Critique de Charon

Il est louable d’associer science et philosophie. Il est cependant dangereux de mêler la science avec la pseudoscience et le mysticisme.

Jean Charon disait que le monde n’est pas inerte et que l’Univers est entièrement vivant. « Je crois que l’Univers est sacré, mais je sens que l’objectif de cet Univers est de se faire connaître d’abord ». Sa priorité était d’expliquer comment est faite la Matière, qu’il appelait  » la psychomatière « , considérant qu’elle est à la fois matière et esprit. Pour cela, il a proposé un modèle représentant à la fois la partie Matière et la partie Esprit, l’éon, un élément matériel qui serait porteur de l’Esprit et de la conscience. On est alors là dans le domaine de la croyance, pas dans celui de la science. On est alors dans le déni de la réfutabilité, à travers une dénaturation de la physique quantique.

La vie se manifeste à travers des structures matérielles appelées organismes vivants, ou êtres vivants, reconnaissables par la grande complexité de leur structure interne et leur activité autonome ainsi que la capacité de se reproduire. Ce que ne sont pas les planètes, les gaz, les métaux… Le mythe du fluide vital s’est effondré lorsqu’on a découvert comment synthétiser des molécules biochimiques, comme l’urée.

L’hylozooïsme est un concept philosophique (la matière dotée de vie), mais dans les faits, l’univers n’est pas omni-vivant. Il n’y a pas de but dans l’évolution et la cosmologie.

La vie et la conscience émergent de la matière inerte, par l’organisation de matière complexe (neurones, tissus cellulaires différenciés).
Il est hasardeux de philosopher sur le vivant avec la méconnaissance de la biochimie par exemple.

Il y a une différence entre l’expérimentation du réel, et élever un concept philosophique irréfutable comme dogme.

Que penser de Charon ? La « relativité complexe » dont il est le pionnier, et surtout les conséquences qu’il en tire, doit bien faire hurler de rire les gens compétents sur le sujet. Quand il s’est mis à expliquer, après des dizaines de pages de calculs, que tout cela démontrait que l’électron avait des propriétés « psychiques », on se dit qu’on perd son temps en pareilles élucubrations mystiques. Charon voulait donner une base physique aux idées de Teilhard de Chardin, mais c’est foiré… Pierre Teilhard de Chardin (qui fut un philosophe, théologien et paléontologue français ; il avait une conception spiritualiste du cosmos ; il a récupéré des sciences hors de leur contexte comme la théorie de l’évolution pour inventer le concept de point Oméga qui serait le but ultime de l’évolution à travers les concepts de noosphère et de Christ cosmique, mais la théorie de l’évolution n’a aucun déterminisme car chaque étape évolutive des espèces est imprévisible ; il s’agit d’un cas criant d’amalgame idéologique entre la science et la religion).

Pour revenir à la relativité complexe, Charon postule le doublement du nombre de dimensions de l’espace-temps de Minkowski utilisé par Einstein (soit 2 x 4 = 8 dimensions) en ajoutant aux 4 dimensions réelles (3 d’espace et 1 de temps), 4 dimensions supplémentaires affublées de i, l’unité imaginaire qui donne -1 élevée au carré, à l’instar du plan complexe, en maths, qui possède deux fois plus de dimensions qu’une simple droite matérialisant l’ensemble des nombres réels. L’espace réel, visible, est donc d’un seul coup doublé d’un espace qu’il qualifie d’« imaginaire », invisible, dont il démontre certaines propriétés (à défaut d’en démontrer l’existence).
Tout d’abord, les lois de l’entropie s’inversent, et cet espace devient « négentropique » (à entropie négative). Dans notre monde – pour donner une interprétation imagée la deuxième loi de la thermodynamique – c’est le bordel et le désordre va croissant, alors que dans le monde imaginaire, l’ordre s’organise tout seul et va croissant. Charon annonce que les particules élémentaires ont leur reflet dans ce monde imaginaire, qu’il appelle des éons. Il n’en faut pas plus pour en déduire que ces éons, générateurs d’ordre et en liaison constante depuis le big-bang avec le reste de l’Univers, sont le siège de la conscience, de la mémoire et de l’Esprit, cette chose invisible. On reste confondu devant un tel ramassis de new age. Tout le discours est enjolivé de jolies courbes et équations relativistes supposées apporter de la crédibilité, via un bagage mathématique sérieux, à ce tissu d’âneries.

C’est donc à prendre avec des pincettes : ce n’est scientifiquement pas crédible, et je croyais que, parallèlement, la philo était l’art de raisonner.

Du côté de la vulgarisation scientifique, je conseillerais plutôt Feynman et Stephen Hawking comme critère de crédibilité.

Amnistie ou innocentiation ?

Si on y réfléchit, un gouvernement qui accorde l’amnistie aux homosexuels, c’est un peu comme si l’Allemagne d’aujourd’hui prétendait amnistier les Juifs assassinés par les Nazis à Auschwitz…

En quoi le Royaume-Uni est-il choquant ?

Seuls les individus qui ont été légitimement condamnés peuvent prétendre avoir droit à une amnistie ou à recevoir un pardon.

La discrimination homophobe et des traitements inhumains, c’est une injustice, cela n’a rien à voir avec la justice, ni avec l’amnistie, ni le pardon.

Car prononcer l’amnistie revient à encore accorder une valeur à une « loi » injuste. C’est le comble.

Ce n’est pas à une amnistie que Alan Turing ou Oscar Wilde (et des dizaines de milliers d’autres victimes) ont droit, mais à une réhabilitation totale, par une annulation d’une « loi » injuste.

Amnistier les gays condamnés, c’est s’attribuer abusivement encore quelque pouvoir légitime pour juger de la sexualité d’autrui.

Une amnistie ne contredit pas la décision judiciaire et elle n’efface pas l’historique pénal d’une personne. Il aurait mieux valu d’innocenter les gays injustement condamnés.

  • C’est au Royaume-Uni de demander pardon à genou auprès des homosexuels, ce n’est pas aux homosexuels de s’excuser d’être ce qu’ils sont afin de recevoir un « pardon »…
  • Amnistier quelqu’un, c’est lui pardonner sa « faute », mais c’est toujours le définir comme fautif, alors que ce sont plutôt les autorités de l’époque qui sont entièrement responsables de ces traitements inhumains contre les gays…
  • Le Royaume-Uni avait condamné Alan Turing, cela a poussé celui-ci au suicide. Les responsables des mauvais traitements et de la mort de Turing sont impardonnables…

Encore une erreur dans le synopsis d’un documentaire

 

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Ce documentaire est rediffusé sur la chaîne ARTE le 6 août 2016.

Mais l’erreur présente dans le synopsis ci-dessus n’a toujours pas été corrigée… J’en ai déjà parlé plusieurs mois plus tôt dans mon blog.

La Voie Lactée contient environ 200 milliards d’étoiles, pas 200 millions.

Mais la chaîne ARTE n’est pas en tort. En fait, c’est le journaliste du magazine TV qui n’est pas capable de recopier soigneusement le texte de Arte, et qui n’a pas consciencieusement corrigé cette erreur qui persiste…

 

L’activité solaire monte t-elle en puissance ?

Synopsis d’un documentaire vu dans un programme TV :

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  • Je cite : « Selon les scientifiques, l’activité à la surface de notre soleil est montée en puissance ces dernières années. Mais quelles conséquences ces phénomènes naturels peuvent-ils engendrer pour notre planète ? De gigantesques éruptions solaires pourraient ainsi projeter des milliards de tonnes de plasma en direction de notre planète ».

 

Sur le web, on peut trouver des textes qui contredisent la prétendue augmentation de l’activité solaire.

Comment une telle erreur de pourcentage est-elle possible ?

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J’ai aperçu récemment cette image sur Twitter.

L’image est un extrait du JT de France 2, diffusé le 19 février 2013, dans lequel un économiste diplômé de l’Ecole supérieure de commerce raconte qu’une succession d’une élévation de 6% par an consécutive sur 5 ans est égale à 30% en 5 ans, selon une simple multiplication.

Mais c’est faux !

En effet, quand on parle de pourcentages, ils ne s’additionnent pas de façon linéaire, car ils suivent une courbe parabolique.

  • Une valeur qui augmente de 30% (donc x = 0,3) en 5 ans, ça équivaut à multiplier la valeur initiale par 1,3, puisque (1 + x)^1 = 1,3.
  • Mais une valeur augmenté de 6% par an (donc x = 0,06), sur 5 années, ça équivaut à multiplier la valeur initiale par 1,33822, puisque (1 + x)^5 = 1,33822.
  • En mathématiques : 5 hausses successives de 6% ne donnent pas une hausse de 30%. En réalité ce sont 5 hausses de 5,39% par an qui correspondent à 30% sur 5 ans.

En France, la notion de pourcentage est étudiée en classe de 4e, au collège.

Comment est-il possible qu’une bourde pareille se soit glissée dans le JT, alors que l’économiste (de niveau universitaire) est présumé maîtriser les notions de pourcentages ?

  • Peut-être pour simplifier au maximum pour le public, mais même avec une erreur de 3% environ, cette différence existe. En maths, comme la hâte, la simplification maximum est l’ennemie de l’exactitude.
  • C’était peut-être un test délibéré, afin de voir si ça passe ou pas. C’est passé à l’antenne, et c’est passé (presque) inaperçu. Il est donc possible de raconter n’importe quoi sans conséquence, du moins à la télévision… Ce n’est pas rassurant.

 

La sophrologie caycédienne, c’est quoi ?

Certains praticiens s’installent en ville. Des coiffeurs, des boulangers, des artisans ou des commerçants, et aussi les médecins et les dentistes.

Mais ici je vais parler du cas des sophrologues caycédiens. Quand un nouveau s’installe en ville, on est en droit de se demander légitimement : c’est quoi ? c’est fiable ?

Qu’est-ce que la sophrologie caycédienne ? Il existe des pratiquants de cette discipline qui affirme être des thérapeutes ou des psys, une médecine douce, ou des rééducateurs… Surtout, ils font passer leur sophrologie caycédienne pour une science (comme la médecine), ce qu’elle n’est pas.

La sophrologie caycédienne est présentée comme une méthode de développement personnel qualifiée tour à tour de psychothérapie, de méthode de relaxation, voire de médecine alternative, une sorte de thérapie de la conscience. Elle n’est pas une science, cette pratique n’a fait l’objet d’aucune étude validée scientifiquement.

Il faut également savoir que la profession de sophrologue caycédien n’est pas réglementée, son exercice est libre en France, accessible sans diplôme particulier. Toutefois, aucun praticien se déclarant de cette profession ne peut légalement procéder à aucun acte médical, tel que le diagnostic, la thérapie ni la prescription de médicaments, et encourt le cas échéant des poursuites pour exercice illégal de la médecine.

Selon le journal officiel du ministère de la santé, le 21 septembre 2004, la sophrologie n’est pas une discipline définie ni reconnue dans le cadre du code de la santé publique.

Il faut aussi souligner les risques de dérives.

Il y a très peu d’études cliniques scientifiques sur la sophrologie caycédienne. Les prétendues publications « scientifiques » sur la sophrologie sont principalement le fruits de praticiens faisant la promotion de leur discipline par des études non scientifiques, publiées généralement en marge des canaux scientifiques, mais régulièrement brandies comme arguments « authentiques » par les sophrologues.

La sophrologie est aujourd’hui une tradition principalement française, quasiment inexistante dans les autres pays.

La sophrologie fait régulièrement polémique en raison de l’existence avérées de dérives sectaires ou d’abus de faiblesse, selon la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES).

Souvent la sophrologie se situe aux confins du New Age (hypnose, training autogène, yoga) et de la  psychothérapie (psychologie, psychosomatique), la sophrologie n’a aucune base solide. C’est une méthode basée sur les expériences subjectives des personnes, sans aucun moyen objectif d’évaluation. On glisse alors vers des offres proposant  des « thérapies libératrices » dont les doctrines se réclament de la sophrologie, la parapsychologie, le mysticisme, l’orientalisme et aussi la voyance ou la médiumnité… Ces nouveaux « marchands de bonheur » prolifèrent un peu partout et une bataille idéologique est déclarée entre les diverses doctrines faisant scission, entre néo-sophrologues et sophrologues orthodoxes.

Quand vous recevez de la pub ou des tracts faisant la promotion de techniques douteuses, ayez du recul…

Les inondations en France en juin 2016 sont-elles dues au réchauffement climatique ?

Selon le président de la République, François Hollande, les fortes pluies et les inondations montrent l’importance de lutter contre le réchauffement climatique.

Oui il faut lutter contre le réchauffement climatique dans la mesure du possible.Mais le lien entre le réchauffement climatique et les inondations qui saccagent la France en juin 2016 n’est pas démontré.

Au cours du 20e siècle, la Seine connut plusieurs crues : en 1910, en 1924, en 1945, en 1954 et 1955, et en 1982.

Mais ce que les médias ne soulignent pas, c’est que les inondations et les crues, même en France et pas seulement dans les pays tropicaux, ont toujours existé.

  • L’Histoire de France révèle que la Seine a eu des crues en 583 (sous le règne de Chilpéric, roi franc mérovingien), qui fut la première crue mentionnée touchant Paris et les communes au bord du fleuve. En 1658 (sous le règne de Louis XIV), ce fut la plus haute crue connue (39 cm de plus qu’en 1910), ce fut une crue grave car le pont Marie fut emporté par le fleuve. En 1740 (sous le règne de Louis XV), une crue de la Seine fut mémorable. En 1876 (au début de la 3e République), toutes les îles de la Seine furent inondées. Bref, avant l’ère industrielle, ces crues existaient déjà et ne sont pas dues au réchauffement climatique.

 

  • En 1910, la hauteur de la crue a atteint son maximum avec 24,30 mètres à Andrésy.
    Depuis l’aménagement de la Seine en amont de Paris, les crues de 1945, 1954 et 1955 furent modérées.

En 2016, il ne faut pas se fier à la hauteur de la crue au niveau de la statue du zouave du pont de l’Alma, car les médias ne souligne pas (encore !) un détail qui a son importance : de 1970 à 1974, le pont de l’Alma (construit en 1856) fut reconstruit du fait de l’étroitesse et du tassement du pont d’origine, ce qui redéfinit le véritable niveau des eaux lors des crues postérieures aux années 1970…

Les crues ont toujours existé. N’oubliez pas les crues du Nil, utilisées par les Égyptiens de l’Antiquité, pour l’agriculture. Voir ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nil#Le_r.C3.B4le_du_Nil_dans_la_fondation_de_la_civilisation_.C3.A9gyptienne

 

John Philip C. Manson