Sur la vitamine C

J’ai examiné le sujet du Bac 2003 (métropole) de physique/chimie.

L’encadré d’introduction de l’énoncé m’a interpellé :

En réalité, le rôle soi-disant antiseptique et anti-cancer de la vitamine C n’a jamais pu être démontré. Il s’agit d’une croyance tenace, même le prix Nobel Linus Pauling y croyait…

 

  • Référence : http://www.thierrysouccar.com/blog/mega-doses-de-vitamine-c-cancer-et-sante-la-fin-de-lhistoire

 

 

Critique de Charon

Il est louable d’associer science et philosophie. Il est cependant dangereux de mêler la science avec la pseudoscience et le mysticisme.

Jean Charon disait que le monde n’est pas inerte et que l’Univers est entièrement vivant. « Je crois que l’Univers est sacré, mais je sens que l’objectif de cet Univers est de se faire connaître d’abord ». Sa priorité était d’expliquer comment est faite la Matière, qu’il appelait  » la psychomatière « , considérant qu’elle est à la fois matière et esprit. Pour cela, il a proposé un modèle représentant à la fois la partie Matière et la partie Esprit, l’éon, un élément matériel qui serait porteur de l’Esprit et de la conscience. On est alors là dans le domaine de la croyance, pas dans celui de la science. On est alors dans le déni de la réfutabilité, à travers une dénaturation de la physique quantique.

La vie se manifeste à travers des structures matérielles appelées organismes vivants, ou êtres vivants, reconnaissables par la grande complexité de leur structure interne et leur activité autonome ainsi que la capacité de se reproduire. Ce que ne sont pas les planètes, les gaz, les métaux… Le mythe du fluide vital s’est effondré lorsqu’on a découvert comment synthétiser des molécules biochimiques, comme l’urée.

L’hylozooïsme est un concept philosophique (la matière dotée de vie), mais dans les faits, l’univers n’est pas omni-vivant. Il n’y a pas de but dans l’évolution et la cosmologie.

La vie et la conscience émergent de la matière inerte, par l’organisation de matière complexe (neurones, tissus cellulaires différenciés).
Il est hasardeux de philosopher sur le vivant avec la méconnaissance de la biochimie par exemple.

Il y a une différence entre l’expérimentation du réel, et élever un concept philosophique irréfutable comme dogme.

Que penser de Charon ? La « relativité complexe » dont il est le pionnier, et surtout les conséquences qu’il en tire, doit bien faire hurler de rire les gens compétents sur le sujet. Quand il s’est mis à expliquer, après des dizaines de pages de calculs, que tout cela démontrait que l’électron avait des propriétés « psychiques », on se dit qu’on perd son temps en pareilles élucubrations mystiques. Charon voulait donner une base physique aux idées de Teilhard de Chardin, mais c’est foiré… Pierre Teilhard de Chardin (qui fut un philosophe, théologien et paléontologue français ; il avait une conception spiritualiste du cosmos ; il a récupéré des sciences hors de leur contexte comme la théorie de l’évolution pour inventer le concept de point Oméga qui serait le but ultime de l’évolution à travers les concepts de noosphère et de Christ cosmique, mais la théorie de l’évolution n’a aucun déterminisme car chaque étape évolutive des espèces est imprévisible ; il s’agit d’un cas criant d’amalgame idéologique entre la science et la religion).

Pour revenir à la relativité complexe, Charon postule le doublement du nombre de dimensions de l’espace-temps de Minkowski utilisé par Einstein (soit 2 x 4 = 8 dimensions) en ajoutant aux 4 dimensions réelles (3 d’espace et 1 de temps), 4 dimensions supplémentaires affublées de i, l’unité imaginaire qui donne -1 élevée au carré, à l’instar du plan complexe, en maths, qui possède deux fois plus de dimensions qu’une simple droite matérialisant l’ensemble des nombres réels. L’espace réel, visible, est donc d’un seul coup doublé d’un espace qu’il qualifie d’« imaginaire », invisible, dont il démontre certaines propriétés (à défaut d’en démontrer l’existence).
Tout d’abord, les lois de l’entropie s’inversent, et cet espace devient « négentropique » (à entropie négative). Dans notre monde – pour donner une interprétation imagée la deuxième loi de la thermodynamique – c’est le bordel et le désordre va croissant, alors que dans le monde imaginaire, l’ordre s’organise tout seul et va croissant. Charon annonce que les particules élémentaires ont leur reflet dans ce monde imaginaire, qu’il appelle des éons. Il n’en faut pas plus pour en déduire que ces éons, générateurs d’ordre et en liaison constante depuis le big-bang avec le reste de l’Univers, sont le siège de la conscience, de la mémoire et de l’Esprit, cette chose invisible. On reste confondu devant un tel ramassis de new age. Tout le discours est enjolivé de jolies courbes et équations relativistes supposées apporter de la crédibilité, via un bagage mathématique sérieux, à ce tissu d’âneries.

C’est donc à prendre avec des pincettes : ce n’est scientifiquement pas crédible, et je croyais que, parallèlement, la philo était l’art de raisonner.

Du côté de la vulgarisation scientifique, je conseillerais plutôt Feynman et Stephen Hawking comme critère de crédibilité.

Citation du jour

  • Trois bougies repoussent les ténèbres : la vérité, la connaissance et les lois de la nature.   (proverbe celtique)

Amnistie ou innocentiation ?

Si on y réfléchit, un gouvernement qui accorde l’amnistie aux homosexuels, c’est un peu comme si l’Allemagne d’aujourd’hui prétendait amnistier les Juifs assassinés par les Nazis à Auschwitz…

En quoi le Royaume-Uni est-il choquant ?

Seuls les individus qui ont été légitimement condamnés peuvent prétendre avoir droit à une amnistie ou à recevoir un pardon.

La discrimination homophobe et des traitements inhumains, c’est une injustice, cela n’a rien à voir avec la justice, ni avec l’amnistie, ni le pardon.

Car prononcer l’amnistie revient à encore accorder une valeur à une « loi » injuste. C’est le comble.

Ce n’est pas à une amnistie que Alan Turing ou Oscar Wilde (et des dizaines de milliers d’autres victimes) ont droit, mais à une réhabilitation totale, par une annulation d’une « loi » injuste.

Amnistier les gays condamnés, c’est s’attribuer abusivement encore quelque pouvoir légitime pour juger de la sexualité d’autrui.

Une amnistie ne contredit pas la décision judiciaire et elle n’efface pas l’historique pénal d’une personne. Il aurait mieux valu d’innocenter les gays injustement condamnés.

  • C’est au Royaume-Uni de demander pardon à genou auprès des homosexuels, ce n’est pas aux homosexuels de s’excuser d’être ce qu’ils sont afin de recevoir un « pardon »…
  • Amnistier quelqu’un, c’est lui pardonner sa « faute », mais c’est toujours le définir comme fautif, alors que ce sont plutôt les autorités de l’époque qui sont entièrement responsables de ces traitements inhumains contre les gays…
  • Le Royaume-Uni avait condamné Alan Turing, cela a poussé celui-ci au suicide. Les responsables des mauvais traitements et de la mort de Turing sont impardonnables…