France : des vagues de chaleurs plus récurrentes ?

Dans le magazine Télé Poche de la semaine du 28 novembre au 4 décembre 2015, les pages 30 et 31 sont consacrées au changement climatique. Dans cette semaine-là, une profusion d’émissions TV sur le climat, de la propagande à la sauce politicienne… Un véritable matraquage médiatique pour que cela rentre bien profondément dans notre petite cervelle de contribuables crédules et dociles…

 

  • Vrai : la température moyenne a augmenté de 0,85°C entre 1880 et 2012. C’est un fait.
  • Incertain : élévation jusqu’à 5,5°C supplémentaires en 2100 par rapport à 1880.
  • Crédible : le niveau de la mer pourrait s’élever d’un mètre d’ici à 2100 (mon calcul sur la dilatation thermique de l’eau indique 1,21 m par rapport à la thermocline à 1 km sous le niveau de la mer).
  • Incertain : 1 espèce animale sur 6 (donc 16,7% environ) risquerait de disparaître d’ici à la fin du siècle sous les effets du changement climatique. Mais ce dont on est certain (par observation), c’est que 7% des espèces ont disparu au cours des 3 derniers siècles selon le CNRS, mais pas à cause du climat, mais à cause des hommes (braconnage, destruction des habitats de la faune…).
  • Incertain : l’ONU estime à 250 millions le nombre potentiel de réfugiés climatiques d’ici à 2050.
  • A vérifier : glaciers du Groenland et de l’Antarctique en fonte accélérée (6 fois plus vite entre 2002 et 2011 par rapport à entre 1992 et 2001).
  • Incertain : dans le cas d’un réchauffement climatique de 5°C d’ici 2100, seules 55 stations de ski sur 143 garderont un niveau d’enneigement suffisant pour ouvrir. Cela reste à prouver ou à réfuter…

 

A part des faits, de nombreuses incertitudes subsistent, surtout concernant le futur.

Dans les deux pages du magazine TV, j’ai relevé cependant une allégation discutable. Des vagues de chaleur en France seraient plus récurrentes. J’ai examiné la liste des vagues de chaleur sur la période entre 1950 et 2015 :

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Avec les statistiques, il est possible de voir si des données montrent un résultat significatif ou non, à partir d’ne hypothèse de départ, ici : les vagues de chaleur deviennent-elles de plus en plus fréquentes significativement ?

Avec la loi de Poisson, on peut vérifier ça :

  • Avec une moyenne de 3,077 canicules par décennie plus ou moins 1,754, alors cette fréquence de canicules devient significative si elle est supérieure ou égale à 6 canicules par décennies. Entre 1950 et 2015, le taux maximum en canicules ne dépasse pas 4 canicules par décennie (période 2000 à 2010). Rien de statistiquement significatif.
  • Avec une moyenne de 1,54 canicule par quinquennat plus ou moins 1,24, alors cette fréquence de canicules devient significative si elle est supérieure ou égale à 4 canicules par quinquennat. Entre 1950 et 2015, le taux maximum en canicules ne dépasse pas 3 canicules par quinquennat (période 1990 à 1995). Rien de statistiquement significatif.

Au fait, pourquoi le magazine ne présente t-il pas les canicules antérieures à 1950 ? Parce que c’est gênant de montrer qu’il y avait des canicules avant le changement climatique actuel ?

Voici les années caniculaires en France, du sixième siècle de notre ère jusqu’au dix-neuvième siècle :

canicules

A voir aussi :  https://jpcmanson.wordpress.com/2015/11/16/les-canicules-recentes-un-effet-du-rechauffement-climatique/

Les canicules ont toujours existé, et elles n’augmentent significativement pas en nombre. En tout cas ce n’est pas prouvé. La fréquence des tempêtes non plus.

 

John Philip C. Manson