Les mathématiques sacrifiées

Je suis d’accord avec l’analyse de Fabien Besnard :  http://www.fabienbesnard.fr/article-le-bac-s-de-2013-sera-un-sous-bac-d-de-1993-107565176.html

De moins en moins d’heures de maths dans les filières scientifiques, de moins en moins de matheux (moitié moins qu’il y a 20 ans), mais aussi une baisse sensible du niveau…

 

Dilutions et concentrations : chimie quantitative

Chimie

Intéressant, un tweet qui propose un problème de mathématiques dans le domaine de la chimie.

L’algèbre est l’outil qui conduit à la réponse.

  • Quelle quantité de solution à 30% faut-il ajouter à 1 litre d’une solution à 2% pour obtenir une solution à 10% ?
  • n = n1 + n2     (quand on additionne deux quantités, on a une quantité totale). Peu importe que ce soit en moles ou en grammes.
  • C*V = C1*V1 + C2*V2     (chaque quantité équivaut au produit de la concentration et du volume)
  • avec V = V1 + V2 (additivité des volumes) :    0,1(V1 + V2) = 0,3 V1 + (0,02 * 1)
  • 0,1(V1 + 1) = 0,3 V1 + 0,02
  • Et je trouve V1 = 0,4 litre.

 

La citation du jour

  • « Lorsque tu fais quelque chose, sache que tu auras contre toi ceux qui voulaient faire la même chose, ceux qui voulaient faire le contraire et l’immense majorité de ceux qui ne voulaient rien faire. »      (Confucius)

Voici la preuve qu’il ne faut pas croire les études médicales

En résumé (en anglais) :

  • « This is why you shouldn’t believe that exciting new medical study ». (Ceci est la raison pour laquelle vous ne devriez pas croire cette nouvelle étude médicale excitante).
  • « Most medical studies are wrong ». (La plupart des études médicales sont fausses).

  • « More often than not, single studies contradict one another — such as the research on foods that cause or prevent cancer. The truth can be found somewhere in the totality of the research, but we report on every study in isolation underneath flip-flopping headlines. (Red wine will add years to your life one week, and kill you quicker the next.) »
  • Traduction du texte précédent :  « Plus souvent qu’autrement, les études simples se contredisent les unes et les autres comme la recherche sur les aliments qui causent ou préviennent le cancer. La vérité se trouve quelque part dans la totalité de la recherche, mais nous rendre compte de toutes les études dans l’isolement du volte-face des soustitres (une semaine le vin rouge va rajouter des années à votre vie, et la semaine prochaine il va vous tuer plus vite).« 

 

Voici un diagramme qui montrent que les études médicales donnant leur conclusion pour un aliment donné sont contradictoires, donc sans valeur, car on ne sait pas où est la vérité…

Medical_studies-05.0

Le diagramme présente une ligne verticale centrale, celle à laquelle un aliment ne donne ni bénéfice de santé, ni de risque de cancer. A gauche de cette ligne, l’aliment procurerait un bienfait, tandis qu’à droit de la ligne l’aliment serait cancérigène.

Dans ce diagramme, les études médicales recensées montrent que les études se contredisent entre elles. On peut douter quand des publications parlent en bien ou en mal du vin, des tomates, du thé, du lait, des oeufs, du blé (ou maïs), du café, du beurre, et de la viande de boeuf… Et je pense qu’on peut ajouter de nombreux aliments à cette liste.

Cela est un constat suffisant pour douter de tout ce que l’on lit quotidiennement à travers les publications scientifiques, il ne faut pas croire tout ce qu’on lit.

 

Humour :

« Chier provoque le cancer du côlon et celui du rectum, et uriner provoque le cancer de la vessie ». J’imagine déjà les gens en train de se retenir de toutes leurs forces après la lecture de cette phrase inquiétante…

« Et lire des fadaises tous les jours, ça provoque le cancer du cerveau ». Si cela était vrai, il ne resterait plus beaucoup de crédules…

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John Philip C. Manson

 

Le tribunal administratif rejette des requêtes des frères Bogdanoff contre le CNRS

Voici des nouvelles du feuilleton judiciaire concernant deux célèbres jumeaux télévisés, les nouvelles sont fraîches :

Cosmologie : contradiction dans un modèle cosmologique fractal

  • Hier soir, je découvre cette page : http://www.apmep.fr/spip.php?page=message&id_forum=4592 dans laquelle un modèle cosmologique est décrit avec peu d’informations détaillés (comme des démonstrations et des preuves empiriques), mais j’ai porté une lecture attentive.

L’auteur du texte présente un modèle d’univers à géométrie fractale, et prétend que deux univers apparurent (l’un formé de matière et l’autre d’antimatière). Là je ne peux rien réfuter, parce que c’est simplement invérifiable factuellement.

Ensuite, l’auteur introduit deux grandeurs :

  • D : la dimension fractale de l’« éponge de Menger-Sierpinski ».
  • BT : la borne de « Tsirelson ».

L’auteur affirme que ces deux grandeurs ont une valeur très proches.

Mais ensuite, l’auteur déclare qu’il s’agit de diffuser des informations mais pas des démonstrations. C’est curieux comme remarque. Diffuser des infos comme des faits, ou comme de simples hypothèses ? Une démonstration c’est abstrait, c’est propre aux mathématiques via lesquelles on démontre si des propriétés mathématiques sont vraies ou fausses, mais une démonstration se limite exclusivement aux maths, où l’aspect abstrait se distingue nettement de la physique qui, elle, exige des preuves. En cosmologie comme dans les sciences expérimentales, on ne démontre pas comme on le fait dans les maths pures, mais on prouve directement ou indirectement avec des expériences ou avec des observations.

Ensuite, l’auteur relie les grandeurs D et BT avec la température cosmologique. Là ça commence à devenir concret et intéressant. L’auteur déclare que la grandeur D est constante. Il affirme aussi qu’une troisième grandeur, notée K, est une constante.

Or l’auteur relie ces grandeurs comme suit :

  • Tuo = K * D = K * BT

Avec Tuo = 2,7 kelvins, la température cosmologique. Mathématiquement, lorsqu’on multiplie une constante par une autre constante, le résultat est une constante. Ainsi, la température de l’univers serait constante d’après ce modèle.

Pour ainsi dire, l’auteur déclare péremptoirement qu’il n’y aura pas de mort thermique prévisible pour notre Univers. Par conséquent, l’on comprend qu’il suggère donc que l’univers n’a pas été chaud jadis et qu’il ne se refroidit pas. Une température supposée constante, ça ne ressemble t-il pas à une caractéristique d’un univers stationnaire et donc sans Big Bang ?

L’auteur lâche une phrase étrange : « L’ Univers doit-il se plier à nos modèles ou nos modèles à l’Univers ? « 

Ne voudrait-il pas remettre en question les principes fondamentaux de la scientificité qui fonctionnent plutôt bien depuis Karl Popper ? On n’a de connaissance qu’à travers des expériences et des observations, c’est la base de la méthode scientifique. On construit des modèles mathématiques pour construire une représentation approximative du réel, les modèles devant être le plus fidèles aux faits observés ou expérimentés. Mais un modèle n’est pas censé remplacer les faits… Un modèle est censé représenter le plus fidèlement possible les faits tels qu’ils sont.

Les faits ne mentent pas (quand on limite au maximum les biais cognitifs). Mais des modèles peuvent se tromper. C’est là qu’intervient le critère épistémologique de réfutabilité.

Ainsi, comme on l’a vu, l’auteur déclare que la température cosmologique est constante, donc toujours à 2,7 kelvins, soit environ -270,45°C.

Mais comment est-il possible que l’univers ait toujours une température constante, alors que l’on a observé une preuve comme celle de la nucléosynthèse primordiale ? En effet, le modèle à température constante est incapable d’expliquer l’abondance d’isotopes datant du début de l’univers, isotopes ayant été produits par la fusion nucléaire de noyaux atomiques initialement plus légers.

Il y a 7,2 milliards d’années (donc 6,6 milliards d’années après le Big Bang), la température de l’univers était de 5,1 kelvins, au lieux des 2,7 kelvins actuels. On a la preuve que la température cosmologique n’est pas constante, les faits contredisent le modèle.

Les faits ont prévalence sur les hypothèses. On ne peux guère présenter des hypothèses comme des vérités en dépit de la contradiction due aux faits contre ces hypothèses. Lorsqu’une hypothèse est réfutée par une preuve empirique, l’hypothèse doit être modifiée ou abandonnée.

L’auteur a déclaré en conclusion que « nous pensons que cela pourrait représenter un grand chambardement dans nos croyances ». Je pense plutôt que c’est le modèle ici qui connaît un chambardement, car les faits semblent le réfuter. La théorie du Big Bang n’est pas un ensemble de croyances, le Big Bang est une théorie scientifique qui s’appuie sur plusieurs preuves.

Le modèle de l’auteur, basé sur un univers froid à température constante :

  • n’est pas capable d’expliquer l’abondance universelle de l’hélium, du lithium et du béryllium (qui sont des éléments produits lors de la nucléosynthèse primordiale).
  • n’a peut-être pas pensé que la formation des galaxies se passerait différemment dans un univers à température constante, par rapport à la formation de galaxies dans un univers jadis très chaud et dont la température décroît.
  • le modèle explique t-il le red-shift (le décalage vers le rouge, dû à l’effet Doppler) ?
  • En décembre 2000, Raghunathan Srianand, Patrick Petitjean et Cédric Ledoux ont mesuré la température du fond diffus cosmologique baignant un nuage interstellaire dont ils ont observé l’absorption du rayonnement émis par le quasar d’arrière plan PKS 1232+0815, situé à un décalage vers le rouge de 2,57. L’étude du spectre d’absorption permet de déduire la composition chimique du nuage, mais aussi sa température si l’on peut détecter les raies correspondant à des transitions entre différents niveaux excités de divers atomes ou ions présents dans le nuage (dans le cas présent, du carbone neutre). La principale difficulté dans une telle analyse est d’arriver à séparer les différents processus physiques pouvant peupler les niveaux excités des atomes. Les propriétés chimiques de ce nuage, ajoutées à la très haute résolution spectrale de l’instrument utilisé (le spectrographe UVES du Very Large Telescope) ont pour la première fois permis d’isoler la température du rayonnement de fond. Srianand, Petitjean et Ledoux ont trouvé une température du fond diffus cosmologique comprise entre 6 et 14 kelvins, en accord avec la prédiction du Big Bang, de 9,1 K. La température mesurée, affectée d’une marge d’incertitude de 8 degrés (de 6 à 14 K), est explicitement supérieure aux 2,7 kelvins actuels (les 2,7 K sont en-dessous de la valeur minimale de la marge thermique observée). L’univers était plus chaud autrefois par rapport à maintenant. Sa température n’est pas constante.

 

  • « On reconnaît la qualité d’une expérience scientifique au nombre de théories qu’elle fait tomber ». 
  • « Une théorie est scientifique si et seulement si elle est susceptible d’être réfutée ; elle n’est pas vraie, mais tout au plus admise provisoirement. » (Karl Popper)

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J’ai trouvé des remarques dans un blog du Nouvel Observateur : http://olivier-4.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/01/14/le-pouvoir-de-l-imaginaire-149-un-nouveau-type-de-big-bang-m.html   dont voici l’encadré ci-dessous :

NObs

 

Dans un forum, on trouve d’autres données indiquées par l’auteur : http://astro-forum.forumactif.com/t1162-le-big-bang-serait-il-faux

En substance, je cite :

  • « Notez bien que ces 2 Univers ne vivent pas l’un à coté de l’autre mais seraient très éloignés et tourneraient autour de leur barycentre commun situé à une distance de 10 puissance 67 mètres. »
  • « une expansion qui aurait durée 18 milliards d’années mais une expansion qui se serait faite par sauts quantifiés »
  • « Après ces 18 milliards d’années d’expansion l’Univers ARRÊTE son expansion. Sa température est celle qu’il a aujourd’hui car il ne se dilate plus. »

L’auteur affirme 10 puissance 67 mètres tandis que l’on sait que l’univers observable a une grandeur de l’ordre de 10 puissance 26 mètres. Auquel cas son hypothèse de deux univers est invérifiable…

L’auteur stipule une expansion quantique (par sauts), tandis que la physique quantique ne s’applique qu’à des échelles subatomiques, et ne s’applique pas aux grandes distances à l’échelle macroscopique où c’est la théorie de la relativité qui est concernée…

L’auteur déclare une expansion actuellement nulle, alors que les faits prouvent que l’expansion est accélérée, cela fut découvert en 1998 et confirmé en 2003, et cela a valu aux découvreurs le prix Nobel de physique 2011.

Et en voici les références :

Bilan :

L’auteur présente un modèle théorique au cours des années 2010 à travers des blogs et des forums. Mais l’on sait depuis janvier 2013, date à laquelle l’info est médiatisée, que l’univers avait une température de 5,1 K il y a 7,2 milliards d’années ; et l’on sait depuis 1998 (et confirmé en 2003) que l’univers est en expansion accélérée.

Ces deux contre-exemples réfutent le modèle théorique de l’auteur. L’univers n’est pas stationnaire, ni à température constante, c’est un fait.

 

  • Pour terminer ce présent article, je me permets de glisser une remarque. L’auteur dont le modèle est contesté a inversé ce que l’on attend de la méthode scientifique basée sur l’épistémologie de Karl Popper : il a cherché à trouver des confirmations empiriques ou observationnelles de sa théorie, au lieu de chercher à contredire sa théorie en trouvant des contre-exemples pouvant l’invalider. La science fonctionne par réfutation, pas par confirmation.

John Philip C. Manson

 

Polémique autour de l’épreuve de physique-chimie du BAC 2015

L’an dernier, en juin 2014, j’avais consacré un article sur la polémique autour de l’épreuve de maths du Bac S 2015, jugé trop difficile par les candidats : https://jpcmanson.wordpress.com/2014/06/20/la-session-2014-de-lepreuve-de-maths-du-bac-un-carnage/

Mais cette année, à l’issue du Bac 2015, une nouvelle polémique éclate :

BAC 2015: l’épreuve de physique-chimie jugée « trop difficile », le barème revu.

Va t-on encore surévaluer les notes des mauvaises copies afin que les recalés obtiennent quand même la moyenne ?

Pfffff… L’Education Nationale n’a pas peur du ridicule… Tant de réformes afin que, finalement, des centaines de milliers d’étudiants fraîchement diplômés bacheliers se plantent complètement à leur première année d’université… Pourquoi une telle stratégie (s’il y en a une) ? Pourquoi s’acharner à survaloriser les candidats et ainsi à donner l’illusion d’une quasi-totalité de candidats ayant réussi ? Je ne comprends pas.

 

Vérification du sujet de l’épreuve de physique-chimie du Bac S 2015 de la métropole française : http://labolycee.org/2015/2015-Metropole-Exo1-Sujet-SautFelix-6-5pts.pdf

  • Exercice 1, partie 1 : des questions classiques en statique des fluides.
  • Exercice 1, partie 2 : le saut de Félix Baumgartner, là aussi ce n’est pas insurmontable. Il suffit de savoir lire des graphiques. Une question demande si l’homme a atteint une vitesse supersonique, la vitesse de l’homme en chute libre est lisible sur le graphique, et pour connaître la vitesse du son, elle dépend de la masse volumique atmosphérique, et donc de l’altitude, et les données utiles sont présentes dans l’énoncé. Ensuite on aperçoit une question ayant un rapport avec l’énergie potentielle et l’énergie cinétique dont la somme correspond à l’énergie mécanique. On peut déterminer l’altitude à laquelle Baumgartner a ouvert son parachute : on connaît la durée de la chute, on connaît les paramètres pour la poussée d’Archimède, donc le calcul est possible.
  • A la fin de la partie 2 de l’exercice 1, il est demandé l’équivalent de combien d’étages aurait sauté le parachutiste. La hauteur étalon d’un étage n’est pas mentionnée dans cette fin d’exercice, mais cela ne doit pas inciter les candidats à s’abstenir d’argumenter. La hauteur des étages la plus standard correspond au type de fonction du bâtiment, tour ou édifice :
    • 2,66 mètres, soit 16 marches pour un immeuble d’habitation récent, hôtel ou parking
    • 3 mètres, soit 18 marches pour un immeuble d’habitation ancien
    • 3,30 mètres, soit 20 marches pour un immeuble de bureaux ou hôpital (espace réservé aux câbles et à la climatisation)

Comme valeur de hauteur d’un étage, je me serais personnellement basé sur la hauteur d’un plafond, dont chacun sait que le plafond est à 2 mètres 50 du sol. J’aurais fait un raisonnement là-dessus. Ensuite, le calcul ne demande qu’une simple division à faire. Le corrigé affirme que Félix aurait pu atteindre la vitesse indiquée en sautant d’une hauteur de 4 mètres, soit approximativement du deuxième étage. En effet, j’ai eu raison de choisir 2,5 m comme étalon, j’aurais même pu choisir 2,66 m voire même 3 m ou 3,3 m (valeurs proches, mais que je ne connaissais pas), mais la réponse aurait été néanmoins correcte : 4 mètres, c’est compris entre 2,5 ou 2,66 m (sol du 2e étage) et 5 ou 5,32 m (plafond du 2e étage, ou sol du 3e étage), et 4 mètres ça colle bien au deuxième étage comme réponse car c’est entre les deux bornes, c’est la bonne réponse.

Il faut quand même être un peu neuneu pour ne pas connaître personnellement la hauteur, même approximative, entre le sol et le plafond, sinon on finirait par croire que ces jeunes sont nés hier ou même ce matin… « Papa, maman, comment on fait les bébés, comment je suis né ? Dans un chou ou sont-ce les cigognes qui m’ont amené ? »… (ironie)

La cinématique et la dynamique de Newton, ça fait bien partie du programme de physique de Terminale S.

En plus, dans le début de l’énoncé de l’exercice 1, on peut lire ceci : « la vitesse d’un mobile dans un fluide est dite supersonique si elle est supérieure à la célérité du son dans ce fluide. »   Le candidat est censé savoir cela avant l’épreuve. Pendant qu’on y est, on livre carrément toutes les réponses aux candidats, pour faciliter les choses…

 

Ensuite, il y a l’exercice 2, qui porte sur la chimie :  http://labolycee.org/2015/2015-Metropole-Exo2-Sujet-Soda-8-5pts.pdf

  • L’exercice 2 commence par demander la formule brute de la caféine (facile car l’énoncé montre la molécule sous sa forme développée). Suivi ensuite par un calcul de concentration molaire (facile aussi).
  • Ensuite : peut-on remplacer la solution aqueuse d’hydroxyde de sodium par des pastilles d’hydroxyde de sodium solide pour réaliser la synthèse ? Non ! C’est pourtant évident : l’hydroxyde utilisé est à l’état ionique, et l’ionisation implique la nécessité d’une solution aqueuse. De plus, la molécule d’eau est nécessaire dans la réaction chimique. Trop simple comme question… Puis ça demande ensuite pourquoi le chauffage à reflux est justifié : il faut contrer la volatilité des réactifs pour ne pas en perdre, et la chaleur accélère la réaction chimique. Tout simple là aussi. Et dans l’étuve il faut éviter le point de vaporisation du produit à sécher, tout comme il faut éviter l’auto-inflammation du produit (qui est une molécule organique), et plus vraisemblablement le point d’éclair (où les vapeurs du produits peuvent s’auto-enflammer en présence d’air). Ainsi, dans l’étuve, la température doit impérativement rester inférieure à 121°C.

Citer deux méthodes permettant de vérifier la nature du produit obtenu (acide benzoïque). Je propose premièrement l’inflammation du produit avec le dioxygène, on récupère et on pèse les gaz obtenus, la proportion des gaz (CO2 et H2O) peut conduire à calculer la formule développée du produit. Deuxièmement, on fond le produit à 122.35°C avec prudence, et on le place dans un réfractomètre adapté aux produits chauds : l’indice de réfraction révèle la nature du produit. Autre méthode, moins risquée que la précédente : on mélange les cristaux avec de la glace pilée, et on utilise la cryoscopie comme moyen de déterminer la masse molaire du produit. Quiconque a étudié la chimie au lycée connaît ces méthodes. Autres méthodes plus simples : vérification de la température de fusion du produit sur un banc Kofler, et la chromatographie.

 

Bilan : l’exercice de physique et l’exercice de chimie ne comportent pas de difficulté particulière. Mais où est donc le problème ? Je n’en vois aucun. J’ai été candidat au Bac dans la filière STL (Sciences et Technologie de Labo), et je vous assure que ce que j’ai eu comme épreuves à mon Bac était bien plus difficile. Je sens la différence. A mon époque, seulement 2 candidats sur 3 obtenait le Bac, pas comme maintenant où l’on dépasse artificiellement les 90% de « réussite », et où près de la moitié des candidats obtient une mention.

 

L’épreuve de physique-chimie de 2015, trop difficile ? Arrêtez de chialer et de dire des conneries…

Les profs de fac n’ont pas fini d’être désabusés devant des milliers d’étudiants contents d’eux mais complètement illusionnés… A croire que la hantise de chaque proviseur de lycée est d’avoir son propre lycée en queue de classement.

Regardez ces documents PDF, voyez à quoi ressemblaient les sujets de maths au Bac S de 1993 : http://www.apmep.fr/Annee-1993-15-sujets   On remarque une nette différence, c’est plus dur.

Si l’on donnait les sujets de maths de 1993 aux candidats du Bac actuel, il n’y aurait pas de pétition de protestation, mais plutôt une révolution…

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  • N’oublions pas qu’autrefois, les correcteurs retiraient un point pour chaque faute d’orthographe ou de grammaire constatée… De nos jours, les zéros pointés pulluleraient si cette technique était encore appliquée… Mais maintenant, le laxisme règne en maître. Des fautes horribles sur les feuilles, des fautes que chacun faisaient mais quand ils étaient au CE1 mais là ils seront bientôt à la fac… Les fautes ça pique les yeux… La moutarde aurait moins fait d’effet. J’ai une cousine qui est ingénieur, le 20 juin dernier elle m’a envoyé une carte avec un texte qu’elle a écrit, belle écriture mais, sans la juger, elle a une écriture avec des fautes d’orthographe atroces, bref elle est ingénieur mais elle écrit avec médiocrité, mais comment une telle anomalie peut-elle être possible, franchement ? Ce ne serait qu’une faute dans un texte d’une page, c’est tolérable, mais des fautes à toutes les phrases c’est abusé… Moralement, écrire avec des fautes, c’est à la fois manquer d’amour-propre et manquer de respect envers les lecteurs à qui les textes sont destinés.

 

Et pour clore ce présent article, voici un texte intéressant de Jean-Paul Brighelli :  http://www.lepoint.fr/invites-du-point/jean-paul-brighelli/bac-2015-brighelli-enseignants-notez-les-copies-ce-qu-elles-valent-vraiment-17-06-2015-1937096_1886.php    Il a raison, il faut s’insurger contre les notes surévaluées, il faut que cette comédie cesse !

J’en suis témoin, le niveau réel au bac ne monte pas, les élèves candidats se montrent parfois incapables de résoudre des exercices qu’ils devraient pourtant savoir faire, et à plus forte raison qu’ils ont choisi le bac scientifique. Notez les copies ce qu’elles valent réellement Seule la politique de l’effort, en versant de la sueur et des larmes, paie vraiment. La (vraie) réussite vient de l’effort. Sans efforts, nous serions pareils à des poissons morts qui flottent et qui sont emportés par le torrent. L’effort, c’est une nécessité qui prouve notre valeur, qui montre qu’on est vivant. Mais les pédagogues ont créé des générations de moutons… Et ça, ce n’est pas du tout rendre service à la jeunesse.

Notez bien que sans efforts, les maths n’existeraient même pas. La logique, la réflexion, la recherche, ça demande des effort et de la persévérance, et sans ça, les maths ne pourraient pas exister. Je me demande si les concernés en ont conscience…

Ecole de la République, tu es tombée bien bas…

La preuve :

  • Selon les derniers chiffres officiels, 40% des jeunes entrant en Sixième au collège n’ont pas acquis, en 5 années d’école primaire, une maîtrise suffisante de la lecture et de l’expression orale et écrite en français afin de pouvoir lire en comprenant ce qu’ils lisent et rédiger en français à peu près correct afin d’être eux-mêmes compris par ceux qui les lisent. Oui, 40%, dont en détail :
    – 15% d’élèves ne sachant pas lire du tout,
    – et 25% qui déchiffrent laborieusement, mais trop mal pour pouvoir comprendre ce qu’ils lisent…
  • Ainsi, comment ces élèves peuvent-ils ensuite suivre normalement le reste de leur scolarité ?

Mais pourquoi fait-on cela à la jeunesse ? Pourquoi en est-on arrivé là ?

Dire que le niveau actuel relève de l’illettrisme est malheureusement vrai. La maîtrise du langage conditionne la capacité de penser. Saborder l’enseignement, c’est sacrifier la pensée de ceux qui nous succéderons, c’est leur nuire. C’est même inciter les gens à préférer la facilité le plus tôt possible, et ça n’est pas leur rendre service. A croire que tout cela a été voulu. Il n’y a pas de logique à ça. Je ne comprends pas.

Quand on voit comment le Bac est bradé actuellement, c’est honteux, il n’y a pas d’autre mot… C’est une honte. Une catastrophe.

A vaincre sans effort, on triomphe sans mérite.

 

Remarque du 4 juillet 2015 : c’est absolument ahurissant ! Non seulement les candidats reverront leur copie revalorisée par 3 points supplémentaires en moyenne, en surnotant les questions les plus faciles de l’épreuve de physique-chimie, mais je viens d’apprendre que les candidats ayant été recalés au Bac 2015 pourront conserver leurs meilleures notes pour passer le Bac 2016. C’est se foutre du monde !

John Philip C. Manson