Les coïncidences numériques

Pour examiner mathématiquement les cas de coïncidences numériques, je propose un exemple simple.

  • Quelle est la probabilité pour qu’un mystique numérologue ou un pseudo-égyptologue du dimanche découvre que deux choses au moins ont un même nombre quelconque en commun permettant dès lors des analogies fantasques ?

En supposant que les numérologues s’appuient principalement sur des nombres entiers entre 1 et 99, c’est-à-dire un cardinal de K entiers, et que l’on base les spéculations sur N possibilités qui aboutissent à N nombres entiers, lors de l’exercice de numérologie, alors la probabilité P est :

  • P = 1 – (K! / (K^N * (K – N)!))

 

Les possibilités sont très vastes, cela peut être le nombre fétiche de l’empereur Napoléon, la somme des chiffres d’une date de naissance (modulo 100), l’addition des chiffres d’une plaque d’immatriculation, les sommes des chiffres de la date d’une déclaration de l’indépendance d’une nation, et caetera… Plus on réunit de possibilités entre elles, plus il sera probable de découvrir une coïncidence entre au moins 2 possibilités quelconques.

Concrètement, pour une utilisation de nombres dont chacun vaut entre 1 et 99, il faut réunir :

  • Seulement 12 possibilités pour que la probabilité de coïncidence dépasse 50%.
  • Seulement 21 possibilités pour que la probabilité de coïncidence atteigne 90%.
  • Seulement 24 possibilités pour que la probabilité de coïncidence dépasse 95%.
  • Seulement 31 possibilités pour dépasser une probabilité de 99
  • Au-delà d’environ 50 possibilités, la probabilité est de 100%, donc un événement certain.

Des coïncidences à bonne probabilité de survenir, complètement par hasard.

Maintenant, demandez-vous ce que peuvent valoir les coïncidences numériques donnant issue à des théories mystiques farfelues à travers une géométrie approximative et amateur des pyramides d’Egypte ou à travers des nombres entiers récurrents retrouvés dans de nombreux versets du Coran ou de la Bible…

Avant de croire que des coïncidences ont un sens, une cause déterministe, mieux vaut d’abord voir si on peut les distinguer du hasard. Or le hasard peut lui seul expliquer de telles coïncidences.

 


© John Philip C. Manson