreux : 5 cas pour 9000 entiers à 4 chiffres non nuls (dans l’intervalle 1000 à 9999).

Maintenant, après amélioration du programme Perl, voici une partie (et non la totalité) des nombres anagrammatiques à 5 chiffres ci-dessous, ils sont significativement plus nombreux que ceux à 4 chiffres. La quantité d’anagrammes numériques semble augmenter sensiblement avec le nombre de chiffres par nombre. Ainsi, plus un nombre est grand, plus il sera susceptible d’avoir des anagrammes. Cela voudrait même dire qu’il existerait une infinité d’anagrammes numériques, et le nombre 142857 est très loin d’être le seul…
J’ai constaté que le programme pouvait parfois générer des nombres qui ne sont pas anagrammes, il arrive que cela ne soit pas les mêmes chiffres, j’ai ôté ces erreurs dans le résultat ci-dessous :

11688 x 7 = 81816
11883 x 7 = 83181
12375 x 3 = 37125
13359 x 7 = 93513
13449 x 7 = 94143
13599 x 7 = 95193
13659 x 7 = 95613
13986 x 6 = 83916
14247 x 3 = 42741
14724 x 3 = 44172
14859 x 6 = 89154
15192 x 6 = 91152
16782 x 4 = 67128
17832 x 4 = 71328
17982 x 4 = 71928
19728 x 4 = 78912
19782 x 4 = 79128
21678 x 4 = 86712
21783 x 4 = 87132
21798 x 4 = 87192
21978 x 4 = 87912
23751 x 3 = 71253
23958 x 4 = 95832
24147 x 3 = 72441
24714 x 3 = 74142
24876 x 3 = 74628
24975 x 3 = 74925
27585 x 3 = 82755
28575 x 3 = 85725

Je dénombre 29 nombres à 5 chiffres qui possèdent chacun un anagramme numérique.

En ce qui concerne les anagrammes numériques à 6 chiffres dont 142857 fait partie, je conjecture qu’il en existerait des dizaines ou des centaines (c’est directement vérifiable par calcul informatique, mais c’est très long…). Avec les résultats comme indices ci-dessus, on voit que le nombre 142857 n’est donc pas une exception.

Mais quelle est la probabilité pour qu’un nombre soit à la fois un nombre de Kaprekar et un nombre ayant des anagrammes numériques ? Je suppose que cette probabilité augmente d’autant plus que le nombre est grand. Pour les nombres inférieurs à 142857, la probabilité pourrait être nulle ou presque (je n’ai pas vérifié mais c’est plausible). Mais pour les nombres supérieurs à 142857, jusqu’à l’infini, la probabilité augmente vraisemblablement.

Pour approfondir et terminer ce dernier sujet, je vais parler d’un type particulier d’anagrammes numériques.
Examinons cette forme suivante : 23958 x 4 = 95832. On voit le terme 958 de part et d’autre, puis 23 qui est permuté pour former 32.
J’ai développé un programme simple qui permet de générer tous les nombres anagrammes de cette forme précise pour les entiers à 5 chiffres.

#!/usr/bin/perl
for ($w = 1; $w <= 9; $w++)
{
for ($x = 0; $x <= 9; $x++)
{
for ($z = 1; $z <= 9999; $z++)
{
$nombre = 1000 * ((10 * $w) + $x) + $z;
$multiple = (100 * $z) + (10 * $x) + $w;
$modulo = $multiple % $nombre;
if ($modulo == 0)
{
$div = $multiple / $nombre;
if (($div >= 2) and ($div <= 9))
{
print « $nombre x $div = $multiple \n »;
}
}

}
}
}

Pour les nombres à 5 chiffres : 3 cas de ce type de nombres.

10989 x 9 = 98901
12903 x 7 = 90321
23958 x 4 = 95832

Maintenant, je teste la forme particulière [aaabbb] de façon à ce que le multiple (qui est un anagramme) soit de la forme [bbbaaa], pour les nombres à 6 chiffres.

Voici le code Perl :

#!/usr/bin/perl
for ($w = 1; $w <= 999; $w++)
{
for ($x = 1; $x <= 999; $x++)
{
$nombre = 1000 * $w + $x;
$multiple = 1000 * $x + $w;
$modulo = $multiple % $nombre;
if ($modulo == 0)
{
$div = $multiple / $nombre;
if (($div >= 2) and ($div <= 9))
{
print « $nombre x $div = $multiple \n »;
}
}

}
}

J’obtiens ceci :
142857 x 6 = 857142

Cela se complique si on cherche pour les nombres de plus de 6 chiffres.
Mais maintenant, j’essaie autre chose : les anagrammes palindromes. L’intérêt ici est qu’on prenne enfin en compte les zéros intercalaires.

1 cas pour les entiers à 4 chiffres : 2178 x 4 = 8712
2 cas pour les entiers à 5 chiffres : 10989 x 9 = 98901 et 21978 x 4 = 87912
2 cas pour les entiers à 6 chiffres : 109989 x 9 = 989901 et 219978 x 4 = 879912
2 cas pour les entiers à 7 chiffres : 1099989 x 9 = 9899901 et 2199978 x 4 = 8799912
4 cas pour les entiers à 8 chiffres : 10891089 x 9 = 98019801 et 10999989 x 9 = 98999901 et 21782178 x 4 = 87128712 et 21999978 x 4 = 87999912
4 cas pour les entiers à 9 chiffres : 108901089 x 9 = 980109801 et 109999989 x 9 = 989999901 et 217802178 x 4 = 871208712 et 219999978 x 4 = 879999912
6 cas pour les entiers à 10 chiffres : 1089001089 x 9 = 9801009801 et 1098910989 x 9 = 9890198901 et 1099999989 x 9 = 9899999901 et 2178002178 x 4 = 8712008712 et 2197821978 x 4 = 8791287912 et 2199999978 x 4 = 8799999912
Après, le temps de calcul est nettement trop long…

Le but de cette présentation ? Montrer une preuve empirique que les anagrammes (les anagrammes palindromes ici en particulier) se font de plus en plus nombreux au fur et à mesure que les entiers comportent davantage de chiffres. Par conséquent, à défaut d’une démonstration mathématique complète (hélas !), il existerait une infinité d’anagrammes, afin d’illustrer que le nombre 142857 ne fait pas figure d’exception.

Voila, c’est la fin du dossier. Peut-être que cela vous aura convaincu, mais je ne me fais pas d’illusion.

Pour résumer, nous avons eu affaire à un anachronisme historique évident (la date de la mort de Moctezuma), à une confusion flagrante sur les proportions chimiques de l’hydrogène et de l’hélium concernant la composition chimique de l’univers (confondue avec celle du soleil), puis l’évocation des réalités parallèles dont l’existence ne peut être prouvée, ni réfutée. Ensuite, la bourde concernant le saut d’un électron d’une orbitale à l’autre (l’auteur a inversé le fait, entre l’émission d’un photon et l’absorption). Ensuite, l’auteur a confondu les rats avec des hamsters, puis il y a la bourde à propos des interactions forte et faible (il a inversé l’attribution des nucléons et celle des quarks à leur interaction respective, en confondant l’interaction forte et l’interaction faible). Ensuite, il y a le non-sens de l’attribution d’une forme sphérique parfaitement déterminée pour les atomes lorsqu’on sait que la physique quantique établit qu’à l’échelle atomique les formes sont plutôt floues et probabilistes. Pire, l’auteur fait parler Einstein et lui attribue une citation apocryphe fantaisiste… Pour finir, il y a ce fameux nombre 142857, présenté implicitement comme miraculeux, ou plutôt comme quelque chose d’unique. J’ai montré empiriquement (par des programmes informatiques dont j’ai fourni le code source ici) que le nombre 142857 n’était pas isolé et que d’autres nombres présentaient les mêmes propriétés.

Seule une partie de l’ESRA a été analysée, le dossier n’aura établi qu’une partie des erreurs pouvant y exister. Autant d’erreurs, ce n’est pas seulement du fait que l’erreur est humaine. Cela semble délibéré. Ou alors l’ESRA aura été écrit à la hâte. Toutes ces erreurs pourraient nous inciter à grogner, mais enfin bon… Elles révèlent cependant, et c’est intéressant, que beaucoup de lecteurs peuvent prendre toute anecdote comme une vérité alors que la moindre recherche documentaire (qui n’est pas si compliquée à réaliser, bien que ça prenne du temps) aurait mis en évidence ces erreurs, et inciter au doute.

Pour conclure :
Des erreurs volontaires pour concevoir une oeuvre de fiction, et que d’aucuns considèrent sans ambiguïté l’oeuvre comme une fiction, cela ne nécessite pas de recadrage critique. Cependant, quand des erreurs (délibérées ou non) s’amoncellent dans une oeuvre de fiction qui est considérée à tort par certains lecteurs comme étant un matériel pédagogique authentique, alors un recadrage critique est nécessaire et utile. D’une part, l’on ne confond pas la science-fiction avec la science, l’on ne doit pas confondre non plus la science avec la science fictive. Voila, c’est tout ce que je voulais dire.

Maintenant vous pouvez quitter cette page et reprendre une activité normale.  😉

© 2014 John Philip C. Manson

Une découverte majeure sur le Big Bang ?

Je cite : «Une équipe d’astrophysiciens américains affirme avoir détecté les ondes que tous les scientifiques rêvaient de découvrir : celles provoquées par le fameux Big Bang il y a 14 milliards d’années, celles des tout premiers instants de l’Univers… Le phénomène imaginé par Einstein n’avait encore jamais été observé. Le dialogue ci-dessus, seuls quelques physiciens peuvent le comprendre, mais c’est la confirmation de ses théories et l’aboutissement d’une vie.»

En regardant la vidéo on en apprend plus : il s’agit de la découverte d’ondes gravitationnelles vieilles de 13,82 milliards d’années (et non pas 14 milliards) qui confirmeraient la théorie de l’inflation cosmique.

La vidéo date du 18 mars 2014, cela fait déjà 4 mois. C’est inhabituel que je n’ai pas appris la nouvelle plus tôt…

Mais ce n’est pas tout. Voici un coup de théâtre :

 

Une seule expérience scientifique n’est jamais concluante : il faut toujours attendre de voir si d’autres observations corroborent ou contredisent les résultats de celle-ci. L’annonce d’une découverte ne devrait être faite que lorsque l’on aura écarté les autres hypothèses possibles qui étaient susceptibles d’expliquer le phénomène observé.

On constate que, de plus en plus souvent, les scientifiques se mettent en rapport avec la presse pour annoncer leurs résultats, sans attendre la moindre validation de leurs pairs comme c’est normalement et habituellement le cas dans le circuit de la méthode scientifique. C’est le cas notamment de quelques bourdes médiatiques comme les neutrinos (faussement) plus rapides que la lumière, les exoplanètes habitables (mais qui n’existent finalement pas), puis les ondes gravitationnelles de l’inflation cosmique (qui pourraient n’être qu’un artefact causé par des poussières galactiques)…

Dans la presse, publier des controverses scientifiques actuelles est plus intéressant et plus lucide que publier des «découvertes» abusivement enthousiastes qui n’ont pas été évaluées. Se passionner pour une «découverte» avec enthousiasme sans se soucier de sa validation, ce n’est pas de la science mais de la foi. C’est dangereux de confondre «découverte» et coup de pub

 

Comme nous parlons des annonces précipitées de découvertes, de coup de pub, d’enthousiasme et de fanfare, je vais parler aussi d’un truc du même acabit.

Hier, je suis tombé sur des articles bizarres. En voici la liste ci-dessous :

En gros, on nous annonce que la Terre a évité de justesse une éruption solaire qui aurait pu anéantir notre mode de vie basé sur les appareils électriques… Certains médias parlent même d’anéantissement. Une terrible fin du monde «plausible» qui n’a jamais eu lieu… C’était le 23 juillet 2012, et ce jour-là, je n’ai rien vu, rien !

  • Pourquoi nous raconte tout cela seulement deux ans après ?
  • Examinons cette page : http://www.lepoint.fr/astronomie/en-2012-une-tempete-solaire-a-manque-d-aneantir-la-civilisation-contemporaine-25-07-2014-1848986_1925.php    il y est dit que la précédente éruption observée c’était en 1859, mais à l’époque il n’y avait pas de satellite pour surveiller de façon très précise l’activité solaire afin de quantifier l’ampleur du phénomène. À l’époque la technique était la coronographie solaire, euh non, même pas, puisque l’astronome Bernard Lyot inventa le premier coronographe qu’à partir des années 1930 !
  • Puis voici quelque chose d’étrange, une phrase de l’article de Le Point affirme ceci : «il y a 12 % de risques qu’une tempête solaire puissante touche la Terre dans les 10 prochaines années». D’où sort cette estimation ? Comment peut-elle être aussi précise ? Cette affirmation est néanmoins intéressante, elle semble faire référence à la loi de Poisson : elle présume une probabilité de risque dans un intervalle de temps. Alors, en moyenne, une éruption solaire frappe certainement la Terre tous les combien de temps ? Cela est-il déjà arrivé dans un passé proche ? Je vais enquêter sur cette piste. Pour donner une évaluation de la probabilité d’un événement, il faut qu’il existe un échantillon statistique basé sur des éruptions solaires ayant frappé la Terre dans le passé. Cet échantillon statistique existe t-il ? On ne peut pas établir une probabilité sur la base d’un seul ou deux événements connus et validés scientifiquement… Après enquête, j’ai estimé qu’une probabilité de 12% sur une décennie, cela correspond en moyenne à entre 0 et 2 éruptions solaires frappant la Terre par siècle. A t-on des statistiques comparables de ces événements qui ont été a priori observés (et avec quel matériel d’observation selon les époques ?) ?
  • Ce qui est cocasse, c’est qu’ils arrivent à chiffrer les coûts engendrés par les dégâts subis par une éruption solaire que la Terre n’a même pas subi… C’est un peu comme se proclamer témoin d’un crime qui n’a jamais été commis…

Très fort quand même. Certains parviennent à calculer une probabilité malgré l’absence de données empiriques (comme la formule de Drake dont on ne connaît la valeur d’aucun des paramètres)… Et certains réussissent à décrire à quoi ressemble la Terre ravagée, dans ses moindres détails, alors que l’événement tant redouté n’a jamais eu lieu… J’affirme que, dans ce contexte, l’imaginaire et les spéculations ont remplacé abusivement la rigueur rationnelle et surtout l’objectivité empirique.

Avec cette histoire d’éruption solaire aux saveurs apocalyptiques, on nous affole pour pas grand-chose… Pourquoi ?

Science pathologique ?  (https://jpcmanson.wordpress.com/2014/07/19/la-croissance-inquietante-de-la-science-pathologique/)

 

J’ai l’impression que l’objectivité fout le camp dans le journalisme contemporain qui s’essaie à la vulgarisation scientifique. Tout paraît jouer dans le registre émotionnel : l’enthousiasme provoqué par une «découverte», la peur et l’angoisse face à un avenir incertain et hostile…

Les faits seuls nous intéressent.

Sur le même sujet, j’avais posté un article sur les protubérances solaires : https://jpcmanson.wordpress.com/2012/04/19/une-eruption-solaire/  Curieusement, les journalistes avaient publié des choses à propos du soleil, environ 3 mois même avant l’éruption de juillet 2012. Seraient-ils prophètes ? Ou «fabriquent»-il un peu les infos ?

Pour ce qui concerne l’éruption solaire de juillet 2012, j’ai pris position pour le scepticisme. Mais cela ne veut pas dire que je renie quoi que ce soit. L’éruption solaire exceptionnelle est un événement plausible. Néanmoins je fais remarquer la multiplication de bourdes scientifiques ces derniers temps, on n’est jamais assez prudent. Ainsi, le risque d’éruption solaire (le vent solaire exceptionnellement intense de la couronne solaire) en interaction avec le champ magnétique terrestre, c’est quelque chose de possible. Mais quand il ne s’est rien passé, on ne peut pas extrapoler en l’absence de données matérielles. C’est comme pour le climat global : personne n’est capable de prédire avec précision à quoi ressembleront nos campagnes quand il y aura 2°C ou 6°C de plus. On ne peut se fier que sur des observations, pas sur des spéculations, bien que nous soyons conscient des risques. Lorsque nous parlons d’événements futurs (réels ou hypothétiques), nous nous trompons souvent. On a vu ce que les fantasmes du futurisme ont suggéré autrefois pour l’an 2000…

J’ai pu reconstituer ma journée du 23 juillet 2012 : ce jour-là je faisais de la retouche d’images numériques ; je n’ai remarqué absolument rien d’anormal ce jour-là à propos d’hypothétiques problèmes électriques que le soleil aurait pu provoquer.

Il est possible que certains trouvent que j’ai un ton véhément. Je l’assume, mais j’essaie de garder mon sang-froid. Le contexte est compréhensible : la surenchère de l’alarmisme apocalyptique dont le journalisme est si friand commence à devenir agaçante. Et certains scientifiques prennent leurs propres mirages pour des réalités, au mépris de l’évaluation critique qui doit pourtant être appliquée dans toutes les étapes de la démarche scientifique.

 

 

Pour terminer, voici une anecdote de 2008 : http://www.lepostier.fr/le-postier/connaissance/lasteroide-apophis-nico-marquardt-13-ans-et-la-nasa.html

Un ado aurait corrigé une erreur de la NASA à propos de la probabilité de chute de l’astéroïde Apophis sur la Terre. La probabilité estimée par la NASA était de 1 sur 45000, remplacée apparemment par celle du jeune allemand : 1 sur 450. Ce que les journalistes ont omis de dire, c’est qu’en octobre 2009, la NASA a publié un communiqué dans lequel elle affirme qu’après avoir affiné ses calculs, elle n’évalue plus cette probabilité qu’à environ 1 sur 250 000. Ce n’est donc ni 1 sur 45000, ni 1 sur 450… Le 10 janvier 2013, après le passage de Apophis près de la Terre le 9 janvier, les scientifiques de la NASA ont évalué, d’après des observations au radar, que l’astéroïde n’entrera pas en collision avec la Terre en 2036. L’astéroïde n’est plus classé qu’au niveau 0 sur l’échelle de Turin. C’est-à-dire que le risque de collision est nul. Tout le monde s’était trompé auparavant sur l’estimation du risque de collision…

J’ai remarqué que nombre de médias sur internet ne corrigent pas leurs articles après publication, quand des choses ont été entre-temps démenties. Par exemple, on doute maintenant de l’existence des exoplanètes habitables du système Gliese 581, mais hélas il existe des milliers d’articles sur le web qui n’ont pas remis à jour l’information, présentant maintenant à tort une découverte qui n’en est pas une… Je pense qu’un article de plus de 3 mois est périmé, et qu’il vaut mieux rechercher des articles les plus récents.

Exemple de pages non mises à jour : http://fr.vikidia.org/wiki/Gliese_581_c#Habitabilit.C3.A9_de_cette_exoplan.C3.A8te et http://fr.vikidia.org/wiki/Gliese_581

Or, dans la page Vikidia sur Gliese 581c, je découvre cette affirmation : «À cause que l’exoplanète est proche de son étoile, elle subit une force de marée 400 fois plus importante que la Lune exerce sur la Terre.»
Or le titre « Caractéristiques climatiques » est totalement inapproprié. Il s’agit ici d’astronomie et non de climat… Et si l’affirmation sur la force de marée est vraie, alors la condition est que la masse de la planète Gliese 581c devra être supérieure à 391 masses terrestres sachant que l’étoile Gliese 581 est plus légère que le soleil (0,31 masse solaire). Or d’après la page http://fr.wikipedia.org/wiki/Gliese_581_c il y est mentionné que Gliese 581c pèse 5,3 masses terrestres. Donc ce qui est affirmé sur la force de marée sur Vikia est manifestement faux, la grandeur étant trop élevée (c’est moins de 400 fois).

 

  • «Les astrologues parlent bien de l’avenir, Mais ils ne le font pas venir. »»  (proverbe français)

© 2014 John Philip C. Manson

 

 

 

À propos d’un concept de Stephen Hawking

  • «L’univers a un commencement dans le temps imaginaire, une direction dans le temps qui se comporte comme l’espace. Il n’y a pas de commencement dans le temps réel, le temps que vous et moi ressentez.»  (Stephen Hawking)

Traduit de l’anglais : «The universe has a beginning in imaginary time, a direction in time that behaves like space. There is no beginning in real time, the time that you and I experience.»

Imaginaire dans le sens où c’est un nombre noté ‘i’, tel que i² = -1.

En ces termes, Hawking exprime une affirmation que nous pourrions interpréter comme une certitude. Pourtant, une représentation mathématique de la réalité est toujours faillible. La représentation du réel n’est pas elle-même la réalité. Un modèle théorique ne doit pas seulement être cohérent par rapport aux observations, mais il doit aussi permettre de trouver des liens de causalité et de pouvoir permettre de faire des prédictions.

Le temps imaginaire est-il un outil de fiction pour faciliter les calculs dans le cadre de la mécanique quantique ? Ou alors le temps imaginaire est un concept sensé représenter la réalité ? Dans ce dernier cas, on dit que cette représentation est une hypothèse. Mais cette hypothèse peut-elle être testée ? N’y a t-il pas un risque que la cosmologie dérive dans la métaphysique ?

En cosmologie, les observations peuvent remonter jusqu’au découplage de la lumière, environ 380 000 ans après le Big Bang. Le découplage du rayonnement représente l’époque où l’univers est devenu transparent au rayonnement électromagnétique, celui-ci n’interagissant plus, ou n’étant plus couplé à la matière (d’où le nom). On ne peut donc rien observer de ce qui s’est passé avant cette époque. On ne peut donc pas observer le Big Bang lui-même. D’après la physique quantique, la plus petite quantité de temps, le temps de Planck, vaut environ 10⁻⁴⁴ seconde, c’est une grandeur exprimée par un nombre réel positif, c’est la quantité minimum de temps. En physique, les nombres complexes sont utilisés pour décrire le comportement d’oscillateurs électriques ou les phénomènes ondulatoires en électromagnétisme. Les nombres complexes sont également utilisés en mécanique des fluides. Et c’est aussi le cas en physique quantique, les nombres complexes simplifient les calculs.

Les dimensions sont-elles une réalité physique ou sont-elles une commodité d’écriture mathématique ? Ne pas confondre concept et perception sensorielle. Ce que l’œil voit n’est pas ce que nous interprétons. Comme le dit Nietszche, il n’y a pas de faits mais seulement des interprétations. Des modèles logico-mathématiques servent à décrire et expliquer la réalité, mais ces modèles ne sont pas eux-mêmes cette réalité. Les mathématiques sont un intermédiaire dans notre rapport avec le réel. Et les mathématiques décrivent souvent à merveille la réalité, ce qui a fait dire à Einstein que ce qui est incompréhensible c’est que l’univers soit compréhensible.

Mais comme les maths servent à représenter le réel, les modèles théoriques sont faillibles. Des modèles sont potentiellement faux. En science, la réfutabilité est un critère essentiel. Un temps imaginaire, par exemple, est une astuce visant à simplifier des calculs, mais ça ne veut pas dire dans l’absolu que le temps est physiquement imaginaire. Les constructions du langage ne doivent pas être confondues avec ce que l’on observe et ce que l’on expérimente. Les failles, en science, se trouvent dans le lien entre les observations et les interprétations que l’on en fait. Mais ces interprétations doivent servir, il faut les tester afin de vérifier si elles sont crédibles ou si elles peuvent être invalidées par de nouvelles observations.

Ainsi, l’utilisation des nombres complexes pour simplifier des calculs n’ont de finalité que celle de la simplification, et cela ne veut pas dire que la simplification signifie simultanément que les nombres complexes sont eux-mêmes la réalité physique…

Le malentendu le plus fréquent dans la vulgarisation scientifique est de nature épistémologique. Le fond du problème concerne ce qui définit la connaissance objective. Le public tend à croire, et on l’influence souvent à croire, que les mathématiques sont elles-mêmes la réalité physique alors qu’il y a discontinuité. Les outils du maçon ne sont pas eux-mêmes la maison.

Pour mieux illustrer la confusion entre représentation mathématique et réalité physique, je présente l’exemple ci-dessous.

Voici l’histoire du tronc d’arbre qui s’écroule au sol : le bruit existe t-il sans témoin auditif présent sur les lieux ? Le bruit est une perception physiologique et sensorielle, il se distingue de l’onde acoustique. Mais on confond couramment le bruit et l’onde sonore. Les deux sont distincts, mais ils sont cause et effet. L’onde sonore se propage, puis elle parvient à l’oreille. Pour la lumière c’est pareil : il faut distinguer entre la couleur perçue et l’onde électromagnétique. L’onde électromagnétique se propage, puis elle parvient à l’œil. En physique et plus généralement dans les sciences de la nature, on observe, puis on interprète les observations, puis on construit des théories basées sur les mathématiques. Les théories s’affinent par de nouvelles observations, afin d’éliminer les hypothèses fausses, et retenir ce qui est le plus crédible.

Le temps imaginaire est un artifice utilisé pour la simplification des calculs. Dans un autre contexte, je ne vois pas où Hawking veut en venir, parce que dans ce cas, le temps imaginaire n’est plus sensé simplifier des calculs, et devient donc une hypothèse scientifique. Mais est-ce que cette hypothèse est réfutable ? Comment réaliser une expérience ou une observation permettant de prouver ou d’infirmer l’existence d’une dimension imaginaire ? Si c’est invérifiable, alors cela est plus un concept métaphysique qu’une véritable hypothèse scientifique.

Mais examinons où veut en venir Hawking. Hawking propose la conjecture d’un « univers sans bord ». Il explique que dans ce modèle, le temps et l’espace ont une extension finie, mais qu’ils n’ont pas de limite ou d’extrémité. Ce modèle exclut la singularité, de façon à ce que les lois de la physique s’appliquent partout, y compris au commencement de l’univers. Hawking simplifie en quelque sorte la cosmologie grâce à un « temps imaginaire » pour éviter l’écueil des infinis et des instants zéro asymptotiques et inatteignables. C’est selon lui la seule manière d’entrevoir le commencement de l’univers d’une manière totalement déterminée par les seules lois de la physique. J’admets que le concept est intéressant. Et maintenant on a appris que Hawking utilise le temps imaginaire comme un outil de simplification, et non comme une réalité physique. Mais Hawking entretient la confusion à travers sa citation que j’ai montré au début du présent article, il parle d’un temps imaginaire comme étant une réalité alors que ce n’est qu’un outil. Je pense qu’en vulgarisation scientifique, chaque détail compte, car cela peut être déterminant dans la compréhension du sujet.

 

© 2013 John Philip C. Manson

La vulgarisation scientifique, entre consternation et inquiétude

Analyse du lien sur NouvelObs : http://positioncritiqueastrophysique.blogs.nouvelobs.com/archive/2013/01/22/117-du-mythe-de-la-genese-en-astrophysique.html

  • Je cite : «Au temps de Planck notre Univers n’a que environ 10-33 cm de diamètre, c’est-à-dire 10 millions de milliards de fois plus petit qu’un atome d’hydrogène».

Faux. L’erreur se trompe d’un facteur de 1 milliard… Comme l’atome d’hydrogène a un diamètre d’environ 1,05×10⁻¹⁰ m, ou 0,105 nanomètre, la longueur de Planck est donc 1,05×10²⁵ fois (soit 10 millions de milliards de milliards) plus petit qu’un atome d’hydrogène.

En continuant à lire le blog de NouvelObs, je constate des incohérences :

  • Je cite : «Passons sur l’aberration qui consiste à affirmer que notre univers est 1O millions de fois plus petit qu’un atome d’hydrogène pour constater que sa température est 10.32 k»

10 millions est en contradiction avec les 10 millions de milliards cités plus haut, alors qu’en réalité le facteur est de 10 millions de milliards de milliards…

La température de Planck n’est pas 10,32 k mais de 10³² K (dix puissance 32, et l’unité kelvin avec un K majuscule).

  • En continuant la lecture du blog, je cite : «alors que dans les 15 milliards d’années suivantes».

L’univers est âgé de 13,82 milliards d’années avec une marge de 200 millions d’années. Le nombre de 15 milliards d’années est faux.

Ensuite, l’article semble considérer le Big Bang comme un sommet de l’imaginaire mathématique.
Ce qui est contredit par les scientifiques :

Plus on se rapproche chronologiquement du Big Bang, plus l’univers est chaud. C’est un fait.

Toutefois, une précision est nécessaire :

  • En cosmologie, les hypothèses sont réfutables lorsque les observations concernent l’univers âgé d’au moins 380 000 ans (époque du découplage du rayonnement électromagnétique).
  • Entre l’instant du Big Bang et les premiers 380 000 ans, l’univers était opaque, et il est donc complètement inobservable et invérifiable à cause de l’interaction des rayonnements électromagnétiques avec la matière.

Puis en cliquant sur un article voisin : http://positioncritiqueastrophysique.blogs.nouvelobs.com/archive/2013/03/28/128-anthropophagie-stellaire.html je m’étonne de l’usage du mot «anthropophagie» en astrophysique. L’anthropophagie est clairement définie dans les dictionnaires comme l’acte de manger des êtres humains. Les étoiles ne mangent pas les humains, à moins que les étoiles soient humaines elles-mêmes… Le mot «cannibalisme» est plus approprié. Mais le cannibalisme désigne l’acte de manger les individus de sa propre espèce : un homme qui mange un homme, un corbeau qui déguste un corbeau… Mais les étoiles ne sont pas des organismes vivants…

Mais le comble de la consternation est atteint ici, avec une étrange façon d’aborder l’épistémologie de Karl Popper : http://positioncritiqueastrophysique.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/10/09/72-karl-popper-ou-l-epistemologie-hallucilogene.html

La science n’est pas une Église absolutiste. L’approche épistémologique de Popper est fondée sur la fragilité des hypothèses et non sur le dogmatisme. L’épistémologie poppérienne se base sur la faillibilité des hypothèses et des théories, elle ne les érigent pas en vérités. En ce sens, l’épistémologie de Popper n’est pas une idéologie qui ne dicte pas à quelles vérités qu’il faut adhérer, c’est une épistémologie qui conduit à adopter un regard critique sur la solidité apparente des connaissances. Rejeter l’épistémologie de Popper tout en rejetant une quelconque idéologie dans la science, c’est un paradoxe, c’est se tirer une balle dans le pied… C’est plutôt le déni de la réfutabilité qui peut conduire à de graves dérives idéologiques, par l’intrusion de concepts mystiques et occultistes (comme le New Age) dans les sciences… Le critère de réfutabilité est un garde-fou contre ces dérives.

© 2013 John Philip C. Manson

Sur le consensus scientifique

Page intéressante. Elle dresse une liste de découvertes qui contredisent les croyances et les suppositions de leurs époques respectives.

Dans cette page, tout ce qui est décrit sur l’historique de la Terre plate, le géocentrisme, la théorie de l’évolution, la dérive des continents, le Big Bang et l’ère glaciaire est authentique.

Mais petit bémol : dans la terminologie du mot «ère glaciaire», c’est plus adapté pour l’ère glaciaire de Würm il y a 20000 ans, car concernant le vingtième siècle, quelques décennies ne définissent pas un climat planétaire. Un climat global, c’est sur une échelle de millénaires et de millions d’années.

Ensuite, au paragraphe sur E=MC², il est exact de dire que rien ne peut aller plus vite que la lumière, c’est le postulat de la théorie de la relativité, et la vitesse de la lumière a été fixée comme constante fondamentale en 1983 afin de définir le mètre à partir de l’unité du temps (la seconde). Cependant, quand l’auteur dit que certains scientifiques (lesquels ?) pensent avoir trouvé des particules (les tachyons ?) qui briseraient cette limite qu’est la célérité et qu’un autre (Alcubierre) prétend avoir trouvé une façon de voyager plus vite que la lumière. Pour rappel : les tachyons sont hypothétiques, l’espace-temps plissé d’Alcubierre (warp-driving) est hypothétique lui aussi. Les voyages interstellaires à très grande vitesse pourrait être un rêve impossible à réaliser : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/03/12/de-limpossibilite-des-voyages-interstellaires-a-la-vitesse-de-la-lumiere/ Mais cela ne veut pas dire que les sceptiques affirment que les voyages supraluminiques n’existe pas. Cela veut dire qu’on ne peut pas savoir si c’est valide ou faux tant que des expériences n’auront pas été réalisées. On attend juste des preuves. Chaque découverte scientifique a été imprédictible  jusqu’au moment de ladite découverte. On ne sait pas ce que réservent les découvertes futures, rien ne penche en faveur d’une opinion ni d’une autre. On ne sait pas quand se fera une découverte scientifique, ni ce que sera la découverte scientifique. La méthode scientifique s’est consolidée seulement au vingtième siècle, grâce à Karl Popper qui a contribué à une avancée majeure, par le critère de réfutabilité. Avant Popper, la science était érigée en un système arbitraire de la vérité. On croyait auparavant que la science était la quête et la collection de vérités immuables et irréfutables. Le critère de réfutabilité a révolutionné la science moderne : les théories sont des représentations faillibles de la réalité, les théories sont (au mieux) crédibles mais elles ne sont pas LA réalité. La réfutabilité établit la faillibilité des connaissances. Nous ne savons rien de la réalité, nous n’avons que des modèles scientifiques, donc faillibles et réfutables. La science moderne, depuis Popper, ne construit pas des vérités, mais procède par élimination des hypothèses fausses quand celles-ci ont été réfutées à travers des observations ou des expériences. Une hypothèse est dite réfutable si elle a la potentialité d’être invalidée si ladite hypothèse est fausse, et une expérience scientifique doit donc permettre cette possibilité de pouvoir dire si l’hypothèse colle avec les faits OU si elle contredit les faits. Quand une hypothèse ne peut pas être testée, que l’on ne peut pas répondre par oui (ça colle) ou non (ça contredit), alors l’hypothèse n’est pas scientifique.

Voici une citation qui résume bien ce qu’est la science moderne grâce au critère de réfutabilité :

  • « La qualité d’une expérience se mesure au nombre de théories qu’elle fait tomber. » (d’après un professeur à Polytechnique et chercheur au CNRS)

Ensuite, à propos du paragraphe sur le multivers, il faut souligner que ce sujet pose un problème épistémologique. Avant Karl Popper, la science était scientiste, elle érigeait des découvertes (ainsi que les suppositions) en vérités définitives. Les grecs antiques, eux, se basaient généralement sur des concepts, pas sur des lois de la physique, à part quelques esprits scientifiques comme Ératosthène et Hipparque et d’autres. Que dit la science moderne ? La science se base sur la réfutabilité : une hypothèse doit pouvoir être testée expérimentalement ou via des observations, afin de l’infirmer si elle est fausse. Peut-on faire une observation ou une expérience pour observer des univers parallèles ? Apparemment, non. L’hypothèse des multivers est-elle scientifique ? La question vaut d’être posée. Je n’affirme pas que le multivers n’existe pas ni qu’il existe. Le multivers semble être une hypothèse qui ne peut pas être testée. On ne peut pas prouver qu’une hypothèse est fausse si on n’a pas la possibilité de faire une observation permettant la réfutation de l’hypothèse si celle-ci est fausse. En dehors du cadre de la science, on entre dans le domaine de la métaphysique. https://jpcmanson.wordpress.com/2013/03/19/les-univers-alternatifs-quest-ce-que-cest/

Ensuite, en ce qui concerne le voyage dans le temps, c’est possible d’après la théorie de la relativité, mais seulement pour aller vers le futur. Les satellites GPS ont un retard de quelques milliardièmes de seconde par rapport à nous : plus on se déplace vite par rapport à un référentiel, plus notre horloge retarde par rapport à celle du référentiel. Le voyage vers le passé pourrait être impossible à cause des paradoxes temporels. Mais on ne peut rien dire de concret tant qu’on n’a pas de réponse via des expériences.

Ensuite, l’auteur dit ceci, je cite : «Un consensus scientifique ça n’existe pas ! Les scientifiques sont constamment en train de mettre à l’épreuve une théorie. Chaque tentative qui n’est pas confirmée sert à renforcer la théorie originale, jusqu’à ce qu’on en trouve une qui arrive à la contredire.»  C’est exact. Je rajouterai cependant ceci : il suffit d’un seul contre-exemple factuel pour invalider complètement une hypothèse, voire une théorie entière.

Ensuite, les arguments sur la climatologie sont à nuancer. La température moyenne globale s’est bien élevée de 0,6°C sur les 100 dernières années, le réchauffement est une réalité, mais il n’est pas homogène, et il y a des choses à éclaircir. Pour résumer, le réchauffement climatique est une réalité, mais sa médiatisation comporte certaines maladresses et contre-vérités. On veut nous inoculer des certitudes, alors qu’il existe un certain nombre d’incertitudes. Il faut de la transparence, de l’intégrité intellectuelle par rapport aux faits, en totale indépendance de toute influence politique et de celle de groupes de pression comme les ONG. Il faut une démarcation entre ce qui est factuel, et ce qui est faux, en totale objectivité.

Il est difficile d’analyser tout ce qui se dit en climatologie. Mais je peux dire qu’il existe des failles. Celles-ci ne remettent pas en question la réalité du réchauffement climatique, mais la façade est quelque peu maquillée. Le journalisme met des titres racoleurs et alarmistes, la peur fait vendre, c’est une recette qui marche…

Articles internes :

L’objectif n’est pas de nier en bloc le réchauffement climatique parce que l’on n’y croit pas. L’enjeu, c’est de démêler le vrai du faux, il faut un dépoussiérage (au plumeau ou au kärcher ?).

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Suite ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/04/17/sur-le-consensus-scientifique-suite-via-facebook/

 

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Les théories scientifiques c’est comme les lasagnes au «bœuf» : c’est faillible, donc il faut analyser.

© 2013 John Philip C. Manson

Le son du Big Bang ? (Mais enfin allô, quoi…)

Dans cette page intéressante à analyser, on y lit qu’un physicien a reconstitué le son du Big Bang après qu’un enfant de 11 ans lui ai demandé s’il existait un enregistrement du son du Big Bang… Le physicien a traduit les niveaux de chaleur en ondes sonores, il en est ressorti une approximation du son de l’univers entre 380 000 et 760 000 ans après le Big Bang.

Quelle condition faut-il pour qu’une onde sonore puisse exister ? Il faut nécessairement de la matière : un gaz, un liquide ou un solide. Au début de l’univers, la matière était très chaude et très dense, l’expansion de l’univers a fait chuter la température et l’univers est devenu de moins en moins dense. Mais quand le vide spatial est apparu de façon significative, les ondes mécaniques ne se propagent pas dans l’espace.

Le Big Bang avait-il un son ? Quand la matière était compacte, et sujette à des fluctuations hétérogènes locales, c’est possible. Mais il n’y avait personne pour écouter ça. Cependant, et c’est ce point qu’il faut souligner : la température et les ondes mécaniques sont deux phénomènes physiques différents. En écoutant la bande sonore sur 100 secondes, le son évolue selon une décroissance exponentielle, exactement comme la décroissance de la température cosmologique. Le physicien a traduit l’évolution de la température en ondes sonores. À ce niveau, cela s’appelle une ANALOGIE, pas une relation de causalité. C’est un contre-sens de créer une équivalence entre température et bruit en physique.

  • La température est une grandeur scalaire qui est définie par la vitesse quadratique moyenne des atomes ou molécules du milieu matériel. L’agitation thermique correspond au mouvement brownien des atomes. (voir image ci-dessous)

  • Le son est une onde produite par la vibration mécanique d’un support fluide ou solide et propagée grâce à l’élasticité du milieu environnant sous forme d’ondes longitudinales. (voir image ci-dessous)

Les boules bleues et rouges (atomes) de l’image précédente sont de minuscules points oranges en agitation constante dans la deuxième image (ils sont la cause de la température). Les cercles concentriques en propagation à travers les points oranges agités, ce sont les ondes sonores. Onde acoustique et température, ce sont deux choses différentes. Le physicien semble ne pas avoir reconstitué directement les cercles concentriques comme l’image ci-dessus, il a juste modélisé la décroissance de la vitesse du mouvement brownien (donc de l’agitation thermique) des minuscules points oranges de l’image ci-dessus.

Les résultats du satellite Planck ont montré l’image de l’univers tel qu’il était 380 000 ans après le Big Bang (pareil pour WMAP en 2003), avec des informations sur les fluctuations hétérogènes. Cependant, la bande sonore fabriquée correspond à une chronologie entre 380 000 et 760 000 ans après le Big Bang. Ainsi, d’où proviennent les données pour les époques postérieures à 380 000 après le Big Bang, sachant qu’elles doivent être aussi précises que celles de l’époque de 380 000 ans après le Big Bang par Planck ?

Je cite : «Elle a atteint les 2700°C lorsque l’Univers avait 380 000 ans. C’est alors que les protons et les électrons ont pu commencer à se combiner pour former les premiers atomes d’hydrogène et d’hélium.» http://www.franceculture.fr/emission-science-publique-que-nous-apprend-le-satellite-planck-sur-les-origines-de-l-univers-2013-03

Je cite aussi : «Planck traquera le « bruit de fond cosmologique » c’est-à-dire le rayonnement fossile de la toute première lumière de l’univers, émise 380 000 ans après le Big Bang, il y a plus de 13 milliards d’années. L’univers était alors concentré dans un volume un milliard de fois plus faible qu’aujourd’hui. En descendant à 3000 °C, sa température venait à peine de permettre aux premiers atomes d’hydrogène de se former et aux photons de se dissocier de la matière pour se déplacer librement»   http://fr.wikipedia.org/wiki/Planck_%28satellite%29

Ainsi, d’où proviennent les données entre 380 000 et 760 000 ans ?

Quel est le rôle de la vulgarisation scientifique ? Je reconnais que c’est un travail très difficile. Il faut adapter le jargon scientifique à un public néophyte. Simplifier, faire des métaphores, pour rendre la science attractive et amusante. Mais ce n’est pas sans risques. En faisant de la vulgarisation scientifique, on risque de créer de sérieux malentendus dans l’explication de phénomènes physiques. Par exemple, ici, l’analogie entre la température et les ondes acoustiques. Je pense que c’est une erreur. Néanmoins, si la science est rendue plus attrayante par ce genre de métaphore, afin de créer des vocations, je n’y suis pas opposé dans la mesure où des jeunes ayant nourri une vocation scientifique seront capables de discernement et comprendront assez rapidement que la métaphore ne correspondait pas exactement à une interprétation correcte des données scientifiques. En revanche, des néophytes risqueront de se contenter de cette métaphore simpliste… et fausse. Je pense qu’il est utile de raconter des détails supplémentaires, avec en simultané plusieurs types de vulgarisations scientifiques, afin de montrer les nuances entre la vulgarisation vulgaire (comme celle sur la santé et la psychologie à deux balles dans les magazines féminins) et une bonne vulgarisation (comme celle du physicien anglais Stephen Hawking). La vulgarisation scientifique est un art difficile, et Hawking a un réel talent. Pas besoin de diplôme scientifique pour être un excellent vulgarisateur : Jamy Gourmaud, par exemple, avec l’excellente émission «C’est pas sorcier», est un excellent vulgarisateur de la science, bien qu’il soit diplômé en Droit et diplômé en journalisme.

La vulgarisation scientifique, ce n’est pas seulement la transmission de connaissances. C’est aussi un état d’esprit. Il faut avoir un certain talent pour créer un contact réussi avec le public. Des métaphores racoleuses peuvent rendre la science attrayante, c’est vrai, mais les auditeurs doivent remettre à jour leurs propres connaissances quand ils veulent en savoir plus. Au collège, les profs présentent le modèle de l’atome comme un noyau autour duquel des électrons orbitent comme des planètes. C’est une représentation simple à comprendre pour un public débutant, mais cette représentation est fausse. Les orbitales électroniques forment un nuage autour du noyau atomique, et la position et la vitesse de chaque électron (conditionnées par la masse de l’électron) sont floues, car ces paramètres sont dotés d’un degré de probabilité, parce qu’à l’échelle atomique il n’y a pas de déterminisme. C’est le domaine de la physique quantique.

Justement, pour parler de la physique quantique, c’est une théorie scientifique intéressante. Mais très souvent mal interprétée par le public. Même les élèves de Terminale S ont des difficultés pour bien assimiler les rudiments de cette théorie, c’est normal, il faut du temps, de la concentration.

Voici des dossiers sur la physique quantique, essentiellement portés sur une problématique épistémologique :

Je pense personnellement que le premier rôle de la vulgarisation scientifique n’est pas seulement de transmettre des connaissances de base, mais de transmettre surtout les critères qui définissent ce qu’est la science et comment fonctionne la méthode scientifique, à travers le problème épistémologique de la démarcation. On ne mélange pas le vin avec le vinaigre…

Comment fonctionne la méthode scientifique ? On émet une hypothèse qui a la possibilité d’être réfutée si celle-ci est fausse. On fait une expérience ou une observation. Les résultats sont examinés. Si l’hypothèse contredit les résultats expérimentaux ou observationnels, l’hypothèse est alors réfutée, et donc rejetée, puis on émet une nouvelle hypothèse (et ainsi de suite…). Si l’hypothèse colle bien avec les faits, alors on fait une prédiction à partir des implications de l’hypothèse, et si ça colle bien avec les faits alors on crée ou modifie la théorie pour la mettre à jour. Voir le schéma ci-dessous.

methodescientifique

La subjectivité n’est pas un critère scientifique. En science, seules comptent la perception sensorielle (vision, audition…), la logique, les mathématiques, et l’intuition pour imaginer des hypothèses à tester, et surtout le critère de réfutabilité. Ainsi, les croyances et les émotions ne sont d’aucune utilité. Cette attitude peut paraître «froide» pour certains, mais les investigations de la raison ont fait leurs preuves.

On l’a vu, le critère essentiel de la science est la réfutabilité. Ainsi, le principe de la science, c’est le doute. Le doute n’est pas une attaque ad hominem ni un jugement de compétences. Le doute scientifique est basé sur l’objectivité. Des affirmations sont proposées, et sachant que toute information est potentiellement faillible, il est recommandé de les vérifier.

Ainsi, est-ce que la bande sonore réalisée par le physicien pourrait être fausse ? Ce questionnement est scientifique. Comment vérifier ? J’ai édité la bande sonore du «Big Bang» avec un logiciel : je me suis aperçu d’une anomalie. En effet, la fréquence sonore diminue, elle est l’analogie de l’abaissement exponentiel de la température cosmologique, ça on s’y attendais, mais voila, j’ai pu constater que l’amplitude du signal acoustique augmente jusqu’à atteindre un maximum à la cinquantième seconde, pour décroître ensuite pour s’éteindre à la centième seconde… Pourquoi cette amplification croissante puis décroissante ? Retraduite en terme de température, c’est un non-sens, parce que la température n’a qu’un paramètre : la température. Par contre, si on parlait en terme d’énergie et de puissance énergétique, il y aurait alors deux paramètres : l’énergie (en Joules), et la puissance (en Watts = Joules par seconde). La température, elle, est exprimée en degrés Celsius ou en Kelvins. Donc je m’étonne de l’amplification sonore qui est un paramètre indépendant de la fréquence sonore… Donc pourquoi cette amplification, qu’est-elle sensé représenter ? Cette amplification atteint son maximum à une date qui correspond à peu près à l’époque de 570 000 ans après le Big Bang. La diminution de la fréquence sonore désigne, par analogie maladroite, la baisse de la température. Mais l’élévation de l’amplitude suivie d’une diminution, ça reste un mystère… De plus, les données du satellite Planck ne concernent que le début de la bande sonore, pas la totalité.

D’après la loi du corps noir, une puissance énergétique rayonnante par unité de surface est proportionnelle à la puissance quatrième de la température absolue. Ainsi cette puissance rayonnée par unité de surface diminue du fait de l’expansion de l’univers, donc la température décroît indéfiniment.

Bien que je sache lire l’anglais, les explications données me paraissent confuses entre différents paramètres physiques non définis explicitement : «Selon l’analyse de Planck , le profil d’émission du rayonnement de fond cosmologique a culminé à 379.000 années et est tombé à l’intensité de 60% ​​à 110.000 années avant et après le temps de pic d’émission. La simulation représente les 760.000 premières années de l’évolution de l’univers.»

Profil d’émission ? Cela désigne une émission électromagnétique après le découplage des photons, et ces rayonnements émis interagissent avec la matière. Il y a émission et absorption, avec prédominance de l’une par rapport à l’autre. C’est ce que semble suggérer la variation d’amplitude de la bande sonore qui fait là ici aussi une analogie comme la température. Faire cette création sonore est un choix esthétique, une fantaisie de synesthète, ce son-là n’a pas existé.

Je ne nie pas l’existence d’un son bien réel pour le Big Bang, bien au contraire, mais il est d’une autre nature que les paramètres comme la température et le profil d’émission. À ses débuts, l’univers était très chaud et très dense, ce qui suggère une structure solide, ou je dirais plutôt un plasma condensé d’atomes ionisés. Un plasma chaud et dense peut propager des ondes mécaniques en son sein. Mais ce son disparaît avec l’expansion de l’espace, le son ne se propage pas dans le vide. Dans un plasma dense et chaud bien homogène et qui se refroidit : il n’y a pas de son. Mais dans un plasma dense et chaud ayant des irrégularités (différences thermiques, différences de densités), le son peut se propager du fait de l’hétérogénéité du plasma. C’est ce son-là qu’il aurait été intéressant de reconstituer. Mais créer un son qui fait l’analogie de la baisse de température, ce n’est pas représenter le bruit du Big Bang, puisque le bruit n’est produit que par les différences hétérogènes (différences de température, différences de densités) pour une époque donnée (mais pas en fonction du temps).

Et l’odeur du Big Bang, ça avait le goût du crottin de cheval ?

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L’ouverture d’esprit, dans la science, qu’est-ce que c’est, au fond ? Créer un peu de poésie au point de faire entorse avec le réel ? Ou bien faire preuve de recul critique et montrer le réel aussi bien que possible ?

La culture scientifique : une machine à fabriquer du rêve ? Voir ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/01/29/la-culture-scientifique-une-machine-a-fabriquer-du-reve/

La nature est vraiment très belle, il suffit de voir les amas d’étoiles comme les Pléiades par exemple, ou les nébuleuses de la constellation d’Orion aussi. Montrer la réalité telle qu’elle est, c’est mieux que des simulations comme les «vues d’artiste» répandues dans les magazines. Et même si la réalité naturelle n’est pas toujours belle, ce serait malhonnête de l’embellir avec des analogies et des métaphores, même si l’intention était bonne, parce que le public peut mal interpréter les connaissances scientifiques. On a vu ce que ça donne avec la confusion totale entre la physique quantique et le mysticisme quantique.

À travers tout ce que j’ai dit, pourquoi y a t-il toujours de la crédulité humaine pour l’astrologie, pendant que le public a des connaissances très faibles sur les rudiments de l’astronomie. En même temps, il se passe des choses ahurissantes, comme ce scandale universitaire dans le monde des sciences humaines : http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article392

La vulgarisation scientifique a encore des efforts à accomplir. Il ne peut y avoir de véritable vulgarisation de la science sans esprit critique.

Voici une démarche intéressante : http://eduscol.education.fr/cid46920/enseigner-les-sciences-technologie-ecole.html «La main à la pâte», selon moi, est une opération qui va plus loin que la vulgarisation scientifique. L’opération se base sur des critères comme l’expérimentation, la recherche documentaire, l’observation, la modélisation. Cela est une base essentielle pour l’esprit critique, la mémoire, et la structuration des connaissances. Parce que cela incite les jeunes à réfléchir, et non seulement à écouter passivement des enseignants.

Par ma propre expérience personnelle, j’en ai appris beaucoup plus à travers l’exercice de l’esprit critique qu’à travers tout ce que j’ai appris en milieu scolaire et dans mes lectures. Ou on fonctionne comme une éponge qui boit tout, ou on fonctionne comme un système immunitaire.

Faire régulièrement du sport pour conserver la santé, c’est un bon conseil. Cependant, on n’entend pas beaucoup parler des sports cérébraux. L’hygiène intellectuelle, c’est aussi important que la santé des muscles. Pourquoi donc la négliger ?

Le scepticisme rationnel et scientifique est aussi important que l’apprentissage de la lecture, l’écriture et le calcul. Même les bases scolaires sont en danger…

Cela peut paraître audacieux ou prétentieux de remettre la vulgarisation scientifique en question. Mais c’est le principe même de la science. Comme toute information, la vulgarisation elle-même est faillible. Des choses vulgarisées peuvent être fausses… C’est une erreur de croire que tout est absolument vrai dans la vulgarisation. Il peut y avoir des erreurs, des lacunes, des coquilles. C’est plus fréquent que je ne le croyais.

Arguments :

  • « Si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle. » (Noam Chomsky)
  • « Les métaphores en science, ce sont comme les moustiques écrasés sur le pare-brise : plus il y en a, moins on voit la route ni ne comprend les panneaux. »  (John Ph. C. Manson)

© 2013 John Philip C. Manson