La vulgarisation galvaudée de la science – Zoom sur un magazine TV

  • Analyse du magazine TV Télé Poche de la semaine du 9 au 13 mars 2015.

 

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« La science de l’étrange »… L’évocation de titulaires du prix Nobel pour tenter de cautionner l’irrationnel et le paranormal, c’est faire un argument d’autorité. http://fr.wikipedia.org/wiki/Argument_d%27autorit%C3%A9

Ce ne sont pas les diplômes et titres académiques des scientifiques qui font la crédibilité de ce que certains essaient de cautionner, ce sont les preuves objectives seules qui établissent la crédibilité factuelle des choses.

L’inconcevable et l’inexplicable ? Par définition, ce qui n’est pas concevable ni explicable n’est pas connaissable, comme les questions métaphysiques. Par conséquent, ce qui n’est pas connaissable n’entre pas dans le cadre des hypothèses scientifiques, puisque le critère de réfutabilité implique que les hypothèses soient connaissables à travers des observations ou des expériences. En science, une hypothèse réputée réfutable a la possibilité d’être confortée ou invalidée. Cela n’est pas le cas des choses inconcevables et inexplicables qui sont de nature métaphysique, car ce qui n’est pas connaissable est dépourvu de caractère scientifique.

Des nouveaux concepts qui pourraient bouleverser nos connaissances ? C’est contradictoire, car dans le même texte, il y est explicité des choses inconcevables et inexplicables, ainsi comment pourrait-on forger de nouveaux concepts à partir de choses inconcevables ? C’est contradictoire.

La télépathie, la clairvoyance et la télékinésie sont des croyances. Jusqu’à présent, aucune expérience depuis plus de 150 ans n’a révélé de façon objective et certaine une quelconque existence du paranormal… L’absence de preuves ne signifie évidemment pas que le paranormal n’existe pas, mais cela ne signifie pas non plus que le paranormal soit une réalité. Le paranormal et l’irrationnel bénéficie à notre époque d’une importante propagande médiatique (cela fait vendre aussi longtemps que les crédules manqueront de recul critique), on sous-estime souvent la force incommensurable des croyances. Il est plus facile de désintégrer des atomes que des idées préconçues…

La science de l’étrange ? Plutôt des élucubrations métaphysiques…

Maintenant, regardez attentivement l’image ci-dessous. Cela a l’air éducatif ? Moi je vois un détail choquant. (Veuillez lire l’explication en-dessous de cette image)

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Le 20 mars 2015, il se produira en effet un événement. Mais pas une éclipse de lune, mais une éclipse de soleil. Une pareille erreur sur ce détail est inadmissible en matière de vulgarisation scientifique…

« Tout sur l’éclipse de lune du 20 mars 2015″ est un titre maladroit, c’est une grosse bourde… Qui s’est trompé ? Le journaliste ou l’éditeur du DVD ? Peu importe, le mal est fait…

  • Les éclipses lunaires se produisent lors de certaines pleines lunes, quand l’ombre de la Terre est projetée sur la surface lunaire.
  • Les éclipses solaires se produisent lors de certaines nouvelles lunes, quand la lune vient occulter le soleil. Cela arrive quand l’ombre de la lune est projetée sur la Terre.

Ensuite, le même texte évoque l’éclipse totale de 1999, celle du 11 août 1999, le texte aurait dû préciser que c’était une éclipse totale de soleil observable depuis la France… Mais en 2085, il y aura deux éclipses solaires annulaires (donc pas totales). Et quant au 20 mars 2015, ce sera une éclipse solaire totale pour les observateurs situés au sud du Groenland et dans la mer du Nord, ainsi que l’océan Arctique, mais l’éclipse ne sera pas vue comme totale en France.

 

En conclusion :

Encore des preuves de plus qui incitent à adopter un esprit critique en éveil constant. Ne jamais croire toute information pour vraie. Les textes doivent être analysés car les erreurs font partie de la nature humaine (mais pour certains cas, la production d’erreurs est un véritable sport d’élite, on dirait qu’ils en font exprès !).

 

© 2015 John Philip C. Manson

 

 

Wikipedia reste vulnérable aux canulars pseudoscientifiques

Il y a plusieurs mois, grâce à l’outil Google Alert, j’avais mis le web en surveillance en ce qui concerne la création de nouveaux articles de Wikipedia dans le domaine de la physique quantique.

Voici le terme de recherche mis en suivi sur Google Alerts :   quantique site:fr.wikipedia.org

Cette astuce permet de détecter tout nouvel article suspect (concernant plus ou moins la physique quantique), et d’intervenir en cas de nécessité.

Le 11 janvier 2015, je reçois une notification de Google Alerts :

monogramme

On peut constater que le contenu partiel de l’article Wikipedia relatif au monogramme quantique est suspect et formulé dans un charabia étrange… A mon avis, celui ayant rédigé l’article ne comprenait même pas lui non plus ce qu’il écrivait…

Et en faisant un petit tour sur l’article directement : http://fr.wikipedia.org/wiki/Monogramme_quantique

On s’aperçoit qu’un administrateur a eu la prudence de supprimer l’article douteux selon le motif duquel l’expression « monogramme quantique » est inexistante en littérature spécialisée : il s’agit d’un probable canular ou d’un plausible travail inédit non encyclopédique.

La suppression cette fois a été relativement rapide, mais ce n’est pas toujours le cas : parfois certains articles contiennent des sottises pendant 2 ou 3 ans avant qu’un contributeur daigne apporter une correction pertinente…

C’était l’occasion aujourd’hui de rappeler que Wikipedia doit inciter à l’analyse critique.

Le mot « quantique », utilisé avec pertinence dans la physique quantique, est assez populaire dans les pseudosciences où ce mot perd complètement sa pertinence. Le test de Google Alerts démontre que les sujets connexes au mot « quantique » peuvent être l’objet de dérives idéologiques qui n’ont plus grand lien avec les sciences.

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Humour :

Ça alors ! Quand je chie à travers les deux fentes d’Young (http://fr.wikipedia.org/wiki/Fentes_d%27Young), il se produit des interférences quantiques : je chie en plusieurs endroits distincts en même temps !

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D’après les personnages de Charb

© 2015 John Philip C. Manson

L’étoile qui pourrait provoquer une pluie de comètes

Voici un lien intéressant. Ma conclusion : c’est cohérent et plausible.

Il est annoncé dans l’article du Nouvel Observateur l’existence d’une incertitude. Celle de la vitesse relative de l’étoile Hip 85605 par rapport à nous. A partir des données citées dans l’article, j’ai calculé que la vitesse relative de l’étoile Hip 85605 (probablement estimée d’après l’effet Doppler) est de 15096 ± 4890 m/s selon mes calculs. Cette vitesse est cohérente.

Cependant, la marge d’incertitude de la vitesse, si je ne m’abuse, est d’environ 65%.

Cependant, également, il faut souligner que la distance des étoiles par rapport à nous (via la méthode des parallaxes) comporte elle aussi une incertitude… Il ne s’agit donc que d’une estimation de distance, et non une distance exacte.

Il est aussi annoncé dans l’article du Nouvel Observateur que l’événement a 90% de risque de se produire. Cependant, lorsque je compare la plage des distances les plus proches du soleil avec l’étoile par rapport à l’étendue du nuage de Oort, c’est 27%. A moins que le champ gravitationnel de Hip 85605 ait une influence sur d’importantes distances (sur quasiment tout le nuage de Oort), mais l’étoile est une étoile naine orange. D’où viennent ces 90% de probabilité ? Sur ce détail, j’aimerais avoir l’avis du Dr Goulu.   ;)

 

Humour :

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« Oh ça alors… Quand je vais raconter ça à ma femme… »

© 2014 John Philip C. Manson

 

Outillage épistémologique et méthodologie scientifique

Lors de mon surf sur le web, je trouve une page intéressante :

Et notamment celle-ci :

Avec ces lectures-ci, on se doute bien que la recherche documentaire dans la démarche de scepticisme scientifique représente un gros travail et beaucoup de bonne volonté. Ce qui contraste avec les croyances conformistes qui ne sont rien d’autre que de la paresse intellectuelle.

Mais aussi ce lien prête à la réflexion et au doute :

L’un des protagonistes citerait Einstein avec la citation suivante : « Tous ceux qui sont impliqués dans la science finiront par découvrir qu’un esprit, immensément supérieur à l’homme, se manifeste dans les lois de l’univers ». Mais en me renseignant afin de retrouver factuellement si Einstein aurait fait une telle affirmation, je ne trouve rien de convainquant… Citation apocryphe ? En effet, Google ne donne que 9 résultats non probants (si l’on ôte le nom des protagonistes qui ont attribué la citation à Einstein).

En recherchant la même citation en anglais : « Everyone who is seriously involved in the pursuit of science becomes convinced that a spirit is manifest in the laws of the Universe », « a Spirit vastly superior to that of man ». Il est difficile de faire le tri des sites religieux partisans de l’idée que la citation soit authentique. Il faut donc fouiller dans les écrits d’Einstein pour trancher la question. Apocryphe ou authentique, la citation attribuée à Einstein ne constitue cependant pas une preuve objective de l’existence de Dieu. La citation ne sert occasionnellement qu’à faire un argument d’autorité.Dieu n’est pas une hypothèse scientifique, c’est un autre débat… Et un scientifique, n’importe lequel, peut se tromper : Einstein s’est bien trompé à propos de la mécanique quantique par exemple… Il n’y a d’autorité que celle des faits.

Et une phrase d’un des deux protagonistes (voir le lien ci-dessus) m’intrigue beaucoup : « Dieu est une information au sens qu’il est immatériel. Il n’est ni énergie, ni être. Il échappe à toute dénomination, Dieu est transcendant. »

Si Dieu n’est pas défini, comment peut-on être certain de l’avoir rencontré/détecté/découvert ?… Quelques citations (authentiques) d’Einstein expriment ceci :

  • « Je ne peux pas imaginer un Dieu qui récompense et punit l’objet de sa création. Je ne peux pas me figurer un Dieu qui réglerait sa volonté sur l’expérience de la mienne. Je ne veux pas et je ne peux pas concevoir un être qui survivrait à la mort de son corps. Si de pareilles idées se développent en un esprit, je le juge faible, craintif et stupidement égoïste.« 
  • « Définissez-moi d’abord ce que vous entendez par Dieu et je vous dirai si j’y crois.« 
  • « Ce que vous avez lu sur mes convictions religieuses était un mensonge, bien sûr, un mensonge qui est répété systématiquement. Je ne crois pas en un Dieu personnel et je n’ai jamais dit le contraire de cela, je l’ai plutôt exprimé clairement. S’il y a quelque chose en moi que l’on puisse appeler « religieux » ce serait alors mon admiration sans bornes pour les structures de l’univers pour autant que notre science puisse le révéler.  »  (Albert Einstein, lettre du 24 mars 1954)« 

Voici une anecdote, dans un tout autre contexte :

Au cours du mois de décembre (de cette année 2014), lors d’un vide-grenier (sorte de brocante), un proche m’a proposé de récupérer pour moi une encyclopédie ancienne (avec tous les tomes) au cas où cela m’intéresserait. En effet, comme les livres m’intéressent, même anciens, j’ai dit oui. J’ai donc fait l’acquisition des tomes de l’encyclopédie dont le nom est « Nouveau Larousse illustré« . Satisfait du bon état de conservation des volumes, j’ai découvert ensuite que ces tomes furent édités de 1897 à 1904. Certains penseront peut-être que je collectionne des vieilleries désuètes et ringardes. Mais à la lecture de ces tomes, j’ai été surpris de constater des sujets très complets, on y trouve des mathématiques d’un bon niveau, ainsi que des articles assez bien conçus sur la chimie et la musique. Je peux même déclarer que cette encyclopédie, bien qu’assez ancienne, a un niveau de qualité de contenu sensiblement supérieur que tout ce qu’on peut lire la plupart du temps dans Wikipedia (à l’exception toutefois des articles Wikipedia de qualité et qui sont supervisés par des spécialistes). Hé oui, franchement.

Un exemple avec un paragraphe de l’article « CARBONIQUE » :

carbonique

Très intéressant : en 1898, la proportion de CO2 dans l’air était d’environ 3 volumes pour 10 000 volumes d’air (soit 300 ppmv). Actuellement il est d’environ 400 ppmv.

Vous voulez lire les tomes du « Nouveau Larousse illustré » ? C’est possible ! L’encyclopédie est disponible en format PDF ici : https://archive.org/download/nouveaularoussei02laro/nouveaularoussei02laro.pdf (attention, ça pèse 146,1 Mo, pour 866 pages au total, le PDF est assez long à charger les pages lors de son ouverture). Bonne lecture.  ;)

 

© 2014 John Philip C. Manson

 

Une citation sur le scepticisme

  • Tout d’abord une petite parenthèse. Merci au Dr Goulu pour avoir partagé mon article sur l’obsolescence programmée, car j’ai constaté aujourd’hui à 14 heures que mon blog vient de connaître son record absolu de visites (987 vues aujourd’hui et hier) depuis la création du blog sur WordPress.   ;)  Le sujet de l’obsolescence programmée supposée des appareils électriques intéresse beaucoup de monde (on se sent tous concernés en tant que consommateurs, on se méfie des constructeurs et vendeurs peu scrupuleux). De même, le doute et la suspicion ça devrait valoir aussi sur l’irrationnel et les pseudo-sciences qui nous vendent du vent. Mais les gens tendent à faire plus attention à leurs biens matériels (télévision ou machine à laver que l’on croit trafiqué à raison ou à tort par le constructeur) qu’aux charlatans qui abusent notre crédulité (parce que les personnes dupées font trop confiance à leur propre cerveau, alors que tous les êtres humains sont faillibles et influençables).

 

 

Pour résumer de façon concise le but de mon blog, voici une citation :

  • « La démarche scientifique ne peut commencer que par un scepticisme initial sur les faits. On ne doute pas par refus de croire, mais par désir de savoir. On doute pour pouvoir faire la différence entre ce qu’on voudrait qui soit vrai et ce qui est effectivement vrai. On doute parce qu’on sait que tout n’est pas possible. Sans un minimum de doute, on ne peut pas espérer trouver la vérité, ni avec la science, ni autrement »   (Cyrille Barrette – « Aux racines de la science » – page 54)

© 2014 John Philip C. Manson

 

Scepticisme sur certains effets préventifs contre le cancer de la prostate

Je viens de regarder l’émission TV « Le magazine de la santé » sur la chaîne « France 5″ . Malgré une étude médicale qui affirme qu’avoir plus de 20 partenaires féminins aurait un rôle protecteur contre le cancer de la prostate, l’un des médecins présents sur le plateau de télévision, le Professeur F. Haab (un urologue), dénonce qu’il n’existe pas de preuve scientifique sérieuse sur cette allégation.

Ayant eu vent de cette étude quelques jours plus tôt sur le web (via news.google.fr), je suis aussi moi-même sceptique sur cette étude.

Les traces médiatiques de cette étude médicale provient du Québec :

L’étude fut réalisée par 3 chercheuses.

Quel effet psychologique cette étude peut-elle produire lors de sa diffusion ? Le cancer fait peur, surtout celui de la prostate quand on est un homme. Comme la peur rend prévisible, certains hommes crédules, ayant peur du risque de cancer, vont peut-être décider à multiplier leurs aventures sexuelles…

La première chose que cette étude m’a fait penser : inciter à relancer la natalité dans un pays menacé par le vieillissement de la population. Hypothèse plausible, pourquoi pas ?

Cette étude m’a aussi fait penser à une forme de publicité ou d’auto-promotion.

Je n’affirme pas que l’étude repose sur des données truquées. Ces données statistiques peuvent être authentiques, mais conduire à des biais qui faussent les conclusions. Il faudrait trouver, par exemple, la probabilité que les résultats aient été influencés par le HASARD. Oui, des écarts statistiques peuvent exister par le hasard. Et surtout, et je souligne cela ici, lorsqu’il y a une apparente corrélation entre deux faits (le cancer de la prostate et l’activité sexuelle), IL FAUT POUVOIR EXPLIQUER LE LIEN DE CAUSALITE APPARENT. Si l’on ne réussit pas à expliquer un tel lien, en vain, on peut suspecter la présence d’un biais statistique (une corrélation apparente, mais absence de causalité réelle).

La question à se poser : aurait-on pu obtenir les mêmes résultats statistiques par le seul fruit du hasard ? Pour le savoir, il faut connaître le taux moyen de cancer de la prostate dans la population masculine et connaître aussi le taux moyen d’hommes ayant une vie sexuelle très active… A partir de ces deux paramètres, on peut montrer des exemples statistiques et probabilistes assez intéressants.

Au cours de leur vie, les hommes ont eu, en moyenne, 11,6 partenaires sexuels. Cela fait quel pourcentage d’hommes parmi le total d’hommes qui ont eu plus de 20 partenaires dans leur vie ? Voila un détail intéressant. Si ce taux est sensiblement faible par rapport au taux de la moyenne, alors cela fait combien d’hommes ayant eu plus de 20 partenaires pour un échantillon de 3200 hommes ? Voila une question intéressante dont je suis curieux de ce que pourrait être la réponse. D’après une loi statistique, il y aurait (sur une base moyenne de 11,6 partenaires) environ 1,2% des hommes qui auraient plus de 20 partenaires dans leur vie. Cela voudrait dire à peine 40 hommes dans l’échantillon de 3200 hommes. Mais pour réduire le taux de cancer de 28%, ces hommes qui ont été sexuellement actifs devraient être significativement plus nombreux.

1590 hommes ayant eu le cancer de la prostate pour un échantillon de 3200 hommes, on est loin du taux naturel statistique : de 2005 à 2009, environ 267 500 hommes ont été diagnostiqués comme cancéreux prostatiques (soit 0,8% environ de la population masculine française).

Assailli de doutes, j’ai voulu approfondir le sujet, et voir jusqu’où cela mène.

J’ai trouvé cette page intéressante :

Ainsi, la circoncision protègerait du cancer de la prostate ? Alors, cette polémique qui avait fait bruit dans les médias il y a plusieurs mois, ça proviendrait du même institut, et de la même personne… Pourtant, cet institut canadien semble sérieux (il est l’équivalent du CNRS français). Pourtant, la médecine indique qu’en l’absence de prépuce, le gland est plus vulnérable (la circoncision n’empêche pas les microsaignements lors des rapports sexuels)…

Mais là, il est évident que personne ne peut expliquer pourquoi la circoncision protégerait du cancer de la prostate… Peut-être bien parce qu’il n’y a pas de causalité du tout… D’ailleurs, un indice met à mal cette causalité apparente : la conclusion de l’étude est inversée lorsque les hommes sont homosexuels, et là non plus personne n’est capable de donner une explication convaincante ! Je cite : « l’étude scientifique qui a débuté en 2002 montre que les hommes qui ont eu des relations avec plus de 20 hommes couraient deux fois plus de risque d’être atteints d’un cancer de la prostate. » L’hypothèse que je retiens : avec des résultats contradictoires, pourquoi ne pas conclure que l’étude statistique est biaisée ?

Les hommes homosexuels, combien sont-ils théoriquement dans l’échantillon ? Environ 1% à 5% des 3200 hommes, soient environ 32 à 160 hommes seulement, et c’est bien peu en comparaison des 1590 cancéreux qui représentent ici 49,7% (la moitié !!!) de l’échantillon de 3200 hommes. En ce qui concerne la conclusion (peut-être biaisée) que les gays aient finalement plus de risques de cancer de la prostate, mieux aurait valu constituer un échantillon exclusivement composé de quelques milliers d’hommes homosexuels, pour avoir une conclusion plus fiable.

  • La question à se poser aussi : quel doit être l’écart pour qu’une comparaison montre un résultat significatif ?
  • Le travail publié par les chercheuses a t-il été évalué, comme cela se fait pour toute publication scientifique ?
  • Quels résultats aurions-nous obtenus avec des échantillons plus grands (10000 ou 100000 voire 1 million d’hommes) ?
  • Pourquoi les chercheuses font-elles la distinction entre le coït avec des partenaires et la masturbation, alors que ces deux activités sont équivalentes pour la prostate ?
  • Pourquoi n’y a t-il aucune explication convaincante que les gays auraient un risque de cancer double de celui de la moyenne nationale, tandis que les hommes hétérosexuels sexuellement actifs avec des femmes auraient 28% de risque en moins ? Et ceux qui se masturbent (les hétéros, et les gays), quels sont leurs risques, sont-ce d’autres données contradictoires ?…

Selon moi, le scepticisme du médecin invité dans l’émission « Le magazine de la santé », le Professeur F. Haab, à propos des conclusions de cette étude statistique, est légitime. Il a absolument raison.

Au lieu de prendre un échantillon neutre, c’est-à-dire représentatif de la population masculine, présentant le même taux de cancer de la prostate par rapport à l’ensemble de la population, l’échantillon ayant servi à l’étude présente un grand nombre d’hommes cancéreux par rapport au total de l’échantillon (1590 cancéreux prostatiques pour un échantillon de 3200 hommes).

 

Ce n’est pas à proprement parler une critique que j’ai fait ici, je dis seulement que c’est toujours intéressant que des chercheurs découvrent des corrélations, mais il est toujours nécessaire et indispensable d’évaluer les conclusions des recherches. D’ailleurs, à l’index du site internet de l’émission TV « Allô Docteur » (diffusée juste avant « Le magazine de la santé »), on peut lire ce texte qui résume bien notre contexte ici : « Ce n’est pas parce qu’une info est reprise partout qu’elle est forcément vraie… Les rumeurs passées au crible par la rédaction. »

Bref, ce n’est pas parce qu’on est un homme fidèle que cela signifie que l’on risque d’avoir le cancer de la prostate ni que ce « risque » signifie que ça serve de prétexte, d’excuse ou de courage pour devenir un coureur de jupons… Il faut être naïf ou con pour obéir inconsciemment par un réflexe conditionné suggéré par les journalistes ou les scientifiques qui publient un peu de tout et n’importe quoi… Un bon coup de pied au derrière, il paraît ainsi que ça remonte par la colonne vertébrale pour remettre ensuite les idées en place…

 

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Il paraît que l’ablation du cerveau protège du cancer du cerveau. C’était si simple, et c’est radical !

Maintenant, quand j’éclaire mon oreille avec une lampe, cela fait apparaître une lueur dans mes yeux.

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  • « La qualité d’une expérience se mesure au nombre de théories qu’elle fait tomber. »

© 2014 John Philip C. Manson

 

Trous cosmiques, matière noire et énergie sombre

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En science, l’imagination ne suffit pas. Il faut des faits.

  • Les portails cosmiques évoqués dans l’image ci-dessus, ce sont les « trous de ver », ces objets semblent être physiquement possibles d’après la théorie de la relativité générale. Mais en l’absence de preuves, cela ne reste qu’une hypothèse. Tous les trous de vers proposés sont des solutions mathématiques plutôt que des objets réalistes.  http://fr.wikipedia.org/wiki/Trou_de_ver
  • Quant à la matière noire, elle est aussi une hypothèse. Il est vrai qu’il reste beaucoup de choses à découvrir et à connaître, mais il faut justement les connaître et les avoir découvertes avant d’en parler en toute objectivité.

Et pourtant, moins le journalisme en sait, plus il en parle…

 Ce sont les faits seuls qui consolident ou réfutent une théorie scientifique, mais ce ne sont pas les théories qui érigent les hypothèses comme vérités…

© 2014 john Philip C. Manson