Une super Lune, encore ?…

Une vidéo YouTube de AstronoGeek :

AstronoGeek a raison.

  • La Lune passe à son périgée une fois par mois.
  • La différence entre une pleine lune de super Lune et une lune moyenne est négligeable et imperceptible à l’œil nu.

  • La super lune du 19 mars 2011 (à droite), comparée à une lune plus moyenne du 20 décembre 2010 (à gauche), vue de la Terre, ci-dessus.
  • Des spéculations ont affirmé que la super Lune aurait une influence sur l’augmentation de l’activité sismique terrestre mais aucune corrélation n’a été prouvée, notamment avec les séismes les plus importants.
  • La super Lune n’est pas vraiment de l’information, elle a seulement une justification médiatique, mais elle n’est pas un terme astronomique et ne recouvre pas de définition précise.
  • En 2012, je doutais déjà de la super Lune dans mon blog : par calcul j’avais pu établir la différence entre la super Lune et une lune ordinaire moyenne. Par rapport à la moyenne, le diamètre angulaire de la lune lors du périhélie n’augmente que de 5,7% à 7,9% environ, c’est relativement faible. Et par conséquent, la luminosité de la pleine lune nocturne lors du périhélie est 11,7% à 16,4% plus forte que lors d’une pleine lune moyenne. Ces différences sont imperceptibles à l’œil nu.

AstronoGeek a raison de pousser un coup de gueule contre les journaleux qui écrivent de la merde. Moi aussi, j’en ai marre. On a de moins en moins d’information de qualité au quotidien, c’est inquiétant. Cela devient de la malbouffe intellectuelle. Par paresse intellectuelle, les journaleux ne prennent plus soin de vérifier leurs sources, de se relire ; et les lecteurs influencés par ce qu’ils lisent ont de moins en moins d’esprit critique. Il faut réagir, on ne peut pas se résigner à cette décadence, sinon on court à la catastrophe…

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Exemple d’évaluation de l’astrologie

Dans un magazine féminin, je tombe sur la dernière page qui parle d’astrologie. Ce qui y est décrit peut être comparé avec ce qui existe dans les faits réels.

Voici une image du paragraphe en question :

maxi-astro

 

Vérification avec le logiciel de planétarium Stellarium (des observations astronomiques directes c’est même mieux, mais faut avoir les moyens) :

  • Mercure rejoint Uranus : vrai, on appelle cela une conjonction, quand deux astres se réunissent dans une même zone du ciel terrestre.
  • Mercure et Uranus en conjonction dans la constellation du Bélier : faux, la conjonction se produit actuellement (en cette mi-avril 2014) dans la constellation des Poissons. L’astrologie commet l’erreur de ne pas prendre en compte le phénomène de précession des équinoxes, phénomène pourtant connu depuis l’antiquité grecque (Hipparque, il y a plus de 20 siècles)… Mais précession ou pas, l’astrologie reste invalide et subjective quelque soit la bidouille utilisée…
  • Une opposition formée entre Jupiter et Pluton : vrai.
  • Au 13e degré des signes cardinaux ? D’après la grille équatoriale, ce serait plutôt un angle d’environ 30°, et d’après la grille azimutale ce serait environ 5°.
  • Mars en opposition avec Mercure : approximativement vrai, l’alignement entre Mars, la Terre et Mercure est plutôt imparfait.
  • Éclipse totale de la pleine lune ce mardi : vrai, mais l’éclipse totale de lune est seulement visible depuis l’Amérique du Nord.
  • «Tout un programme qui ne s’annonce pas des plus sereins» : avec un S final à l’adjectif… Les événements n’ont aucun lien de causalité avec les alignements astronomiques (sauf bien-sûr lorsqu’un énorme astéroïde s’écrase fortuitement sur Terre). Et si les éclipses présageaient des changements, ça ce saurait, notamment les changements liés à la politique («le changement c’est maintenant» , disait le Président…). Les changements sont le fruit de la volonté humaine (ou des lois de la nature plus forte que nous), mais les changements n’ont jamais été initiés par des projections d’une ombre sur un support quelconque… Quand une mouche vole autour d’une ampoule électrique allumée, et que l’ombre de la mouche est projetée sur mon agenda posé sur mon bureau, cela présagerait-il une future promotion professionnelle ? L’astrologie c’est tout aussi absurde.
  • Pluton devient rétrograde pour 5 mois : je suppose que c’est quand la Terre et Pluton se rapproche au plus près puis la Terre s’éloigne ensuite de Pluton ; cela survient alors dans la période du 14 avril au 23 septembre 2014, c’est-à-dire approximativement d’un équinoxe à l’autre. Par exemple, la Terre se rapproche de Pluton jusqu’au 2 juillet 2014 à 03:49, puis s’en éloigne ensuite, puis après un délai d’environ 6 mois, la Terre en opposition avec Pluton se rapproche ensuite de Pluton. Qu’une planète avance ou recule, cela n’influence en rien nos destinés et nos habitudes, à moins d’être très crédules (ou hypocondriaques…).
  • Chiron en s’associant à Vénus ? En astronomie, Chiron désigne un astéroïde cométaire, il a sa propre orbite entre Saturne et Uranus (http://fr.wikipedia.org/wiki/%282060%29_Chiron). Le logiciel Stellarium n’a pas Chiron dans sa base de données, je ne peux pas vérifier la position de Chiron sur son orbite. Mais si l’astéroïde Chiron n’a rien à voir avec le thème astrologique présenté dans l’image ci-dessus, on doit rappeler qu’en astronomie, Chiron est une lune de Saturne que Hermann Goldschmidt crut détecter en 1861, mais qui s’avéra imaginaire, et son existence fut donc réfutée… De quel Chiron les astrologues parlent-ils ? Je dois préciser que l’astéroïde Chiron n’était absolument pas connu avant l’automne 1977, il y a seulement à peine 37 ans que cet astéroïde fut découvert, et donc les astrologues ne pouvaient pas en parler auparavant… Donc si les astrologues utilisent dans leurs «prédictions» la lune imaginaire de Saturne, Chiron, qui n’existe même pas, cela n’a aucun sens…
  • Il ne faut pas confondre Chiron (précédemment cité) avec Charon qui est une lune de Pluton, et Charon fut découvert en 1978, et de ce fait, Charon était inconnu avant cette date… http://fr.wikipedia.org/wiki/Charon_%28lune%29

 

On le constate, l’astrologie se décrédibilise, une fois de plus…

 

Voici un article sur l’éclipse de lune survenue récemment : http://tempsreel.nouvelobs.com/sciences/20140414.OBS3861/suivez-l-eclipse-totale-de-lune-en-direct.html

Cependant, dans ce journal, on peut lire une phrase intrigante :  «Le satellite de la Terre a viré au rouge au cours d’un phénomène astronomique rarissime.»  Rarissime ? Que définit-on par rarissime ?…

Si la lune était exactement sur le plan de l’écliptique en permanence, il se produirait des éclipses lunaires et solaires une fois par mois, soit 12 fois par an.

En ouvrant mon agenda d’astronomie daté de 1990, je constate qu’il y eut une éclipse lunaire le 6 août 1990, visible en Asie. Aussi, il y eut une éclipse solaire le 26 janvier 1990, visible en Antarctique, et une autre le 22 juillet 1990, visible en Finlande et dans l’ex-URSS.

Il y a au moins 1 à 2 éclipses de lune par an. http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89clipse_lunaire Ce n’est pas souvent, mais cela peut arriver plusieurs fois au cours d’une année. La chute d’un astéroïde de 10 km de diamètre sur la Terre, voila un phénomène franchement rarissime…

 

En 2014, il y a 2 éclipses lunaires : le 15 avril et le 8 octobre. Mais en 2013, il y en a eu 3. Rarissime, disent-ils ? Ils se sont renseignés au moins ?…

Il y a eu 23 éclipses de lune entre avril 2005 et octobre 2014, dont 8 éclipses totales.

En ce qui concerne les tétrades (4 éclipses consécutives), on doit penser au cycle du Saros, http://fr.wikipedia.org/wiki/Saros selon lequel le soleil, la Terre et la Lune retrouvent approximativement la même géométrie relative et une éclipse presque identique se produit selon une période de 223 mois synodiques ou lunaisons (environ 18 ans) qui peut être utilisée pour prédire les éclipses de Soleil et de Lune. Comme l’astrologie fait le déni de la précession des équinoxes depuis plus de deux millénaires, je présume qu’elle renie aussi l’existence du Saros… D’après moi, il y aurait en moyenne 5 tétrades par siècle.

 

 

© 2014 John Philip C. Manson

 

Commentaires épistolaires sur l’astrologie

Dans un vieux forum d’astronomie appartenant à un ami, j’ai reçu récemment un message privé d’une femme (l’orthographe est conservée telle quelle), en date du 15/03/2014 :

Sujet du message : [Contact] Merci !

Contenu du message :

J’adore votre article sur l’astrologie c’est pour cela que je vous écrit, ça ne repose sur rien de concret mais ayant grandi dans un milieu où il y en était question, j’ai tendance en cas de déprime, à m’y référer et ensuite je doute et je regrette ! Et puis comment une boule de gaz pourrait influencer notre destinée ?! De plus, le plan de l’écliptique sans cesse en mouvement, comment être sure de son signe ? Je veux bien croire aux phénomènes des marées mais encore faut-il qu’on me les explique. J’ai connu des vierges, des cancers et pourtant ça n’a pas marché en amour alors certes j’ai autour de moi des couples qui ont « des signes compatibles » mais est-ce bien cela qui fait que leur couple fonctionne ?! L’astrologie crée une dépendance, un doute c’est malsain et surtout devant le nombre d’articles, de charlatans, qui croire ? Dès que je rencontre une personne je veux savoir son signe, ça me prend la tête ! Vais-je m’entendre ou pas avec elle !  J’espère m’en défaire au plus vite !

Ma réponse publique :

L’habitude est une seconde nature. Et l’on peut avoir de mauvaises habitudes. La liberté de croyance consiste à avoir le droit de toujours croire, en connaissance des faits ou non. Une prise de conscience de se découvrir dans l’erreur implique une volonté de se corriger de ses propres erreurs. En parallèle à la liberté de croyance, il y a aussi celle de la liberté de douter.

Croire est une liberté, mais c’est aussi trop simpliste et réducteur. Croire dispense de réfléchir. Douter incite à la réflexion et au dialogue, à la remise en question, revoir à partir de bases objectives.

Connaître l’avenir est un très vieux fantasme humain. Vouloir connaître l’avenir est naturel. Vouloir connaître l’avenir est un réflexe normal de survie. Peut-on connaître l’avenir ? Peut-être, ou pas, ça dépend. Mais si on cherche des moyens de connaître le futur, mieux vaut se baser sur des moyens objectifs réellement fiables. L’astrologie est tout, sauf fiable. En astrologie, qui croire ? La question de la confiance, dépendant elle-même de la fiabilité, et qui implique une éventuelle crédibilité objective de l’astrologie, et l’astrologie n’a aucune crédibilité sur le plan scientifique. On ne peut donc croire à aucun astrologue. Il n’y a donc pas ni de bons astrologues ni de mauvais d’un autre côté, car l’astrologie n’est qu’une croyance qui repose sur du vent, l’astrologie ne se base sur aucune réalité.

Les pratiquants de l’astrologie méconnaissent eux-mêmes jusqu’aux connaissances de base de l’astronomie. De nombreux astrologues, par exemple, n’ont jamais entendu de précession des équinoxes, alors que ce phénomène est connu depuis le grec Hipparque il y a plus de 2000 ans… (voir ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2011/12/03/lastrologie-decouvre-la-precession-des-equinoxes-connue-deja-depuis-2000-ans/L’astrologie n’est qu’un moyen facile de se faire de l’argent sur le dos des personnes crédules et influençables. L’astrologie n’apporte aucune connaissance pertinente.

La crédibilité d’un domaine ne se détermine pas par l’abondance de littérature sur ce sujet fortement médiatisé. La crédibilité d’un domaine se base sur la qualité objective des vérifications, de l’analyse par la comparaison avec les faits.

Dans les horoscopes, les profils selon les signes sont fréquemment évasifs et abscons. Si les thèmes étaient distribués au hasard, on trouverait encore des gens qui diront que l’horoscope leur correspond alors qu’il n’existe aucun lien de causalité. En ce qui concerne le hasard, rien ne colle à exactement 100% de corrélation, ni même 100% d’échec, c’est plus nuancé en terme de données. Je me cite moi-même à partir d’un de mes articles de mon blog : « On ne peut donc pas prédire (au hasard ou avec instrumentation scientifique) de façon absolument certaine, et en même temps on ne peut pas tout échouer, ainsi les réussites et les échecs sont nuancés. C’est pour cela que les astrologues et les voyantes ont du succès : parfois ça marche (grâce au hasard), mais rarement l’on réussit totalement comme l’on ne peut pas totalement foirer, car il est rarement probable de tout réussir comme de tout échouer. Le hasard n’implique donc pas 100% d’échec, car des succès moyens, mitigés, nuancés (donc des demi-réussites qui sont rarement totalement absentes) sont fréquemment des biais statistiques qui laisse croire à tort qu’il existe des pouvoirs occultes… » (source : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/12/13/probabilites-et-applications/ )

Le doute se base sur un principe assez simple : découvrir une contradiction implique la preuve de la présence d’une affirmation fausse parmi au moins deux affirmations. Par exemple : «Socrate est mort» est la première affirmation. La seconde dit le contraire : «Socrate est mort». Ainsi, comme une chose ne peut être ni vraie et fausse simultanément (principe du tiers exclus), une contradiction indique qu’au moins une affirmation est fausse parmi au moins deux affirmations. Socrate est soit vivant, soit mort, mais pas les deux en même temps. Le principe de contradiction est la base de la démarche scientifique.

Il y a deux façons de lire un livre. Lire avec une attitude absorbée, en acceptant tout le contenu que l’on lit, sans s’efforcer à réfléchir ni prendre du recul. Ou lire avec une attitude sceptique, en mettant tout ce qui est émotionnel de côté.

Il y a une différence entre connaître et avoir confiance. Connaître implique un esprit critique. Sans le doute, il n’y aurait pas de connaissance, il n’y aurait qu’une croyance à laquelle on croit. La connaissance est le résultat d’observations ainsi que d’une évaluation de la connaissance elle-même. Croire n’est pas connaître.

Derrière les superstitions sur la prédiction de l’avenir se cache un autre problème que celui de la croyance, il y a l’angoisse de l’avenir. Souvent l’avenir échappe à notre contrôle : un accident, une maladie, une nouvelle opportunité de travail, ou un mariage. Mais concrètement, on ne subit pas l’avenir. L’avenir, on le fait. Et ce n’est certainement pas les astrologues qui vont décider le futur à notre place, puisque le futur n’est pas écrit d’avance. Un accident peut être évité par des comportements préventifs (ni drogue ni alcool au volant, respect strict du code de la route, méfiance envers les autres automobilistes qui peuvent se comporter en chauffards…), une maladie peut être évitée (notamment les MST, par le port de préservatifs), on peut éviter les accidents domestiques si on applique des règles de prudence, et les opportunités professionnelles sont majoritairement dues à nous-mêmes car personne ne viendra nous chercher à la maison pour nous proposer un emploi (on se déplace pour obtenir de meilleures chances d’obtenir un emploi, et mieux encore on crée soi-même son propre emploi en devenant entrepreneur et c’est justement mon cas actuellement).

L’avenir ne doit pas être une angoisse mais un défi. L’avenir est le résultat de ce qu’on aura préparé et planifié. Les astrologues, eux, parlent bien d’avenir mais ils ne le font pas venir. Pire encore, les astrologues pensent à votre place. La seule chose que les astrologues réussissent à vous soulager, c’est le poids de votre portefeuille… Les gens sont libres de croire à l’astrologie, mais ils sont libres aussi d’être informés en connaissance de cause : l’astrologie c’est du pipeau.

Croire est facile, et la facilité n’est pas vraiment un principe de liberté. Le doute implique un effort, un travail personnel, et parcourir ce chemin est une prise de conscience que l’on est libre. Douter c’est être libre. Et l’effort de douter est un mérite. La facilité, c’est au niveau des moutons qui broutent bêtement ce qu’on leur donne… Nous sommes des humains qui pensent, pas des moutons qui ont une panse, nuance…

Ou l’on s’adonne à des lectures d’idées préconçues que l’on absorbe comme une éponge, ou l’on apprend à lire en comparant les idées entre elles afin d’y déceler des contradictions qui sont l’indice de l’existence d’erreurs. Même des livres de sciences du niveau des écoles d’ingénieurs peuvent contenir des erreurs par accident, la preuve :  https://jpcmanson.wordpress.com/2012/12/28/une-erreur-dans-un-livre-de-thermodynamique-pour-ingenieurs/  L’absence absolue d’erreur dans tout système d’information est un mythe, c’est pourquoi le doute est la seule approche nécessaire quand on veut accéder à des connaissances. Question : pourquoi devrions-nous croire des erreurs, pourquoi accepterions-nous de croire pour vraies des choses fausses ? Où serait la liberté là-dedans ?

beee

Pour terminer, je vais répondre aussi à cette phrase : «J’ai connu des vierges, des cancers et pourtant ça n’a pas marché en amour alors certes j’ai autour de moi des couples qui ont « des signes compatibles » mais est-ce bien cela qui fait que leur couple fonctionne ?! »

L’attribution des signes astrologiques et la réussite des relations amoureuses sont deux choses indépendantes, sans lien de causalité. Quand les couples fonctionnent, c’est parce qu’ils sont des personnalités compatibles, parce qu’ils ont un vrai dialogue à deux, et parce qu’ils se font confiance, et parce qu’ils ont des projets durables communs. Et l’astrologie n’a rien à voir là dedans… Il suffit de comparer l’astrologie comme hypothèse possible avec d’autres hypothèses possibles, et c’est comme cela qu’on s’aperçoit que l’astrologie ne fait pas de scores meilleurs que ceux du hasard. Mieux vaut se concentrer sur les vraies causes des relations amoureuses durables, ça limiterait les déceptions… Mais les relations sentimentales sont-elles faites pour durer ? En général, les gens changent souvent avec le temps.

Autre phrase : «Je veux bien croire aux phénomènes des marées mais encore faut-il qu’on me les explique.»

Les marées sont dues à l’orbite de la lune autour de la Terre. L’école n’enseignerait-elle plus rien au vingt-et-unième siècle à propos de quelques phénomènes naturels élémentaires ? Des lacunes de niveau élémentaire c’est inquiétant. Quand j’étais écolier, nous allions dans les bois pour examiner des feuilles d’arbres afin d’identifier et distinguer les différentes espèces d’arbres. C’était pour l’éveil des enfants, dans une démarche de découverte de la nature. Cela ne se fait-il plus ? Il suffit de lire cet article ci-joint : https://jpcmanson.wordpress.com/2013/05/23/la-consternation/  pour se rendre compte qu’il existe un problème de culture assez grave actuellement. C’est inquiétant. Ce n’est pas étonnant si l’ignorance et la crédulité des uns attirent l’opportunisme des charlatans… La question qui revient souvent : la faute à qui ? L’indifférence à ce problème.

— « Il faut choisir, se reposer ou être libre » (Thucydide d’Athènes)
— « La bêtise, c’est de la paresse. La bêtise, c’est un mec qui vit et qui se dit, ça me suffit. Je vis, je vais bien, ça suffit. C’est celui qui ne se botte pas le cul tous les matins en se disant, c’est pas assez, tu ne sais pas assez de choses, tu ne vois pas assez de choses. Une espèce de graisse autour du coeur et autour du cerveau » (Jacques Brel)

© 2014 John Philip C. Manson

Analyse du synopsis d’une émission sur les OVNI

  • Ce présent article est l’épilogue du bêtisier scientifique de l’été.

Voici la photo d’une page d’un magazine TV :

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  • Le rédacteur du texte admet d’emblée l’existence de témoignages fantaisistes sur les OVNI…
  • … mais quand les témoins sont des personnages respectables, notables, experts, spécialistes, etc, ces témoignages deviennent par glissement sémantique des vérités irréfutables, des dogmes… Cette attitude étrange et malhonnête est typique de l’argument d’autorité. Ce procédé est une manipulation de l’opinion publique.

Ce n’est pas parce que des individus sont des spécialistes et des experts que le sujet étudié est forcément la vérité. Des scientifiques eux-mêmes (des « scientifiques » notoires, médiatiques et douteux, dont je ne divulguerai pas le nom) peuvent raconter des conneries énormes, personne ne fait exception. Même le célèbre astrophysicien Arthur Eddington, l’un des physiciens les plus importants du XXe siècle, spécialiste de la question des réactions thermonucléaires de l’hydrogène du soleil, a eu une période difficile dans sa vie à travers une crise mystique qui l’a conduit à écrire une forme de numérologie farfelue. Bref, il avait pété les plombs durant la dernière vingtaine d’années de sa vie, bien qu’auparavant ses travaux scientifiques aient beaucoup contribué à la science…

Ce qui crédibilise les connaissances scientifiques, ce sont les faits eux-mêmes, évalués avec rigueur et objectivité. Mais pas les experts eux-mêmes. Une astrologue célèbre, par exemple, ne rend pas l’astrologie plus vraie.

Suite à ce synopsis analysé, examinons l’avis mentionné : « des témoignages de qualité qui chamboulent les convictions des plus sceptiques »… La conviction est propre aux croyances. Les crédules sont convaincus de ce qu’ils croient. Les sceptiques, eux, n’ont aucune conviction, ils n’ont que des doutes. Les sceptiques demandent à observer des phénomènes et à examiner des preuves matérielles, sachant que les témoignages restent superficiels et ne constituent pas des preuves matérielles. Mais comment avoir une conviction s’il n’y a pas de preuves matérielles à examiner ? Des témoignages ne prouvent rien, même si les témoins sont des célébrités ou des spécialistes. Les faits seuls permettent d’établir l’existence d’un phénomène, pas des affirmations invérifiables.

Deuxième synopsis : « comment croire une personne qui affirme avoir vu des extraterrestres ». Le souci de «croire» revient souvent. Croire n’est pas une attitude rationnelle ni scientifique. De simples témoignages ne peuvent pas constituer des éléments de vérité. La méthode scientifique étudie des indices matériels (s’ils existent), en enquêtant sur le terrain. Des témoignages peuvent aider à orienter l’enquête, mais ils ne peuvent pas constituer l’unique maillon des recherches. Il faut nécessairement des preuves objectives indépendantes de la psychologie des individus. Plus clairement, les témoignages ont la nécessité de pouvoir être réfutables de façon à ce que l’on produise des hypothèses vérifiables auxquelles l’on puisse y répondre par des termes qualitatifs comme piste crédible ou hypothèse réfutée sur la base de données quantitatives objectives (ce que les témoignages ne sont pas). Si l’on ne se basait seulement que sur des témoignages sans prendre la peine de gratter le vernis en profondeur, ça ne servirait à rien, ce serait brasser de l’air et vendre du vent…

 

© 2013 John Philip C. Manson

 

Comment faire un exposé de science à l’école ?

Pour faire un exposé de science, il faut connaître au minimum quelques bases scientifiques.

Comme genre d’exposé intéressant, il y a l’astronomie, ce serait l’occasion de présenter cette science afin de montrer aux plus jeunes que l’astrologie est une ânerie.

Et comme premier chapitre dans l’exposé scientifique, un rappel utile de la définition de la science : le critère déterminant qui définit la science, ce n’est pas la crédibilité d’une connaissance scientifique, mais la réfutabilité de cette connaissance. C’est-à-dire que pour qu’une connaissance ait un intérêt scientifique, il faut pouvoir tester cette connaissance en la comparant avec des observations afin de réfuter ou de confirmer des hypothèses. Quand une connaissance ne peut pas être remise en question, donc quand elle ressemble à un dogme qui n’évolue pas, ce n’est pas de la science. Un tel rappel de la scientificité est très intéressant, car c’est son oubli qui est la cause de la progression de l’obscurantisme.
Dans l’exposé, après cette courte introduction sur le principe de réfutabilité, on peut expliquer ce qu’est la méthode scientifique :

Une théorie scientifique est un groupe cohérent d’affirmations réfutables qui décrit et explique un phénomène observable, quantifiable et reproductible.

Ainsi, si une connaissance ne peut pas être mesurée par des instruments de mesure, ne peut pas être observée et ne peut pas donner lieu à des expériences que l’on peut répéter à volonté, ce n’est ainsi pas de la science, c’est une croyance.

Faire un exposé sur les étoiles et les planètes, avec une projection de diapositives sur le mur de la classe, voila une idée intéressante. Mais expliquer la différence entre l’astronomie (science) et l’astrologie (croyance), c’est encore mieux.

http://jpmanson.unblog.fr/2011/02/26/la-methode-scientifique-en-schema/
http://jpmanson.unblog.fr/definition-de-la-science/
http://jpmanson.unblog.fr/2011/03/06/astrologie-mensongere/

 

 

© 2011 John Philip C. Manson