Faut-il encore croire les revues scientifiques ?

Les journaux scientifiques les plus prestigieux, n’échappent pas à la course au scoop. Au risque de publier tout et n’importe quoi.

  • […] « Près de 90% des études éditées comportaient des biais disqualifiant leurs résultats. »
  • « Même dans les revues les plus sérieuses, l’immense majorité des travaux présente des faiblesses importantes : une exagération des données, un biais dans les questions posées, des erreurs statistiques, un échantillon de taille insuffisante, etc. Ou alors beaucoup n’ont jamais pu être reproduits. »

Tous traqués par Facebook, même sans avoir de compte ?

Ce n’est pas une découverte, c’est connu depuis des années.

Voici une démonstration :

  • Editer le fichier /etc/hosts sur Linux, ou le fichier C:\windows\system32\drivers\etc\hosts sur windows 7 (via notepad en mode admin).
  • La manip consiste à rerouter votre navigateur web non pas vers Facebook mais vers votre propre IP.
  • Ajouter cette ligne dans le fichier hosts :  192.168.1.12 http://www.facebook.com fr-fr.facebook.com puis sauvegarder. Faut enlever http://, ce fichu texte s’ajoute automatiquement quand je publie ce présent article, alors qu’il ne faut pas mettre http://.
  • Pour savoir votre IP locale sur votre routeur sous Windows : taper ipconfig via l’interpréteur de commandes CMD, (ou ifconfig dans un terminal de Linux), c’est l’adresse IPv4. C’est cette IP qu’il faut indiquer dans la ligne dans hosts.
  • Ensuite, avec netcat avec l’instruction sudo nc -v -l 192.168.1.12 443 (si sous Linux) ou mieux encore au moyen d’un programme Perl (sous Linux ou Windows), on ouvre le port 443 (https) sur votre IP afin de simuler un serveur HTTPS qui remplace le vrai Facebook. Exécuter ensuite le serveur qui se met en écoute sur le port 443.
  • Ouvrir ensuite une page quelconque du web qui contient des modules Facebook intégrés, c’est-à-dire des boutons bleus Facebook typiques (Follow, Share… En français : Suivre, S’abonner, Partager…). Au même moment, le serveur HTTPS détecte que votre navigateur transmet des données vers Facebook (mais ici c’est vers votre serveur intercepteur). La transmission de données vers Facebook survient en l’absence de clics sur les boutons bleus de Facebook, il suffit juste d’ouvrir une page web contenant ces modules. En effet, cela présente un risque de traquage des internautes via les cookies.

Facebook pourrait s’amuser à recouper les données entre elles. Par exemple, supposons que vous ayez un compte FB sur lequel vous êtes actuellement connecté via votre navigateur. Ensuite, supposons que vous recevez une notification par email (en format HTML) en provenance de votre 2e compte Facebook. Vous croyez peut-être que FB ne fera pas le lien entre vos deux comptes même si vous changez votre IP et en effaçant vos cookies ? Hé bien, non, car même par email, les modules Facebook restent actifs, ils sont exécutés lorsque vous ouvrez vos mails pour les lire… Il suffit juste que FB veuille comparer les IP de vos deux comptes, en temps réels, pour s’apercevoir que c’est vous ! Vous aviez cru rester discret ? Erreur, car FB sait tout de vous.

Et aussi, quand on tape des requêtes dans la barre de recherche de personnes sur FB, tous les noms que vous y entrez sont enregistrés définitivement sur le site de FB. En plaçant le curseur de la souris dans cette barre de recherche et en appuyant la flèche du bas, on voit même la liste des requêtes anciennes.

Et supprimer les cookies ne résout en rien le problème de flicage des internautes. On peut être tracé via l’adresse IP, même si on n’est pas logué sur FB.

Les modules FB sont fréquents dans les sites de média, les journaux en ligne : FB sait quels sont les articles de presse en ligne que vous lisez, la plupart des blogs que vous lisez ou ce que vous publiez. Vos petites habitudes sont scannées… Les modules s’appellent en fait des plugins, d’après ce que j’ai examiné dans le code source HTML d’une page web, les plugins sont chargés via une balise IFRAME qui charge un hyperlien de Facebook depuis le site d’origine sur lesquels les plugins sont intégrés.

Mais tout cela, les problèmes posés par l’utilisation de Facebook sont connus depuis des années. Je suis effaré que certains, chercheurs ou journalistes, aient l’air de tomber des nues face à cette « découverte ».

Ah, maintenant vous avez peur ? Vous avez raison.

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Copyright 2015 John Philip C. Manson

 

Une fusée express pour aller sur Mars en 39 jours ?

Je cite : « Car VASIMIR signifie « moteur à propulsion magnéto plasmique à impulsion spécifique variable ». En clair, le principe est d’abord de chauffer du gaz argon à très haute température, ce qui permettrait d’obtenir un rayon de plasma, c’est-à-dire une matière chargée électriquement et donc potentiellement très énergétique. Le plasma sera ensuite accéléré puis éjecté à travers une bobine électromagnétique de diamètre variable permettant d’obtenir une poussée plus ou moins forte selon son degré d’ouverture. »

Autrement dit, c’est un moteur ionique.

Mais 39 jours seulement, c’est bien court. En effet, selon la distance rectiligne minimale et maximale de Mars par rapport à la Terre, la durée du voyage indique par calcul que la vitesse moyenne de la fusée est comprise entre 16,3 et 118,7 km/s. Ce qui est effectivement plus rapide que les sondes spatiales habituelles. Mais dans l’espace, les engins spatiaux ne se déplacent jamais en ligne droite, mais en suivant une courbe qui est une mise en orbite. Par exemple, la sonde Rosetta a atteint la comète Tchouri en suivant une trajectoire courbe, selon une orbite autour du soleil, et en frôlant l’orbite le la comète pour s’en approcher. Pour Mars et les autres planètes, c’est pareil. Ainsi, pour atteindre Mars, la fusée n’aura pas une trajectoire rectiligne, mais suivant une orbite elliptique dont le soleil est le foyer.

Petite précision : si la fusée à moteur ionique dépasse 42,1 km/s (vitesse de libération du soleil), elle quitte le système solaire en échappant à son attraction gravitationnelle, au point de louper Mars, et de dériver inexorablement dans l’espace dans lequel personne n’entendra les cosmonautes crier…

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L’estimation de la vitesse de la fusée vers Mars que j’ai donnée ne vaut que pour une trajectoire rectiligne. Une trajectoire qui se rapproche d’un arc de cercle suggère une distance jusqu’à 3 fois plus grande environ, ce qui triple la vitesse théorique de la fusée si la durée du voyage se limite à 39 jours. Cela laisse donc une possibilité pour que la vitesse théorique de la fusée ionique dépasse la vitesse de libération du système solaire, ce qui ne rend pas le voyage crédible pour une si courte durée, bien que le principe du moteur ionique est réellement intéressant et prometteur.

Il y a une différence entre deux orbites qui se coupent entre elles, comme dans le cas de la mission Rosetta et la comète Tchouri (pour réaliser une approche précise et en douceur), et un tir direct vers une cible (dans pareil cas, le projectile atteint sa cible, pour être détruit à l’impact, ou alors il râte sa cible)…

Des doutes sur la trajectoire et sa durée, mais aussi sur les détails technologiques concernant le moteur.

Je cite : « En clair, le principe est d’abord de chauffer du gaz argon à très haute température, ce qui permettrait d’obtenir un rayon de plasma, c’est-à-dire une matière chargée électriquement et donc potentiellement très énergétique. Le plasma sera ensuite accéléré puis éjecté à travers une bobine électromagnétique de diamètre variable permettant d’obtenir une poussée plus ou moins forte selon son degré d’ouverture. Un moteur révolutionnaire qui pourrait être alimenté grâce à un réacteur nucléaire. »

Pour qu’un moteur ionique soit efficace, il doit pouvoir éjecter énormément de plasma en masse, mais aussi à grande vitesse. Une poussée de 1 N (newton) correspond à une éjection de 1kg d’argon par seconde et à une vitesse d’éjection de 1 m/s. Je vous laisse estimer l’ampleur des moyens énergétiques et la charge utile en argon (et son coût !) pour rendre le projet possible. Et le réacteur nucléaire embarqué ? Quelle est sa masse ? Et sa capacité de puissance ?

Nous verrons bien ce que l’avenir réserve à propos du moteur ionique, en suivant les projets futurs qui se réaliseront. La réalité est souvent moins spectaculaire que l’enthousiasme futuriste…

Copyright 2015 John Philip C. Manson

 

 

 

La théorie de la relativité sera enseignée dès l’école primaire

Apparemment, la théorie de la Relativité sera enseignée dès le CM1 à la rentrée 2015-2016.

Si cela permet de comprendre les bases scientifiques d’une théorie très mal connue du public (tout comme la physique quantique, elle-même aussi très mal comprise), cela peut être utile.

Mais peut-on expliquer la relativité d’Einstein sans enseigner les bases de la relativité galiléenne ? J’en doute.

Lorsque j’étais en Terminale dans une filière scientifique, la relativité d’Einstein a été à peine évoquée en cours… J’ai cependant pu entendre parler de physique quantique, avec quelques références comme Max Planck, Schrödinger, de Broglie, Niels Bohr… Mais j’aurais personnellement préféré que ces sujets aient été plus approfondis, à mon goût. Sinon, à quoi servirait-il d’apprendre les sciences si l’on ne vient pas à l’essentiel ? Ce sont mes lectures extra-scolaires qui m’ont appris tout sur Einstein, parce que le sujet m’intéressait fortement. En dehors des lectures hors scolarité, les élèves ont très vaguement entendu parler de la théorie d’Einstein, mais savent qu’Einstein est connu, mais sans savoir franchement de quoi parle sa théorie…

Je suis d’accord sur ce constat : L’enseignement des bases de la physique moderne a pris un retard considérable en France. Il est vrai que, en regard des progrès de la science au cours du vingtième siècle, la théorie de la  relativité et la physique quantique paraissent comme entourées d’un secret mandarinal. Il est utile de connaître quelques notions précises, sans forcément être un spécialiste ni être un mathématicien chevronné.

Mais là, stupeur, il y a quelque chose que je ne comprends pas très bien. quel intérêt d’enseigner la théorie d’Einstein à l’école primaire, quand d’emblée il est déjà assez difficile de la comprendre et la maîtriser en Terminale ? Au lycée et à l’université, les professeurs de mathématiques et ceux de physique maîtrisent eux-mêmes bien ce thème, mais j’exprime mon scepticisme quant à l’efficacité du nouveau dispositif à l’école primaire, en rappelant au passage que les instituteurs ont souvent suivi un cursus littéraire plutôt qu’un cursus scientifique…Un terrain malheureusement idéal pour risquer de faire de la mauvaise vulgarisation scientifique.

Vers 2005 ou 2006, j’ai pu lire un cours sur l’astronomie pour une classe de CM2, un cours bâclé, j’y ai lu des trucs ahurissants : par exemple, « Le soleil est né grâce à des nuages de poussières d’étoile et des nuages de gaz carbonique. » Voir archive ici : http://www.archivum.info/fr.sci.geosciences/2005-11/00026/Re-Cours-pour–l-ve-de-cm2.html Alors qu’en fait le soleil est composé majoritairement d’hydrogène et d’hélium… Voila ce qui arrive quand on confie un sujet scientifique à un enseignant qui n’a pas été formé via une filière scientifique…

La vulgarisation des sciences est un métier difficile. Il est souvent dur d’expliquer la théorie de la relativité à des élèves de Terminale, et la difficulté est fortement accentuée si la théorie est expliquée à des élèves de CM1, en simplifiant au mieux la théorie tout en prenant le soin rigoureux de ne pas dénaturer ni trahir ce que dit la théorie après avoir élaboré un contenu simplifié. Encore pire si l’instituteur ne maîtrise pas très bien les sciences si l’enseignant a eu une formation littéraire plutôt que scientifique…

Je suis sceptique sur les réformes nouvelles. L’on a constaté avec effarement que le niveau des maths a diminué, quand on a vu la polémique à propos du sujet du Bac de mathématiques en 2014… Il faudrait d’abord consolider la maîtrise des maths et la maîtrise de la langue française. Voir ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2014/06/20/la-session-2014-de-lepreuve-de-maths-du-bac-un-carnage/

Concernant la théorie d’Einstein, il faudrait la présenter de façon attrayante pour susciter une forte curiosité qui incite les élèves à développer leurs raisonnements, et les inciter à faire des recherches et des calculs. Cela vaut pour des élèves de Terminale.

L’école primaire est d’une importance fondamentale : on y apprend les bases de la lecture, de l’écriture et du calcul. Enseigner la théorie d’Einstein en CM1 est sûrement prématuré, mais cela n’empêche pas de résumer la théorie de façon à créer des vocations scientifiques, c’est le point le plus important. Il serait opportun notamment d’expliquer ce qu’est la physique quantique, qui est une théorie scientifique de la physique, appuyée par des faits, dont le fond concerne la dynamique des particules subatomiques, et qui n’a rien à voir avec le mysticisme, ni avec la spiritualité ou la médecine ou la religion ou la science-fiction (la physique quantique est dénaturée et récupérée par la secte New Age, une forme de propagande existe via Internet à travers certaines vidéos pseudoscientifiques). Expliquer ce que sont exactement certaines théories scientifiques auprès d’élèves de CM1 permettrait d’éviter des malentendus conceptuels et d’éviter certaines dérives…

Le risque à éviter concernant le CM1, c’est de parler de théories scientifiques en les présentant maladroitement comme compliquées et insolubles, rebutantes, chiantes… Il ne faut pas prendre le risque de dégoûter les élèves des mathématiques et des sciences pour longtemps, cela ne ferait qu’aggraver la crise des vocations scientifiques… Il faut du temps pour apprendre. Brûler les étapes découragerait les élèves qui ne sont pas préparés à un tel contraste entre leur niveau et celui d’élèves de Terminale…

Cela se discute : les décisions en matière de pédagogie sont-elles déconnectés des réalités et des véritables priorités ?

Plus efficace que ls gousses d’ail, l’eau bénite, le crucifix et le soleil levant ? Une page remplie de mathématiques ! Redoutable contre les vampires et les gens normaux… Effet de recul immédiat.

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Copyright 2015 John Philip C. Manson

Sur Facebook : le Feng Shui démenti par les maths

Vu sur Facebook :

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En effet, le mois de mai 2015 aura 5 vendredis.

Mais est-ce que ce type d’événement est rare, se produirait-il tous les 623 ans ?

J’ai conçu un programme écrit en Perl :

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Ainsi, pour qu’il y ait 5 vendredis dans un mois, il faut que cela soit un mois de 31 jours. Cela commence toujours par un vendredi 1er (et ça finit toujours par un dimanche 31).

  • De l’an 2000 à l’an 2099 (soit sur 100 ans), l’événement des 5 vendredis se produit 98 fois en moyenne, soit presque 1 fois par an. Les mois ayant 5 vendredis ne concernent que les mois de 31 jours : janvier, mars, mai, juillet, août, octobre, décembre. Cela ne concerne jamais les autres mois : février, avril, juin, septembre, novembre.
  • Et si l’on prend en compte uniquement les mois de mai : l’événement se produit 14 fois par siècle. Voici la liste des années du 21e siècle pour lesquelles l’événement se produit au mois de mai : 2009, 2015, 2020, 2026, 2037, 2043, 2048, 2054, 2065, 2071, 2076, 2082, 2093, 2099.
  • En conséquence, il est donc absolument faux de déclarer que l’événement se produirait tous les 623 ans, c’est clairement réfuté par le calcul. L’événement est bien plus fréquent.
  • Avec cette histoire de 5 vendredis, cela implique forcément le calendrier grégorien, or celui-ci a été adopté par la Chine en 1912 : cela démontre que la croyance Feng Shui relative aux 5 vendredis date d’après 1912, et que cela n’est pas une vieille croyance traditionnelle. Le calendrier traditionnel chinois utilise des mois lunaires dont le premier jour de chaque mois commence par la phase de la nouvelle lune (or entre chaque nouvelle lune, il n’y a que 28 jours, ce qui rend impossible l’existence de 5 vendredis dans un mois lunaire quelconque).

Moralité : ne pas croire n’importe quelle fadaise sur Facebook (ni ailleurs)…

© 2015 John Philip C. Manson

L’ADN peut-il conserver l’information à long terme ?

L’article en lien ci-dessus est en contradiction avec cet article : http://www.futura-sciences.com/magazines/sante/infos/actu/d/genetique-demi-vie-adn-parle-dinosaures-ne-reviendront-pas-41796/

Comment l’ADN pourrait-il conserver de l’information pendant un million d’années en sachant que sa demie-vie est d’environ 521 années ? En effet, avec une devie-vie de 521 ans, la dégradation de l’ADN est totale bien avant le délai d’un million d’années !

  • Après environ 6 ans et demi après la mort de l’organisme, il ne reste plus que 1% de l’ADN depuis l’instant zéro.
  • Et en prenant l’exemple de la bactérie E. Coli, cette bactérie a 4288 gènes identifiés : avec la dégradation de son code génétique, cette bactérie ne conserve plus qu’un seul gène identifiable après un temps de seulement 12 ans !

Je doute fortement de l’efficacité de l’ADN pour conserver durablement l’information…

J’illustre par un exemple concret : actuellement, mon blog contient 7 454 681 octets d’information (je viens de faire un backup en format XML). Maintenant, supposons que ce format XML stocke son contenu sous forme d’information mémorisée dans l’ADN. Alors cet ADN se dégrade de moitié tous les 521 ans. Conséquence : toute l’information contenu dans mon blog, stockée dans l’ADN finit par disparaître complètement au bout de 23 ans. Je trouve que les bandes magnétiques sont plus efficaces pour conserver l’information…

 

© 2015 John Philip C. Manson