Amnistie ou innocentiation ?

Si on y réfléchit, un gouvernement qui accorde l’amnistie aux homosexuels, c’est un peu comme si l’Allemagne d’aujourd’hui prétendait amnistier les Juifs assassinés par les Nazis à Auschwitz…

En quoi le Royaume-Uni est-il choquant ?

Seuls les individus qui ont été légitimement condamnés peuvent prétendre avoir droit à une amnistie ou à recevoir un pardon.

La discrimination homophobe et des traitements inhumains, c’est une injustice, cela n’a rien à voir avec la justice, ni avec l’amnistie, ni le pardon.

Car prononcer l’amnistie revient à encore accorder une valeur à une « loi » injuste. C’est le comble.

Ce n’est pas à une amnistie que Alan Turing ou Oscar Wilde (et des dizaines de milliers d’autres victimes) ont droit, mais à une réhabilitation totale, par une annulation d’une « loi » injuste.

Amnistier les gays condamnés, c’est s’attribuer abusivement encore quelque pouvoir légitime pour juger de la sexualité d’autrui.

Une amnistie ne contredit pas la décision judiciaire et elle n’efface pas l’historique pénal d’une personne. Il aurait mieux valu d’innocenter les gays injustement condamnés.

  • C’est au Royaume-Uni de demander pardon à genou auprès des homosexuels, ce n’est pas aux homosexuels de s’excuser d’être ce qu’ils sont afin de recevoir un « pardon »…
  • Amnistier quelqu’un, c’est lui pardonner sa « faute », mais c’est toujours le définir comme fautif, alors que ce sont plutôt les autorités de l’époque qui sont entièrement responsables de ces traitements inhumains contre les gays…
  • Le Royaume-Uni avait condamné Alan Turing, cela a poussé celui-ci au suicide. Les responsables des mauvais traitements et de la mort de Turing sont impardonnables…

Théorie du genre

Sa sainteté le pape accuse les manuels scolaires de propager la théorie du genre.
Il dit que « c’est contre nature, un endoctrinement, une colonisation idéologique »

Mais le catholicisme, qu’est-ce que c’est ?
C’est une doctrine qui interdit aux curés de se marier et de fonder une famille. Sans oublier non plus les scandales de crimes sexuels. C’est contre-nature

Et les peuples des Amériques et d’Afrique qui ont été convertis de force ces derniers siècles dans la violence et la peur ? Et le dogme de l’infaillibilité du pape ? N’est-ce pas là une colonisation idéologique ?

Le catholicisme est mal placé pour donner des leçons.

Retire la poutre que tu as dans ton œil avant de retirer la paille qui est dans l’œil de ton prochain…

La théorie du genre, c’est quoi concrètement ? C’est un champ d’études universitaires né dans les années 1960, en parallèle du développement du féminisme. Son propos : étudier la manière dont la société associe des rôles à chaque sexe. Exemples : « pourquoi les hommes font moins le ménage », « pourquoi une femme mécanicienne ou un homme sage-femme paraissent insolites », etc. C’est donc l’étude de la hiérarchie entre les sexes afin de dénoncer des inégalités et les stéréotypes entre genres.

Mais il n’existe pas de « théorie » au sens idéologique ou scientifique du terme, pas de programme secret ou caché visant à « manipuler » les enfants, ni de situations où l’école chercherait à habiller les garçons en filles…

L’« idéologie du genre » est une rumeur venue des Etats-Unis et des groupes ultraconservateurs, ainsi que l’extrême-droite, qui ont inspiré leurs homologues en Europe.

Dans la réalité, la loi française prévoit l’enseignement de l’égalité homme-femme à l’école depuis 1989, et des cours d’éducation sexuelle sont prévus à l’école depuis une loi de 2001. On n’observe donc aucune « théorie du genre » dans les écoles, les réflexions sont plutôt menées autour des questions sur l’égalité entre les hommes et les femmes.

  • Réédition : encore pire que le pape lui-même, Sarko soutient ce dernier : http://www.bfmtv.com/politique/sarkozy-soutient-le-pape-francois-najat-vallaud-belkacem-nous-fait-honte-1044778.html

Philosophie : La science est-elle une idéologie ?

Parlons de philosophie aujourd’hui. Les sujets du Bac de philosophie, récemment révélés, ont réveillé mon vieil intérêt pour la philosophie. La philosophie est un exercice excellent, et on peut se poser des questions intéressantes.

Je vais répondre aussi précisément que possible à cette question : la science est-elle une idéologie ?

Avant d’y répondre, on doit se demander quelle est la définition du mot « idéologie ».Sur Wikipedia, on peut lire ceci : une idéologie est, au sens large, la science d’un système d’idées imaginées. L’idéologie s’accompagne de croyances, de notions, d’opinions, de convictions et est parfois constituée en doctrine.

Une idéologie reflète l’ensemble des idées subjectives issues de la pensée humaine, ces idées réunissent les croyances politiques, religieuses, morales, économiques, sociales ou culturelles. Par exemple, la doctrine du régime nazi est une idéologie fondée sur le racisme et l’antisémitisme. Le New Age, quant à lui, est une mouvance dont l’idéologie est basée sur le syncrétisme de diverses croyances qui peuvent se contredirent entre elles.

Mais la science est-elle une idéologie ? Au cours du Siècle des Lumière, la science pris un essor important. Les sciences sont une voie qui entre en opposition avec les superstitions de l’époque. S’instruire, et connaître de nouvelles découvertes fait (peut-être) reculer les croyances, l’information remplace le faux. Mais on a été jusqu’à placer la science comme un absolu, ce que l’on appelle le scientisme. C’est là que commence l’idéologie.

Qu’est-ce qu’une science ? Toute science repose sur la méthode scientifique dont le but est de découvrir et comprendre les phénomènes naturels (physique, chimie, astrophysique, biologie, etc…). Les sciences sont consacrées à la découverte des lois de la nature, elles échappent donc à toute idéologie. Une idéologie, elle, est déterminée de façon subjective et arbitraire. Penser par exemple que « l’homosexualité est sale, qu’elle est une maladie, et qu’elle est le Mal », c’est une idéologie morale. Il ne faut pas oublier que l’OMS avait classé jusqu’en 1990 l’homosexualité parmi les maladies mentales. En effet, jusqu’à il y a un peu plus de vingt ans, l’homosexualité était encore considérée comme une pathologie psychiatrique. Depuis, les choses ont heureusement évolué. Ce n’est pas la médecine qui avait motivé ce classement discriminatoire, mais une idéologie. De même, jusqu’à tardivement, la masturbation avait été considérée comme déviante. De fait, la psychologie, par ses incertitudes et sa subjectivité, n’est pas une science. Souvenons-nous de l’expérience de Rosenhan (https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Rosenhan). Ou selon un point de vue plus nuancé : la psychologie, sérieuse à la base, est mal interprétée voire manipulée par certains de ses représentants. Les dérives de la psychologie ont conduit au développement de la psychanalyse, dont les fondements pseudoscientifiques font qu’elle n’est pas une science mais une idéologie : la psychanalyse se base sur des anecdotes, de la littérature, des affirmations, mais pas sur des faits objectifs vérifiables.

Autour de la question à propos de la psychologie, de la médecine et de la santé : qu’est-ce qu’une maladie ? Une maladie est une affection qui provoque une souffrance à une personne, ou qui cause une souffrance à son entourage. L’on n’est pas malade si l’on ne souffre pas et si l’on ne fait pas souffrir autrui. Être dépressif, ou être paranoïaque, on souffre de ces troubles, donc on est malade. Un homme qui frappe sa femme et la domine, cet homme cause de la souffrance, il est donc malade.Mais être gay, aimer une personne du même sexe, être heureux et vivre à deux, connaître et vouloir le bonheur c’est être sain. Cependant, les homophobes semblent obsédés par ce que peuvent faire les gays, les homophobes ne pensent qu’à ça, ça les obsède, ça les ronge jusqu’à devenir violents et commettre des agressions. Être homophobe (ou raciste) et être asocial à cause de cela, c’est être malade.

Être en bonne santé, ou être « normal », est ce qui est statistiquement fréquent naturellement, pas ce qui est défini selon des critères moraux ayant dérapé dans l’idéologie.

Il y a un philosophe, Kant, qui évaluait la valeur morale d’un acte selon le désordre que celui-ci provoquerait dans la société. Si tout le monde volait, ou tuait, ce serait terrible, donc voler ou tuer est immoral. Si tout le monde se vengeait dès qu’il en a envie, alors la vie serait impossible. En ce sens, la passion extrême est immorale.

Je prends moi-même l’exemple de la vérité : si tous le monde disait la vérité en toute franchise, les gens découvriraient qu’ils ont de faux amis, des faux-culs, les pensées d’autrui seraient connues, des vérités très dures à entendre, et là aussi la vie sociale serait impossible, ça deviendrait la guerre civile. Donc dire la vérité est-il immoral ?

L’intérêt de la question morale : doit-on fonder la morale dans le cœur ou dans la raison ?

La notion de maladie est relative. Dans l’Union soviétique de Staline, par exemple, les prisonniers politiques étaient parfois internés abusivement comme paranoïaques, afin de s’en débarrasser. De même, il est toujours possible de nos jours de faire interner une personne de force, de la bourrer de médicaments. Il suffit pour cela d’une demande manuscrite et d’un certificat médical. Les internements sont très souvent justifiés, mais le risque zéro n’existe pas : il peut toujours y avoir des erreurs ou des abus.

Pour revenir à la notion de scientisme, où la science est placée comme une autorité absolue, il s’agit aussi d’idéologie. On parle de positivisme quand la science est érigée en vérité. Il y a des années autrefois, je pensais à tort que la science était essentiellement fondée sur la vérité.

Quand j’ai découvert le philosophe Karl Popper, je n’étais pas d’accord tout de suite avec lui. C’était un choc, une nouveauté. Mais j’ai progressivement pris conscience que l’épistémologie de Karl Popper est ce qu’il y a de mieux actuellement pour construire la méthode scientifique, avec discernement et objectivité, où la science est importante, sans nier le fait qu’elle a elle-même des limites. L’épistémologie de Popper repose sur un critère : la réfutabilité. Avec ce critère, la science procède par élimination : si une hypothèse se révèle fausse selon les expériences ou les observations, alors l’hypothèse dite falsifiée (ou réfutée) est rejetée, abandonnée. Mais ce qui confère le caractère scientifique d’une hypothèse, c’est la possibilité de pouvoir la réfuter. L’épistémologie de Popper n’est pas une idéologie, puisqu’il s’agit d’une méthode plutôt qu’une doctrine : on cherche objectivement à invalider des hypothèses scientifiques afin d’éprouver leur solidité, les théories scientifiques se construisent par élimination au lieu d’être érigées péremptoirement comme des vérités immuables comme le font certains…

Cela nous amène à une nouvelle question : est-ce que l’éducation et l’instruction sont une idéologie ? Oui, si celles-ci contiennent une idéologie sous-jacente qui est autre que le principe d’informer. L’école laïque promeut la neutralité et l’égalité. Quand on trouve par exemple des éléments bibliques dans des cours d’Histoire, ce n’est pas de l’Histoire, mais plutôt de la culture religieuse, ce qui n’est pas du tout pareil. Diffuser des mythes en les posant comme des vérités irréfutables, voila une situation d’idéologie.

L’un des principes fondateurs de Wikipedia est la neutralité, afin d’éviter que chaque contributeur vienne y rédiger ses propres doctrines, son idéologie, et ses réflexions personnelles. En ce sens, Wikipedia se régule lui-même afin d’éviter le glissement vers des idéologies. Sans règles, Wikipedia deviendrait rapidement un repaire de publicitaires, une vitrine commerciale, voire un inventaire de diverses pensées sectaires… Essayez de créer un site dans lequel n’importe qui écrit librement n’importe quoi, en disant que l’unique règle est qu’il n’y a pas de règles, imaginez ce que cela donnerait comme bordel : effacements compulsifs, réécriture permanente par différents auteurs, idéologies, apologies, insultes… Un peu comme un mur tagué.

Pour revenir à la science et la notion d’idéologie, il faudrait parler d’un fait : la technologie semble prendre de l’importance face à la science tout court. On assiste à l’émergence d’une technologie débridée propre à notre société de consommation. Nous, les consommateurs, on achète des gadgets, des smartphones et leurs applis, des objets connectés, tout ça, et on ne jure plus que par ça. Dans les rues, je vois des gens dont l’attention est absolument focalisée sur un écran de téléphone mobile, chaque fois que je croise quelqu’un… Cela devient même inquiétant. La technologie est-elle devenue, par certains aspects, une idéologie ?

mafalda

 

La science se laisse bouffer par la technologie. On commence à être survolés par des drones. Jusqu’à être filmés dans les chiottes et la salle de bain ? L’obsession de la sécurité, des caméras de surveillance partout (ça n’empêche pas le terrorisme), le mépris des libertés individuelles, voila une autre idéologie.

On le voit, la philosophie amène diverses réponses, et soulève aussi de nouvelles questions.

 

© 2016 John Philip C. Manson

 

 

 

 

Une loi de Murphy ?

D’après ma propre observation, j’ai établi une loi empirique, du type « loi de Murphy ».

Supposons un groupe composé de quelques fondateurs qui sont très compétents dans leur domaine (science, journalisme, art…). Ensuite, supposons que le groupe décide qu’aucune contrainte n’est faite pour l’adhésion de nouveaux membres au sein du groupe, que tout contributeur est libre d’adhérer, peu importe ses qualités personnelles.

J’observe que même si le groupe est composé au départ de gens compétents, le projet mené par le groupe perdra finalement en qualité en fonction des adhésions croissantes de nouveaux membres.

  • En résumé : dans un groupe de gens actifs créé par des compétents, les nouveaux participants font finalement baisser la qualité et le potentiel du projet.

Bref, le maintien d’une qualité certaine dans un projet n’est possible que si l’on fixe des règles, comme par exemple, avoir un niveau de compétence suffisant.

Mais cela est plutôt quelque chose de trivial, d’évident, et d’autres personnes auront déjà observé ce phénomène.

 

John Philip C. Manson

 

Bizarre…

Je me préparais à faire du shopping sur Amazon, dont je suis client depuis de nombreuses années, notamment pour faire une commande prioritaire pour acheter des cartouches de couleurs pour ma fidèle imprimante.

En même temps, je voulais acheter un livre, dont j’en avais fait récemment la recommandation lors d’un article précédent.

Mais voila, en arrivant sur la page commerciale de Amazon France à propos du livre intitulé « Arrêtez de décoder », écrit par Pascal Lardellier, aux Editions de l’Hèbe, c’est affiché comme étant « Actuellement indisponible. Nous ne savons pas quand cet article sera de nouveau approvisionné ni s’il le sera. « 

Il est possible que ce livre ait beaucoup de succès, jusqu’à épuisement des stocks. Je voudrais me procurer ce bouquin… Mais comment ?

En tout cas, l’auteur balance et dénonce beaucoup de dérives, j’aurais voulu le lire. Ce livre dérange t-il certains, au point de nuire à sa diffusion ?…

Après renseignement, je constate que les éditions de l’Hèbe sont un éditeur suisse. La Suisse romande, je crois.

Sur le site de l’éditeur suisse, on peut acheter le livre pour 30 francs suisses, soient 27,13 euros : http://www.lhebe.ch/index.php?option=com_virtuemart&view=productdetails&virtuemart_product_id=218&virtuemart_category_id=16

C’est un livre de 160 pages, ISBN 978-2-88485-114-5, sorti en 2008.