Le mariage fait-il grossir ?

En résumé :

« On le subodorait, mais cette fois c’est scientifiquement prouvé. D’après une étude allemande menée dans 9 pays d’Europe auprès de 10 226 personnes, les gens qui se sont mariés affichent 2 kg de plus que les célibataires.

Passer devant le maire n’a donc pas juste changé votre régime fiscal, mais aussi votre régime tout court. Plus précisément, d’après les résultats, l’IMC (indice de masse corporelle, calculé en fonction de la taille et du poids) serait de 26,3 chez les hommes en couple, contre 25,7 chez les célibataires. Du côté des femmes, la différence est moins flagrante. En couple, elles affichent en moyenne un IMC de 25,6, contre 25,1 pour les célibataires. »

 

Mais l’étude n’indique pas en combien d’années le gain de poids aura été obtenu…

Autre problème, la moyenne des IMC moyens homme/femme indique que le gain de 2 kg ne vaut seulement que si la taille moyenne (indifféremment homme ou femme, les deux sont combinés ici) est de 1m91 pour un poids de 92,36 kg. On le voit, ça ne colle pas à la réalité…

En effet, d’une étude à l’autre, la taille de chaque personne adulte ne change pas avant et après le mariage, seul le poids peut varier.

Et si l’on limite le calcul aux femmes, la variation du poids de 2kg et la variation de l’IMC féminin, cela correspond à une taille de 2 mètres et un poids qui varie de 100,4 kg à 102,4 kg.

Cela ne colle pas non plus. C’est incohérent.

Cela aurait été plus cohérent de suivre l’évolution du poids de mêmes personnes, avant et après. Mais si l’on fait des moyennes comparatives entre des personnes célibataires et des personnes mariées, ces dernières n’ayant pas été incluses dans l’étude au moment où elles étaient encore célibataires, c’est-à-dire que les personnes mariées et les personnes célibaires ne sont pas les mêmes personnes, alors cela biaise forcément l’étude. Cela me fait penser aux publicités bidons qui présentent une femme ayant suivi soi-disant un régime amaigrissant avec une comparaison avant/après : non seulement la dame passe de la morphologie obèse vers la silhouette topmodel, mais en plus elle a changé de coiffure, de couleur de cheveux, et même la couleur des yeux a changé…

 

John Philip C. Manson

 

Les psychopathes ne bâilleraient pas

 

Ma remarque :

Pour faire une étude statistique crédible, appuyée par la significativité d’un résultat pour conforter une hypothèse, on doit se baser sur :

  • Une comparaison entre un échantillon de psychopathes par rapport à un échantillon témoin de population.
  • Une comparaison quantitative qui conforte ou qui réfute une hypothèse.

Mais tout ce que nous savons, c’est qu’il existe un échantillon de 135 personnes pour cette étude. Avec apparemment l’absence d’échantillon témoin. Et surtout l’absence de données quantitatives. Ici l’étude est complètement biaisée : elle s’exprime selon un résultat qualitatif et non quantitatif, on ne peut même pas établir si l’hypothèse des psychopathes qui ne bâilleraient pas est valide ou non puisqu’il n’y a pas de comparaison quantitative possible…

 

Ce qu’il aurait fallu faire pour réaliser l’étude :

  • Constituer un premier échantillon : l’échantillon témoin.
  • Constituer un second échantillon : un échantillon composé de personnes ayant été diagnostiquées médicalement comme psychopathes.
  • Combien de personnes par échantillon :   n =1.96²*x(1-x)/0.05² , où 1,96 désigne l’indice de confiance à 95% et où 0,05 désigne la marge d’erreur de 5%, et où p est la probabilité normale de l’événement (bâillement) dans l’échantillon témoin, et où p est comprise entre 0 et 1. La valeur de n est maximum lorsque p=0,5. Ainsi, pour que l’étude ne soit pas biaisée statistiquement, il faut prévoir que chaque échantillon soit composé d’au moins 384 personnes, mais pas 135.
  • Le calcul de la significativité d’un test n’est possible que si l’on connaît à la fois le taux de bâilleurs dans l’échantillon témoin (valeur inconnue) et le taux de bâilleurs parmi l’échantillon de psychopathes (valeur inconnue). Sans comparaison quantitative, on ne prouve rien.

 

John Philip C. Manson

Des questions inappropriées en entretien d’embauche

Des pratiques scandaleuses ! Cela devrait être mieux contrôlé pour faire respecter la loi.

Souvent, au lieu de se concentrer sur les compétences des candidats, les recruteurs « analysent » leur langage corporel selon des concepts pseudoscientifiques et irrationnels. Je n’ai jamais compris ils attachent de l’importance sur de telles conneries. Pire, il arrive que les candidats soient filmés pendant l’entretien, chose qui m’est arrivé il y a de longues années (je n’aurais jamais dû accepter). Les recruteurs sont parfois de véritables gourous, ils se croient tout permis, et profitent des gens en situation de faiblesse en ces temps de conjoncture économique.

Devenez freelance, c’est le meilleur conseil que je puisse vous donner. Soyez vous-même votre propre boss. Ce que j’ai fait. Les débuts, on ne s’en cache pas, sont très difficiles, mais il faut s’accrocher, avec du temps et de la persévérence on réussit. Lécher les bottes des recruteurs, c’est baisser votre froc, c’est perdre toute dignité. Dites-leur d’aller se faire foutre, devenez indépendants, devenez vous-mêmes !

En France, seuls 6% des français ont créé, ou crée , ou créeront leur propre entreprise. C’est trop peu. Le meilleur moyen d’échouer est d’avoir peur, et de ne rien faire…

Depuis que je suis freelance, j’ai compris que plus jamais je ne redeviendrai salarié. Entreprendre, c’est dur en effet, mais je préfère ça aux comportements sectaires des recruteurs.

 

Et je diffuse ce document PDF intéressant (11,1 Mo), il a longtemps que je voulais le rendre public, car les gens doient prendre conscience de ce qu’il se passe :

lfdr

Le document date de 1992, mais les pratiques et les abus n’ont pas changé…

Statistiques : les oméga-3 préviennent-ils l’apparition des troubles psychiatriques ?

En résumé : une supplémentation en oméga 3 permettrait de prévenir l’apparition de la schizophrénie chez les personnes à risques, selon une étude.

Détails essentiels :

  • L’échantillon se compose de 47 volontaires.
  • Les volontaires ont ensuite été suivis pendant 7 ans. Durant cette période, 40 % des jeunes ayant reçu un placebo ont développé une schizophrénie contre seulement 10 % pour le groupe supplémenté.

Comme trop souvent, un autre détail essentiel est manquant dans ce genre d’études publiées par la presse grand public : l’indice de confiance (généralement de 95%), et les données montrant que le résultat est significatif (avec le paramètre p-value).

Une formule permet de savoir le nombre minimum nécessaire de volontaires pour considérer que l’étude statistique n’est pas biaisée.

 

  • n = t² * p * (1 – p) / m²
  • n = nombre de volontaires (taille minimale de l’échantillon). Ici, valeur à calculer.
  • t = niveau de confiance (souvent 95%, ici paramétré comme coefficient valant 1,96).
  • p = probabilité de réalisation de l’événement (ici 5/47, pour l’échantillon témoin).
  • m = marge d’erreur (ici à 5%, soit 0,05).

 

On trouve alors :  n= 146. On peut conclure qu’un échantillon de 47 personnes volontaires est trop faible, l’étude peut être biaisée. Un résultat jugé significatif peut ne pas l’être si la taille de l’échantillon est trop faible… Il aurait fallu au moins 146 volontaires pour réaliser cette étude.

Les huiles Oméga, c’est à la mode en ce moment, encore un nouveau produit marketing. Ce qu’on entend moins souvent dire, c’est que l’excès de ces omégas est mauvais pour la santé… Voir ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Om%C3%A9ga-3

 

Ce présent article ici va sûrement intéresser Cédric.    ;)

 

Paragraphe additionnel :

Tiens, pour enfoncer le clou, on va faire le test du Khi carré : supposons qu’il y avait un groupe de 47 personnes recevant le placebo, et un groupe de 47 personnes recevant les oméga 3.

Donc, selon les données connues : environ 19 personnes sur 47 développèrent un trouble mental suite au placebo, tandis que 5 environ sur 47 développèrent ce même trouble en prenant des omégas 3.

Est-ce significatif pour autant quand on constate une différence ?

C’est ce que le Khi 2 permet de vérifier :

  • X² = ((4.7 – 18,8)²/18,8) + ((42,3 – 28,2)/28,2) = 17,625

Ainsi la valeur du X² vaut 17,625. Avec un degré de liberté égal à 1.

On doit consulter cette table pour trouver la p-value :

khi2

Ne pas tenir compte du surlignage en rouge.

On cherche la valeur 17,625 sur la première ligne, et on voit que ça correspond à une p-value inférieure à 0,001. Ce qui révèle clairement que le résultat de l’étude est très significatif. Rien d’étonnant quand on sait que l’étude est biaisée…

Avec un échantillon statistique de taille trop faible, on peut être amené à des découvertes qui n’en sont pas.

 

En ce moment, Internet est désert… Y a quelqu’un ? L’écho résonne comme dans une pièce vide. Ah mais ouiii, ils sont peut-être tous internés à l’asile psychiatrique… Lol.   

iconlol

John Philip C. Manson

 

 

Le scandale des biocarburants

Après l’empoisonnement scandaleux de vaches au 3-nitro oxypropanol afin d’expérimenter la réduction du méthane dans les flatulences (voir ici : https://jpcmanson.wordpress.com/2015/08/01/pets-de-vache-des-effets-reductibles-via-un-inhibiteur-de-methane/ ), voici le constat révoltant du business des biocarburants…

Aucun respect de la vie animale. Mépris total de la dignité humaine. C’est ça le développement durable ? C’est ça l’avenir ?

OUVREZ LES YEUX !

 

Pets de vache : des effets réductibles via un inhibiteur de méthane ?

Pets de vache : des effets réductibles via un inhibiteur de méthane ?

Dans l’article en question, il y est question de pets, puis de rôts. C’est peut-être les deux. Mais normalement, comme le méthane provient de la digestion, il est évacué par les flatulences bovines plutôt que par la gueule. Un rôt, c’est le gaz contenu dans l’estomac, un rôt se compose d’air, mais pas de gaz issus de la fermentation, puisque cela provient des intestins.

En résumé, je cite : « Et après avoir testé, trois mois durant et avec succès, cette méthode sur 48 vaches laitières de race Holstein, ces scientifiques de l’université de Pennsylvanie estiment que l’intégration du 3NOP (ou 3-nitrooxypropanol) à l’alimentation des bovins permet une réduction de méthane pouvant aller jusqu’à un tiers des émissions de gaz produites. »

Sur 48 vaches, c’est un échantillon faible, mieux aurait valu faire une étude statistique sur au moins 100 vaches.

Et concernant le produit chimique, il réduirait de 33% au maximum les émissions méthanogènes. C’est peut-être vrai, mais c’est loin d’être miraculeux.

Quand j’ai lu l’article, la première chose à laquelle j’ai pensé n’est pas :

  • Quelle est l’efficacité de ce « médicament » antiméthanogène ?

Mais je me suis demandé plutôt :

  • Quels sont les effets du 3NOP (le 3-nitro oxypropanol, connu aussi sous le nom de nitrate d’hydroxypropyle) sur la santé des vaches ?

A ce propos, il y a des choses à raconter. Le 3NOP est un produit qui fait partie des nitrates d’alkyle, c’est-à-dire les hydrocarbures nitratés.

Dans le livre intitulé « Encyclopédie de sécurité et de santé au travail, Volume 4 », on peut lire distinctement ceci :

Les nitrates et les nitrites d’alkyle peuvent provoquer la formation de méthémoglobine dans le sang. Sous l’effet de la chaleur, ces produits peuvent se décomposer en libérant des oxydes d’azotes toxiques. Les nitrates d’alkyle sont fortement toxiques, et à dose élevée ils provoquent des étourdissements, des crampes abdominales, vomissements, diarrhées sanglantes, faiblesse, convulsions et collapsus. L’exposition répétées à de faibles doses peut provoquer faiblesse, dépression générale, céphalées et troubles mentaux.

C’est très clair, les nitrates d’alkyle, dont le 3NOP, sont nocifs.

Au fait, quelle est la posologie du 3NOP administré aux bovins ?

Satisfaire une idéologie anti-gaz  à effet de serre au mépris de la santé du cheptel bovin ? Scandaleux… Il existe probablement d’autres solutions plus respectueuses de la vie animale !

 

John Philip C. Manson

 

30 ans après, les Alpes toujours contaminées par Tchernobyl

Trente ans plus tard, le sol alpin est toujours contaminé par la radioactivité de Tchernobyl.

C’est cohérent, car le césium 137 a une demi-vie de désintégration radioactive de 30,15 ans.

Un calcul montre que si le taux de radiations est actuellement 100 fois le taux de radioactivité naturel, alors en avril 1986 lors de la catastrophe de Tchernobyl ce taux était de 196 fois environ, soit presque le double du taux actuel…

Pour que ce taux actuel de 100 fois le seuil naturel retombe enfin au niveau du seuil de radioactivité naturelle (1 fois), il faudra un laps de temps de 229,56 années après la catastrophe (1986), soit vers l’an 2216. Il est clair que le césium 137 pose un réel problème environnemental durable.

Tchernobyl est présenté comme la pire des catastrophes nucléaires, mais réfléchissez un peu : les essais nucléaires aériens c’était encore plus grave, quand des pays comme la France, les USA, et l’URSS le pratiquaient… Tchernobyl était un réacteur défaillant qu’on s’empressait d’enterrer sous le béton à la hâte afin de tenter de limiter les dégâts, mais les essais nucléaires aériens consistent en des bombes atomiques qu’on balance en pleine nature, qu’on laisse exploser, et dont les responsables se moquent bien des conséquences environnementales… Non ? Essayez d’évaluer la radioactivité laissée en héritage par une arme nucléaire de 1 mégatonne par exemple… Tchernobyl, Tchernobyl, on en parle, mais le reste, c’est bien pire !

 

John Philip C. Manson