L’activité solaire monte t-elle en puissance ?

Synopsis d’un documentaire vu dans un programme TV :

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  • Je cite : « Selon les scientifiques, l’activité à la surface de notre soleil est montée en puissance ces dernières années. Mais quelles conséquences ces phénomènes naturels peuvent-ils engendrer pour notre planète ? De gigantesques éruptions solaires pourraient ainsi projeter des milliards de tonnes de plasma en direction de notre planète ».

 

Sur le web, on peut trouver des textes qui contredisent la prétendue augmentation de l’activité solaire.

Comment une telle erreur de pourcentage est-elle possible ?

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J’ai aperçu récemment cette image sur Twitter.

L’image est un extrait du JT de France 2, diffusé le 19 février 2013, dans lequel un économiste diplômé de l’Ecole supérieure de commerce raconte qu’une succession d’une élévation de 6% par an consécutive sur 5 ans est égale à 30% en 5 ans, selon une simple multiplication.

Mais c’est faux !

En effet, quand on parle de pourcentages, ils ne s’additionnent pas de façon linéaire, car ils suivent une courbe parabolique.

  • Une valeur qui augmente de 30% (donc x = 0,3) en 5 ans, ça équivaut à multiplier la valeur initiale par 1,3, puisque (1 + x)^1 = 1,3.
  • Mais une valeur augmenté de 6% par an (donc x = 0,06), sur 5 années, ça équivaut à multiplier la valeur initiale par 1,33822, puisque (1 + x)^5 = 1,33822.
  • En mathématiques : 5 hausses successives de 6% ne donnent pas une hausse de 30%. En réalité ce sont 5 hausses de 5,39% par an qui correspondent à 30% sur 5 ans.

En France, la notion de pourcentage est étudiée en classe de 4e, au collège.

Comment est-il possible qu’une bourde pareille se soit glissée dans le JT, alors que l’économiste (de niveau universitaire) est présumé maîtriser les notions de pourcentages ?

  • Peut-être pour simplifier au maximum pour le public, mais même avec une erreur de 3% environ, cette différence existe. En maths, comme la hâte, la simplification maximum est l’ennemie de l’exactitude.
  • C’était peut-être un test délibéré, afin de voir si ça passe ou pas. C’est passé à l’antenne, et c’est passé (presque) inaperçu. Il est donc possible de raconter n’importe quoi sans conséquence, du moins à la télévision… Ce n’est pas rassurant.

 

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Quand un prof est soupçonné de terrorisme pour avoir écrit une équation

 

Pour résumer les faits, une passagère dans un avion remarque un autre passager qui écrivait des symboles qu’elle trouvait bizarres. Elle a aussitôt réagi en pensant que l’homme était un terroriste qui écrivait des instructions secrètes. La situation fit que l’avion est resté immobilisé pendant une demi-heure. Mais l’homme accusé de terrorisme n’était qu’un honnête professeur italien, connu pour être l’un des meilleurs économistes, dont l’étrange écriture codée n’était qu’une banale équation différentielle.

On n’en a pas fini avec l’ignorance qui rend favorable les peurs irrationnelles qui se déchaînent à travers la tentation du délit de faciès, les dénonciations calomnieuses qui rappellent l’époque de l’Occupation et des collabos, et l’ignorance totale en matière de maths élémentaires et d’un minimum de culture scientifique. Les discours de Donald Trump, avec ses discours anti-migrants et anti-musulmans, ne vont pas arranger le contexte de paranoïa ultrasécuritaire.

Il y a vraiment des gifles qui se perdent !…

 

La sophrologie caycédienne, c’est quoi ?

Certains praticiens s’installent en ville. Des coiffeurs, des boulangers, des artisans ou des commerçants, et aussi les médecins et les dentistes.

Mais ici je vais parler du cas des sophrologues caycédiens. Quand un nouveau s’installe en ville, on est en droit de se demander légitimement : c’est quoi ? c’est fiable ?

Qu’est-ce que la sophrologie caycédienne ? Il existe des pratiquants de cette discipline qui affirme être des thérapeutes ou des psys, une médecine douce, ou des rééducateurs… Surtout, ils font passer leur sophrologie caycédienne pour une science (comme la médecine), ce qu’elle n’est pas.

La sophrologie caycédienne est présentée comme une méthode de développement personnel qualifiée tour à tour de psychothérapie, de méthode de relaxation, voire de médecine alternative, une sorte de thérapie de la conscience. Elle n’est pas une science, cette pratique n’a fait l’objet d’aucune étude validée scientifiquement.

Il faut également savoir que la profession de sophrologue caycédien n’est pas réglementée, son exercice est libre en France, accessible sans diplôme particulier. Toutefois, aucun praticien se déclarant de cette profession ne peut légalement procéder à aucun acte médical, tel que le diagnostic, la thérapie ni la prescription de médicaments, et encourt le cas échéant des poursuites pour exercice illégal de la médecine.

Selon le journal officiel du ministère de la santé, le 21 septembre 2004, la sophrologie n’est pas une discipline définie ni reconnue dans le cadre du code de la santé publique.

Il faut aussi souligner les risques de dérives.

Il y a très peu d’études cliniques scientifiques sur la sophrologie caycédienne. Les prétendues publications « scientifiques » sur la sophrologie sont principalement le fruits de praticiens faisant la promotion de leur discipline par des études non scientifiques, publiées généralement en marge des canaux scientifiques, mais régulièrement brandies comme arguments « authentiques » par les sophrologues.

La sophrologie est aujourd’hui une tradition principalement française, quasiment inexistante dans les autres pays.

La sophrologie fait régulièrement polémique en raison de l’existence avérées de dérives sectaires ou d’abus de faiblesse, selon la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES).

Souvent la sophrologie se situe aux confins du New Age (hypnose, training autogène, yoga) et de la  psychothérapie (psychologie, psychosomatique), la sophrologie n’a aucune base solide. C’est une méthode basée sur les expériences subjectives des personnes, sans aucun moyen objectif d’évaluation. On glisse alors vers des offres proposant  des « thérapies libératrices » dont les doctrines se réclament de la sophrologie, la parapsychologie, le mysticisme, l’orientalisme et aussi la voyance ou la médiumnité… Ces nouveaux « marchands de bonheur » prolifèrent un peu partout et une bataille idéologique est déclarée entre les diverses doctrines faisant scission, entre néo-sophrologues et sophrologues orthodoxes.

Quand vous recevez de la pub ou des tracts faisant la promotion de techniques douteuses, ayez du recul…

Philosophie : La science est-elle une idéologie ?

Parlons de philosophie aujourd’hui. Les sujets du Bac de philosophie, récemment révélés, ont réveillé mon vieil intérêt pour la philosophie. La philosophie est un exercice excellent, et on peut se poser des questions intéressantes.

Je vais répondre aussi précisément que possible à cette question : la science est-elle une idéologie ?

Avant d’y répondre, on doit se demander quelle est la définition du mot « idéologie ».Sur Wikipedia, on peut lire ceci : une idéologie est, au sens large, la science d’un système d’idées imaginées. L’idéologie s’accompagne de croyances, de notions, d’opinions, de convictions et est parfois constituée en doctrine.

Une idéologie reflète l’ensemble des idées subjectives issues de la pensée humaine, ces idées réunissent les croyances politiques, religieuses, morales, économiques, sociales ou culturelles. Par exemple, la doctrine du régime nazi est une idéologie fondée sur le racisme et l’antisémitisme. Le New Age, quant à lui, est une mouvance dont l’idéologie est basée sur le syncrétisme de diverses croyances qui peuvent se contredirent entre elles.

Mais la science est-elle une idéologie ? Au cours du Siècle des Lumière, la science pris un essor important. Les sciences sont une voie qui entre en opposition avec les superstitions de l’époque. S’instruire, et connaître de nouvelles découvertes fait (peut-être) reculer les croyances, l’information remplace le faux. Mais on a été jusqu’à placer la science comme un absolu, ce que l’on appelle le scientisme. C’est là que commence l’idéologie.

Qu’est-ce qu’une science ? Toute science repose sur la méthode scientifique dont le but est de découvrir et comprendre les phénomènes naturels (physique, chimie, astrophysique, biologie, etc…). Les sciences sont consacrées à la découverte des lois de la nature, elles échappent donc à toute idéologie. Une idéologie, elle, est déterminée de façon subjective et arbitraire. Penser par exemple que « l’homosexualité est sale, qu’elle est une maladie, et qu’elle est le Mal », c’est une idéologie morale. Il ne faut pas oublier que l’OMS avait classé jusqu’en 1990 l’homosexualité parmi les maladies mentales. En effet, jusqu’à il y a un peu plus de vingt ans, l’homosexualité était encore considérée comme une pathologie psychiatrique. Depuis, les choses ont heureusement évolué. Ce n’est pas la médecine qui avait motivé ce classement discriminatoire, mais une idéologie. De même, jusqu’à tardivement, la masturbation avait été considérée comme déviante. De fait, la psychologie, par ses incertitudes et sa subjectivité, n’est pas une science. Souvenons-nous de l’expérience de Rosenhan (https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Rosenhan). Ou selon un point de vue plus nuancé : la psychologie, sérieuse à la base, est mal interprétée voire manipulée par certains de ses représentants. Les dérives de la psychologie ont conduit au développement de la psychanalyse, dont les fondements pseudoscientifiques font qu’elle n’est pas une science mais une idéologie : la psychanalyse se base sur des anecdotes, de la littérature, des affirmations, mais pas sur des faits objectifs vérifiables.

Autour de la question à propos de la psychologie, de la médecine et de la santé : qu’est-ce qu’une maladie ? Une maladie est une affection qui provoque une souffrance à une personne, ou qui cause une souffrance à son entourage. L’on n’est pas malade si l’on ne souffre pas et si l’on ne fait pas souffrir autrui. Être dépressif, ou être paranoïaque, on souffre de ces troubles, donc on est malade. Un homme qui frappe sa femme et la domine, cet homme cause de la souffrance, il est donc malade.Mais être gay, aimer une personne du même sexe, être heureux et vivre à deux, connaître et vouloir le bonheur c’est être sain. Cependant, les homophobes semblent obsédés par ce que peuvent faire les gays, les homophobes ne pensent qu’à ça, ça les obsède, ça les ronge jusqu’à devenir violents et commettre des agressions. Être homophobe (ou raciste) et être asocial à cause de cela, c’est être malade.

Être en bonne santé, ou être « normal », est ce qui est statistiquement fréquent naturellement, pas ce qui est défini selon des critères moraux ayant dérapé dans l’idéologie.

Il y a un philosophe, Kant, qui évaluait la valeur morale d’un acte selon le désordre que celui-ci provoquerait dans la société. Si tout le monde volait, ou tuait, ce serait terrible, donc voler ou tuer est immoral. Si tout le monde se vengeait dès qu’il en a envie, alors la vie serait impossible. En ce sens, la passion extrême est immorale.

Je prends moi-même l’exemple de la vérité : si tous le monde disait la vérité en toute franchise, les gens découvriraient qu’ils ont de faux amis, des faux-culs, les pensées d’autrui seraient connues, des vérités très dures à entendre, et là aussi la vie sociale serait impossible, ça deviendrait la guerre civile. Donc dire la vérité est-il immoral ?

L’intérêt de la question morale : doit-on fonder la morale dans le cœur ou dans la raison ?

La notion de maladie est relative. Dans l’Union soviétique de Staline, par exemple, les prisonniers politiques étaient parfois internés abusivement comme paranoïaques, afin de s’en débarrasser. De même, il est toujours possible de nos jours de faire interner une personne de force, de la bourrer de médicaments. Il suffit pour cela d’une demande manuscrite et d’un certificat médical. Les internements sont très souvent justifiés, mais le risque zéro n’existe pas : il peut toujours y avoir des erreurs ou des abus.

Pour revenir à la notion de scientisme, où la science est placée comme une autorité absolue, il s’agit aussi d’idéologie. On parle de positivisme quand la science est érigée en vérité. Il y a des années autrefois, je pensais à tort que la science était essentiellement fondée sur la vérité.

Quand j’ai découvert le philosophe Karl Popper, je n’étais pas d’accord tout de suite avec lui. C’était un choc, une nouveauté. Mais j’ai progressivement pris conscience que l’épistémologie de Karl Popper est ce qu’il y a de mieux actuellement pour construire la méthode scientifique, avec discernement et objectivité, où la science est importante, sans nier le fait qu’elle a elle-même des limites. L’épistémologie de Popper repose sur un critère : la réfutabilité. Avec ce critère, la science procède par élimination : si une hypothèse se révèle fausse selon les expériences ou les observations, alors l’hypothèse dite falsifiée (ou réfutée) est rejetée, abandonnée. Mais ce qui confère le caractère scientifique d’une hypothèse, c’est la possibilité de pouvoir la réfuter. L’épistémologie de Popper n’est pas une idéologie, puisqu’il s’agit d’une méthode plutôt qu’une doctrine : on cherche objectivement à invalider des hypothèses scientifiques afin d’éprouver leur solidité, les théories scientifiques se construisent par élimination au lieu d’être érigées péremptoirement comme des vérités immuables comme le font certains…

Cela nous amène à une nouvelle question : est-ce que l’éducation et l’instruction sont une idéologie ? Oui, si celles-ci contiennent une idéologie sous-jacente qui est autre que le principe d’informer. L’école laïque promeut la neutralité et l’égalité. Quand on trouve par exemple des éléments bibliques dans des cours d’Histoire, ce n’est pas de l’Histoire, mais plutôt de la culture religieuse, ce qui n’est pas du tout pareil. Diffuser des mythes en les posant comme des vérités irréfutables, voila une situation d’idéologie.

L’un des principes fondateurs de Wikipedia est la neutralité, afin d’éviter que chaque contributeur vienne y rédiger ses propres doctrines, son idéologie, et ses réflexions personnelles. En ce sens, Wikipedia se régule lui-même afin d’éviter le glissement vers des idéologies. Sans règles, Wikipedia deviendrait rapidement un repaire de publicitaires, une vitrine commerciale, voire un inventaire de diverses pensées sectaires… Essayez de créer un site dans lequel n’importe qui écrit librement n’importe quoi, en disant que l’unique règle est qu’il n’y a pas de règles, imaginez ce que cela donnerait comme bordel : effacements compulsifs, réécriture permanente par différents auteurs, idéologies, apologies, insultes… Un peu comme un mur tagué.

Pour revenir à la science et la notion d’idéologie, il faudrait parler d’un fait : la technologie semble prendre de l’importance face à la science tout court. On assiste à l’émergence d’une technologie débridée propre à notre société de consommation. Nous, les consommateurs, on achète des gadgets, des smartphones et leurs applis, des objets connectés, tout ça, et on ne jure plus que par ça. Dans les rues, je vois des gens dont l’attention est absolument focalisée sur un écran de téléphone mobile, chaque fois que je croise quelqu’un… Cela devient même inquiétant. La technologie est-elle devenue, par certains aspects, une idéologie ?

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La science se laisse bouffer par la technologie. On commence à être survolés par des drones. Jusqu’à être filmés dans les chiottes et la salle de bain ? L’obsession de la sécurité, des caméras de surveillance partout (ça n’empêche pas le terrorisme), le mépris des libertés individuelles, voila une autre idéologie.

On le voit, la philosophie amène diverses réponses, et soulève aussi de nouvelles questions.

 

© 2016 John Philip C. Manson

 

 

 

 

Une loi de Murphy ?

D’après ma propre observation, j’ai établi une loi empirique, du type « loi de Murphy ».

Supposons un groupe composé de quelques fondateurs qui sont très compétents dans leur domaine (science, journalisme, art…). Ensuite, supposons que le groupe décide qu’aucune contrainte n’est faite pour l’adhésion de nouveaux membres au sein du groupe, que tout contributeur est libre d’adhérer, peu importe ses qualités personnelles.

J’observe que même si le groupe est composé au départ de gens compétents, le projet mené par le groupe perdra finalement en qualité en fonction des adhésions croissantes de nouveaux membres.

  • En résumé : dans un groupe de gens actifs créé par des compétents, les nouveaux participants font finalement baisser la qualité et le potentiel du projet.

Bref, le maintien d’une qualité certaine dans un projet n’est possible que si l’on fixe des règles, comme par exemple, avoir un niveau de compétence suffisant.

Mais cela est plutôt quelque chose de trivial, d’évident, et d’autres personnes auront déjà observé ce phénomène.

 

John Philip C. Manson