Année la plus chaude

L’auteur de l’article en lien ci-dessus a raison de faire la distinction suivante : les évolutions du climat sont évaluées sur plusieurs décennies, pas sur un record de température ponctuel. 

Le réchauffement climatique, qui est une réalité, est basé sur l’évolution de la moyenne des températures sur des décennies, pas sur des températures maximales à un instant donné.

Les inondations en France en juin 2016 sont-elles dues au réchauffement climatique ?

Selon le président de la République, François Hollande, les fortes pluies et les inondations montrent l’importance de lutter contre le réchauffement climatique.

Oui il faut lutter contre le réchauffement climatique dans la mesure du possible.Mais le lien entre le réchauffement climatique et les inondations qui saccagent la France en juin 2016 n’est pas démontré.

Au cours du 20e siècle, la Seine connut plusieurs crues : en 1910, en 1924, en 1945, en 1954 et 1955, et en 1982.

Mais ce que les médias ne soulignent pas, c’est que les inondations et les crues, même en France et pas seulement dans les pays tropicaux, ont toujours existé.

  • L’Histoire de France révèle que la Seine a eu des crues en 583 (sous le règne de Chilpéric, roi franc mérovingien), qui fut la première crue mentionnée touchant Paris et les communes au bord du fleuve. En 1658 (sous le règne de Louis XIV), ce fut la plus haute crue connue (39 cm de plus qu’en 1910), ce fut une crue grave car le pont Marie fut emporté par le fleuve. En 1740 (sous le règne de Louis XV), une crue de la Seine fut mémorable. En 1876 (au début de la 3e République), toutes les îles de la Seine furent inondées. Bref, avant l’ère industrielle, ces crues existaient déjà et ne sont pas dues au réchauffement climatique.

 

  • En 1910, la hauteur de la crue a atteint son maximum avec 24,30 mètres à Andrésy.
    Depuis l’aménagement de la Seine en amont de Paris, les crues de 1945, 1954 et 1955 furent modérées.

En 2016, il ne faut pas se fier à la hauteur de la crue au niveau de la statue du zouave du pont de l’Alma, car les médias ne souligne pas (encore !) un détail qui a son importance : de 1970 à 1974, le pont de l’Alma (construit en 1856) fut reconstruit du fait de l’étroitesse et du tassement du pont d’origine, ce qui redéfinit le véritable niveau des eaux lors des crues postérieures aux années 1970…

Les crues ont toujours existé. N’oubliez pas les crues du Nil, utilisées par les Égyptiens de l’Antiquité, pour l’agriculture. Voir ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nil#Le_r.C3.B4le_du_Nil_dans_la_fondation_de_la_civilisation_.C3.A9gyptienne

 

John Philip C. Manson

 

Combien de temps durerait une chute dans un tunnel qui traverse la Terre ?

Je résume brièvement.

Et si l’on creusait un tunnel à travers la Terre et que l’on sautait à l’intérieur ?

Alors combien de temps faudrait-il pour arriver jusqu’à l’autre extrémité ? Depuis près de 50 ans, les scientifiques affirment qu’il faudrait 42 minutes et 12 secondes pour traverser un tunnel creusé à l’intérieur de la Terre mais une étude publiée en 2015 leur a donné tort. Ces recherches ont été menées par Alexander Klotz de l’Université McGill à Montréal et ont permis de conclure qu’il en fallait moins (à cause de la densité non uniforme de la Terre).

 

Je me suis penché sur cette problématique, et je me suis basé sur la densité moyenne uniforme de la Terre, comme pour les calculs d’il y a 50 ans.
Une chute libre suit une accélération dans un tunnel en passant par le centre de la Terre.
J’ai tenu compte de la variation de l’accélération de la pesanteur en fonction de la distance parcourue.
Je pose alors g(z) = 9,81 / ((4 R^3 / (z²(3R – z))) – 1)
et aussi z(t) = (1/2) * g(z) * t²
Avec R = 6371000 m (rayon terrestre moyen), z = distance parcourue dans le tunnel, par rapport au point d’origine situé au niveau de la mer.
Calculer la durée à travers du demi-tunnel est tout simple, avec la condition suivante :  z = R. Donc t = 2R/g.
Temps pour parcourir le tunnel entier :   t =  4 R / g = 2 fois 1298,88 secondes, soit 43 minutes et 18 secondes.
Je trouve donc un résultat très proche de la valeur connue jusqu’en 2015.
Évidemment, comme la Terre a une densité variable selon sa profondeur (la densité n’est pas constante dans la réalité), on appelle cela un gradient de densité, cela change forcément le contenu des calculs.
Tout lycéen de Terminale S (niveau Bac S) sait normalement calculer tout cela.

Thalassa

MOON

Il est très compréhensible d’être indignés contre la reprogrammation abusive du magazine TV Thalassa, cette émission qui dure depuis près de 40 ans ne sera désormais diffusé qu’une fois par mois. La culture est peu à peu raccourcie, sacrifiée, pour ne laisser place qu’à du vide dans le paysage audiovisuel. Nous avions déjà perdu le magazine « C’est pas sorcier », la série noire continue…

Mais examinons plus près le texte descriptif de l’émission qui sera diffusée le vendredi 13 mai 2016 sur France 3.

Vendredi 13, comme par hasard…

On y lit le « pouvoir » de la lune, sans que soit désignée explicitement la gravitation. La gravitation existe comme théorie scientifique depuis les travaux d’Isaac Newton, au dix-septième siècle.

Il y est même question de « magie », d’après le texte. Avouons que les mots comme « pouvoir », « magie » et « mystère » n’appartiennent pas au vocabulaire scientifique, et leur présence dans le texte est suspecte. Les tentatives de réenchantement surnaturel du monde par une certaine forme de journalisme sont préoccupantes. Le choix des mots n’est pas anodin.

Et puis, les phénomènes naturels ne sont plus des mystères s’ils sont déjà connus.

Exemple de véritable mystère actuel : il y aurait (selon des indices crédibles) une planète de masse supérieure à la Terre au-delà de la ceinture de Kuyper, et dont on ne connaît rien.

Le journalisme, surtout quand celui-ci mêle un peu de la science, doit toujours consister à informer, pas à distraire et faire rêver de choses qui n’existent pas. Je ne crois pas que l’émission TV se risquerait à évoquer l’astrologie ou l’influence fantasmée de la lune sur les gens, ce ne sont que des croyances.

Il faut resituer les choses dans leur contexte quand on perçoit un risque possible de dérive ou une mésinterprétation du texte..

Astronomie : la rotation synchrone

 

Je cite le lien ci-dessus :

« C’est impressionnant, mais il y a un autre détail insolite. La planète s’est aussi synchronisée avec son étoile et elle n’expose ainsi qu’une seule de ses faces. Ce phénomène est unique et c’est sans doute pour cette raison que les astronomes s’intéressent beaucoup à son cas. »

Non, la synchronicité d’une planète et d’une étoile, ou celle d’une lune avec sa planète, n’est pas unique. C’est le cas de la lune et de la Terre, la lune présente toujours la même face à la Terre. C’est aussi le cas pour la planète Uranus, qui présente toujours la même face au soleil. La planète Pluton et sa lune Charon, c’est synchrone aussi. La rotation synchrone n’est pas d’un phénomène rare, c’est même plutôt banal, puisque ce sont les forces de marée qui provoquent la synchronisation quand les deux corps sont relativement proches l’un de l’autre.

 

John Philip C. Manson

 

Fukushima et cancer de la thyroïde

 

Je cite : « Pour les cinq ans de l’explosion des réacteurs de Fukushima, diverses actions ont été menées vendredi passé à Genève. L’occasion de rappeler que la Suisse n’est toujours pas à l’abri d’accidents nucléaires.« 

Il ne s’agit pas d’un accident nucléaire direct comme Tchernobyl, bien que les conséquences soient catastrophiques. La tragédie de Fukushima a pour cause un séisme et un tsunami en 2011, ayant entraîné alors des dommages au sein d’une centrale nucléaire. Construire des centrales nucléaires dans des régions sismiques comporte un grand risque.

 

Je cite : « D’après une étude de 2015, le risque de développer un cancer de la thyroïde est douze fois plus élevé parmi les résidents de Fukushima, comparé au reste de la population japonaise. »

Le risque est réel, je l’admets. Mais il faut examiner ce que les statistiques nous révèlent vraiment, en évitant certains biais (voir ci-dessous le texte surligné en rouge).

 

Je cite : « L’occasion de rappeler que la Suisse n’est toujours pas à l’abri d’accidents nucléaires. »

 

Le risque zéro n’existe nulle part. Mais cela m’étonnerait que la Suisse soit victime d’un tsunami. Je me répète : la centrale nucléaire de Fukushima n’a pas explosé d’elle-même, la cause est un tsunami ! Mais la Suisse est dans une région montagneuse où le risque sismique existe. Si Tchernobyl a été une catastrophe nucléaire directe, Fukushima est d’abord une catastrophe sismique naturelle ayant entraîné des conséquences radioactives réelles, et cela risque de recommencer si le Japon continue d’utiliser l’énergie nucléaire, le risque est élevé.

Néanmoins, il est opportun d’apporter un complément d’information, avec cette page : http://www.futura-sciences.com/magazines/sante/infos/actu/d/enfant-fukushima-vive-polemique-autour-explosion-nombre-cancers-61978/

En effet, les résultats de l’étude sont inquiétants, mais l’étude elle-même est critiquée.

De plus, comme le Japon a été victime des bombes atomiques à Hiroshima et Nagasaki en 1945 (ce qui relève du crime contre l’humanité, à mon avis), les contaminations radioactives antérieures à l’accident de Fukushima peuvent fausser les données lors de l’étude sur les conséquences de Fukushima.

Je ne nie pas les risques réels de contamination radioactive à Fukushima, mais je me contente des faits tels qu’ils sont. Je ne cautionne pas l’idéologie antinucléaire qui ne considère que les données qui l’arrange afin de servir un dogmatisme manichéen aveugle.

Il ne faut pas nier les risques liés au nucléaire, tout comme il ne faut pas diaboliser le nucléaire à outrance.

John Philip C. Manson

Océans de la Terre et pourcentage

SurfaceOceans

Dans l’image ci-dessus, on lit que la Terre est composée à plus de 70% d’eau.

Mais cela risque d’être interprété au premier degré, et à tort, sous-entendant que la Terre contiendrait 70% d’eau dans sa structure, comparable au corps humain qui contient 66% d’eau en masse.

En réalité, il aurait mieux valu dire que 70% de la superficie du globe terrestre est recouverte d’eau, sachant que la masse d’eau sur Terre est significativement plus faible que la masse terrestre totale.

Le journalisme actuel ne sait-il plus tourner les phrases avec une précision suffisante ?…

Bref, 70% de la surface de la Terre, c’est de l’eau. Mais en moyenne, les océans ont une profondeur d’environ 5 km, l’épaisseur d’eau représente à peine 0,08% du rayon du globe terrestre. Quant à la masse d’eau, on va d’abord en calculer le volume : 850 millions de kilomètres cubes. Cela paraît beaucoup d’eau, énormément. Et 850 millions de km cubes, sachant qu’un km cube équivaut à 1 milliard de tonnes d’eau, alors sur Terre il y a 850 millions de milliards de tonnes d’eau. Énorme, me direz-vous ? Pas autant que la masse totale de la Terre qui est environ 6 mille milliards de milliards de tonnes. En résumé, la masse de l’eau sur Terre représente seulement 0,014% de la masse terrestre, ce qui est négligeable. Si on récupérait toute l’eau sur Terre pour en faire une boule, cette boule d’eau aurait alors un diamètre de 1176 km, nettement plus petite que la Terre qui a un diamètre de 12756 km.

Puis finalement, le synopsis parle des OVNI… On ne peut pas conclure à l’existence d’extraterrestres quand on sait qu’un OVNI est par définition un objet volant non identifié : si un bidule n’est pas identifié, il est inconnu, on n’en connaît pas la nature, et on ne peut guère tirer une conclusion. Une soucoupe volante piloté par des aliens, si cela était observé, ce serait alors un engin clairement identifié, et donc ce ne serait plus un OVNI. Et dans la démarche scientifique, ce sont les preuves matérielles qui viennent étayer des faits objectifs, tandis que des témoignages seuls ne constituent en aucun cas des preuves…

 

John Philip C. Manson