Une cité maya découverte grâce aux constellations

Lisez d’abord la page du lien ci-dessus. Pour une fois, c’est une info authentique sur un travail réel réalisé par un jeune, et qui a abouti à une découverte. Auparavant, c’était souvent des buzz sensationnalistes sur des jeunes et leurs « théories » qui n’était pas grand chose de concret… Mais là, enfin, on a une info solide.

  • Je cite une phrase essentielle extraite du texte du journal Libération : « Rigel et Alnitak sont représentées par les cités Calakmul (Mexique) et El-Mirador (Guatemala). »

Peut-on potentiellement découvrir d’autres vestiges de cités mayas ? Oui.

J’ai pris comme hypothèse que l’étoile Sirius (de la constellation du Grand Chien) est représentée selon les proportions définies par les mayas sur le globe terrestre.

Pour vérifier cela, on relève les coordonnées géographiques de Calakmul et El Mirador, on les trouve sur Wikipedia. Ces données sont souvent exprimées en degrés, minutes et secondes d’arc, il faut les convertir ensuite en degrés décimaux, puis en radians.

Ensuite, on calcule les coordonnées cartésiennes de chaque point x, y et z qui définit chaque lieu connu.

Voici les équations :

  • x = -R . sin(longitude) . cos(latitude)
  • y = R . sin(latitude)
  • z = R . cos(longitude) . cos(latitude)

Voici les étapes :

  • Rigel est une étoile matérialisée symboliquement par un point sur Terre, situé à Calakmul, coordonnées 18,10539° N et 89,81082° W, soit en coordonnées cartésiennes (en km) :  6055,516 ; 1979,889 ; 19,994.
  • Alnitak est une étoile matérialisée symboliquement par un point sur Terre, situé à El Mirador, coordonnées 17,75505° N et 89,920431° W, soit en coordonnées cartésiennes : 6067,537 ; 1942,825 ; 8,426.
  • Sachant que 40,645 km sépare Calakmul de El Mirador, selon un angle céleste de 9,042° (différent de l’angle terrestre cependant, car les mayas n’ont pas mis à l’échelle naturelle), Sirius a donc pour coordonnées X,Y et Z telles que X²+Y²+Z² = 6371² et 106.4²=(x-6055.516)²+(y-1979.889)²+(z-19.994)² et aussi 97.365²=(x-6067.537)²+(y-1942.825)²+(z-8.426)².
  • Selon le système d’équations à 3 inconnues, il existe deux solutions dont une seule est valable : POINT A = 6059,18 ; 1966,89 ; -85,546, et POINT B = 6075,84 ; 1914,05 ; 101,072.
  • Comme je le disais, les mayas ont calqué le ciel sur le sol terrestre, mais pas à la même échelle angulaire. En effet, le ciel reproduit sur le sol est 24,74 fois environ plus grand que la surface de la voûte céleste. Ainsi, 9,042° sur le globe terrestre correspond à 0,3655° sur le ciel…
  • En convertissant les coordonnées cartésiennes en coordonnées géographiques, afin de définir le point qui correspond à Sirius, le point A est à 17,982438° N et 89,19088° W, et le point B est à 17,483530° N et 89,04667° W.
  • Le point A est situé près d’une zone habitée et un peu fréquentée, je doute qu’il reste des vestiges inconnus là-bas car sinon ils auront été trouvés depuis longtemps. Le point B, en revanche, est situé dans une région très boisée et inhabitée, on devrait aller voir sur place là-bas…

 

Comme vous le voyez, les mathématiques, notamment la géométrie 3D, peuvent permettre de retrouver des cités perdues.

J’ai dit « découverte authentique » plus haut, mais je dois corriger ce que j’ai dit car il y a du nouveau :

 

Il faut toujours rester prudent sur les annonces de découvertes inédites. Il faut garder un certain recul critique et de la rigueur, il ne faut pas céder aux sirènes des médias.

 

© 2016 John Philip C. Manson

 

Exemple d’évaluation de l’astrologie

Dans un magazine féminin, je tombe sur la dernière page qui parle d’astrologie. Ce qui y est décrit peut être comparé avec ce qui existe dans les faits réels.

Voici une image du paragraphe en question :

maxi-astro

 

Vérification avec le logiciel de planétarium Stellarium (des observations astronomiques directes c’est même mieux, mais faut avoir les moyens) :

  • Mercure rejoint Uranus : vrai, on appelle cela une conjonction, quand deux astres se réunissent dans une même zone du ciel terrestre.
  • Mercure et Uranus en conjonction dans la constellation du Bélier : faux, la conjonction se produit actuellement (en cette mi-avril 2014) dans la constellation des Poissons. L’astrologie commet l’erreur de ne pas prendre en compte le phénomène de précession des équinoxes, phénomène pourtant connu depuis l’antiquité grecque (Hipparque, il y a plus de 20 siècles)… Mais précession ou pas, l’astrologie reste invalide et subjective quelque soit la bidouille utilisée…
  • Une opposition formée entre Jupiter et Pluton : vrai.
  • Au 13e degré des signes cardinaux ? D’après la grille équatoriale, ce serait plutôt un angle d’environ 30°, et d’après la grille azimutale ce serait environ 5°.
  • Mars en opposition avec Mercure : approximativement vrai, l’alignement entre Mars, la Terre et Mercure est plutôt imparfait.
  • Éclipse totale de la pleine lune ce mardi : vrai, mais l’éclipse totale de lune est seulement visible depuis l’Amérique du Nord.
  • «Tout un programme qui ne s’annonce pas des plus sereins» : avec un S final à l’adjectif… Les événements n’ont aucun lien de causalité avec les alignements astronomiques (sauf bien-sûr lorsqu’un énorme astéroïde s’écrase fortuitement sur Terre). Et si les éclipses présageaient des changements, ça ce saurait, notamment les changements liés à la politique («le changement c’est maintenant» , disait le Président…). Les changements sont le fruit de la volonté humaine (ou des lois de la nature plus forte que nous), mais les changements n’ont jamais été initiés par des projections d’une ombre sur un support quelconque… Quand une mouche vole autour d’une ampoule électrique allumée, et que l’ombre de la mouche est projetée sur mon agenda posé sur mon bureau, cela présagerait-il une future promotion professionnelle ? L’astrologie c’est tout aussi absurde.
  • Pluton devient rétrograde pour 5 mois : je suppose que c’est quand la Terre et Pluton se rapproche au plus près puis la Terre s’éloigne ensuite de Pluton ; cela survient alors dans la période du 14 avril au 23 septembre 2014, c’est-à-dire approximativement d’un équinoxe à l’autre. Par exemple, la Terre se rapproche de Pluton jusqu’au 2 juillet 2014 à 03:49, puis s’en éloigne ensuite, puis après un délai d’environ 6 mois, la Terre en opposition avec Pluton se rapproche ensuite de Pluton. Qu’une planète avance ou recule, cela n’influence en rien nos destinés et nos habitudes, à moins d’être très crédules (ou hypocondriaques…).
  • Chiron en s’associant à Vénus ? En astronomie, Chiron désigne un astéroïde cométaire, il a sa propre orbite entre Saturne et Uranus (http://fr.wikipedia.org/wiki/%282060%29_Chiron). Le logiciel Stellarium n’a pas Chiron dans sa base de données, je ne peux pas vérifier la position de Chiron sur son orbite. Mais si l’astéroïde Chiron n’a rien à voir avec le thème astrologique présenté dans l’image ci-dessus, on doit rappeler qu’en astronomie, Chiron est une lune de Saturne que Hermann Goldschmidt crut détecter en 1861, mais qui s’avéra imaginaire, et son existence fut donc réfutée… De quel Chiron les astrologues parlent-ils ? Je dois préciser que l’astéroïde Chiron n’était absolument pas connu avant l’automne 1977, il y a seulement à peine 37 ans que cet astéroïde fut découvert, et donc les astrologues ne pouvaient pas en parler auparavant… Donc si les astrologues utilisent dans leurs «prédictions» la lune imaginaire de Saturne, Chiron, qui n’existe même pas, cela n’a aucun sens…
  • Il ne faut pas confondre Chiron (précédemment cité) avec Charon qui est une lune de Pluton, et Charon fut découvert en 1978, et de ce fait, Charon était inconnu avant cette date… http://fr.wikipedia.org/wiki/Charon_%28lune%29

 

On le constate, l’astrologie se décrédibilise, une fois de plus…

 

Voici un article sur l’éclipse de lune survenue récemment : http://tempsreel.nouvelobs.com/sciences/20140414.OBS3861/suivez-l-eclipse-totale-de-lune-en-direct.html

Cependant, dans ce journal, on peut lire une phrase intrigante :  «Le satellite de la Terre a viré au rouge au cours d’un phénomène astronomique rarissime.»  Rarissime ? Que définit-on par rarissime ?…

Si la lune était exactement sur le plan de l’écliptique en permanence, il se produirait des éclipses lunaires et solaires une fois par mois, soit 12 fois par an.

En ouvrant mon agenda d’astronomie daté de 1990, je constate qu’il y eut une éclipse lunaire le 6 août 1990, visible en Asie. Aussi, il y eut une éclipse solaire le 26 janvier 1990, visible en Antarctique, et une autre le 22 juillet 1990, visible en Finlande et dans l’ex-URSS.

Il y a au moins 1 à 2 éclipses de lune par an. http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89clipse_lunaire Ce n’est pas souvent, mais cela peut arriver plusieurs fois au cours d’une année. La chute d’un astéroïde de 10 km de diamètre sur la Terre, voila un phénomène franchement rarissime…

 

En 2014, il y a 2 éclipses lunaires : le 15 avril et le 8 octobre. Mais en 2013, il y en a eu 3. Rarissime, disent-ils ? Ils se sont renseignés au moins ?…

Il y a eu 23 éclipses de lune entre avril 2005 et octobre 2014, dont 8 éclipses totales.

En ce qui concerne les tétrades (4 éclipses consécutives), on doit penser au cycle du Saros, http://fr.wikipedia.org/wiki/Saros selon lequel le soleil, la Terre et la Lune retrouvent approximativement la même géométrie relative et une éclipse presque identique se produit selon une période de 223 mois synodiques ou lunaisons (environ 18 ans) qui peut être utilisée pour prédire les éclipses de Soleil et de Lune. Comme l’astrologie fait le déni de la précession des équinoxes depuis plus de deux millénaires, je présume qu’elle renie aussi l’existence du Saros… D’après moi, il y aurait en moyenne 5 tétrades par siècle.

 

 

© 2014 John Philip C. Manson

 

Une planète géante avalée en direct par un trou noir ?

On lit dans l’article en lien que des astronomes ont auraient observé un trou noir qui avale une planète géante.

L’examen de la vidéo montre que c’est une simulation, c’est-à-dire une sorte de dessin animé ou une «vue d’artiste» comme on en voit habituellement dans la presse de vulgarisation scientifique. Je trouve que les vues d’artiste sont des représentations vulgaires et biaisées de la réalité ; je préfère de loin les photographies ou les images du spectre infrarouge qui sont fidèles à la réalité (surtout quand il s’agit des images prises par le télescope spatial Hubble).

Le premier paragraphe de Maxisciences décrit le trou noir comme si c’était un volcan en réveil, c’est ce que cela suggère implicitement. La description ne correspond donc pas à l’astrophysique des trous noirs telle qu’on la connaît dans le cadre de la relativité générale. Un trou noir absorbe la matière à sa portée dès que ce trou noir s’est formé par effondrement gravitationnel sur lui-même, l’assimilation de matière par un trou noir est continuelle, elle n’a aucun phase de repos ni de réveil…

Dans le deuxième paragraphe, cela parle du satellite INTEGRAL. Celui-ci existe bien : c’est le «International Gamma Rays Astrophysics Laboratory», un satellite de 3 tonnes et demie. (http://fr.wikipedia.org/wiki/International_Gamma-Ray_Astrophysics_Laboratory). Il faut préciser que ce satellite ne permet pas des observations dans le spectre visible, il est un détecteur de rayons gamma et X.

Détection de planète avalée par un trou noir, ou alors il s’agit d’un autre événement ?

La chronique récente de l’astrophysique a évoqué l’hypothétique découverte de la matière noire sur la base de détection de positrons (anti-électrons = antimatière). Mais pas de planète géante a priori. L’instrument SPI du satellite  INTEGRAL a permis de réaliser une carte de la distribution des émissions de rayons gamma à 511 keV (kilo-électronvolts) qui sont produits lors de l’annihilation positron/électron. Les scientifiques ont ainsi pu déterminer qu’environ la moitié de l’antimatière produite dans la galaxie l’était par des trous noirs ou étoiles à neutrons arrachant de la matière à un compagnon de masse inférieure ou égale à celle du Soleil. Concernant la matière noire, toujours hypothétique, il faudra des preuves convaincantes. INTEGRAL, à ma connaissance, n’a pas détecté de planète géante. Et j’apprends aussi que la détection récente des positrons concerne le centre de notre propre Galaxie, donc pas NGC 4845. (http://smsc.cnes.fr/INTEGRAL/Fr/lien3_res.htm)

Marek Nikolajuk est authentiquement un physicien polonais. Via le site internet de l’ESA, j’en apprends davantage : la galaxie NGC 4845 (à 47 millions d’années-lumière de nous) a émis des rayonnements à haute énergie. C’est cet événement inhabituel qui suggère l’idée inadaptée d’un «réveil». Les astronomes affectés à l’étude ont conclu à un objet substellaire comme cause du rayonnement, un objet ayant 14 à 30 fois la masse de la planète Jupiter. Ils n’évoquent pas une planète géante, ils décrivent l’objet comme étant plutôt une naine brune (une étoile avortée car peu suffisamment massive). (http://www.esa.int/Our_Activities/Space_Science/Black_hole_wakes_up_and_has_a_light_snack?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+google%2FqkAO+%28Science%29) Mais l’hypothèse d’une super-Jupiter n’est pas écartée.
Il est question ici d’un trou noir galactique de 300 000 masses solaires. Le retard de 2 ou 3 mois entre la brillance et l’atténuation des rayons gamma, selon moi cela pourrait peut-être dû à l’objet orbital qui perd peu à peu sa grosse atmosphère dans le trou noir, ce dernier subirait alors une augmentation de son moment cinétique, et dont la conséquence est un éloignement progressif de l’objet en orbite, augmentant du coup peu à peu sa période orbitale.
En savoir plus avec le spectre visible ? Très peu envisageable, étant donné la distance (47 millions d’années-lumière). On sait que le télescope spatial Hubble a une résolution d’image de 0,1 seconde d’arc. Si Hubble observait la galaxie NGC 4845, un zoom sur une distance de 47 millions d’années-lumière permettrait de pouvoir pixeliser des objets dont l’envergure est supérieure ou égale à 22,8 années-lumière. Une naine brune a un diamètre de plusieurs milliers de km, c’est ponctuel par rapport au pixel critique de 22,8 années-lumière. Il est donc impossible d’observer directement (dans le spectre visible) l’image de l’objet substellaire qui orbiterait autour du trou noir.
Le rayon de Schwarzschild du trou noir de NGC 4845 est d’environ 890 000 km, très inférieur aux 22,8 années-lumière qui forment le côté d’un pixel d’une image que pourrait faire le télescope spatial Hubble.
En revanche, on peut mesurer les rayons gamma. L’énergie d’un seul rayon gamma ou X suffit, à elle seule, d’avoir une information sur un événement en astrophysique qui soit capable d’initier une énergie élevée. Les rayons gamma ne sont pas là pour structurer une image comme une photo d’un objet lointain. L’info essentielle ici c’est l’énergie du rayonnement électromagnétique et celle des positrons mesurés.
Remarque : l’ESA indique que le trou noir aurait une masse de 300 000 masses solaires, tandis que Maxisciences rapporte qu’il serait de 100 000 masses solaires. Il y a une erreur. Pourquoi les rédacteurs ne se relisent-ils pas ? Bon allez, je l’avoue : j’aurais adoré être journaliste scientifique, l’astronomie est un sujet que je connais par cœur depuis 1985, je maîtrise l’astronomie même mieux que mon métier de formation (la chimie). J’estime que la rigueur, la passion des sciences et le sens critique font partie du métier de journaliste scientifique, c’est indispensable. Le mieux serait que les scientifiques eux-mêmes communiquent sur leurs propres découvertes, sans faire relayer les informations par des intermédiaires… Mais les scientifiques sont déjà très occupés.
Tout cela me fait penser à un jeu amusant : le téléphone arabe. (http://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%A9l%C3%A9phone_arabe) Le jeu du téléphone arabe consiste à faire circuler rapidement de bouche à oreille à travers une file de joueurs, une phrase inventée par le premier d’entre eux puis récitée à voix haute par le dernier. L’intérêt du jeu est de comparer la version finale de la phrase à sa version initiale. En effet, avec les éventuelles erreurs d’articulation, de prononciation, les confusions entre des mots et des sons, la phrase finale peut être tout à fait différente de la phrase initiale. (« Nous sommes l’élite de la nation » pouvant devenir « Nous sommes l’hélice de la passion »). L’intérêt du jeu croît avec le nombre de joueurs et la complexité du message à échanger.
J’imagine une variante du téléphone arabe : le téléphone scientifique. Les règles sont les mêmes : on transmet la parole de bouche à oreille, mais en racontant à son voisin un résumé d’article scientifique, en prenant une source officielle (par exemple, l’ESA) comme texte d’origine. L’évolution de l’info retransmise d’une personne à l’autre est peu à peu dénaturée, le sens général du texte scientifique devient confus, évasif, abscons, simpliste, réducteur. Au pire, il devient bourré d’erreurs scientifiques. La perte de qualité de l’info dans le jeu du téléphone scientifique est proportionnelle à la complexité de la source d’origine et inversement proportionnelle au degré de connaissances scientifiques des participants du jeu.  Avec les médias modernes (notamment sur le web) qui s’improvisent dans le journalisme scientifique, la variante scientifique du téléphone arabe c’est ce qui se passe tous les jours. Sans recul critique, les lecteurs (et les rédacteurs aussi) peuvent ne pas déceler des erreurs, et considérer celles-ci comme étant des infos fiables… Pourtant, et j’ai des preuves dans mon blog, l’information est faillible : lire ceci https://jpcmanson.wordpress.com/2012/12/28/une-erreur-dans-un-livre-de-thermodynamique-pour-ingenieurs/ et cela https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/03/les-encyclopedies-sont-elles-sans-erreurs-et-infaillibles/ L’erreur est humaine, persévérer est diabolique.  🙂
L’information scientifique c’est faillible, c’est comme la viande de cheval dans les lasagnes de bœuf. C’est pour cela qu’il faut toujours faire des analyses.
cheval
© 2013 John Philip C. Manson

Sélénographie : mesure empirique de la hauteur des pitons centraux de cratères lunaires

Je crée ici un article dans lequel je relate ma recherche personnelle en sélénographie.

La lune me passionne depuis bien longtemps. Elle est l’une des raisons qui m’ont fait naître ma vocation scientifique. L’astronomie est la science la plus ancienne, l’astronomie est la première science ayant éveillé mon intérêt.

La lune, ses mers, ses cratères, des reliefs qui excitent l’imaginaire et l’intelligence. Nom de Zeus, j’aurais aimé explorer la lune comme un astronaute. Étant chimiste de base, la minéralogie aussi est une science passionnante comme l’astronomie. Les sciences sont reliées entre elles, interdisciplinaires, elles sont complémentaires.

J’en viens au fait. Quand on observe la lune comme un imbécile heureux, peut-on découvrir de nouvelles connaissances scientifiques vérifiables, observables et reproductibles ? Oui !

na_gif

Par l’observation directe (par télescope) ou par l’intermédiaire de photographies de la lune, on peut découvrir de nouvelles informations quantitatives par l’examen de petits détails.

Dans les encyclopédies et les atlas, les cratères lunaires sont répertoriés avec soin. Mais il faut souligner que les cratères lunaires possèdent souvent un piton rocheux central, vestige de l’impact météoritique ayant créé un cratère. Est-il possible de mesurer scientifiquement la hauteur (ou altitude) d’un piton central de cratère lunaire ? Oui.

Quelles données utiles connaissons-nous ? Le cratère Albategnius attire mon attention.

crateres

Lorsque la lune est à son premier quartier, on aperçoit bien l’ombre projetée par le piton sur la plaine interne de ce cratère. On connaît le diamètre du cratère (114 km), on parvient à mesurer la longueur de l’ombre du piton lors du premier quartier (voir ici-bas), on connaît l’angle des rayons solaires par rapport au sol lunaire (au premier quartier, cet angle est la différence des longitudes entre le centre de la face lunaire et le centre du cratère étudié, soit 4,3°).

Je pose l’équation suivante, simplifiée pour le moment du premier quartier :

h = D × tan C

  • D = longueur au sol de l’ombre du piton central
  • h = altitude (hauteur) du piton par rapport à la plaine interne du cratère
  • C = différence des longitudes
  • Une première mesure a été réalisée : j’ai trouvé une hauteur d’environ 1,2 km pour le piton central du cratère Albategnius.
  • Une deuxième mesure, plus précise au moyen d’une photo numérique à meilleure résolution, indique que le point culminant du piton central d’Albategnius est de l’ordre de 714 à 779 mètres d’altitude. Apparemment, ce piton est moins haut que les remparts du cratère lui-même, ces remparts ont une hauteur de 3 à 4 km d’après certaines données trouvées sur Internet (http://caosphoto.blogspot.fr/2008/03/ballet-des-ombres-dans-l-d-albategnius.html). Mais grâce à ce blog ci-contre, je m’aperçois d’un détail très important : le blog caosphoto indique que Albategnius a un cratère de 136 km de diamètre, tandis que Wikipedia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Albategnius_%28crat%C3%A8re%29) affirme un diamètre de 114 km. Si ce blog dit vrai, alors une correction dans mon calcul est nécessaire car ça signifie que la longueur de l’ombre (lors du premier quartier) est plus grande qu’estimée, et par conséquent la hauteur du piton central d’Albategnius devient comprise entre 852 à 929 mètres.

Albategnius

© 2013 John Philip C. Manson

À propos de l’exoplanète plus petite que Mercure

J’ai lu un intéressant article sur une exoplanète plus petite que la planète Mercure : http://www.directmatin.fr/technologie/2013-02-26/decouverte-dune-exoplanete-plus-petite-que-mercure-403137 Mais j’ai aussi examiné une des sources principales : http://www.nasa.gov/mission_pages/kepler/multimedia/images/kepler-37-lineup.html     Bilan : je constate une erreur quantitative qu’on ne peut pas négliger.

Chez Directmatin, il y est fait mention que la distance de l’exoplanète par rapport à nous est de 210 000 années-lumière. Mais le site de la NASA mentionne une grandeur mille fois plus faible : 210 années-lumière. Je ne comprends pas pourquoi une pareille erreur puisse se produire. Le site a été informé récemment de cette erreur. Puis aussi les commentaires des autres internautes sur l’article sont intéressants.

Dans la presse quotidienne, faire des erreurs quantitatives ne sont pas des exceptions. Je le rappelle encore : les médias sont faillibles et on a le devoir de tout vérifier.

Découvrir l’erreur n’était pas le but de mon présent article, j’avais en fait consulté la page de la NASA afin de trouver des infos complémentaires pour l’orbite de l’exoplanète Kepler-37b. On apprend alors que Kepler-37b orbite autour de son étoile hôte en 13 jours à une distance de moins d’un tiers de la distance qui sépare Mercure du soleil. J’avais besoin de ces données afin de calculer la masse de l’étoile hôte.

m = (0,387 × 0,3333)³ / (13/365,25)² = 1,69

Ainsi, l’étoile hôte de Kepler-37b a une masse d’environ 1,69 masse solaire au maximum. Mon calcul se base sur la troisième loi de Kepler.

 

 

© 2013 John Philip C. Manson

Une petite erreur de calcul sur un article de Yahoo

Une erreur journalistique concernant un calcul s’est glissée dans un article de Yahoo : http://fr.news.yahoo.com/plan%C3%A8tes-s-urs-terre-rep%C3%A9r%C3%A9es-%C3%A0-seulement-13-170741210.html

  • Je cite : «Mieux, la plus proche se trouverait à «seulement» 13 années-lumière de notre planète, soit quelque 9.460 milliards de km.»

En réalité, l’année-lumière vaut 9460,7 milliards de kilomètres. Donc 13 années-lumière c’est 13 fois cette valeur : soit 122 990,4 milliards de kilomètres.

Fort heureusement, on peut compter sur la perspicacité des internautes. Un internaute a fait remarquer l’erreur en commentant l’article, comme ce qui arriva aussi à propos de l’article intitulé «Pourquoi dort-on mal en février».

En fait, l’erreur provient de 20Minutes : http://www.20minutes.fr/sciences/1096391-planetes-soeurs-terre-reperees-a-seulement-13-annees-lumiere

Yahoo n’a fait que relayer l’info sans corriger l’erreur.

Je suis convaincu que les journalistes ont besoin de l’aide des scientifiques. L’on devrait toujours considérer les infos comme potentiellement erronées ou inexactes et d’apporter une correction si nécessaire avant d’être suffisamment sûr de relayer l’info. C’est parce que l’erreur est humaine que l’esprit critique est nécessaire.

J’ai moi-même pris l’habitude de relire attentivement mes articles dans le blog.

1 année-lumière = 9 460 730 472 580 800 mètres. C’est la distance parcourue par la lumière dans le vide pendant une année.

© 2013 John Philip C. Manson

L’astrologie New Age comparée avec l’astronomie scientifique

Un truc commence sérieusement à me gonfler. La récupération des sciences par la secte New Age, notamment l’astronomie.

Vu sur le web :

« L’ère du verseau, un changement de champ magnétique qui influe sur le cerveau humain?

C’est un changement de cycle très important pour notre planète, puisqu’il correspond à la fin d’une période de 25 920 ans, appelée aussi année galactique.
Une année galactique est la durée nécessaire pour que notre système solaire fasse un tour complet sur lui-même.
Elle se divise en 12 mois, donc un mois galactique correspond à
25 920 : 12 = 2 160 ans. Les champs magnétiques influençant la planète commencent à changer de forme et même à se déplacer. Ce phénomène perturbe les animaux.
La modification des champs magnétiques influence aussi beaucoup les émotions des humains. »

Quelles grosses conneries. L’Ère du Verseau est un thème d’une idéologie sectaire.

La galaxie a une période de rotation d’environ 250 millions d’années. Certainement pas 25920 ans. Cette période de 25800 environ est en fait la durée du cycle de précession des équinoxes, et les adeptes de la secte New Age confondent le cycle galactique avec la précession alors que les deux n’ont rien à voir.

Le système solaire un tour complet sur lui-même ? N’importe quoi. Les planètes tournent autour du soleil avec des durées extrêmement variables : il faut presque 88 jours pour Mercure, mais environ 248 années pour Pluton !!

Ce qui est dénommé comme étant année galactique désigne en fait la précession des équinoxes qui concerne le décalage des saisons, car ce mouvement concerne seulement la Terre qui tourne sur son axe de rotation comme une toupie (se renseigner sur les gyroscopes pour comprendre le phénomène en détail) mais ça n’a rien à voir avec la galaxie…

Puis concernant les champs magnétiques, là non plus : aucun rapport avec la galaxie ni même avec la précession des équinoxes. Et les pôles magnétiques terrestres ne commencent pas à s’inverser, cela n’a PAS été observé, c’est une rumeur, un des thèmes préférés de la propagande sectaire New Age. À cela on peut y ajouter les prophéties du calendrier maya et le débarquement des aliens…

Le New Age raconte d’énormes foutaises en détournant malhonnêtement la science de son contexte. Ne laissons pas l’obscurantisme gagner du terrain sur les esprits crédules avec une pareille doctrine qui met en scène la fin du monde en suscitant la peur chez autrui.

Les doctrines du New Age n’ont rien à voir avec l’astronomie. Le New Age dit n’importe quoi de délirant sur l’astronomie.

Ça devient vraiment pénible…

© 2012 John Philip C. Manson