Education sacrifiée

L’école devient le théâtre de l’ignorance et non du savoir. L’idéal de Jules Ferry a été peu à peu abandonné par les idéologues au profit d’un égalitarisme qui confond égalité et médiocrité générale. Désormais, c’est le cancre qui devient le dénominateur commun dans la classe. Initialement, l’école de la République avait pourtant l’ambition inverse de porter les élèves vers le niveau le plus élevé.

Dans la langue de bois actuelle, apprendre à nager aux élèves devient «se déplacer de façon autonome dans un milieu aquatique profond standardisé». Même l’expression « parent d’élève » devient « géniteur d’apprenant ». On se gargarise désormais de ridicule et de bêtise dans l’administration, on touche vraiment le fond ! La première vraie réforme à accomplir d’urgence serait de faire le ménage dans ce système, et d’établir des bases constructives, saines, et surtout, efficaces et utiles.

Concernant l’enseignement de l’Histoire, celle-ci est peu à peu dépouillée de sa chronologie, et c’est un non-sens de ne plus enseigner ce qu’était le Siècle des Lumières qui fut, pourtant une période charnière importante dans la lutte contre les obscurantismes et pour l’éveil de la pensée rationnelle et scientifique.

Comment comprendre la vie, la réalité, la nation, quand on vide l’enseignement de l’Histoire de sa substance ? Comment comprendre qui nous sommes si l’on ne sait pas d’où l’on vient ? Comment comprendre la science si l’on n’en connaît pas son histoire ? Comment prendre conscience des abominations de la guerre s’il arrivait que la Shoah ne fasse plus partie du programme d’Histoire ? Que fait-on du devoir de mémoire ? Qu’apprendra t-on des erreurs du passé ?

Quant au Siècle des Lumières, c’est au coeur même de la culture laïque contemporaine. Quelque soit les orientations politiques, que l’on soit athée ou agnostique ou croyant, c’est durant cette période que se noue et se joue la modernité. Faire l’impasse sur les Lumières est une aberration !

C’est un attentat à l’intelligence… C’est une insulte à nos générations qui nous succèdent. Cette reddition de l’éducation est un scandale.

En même temps, l’école du numérique, selon le président Hollande, à préparer les élèves de CE1 à l’évolution des technologies… On va donc former des jeunes à devenir programmeurs, développeurs ? Il y en déjà plein à la pelle, et la concurrence est rude… Les décisionnaires politiques ne semblent pas conscients des dures réalités dans le marché du travail…

Les fondamentaux que sont l’écriture, la lecture et le calcul ne sont-ils pas des priorités ? On ne résout toujours pas le problème de l’illettrisme ambiant qui perdure depuis des années. 20% des élèves ne maîtrisent pas le français au collège, ce fossé a tendance à se creuser depuis plusieurs années. Il y a 15 ans, dès l’entrée au collège, un élève sur 5 avait des difficultés, et désormais plus de trois sur dix aujourd’hui. Et concernant les maths, le niveau s’est effondré ces dernières années : la plupart des élèves ne savent pas comprendre un énoncé d’exercice, et aussi, hélas, un collégien sur cinq (classe de 3e) n’a qu’un niveau CM2 ou début 6ème, d’après une évaluation officielle sur l’année 2014. Un résultat plus mauvais que celui de la précédente étude, datant de 2008. Source : http://www.lexpress.fr/education/maths-au-college-ces-eleves-qui-perdent-la-maitrise-technique-du-calcul_1680189.html

C’est un vrai problème. Le français : sacrifié. Les maths : sacrifiées… Au lieu de résoudre ces problèmes sérieux, les décisionnaires préfèrent pondre des réformes bidons qui décalent des horaires, qui marque l’avènement du numérique, et qui effacent des bases importantes de notre culture, et en plus ils veulent promulguer la suppression des notes !

C’est quoi ce merdier, franchement ?